- Speaker #0
On disait de ce bâtiment qu'il était très laid lors de sa construction en 1829. Aujourd'hui, on crierait au scandale si on envisageait ne serait-ce qu'une seconde de le détruire. Heureusement, l'actualité qui nous pousse à parler de ce monument se situe aux antipodes, puisqu'il vient tout juste d'être rénové. Un château dans la ville qui a trouvé ses lettres de noblesse dans l'imaginaire des Toulousains grâce à un célèbre photographe du XXe siècle. Aujourd'hui, je suis au Château d'Eau, lieu emblématique de la photographie à Toulouse et monument remarquable que j'ai eu la chance de filmer pour Oh là là Toulouse. Il y a quelques mois, il a rouvert ses portes et pour en parler, j'ai proposé à sa directrice Magali Blénet de m'inviter dans les entrailles de cette pépite architecturale du XIXe siècle. Je vous propose d'embarquer avec moi pour un voyage au royaume de l'eau et de la photographie. Bonjour Magali.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Est-ce que tu saurais nous dire combien d'expositions a abrité le château d'eau depuis 1974 ?
- Speaker #1
Alors, le château d'eau a accueilli 592 expositions,depuis 1974, et plus deux expositions, enfin il y en a eu d'autres mais majeures, hors les murs. En 2015 pour les 40 ans du Château d'Eau au Jacobin, et l'année dernière aux Abattoirs pour les 50 ans du Château d'Eau, une autre exposition avec les collections aussi. Je préfère les noter.
- Speaker #0
Merci Magali Blénet, directrice du Château d'Eau, de me recevoir avec mon petit micro pour ce premier épisode du podcast Oh là là Toulouse qui est filmé aussi. que vous pouvez retrouver sur YouTube. Alors juste pour que les gens qui nous écoutent visualisent, est-ce que tu peux nous faire une audio description exhaustive de l'endroit où on fait cet entretien ?
- Speaker #1
Oui, alors on est au sous-sol du château d'eau, de la tour du château d'eau, un peu au cœur de ce monument et de ce bâtiment qui est une ancienne station de relevage des eaux. On est un peu dans la salle des machines du château d'eau, dans un endroit tout en briques, puisque le bâtiment il est tout en briques foraines, typiquement non. de Toulousain, avec un arc de briques qui est juste au-dessus de nos têtes et un plancher autour qui ne devait pas y être à l'origine puisque les tuyauteries passaient par là. Et sous nos pieds, en transparence, justement on aperçoit ces machines, cette machinerie qui n'est plus utilisée mais qu'on a valorisée un petit peu avec cet éclairage un peu tamisé qui nous enveloppe là. Voilà, on est au sous-sol de la tour du Château d'Eau.
- Speaker #0
Moi j'aime bien dire qu'on est dans les entrées du bâtiment. Quand je me trouve ici, quand je viens visiter le Château d'Eau et que je suis dans cette salle, j'ai vraiment l'impression d'être au cœur de quelque chose, au cœur d'un rouage, d'un mécanisme et au cœur d'une galerie puisqu'on est quand même entouré d'œuvres d'art aussi.
- Speaker #1
Oui on est un peu dans une friche culturelle du 19e siècle. On est dans un bâtiment industriel, une relique mais qui a été réhabilité et qui a de nouvelles fonctions dédiées à l'art aujourd'hui.
- Speaker #0
L'aventure du château d'eau commence en 1788 quand le capitoule Charles Laganne lègue 50 000 francs or à la ville pour faire, je cite, « distribuer des eaux de la Garonne pures, claires et agréables à boire » . Il faut attendre 1829 pour que le réseau d'alimentation de Fontaine devienne opérationnel. Le système est ingénieux. L'eau passe par une galerie filtrante de gravier et de cailloux qui sont accumulés sous la prairie des filtres. Une fois filtrée, l'eau rejoint le château d'eau. Elle monte tout en haut de la tour grâce à la puissance de pompage fournie par les... deux rois ob de 6,50 m de diamètre toujours visibles par le public dans le sous-sol de l'édifice et zou, cette eau redescend avec une pression spectaculaire et alimente en eau potable le réseau de fontaines publiques mis en place à l'époque. Rapidement devenu obsolète et 41 ans seulement après sa mise en service il est désaffecté. On est en 1870 et il faudra attendre 104 ans pour que sa deuxième vie commence. Magali on est donc... En 1974, une petite révolution a lieu dans le monde de la photo, dans l'univers de la photo à Toulouse, mais aussi au niveau national. Ça se passe ici même, à Londres où on se trouve. Est-ce que tu peux nous raconter cette histoire ?
