Description
Parmi les héritiers de Maldoror, le démon outrancier d’Isidore Ducasse, il faut citer trois auteurs, sans doute ses trois rejetons privilégiés, sorte d’élus épargnés par les tentations abortives de l’archange du Comte de Lautréamont : Jean-Pierre Martinet, Marcel Moreau et Hubert Gonnet.
Réunion arbitraire ? Peut-être pas. C’est en tout cas celle que j’ai faite dans ma postface à la réédition de L’exécution, signé Hubert Gonnet, qui paraîtra le 11 septembre aux Éditions du Chemin de fer. Les ayants coincés dans la même phrase, je dois désormais m’expliquer dans cet épisode qui ressemble à une énorme note de bas de page de 6000 mots. Pour ce faire, je m’appuierai sur trois romans :
- Jérôme de Jean-Pierre Martinet, paru en 1978 au Sagittaire.
- Quintes de Marcel Moreau, paru chez Buchet/Chastel en 1963.
- Misérable mémoire, merveilleuse menterie, récit inédit d’Hubert Gonnet, écrit vers 1970, que la famille m’a généreusement autorisé à consulter.
Trois œuvres labyrinthiques dans lesquelles il n’y a pourtant aucune véritable histoire. L’intrigue nous intéresse peu, les péripéties n’ont pas la moindre valeur. C’est l’intériorité des personnages qui donne à ces sinistres épopées leurs véritables dimensions. Nous sommes ainsi bien obligés de reprendre à notre compte les propos de Jean Ricardou, théoricien du Nouveau roman, dans un article daté de 1970 : « C’est à partir de lui-même que le texte prolifère : il s’écrit en imitant ce qu’il lit (…) il s’écrit en s’opposant à ce qu’il lit. »
Et le tour de force fonctionne jusqu’à une certaine limite au-delà de laquelle la crise terminale commence : la mort du désir. Jérôme commence à mélanger ses mots, songe au pou de Solange et bientôt la crise dépasse le papier, devient réelle et ronge jusqu’au drame peut être, Marcel Moreau, Hubert Gonnet et Jean-Pierre Martinet…
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