- Speaker #0
Quand ma mère m'a posé la question, la première fois de savoir quel est le métier que je voulais faire, je lui ai dit que je voulais être femme de ménage. Je viens de Reims, j'ai grandi dans une famille où j'étais fille unique. J'ai perdu mon papa quand j'avais 6 ans. Et avec ma mère, du coup, on a un peu... On va dire... À droite à gauche. J'ai toujours eu l'habitude de me dire, non mais c'est bon, ça va aller quoi. Et en fait, bah non. Je suis humaine aussi, donc non, là ça ne va pas aller. J'ai appris les choses différemment, à savoir que même si je vais être la meilleure dans ce que je suis, la santé c'est important.
- Speaker #1
Bienvenue sur One Ambition, le podcast qui explore le parcours humain derrière les trajectoires qui marquent. Ici... on ne s'arrête pas aux apparences. On parle de travail, d'échec, d'ambition, de déclic, de résilience et tout ce qui façonne une vie bien au-delà du succès visible. Merci d'être là, de faire vivre cette aventure avec nous et d'être de plus en plus nombreux à nous suivre. Pour nous soutenir, pensez à vous abonner, à mettre 5 étoiles sur vos plateformes d'écoute préférées. Votre soutien nous aide concrètement à faire grandir le podcast et à accueillir des invités toujours plus impactants. Maintenant, place à l'épisode. Bienvenue sur le podcast de One Ambition, bienvenue Alizé, ça me fait super plaisir de te recevoir aujourd'hui. Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots s'il te plaît ?
- Speaker #0
Merci beaucoup à vous déjà de m'avoir donné cette opportunité.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Moi du coup c'est Alizé Patiès, j'ai 30 ans et je pratique le cross triathlon depuis 2018. On peut dire que je suis triathlète professionnelle maintenant.
- Speaker #1
Oui c'est ton métier.
- Speaker #0
Oui tout à fait, ça n'a pas été le cas au début parce que c'était compliqué. Maintenant, je suis contente de pouvoir dire que c'est mon métier.
- Speaker #1
C'est cool. Quand tu repenses à l'enfant que tu étais, qu'est-ce qui te revient en premier ?
- Speaker #0
J'étais très dynamique. J'avais tellement d'énergie que ma mère m'a mise au judo direct. Elle m'a dit qu'il fallait canaliser l'énergie. J'ai fait un peu de judo, j'ai fait de la danse classique. J'ai fait pas mal de trucs, mais je pense que j'étais une enfant qui avait de l'énergie à revendre et il fallait la mettre quelque part. Donc j'ai fait du sport très tôt.
- Speaker #1
Dès le plus jeune âge ?
- Speaker #0
Oui, je pense que j'avais 4-5 ans. Donc judo, danse classique, danse moderne, jazz. Je fais de la danse cabaret aussi.
- Speaker #1
En plus ?
- Speaker #0
Oui, j'étais un peu plus âgée, j'avais 17 ans. et Et puis, à un moment donné, j'ai même fait les deux VTT et danse. Parce que j'aimais vraiment les deux univers complètement différents.
- Speaker #1
C'est complètement différent, je te confirme.
- Speaker #0
C'était vraiment lunaire parce que des fois, j'avais une compétition l'après-midi de vélo. Donc, j'étais plein de boue, j'étais crasseuse. Et le soir, j'avais un spectacle avec les filles et il fallait que je sois toute... Belle, paillettes, talons.
- Speaker #1
C'est un vrai contraste.
- Speaker #0
C'était vraiment un contraste de ouf. Mais j'ai vraiment kiffé les deux univers. Et puis après, il a fallu choisir.
- Speaker #1
Pas possible de faire un peu les deux ?
- Speaker #0
Avec les études, c'est compliqué de faire les deux. Donc là, ma mère, elle m'a dit, lisez, il va falloir choisir. J'ai penché sur le VTT parce que vraiment, j'avais des sensations que je n'avais pas dans la danse. Et je ne regrette pas du tout, vraiment.
- Speaker #1
Ce côté un peu adrénaline que tu avais besoin ?
- Speaker #0
Oui, je pense que c'était le côté adrénaline, et puis le côté liberté, le côté nature. Moi, j'adore être dans la nature, donc c'est vrai que je pars faire un tour de VTT, je vois des paysages que je ne pourrais pas voir si j'étais à pied. Ou alors, il faudrait que je fasse un 100 bornes, ou des choses un peu plus longues, et je n'ai pas trop le temps. Et puis, je pense que je ne suis pas quelqu'un qui est apte encore à faire un 80 bornes à pied. Donc, ouais, non, j'adore cette notion-là de liberté de nature.
- Speaker #1
Ok. Et du coup, pour contextualiser, t'as grandi où ? Famille, frères et sœurs ?
- Speaker #0
Moi, je suis rémoise. Donc, je viens de Reims. Et j'ai grandi dans une famille où j'étais fille unique. J'ai perdu mon papa quand j'avais six ans. Et avec ma mère, du coup, on a un peu, on va dire, vagabondé à droite à gauche. J'ai beaucoup changé d'école et je suis arrivée à Dijon.
- Speaker #1
vers quel âge ?
- Speaker #0
j'avais une dizaine d'années donc j'ai changé le champagne pour le vin et puis ma maman a rencontré quelqu'un donc on a été une famille recomposée on l'est toujours d'ailleurs et donc j'ai des demi-frères et soeurs pour moi c'est des demi-frères et soeurs mais on n'a pas de lien parenté Ok. Donc un grand demi-frère et deux demi-sœurs Et puis j'ai continué à Dijon à faire mon petit bout de chemin Et puis à faire du sport et les cours à côté
- Speaker #1
D'accord, et à quel moment le VTT arrive dans ta vie ?
- Speaker #0
Le VTT du coup il arrive en seconde Il arrive plutôt en troisième avec l'UNSS Je fais un peu du NSS. Mon prof de sport me dit que je suis assez « forte » alors que je ne fais rien dans le sport.
- Speaker #1
Il s'enforce.
- Speaker #0
Il me met un peu à l'UNSS. Je fais un peu des raids, du canoë-kayak, du VTT, de la course à pied. Je me dis que c'est sympa, le sport, j'aime bien. Là, je vais dans un lycée aux portes ouvertes. à Brochon, à côté de chez moi, où ils ont une section sportive. Et moi, je ne voulais pas du tout aller dans ce lycée parce que toutes mes copines allaient dans le lycée de secteur. Mais mon beau-père avait fait toutes ses années lycée là-bas. Il m'a dit non, mais il faut vraiment que tu y ailles, c'est incroyable. Donc du coup, j'y suis allée de force presque. Et en fait, j'ai super accroché avec les profs de sport. Et ça m'a vraiment donné envie, tu vois, de... d'y aller et puis d'essayer la section sportive. Et puis là, j'ai découvert le VTT, la course d'orientation, l'escalade, le bike and run. Le bike and run,
- Speaker #1
c'est quoi ça ?
- Speaker #0
Le bike and run, c'est tu es à deux, tu as un vélo pour deux, il y en a un qui court et un qui fait du vélo et tu intercales. Donc des trucs un peu fun. Et voilà, à partir de ce moment-là, j'ai vraiment accroché avec le VTT. Et de fil en aiguille, on m'a présenté un président de club de VTT. Et puis, j'ai pris une licence. Je me suis prise au jeu. J'ai fait des courses régionales, départementales. Et puis après, nationales et internationales.
- Speaker #1
Ok. Mais comme ça, sans rien repenser, mais tu y allais un peu au feeling ? Ou c'était déjà bien réfléchi ? Tu voulais bien avancer là-dedans ?
- Speaker #0
Tu veux dire en faire mon métier ?
- Speaker #1
Ouais. Bah ouais, parce que là, enfin, la manière que tu l'expliques, on a l'impression que je faisais ça comme ça, c'était cool, ça me défoulait, mais sans vision de vraiment, tu sais, je veux vraiment persévérer, quoi.
