Speaker #0Je vous souhaite la bienvenue dans cet épisode, au cours duquel j'ai envie de vous parler d'un passage exigeant, mais malheureusement ô combien essentiel dans notre recherche de sens, à savoir le vide existentiel. Et à la fin, je vous proposerai une façon d'habiter ce vide. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez « Où est le sens ? » Ici. Une flamme s'allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, logothérapeute. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Je souhaite donc évoquer dans cet épisode cette phase que vous avez peut-être connue. ou dans laquelle vous êtes peut-être même actuellement. C'est une étape de vie qui est quand même très déroutante, parce que tout va bien, et pourtant, quelque chose en nous a tendance à sombrer. Alors, pas de manière brutale, non, non. De manière bien plus insidieuse, parce que, comme je le disais, tout va bien, ou plutôt tout semble bien aller. Mais quelque part, il y a un vide qui, pas à pas, On a l'impression qu'elle est en train de devenir gouffre. Et c'est une période que l'on nomme le vide existentiel. Donc selon Viktor Frankl, qui est, j'espère que maintenant vous le savez, le créateur de la thérapie existentielle et de la logothérapie, le manque de sens qui mène à un vide existentiel est de nos jours la plus grande source de souffrance dans notre société moderne. Également, ce qui est intéressant quand même par rapport à ses contemporains, c'est que, toujours selon lui bien sûr, la motivation de l'homme n'est ni la recherche de plaisir comme le pensait Freud, ni la volonté de puissance comme le pensait Adler qui était un aussi des contemporains de Frankel et un grand psychiatre. Selon Frankel, ça serait donc bel et bien la volonté de sens innée chez l'être humain. qui serait notre plus grande motivation. Et malheureusement, lorsque ce besoin de sens est frustré, nous pouvons tomber dans ce fameux vide existentiel. Alors, comment ça se manifeste ce vide ? Il y a plein de symptômes, je vais le dire comme ça, qui permettent de se sentir si on est dans cette situation. Tout d'abord, il y a quand même souvent une espèce de sensation d'absurdité, voire d'ennui. profond et surtout généralisé. L'ennui se place dans tous les domaines de notre vie. Et ça, ça peut amener une perte de repère, une déconnexion de soi, voire même du monde et de notre monde, donc de nos proches. Une perte bien sûr de motivation et d'énergie, ainsi qu'un sentiment d'être perdu. Ce qui peut amener une difficulté à comprendre ce que l'on est en train de traverser, c'est que ce vide existentiel, il peut être masqué. Masqué par quoi ? Des addictions notamment, des comportements aussi compulsifs, voire même certains troubles psychiques tels que l'anxiété. Alors par contre, une précision extrêmement importante, c'est que le vide existentiel est différent d'une dépression. Alors, pourquoi c'est différent ? Parce que les personnes, elles sentent bien, et je vais mettre de gros guillemets, qu'elles vont bien. Alors pourquoi elles ont cette sensation-là ? En tout cas, c'est ce qu'elles verbalisent quelque part. Parce qu'elles ont avancé dans la compréhension d'elles-mêmes, mais aussi de leur guérison, de leur trauma. Quelque part, elles se connaissent bien. Donc, elles ont cette sensation que dans cette étape-là traversée, la réponse, elle ne se situe plus dans le passé. Elles ont l'impression... et souvent à juste titre, que la réponse est désormais ailleurs. Un autre paramètre qui permet de différencier cette période de vie d'existentiel de la dépression, c'est que, quelque part, il n'affecte pas ou très peu l'estime de soi et la confiance en soi. Alors bien sûr, si vous êtes dedans, il y a des étapes. Bien évidemment, quand on est dans une étape comme ça, qui est quand même extrêmement difficile avec une paire de repères, un ennui, une motivation qui est complètement fluctuante, bien sûr que l'estime de soi, elle peut être aussi fluctuante. Mais quelque part, ce