- Speaker #1
Oui, c'est une révolution qui s'inscrit dans un moment de la photographie puisqu'on est dans cette période où sont nées les rencontres d'Arles quelques années avant, dans lesquelles Jean-Joséde était aussi impliqué. Et donc c'est cette dynamique de faire reconnaître la photographie comme une discipline artistique, dire qu'il y a des auteurs, des artistes-auteurs et lui donner ses lettres de noblesse au même titre que la peinture, la sculpture, d'autres disciplines artistiques. Et Jean-Luc est dans cette dynamique. Il se dit qu'il faut qu'il y ait un lieu d'exposition de la photographie avec une monstration, un protocole de monstration sous cadre, des passe-partout. Quelque chose qui montre aux gens qu'ils voient de l'art en fait. Et il arrive à convaincre les conseillers municipaux et la municipalité de Baudis. Il déniche ce château d'eau. Initialement, il avait pour projet de faire une salle de la photo au musée des Augustins. Et en attendant que ça puisse se faire, peut-être qu'il y avait déjà des travaux aux Augustins, je ne sais pas, il négocie ce château d'eau qui déniche lui. dédié à la photographie d'auteurs. Il y avait un musée de la photo qui se créait au musée Niepce, à Cheyenne-sur-Saône, mais qui était vraiment sur les techniques, sur les appareils, sur l'histoire, sur le médium photographique et pas sur cette question de la photographie comme une œuvre d'art. C'est ce que Dieu Zed initie ici avec une exposition consacrée à Douaneau en avril 1974. Et ce que surtout Diosède fait, qui est un peu révolutionnaire à l'époque, c'est qu'il paye les artistes en droits d'auteur. C'est-à-dire que pour leurs expositions, ils sont payés. Et ça, en fait, ça va mettre... Enfin, encore aujourd'hui, c'est parfois pas acquis. Donc c'est très fort, ce qu'il fait à ce moment-là.
- Speaker #0
Donc c'est vraiment une petite révolution. Et est-ce qu'on peut dire que la galerie du Château d'Eau, qui maintenant s'appelle juste le Château d'Eau, si je ne dis pas de bêtises... Et le premier lieu dédié à l'exposition photographique à 100% en France ?
- Speaker #1
Oui, c'est le premier lieu public, on va dire. C'est peut-être le premier dans le sens où il y a une galerie privée qui ouvre juste après 1975, la Galerie Agathe Gaillard à Paris. Mais oui, c'est surtout la première institution publique dédiée à la photographie d'auteur.
- Speaker #0
Pourquoi c'est important qu'un lieu comme ça existe ?
- Speaker #1
C'est important parce que... Surtout, peut-être à l'époque encore plus, parce que ça rentre dans ce moment de... de reconnaissance, de faire voir la photographie comme un regard que des artistes portent sur le monde. Et pas juste la photo c'est longtemps la preuve, c'est longtemps quelque chose qui montre la réalité. Alors qu'il y a un cadre, il y a un regard, il y a des choses qui peuvent être reprises sur une photographie. Ce n'est pas objectif, contrairement à ce qu'on imagine souvent. Donc à ce moment-là ça compte aussi pour ça et puis pour faire reconnaître les artistes. Et encore aujourd'hui, c'est un lieu pour montrer la création qui existe actuellement. La photographie est en pleine révolution, évolution, mais elle continue à produire des choses incroyables. C'est bien de pouvoir avoir un lieu qui se dédie à les montrer.