- Speaker #0
Non, vraiment, je n'avais pas de vision pour persévérer. Mais après, je pense que j'ai un état d'esprit de compétition, c'est-à-dire que quand je suis sur une course, j'ai envie de gagner. Tu vois, je n'ai pas juste envie de dire, vas-y, j'ai envie de la finir.
- Speaker #1
L'important, c'est de participer. Non, c'est mort. Tu vois,
- Speaker #0
quand ma mère, elle me disait ça, ou quand je loupais une course. Elle me sortait ce genre de phrase. J'avais juste envie de lui dire non, mais je ne comprends pas.
- Speaker #1
Mais c'est marrant, c'est un gros trait commun à beaucoup d'athlètes de haut niveau. C'est l'importance de partir. Non, cette phrase ne doit pas exister. L'important, c'est juste de gagner. Quand tu es là, tu es là pour gagner.
- Speaker #0
Oui, après, par contre, j'étais aussi là pour profiter. Parce qu'en fait, quand tu es dans un team, j'étais dans un team, dans un club, on était plusieurs et c'était trop cool. Il y avait une ambiance. Peut-être que si j'avais été toute seule, ça aurait été vraiment différent. Mais ce qui m'a vraiment boostée, c'est que je me sentais évoluer tout le temps. Et de passer des caps, ça me motive encore plus. Et c'est ça vraiment qui m'a donné envie de continuer. Et puis, tu vois que ce que tu fais juste un peu comme ça, ça marche. Et c'est incroyable. Tu te dis, waouh, mais c'est trop bien. Jusqu'où je peux aller, en fait ? Tu te dis presque, ouais, le challenge, c'est de savoir jusqu'où je peux aller et ce qui va se passer après.
- Speaker #1
Tu m'étonnes. Et ça, du coup, tu continues en même temps que la danse, non ? Ou là, tu avais vraiment arrêté la danse et tu étais focus sur le VTT ?
- Speaker #0
Oui, en fait, les années lycée jusqu'à la terminale, j'ai fait la danse moderne jazz cabaret et en même temps le VTT dans un club, plus les études. Donc, c'est vrai que ça faisait beaucoup de choses.
- Speaker #1
Tu m'étonnes.
- Speaker #0
Tu as fait quoi comme études ? Moi, du coup, j'ai passé un bac, ça n'existe plus, je pense, aujourd'hui, STG. Moi, j'étais passionnée par le marketing, l'économie, le droit, surtout le droit. Et puis après, j'ai fait... deux années de classe préparatoire pour aller dans une école de commerce. Et donc là, c'est là que ma mère m'a dit il va falloir choisir. Donc j'ai continué le VTT mais voilà, vraiment juste pour me dire là, j'ai la tête qui va exploser et je vais faire du vélo. Et donc ces deux années-là, le sport ça a été un pas en off parce que j'en avais besoin. C'était vraiment un équilibre.
- Speaker #1
Ton échappatoire pour vraiment te libérer.
- Speaker #0
Mais vraiment, Le temps était compté. C'est-à-dire que des fois, j'étais sur mon home trainer chez moi et j'étais en train de réviser en même temps.
- Speaker #1
La fille qui optimise tout, tu vois.
- Speaker #0
Quand je repense, c'est lunaire. Je me dis, mais comment j'ai fait ? Je serais incapable maintenant de le refaire. Mais après, quand j'étais en école de commerce, j'avais plus de temps. Et là, j'ai recommencé vraiment à refaire du VTT à haut niveau. Et puis voilà, j'ai continué vers cette voie-là.
- Speaker #1
Parce que quand tu étais gamine, tu rêvais de quoi ? T'avais des rêves, non ?
- Speaker #0
Euh... Bah...
- Speaker #1
Ça sort la connerie.
- Speaker #0
Tu vois, quand ma mère, elle m'a posé la question, la première fois de savoir quel est le métier que je voulais faire, je lui ai dit que je voulais être femme de ménage.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc, en fait, j'allais souvent en vacances chez ma grand-mère. Et ma grand-mère, elle m'a appris vraiment des trucs super utiles, tu vois. Repasser, faire le ménage, faire les fleurs, le jardin.
- Speaker #1
Pour ça, on avait des grands-mères de ouf.
- Speaker #0
Des choses de la terre, des choses concrètes. Et du coup, de la voir faire ça, je me suis dit, mais c'est génial. Et puis,
- Speaker #1
elle sait tout faire.
- Speaker #0
Oui. Et ma mère, elle m'a dit, non, mais Alizé, peut-être que tu vas changer d'avis, tu sais. Mais oui, au début, c'était vraiment ça que je voulais faire. Et puis, après, quand j'ai commencé, on va dire, à être dans le sport, je me suis dit, ouais, le sport, en fait, je ne sais pas, ça me dégage des émotions que je n'ai nulle part ailleurs. Et c'est trop bien.
- Speaker #1
Et pourquoi l'école de commerce, du coup ?
- Speaker #0
L'école de commerce, en vrai, je ne sais pas. Il fallait choisir une direction. Je ne sais pas. De base, après le lycée, je ne savais pas trop quoi faire. Et mon prof d'éco m'a dit, en vrai, Alizé, tu devrais essayer de faire une classe préparatoire pour les grandes écoles de commerce parce que... T'es intelligente, t'as le potentiel et même si c'est dur, t'essayes et tu verras ce que ça dit. Et au début, j'étais pas trop pour parce que je me disais, moi, j'ai pas envie d'avoir deux ans sans vie au niveau sport. Et j'avais un peu peur et je me suis dit à la fin, bon, ok, j'essaye. Et puis, si ça marche pas, tant pis, au moins, j'aurai pas de regrets. Donc, j'ai fait ça aussi parce qu'on m'a un peu poussé à le faire. Mais au final, c'était vraiment deux années incroyables. Vraiment, j'ai... J'avais des profs géniaux. Je ne sais pas, deux, trois ans après, je suis allée border coup avec eux. Ah ouais, carrément ? Ouais, non. En fait, ce que j'ai apprécié, c'est qu'ils ont compris aussi ma démarche de faire du sport, même si j'étais en prépa. Ils n'ont pas mis des bâtons dans les roues. Et puis, j'ai créé du lien avec les gens avec qui j'étais parce qu'au final, quand tu es en prépa, on est tous un peu dans la même merde. Donc, on se serre les coudes. on est ensemble et on vit ça ensemble donc ouais ça tisse des liens et j'ai appris des choses que j'aurais appris nulle part ailleurs niveau culture générale niveau langue franchement j'étais presque bilingue en espagnol bon maintenant j'ai tout perdu mais ouais j'ai appris des choses et c'était trop bien en fait ton cerveau plus tu l'entraînes à faire des choses plus c'est incroyable ce qu'il peut faire il aime apprendre Ah oui. Et je regrette un peu de moins le travailler maintenant parce que je continue, tu vois, par exemple, d'apprendre des langues ou de faire des choses. Mais ce n'est pas comme en prépa, quoi.
- Speaker #1
Mais après, tu n'as pas peut-être le même temps disponible aussi pour ça.
- Speaker #0
C'est sûr. Mais en tout cas, j'ai vécu deux années dures, c'est sûr. Mais vraiment, je ne regrette pas du tout ce choix. Et puis après, l'école de commerce, j'ai mes... Bien aussi le commerce, le marketing. Mon but, en fait, c'était d'être dans le sport, de travailler dans le sport.
- Speaker #1
Tu voulais vraiment rester dans le sport quand même.
