- Speaker #0
Karim Juheur, bonjour et merci de nous accueillir dans la mairie de Saint-Leu.
- Speaker #1
Bonjour, bonjour à vous et bienvenue.
- Speaker #0
Merci. J'avoue qu'à Parallels Sud, on ne vous a pas vu venir et donc on ne vous a pas assez connu. Et ce que j'aimerais commencer par faire, c'est mieux vous connaître. Est-ce que vous pouvez un peu me raconter votre... Votre enfance, votre attachement à Saint-Leu, vous êtes du coin, j'imagine, évidemment.
- Speaker #1
Effectivement. Je suis, comme je le dis habituellement, un enfant de Saint-Leu. J'ai grandi à Saint-Leu. Je suis né au port, bien sûr, parce qu'il n'y avait pas d'hôpital à Saint-Leu à mon époque. J'étais donc au port. néoport. Je suis un enfant qui a grandi à Saint-Leu, qui a vécu tous ces événements à Saint-Leu. J'ai été à l'école maternelle Saint-Leu Centre, école primaire Saint-Leu Centre, ensuite le collège Pointe-des-Châteaux et au lycée de Stella.
- Speaker #0
Jusqu'au bac.
- Speaker #1
Jusqu'au bac.
- Speaker #0
Et à cette époque-là, vous regardiez déjà la mairie ?
- Speaker #1
Non, ce que je regardais, ce n'était pas la mairie, mais je regardais, j'avais toujours un esprit tourné vers la liberté et surtout un esprit tourné aussi vers la lutte contre les inégalités aussi et contre l'injustice. Ça, je l'ai toujours eu par contre, mais sans être tourné vers la mairie.
- Speaker #0
Ça se traduisait par des manifs de lycéens ? lui, par des choses sur le terrain, déjà, avant d'avoir 18 ans, même ?
- Speaker #1
Bien entendu. Après, des manifs de lycéens, oui. Je me retrouvais toujours dans les manifs de lycéens, mais surtout dans l'engagement auprès de la classe, en étant délégué, en représentant les étudiants, en représentant les élèves. Toujours être là, en fait. pour défendre ce qu'il fallait défendre et toujours être là aussi pour dénoncer des choses. Je me souviens aussi qu'on avait... J'ai été responsable, par exemple, de la rédaction du journal du lycée en dernière année, en terminale, mais c'était dans cette action d'améliorer les choses, d'informer, toujours dans cet esprit, comment résoudre les injustices et comment se battre contre les injustices.
- Speaker #0
D'accord. Quand il y avait les élections de délégués, vous étiez candidat. Vous étiez plutôt un candidat, comment je dirais, révolutionnaire ou un conservateur ?
- Speaker #1
Alors, la question est... Et assez difficile quand on remet dans le contexte de la jeunesse. Je dirais plutôt que j'étais un candidat, lorsque j'étais délégué, plutôt tourné vers les autres, tourné vers ce qu'on pouvait faire avec nos moyens pour défendre les élèves, les étudiants. Mais je n'avais pas encore... J'avais un esprit révolutionnaire, oui, bien sûr, mais je n'étais pas constamment dans cet esprit révolutionnaire. Mais cet esprit révolutionnaire, il est là, il est en moi et c'est vrai qu'il a traduit aussi tout mon parcours.
- Speaker #0
Et quels sont les thèmes sur lesquels vous vous battiez ? à l'époque alors ?
- Speaker #1
À l'époque, ça dépendait. Ça pouvait être, par exemple, je prends l'exemple du bac, les conditions d'accueil des étudiants pour le bac blanc, par exemple, qui a été aussi un grand combat qu'on a voulu mener parce qu'on a estimé qu'il faisait très chaud, qu'on nous mettait tous pour passer le bac blanc et que ce n'étaient pas des bonnes conditions. Donc, je m'attachais vraiment à tout ça. Et puis aussi, s'il fallait défendre des élèves qui devaient en classe être défendus, donc on était là aussi pour les défendre.
- Speaker #0
Et plus globalement, sur les sujets de société, Vous étiez déjà un peu politisé ? Non, pas vraiment.
- Speaker #1
Moi, c'était vraiment du concret. Comme je dis, je suis très pragmatique. Donc, c'était sur des problématiques qu'on a. Et c'est ce que j'ai conservé, mon côté pragmatique, dans l'approche des problématiques qu'ont les habitants. C'est vraiment comme ça que je vois les choses. Et puis, l'attachement politique, j'ai toujours eu un regard sur la politique, mais toujours eu ce regard-là, on va dire, d'esprit critique sur ce qu'on nous proposait comme système. et sur ce que nous en tant que Réunionnais, en tant que Saint-Leuziens, on devait faire pour peut-être développer notre propre modèle à nous.
- Speaker #0
Donc déjà il y avait quand même cet esprit d'autonomie.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #0
Et plus trivialement vous jouiez au foot, vous étiez sportif, vous participiez à les activités dans les clubs de la ville ?
