Description
Michel del Castillo est décédé en décembre 2024. De père français (comme le titre d’un de ses livres), de mère espagnole, plus sûrement d’abandons sans frontière, c’est Dostoïevski qui deviendra sa seule patrie et ses romans sa famille. Il le rencontre quand il est adolescent, qu’il revient d’un camp en Allemagne, grâce à un religieux. Quand Michel del Castillo aura soixante-ans, il le remerciera dans une sorte d’essai autobiographique intitulé Mon frère l’Idiot.
La nuit du Décret est l’un des romans les moins directement intimes de Michel del Castillo. Du moins en apparence car de nombreux épisodes, bien que transformés par l’auteur, puisent à la même source : la mémoire, souvent hasardeuse, rarement heureuse. Le mince filet qui salit les pages est âcre, amer, boueux. Toute la littérature de Michel del Castillo est ainsi : étouffante, sombre, d’une culpabilité véhémente ou plutôt que la véhémence de l’auteur combat et exalte.
Avelino Pared est sans doute le plus grand policier d’Espagne. On ne peut que louer son talent, sa manière à la fois simple et odieuse d’obtenir les confessions, de prouver une culpabilité dont il est convaincu puisque chaque bête du bon Dieu est fautive. Il croit en la Loi, l’œil de Dieu, et récuse le pardon, la piteuse arme du Christ. L’un et l’autre ne peuvent cohabiter chez un policier.
Santiago Paredo, dit Santi, est muté de Murcie à Huesca, la ville de Pared. Avant même de s’y rendre, Pared commence son travail : il hante de plus en plus le jeune policier. Santi cherche à comprendre cet homme si brillant qu’on peint pourtant comme une sorte de diable. C’est que Santi aussi est un policier qui croit en la loi, c’est qu’il est aussi un homme qui ne peut en regarder un autre sans le soupçonner.
Une vérité immonde se cache dans ce polar métaphysique affreusement sombre, désespéré, implacable.
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