- Speaker #0
Oui. Au début, je me suis dit, OK, mon goal, ça va être de travailler chez Amoris Sport Organisation. Je me suis dit, oui, c'est une boîte, ça me tente vraiment. Donc, je vais faire de l'événementiel et du marketing sportif. Donc, j'ai fait un master. Enfin, j'ai un double diplôme. En fait, j'ai un master plus général, marketing management. dans le marketing et un autre plus ciblé sportif et là on avait des profs qui avaient un réseau incroyable c'était à Marseille que ce soit avec le foot ou avec le tennis et En fait, quand j'ai fini mon master, il y a eu le Covid. Et je me suis dit, de toute façon, l'emploi va être compliqué. Et j'ai envie de continuer le sport. Je suis jeune, qu'est-ce que je fais ? Et c'est là que j'ai commencé à me lancer vraiment dans le sport. Mais j'ai fait des stages en entreprise pour valider mon diplôme. Et j'ai aussi adoré ce que j'ai fait. Donc, j'étais vraiment un peu le cul entre deux chaises parce que j'aimais bien un peu cet univers-là d'être dans le sport, mais plus de l'autre côté de la barrière. Et le côté sportif et entraînement parce que je voyais l'évolution aussi.
- Speaker #1
Ok. Et du coup, quand tu développais la partie VTT, tout ça, t'en parlais un petit peu en classe prépa, que tu faisais du VTT, que tu voulais faire des compétitions ou pas forcément ?
- Speaker #0
Ouais, ça m'est arrivé.
- Speaker #1
Les gens te suivaient un peu,
- Speaker #0
non ? Tu parles en classe prépa. Oui,
- Speaker #1
en classe prépa. Et puis, tu étais soutenue parce que tu disais que tu avais un groupe qui était quand même très soudé, etc. Déjà, tu faisais de la compétition à ce moment-là ou pas forcément ? Oui,
- Speaker #0
je faisais de la compétition. Donc là,
- Speaker #1
tu arrêtes la danse modern jazz ? Oui. Ok.
- Speaker #0
Je faisais encore un peu de compétition. Et des fois, il fallait que je parte le vendredi matin alors que j'avais cours. Et je disais à ma prof ou à... des profs que je pourrais pas être là mais que je demanderais à une copine de me donner les cours et que je rattraperais et il y a des profs qui étaient vachement indulgents et limite le lundi qui me disaient alors la course et puis bien sûr comme dans tous les enseignements t'en as toujours qui veulent te mettre des bâtons dans les roues tu vois en mode ouais j'espère que t'as rattrapé le cours enfin ouais Bye Il y a toujours des gens comme ça, en fait. Mais j'ai appris à vivre avec. Et moi, j'étais juste contente de voir qu'il y avait d'autres profs qui s'intéressaient. Et je me suis dit, bah ouais, en fait, c'est trop cool parce qu'ils me demandent comment ça s'est passé. Et ouais, en fait, je trouve que c'est mieux d'avoir cet état d'esprit-là parce que ça me donnait encore plus envie d'être à fond dans leurs cours. Parce que je me dis, ouais, ils comprennent. Donc, c'est cool.
- Speaker #1
Bah ouais, tu m'étonnes.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et si en général, on dit que... La vie, elle est parsemée d'embûches. Est-ce que tu te souviens d'un élément dans ta vie, dans ton parcours de vie, quand tu étais jeune, qui a vraiment façonné la femme que tu es aujourd'hui, un moment difficile ? Et comment tu l'as surmontée ?
- Speaker #0
Je pense que j'en ai eu pas mal, des moments difficiles. Je pense que le premier, ça a été la perte de mon papa. Clairement, ça a été un moment difficile. Et puis, quand tu as cet âge-là, c'est difficile parce que... Tu comprends, mais en même temps, il y a des choses que tu ne comprends pas. Donc, je pense que j'ai mené un peu la vie difficile à ma mère.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Je pense qu'à cet âge-là, tu es triste. Et puis en même temps, tu ne comprends pas tout. Moi, j'ai vu ma mère dans des états vraiment où elle n'était pas bien. Et puis après, quand elle a commencé à rencontrer quelqu'un, tu es là, mais c'est moi d'abord. Alors que non, en fait, elle aussi, elle a le droit d'être heureuse et de rencontrer quelqu'un.
- Speaker #1
À six ans, très compliqué.
- Speaker #0
Donc, par contre, j'ai eu de la chance parce qu'elle a été, je pense, même beaucoup plus protectrice qu'une maman normale. Mais oui, je pense que ça a été la première fois où ça a été dur. Et après, je dirais que j'ai fait un burn-out sportif en 2020-2021. Et là, ça a été très dur aussi. J'ai vraiment tout remis en cause. Pourquoi je fais ça ? Mais je n'ai plus goût à la vie. Tout m'énerve, tout me saoule. Je ne me reconnais pas. Vraiment, j'avais fait tellement de sport. Je m'étais tellement donnée à fond dans ce projet. Je voulais tellement être la meilleure que c'était trop. J'ai commencé à avoir des symptômes de raidesse. C'est quoi ça ? Bah vraiment sur entraînement, donc plus les règles, mal à la tête, épuisée mentalement, physiquement. C'est-à-dire que juste d'aller faire mes courses au supermarché, c'était le bout du monde. Je regardais, je montais les escaliers, je regardais ma maman, j'étais à plus de 130 poules. J'étais vraiment épuisée et ça m'a même fait peur. parce que je me suis dit wow j'ai jamais vécu ça et j'ai toujours eu l'habitude de me dire non mais c'est bon ça va aller quoi et en fait bah non je suis humaine aussi donc donc non là ça va pas aller et j'ai appris en fait avec ce moment-là, à voir les choses différemment, à savoir que même si je vais être la meilleure dans ce que je suis, la santé, c'est important. J'ai besoin de faire attention à moi et la vie, c'est une expérience. Donc, ça va être une expérience qui va m'aider à grandir.
- Speaker #1
C'est clair. Avec le recul, tu arrives à comprendre pourquoi tu te donnais autant à fond ? Est-ce qu'il y a... Peut-être un élément déclencheur ? Est-ce qu'il y a quelque chose vraiment qui fait que tu avais toujours ce besoin de se surpasser, mais à l'extrême presque ?
- Speaker #0
J'ai commencé le triathlon assez tard. Du coup, j'avais 22 ans. Et au début, je me suis toujours dit, en fait, j'ai du temps à rattraper. Parce que je viens du VTT. J'ai commencé, je ne savais pas nager. Enfin, je ne savais pas nager. Si on me posait dans l'eau, je ne me serais pas noyée. Quand j'ai commencé la natation, je faisais une heure et demie de natation. Je ne faisais même pas 3000 mètres. Donc, c'était vraiment dur. Et je savais courir, mais comme une personne lambda. Donc, je me suis dit, j'ai beaucoup de choses à rattraper. J'étais un peu dans cette démarche-là de, OK, il faut que je rattrape le temps perdu. Sauf que, bah non.
- Speaker #1
Le corps, en fait, c'est mort, il ne peut pas.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Donc, euh... J'étais vraiment très assidue au niveau des entraînements. Je faisais à la lettre ce qu'on me disait de faire. Et je pense qu'au bout d'un moment, mon cerveau, il a vrillé.
- Speaker #1
Il a fait stop ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il a voulu te protéger ? Oui,
- Speaker #0
vraiment. Je pense que c'est plus mon corps qui a lâché au début parce que j'étais tellement motivée que je pense que mon cerveau, il n'aurait pas lâché. Et du coup, c'est mon corps en premier qui a dit non mais là, en fait, là, il faut arrêter parce que sinon, après, tu vas vraiment vriller. Et c'est là que tous les symptômes physiques ont commencé à arriver.
- Speaker #1
Parce que du coup, tu faisais ça vraiment pour ce côté passionnant, le dépassement de soi ou il y avait un truc à prouver derrière, beaucoup plus fort, de vouloir toujours aller ?