- Speaker #1
Alors moi à Saint-Leuz j'ai vécu pleinement. Alors j'ai fait du body, du bodyboard, j'ai fait du parapente. aller choisir entre le parapente et le basket. Et je me suis plus impliqué dans le basket. Donc, j'ai fait du basket pendant plus de 10 ans. Donc, j'ai connu le club de basket de Saint-Leu depuis qu'il a été conçu. Et ensuite, bien sûr, le football. Tous les samedis à la Pointe des Châteaux. Et si les personnes qui jouent à la Pointe des Châteaux vont nous reconnaître. On était tout le temps à la Pointe des Châteaux en train de jouer au football le samedi. On réunissait tous les quartiers. Donc, tous les quartiers se réunissaient et on faisait du foot ensemble. Et c'était une grande passion.
- Speaker #0
D'accord. C'était de l'interquartier. C'était de l'interquartier, mais il y avait du niveau.
- Speaker #1
Il y avait du niveau. Et vous,
- Speaker #0
personnellement, vous considérez que vous étiez un bon footballeur ?
- Speaker #1
J'étais un bon sportif, un footballeur moyen, mais un bon sportif. Un très bon sportif. Et c'était les matières où j'avais mes meilleures notes, bien sûr, au collège ou au lycée.
- Speaker #0
Ça a l'air d'être des années plutôt souriantes, toutes ces années saint-leusiennes, de votre jeunesse, de votre enfance.
- Speaker #1
Ce sont des belles années. Ce sont des belles années que j'ai vécues avec les amis. Et c'est des belles années aussi que j'ai vécues. à l'école notamment. Et c'est à ça aussi que je suis attaché. C'est à ce Saint-Leu qu'on a connu, ce Saint-Leu qui nous a réunis, ce Saint-Leu qui a fait que tout le monde était ensemble au-delà des différences sociales. ou au-delà des différences aussi qui peuvent nous séparer en termes d'ethnie ou autre. Saint-Leu a toujours été comme ça et c'est ce Saint-Leu-là que je viens défendre aussi aujourd'hui.
- Speaker #0
Vous, vous étiez de quel quartier ?
- Speaker #1
Alors moi j'ai grandi à la Pointe des Châteaux et à Saint-Leu plus particulièrement, mais mes grands-parents viennent de... 4 robinets. Donc j'ai une grande histoire aussi avec 4 robinets parce que c'était là où je passais toutes mes vacances avec mes grands-parents. Et c'est le quartier familial. Mon quartier familial, c'est 4 robinets. C'est là où j'habite aujourd'hui dans la maison de mon grand-père.
- Speaker #0
Ok. Et donc, vous passez le bac. et là, vous devez quitter Saint-Leu.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Vous allez à l'université, à la Réunion dans un premier temps.
- Speaker #1
Exact. Donc comme tous les...
- Speaker #0
Le parcours en quelques mots, oui.
- Speaker #1
Exact. Comme tous les jeunes de Saint-Leu, on n'a pas d'opportunité encore parce que ça fait partie de notre programme de faire des cursus universitaires à Saint-Leu, mais on n'a pas encore ce choix. Donc forcément, on doit partir soit au tampon, soit à Saint-Denis, soit à Saint-Pierre ou soit même quitter l'île pour aller sur le territoire continental ou ailleurs. Donc moi, j'ai fait le choix de partir au tampon. Donc j'ai fait la licence de génie civil au tampon. Et après ma licence de ligne civile à la fac, je suis entré et j'ai intégré l'école d'ingénieur EZIROI, donc en bâtiment énergie. Cette école d'ingénieur m'a permis aussi de faire des expériences à l'étranger. On était spécialisé anglais, donc on avait aussi une expérience à faire à l'international. Donc je suis parti à l'école polytechnique de Montréal durant mon cursus, donc au Canada. Et après cette expérience internationale, j'ai continué à l'international en partant en Irlande, travailler en Irlande pendant quelques mois, pendant cinq mois à peu près, pour revenir. ensuite à la Réunion.
- Speaker #0
Et souvent on dit que c'est un grand souci pour les diplômés réunionnais qui partent, de revenir dans leur île. Déjà peut-être, est-ce que c'était une volonté très forte de revenir ? Bien sûr. Vous avez à un moment donné envisagé de faire une carrière à l'international ou ailleurs ?
- Speaker #1
Alors j'ai toujours eu cette ambition de vouloir développer mon île. C'était, on va dire, dans mon esprit, même ancré en moi, aller faire des études, mais développer économiquement son île. Donc ça, c'était vraiment ce qui m'animait. Lorsque je suis revenu sur le livre... Lille, j'avais cette ambition-là et toujours eu l'ambition d'être émancipé économiquement. Donc tout ça, ça résonne un petit peu. Donc quand je reviens, je ne finis pas encore mes études parce que je suis diplômé d'ingénieur, mais j'ai une opportunité pour poursuivre en thèse pour faire mon doctorat. Et donc je fais une thèse quand je suis revenu d'Irlande. Donc je reviens en 2014. En 2015, je commence ma thèse, ma thèse de doctorat en physique appliquée. Et cette thèse de doctorat, je la poursuis jusqu'en 2018. Et après... en 2018 lorsque je deviens docteur en physique appliquée je continue à travailler en tant que chercheur dans une entreprise un bureau d'études techniques en bâtiment là vous êtes salarié je suis salarié donc là j'ai passé depuis 2015 à 2018 je suis je suis salarié en thèse et salarié donc je travaille pour une entreprise et je fais ma thèse de doctorat en même temps et ensuite quand je finis en 2008 je continue avec cette même entreprise en tant que chercheur en physique appliquée pour en 2020 enfin ouvrir mon entreprise
- Speaker #0
Cette entreprise, c'est une... startup c'était quoi la spécificité de cette entreprise ?
