Description
Les signes sont parmi nous.
Ils se multiplient dans le village. C’est autant l’image d’un papillon ensanglanté que l’apparition d’un homme qui ne devrait pas être ici, l’effondrement d’une poutre jetée en travers d’un bassin « comme une brindille » que les discussions nocturnes d’un homme qui semble persécuté par un fantôme.
Les signes sont parmi nous.
Le vieux Samuel, le puritain, en est certain qui le répète chaque jour à sa famille qui elle-même le répète aux villageois qu’il tient pour des païens : Oui, « la terre (va) bientôt disparaître comme un papier de journal qu’on jette en flamme dans un puits. » Il ne faudra pas longtemps pour que toute la communauté ou presque en soit convaincue. Il ne faudra guère plus longtemps pour qu’elle monte au sommet de la montagne pour assister à la fin du monde.
C’est sur cette surprenante ouverture aux fortes tonalités eschatologiques que La flamme et la cendre de Louis Parrot, paru en 1949 chez Robert Laffont, quelques mois après la mort de son auteur à 42 ans, tente de lier le destin de l’humanité à celui des résistants. Les textes qui donnent une proportion biblique à cette période de guerre ne sont pas légion en France (La peste de Camus et Le requis civil de Masson, mais après ?) – contrairement en Allemagne avec la Trummerliteratur que j’ai déjà évoqué dans l’épisode consacré à Elisabeth Langgässer.
Louis Parrot aura essayé de « laisser Dieu sans recours » dans ce roman ; il aura dans beaucoup d’autres œuvres et dans sa vie essayé de mettre à l’honneur la poésie et les résistants, l’Espagne et les poètes assassinés, lui qui fut aussi traducteur et essayiste, qui fut « l’amie parfait » selon Paul Éluard avec lequel il traduisit Federico Garcia Lorca.
Le reste est à découvrir en écoutant le podcast.
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