Description
La postérité de Pierre Debray n’est pas encore éclatante. De l’aveu même de ses meilleurs commentateurs, il manque à l’auteur un livre fort, un livre qui aurait fait date et qu’on n’oublierait pas après sa lecture. Pourtant il en a écrit une dizaine et publié un nombre colossal d’articles dans diverses revues des années 40 jusqu’à la fin de sa vie en 1999.
A vrai dire, sa postérité romanesque est encore plus invisible. En effet, les meilleurs commentateurs (Gérard Leclerc, Axel Tisserand, Humberto Cucchetti…) de Debray s’attachent à son œuvre d’intellectuel, d’essayiste et non à celle du romancier. C’est que Pierre Debray n’écrivit qu’un seul roman, le premier livre qu’il publia, en 1946, à vingt-quatre ans : Le Dieu des Violents.
Ce livre publié au Portulan la même année qu’Heureux les pacifiques de Raymond Abellio est tombé dans un total oubli, pourtant, à bien des égards, il mérite d’être redécouvert, à la fois pour ses qualités (qui sont aussi ses défauts) et pour l’étrange métaphore de l’existence de l’auteur. En effet, le destin de Madeleine contient déjà celui de Pierre Debray.
Elle qui vient d’apprendre le suicide de son frère, Claude, quitte le couvent qu’elle venait d’intégrer et va tout faire pour se livrer à la boue, pour se dissoudre en elle car elle se sent désormais « étrangère à tout » – elle et Claude s’aimaient d’un amour trouble. Elle cherche à arriver au bout d’elle-même, cet absolu macabre, et pour ce faire devra trahir, élevant ainsi la trahison à une sorte d’acte métaphysique par excellence.
Placé sous les tutelles perceptibles de Camus, Bernanos et Malraux, ce roman qui mêle quatre thèmes – psychologique, politique, historique et métaphysique – comme l’écrit Daniel-Rops dans sa courte préface, tente de se frayer une voie singulière à l’ombre de si grands pairs, une voie boueuse, bien sûr, en compagnie d’autres romanciers comme Green, Richaud ou Gonnet.
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