n'est pas un élément central, je vais le dire comme ça, de l'étape que vous traversez. C'est un moment, mais ce n'est vraiment pas ce qui le caractérise. Alors par contre, bien évidemment, si vous avez le moindre doute quant à l'étape que vous êtes en train de traverser, pensez à consulter. Bien évidemment, seul un professionnel pourra être à même de vous indiquer quelle est la période que vous traversez et pourra mettre éventuellement des mots sur un état dépressif ou peut-être un état d'ennui profond. qui caractérise donc ce vide existentiel. Donc surtout, surtout, si vous avez le moins de doutes, pensez à consulter. Allez, continuons à avancer dans la compréhension de ce vide existentiel. Il peut survenir lorsque la compréhension ou ce qu'on comprend de nos valeurs a évolué et donc elles ne correspondent plus à la vie que l'on s'est créée. Et ça, bien évidemment, c'est extrêmement déroutant. Ce qui peut se produire, c'est que jusque-là, nous pouvons avoir suivi ce qu'on appelle des contre-valeurs définies par la société et ou définies par des proches. Alors, je ferai bien sûr un épisode sur les valeurs et les contre-valeurs. Donc, ce que je vous invite à faire, bien sûr, c'est de vous abonner. Comme ça, vous êtes sûr de découvrir cet épisode très prochainement. Alors, pour Frankl, et je vais le citer. Lorsque l'homme ne sait pas pourquoi il vit, il est prêt à accepter n'importe quel comment. Ce qui s'est passé, si nous avons fait notre certaine contre-valeur, c'est comment, à savoir, crée-toi une vie professionnelle, divertis-toi, etc., elles ne peuvent plus suffire. Bien évidemment parce qu'elles ne correspondent pas à notre être profond. Et ça, malheureusement, bien souvent, c'est... ce vide existentiel dans lequel nous tombons lorsque nous comprenons cela, qui va nous aider justement à nous réaligner par rapport à nos véritables valeurs. Donc c'est vrai que c'est une étape qui est, je l'ai déjà dit, mais extrêmement déroutante à traverser. Un autre aspect que je trouve très intéressant à regarder pour comprendre ce thème du vide existentiel, c'est l'aspect sociologique. Pour moi, c'est important de vous parler de cet aspect-là parce que ça nous permet de sortir de ce que veut nous faire croire quelque part notre société moderne individualiste. Car non, clairement, tout ne dépend pas de nous. N'en déplaise à une certaine catégorie, je vais le dire comme ça, de professionnels qui veulent nous faire croire qu'en effet, en appliquant une méthode en cinq étapes plutôt, on va forcément se sortir aisément de ce que l'on est en train de traverser. Non, tout ne dépend pas de nous et de notre simple volonté. Et l'aspect sociologique va nous l'expliquer un petit peu mieux. En sociologie, le vide est quand même analysé. Et pour certains auteurs, il est étudié non pas comme un simple mal-être individuel, mais bel et bien comme le reflet d'un dysfonctionnement et de l'évolution de la société moderne. Ainsi, il y a certains travaux qui lient le vide existentiel même à une culture du vide, telle que nommée par un essayiste français qui s'appelle Gilles Lipovetsky. Alors, selon lui, cette culture du vide, c'est même clairement un phénomène sociologique majeur de notre société et de notre époque. Alors, je vais le citer. amènerait un vide existentiel. Alors, lui, il fait notamment le lien, on peut s'en douter, avec les réseaux sociaux. D'ailleurs, il y a même une addiction à la validation extérieure qui est très forte de nos jours, donc les fameux likes, qui participerait clairement à la sensation de vide, en nous empêchant de créer par nous-mêmes notre validation. Alors, j'ai l'habitude de beaucoup le dire, mais j'en reparlerai dans un autre épisode. Alors, oui... C'est peut-être un peu du teasing ou pas. Pourquoi je dis ça ? Parce que tout simplement, je ne peux pas tout balayer dans un seul et même épisode. À mon sens, ça serait complètement indigeste et puis ce n'est pas le principe des podcasts. L'objectif, c'est d'avancer