Description
Cet épisode est le second d’une série consacrée au mouvement poétique Le Grand Jeu. Il est conseillé d’écouter le premier pour avoir l’entendement complet de la grande et tragique épopée de ces poètes.
Le 11 mars 1929, au bar du Château, André Breton et une vingtaine de surréalistes attendent les membres du Grand Jeu. Le pape du surréalisme, qui a initié cette réunion en prenant pour prétexte le sort fait à Trotski en URSS, ne va pas se livrer à une entrevue de conciliation comme il était initialement prévu mais bien au procès du Grand Jeu.
Il reproche à Gilbert-Lecomte sa posture dans une affaire de tract antimilitariste avec les étudiants de Normal Sup, accuse le groupe entier de mal utiliser le mot « Dieu », accuse enfin, pire que tout, Roger Vailland d’avoir écrit un éloge à propos du préfet Chiappe, « épurateur de la capitale », dans Paris-Midi où il travaille pour subvenir à ses besoins.
Les membres du Grand Jeu son abasourdis. Pour conclure sa tirade, Breton exige de Daumal et Gilbert-Lecomte l’exclusion de Vailland. Ces derniers refusent mais ne défendent pas pour autant leur phrère de toujours. Les mots ne viennent pas. L’amitié bégaye, balbutie… Il ne tombe des bouches que des blocs de honte. Vailland ne réagit pas. Il est anéanti. Ce sera peut-être la plus grande désillusion de son existence.
Pour autant, les membres du Grand Jeu trouvent des alliés, notamment en la personne de Georges Ribemont-Dessaignes ou encore Robert Desnos. Le tour de force des surréalistes pour détruire ces jeunes poètes qui les concurrencent ne fonctionne que partiellement. Tout pourrait encore fonctionner.
Mais dans l’ombre, des déesses noires s’emparent peu à peu des hérauts du Grand Jeu. L’amour éloigne Pierre Minet, la drogue consume Roger Gilbert-Lecomte, la mystique indienne ravit René Daumal et la désillusion dévore Roger Vailland…
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