- Speaker #1
Alors la spécificité c'est que c'est une jeune entreprise universitaire dans le jargon français mais c'est une startup si on reprend le jargon américain donc c'est une entreprise qui est vouée à faire de la recherche, recherche appliquée dans le bâtiment, bâtiment et l'énergie et on s'est spécialisé dans l'intelligence artificielle sur le bâtiment, comment on applique l'intelligence artificielle sur le bâtiment lorsque je crée cette société avec avec mon associé qui vient de Saint-Philippe, qui était aussi docteur en physique appliquée. il l'est toujours. Donc on crée cette société et on commence de zéro et on commence à répondre aux appels d'offres. Donc on est aussi bureau d'études techniques en bâtiment, donc on répond à des appels d'offres, on monte nos dossiers, on va démarcher les privés et c'est comme ça que je dis qu'on gagne aussi notre émancipation économique.
- Speaker #0
Et vous avez réussi à développer cette entreprise, donc vous étiez deux camarades au départ. Exact. Et aujourd'hui... Plus importante, il y a plus de vieillards employés ? Bien sûr,
- Speaker #1
aujourd'hui ils sont à 10 au total. Je dis ils sont à 10 parce que je me suis retiré de la direction de l'entreprise. Après 6 années à développer cette entreprise, l'entreprise n'est jamais passée par de phase... difficile parce qu'on a toujours géré cette entreprise. Donc, j'ai été responsable de la gestion. Donc, gérer, comme on dit toujours, en bon père de famille et gérer aussi sereinement pour que tout le monde puisse aussi partager les gains de l'entreprise. Donc, c'est toujours dans ce souci-là qu'on a mené l'entreprise, qu'on a géré. C'était aussi mon expérience de gestion que je mettais à profit de cette entreprise.
- Speaker #0
On peut considérer ça comme une réussite de vous et de votre associé. Vous n'aviez pas forcément une cuillère d'argent dans la bouse quand vous êtes né, j'imagine ?
- Speaker #1
Vous savez, on a grandi. Moi, mes parents, ils étaient commerçants. Donc avec les aléas du fait d'être commerçant. Il y a des années où ça va bien, il y a des années où ça ne va pas bien. Mais j'ai toujours été confronté à la réalité des choses. Vous savez, mon grand-père est ouvrier. Donc il était ouvrier à l'usine de Stella. mon père vient d'un milieu très modeste, ma mère vient aussi d'un milieu très modeste. Et ils ont réussi et construit leur réussite sur le travail et l'acharnement de leur travail. Et c'est toujours là-dedans que j'ai été élevé. On n'a rien sans travailler, on n'a rien aussi sans se mettre dans l'action et sans se mettre aussi parfois dans la difficulté. La facilité n'arrive que par la difficulté et c'est là-dedans que j'ai été élevé. Donc oui, bien entendu que mes parents ont réussi là-dedans. on a été élevé, on a manqué de rien de niveau matériel. Mais par contre on a été très éprouvé quand il fallait avoir quelque chose.
- Speaker #0
Et leur commerce est sur Saint-Leu ? Oui.
- Speaker #1
Alors ma mère a une agence de voyage. Donc elle est très connue dans son agence de voyage. voyage. Elle a une agence de voyage locale, du coup, qui est 100% locale, et c'est une des rares femmes entrepreneuses qui a monté sa société de A à Z et qui a été capable aujourd'hui de tenir tête à des costauds en termes d'entreprise. Donc j'ai eu cet exemple-là aussi de féminisme, de femmes aussi, qui nous a élevés en partie seules. Donc ça a été quand même quelque chose, un exemple aussi pour moi.
- Speaker #0
J'imagine que vos parents ont dû être assez fiers de vous sur les études, et puis Merci. quand vous avez monté cette société, comment ils ont regardé votre implication de plus en plus forte sur le niveau citoyen, politique ?
- Speaker #1
Oui, alors bon, mon père est décédé il y a trois ans, donc il n'a pas pu voir en fait cette évolution, il y a deux ans et demi à peu près. Mais c'est sûr que, bon, je pense qu'il aurait été fier de voir ça. On n'avait pas forcément de bonnes relations tout le temps, mais je pense qu'il aurait été fier de le voir. Et ma maman, par contre, c'est vrai qu'elle est très fière. On se dit rarement les choses, comme dans les familles.
- Speaker #0
créole c'est dur de transmettre un peu les émotions mais c'est vrai qu'elle a été très fière et je lui ai demandé justement de me remettre l'écharpe pendant pendant l'investiture et ça a été quelque chose de très chargé en émotions parce que là on va aborder le côté plus politique à un moment donné vous avez votre carrière qui est tracé devant vous et pourtant vous décidez comme quand vous étiez enfant et que vous briguiez le suffrage pour devenir délégué de la classe oui de rentrer sur la scène politique Qu'est-ce qui a motivé ce passage-là ? Il y avait tant de choses à faire professionnellement.