pas à pas. Donc, je suis obligée d'en passer par là quand j'évoque certaines choses, notamment la validation extérieure qui me semble un thème extrêmement intéressant. De vous dire que j'en parlerai plus en détail dans un autre épisode. Mais ça m'est quand même important de l'évoquer en tout cas à ce stade. Voilà, parenthèse terminée. Mais c'est vrai que... Selon la sociologie, on est quand même rentré dans cette ère où la validation extérieure a une importance capitale par rapport à la validation intérieure. Or ça, c'est un élément central à se réapproprier justement, la validation intérieure, pour se remettre sur le chemin vers le sens. Également, ce sociologue parle de ce qu'il nomme la débilisation du contenu social. Alors, pour être très honnête quand même, je n'aime pas trop. Ce terme-là, mais je respecte bien sûr la pensée de l'auteur. Alors, qu'est-ce qu'il veut expliquer par cette terminologie-là ? Alors, selon lui, les plateformes des réseaux sociaux favoriseraient un engagement rapide plutôt qu'un contenu travaillé et informatif. Et ça, malheureusement, ça empêcherait de nos jours de faire la distinction entre des contenus importants et ceux qui le sont moins, car ils sont tout simplement présentés sans hiérarchisation. Et ça, malheureusement, ça contribuerait, selon le sociologue, à un sentiment général de perte de sens. Revenons à la logothérapie. Alors, selon Frankel, lui, le vide existentiel, il n'existe pas au niveau biologique ou psychologique, mais bel et bien dans une dimension supérieure qu'il nomme noétique ou spirituelle, tout simplement. Donc pour lui, le vide existentiel... En réalité, il s'agirait d'une souffrance de l'esprit qui ne trouve plus de but à sa vie. Et cela, quelle que soit sa situation personnelle et sociale. Selon Frankel, la quête existentielle est une quête universelle. D'ailleurs, je vous renvoie vers un épisode, alors celui-là il est déjà fait, donc est déjà en ligne. Je vous renvoie vers l'épisode de présentation de la logothérapie et je vous mettrai même en description le lien vers cet épisode. Nous sommes donc tous en quête de sens. Et ce sens, on peut le vivre dans des choses infimes du quotidien, telles que, par exemple, notre façon d'être en lien avec les autres. Frankel, il était, lui, dans les camps de concentration, lorsqu'il a compris et ressenti lui-même que les prisonniers qui survivaient n'étaient certainement pas les plus forts, mais ceux qui gardaient un sens à leur vie. Donc c'est pour ça que, selon la logothérapie, cette quête, elle est... universelle, quelle que soit notre situation personnelle ou sociale. Et oui, parce que même dans les camps de concentration, donc même face à l'horreur absolue, la quête de sens était centrale, justement, pour continuer à survivre à cette horreur. Alors, comprendre cela, ça peut, par contre, avoir un effet un peu paradoxal, parce que, malheureusement, ça peut créer de la honte chez ceux qui souffrent du vide, voire même chez ceux... J'élargis, qu'ils souffriraient d'un mal-être psychologique tel qu'une dépression. Parce que pour certains, ils disent ou on leur dit qu'ils ont tout pour être heureux. Et pourtant, malheureusement, ça ne va pas. Or, justement, comprendre que ce « tout » n'est peut-être pas ce qui donne du sens à la vie, même si la société veut bien nous le faire croire, ça peut aider à ne plus rejeter ce ressenti-là. Pourquoi ? Parce que la honte, c'est vraiment un sentiment terrible qui nous éloigne malheureusement de la possibilité de retrouver du sens. Je m'explique. La honte, c'est un sentiment qui est tellement douloureux, et on l'a tous et toutes déjà ressenti, que quelque part, on va chercher à tout faire pour ne plus le ressentir. Et donc, on va regarder ailleurs. Donc le cerveau, il nous protège. Il fera tout pour éviter d'aller regarder. ce qui se cache derrière la honte. Or, eh bien, il est tout à fait normal pour un être humain de traverser un jour ou l'autre le vide, même si, en apparence, on