- Speaker #0
Avec Ohlala Toulouse, j'ai souvent l'occasion de me plonger dans les archives photographiques de la ville. C'est un peu mon petit plaisir. On a la chance d'avoir des fonds illustrés assez tôt fait à Toulouse, avec notamment de nombreuses photos de la deuxième moitié du 19e siècle et du début du 20e siècle, qui font mon régal, vraiment, je les utilise souvent. L'une des premières photos de Toulouse que l'on a conservées, on la doit à Antoine Bianchi fils, parce qu'il y avait Antoine Bianchi père et Antoine Bianchi fils. Et c'est une photo qui a été prise en 1839, depuis le sommet du clocher des Jacobins, avec une vue plongeante sur le Capitole et l'Est de la ville. Ce n'est pas la première parce qu'il en a fait plusieurs. C'est un opticien, si je ne me trompe pas, d'Antoine Bianchi. Magali, est-ce que tu saurais nous parler des débuts de la photographie à Toulouse ?
- Speaker #1
Oui, alors en fait, je ne suis pas du tout une spécialiste ni de cette époque, ni historienne de la photographie, mais ce qui est notable... intéressant à constater, c'est que Toulouse a une histoire ancienne avec l'image et avec la photographie. Antoine Bianchi, dont tu parlais effectivement en 1839, un mois après la création du daguerréotype, il présente à Toulouse, et c'est la première ville de France après Paris, Paris est la capitale incontestable de la photographie, mais ceci dit, la deuxième ville en France à présenter le daguerréotype avec ce monsieur Bianchi, c'est Toulouse. C'est quand même pas rien, je veux dire, il y a une appétence, il y a quelque chose qui se passe. Il se trouve qu'il était opticien et qu'il était voisin de l'opticien à qui Daguerre avait commencé. ses optiques pour son antagéréotype. Mais c'est sans doute pour ça que ça arrive, mais voilà. Et puis par la suite, on voit qu'à Toulouse, il y a une société de la photographie qui se crée toulousaine en 1875 et puis surtout avec Trutat, Fabre, Charles Fabre, le premier enseignement supérieur de la photographie qui se crée en France, qui est créé à Toulouse aussi fin du XIXe. Et le premier cours public de photographie qui est donné par Trutat au muséum, pareil en 1898. Et enfin des choses qui montrent quelque chose qui se passe qui n'est pas... Enfin Toulouse avec la photographie a un lien assez fort et surtout voilà qui remonte à longtemps. Ça ne naît pas avec Dieux-Aides au XXe siècle ou avec le château d'eau. Ça n'arrive pas par hasard en fait le château d'eau à Toulouse aussi. Puisqu'il y a déjà une longue histoire et un long attachement ou je ne sais pas un long lien. entre les deux.
- Speaker #0
Et c'est un peu grâce à ça, on peut dire qu'on a la chance d'avoir des témoignages assez incroyables de cette époque. Je ne sais pas comment sont les fonds des autres villes, mais moi je me surprends de voir toutes les images qu'on peut retrouver d'événements aussi. Je pense à la grande crue de... J'allais en parler,
- Speaker #1
j'allais te dire, on a quand même un reportage de Truta de la crue de 1875. C'est incroyable, vraiment.
- Speaker #0
Je vous invite à aller voir le fonds Truta, qui est conservé en partie au Muséum d'Histoire Naturelle et aussi aux archives municipales. Et tu m'as dit tout à l'heure Magali...
- Speaker #1
À la BEP, Bibliothèque d'études patrimoniales.
- Speaker #0
Voilà, et que vous retrouvez aussi sur Wikicommons en cherchant sur Internet. Eugène Truta, magnifique photo de Toulouse. Magali, toi tu es arrivée à la tête du Château d'Eau, si je ne dis pas de bêtises, en 2020. Comment on devient directrice de la plus ancienne ou de l'une des plus anciennes galeries photo municipales de France ? Est-ce que tu me racontes un petit peu ton parcours ?