- Speaker #1
Ce qui m'a motivé, c'est quand je vois Saint-Leu et quand j'ai vu Saint-Leu, dans les conditions dans lesquelles ils ont mis Saint-Leu, où je vois qu'il y a beaucoup d'injustice, qu'il y a des personnes qui ne sont plus écoutées, que les personnes qui ont le plus besoin, ce sont les personnes qui sont mises en dernier sur la liste. Quand j'ai vu tout ça, je ne pouvais pas rester les bras croisés. Des vols de terrain, des personnes qui se font spolier, des personnes qui se font même humilier parfois à Saint-Leu. Et quand je vois, c'est toujours les personnes qui sont au pouvoir ou qui sont les plus puissants qui profitent de cette puissance pour monter. encore plus. Ça c'est des choses qui me dérangent.
- Speaker #0
Là on parle de municipalité, vous avez surtout connu Thierry Robert puis ensuite Bruno Domène. C'est ce qu'on a connu.
- Speaker #1
Vous savez, comme j'ai eu l'occasion de dire dans un débat, c'est que quand Thierry Robert est arrivé, il représentait un peu cette jeunesse, ce renouveau par rapport à des anciens. Jean-Luc Proust qui avait fait 18 ans et qui arrivait en fin de cycle politique. Et c'est vrai que quand on avait vu la nouveauté, mais quand on a vu la réalité derrière les choses, l'entrepreneur qui était souvent condamné, quand on a vu... comment étaient traités les employés communaux, comment étaient traités les habitants. Comment aussi Saint-Leu a changé en termes d'image. C'est-à-dire qu'on est devenu une station balnéaire, on allait plutôt vers la vision, quand on vendait un appartement à Saint-Leu, on vendait un produit financier et plus un appartement. Toutes ces choses-là m'ont interpellé. Et ce que je me suis dit, c'est qu'est-ce qu'on va, on continue dans cette direction où on sait que oui, peut-être que Saint-Leu va rayonner, ça va briller. Parce que Saint-Leu brille déjà. Mais pour qui on fait briller Saint-Leu ? Et moi, c'est ce qui me dérangeait parce que je viens de Saint-Leu. je suis un enfant de Saint-Leu et quand je vois que Saint-Leu brille mais sans ses habitants, c'est là où ça me gêne.
- Speaker #0
Clairement c'était en réaction à ce qu'il était en train de se passer au niveau du pouvoir à Saint-Leu. Exactement. Dans une autre commune, peut-être que vous n'auriez pas eu cette même motivation.
- Speaker #1
Peut-être pas, peut-être que oui ou dans un autre aspect mais le fait de vouloir prendre les choses en main, oui c'est issu de cet amour là pour Saint-Leu et de cet amour pour dire qu'il faut qu'on sauve ce qui a sauvé aussi à Saint-Leu et qu'on redonne un espoir pour prendre nouveau aux habitants.
- Speaker #0
Et vous parliez des injustices. Vous citez un petit peu les domaines dans lesquels il y a de l'injustice, sur les terrains, etc. Il y a un événement particulier qui vous a particulièrement fait lever ?
- Speaker #1
Alors quand on a commencé un investissement citoyen, c'était en 2019, je croise une personne qui est dans le 474 Robinet, qui s'est fait spoiler. elle avait déjà expolié son terrain alors qu'elle habitait là depuis plus de 50 ans. Par la mairie ? Par la mairie, par une promesse. Et puis au lieu que la mairie rétrocède, la mairie vend le terrain à un bailleur social. Vous voyez un peu, la personne n'était vraiment pas prise en considération là-dedans. que je vois ça, je me pose des questions et lorsqu'on creuse, on voit qu'il y a des enjeux, des enjeux immobiliers, des enjeux en termes de en termes de construction, enfin il y a beaucoup d'enjeux qui dépassent parfois même les habitants de Saint-Leu et on ne prend pas en compte l'aspect culturel, l'aspect des habitants, l'aspect qu'ils ont une histoire en fait qui est intégrée sur un territoire donné. Par certains, c'est que le potentiel d'une terre. Et ce potentiel économique-là, nous on s'inscrit en faux dans le sens où oui, il y a un potentiel économique. Mais le vrai potentiel, c'est la valorisation de l'histoire de Saint-Leu, la valorisation de l'histoire des habitants. Et là-dessus, ça a été vraiment un déclic. C'est de me dire, est-ce qu'on continue ? dans cette façon ? Est-ce qu'on continue dans ce sens en finalement donnant le pouvoir à des personnes qui ne veulent que profiter de ce pouvoir-là pour s'enrichir ou enrichir d'autres personnes ? Ou est-ce qu'on prend les choses en main ? Si on est capable de le faire, on le prend en main. Je nous estimais en tout cas avec notre groupe capable de prendre les choses en main.
- Speaker #0
Et voilà, le groupe pour agir, donc il faut être un collectif. Ce collectif, c'est vous qui l'avez créé ou vous êtes inscrit dans un collectif qui existait déjà quand vous êtes revenu d'Irlande ?
