Description
Dans son Journal d’un raté, Henri Pollès écrit : « « Il me reste une consolation : je crois que je finirai par détenir le record du plus grand nombre de refus d’éditeurs parisiens. J’attends que des concurrents se présentent ; je les défie tous. Le recordman de l’insuccès. » Il est fort possible que cette formule soit vraie tant ce Breton de Tréguier a écrit, tant il a envoyé, annoncé, sans que le projet ne voie le jour.
Henri Pollès (1909-1984) est un immense oublié des lettres françaises. Son œuvre protéiforme, parfois tragique, souvent historique et politique, tendre, drôle, émouvante et même novatrice voire extrême (dans la forme plus que le fond) a pourtant tout pour satisfaire n’importe quel type de lecteur.
Dans ce premier épisode du diptyque que je lui consacre pour le second anniversaire d’Oublieuse Postérité ce sont principalement son Journal d’un raté, cocasse témoignage de sa vie littéraire et parfois conjugale (mais pas que), et Toute guerre se fait la nuit, puissant roman métaphysique sur la guerre d’Espagne qui retiendront notre attention.
Deux livres aux antipodes l’un de l’autre dans lesquels on retrouve pourtant la même aisance désordonnée, le même goût du bon mot mais aussi un irrémédiable sens du tragique et une grande affection pour ses personnages. Tous ces éléments se retrouvent d’ailleurs dans la vie de l’auteur qui amassa tout au long de sa vie plus de trente-milles ouvrages, brochures et objets qu’il légua à la ville de Rennes quelques années avant de périr dans l’incendie de sa maison…
Destin dramatique, destin presque grotesque à l’image des circonstances éditoriales qui donnèrent simultanément vie et mort à Toute guerre se fait la nuit qui aurait dû gagner le Goncourt.
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