- Speaker #0
Je pense aussi qu'il y avait l'enjeu du côté financier parce que j'avais besoin de gagner ma vie. Pour gagner ma vie, il fallait que je commence à montrer que j'étais devant et que j'avais ma place. pour les partenaires, pour montrer que j'évoluais et qu'on pouvait compter sur moi. Et puis aussi, je pense un peu, pour montrer aux autres que j'en suis capable. Parce que c'est vrai que des fois, on te demande c'est quoi ton métier ? C'est des triathlètes, je fais du triathlon. Non mais ton vrai métier, c'est quoi ? Tu vois, ça m'énervait tellement, que j'avais tellement envie de montrer que j'ai ma place. je fais ce métier là parce que j'aime ça mais aussi parce que je fais tout pour ce métier et je me donne à fond mais je me suis tellement donnée à fond que c'est mon corps qui a lâché d'ailleurs c'est intéressant parce que là on parle du VTT mais à quel moment le triathlon rentre
- Speaker #1
dans ta vie parce qu'en fait là on a fait la bascule mais à quel moment tu te dis tiens je vais me mettre à nager à courir tu vois parce que finalement t'aurais très bien pu faire carrière dans le VTT et enfin je veux dire t'as arrêté là c'est déjà énorme mais pourquoi le passage au triathlon et après même au cross triathlon d'ailleurs en fait à la fin presque à la fin de mon école de commerce donc là t'as recours en master 2 ?
- Speaker #0
ouais j'en ai un peu marre de faire que du VTT le VTT quand tu cours en coupe du monde t'as besoin d'avoir des points ICI Donc, c'est des points qui te permettent, si tu veux, sur la ligne de départ d'être devant ou derrière. Et ça joue énormément le départ en cross-country. Et moi, je n'avais pas d'emploi du temps aménagé en école de commerce. Donc, pour avoir des points ECI, il fallait faire soit des grosses courses, soit aller dans des pays où tu as des courses, où tu peux gagner des points ECI. Je n'avais pas énormément de points ECI. C'était ma première année élite. Je courais avec Pauline Ferrand-Prévot, par exemple. Je ne suis pas un expert,
- Speaker #1
je suis désolé.
- Speaker #0
Elle vient de gagner le Tour de France, quand même.
- Speaker #1
Pardon, je suis vraiment navrée. Il faut regarder le Tour de France. Je ne regarde pas toutes les activités, mais d'accord.
- Speaker #0
Voilà, une grande dame.
- Speaker #1
Kevin, tu connais ? Kevin, il connaît. Kevin, viens prendre ma place. Ouais, c'est ça. Kevin, viens prendre ma place. Ne t'inquiète pas,
- Speaker #0
je ne pense pas qu'elle va regarder le podcast.
- Speaker #1
Écoute, c'est quoi ? On pourra même la taguer. Juste, on prendra l'extrême, on la taguera et tout le monde pourra se moquer de moi en disant qu'il ne connaît pas. Non,
- Speaker #0
mais voilà, c'est une grande dame dans le milieu du cyclisme féminin. Et ouais, je n'y arrivais pas.
- Speaker #1
Sinon, on la refait et je fais « Ah oui, Pauline, bien évidemment. » Bien évidemment, tu vois.
- Speaker #0
Non mais voilà, tu pourras regarder comme ça. Mais grave,
- Speaker #1
je vais regarder.
- Speaker #0
Ça se trouve, tu l'as déjà vu. Mais ça se trouve en plus, mais c'est clair. Oui,
- Speaker #1
parce qu'en plus, j'aime bien regarder un peu toutes les actualités sportives. Donc voilà.
- Speaker #0
On ne t'en voudra pas.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Mais on attaquera quand même sur ce passage-là, on rigolera.
- Speaker #0
Non mais voilà, j'en avais marre en fait de ne pas avoir de points essayés, du coup d'être derrière. Et je n'arrivais plus à m'entraîner tous les jours sur un vélo, de faire que ça.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et j'avais des personnes autour de moi qui faisaient un peu de triathlon et du cross triathlon. Je me suis dit, franchement, pourquoi pas ? Je sais faire du VTT. Bon, OK, je ne sais pas trop nager.
- Speaker #1
Il faut que j'apprenne à nager et à courir, mais OK.
- Speaker #0
Et puis la course à pied, je sais courir. Donc, j'ai vu un peu plus en mode challenge. J'ai envie d'essayer. Et puis, en fait, quand j'étais cycliste, les triathlètes, pour moi, c'était des fous. Je me disais, mais comment ils font pour faire ? Leur vie, c'est nager, rouler, courir. C'est ouf.
- Speaker #1
Il faut être bon dans les trois.
- Speaker #0
Comment ils font pour courir après le vélo ? Je ne sais pas, ça m'interpellait un peu. Donc, j'ai essayé et j'ai kiffé. Au début, la natation, je n'ai pas du tout kiffé. C'était vraiment dur. Et plusieurs fois, je me suis dit, pourquoi je fais ça ? Vraiment, c'est horrible quand tu n'as aucune sensation en natation. Et puis, en fait, ce qui m'a tenue, C'est l'évolution en natation. Au fur et à mesure, j'ai vu que j'ai évolué.
- Speaker #1
Tu avais pris un coach ?
- Speaker #0
Oui. En fait, je me suis inscrite dans un club de triathlon à Dijon.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Et puis, il y avait un coach au bord du bassin. Et au fur et à mesure, je me voyais évoluer. Et là, je me suis dit, c'est cool parce que je vois que j'avance. Je n'avance pas très vite, mais j'avance. Et puis, c'est venu un peu comme ça. Je pense que le fait qu'il y ait toujours la discipline du VTT dans le cross triathlon, c'est ce qui m'a aussi fait du bien, parce que le VTT, c'est vraiment quand même ce que j'adore.
- Speaker #1
Tu aurais très bien pu faire un triathlon et partir sur du cyclisme, en fait.
- Speaker #0
Oui, clairement.
- Speaker #1
Finalement.
- Speaker #0
Mais le cyclisme, enfin, je veux dire le triathlon sur route, j'aime bien aussi, j'en ai déjà fait, mais je m'amuse moins sur un vélo de route.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
J'aime vraiment plus, moi, le fait que... que ça soit technique sur un vélo, que ça change tout le temps le terrain, que ça ne soit pas du tout la même allure. C'est vrai que des fois, souvent, même si tu fais un ALF, la partie vélo, le but, c'est de garder une vitesse ou de garder un rythme assez constant. Donc, c'est un peu différent, mais c'est tout aussi bien. C'est juste différent. OK.
- Speaker #1
Tout à l'heure, tu disais que tu avais besoin de points UCI. Tu ne t'es pas posé la question de... Je présume qu'il y en a plein qui le font. Tu as voulu garder cette carrière, enfin pas cette carrière, mais garder quand même les études en ligne de mire. À aucun moment, tu t'es dit je vais arrêter les études parce que je veux vraiment faire ma passion ou pas du tout ? Tu t'es déjà posé la question à ce moment-là ou pas ? En année de master.
- Speaker #0
Le truc, c'est que déjà à l'époque, c'était en 2018, 2017-2018. On est presque dix ans en arrière. Le cyclisme, ce n'était pas du tout comme aujourd'hui pour les femmes. Et gagner sa vie Quand t'es cycliste Femme c'était difficile Vraiment Donc Et puis ma mère n'était pas prête à ce que je lui dise J'arrête les études Je fais que ça Elle m'a toujours dit non moi je veux que t'aies des études Et elle a eu raison je pense C'est important Donc j'ai fini mes études Et après seulement j'ai commencé à me dire Ok on peut peut-être essayer un truc Mais en tout cas, dans le vélo et dans le VTT, je n'avais pas assez le niveau, je pense, pour prétendre dire je vais vivre du VTT et je vais arrêter mes études. Parce que, comme je te disais, on a vraiment un bon niveau en France, autant chez les hommes que chez les femmes en VTT. Donc avec Pauline, à l'époque, il y avait aussi d'autres filles super fortes. Donc pour faire sa place aussi, ce n'était pas évident. Donc, non, je pense vraiment que ce n'était pas jouable.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc, pas de regrets.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça, pas de regrets. Et du coup, je reviens sur cet événement où tu dis mon corps m'a lâché parce que c'était stop. Tu l'as géré comment ?