- Speaker #1
Non, à la fin de la thèse, on constitue le collectif. Donc on constitue l'Union Saint-Leusienne. On regarde un petit peu les personnes qui sont actives. Bien sûr, il y a les amis, il y a la famille. Donc on contacte un petit peu tout le monde. Et toujours dans ce même esprit parce que... les amis que j'ai connus depuis la maternelle, c'est toujours des amis que j'ai actuellement, par exemple. Les connaissances que j'ai depuis tout petit, c'est toujours des connaissances que j'ai actuellement. C'est-à-dire que je suis aussi quelqu'un de très fidèle en amitié. J'ai des personnes qui sont très fidèles en amitié, pareil dans les connaissances. Et c'est cette bonne image-là qu'on a et qu'on a construit tous ensemble qui fait que notre groupe s'est constitué directement.
- Speaker #0
C'est votre génération,
- Speaker #1
quoi. Pas que, parce qu'il y a des personnes qui nous ont vu grandir, qui sont là aussi, qui nous ont vu grandir et qui sont là avec nous, qui nous soutiennent. Il y a des personnes, c'est des anciens aussi. aussi qui voient d'un bon oeil, donc qui viennent nous accompagner. Mais Saint-Leu, comme je le dis toujours, c'est l'âme d'un village. Tout le monde se connaît à Saint-Leu. Tout le monde se connaît. Donc tout le monde soit connaît les parents, les grands-parents, ou nous connaît nous directement, mais tout le monde se connaît à Saint-Leu.
- Speaker #0
Et je ne sais pas si c'est lié à l'histoire de la révolte de 1811 de Saint-Leu, mais Saint-Leu, il y a toujours eu un côté un petit peu d'une ville rouge. À un moment donné, c'était une ville communiste. Jean-Luc Poudreux avait réussi à leur l'apprendre, mais la force militante a toujours été importante sur Saint-Leu.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Merci. Vous avez pu retrouver des anciens militants ? Bien sûr. Vous avez retrouvé ça ?
- Speaker #1
Bien sûr. Alors, ce qui a commencé, vous faites bien de le dire, parce que Saint-Leu, c'est une commune, c'est une ville de révoltés. Les gens sont révoltés. Et cet esprit de la révolte, c'est encore présent aujourd'hui. Vous avez vu pendant la Maison de la Mer, par exemple. Ce sont des personnes qui se sont réunies. Et quand les Saint-Leusiens veulent quelque chose, ils savent se faire entendre pour l'avoir. Mais par contre, les Saint-Leusiens sont très respectueux. Les Saint-Leusiens sont très dans l'accueil. Les Saint-Leuziens sont... plutôt... Vous savez, quand vous venez ici, c'est un esprit convivial, jovial. Vous voyez ça à Saint-Leu, parce que c'est comme ça que sont les habitants. On a un esprit authentique qui est là à Saint-Leu. Mais par contre, les Saint-Leusiens ne se laissent pas marcher sur les pieds. Et c'est cet esprit-là, nous, on s'inscrit dans cet esprit-là. On ne se laisse pas marcher sur les pieds.
- Speaker #0
On a souvent le temps que Saint-Leu devienne comme Saint-Gilles. On le dit.
- Speaker #1
En fait, c'est un chiffon qu'on agite, mais c'est vrai que depuis qu'on le dit, ce n'est jamais arrivé. Pourquoi ? Parce qu'il y a toujours des Saint-Leusiens qui sont propriétaires ici. Il y a toujours des Saint-Luzien qui sont... sont émancipés économiquement ici à Saint-Leu. C'est-à-dire que c'est des Saint-Leusiens qui ont fait leur commerce, qui ont fait leur business et qui s'émancipent économiquement. Et on a cette vision-là à Saint-Leu. C'est-à-dire que Saint-Leu, ça a été construit comment ? Vous avez des agriculteurs, des pêcheurs. C'est l'initial. L'initial,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Avec les chemins qui descendent et on a un lien entre les hauts et les bas. C'est-à-dire que dans les hauts, c'était des personnes très techniques, c'était des personnes très intelligentes dans la culture, très intelligentes dans les process à mettre en place pour l'agriculture et l'élevage. Donc vous avez des personnes qui étaient là. Dans les bas, c'était des fins connaisseurs de la mer. fin connaisseur de l'écosystème, fin connaisseur aussi de la ressource. Donc, vous avez en fait ces personnes-là qui étaient toujours habituées à vivre de leurs ressources et à être autonomes et émancipées. Et c'est de là où vient aussi l'esprit de la révolte de Saint-Leu.
- Speaker #0
Et racontez-moi comment votre union, votre collectif, s'est peu à peu développé. Donc, vous avez vu que vous vous êtes présenté très rapidement aux élections. Oui, bien sûr. Avec un petit score à moins de 5 %. 5 %,
- Speaker #1
non, pas moins, 5 %. 5 % tout rond. Oui, 5 %. point.
- Speaker #0
Donc, ce qui permettait d'avoir un remboursement des frais de campagne. Exactement, oui. Je croyais que c'était 4,99, mais bon, c'est 5. Et ensuite, votre mode d'action, ça a été des manifestations, ça a été des réunions régulières, des meetings. Comment vous avez monté ce mouvement ?