a absolument tout pour être heureux. C'est une étape qui est commune à tous les êtres humains. Vécue avec plus ou moins d'intensité, on est bien d'accord, mais un jour ou l'autre, ces questionnements-là du sens interviendront dans la psyché de tous les êtres humains. Donc même si tout semble aller bien dans votre vie, vous avez le droit de le ressentir, bien évidemment. Également, de manière un petit peu paradoxale, nous sommes dans une société qui offre tout simplement une multitude de possibilités pour combler le vide. Mais nous sommes de plus en plus nombreux à le ressentir. C'est normal, en réalité, ça peut paraître paradoxal, mais c'est absolument normal. car ce vide existentiel il ne se comble justement pas. En réalité, il s'écoute et il s'habite. Pourquoi ? Parce qu'il ne s'agit pas d'un manque, mais bel et bien d'un espace. La société, elle nous martèle en permanence le comment vivre. Comment ? Justement, eh bien en parlant de réussite sociale, de développement personnel à coup de recettes miracles. Sauf que, de nos jours, on a perdu le pourquoi vivre. Avant, ce pourquoi vivre, il était offert par des récits collectifs, tels que la religion. Et désormais, il est remplacé par des récits individuels. Ce qui nie au passage, d'ailleurs, le côté sociologique, comme je l'ai évoqué, donc l'importance du collectif dans nos vies. On nous vend cette personne qui s'est construite absolument seule en théorie. Je dis bien en théorie, je ne vais pas rentrer dans les aspects sociologiques. Il y a plein de ressources à notre disposition pour mieux comprendre un petit peu ce récit. individuel qui nie absolument le collectif, comme je le disais. Donc, on est passé de ce récit collectif au récit individuel, ou plutôt au mythe individuel. Et ça, malheureusement, ça crée clairement du vide existentiel. Alors, personnellement, je n'ai pas d'avis là-dessus. Je ne dis pas que c'est bien ou mal qu'on ait perdu les récits collectifs. C'est juste un constat qui est partagé, comme je l'ai dit, par les sociologues, les psychologues. Ce qui se passe, c'est que... Nous apprenons désormais à mieux gérer notre temps, par exemple, à être plus performant, bien sûr, à comprendre notre fonctionnement cérébral, nos émotions, à gérer nos conflits. Mais ce qui se passe, c'est que personne ne nous dit à quoi tout cela peut bien servir. Et en plus de ça, désormais, on a l'entière liberté de réponse à cette question. Et donc, ça devient abyssal et forcément effrayant. Alors, le danger, quand on est à confronter à cette compréhension-là, eh bien forcément, c'est de chercher des solutions toutes faites pour en sortir le plus vite possible. Et ça, eh bien notre époque, elle adore, elle adore les réponses rapides, de type, cinq étapes pour sortir du vide existentiel. Alors clairement, par contre, mauvaise nouvelle, le sens, il ne se fabrique absolument pas artificiellement. Il ne se décrète pas non plus, il se découvre. Comment ? Dans la relation aux autres, au monde, dans la création, et même parfois dans la souffrance. Mais pour cela, à nouveau une mauvaise nouvelle, on a besoin de temps. De temps, de silence, et même en réalité de cette traversée très douloureuse du non-sens. Et c'est pour ça finalement que c'est si dérangeant cette étape-là qu'on traverse tous un jour ou l'autre. Parce que ce vide, il nous oblige à ralentir. Également à suspendre nos mécanismes automatiques et surtout à habiter le silence. Allez, quand même, malgré tout, après tout ça, une bonne nouvelle, cette crise, elle a quand même un sens. Nous aider à le retrouver, tout simplement. Mais par contre, encore une fois, ce qui fonctionne pour l'un n'est pas une solution pour un autre. Donc... malheureusement non je ne vous donnerai pas une méthode en cinq étapes pour traverser mais par contre on va continuer à réfléchir un petit peu à cette notion là cette période de vie d'existentiel elle est liée en réalité à un besoin fort et central dans nos vies à savoir se réaligner avec