- Speaker #1
Je ne sais pas s'il y a une méthode pour devenir responsable ou directrice du Château d'eau. Moi, c'est des hasards aussi un petit peu. Mon parcours au départ, j'ai fait des études en sciences humaines, pas forcément en histoire de l'art. Il se trouve qu'ensuite, j'ai bifurqué, je suis allée travailler dans le secteur culturel. Et à la mairie de Toulouse, j'ai été en charge de la mission photographique. Je travaillais avec les festivals toulousains, avec le Château d'eau. extérieurement, enfin c'était pas en régime municipal à l'époque. Et puis il y a eu un changement de gestion du château d'eau qui a été décidé fin 2018, mis en place plus ou moins sur toute l'année 2019. Et en tout cas en 2020, il était effectif janvier 2020 et puis le directeur est parti à la retraite et on m'a appelé pour faire l'intérim en janvier 2020. Covid, la fermeture du lieu, comme tous les autres lieux en France d'exposition. Et puis le poste a été ouvert ensuite à la fin 2020 et ça faisait déjà 9 ou 10 mois que j'étais là, qu'on avait quand même traversé le Covid, la municipalisation, enfin plein de choses avec l'équipe. Et voilà, j'avais envie de rester. Donc voilà, c'est comme ça que je suis devenue responsable du Château d'eau.
- Speaker #0
C'est un chouette parcours. Tu photographes un petit peu toi Magali ? Personnellement ?
- Speaker #1
Non, j'ai de la famille qui fait de la photo mais moi je ne fais pas de photo mais ce n'est pas grave, il y a plein de gens qui travaillent sur la photo qui font plein de choses dans la photo et qui ne sont pas eux-mêmes photographes Les coordonnées sont les plus mal chaussées, c'est vrai En 2024,
- Speaker #0
la galerie ferme pour se refaire une beauté Pour les Toulousains et les Toulousaines qui n'ont pas encore eu le plaisir de venir redécouvrir le lieu est-ce que tu peux nous raconter qu'est-ce qui a changé ?
- Speaker #1
Alors, peut-être que ce qui marque le plus quand on arrive au Château d'Eau, c'est que l'entrée n'est plus là où elle était depuis 50 ans. Donc, c'est quand même notable. C'est-à-dire qu'on arrivait devant le Château d'Eau, on rentrait devant la tour. Et en fait, aujourd'hui, on rentre par derrière cette tour à travers une petite annexe qui est dans le jardin, un pavillon de jardin. Et donc voilà, on a déplacé l'entrée parce qu'en fait, on a mis la billetterie et la boutique, les services d'accueil comme ça du public. au même endroit, dans ce petit pavillon de jardin que les gens ne voyaient pas, ne comprenaient pas trop ce que c'était. On y avait des bureaux. Et ça permet en arrivant de mieux découvrir le site. En fait, on arrive, on comprend qu'il y a un parc qui était derrière un petit peu caché. On voit l'ensemble des bâtiments. Et puis, ça nous a permis de mettre en place un parcours de visite un peu plus fluide peut-être. Une fois qu'on est arrivé là, on va dans la tour. qui n'est dédié du coup qu'à l'exposition. On a dans cette tour ouverte un nouvel espace de visite qui est pas très grand, mais qui quand même change la découverte de la tour puisque c'est le rond central qui est quand on arrive au rez-de-chaussée où on voit des parades. de partir l'escalier hélicoïdal en gros limaçon qui monte jusqu'en haut de la tour. Et on voit aussi des petits bouts de tuyauterie, enfin on comprend un petit peu mieux dès qu'on arrive dans le château d'eau, peut-être dans quoi on est, même si c'est que pour deviner. On a mis en place une borne aussi interactive multimédia qui permet d'avoir une histoire du château d'eau à la fois du 19e puis en tant que galerie photo. Voilà, on a essayé de valoriser aussi le bâtiment. Après, les travaux sont continués dans la galerie 2. C'est la deuxième partie qui est sous le courdillon et sous le pont neuf. Il y a une extension qui date de la fin des années 80, mais que du coup on a réaménagé puisque la boutique n'y est plus. Donc plus d'espace et plus de modularité pour les expositions. Et puis ça, ça se voit pas pour le public. Mais en réalité, on a débouché une arche sous le pont neuf où on a mis nos locaux, nos bureaux qui étaient avant dans le pavillon de jardin. Tout n'est pas visible pour le public, mais pour nous, on a rendu le lieu peut-être plus efficace et pour nous aussi plus facile à utiliser. Et puis après, on a traité l'accessibilité, ce qui est indispensable aujourd'hui. Le sous-sol où on se trouve maintenant est accessible pour les personnes à mobilité réduite. Ce n'était pas le cas jusqu'à il y a un an et demi. C'est quand même très heureux. Et puis, on a traité aussi le lieu pour la conservation, l'amonstration, le traitement d'air, tout ça, parce que ça nous permet d'avoir des prêts qu'on ne pouvait peut-être pas avoir avant. Dans un lieu dédié à l'eau, exposer de la photo, c'était un peu une gageur au départ.