- Speaker #1
On n'a toujours pas lâché parce qu'il y avait des combats à mener. Il y a notamment le combat pour l'eau, l'accès à l'eau potable. Et il y a des injustices qui ont eu lieu, qui ont toujours eu lieu par rapport notamment à la tarification de l'eau à Saint-Leu. Et ça, c'est vrai que je me suis battu beaucoup pour ça. que... c'est un des combats qui m'a fait connaître. Il y a aussi pendant la période du confinement, on a créé une page qui s'appelle Le Confinement. Et ce groupe Facebook a permis aux habitants de rester justement autonomes pendant la période du confinement. On a permis aux commerces de garder la tête hors de l'eau parce qu'ils avaient un endroit où vendre, où ils pouvaient faire des livraisons, des commandes pour des livraisons sur le groupe Facebook. Dès qu'il y avait une question des habitants par rapport à quel commerce était ouvert, quel service était ouvert, comment accéder à quel service, à quel moment, à quel endroit, on répondait tout de suite. et le groupe de collaboration et de solidarité s'est mis en place. Une chose aussi, c'est qu'on a mis en place des colis alimentaires citoyens. Et ces colis alimentaires citoyens ont fonctionné, parce qu'il y avait des personnes qui étaient dans la détresse, dans un quartier, et c'était les personnes du quartier qui aidaient ces personnes. Et nous, on l'a mis en collaboration, on a mis en contact toutes ces personnes.
- Speaker #0
plusieurs milliers de followers en quelque sorte ? Bien sûr,
- Speaker #1
on est passé, là on est à 50 000 habitants, 50 000 habitants, 50 000 personnes sur le groupe Facebook, mais on est passé de 4 000 personnes à 10 000 personnes en quelques jours.
- Speaker #0
D'accord, d'accord. Et finalement vous arrivez au deuxième tour, au premier tour avec 16% cette fois-ci.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Il y a la surprise électorale de Bruno Domène qui se désiste.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Vous êtes élu. Quand vous êtes élu, vous avez conscience qu'on a d'abord voté contre Thierry Robert avant Karim Jouheur. Comment vous entrez dans la mairie avec cette configuration bizarre ? Je sais qu'on a parfois reproché, enfin les seuls à nous dire ce qu'on dit, ce qui est dommage c'est que c'est monsieur Domaine qui a pris la parole avant lui.
- Speaker #1
Oui, bon, ça, c'est des choses techniques. Après, vous savez, il y a une chose qui est importante pour moi. C'est qu'on s'est retrouvés là où on s'est retrouvés par le travail et la persévérance. Et par le travail et la persévérance du groupe et des citoyens qui nous ont suivis. C'est-à-dire que ce 16,5%, on ne l'invente pas. C'est un 16,5% qui... Alors que peu de personnes nous voyaient déjà au second tour. On avait mis peut-être la candidate de la région. On avait mis d'autres candidats avant nous. Mais très peu de personnes nous voyaient. Alors que nous, on se voyait déjà au second tour. parce qu'on a... vécu le terrain, comme personne n'a vécu le terrain. On est parti dans les hauts, on est parti dans les quartiers reculés, on est parti partout et lorsqu'on est arrivé, on a monté un programme citoyen construit avec les habitants. On a fait des ateliers citoyens pour construire le programme et on avait des mesures qui étaient en cohérence avec ça. Ça nous a menés à là, à ce 16,5%. Mais ce 16,5% c'est qu'on a dépassé ce plafond de verre du second tour, où il y a des personnes qui avaient de la sympathie pour nous, mais qui ne nous voyaient peut-être pas arriver au second tour. C'est là l'ambiguïté.
- Speaker #0
Et comment ça s'est passé ? Il y a eu un moment de négociation ? ou vous aviez peut-être envisagé une liste commune ? Non. Ou dès le début, il a dit, je ne négocie rien, je m'en vais.
- Speaker #1
Alors, non, c'est que dès le début aussi, c'est ce que j'ai demandé. Moi, ce que j'ai demandé, c'est de pouvoir discuter avec Bruno Domène. Pour lui dire une chose, c'est que Thierry Robert, pour moi, est un danger pour Saint-Leu. Donc, s'il se maintenait, il en prenait la responsabilité. Mais moi, et ce que je lui ai dit, c'est que la seule façon de gagner, la seule façon qu'il y a et que nous on a de gagner, c'est-à-dire nous notre équipe l'Union Saint-Leuzienne, c'est qu'on y aille, qu'on ne fusionne pas la liste, qu'on ne fusionne pas nos programmes, et qu'on y aille comme on est toujours venu, c'est-à-dire honnête avec la population, franche avec la population en disant on a un programme, on a une liste, et on veut la défendre jusqu'au bout en restant nous-mêmes.
- Speaker #0
Vous n'avez rien à devoir à Bruno Domaine ?
- Speaker #1
Il n'y a rien à devoir, il n'y a rien à devoir parce que ce que l'on doit avant tout, ce n'est pas à des politiques mais c'est à la population. Ce que je dois c'est de rester droit pour la population. c'est de rester honnête avec la population, avec tout ce qu'on met en place. C'est tout ça que je dois à la population.
- Speaker #0
Et maintenant que vous êtes dans le bureau, donc ça fait deux mois, ça vous épuise ?