- Speaker #0
Je pense que j'ai eu la chance d'être bien entourée par un médecin. Ok, tu étais suivie par un médecin ?
- Speaker #1
Ouais, en fait, c'est lui qui m'a diagnostiqué ça. Il m'a fait remplir un questionnaire, il m'a vu et il m'a dit, il a dit à mon kiné en avant, en première. Là, je crois qu'en fait, il faut tout arrêter parce que là, elle est en burn-out.
- Speaker #0
Ah ouais, carrément.
- Speaker #1
Ouais, et ça a été difficile parce que je n'ai pas eu le soutien de mon coach. Ah ouais, de l'époque ? De l'époque. Et j'étais jeune quand même. J'avais 24 ans, 25 ans. Donc, je pense que j'avais besoin aussi d'avoir son soutien. Et je n'en veux pas du tout. Mais je pense que c'est important d'être bien accompagnée dans ces moments-là, de bien savoir pourquoi il y a ça et qu'est-ce que je peux faire pour aller mieux. Parce que c'est vrai que quand on est une femme, il y a plein de choses hormonalement qui se passent. Et le jour où tu n'as plus tes règles, ce n'est pas normal. Donc, c'est important de le mentionner et de ne pas se dire non, mais ce n'est pas grave.
- Speaker #0
Ça va passer.
- Speaker #1
Voilà, c'est comme ça. Donc, ça m'a permis aussi de plus comprendre ce qui était normal et pas normal. Et puis, de faire un peu plus attention à mon corps, à plus m'écouter. Parce qu'avec du recul, j'ai eu des signaux, en fait.
- Speaker #0
Oui, mais c'est souvent ça, en fait. On s'en rend compte. Après ?
- Speaker #1
Tout à fait. Donc, le corps est bien fait et maintenant, j'écoute vraiment plus les signaux. Et ouais, c'est important d'être bien suivi.
- Speaker #0
Oui, tu m'étonnes. Et du coup, ça t'a appris quoi sur toi ?
- Speaker #1
Ça m'a appris que le mieux est l'ennemi du bien.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois, c'est un peu ça. J'étais toujours dans, ouais, ce que je fais, c'est bien, mais je peux faire mieux.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et en fait, un jour, mon kiné m'a dit, mais tu sais, Alizé, le mieux est l'ennemi du bien. Et je ne sais pas, cette phrase, elle m'a percuté. Je me suis dit, mais ouais, en fait, je suis toujours dans le mieux alors que ce que je fais, c'est déjà bien. Je ne peux pas aller plus vite que le temps. Je ne peux pas faire mieux. Ce que je fais, c'est déjà bien et il faut que je vois sur le long terme, pas sur le court terme. C'est un marathon,
- Speaker #0
sans mauvais jeu de mots. Ouais,
- Speaker #1
c'est ça. Et c'est important de prendre le temps. Je te dis ça, mais il y a eu des moments très difficiles.
- Speaker #0
On est un peu tous pareils. Je pense qu'on veut que les choses aillent plus vite. Mais il y a plein de choses. Tu te rends compte qu'il n'y a que le temps qui fait les choses. C'est incroyable.
- Speaker #1
C'est dur de se dire qu'il n'y a que le temps qui fait que ça ira mieux sur certaines choses de la vie. Maintenant que j'ai compris ça, je fais attention et j'essaye de faire...
- Speaker #0
T'es plus sur une quête comme tu faisais avant, de faire toujours plus et tout ça ?
- Speaker #1
Ouais. Alors après, la limite est très fine. Quand t'es athlète et que tu veux être la meilleure...
- Speaker #0
Tu fais pour la performance quand même. T'es obligé, en fait.
- Speaker #1
Tu joues avec la limite. Et le but, c'est de ne pas aller de l'autre côté. Et du coup, pour avoir un peu testé l'autre côté, c'est vrai que...
- Speaker #0
C'est pas top.
- Speaker #1
Au-delà que ce soit pas top, le Maintenant, des fois, quand je m'entraîne beaucoup, j'ai des petits signes et là, je sais qu'il faut que je ralentisse.
- Speaker #0
Tu sais t'écouter maintenant ?
- Speaker #1
Oui, et puis maintenant, je sais jusqu'où je peux aller.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
je sais que des fois, mon corps me fait des petits signaux et je me dis qu'il faut qu'on ralentisse un peu.
- Speaker #0
Tu te gères comment ?
- Speaker #1
J'ai la chance d'avoir une coach femme. Je pense que c'est très important parce qu'on fait beaucoup nos entraînements déjà en fonction de mon cycle.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
et elle a le même corps que moi elle te comprend ? voilà elle me comprend et elle me connait maintenant depuis ça fait combien de temps qu'elle te suit ? depuis mon burn out donc ça fait maintenant 4 ans ok c'est à ce moment là que t'as changé de coach ouais et non ouais je pense que c'est important aussi d'être honnête avec soi même si t'es pas honnête avec toi même c'est là que t'es dans le déni et ça peut vite Passer du côté obscur, entre guillemets.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Donc, être honnête et se dire, non, mais là, est-ce que c'est de la fatigue d'entraînement ou est-ce que c'est de la fatigue là ?
- Speaker #0
C'est le corps, c'est le métabolisme, en fait, qui t'envoie des signaux et qui dit stop, quoi.
- Speaker #1
Donc, ouais, c'est important, je pense, de se poser la question. Et moi, maintenant, je commence à me connaître quand je sens que j'ai moins le goût à la vie, que, tu vois, je vois plus les choses négativement et tout. Là, je sens que...
- Speaker #0
Il faut se poser.
- Speaker #1
Oui, il faut se poser.
- Speaker #0
De toute façon, le mental joue énormément. La fatigue joue, le sommeil. C'est incroyable à quel point ça a un impact sur tout.
- Speaker #1
Mais complètement. Surtout le sommeil, c'est hyper important.
- Speaker #0
c'est ouf pour tout le monde pas que pour les athlètes non non nous maintenant quand on travaille moi je le sais il y a des fois par rapport au podcast par rapport à ce qu'on fait avec One Ambition tu sais tu veux faire des trucs puis tu sens t'es devant laisse tomber ça sert même à rien d'essayer d'entamer un truc fatigué t'y arrives pas tu rattaques le lendemain matin 7h t'es frais comme un gardon et tout va bien ouais c'est clair puis on a plus 20 ans voilà t'attaques pour moi Tu n'as que 30 ans, moi je vais avoir 43 ans, donc si tu veux, il y a encore 13 ans d'écart.
- Speaker #1
Oui, mais des fois, quand je fais des soirées, je mets maintenant 3 jours à m'en remettre. Alors qu'avant, en une nuit, c'était réglé.
- Speaker #0
Parfois, en 2-3 heures, tu te dis, je vais faire une sieste, je me relève et c'est reparti. Maintenant, c'est beaucoup plus difficile.
- Speaker #1
Oui, mais j'adore dormir en plus, donc le sommeil...
- Speaker #0
Une vraie marmotte ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si je suis une vraie marmotte. En tout cas, j'aime bien me coucher tôt.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
enfin me coucher tôt, normal, 22h je suis pas quelqu'un qui se lève tard je déteste me lever style 10h-11h j'ai l'impression d'avoir loupé un truc oui, oui, moi j'y parlais des fois ça m'arrive après une soirée de me lever tu vois à 10h-11h et je me dis oh non,
- Speaker #0
j'ai loupé un truc surtout si il fait beau et tout ça, alors tu fais j'ai plombé ma journée quoi.
- Speaker #1
Ouais, alors qu'il y en a qui adorent se lever à midi, tu vois. Mais moi, j'avoue, j'ai jamais aimé ça. Mais ouais, le sommeil, moi, j'adore, tu sais, m'endormir et me réveiller le matin. Et j'ai l'impression d'avoir dormi cinq minutes.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
ça, c'est agréable. Ouais, non, le sommeil, ça fait la récupération. Ça te permet d'être concentré. Ça joue sur tout, quoi.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Sur ton système nerveux et ton mental.
