Description
En 1953, à deux semaines du Prix Goncourt, Francis Carco lance un ultime roman dans la course au prix. Il s’agit de La nuit commence au cap Horn d’un inconnu ayant choisi un pseudonyme aux résonnances proustiennes : Saint-Loup. Les jurés et la presse glosent : est-ce un romancier qui n’aurait pas déjà eu le Goncourt sous un autre nom ? Ou bien un romancier qui ne pourrait se montrer pour des raisons particulières ?
Au terme d’une enquête, notamment menée par un policier des renseignements généraux, on découvre que Saint-Loup est le pseudonyme de Marc Augier, un collaborateur qui fut condamné à mort par contumace. Les voix qui le soutenaient changent de favoris. Pierre Gascar et Le temps des morts (auquel j’ai consacré le premier épisode de ce podcast) seront couronnés.
Le livre de Pierre Gascar est l’une des plus belles variations sur le deuil que j’ai lu. Il est probe, d’un lyrisme grave, et d’une portée universelle. La nuit commence au cap Horn est également un texte grave, bouleversant même, d’un lyrisme brutal et crépusculaire ; il est aussi d’une portée universelle.
Ce n’est pas la mort presque ordonnée dans un camp de prisonnier en Allemagne entouré des lourds échos du peuple juif qu’on immole cette fois, mais la mort lointaine, inévitable, des peuples indiens de la Terre de Feu que des missionnaires du XIXe siècle veulent convertir, peu importe le prix.
Pendant six décennies, Saint-Loup suivra le destin de Duncan Mac Isaac, pasteur britannique, dans ce qu’il appellera un génocide de droit divin. Quant à cet épisode, il essayera de mettre en regard la malédiction qui s’abat sur le cap Horn et des épisodes de la vie de Saint-Loup.
Le reste est à découvrir en écoutant le podcast.
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