- Speaker #1
Non, ça ne m'épuise pas, parce que je suis déjà un travailleur acharné, déjà, de base. Je suis un travailleur qui ne comptait pas ses heures et qui ne compte toujours pas ses heures. Et lorsque j'ai un objectif en tête, je me donne corps et âme pour atteindre cet objectif. Aujourd'hui, mon objectif, c'est de redresser la commune de Saint-Leu. On sort d'un mandat de Thierry Robert qui a mis la commune en déficit par rapport aux investissements qui ont fait en ayant recours à des emprunts beaucoup d'emprunts mais sans aide donc on est à là vous parlez de celui de thierry robert avant mme robert ensuite j'ai pour bien faire le cheminement ensuite on est là on a on a nous n'est pas bruno domaine qui arrive avec avec un an un recours à l'emploi qui est quand même très significatif. Donc, quand on regarde vraiment tous les détails que nous avons avec l'ancien Thierry Robert et Bruno Domaine, nous avons Thierry Robert qui a agi sur l'investissement, sur les dépenses, sans ayant recours à des aides, et Bruno Domaine qui a touché le fonctionnement, le fonctionnement avec un recours à l'emploi qui était vraiment très significatif. qui ont fait qu'aujourd'hui, ni sur l'investissement, ni sur le fonds. fonctionnement, on a de marge de manœuvre.
- Speaker #0
Et c'est peut-être pour ça que je parlais d'épuisement, ça doit être un petit peu désespérant de se dire on arrive, mais on ne peut pas mettre en place notre programme.
- Speaker #1
Non, ce n'est pas désespérant. Au contraire, je pense que c'est encourageant de savoir que c'est nous qui sommes arrivés ici pour prendre en main la commune plutôt que de tirer au bairro ou au bout de nos domaines.
- Speaker #0
Des chantiers emblématiques comme la Maison de la Mer, c'est quoi l'avenir de ce chantier-là ?
- Speaker #1
Alors pour ce chantier, la réponse est simple, je vous donne un scoop aussi pour toute la population de Saint-Leu, c'est qu'on reprend le projet et on repart sur l'aménagement du porte-seins-leu. où là, il y aura une participation citoyenne et il y aura un projet co-construit avec la population.
- Speaker #0
Ça a un coût pour le contribuable de revenir sur le projet ?
- Speaker #1
Non, parce que c'était des financements propres du TCO. Ces financements-là seront redistribués ailleurs, en fait. Et vous aviez eu un petit financement de l'État, mais qui... Pareil, il va être remobilisé ailleurs, donc il n'y a pas de coût pour la population.
- Speaker #0
J'entends aussi parler du skatepark, c'est sur Saint-Loup. Oui, c'est sur Saint-Loup. Le skatepark est aussi... À l'arrêt actuellement. Oui,
- Speaker #1
à l'arrêt actuellement. Donc, ce que j'ai demandé pour le skatepark, c'est de la garantie et j'attends le retour par rapport à ça. à ça, par rapport à la maîtrise d'ouvrage et au TO, aucun arbre ne devra être abattu pour quelconque projet.
- Speaker #0
Et ces deux projets qui ont fait un petit peu des articles dans les journaux, on voit que vous allez repartir à zéro.
- Speaker #1
Alors pas sur le projet du skatepark, on repart pas à zéro, mais ce que j'ai demandé c'est qu'on n'abat pas les arbres pour le skatepark. C'est tout ce que j'ai demandé pour le skatepark.
- Speaker #0
Avec des finances affaiblies, quels sont les chantiers que vous allez pouvoir lancer très rapidement ?
- Speaker #1
Alors déjà, le... comme je l'avais dit avant de débuter le mandat il est important de faire un diagnostic organisationnel et un diagnostic financier, ça c'est très important donc nous, j'ai déjà établi mon diagnostic j'ai passé mes nuits, mes matins et mes nuits en fait sur les documents de comptabilité et sur les documents d'organisation, mais on doit choisir notre la bonne entreprise, c'est pour ça qu'on a rédigé un cahier des charges, on a pris le temps pour rédiger un cahier des charges pour le diagnostic financier vont ensemble. Une fois qu'on aura ces diagnostics financiers et organisationnels, on pourra commencer à imaginer quels projets on lancera dans l'avenir. Par contre il y a déjà des projets où on sait, où on peut lancer par exemple des études. Pour cette année, lancer des études par exemple pour la cuisine centrale. Donc ça c'est des études qui vont se mettre en place. On a aussi un projet qui était déjà budgétisé, c'est à dire qu'on avait des financements qui étaient déjà là, des financements du département pour des actions on va dire durables sur la commune de Saint-Leu. Et on a décidé de d'affecter ce montant sur le reboisement du centre-ville. Donc ça, c'est des projets qui vont sortir et qui vont sortir en accord avec notre programme. Donc déjà, ça, ça va être lancé. Puis, vous avez les guichets uniques pour entreprendre, l'assistance, c'est-à-dire la mairie sub pour assister les étudiants qui finissent leurs études supérieures. Donc tout ça, on le met en place. C'est des mesures à coût constant, qui ne prennent pas des coûts supplémentaires de la commune, mais qui peuvent être mises en place très rapidement. et bien sûr le petit déjeuner à la rentrée. rentrée prochaine, petit déjeuner à l'école qu'on testera sur deux jours à commencer un jour, puis deux jours dans les semaines qui suivent pour commencer à avoir toute la semaine un petit déjeuner.