- Speaker #0
C'est clair. Aujourd'hui, c'est quoi ton avis, ton pourquoi ? C'est quoi cette force que tu as en toi qui te donne envie toujours d'avancer ? Ça vient d'où ?
- Speaker #1
Pourquoi ? C'est une très bonne question. Vous avez quatre heures.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Tu sais quoi ? Je vais m'en aller. Je te laisse réfléchir et puis tu as la caméra.
- Speaker #1
Pourquoi ? Je pense que, comme je te le disais tout à l'heure, la vie, c'est une expérience et j'ai envie de ne pas avoir de regrets, de vivre ce que j'ai envie. Et je pense que le fait de faire du triathlon à haut niveau, ça m'amène aussi à me dire, en fait, ça ne va pas être ton métier toute ta vie, donc profite maintenant. C'est un truc que t'adores, t'es passionnée par ça.
- Speaker #0
Même encore maintenant ?
- Speaker #1
Ouais, vraiment, j'adore ce que je fais. Et je dirais même que j'aime peut-être même plus m'entraîner que courir.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Enfin, en fait, je sais pas, c'est un état d'esprit. Bon, j'arrive peut-être pas jusque-là, j'avoue que j'aime bien courir quand même. Mais j'adore m'entraîner. Et je traîne pas des pieds le matin. Enfin, de toute façon, ma mère, elle m'a toujours dit... Je veux plus tard que tu trouves un métier où quand tu te lèves le matin, tu as envie d'aller travailler. Et c'est clairement ça. Le matin, je me réveille et je suis trop contente. J'adore. Bon, après, des fois, quand tu es à 6h30 en train de nager, ce n'est pas drôle. Mais en fait, j'aime ma vie et je ne regrette pas du tout d'avoir décidé d'avoir fait cette fila. Et je me dis, de toute façon, il y aura une fin à un moment donné. Mais au moins, j'aurais fait ce que j'ai à faire dans le triathlon et je kiffe.
- Speaker #0
Trop cool. Si tu n'avais pas choisi ce chemin, tu penses que tu aurais fait quoi ? Tu t'es déjà posé la question ?
- Speaker #1
Oui, je me suis déjà posé la question.
- Speaker #0
Tu as re-quatre heures.
- Speaker #1
En fait, quand j'ai fait des stages de fin d'études, j'ai travaillé chez LookCycle et à la Fédération française de cyclisme. J'ai vraiment aimé cet univers de travailler dans des boîtes sportives. Du coup, si j'avais eu l'occasion de rester par exemple à la FFC, je pense que j'y serais peut-être restée. Mais en vrai, je pense que je serais restée dans le milieu du commerce parce que j'ai fait une école de commerce. Après, du coup, si tu me dis, si tu avais voulu choisir un autre métier, tu aurais fait quoi ? Moi, je pense que j'aurais fait un truc... plus dans le bien-être, dans la nature. Là, en fait, je suis en train de faire une formation en naturopathie et j'adore, franchement. En fait, je suis venue dans cette formation parce que quand tu es sportif, tu dois faire attention à ce que tu prends quand tu es malade, tout ça. J'ai ma coach aussi qui est pharmacienne de base, qui m'a tout de suite initiée à prendre des huiles essentielles, des trucs assez sains. Et de fil en aiguille, ça m'a intéressée. Je me suis dit, en fait, je vais faire une formation. Déjà, pour moi, ça va me permettre de mieux comprendre. Et puis, si un jour, j'ai envie de faire un truc dans la naturopathie, go ! Peut-être que je ferais ça.
- Speaker #0
Oui, puis tu l'auras expérimenté sur toi finalement presque.
- Speaker #1
Oui, c'est clair.
- Speaker #0
En tant qu'athlète de haut niveau.
- Speaker #1
Oui, et j'adore le concept de se dire, en fait, la naturopathie, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une médecine holistique. Donc, on va essayer de comprendre la cause de ce qui t'arrive. Donc, si tu as mal à la tête, on ne va pas te dire, ok, on va te donner un Doliprane et puis voilà, on va enlever ton symptôme. Voilà la racine. On va essayer de comprendre pourquoi t'as mal à la tête et qu'est-ce qu'on peut faire pour que le symptôme il disparaisse et que ça revienne pas. Donc c'est hyper intéressant, c'est un peu un détective du bien-être. Je pense que j'aurais fait un truc plus comme ça de base. Tu vois, même kiné, je trouve que c'est super intéressant des fois quand j'ai des blessures. Et mes kinés qui me parlent de termes scientifiques et tout et qui comprennent plein de choses sur le corps, je me dis mais c'est tellement important de comprendre son corps.
- Speaker #0
Oui, c'est pas que mécanique en plus.
- Speaker #1
Oui, et d'avoir un peu plus d'interrogations sur comment ça fonctionne, pourquoi ça fonctionne comme ça. C'est hyper important. Donc, je pense que j'aurais peut-être été plus...
- Speaker #0
Tu serais partie certainement là-dedans. Oui. Est-ce qu'aujourd'hui, il y a une victoire, on va dire, qui n'est pas forcément très connue du grand public, qui n'est pas forcément très Instagrammable, mais dont toi, tu es fière de toi ?
- Speaker #1
Je pense que je suis fière déjà de dire que c'est mon métier, d'être triathlète. Et puis, je suis fière d'avoir été championne du monde l'année dernière parce que c'est vrai que c'était un objectif. Et des fois, ce n'est pas facile de dire mon objectif, c'est ça et j'ai envie de le réaliser. Parce que le chemin pour y aller, il est parsemé d'embûches. En fait, tu ne sais pas si tu vas y arriver.
- Speaker #0
Jusqu'au bout,
- Speaker #1
c'est dur mentalement. Tu persévères et des fois, ça ne porte pas ses fruits. Et en fait, je suis fière d'avoir continué, même s'il y a eu des moments où je me suis dit « En fait, je n'y arriverai jamais » .
- Speaker #0
Plusieurs fois, tu t'es dit, tu étais au bord de lâcher, de se dire « Là, je n'en peux plus » .
- Speaker #1
En fait, j'ai eu une année 2024 vraiment compliquée où je n'ai pas réussi à gagner une course. Je pense que j'étais tellement dans « il faut que je fasse ça, ça, ça » , tellement dans le contrôle que j'ai perdu le contrôle. Vraiment, style la veille du championnat du monde, j'étais terrorisée. J'ai quasiment pas dormi, j'étais stressée. En fait, je me disais même « mais qu'est-ce que je fais là ? »
- Speaker #0
Tu ne te sentais pas à ta place ?
- Speaker #1
Non, j'étais là, mais… Mais ouais, j'avais pas envie presque. Tellement j'étais fatiguée et tellement je me suis dit mais j'y arriverai pas.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a fait que tu t'es sentie dans cet état-là, sachant que tu travailles tout ce temps pour ça ?
- Speaker #1
Je pense parce que j'ai pas réussi à gagner une course de l'année. Championnat du monde, c'était la fin d'année, la dernière course. Donc pas en confiance. Et j'ai trop misé sur cette course-là, donc pression. Et puis du coup, après, plus tu as un état d'esprit négatif, plus après, c'est mort.
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #1
si tu pars déjà sur la ligne de départ en te disant, là, ça va être compliqué. C'est ça. Ça va vraiment être compliqué.
- Speaker #0
Tu m'étonnes.
- Speaker #1
Donc après, c'est grâce à ça aussi qu'après, j'ai su rebondir et je me suis posé les questions en me disant, là, c'est impossible. Si je veux y arriver, il faut que je change mon état d'esprit, que je change des choses. Et c'est là que tu te remets en question. En fait, c'est dans les moments difficiles aussi que tu te dis qu'est-ce que je peux faire pour y arriver, justement.