- Speaker #0
On ne voit pas tout ça en tant que public. On ne se rend pas compte de tous les enjeux qu'il peut y avoir. Et c'est vrai qu'on peut se dire « Ah ben, qu'est-ce qui a changé ? » On pense tout de suite aux collections, aux expositions, à la visite. mais c'est vrai que vous êtes dans un monument historique, il faut le conserver, il faut allier ça avec l'accessibilité, il faut allier ça avec les enjeux aussi de conservation. Donc c'est tout le travail que vous faites en coulisses.
- Speaker #1
C'est ça. Et en plus,
- Speaker #0
qui débouche une arche du Pont-Neuf pour mettre ses bureaux ? C'est quand même la classe !
- Speaker #1
On a eu un petit moment de stress quand on l'a fait, parce qu'on s'est dit que ça aurait été dommage de défendre le pont à l'occasion de l'ouverture, mais ça n'aurait pas été une super publicité, mais tout s'est bien passé.
- Speaker #0
On est très heureux. Magali, qu'est-ce que peu de gens savent sur ce lieu ?
- Speaker #1
Alors je ne sais pas si peu de gens le savent mais c'est vrai que tout le monde ne le sait pas on a une bibliothèque incroyable dédiée aux livres photos qui est un des fonds les plus riches en France sur livres photos Sous une arche ! Alors elle aussi, voilà, sous une arche du sèche du Pont Neuf, tout à fait Et c'est vraiment un lieu, en plus c'est une bibliothèque assez unique en son genre en France parce qu'il y a d'autres lieux et même des fonds plus importants mais c'est très rare ou même ça n'arrive pas qu'il y ait cet accès direct au livre. C'est-à-dire que vous pouvez aller dans les rayonnages, vous servir, regarder, il n'y a pas d'emprunt mais la consultation sur place est dans une bibliothèque en fait municipale accessible sans inscription ni rien. Et ça, ça rend ce lieu assez unique. Après il y a peut-être une autre chose que... Bon, on ne peut pas voir, mais en fait, l'alimentation pour faire tourner les roues à Hobbes ici, elle partait ensuite par un... Elle s'évacuait plutôt du côté du Théâtre Garonne.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc, en fait, ce lien entre les deux via des tunnels sous terre existe toujours.
- Speaker #0
D'accord. Il faut explorer les... Il ne faut pas me le dire à moi. Vous pouvez voir un deuxième tournage au Château d'Eau. Pour la réouverture, vous avez invité l'artiste photographe française. Sophie Zénon a investi sur ces murs fraîchement restaurés. Magali, est-ce que tu peux nous présenter un petit peu cette exposition humus du monde et nous expliquer pourquoi vous avez fait ce choix ?
- Speaker #1
Oui, alors Sophie Zénon, avec cette exposition qui a un titre très organique, elle en présente 30 ans de création. Donc on traverse quand même tout son travail du début. Début à la fin, entre guillemets. Ce n'est pas une rétrospective, ce n'est pas exhaustif, mais quand même on traverse une longue période de travail. Moi, ce qui m'intéressait, c'est que Sophie a une façon de présenter, de travailler. Par exemple, elle étudie des paysages et on les traverse comme une expérience. Et moi, j'avais envie en ouvrant le château d'eau qu'elle nous fasse sentir le lieu parce que c'est un lieu très particulier. et qu'elle nous fasse visiter le château d'eau comme une expérience. Et je trouve qu'on y arrive assez bien, notamment parce qu'avec Sophie, on a pu inviter des œuvres d'autres musées, des Augustins, de musées toulousains, des abattoirs, etc. Et je trouve que moi ça m'intéressait, elle a une démarche plastique, photographique et plastique, et on a réussi à mettre en espace quelque chose... Elle fait vibrer le château d'eau, je trouve, avec son travail. travail de Sophie, il explore, elle est historienne de formation et anthropologue donc elle travaille vraiment la mémoire en fait soit des paysages soit familiale à un moment donné dans une autre partie de son travail elle travaille aussi sur notre rapport à la mort, aux représentations et c'est tout ça qu'elle met en scène au Château d'eau.