nos valeurs et bien sûr se créer une vie qui a désormais du sens mais pour ça J'insiste, on doit accepter de traverser cette période-là sans résistance, même si ça peut être anxiogène. Ce qu'il faut se rappeler, c'est que cette étape, elle est transitoire. Et surtout, elle va nous amener vers une vie plus alignée. C'est pour ça que c'est quand même presque une chance de le traverser. Alors, si vous êtes dedans, je sais que ça va peut-être vous faire réagir en disant ça. En disant cela, c'est de vous offrir simplement une petite lumière. Petite lumière qui est là, expliquée par plein de personnes qui ont traversé ces étapes-là et qui vous disent que oui, on en sort. Oui, bien sûr. Mais pour ça, il faut accepter de le traverser. Je vous propose un autre éclairage pour bien comprendre cette notion de vide existentiel, mais aussi justement pour le différencier d'un autre terme qu'on... voit et qu'on utilise notamment dans le domaine de la spiritualité, c'est la notion qu'on entend beaucoup qui est la nuit noire de l'âme. et qu'on entend beaucoup, notamment dans le développement personnel. Alors, cette étape-là, elle est souvent présentée comme une crise avant un renouveau, une étape de transformation, et peut-être ce qui est un peu plus dérangeant, c'est parfois vendu un petit peu comme un passage obligé pour évoluer. Et ça, c'est un petit peu dommage, à mon sens, d'expliquer ça comme un passage obligé, mais voilà, c'est un avis très personnel. Ce que l'on sait moins, par contre... C'est que cette notion-là, elle a une origine en réalité qui est très ancienne. Et surtout, c'est même beaucoup plus radical que ce que les discours actuels nous proposent sur ce thème de la nuit noire. La nuit noire de l'âme, elle est décrite en réalité au XVIe siècle par Jean de Lacroix, qui était un mystique espagnol, dans le poème Nuit Obscure, qui a été écrit aux environs de 1578. Et lui, quand il parle de nuit noire... clairement, il ne parle pas de baisse de motivation, ni même de mal-être psychologique et encore moins de manque de confiance en soi. Ce dont il parle, c'est en réalité d'une expérience intérieure de dépouillement total. Dans la nuit noire, ce qui s'effondre, ce ne sont pas seulement les repères extérieurs, mais aussi les repères intérieurs, les croyances, les certitudes et les fameux récits. qui donnait jusque-là une direction à la vie. Et surtout, un point bien central dans son propos, dans la nuit noire, le sens est complètement absent. Alors là, bien sûr, le lien avec le vide existentiel, il semble évident. Pourtant, il y a des différences. Le point commun, c'est qu'il ne s'agit pas d'un manque à combler à nouveau, mais bel et bien d'un effondrement de structure de sens. Par contre, Il y a une des différences qui est essentielle selon moi. C'est que la nuit noire de l'âme, telle qu'elle est décrite, elle suppose une dynamique spirituelle préalable. Le vide existentiel, il peut lui surgir sans qu'aucune quête spirituelle soit présente. Et ça, c'est presque ce qui la rend plus douloureuse, entre guillemets, parce que notre société ne lui offre pas de récit commun pour l'accueillir. Finalement, c'est plus considéré comme une anomalie à résoudre. Or, la nuit noire de l'âme, tout comme le vide existentiel, il ne demande certainement pas à être résolu. Il demande, à nouveau, une traversée. Sauf que malheureusement, dans notre époque, on est vraiment très très mal équipé pour cette traversée-là. On est dans une société qui tolère très mal l'attente. On le sait tous et toutes. Vraiment, désormais, l'attente, c'est compliqué. Simplement, patienter un petit peu en caisse de supermarché, ça peut vite devenir agaçant. Donc, on supporte très mal l'attente collectivement. Également, on a du mal avec la non-direction. On a l'impression qu'il faut que nos vies soient tracées dès nos plus jeunes âges. Et puis également, on a du mal à supporter le flou. On cherche donc très vite à remettre du sens là où il s'est retiré. à produire