- Speaker #0
C'est un peu ma question, justement, de comment on passe de 2024, entre guillemets, tu foires tout et il n'y a rien qui va mentalement, à 2025, tu deviens championne du monde. Qu'est-ce qui a changé concrètement, si tu dois te le remémorer, pour en arriver là ?
- Speaker #1
Je pense que, déjà, j'ai pris le temps de comprendre.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je me suis servi de l'année 2024 aussi pour tester des choses à l'entraînement. J'ai testé l'altitude, j'ai testé un entraînement différent où je faisais plus d'intensité mais moins de volume. J'ai testé des choses et puis après, j'ai commencé l'année 2025. en me disant en fait j'ai rien à perdre clairement je vais tout faire pour avoir un bon niveau et puis on verra bien et en fait j'ai commencé l'année par gagner et puis j'ai gagné toutes les courses jusqu'au championnat du monde et en fait de fil en aiguille j'ai retrouvé ma confiance en me disant bah ouais arrête de te mettre la pression t'as pas besoin de te mettre la pression sinon ça va pas marcher c'est clair Merci. Et j'ai vraiment abordé le championnat du monde comme un jeu et presque comme une course test. Parce qu'en fait, si tu veux, on a deux championnats du monde dans l'année. On a le championnat du monde de Cross Triathlon, qui est rattaché à la Fédération. Et le championnat du monde de XTERRA, qui est un label privé comme Ironman. Donc c'est vraiment deux championnats du monde différents. Et le championnat du monde de Cross Triathlon était en juin. et le choix du monde de XTERRA en septembre. Donc, je l'ai vraiment vu en fait comme une course test. Et je me suis dit, en fait, je vais tester des choses. Et je me sentais bien. Vraiment, il y avait tout qui était aligné. Ce jour-là, j'étais dans une période où mon cycle, ça allait super parce que ça joue en fait aussi.
- Speaker #0
Bien évidemment.
- Speaker #1
J'avais confiance. Les entraînements, ça se passait bien. Donc, en fait, ça allait comme sur des roulettes.
- Speaker #0
ouais tu es arrivé En mode plutôt confiante ou en mode plutôt presque détachée ? Ça ne veut pas dire pas concentrée.
- Speaker #1
Oui, non, je ne dirais pas que j'étais détachée. Parce que je suis toujours stressée avant une course. Mais là, j'avais un stress. J'ai envie de voir ce que ça va donner. Pas en mode comme l'année d'avant. J'ai peur de voir ce que ça va donner. Là, j'étais dans l'excitation.
- Speaker #0
J'ai hâte de voir.
- Speaker #1
Oui. Moi, j'aime bien visualiser les choses, donc je m'étais visualisé des choses et je me sentais bien, en confiance. Et du coup, je me suis dit, je vais tester des choses. Et puis, en fait, si ça marche, tant mieux. Si ça ne marche pas, ce n'est pas grave, ça ne va pas changer ma vie, en fait. Les gens autour de moi, ils vont toujours me supporter. Ils ne vont pas être énervés ou être tristes. Enfin, voilà, ils sont avec moi. On fait un travail ensemble. Parce qu'en fait... Le titre, c'est moi qui l'ai gagné, mais en fait, c'est toute mon équipe aussi.
- Speaker #0
C'est une team.
- Speaker #1
Voilà. Enfin, je veux dire, j'ai jamais arrivé toute seule. Donc, au début, c'était un peu une pression de « Ouais, j'ai pas envie de les décevoir » . Et puis, avec le temps, j'ai appris à me dire « En fait, quoi qu'il arrive, ils seront toujours là » .
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Donc, je me suis détachée de tout ça et j'ai kiffé la course.
- Speaker #0
Et là, quand t'arrives, tu passes tes premières, tu le vis comment ?
- Speaker #1
En vrai, au début, c'était lunaire. Je me suis dit, bah, ah ouais, genre, j'y suis arrivée, quoi. Tu sais, j'étais là, ok, bah, limite, je me suis dit tout ça pour ça.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Bah non, mais en fait, ça ne change pas ta vie, au final.
- Speaker #0
On en parlait avec Christophe aussi, et c'est ça, aussi triathlète. Et en fait, tu es là et tu as tout ce travail pendant des années, puis là, tu es, quoi. C'est la cerise sur le gâteau, mais c'est comment tu le vis, quoi.
- Speaker #1
Ouais, c'était... C'était incroyable parce qu'en plus, ma coach, elle était là et de l'avoir émue, tu vois, ça m'a touchée.
- Speaker #0
Tu es presque plus émue pour ça que la victoire en Ligue 1.
- Speaker #1
J'ai réussi à lui transmettre des émotions. Donc, c'était incroyable. Et puis, je me dis aussi, c'est un peu le fruit de tout le travail que j'ai fait depuis des années, en fait. Et donc, non, c'était juste indescriptible, la sensation. Le sport, de toute façon, ça te donne des émotions que... Tu ne trouves nulle part ailleurs, je trouve. Et tu t'entraînes pour ces moments comme ça.
- Speaker #0
C'est clair. Aujourd'hui, c'est quoi ta définition de la réussite ?
- Speaker #1
Ma définition de la réussite ? D'être bien dans sa vie, en fait.
- Speaker #0
Tu te sens alignée aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui, je me sens alignée dans ce que je fais. Je me sens bien. Ça n'a pas toujours été facile parce qu'au début, j'ai accordé de l'importance au regard des autres. Et c'est vrai qu'il y a pas mal de personnes qui ne comprennent pas ce que je fais. Et au début, j'ai eu du mal à comprendre ça. Je voulais qu'ils comprennent. Je voulais les convaincre. Et avec le temps, j'ai appris à me dire... Je ne passerai pas ma vie à convaincre des gens d'avoir leur aval limite.
- Speaker #0
Ce n'est pas des élus chers dans ce domaine-là en plus.
- Speaker #1
Voilà. Mais juste que des fois, quand c'est des gens de ta famille ou des gens proches, c'est dur.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais j'ai un petit cercle autour de moi qui a confiance en moi, qui croit en moi et ça me suffit en fait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est mon équilibre d'avoir ces gens-là et je vis avec ça. Et je me dis en fait, je n'ai pas besoin que les gens comprennent ce que j'en vis. Oui, c'est ça. En fait,
- Speaker #0
c'est ta vie, c'est pas la leur.
- Speaker #1
Donc ouais, pour moi, c'est ça la réussite. C'est réussir à être bien dans sa vie et à faire des choses qui te font plaisir.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Être heureux, quoi.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça, exactement. Est-ce qu'il y a des choses que t'as plus du tout envie de sacrifier maintenant ?
- Speaker #1
Sacrifier... C'est un mot dur, sacrifier.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Moi, je n'ai pas l'impression de faire des sacrifices dans ma vie. En tout cas, quand il y en a qui disent « je fais des sacrifices dans mon métier, etc. » Oui, je loupe des repas de famille, je loupe des anniversaires, je loupe des trucs comme ça. Parce que je sais où je veux aller. Pour moi, ce n'est pas un sacrifice.
- Speaker #0
Pour toi,
- Speaker #1
ce n'est pas un sacrifice. Mais ça serait accorder du temps à des personnes qui te donnent. pas leur temps. Le mot sacrifice, c'est fort quand même.
- Speaker #0
Quand je dis sacrifice, en fait, c'est ça. C'est pas forcément, comme tu dis, j'ai sacrifié ma vie de famille. C'est plutôt ce côté, comme tu dis là, j'ai accordé trop d'importance, par exemple, au regard des gens. Et en fait, aujourd'hui, maintenant, c'est dans ce sens-là, en fait, le mot plutôt sacrifice. Mais après, si t'as pas eu la sensation de sacrifier des choses avant. que maintenant, tu n'as plus envie de faire, c'est bien aussi ?