- Speaker #0
J'ai un souvenir particulier qui se trouve dans l'espace justement où on fait cet entretien et juste derrière nous si vous nous regardez sur la version filmée une représentation, je pense une évocation de la mort. Il y a une photo où il y a une superposition entre un squelette et une photo de personne et un portrait et quand on arrive dans cet espace mais à l'opposé c'est-à-dire qu'on rentre dans le noyau du bâtiment, dans ce couloir on a une perspective qui s'ouvre au loin sur ce squelette et quand j'étais venu tourner pour montrer les coulisses je me souviens que c'était l'accrochage et j'ai assisté à l'accrochage de ce tableau et je l'ai vu se dresser devant moi comme ça Je pense que tu as bien dit, elle a vraiment investi, elle a transformé un petit peu les lieux, elle a changé la perspective. Ça marche. En tout cas, l'effet a marché sur moi. J'ai été scotché.
- Speaker #1
Cette photographie en fait là qu'on voit, effectivement, c'est une photographie qui est faite en longue pose d'une momie qui est au couvent des Capucins à Palerme. Et en fait, en bougeant, elle, pendant sa pose, elle lui donne vie en fait là. Et oui, c'est une momie en fait. Effectivement, c'est un peu... spectaculaire, on va dire, et s'est mis en regard avec des tableaux des Augustins qui sont des vanités, des natures mortales. Ici, au sous-sol, elle a un peu tissé une métaphore du cycle de vie et de mort avec cet espace circulaire du château d'eau et au sous-sol, plutôt dans ce moment de mort mais aussi de renaissance parce qu'on est avec de l'eau et qu'en fait, elle considère qu'on est dans un endroit où on peut renaître.
- Speaker #0
Elle avait dit que c'était un temple de la photographie et de l'eau. Magali je continue avec une série que j'inaugure c'est la première fois que je le fais je pense que ça sera à se regarder pour les prochaines je l'ai appelé Dur comme Bric où c'est une série de questions réponses rapides je n'ai rien inventé, c'est assez classique est-ce que tu es prête ? c'est qui ton artiste photographe préféré ?
- Speaker #1
impossible de répondre à cette question Il y en a plein. Disons que j'aime beaucoup la photographe mexicaine Graciela Iturbide.
- Speaker #0
Ok, on prend. Est-ce qu'un jour, on pourra avoir l'accès en haut de la tour au public ? La tour du château d'eau ?
- Speaker #1
Jamais ! Non, ce n'est pas vrai. Oui, on l'a ouvert déjà exceptionnellement juste avant la fermeture. Voilà, pour se dire allez ! Et on va aux journées du patrimoine faire des petites visites. Alors du coup, c'est des visites qui ne peuvent pas se faire à plus de 5, 6, parce que l'espace ne le permet pas. Donc on en aura, mais voilà, on peut compter sur les doigts de la main.
- Speaker #0
Ok, on n'aura pas un ascenseur qui montera avec des groupes de 20 personnes.
- Speaker #1
Non, ça va. Il faudrait détruire l'escalier.
- Speaker #0
C'est compliqué. Quelle est la plus belle vue de la ville sur la ville selon toi ? En haut de la tour du Château d'eau.
- Speaker #1
Oui, voilà. Je ne sais pas. Je crois que j'aime beaucoup la vue depuis Pêche David. J'apprécie en fait d'être dehors, à l'extérieur, comme dans un parc, entre guillemets. Et puis cette vue. Et peut-être... J'aime bien maintenant quand j'ai des amis qui viennent, je leur fais prendre le téléphérique. Et voilà, je trouve qu'il y a quand même quelque chose d'assez incroyable.