des réponses, même complètement artificielles, pour ne surtout pas rester trop longtemps dans l'inconfort. Or, Jean Delacroix, tout comme Frankl, disait chacun, avec leur langage bien évidemment, il disait exactement la même chose. Le sens, eh bien, il ne se fabrique certainement pas avec la volonté. Il ne se décrète pas non plus, il se découvre. Et parfois, pour qu'un sens plus juste émerge, malheureusement, il faut que l'ancien se taise complètement. Et ça, forcément, ça nous laisse dans l'absurdité du vide. Clairement, perdre complètement le sens qui jusque-là nous avait accompagnés est une étape qui est profondément transformatrice, mais qui est très clairement douloureuse, oui, puisque... Tout devient absurde, y compris ce vide par moment qu'on ne comprend même pas. Donc l'ego, ce qui se passe, il est dépouillé de tout ce à quoi il s'identifiait pour se sentir exister. Donc ce sont souvent les rôles sociaux, notamment, les objectifs qu'on a hérités et sur lesquels on s'est appuyés depuis tout jeune. Aussi les « comment vivre » dont j'ai déjà parlé. qui sont imposées par l'entourage, par la société, et qui quelque part ne nous soutiennent plus dans notre élan intérieur. Et ce qui se passe alors, c'est que la question qui surgit, elle est ni plus ni moins vertigineuse. À savoir, qui suis-je quand ce que je fais ne suffit plus à donner du sens à ma vie ? Alors, on arrive à la fin de cet épisode. J'avais déjà proposé justement de se poser dans le vide sans rien faire dans l'épisode de présentation sur la logothérapie. Je vous le remets en description, c'est promis. Donc, j'ai beaucoup expliqué dans cet épisode que le vide ne se remplit pas, mais s'habite justement. Donc forcément, je ne peux que vous inciter à faire cet exercice d'habiter le silence que j'ai décrit dans l'épisode de présentation. Aujourd'hui, je vais vous proposer un temps deux. Je vais vous proposer aujourd'hui de ne pas vous censurer, de simplement vous poser la question de quoi ai-je envie aujourd'hui ? Je vous entends déjà. Si on est dans le vide, vous allez me dire mais j'ai envie de rien. Ben justement... N'avoir envie de rien, c'est une envie. Donc, aujourd'hui, peut-être qu'on va suivre cette envie-là. Envie de rien, ne rien faire. Bon, peut-être juste envie de passer la journée à lire. Dans ce cas-là, ça sera OK. Habiter cette envie-là. La seule qui se présente, à savoir ne rien faire, ou peut-être simplement lire, par exemple, ou écouter des podcasts, ou colorier, pourquoi pas. Alors, je sais déjà ce que vous allez me dire. Je n'ai pas le temps. Bien sûr que je n'ai pas le temps. Il y a le travail, il y a les enfants, il y a la gestion du quotidien. Bien sûr, ça je l'entends. Mais par contre, vous me voyez venir une question toute simple. Est-ce qu'il n'y aurait pas un peu de temps inutile, stérile, qui alimente le vide, qui pourrait justement être mieux utilisé ? Bien sûr, je parle forcément du temps d'écran, notamment. On peut aussi remplacer les 5 minutes de scroll quotidien pour rester dans ce vide et voir justement si quelque chose émerge. Peut-être que vous aurez envie de changer uniquement les poignées d'un meuble. Dans ce cas-là, ok, ça va être la seule envie que vous allez nourrir pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. Mais j'insiste, la seule envie qui sera présente, ça sera peut-être le rien. Et c'est celle-ci qu'il va falloir écouter. C'est pas facile, mais de ce rien naîtra peut-être une envie, ou pas pour le moment. En tout cas, en faisant cet exercice, notre cerveau commencera à intégrer que nos véritables envies peuvent avoir une place dans nos vies. Pas à pas, il y a quelque chose qui naîtra, et peut-être que ce quelque chose vous remettra doucement vers le sens de votre vie. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode de « Où est le sens ? » . J'espère vraiment qu'il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d'écoute préférée. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.