- Speaker #1
Oui, après, oui, j'accorde plus d'importance à ce que les autres peuvent penser. Et je pense que c'est important maintenant, en plus, avec les réseaux. C'est vrai que les gens passent beaucoup de temps à regarder ce que les autres font sur les réseaux. À se comparer, oui. À se comparer, et ça peut devenir problématique, surtout pour la jeune génération. Et j'ai pris vachement de recul avec ça. Et j'essaye de... de me focaliser sur ma famille, ce qui est important, mes amis et mon petit cocon. Oui,
- Speaker #0
c'est trop bien. Si aujourd'hui tu as une jeune fille qui est dans une période un peu difficile, comme tu as pu le connaître parfois, qu'est-ce que tu as envie de lui laisser comme message ?
- Speaker #1
Je lui dirais de ne pas être trop dure avec soi-même, de bien s'entourer et de croire en la vie. Moi, je crois beaucoup au destin. Je pense que rien n'arrive par hasard. Et juste, il y a forcément des moments inconfortables à vivre, mais c'est aussi ces moments-là qui nous rendent plus forts, qui nous apprennent à voir, ça nous apprend à voir clairement où on a envie d'aller. C'est un peu des croisements de vie aussi. Des fois, il faut savoir vers quel chemin on va s'orienter. Et ces moments-là, des fois difficiles, c'est un mal pour un bien. Donc, j'essaierai de la réconforter sur ça et de lui dire que ça va bien se passer.
- Speaker #0
C'est clair. Aujourd'hui, qu'est-ce que tu as envie de transmettre à travers tout ce que tu fais ?
- Speaker #1
Je pense que j'ai envie de transmettre aux jeunes d'aujourd'hui et aux filles qu'en fait, il faut juste croire en ses rêves. Et si on a envie d'aller à un endroit, il faut y aller. Si on a la chance de pouvoir essayer et de tout faire pour y aller, il ne faut pas se donner de limites. Même si c'est dur, parce que c'est dur. Je ne vais pas mentir, en vrai, je pense que tous les chemins de vie sont durs. Mais ça vaut la peine d'y aller si on a vraiment envie d'aller vers ce chemin-là. Il faut se battre, mais il faut faire ce qu'on a envie de faire.
- Speaker #0
Oui, exactement. Si ce micro pouvait parler à la jeune Alizé quand elle avait 15 ans, est-ce que tu penses qu'elle te reconnaîtrait ?
- Speaker #1
Non, je ne pense pas.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Franchement, je ne pensais pas vivre de mon sport. Je suis contente, par contre, de voir que...
- Speaker #0
Les mentalités ont évolué, comme tu disais.
- Speaker #1
Le développement du sport féminin a vraiment évolué et ça, c'est incroyable, c'est génial. Et je suis contente et j'espère que dans dix ans, ça sera encore. Mais quand je vois des athlètes qui sont mamans et qui reviennent dans leur sport, je trouve qu'il y a dix ans, tu ne le voyais pas, les femmes se projetaient en mode « quand est-ce que je vais mettre fin à ma carrière pour avoir un enfant ? » Alors que maintenant, la question se pose un peu moins. J'ai un enfant et je reviens faire mon métier, parce que c'est un métier comme un autre.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Or, pas comme un autre.
- Speaker #1
Oui, non mais c'est un métier.
- Speaker #0
Tout le monde n'est pas très athlète, mais c'est un métier, effectivement. Non,
- Speaker #1
mais c'est un métier. À part entière. Voilà.
- Speaker #0
Clairement.
- Speaker #1
Donc, je suis vraiment contente de voir ça. Et pour avoir fait du vélo, de voir que le cyclisme féminin, il augmente et qu'il y a de plus en plus de filles aussi sur un vélo. Parce que c'est vrai que je trouve que ça part de l'éducation des parents aussi, de se dire, non, mais moi, je veux que ma fille, elle apprenne à faire du vélo. Comme je veux que ma fille, elle apprenne à nager parce que c'est important.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et je ne trouve pas que c'est un sport plus dangereux qu'un autre. Mais des fois, les parents peuvent avoir peur de mettre un enfant sur un vélo. Mais je trouve que c'est génial de voir de plus en plus de filles de 10 ans sur un vélo et de regarder la télé et de se dire, moi, je veux être comme la fille du Tour de France. Donc, je trouve ça vraiment chouette. Les mentalités ont évolué. Il y a encore beaucoup de travail, c'est sûr. Oui,
- Speaker #0
mais c'est un process et ça va finir par arriver.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Franchement,
- Speaker #0
je pense qu'on est en tout cas bien parti. Bien sûr qu'il y a des choses qui vont moins bien, mais on n'est quand même pas trop mal parti pour ça.
- Speaker #1
Non, c'est trop génial de voir ça.
- Speaker #0
Ça fait trop plaisir.
- Speaker #1
Ça fait vraiment plaisir.
- Speaker #0
Aujourd'hui, quel mot ou expression te définit le mieux ?
- Speaker #1
On m'a souvent dit que mon prénom m'allait bien.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Parce que, en fait, Alizé, c'est pour le vent des Alizés.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est un vent pour faire de la planche à voile. D'accord. Parce que mes parents faisaient de la planche à voile.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et par exemple, ma grand-mère, elle m'a souvent dit que mon prénom m'allait bien parce qu'en fait, je fais un coup de vent. Tu vois, clairement, je veux tout le temps bouger. Je fais tout le temps plein de choses. Clairement, tu vois, quand ma coach me dit qu'il y a trois semaines de coupure, je suis en mode « wow » .
- Speaker #0
Mais qu'est-ce que je vais faire ?
- Speaker #1
Je ne suis pas en mode « qu'est-ce que je vais faire ? » mais j'ai envie d'être en mouvement. Moi, je ne peux pas rester une journée complète sur un canapé à regarder Netflix. J'adore regarder Netflix, mais de faire ça pendant X temps, je ne peux pas. Il faut que j'aille dehors, il faut que je fasse un truc. Genre vraiment si tu veux me faire péter un câble tu me mets dans une pièce à rien faire
- Speaker #0
La salle d'attente on va la mettre dans une salle d'attente Allez vas-y t'attends je te regarde
- Speaker #1
C'est bien aussi parce que ça m'apprend à me poser des questions en fait parce que quand t'es avec toi même
- Speaker #0
Je me pose des questions Qu'est-ce que je vais faire ? Je vais faire du sport ? Non je vais pas faire de vélo Effectivement
- Speaker #1
Je suis un peu
- Speaker #0
Un coup de vent
- Speaker #1
Un coup de vent.
- Speaker #0
Oui, mais c'est joli. Franchement, c'est très joli. Et enfin, dernière question. Tu repars avec quoi de cet échange ?
- Speaker #1
C'est toujours intéressant d'avoir un échange comme ça parce que ça te permet aussi de retourner en arrière sur ta vie et de te dire, j'ai été là et maintenant je suis là. En fait, il s'est passé des choses. Un bon bout de chemin.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et c'est cool parce qu'il y a autant du positif que du négatif. Mais c'est ce qui m'a amenée ici.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et c'est trop chouette de faire ce podcast avec toi. C'était une première et c'était grave cool.
- Speaker #0
En tout cas, merci beaucoup. Merci à toi. Est-ce que tu as des actus à partager, des choses pour te suivre ? On va partager forcément tes réseaux sociaux. Est-ce qu'il y a une actu à partager en ce moment ou pas ?
- Speaker #1
En ce moment, pas particulièrement, mais sur mon Instagram, ouais. N'hésitez pas.
- Speaker #0
On te suivra largement sur Insta.
- Speaker #1
C'est gentil, merci.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Allez, passe une bonne journée. Ciao.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode de One Ambition. Si cet échange t'a apporté quelque chose, pense à t'abonner, à liker et à mettre 5 étoiles sur tes plateformes d'écoute préférées. Ton soutien est essentiel. Il nous permet de faire grandir le podcast et de vous proposer des invités toujours plus impactants. Et si cet épisode peut résonner chez quelqu'un autour de toi, n'hésite pas à le partager. On se retrouve très bientôt pour un tout nouvel épisode de One Ambition.