- Speaker #0
Donc il y a les vues en hauteur. Donc, tu as replombé la ville. Ton monument toulousain préféré, c'est lequel ?
- Speaker #1
Oui, c'est difficile. Je crois que j'aime beaucoup le palmier au Jacobin.
- Speaker #0
Facile à aimer celui-là. J'en aime beaucoup aussi.
- Speaker #1
Désolée.
- Speaker #0
L'artiste que tu rêverais d'avoir en expo un jour, vivant ou mort ?
- Speaker #1
C'est difficile parce qu'au Châteaudon, on a déjà quand même invité beaucoup de monde. Et s'ils sont vivants, on ne s'interdit pas de les inviter. Si tout était possible, j'aurais bien invité Dora Maar. Sinon, peut-être plus récemment, il vient de partir et c'est quand même un monument de la photographie. C'était Martine Parr.
- Speaker #0
Il paraît que tu as l'un des plus beaux bureaux de Toulouse. Tu nous en parles ?
- Speaker #1
Oui, il est deux étages au-dessus de nos têtes. Je suis entre guillemets dans le rang central, mais au premier étage de la tour. Une jolie vue à 360 sur Saint-Cyprien, sur l'hôtel-lieu, sur le pont Neuf. Et une sortie avec un accès direct sur le Courdillon, c'est sympa, ouais.
- Speaker #0
Pour aller prendre le bus ?
- Speaker #1
Pour aller prendre le bus, par exemple.
- Speaker #0
Dans l'œil du photographe, la Brie toulousaine, elle est de quelle couleur ?
- Speaker #1
Je ne suis pas photographe, mais moi je dirais qu'elle est orange, la brique rose. Et il y aurait quelque chose à faire là-dessus d'ailleurs, sûrement. Regarder ces briques et voir quel prisme de couleurs on peut avoir dessus.
- Speaker #0
Il y a un sujet d'expo là, je parle à tous les photographes de Toulouse. Je pense qu'il y a un truc à jouer. Un ou une artiste photo toulousaine sous-cotée qui mériterait un bon coup de projecteur selon toi ?
- Speaker #1
Sous-côté, ce n'est pas un terme super valorisant. C'est peut-être pas assez connu, mais encore méconnu. Et moi, dans ce cas-là, je parlerais de deux artistes avec qui on a travaillé, à qui on a passé une commande pour couvrir le chantier du Château d'Eau. Il va y avoir une expo à Saint-Cypre sur ce chantier. C'est Mathis Benesteb et Caroline Andrivan, qui sont des artistes sortis de l'ETPA. de l'école de photo de Toulouse. Ils sont hyper forts, hyper doués. Ils ont fait un reportage ici très complémentaire, hyper sensible, avec un traitement de couleurs qui est vraiment intéressant. Voilà, Caroline Andrivan et Mathis Benestel.
- Speaker #0
Ok, des artistes à suivre de près à Toulouse. Et la dernière question, ton oeuvre préférée de l'Expo Humus du Monde de Sophie Zeman ?
- Speaker #1
Mon œuvre préférée, je crois que j'aime beaucoup les photogrammes. Donc dans la série L'herbe aux yeux bleus. Et je les aime tous, alors c'est pas sien que je préfère. Mais voilà, j'aime beaucoup cette série.
- Speaker #0
En quel espace on les retrouve pour les personnes qui seraient...
- Speaker #1
Au rez-de-chaussée, à l'entrée de l'expo. On commence l'expo par cette série-là.
- Speaker #0
Merci Magali d'aider nous avoir embarqués pour ce voyage au cœur du plus beau château du quartier Saint-Cyprien. Ne manquez pas de venir découvrir l'exposition Humus du monde de Sophie Zénon. C'est jusqu'au 8 mars. Voilà, c'était le tout premier épisode de notre podcast Olala Toulouse qui met l'accent sur les personnes qui font le patrimoine et la culture dans notre ville. Si vous avez envie de nous donner un petit coup de pouce, n'hésitez pas à laisser 5 étoiles et à vous abonner et pourquoi pas soyons fous à en parler autour de vous. C'est tout pour moi, au plaisir de vous retrouver avec un nouvel invité au micro d'Olala Toulouse.