- Speaker #0
On m'a évoqué des problèmes de sécheresse qui touchent énormément les agriculteurs qui ont vu visiblement la pluviométrie exécutée par deux ou trois, voire davantage sur cette zone. Est-ce que la commune peut faire quelque chose ? Est-ce qu'elle a un état des lieux ?
- Speaker #1
La commune peut faire quelque chose. Mais la commune ne peut pas faire quelque chose seule. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a un réseau d'eau qui a à peu près plus de 50% de fuites dans ce réseau. Donc, on a une sécheresse ou une gestion de l'eau plutôt qui est calamiteuse. Il faut réparer les fuites. Donc, ça, c'est le concessionnaire, c'est le délégataire de service public qui est censé le faire, mais qui part des difficultés parfois techniques. Donc, il ne le fait pas tout le temps à tous les endroits. Il faut être au courant qu'il y a une fuite pour pouvoir réparer. Donc, c'est des signalements. Cette compétence a été déléguée au TO. Donc, maintenant, ça donne une couche supplémentaire. c'est le TO qui doit gérer aussi en direct. avec le délégataire de service public. Et on demande aussi aux habitants d'économiser l'eau. Mais on ne peut pas demander simplement aux habitants d'économiser l'eau si la gestion est calamiteuse. Donc il y a des actions conjointes à faire. Et puis on a une grosse problématique, c'est la station de potabilisation de Madurant, où on a une problématique de raccordement électrique, liée notamment aux problématiques qu'on a eues au SIDELEC. On a des retards de dossiers, et cette station de potabilisation doit être connectée, si je peux dire comme ça, pour faire en sorte que toutes les problématiques liées à l'eau potable commence à être... résolu.
- Speaker #0
Et je sais que le temps passe rapidement, c'est votre emploi du temps maintenant. Vous, vous aviez l'habitude avant cette élection d'aller à votre entreprise. Vous m'avez laissé entendre que vous laissez tomber, enfin pas laisser tomber à le mou, vous allez me reprendre là-dessus, vous mettez un ton d'inconnibilité de l'entreprise.
- Speaker #1
Je ne laisse pas tomber, c'est vrai que j'ai démissionné de mon poste de direction tout simplement parce qu'il faut avoir une cohérence. Je suis chef d'entreprise mais je réponds aussi à des appels d'offres publiques. Je souhaite vraiment différencier les choses. Je souhaite vraiment me mettre en retrait pour permettre aussi d'avoir un un travail transparent pour la commune de Saint-Leu et un travail total pour la commune de Saint-Leu. Mais par contre, je garde aussi un travail de maître de conférence associé, parce que pour moi, c'est important de garder les pieds sur terre. Un maire qui est 100% maire, pour moi, peut tomber. Il ne tombe pas forcément dans des dérives, mais peut tomber dans des dérives à vouloir être attaché à un poste, alors que pour moi, c'est d'abord un engagement, être maire.
- Speaker #0
Donc ça je tiens, je tiens à garder les pieds sur terre avec un travail concret pour la population et le travail c'est la transmission bien sûr avec les étudiants.
- Speaker #1
Et puis financièrement vous avez vos indemnités de maire qui ne sont pas forcément au niveau de ce qu'a un chef d'entreprise. Bien sûr,
- Speaker #0
bien sûr. Bien sûr, mais c'est un choix aussi. Le choix de gagner peut-être un peu moins, quelque part. Mais ce choix de gagner un peu moins, c'est aussi un choix de se dire qu'on ne vient pas là pour ça. Je ne viens pas là pour avoir le même niveau de vie que j'avais dans mon entreprise.
- Speaker #1
Et vous avez des ambitions au-delà de la commune de Saint-Leu. On va vous revoir à des législatives.
- Speaker #0
Alors, ce que j'ai dit avec la population, et je suis très honnête là-dessus, c'est que je suis venu ici pour m'occuper de la commune de Saint-Leu, pour m'occuper de ce territoire qui est en souffrance, de m'occuper des habitants, de les recevoir, de prendre du temps de discuter avec eux, de prendre du temps aussi pour régler les problématiques. Et ça ne se fait pas en un an ou deux. Ça se fait sur bien un mandat. Donc, sur ce mandat-là, s'il y a des personnes accompagnées de législatives, je le ferai. Mais personnellement, je ne serai pas, par exemple, sur des législatives.
- Speaker #1
Et comment vous vous inscrivez ? dans le paysage politique réunionnais, entre les plateformes de gauche, du Guet-Bello, d'Erika Barège, entre la droite qui essaie de se constituer autour de Cyril Melchior, et vous qui êtes citoyen, où trouverez-vous votre place là-dedans ?
- Speaker #0
À Saint-Leu. Donc je suis Saint-Leusien, je suis Saint-Leusien jusqu'au bout, et c'est les intérêts de Saint-Leu que je suis là pour défendre. Donc après, je suis ouvert aux discussions politiques, et je comprends les enjeux que sont les leurs, mais je ne suis pas dans ces enjeux-là, et je ne me perdrai pas en entrant dans des enjeux qui ne sont pas les miens. Mes enjeux sont les enjeux de Saint-Leu, les enjeux pour développer la commune. Et bien entendu, je m'entends bien avec Emmanuel Séraphin, par exemple, avec qui on est en train de développer le territoire de l'Ouest. Ce sont des ententes que j'ai parce que d'abord, ce sont des ententes qui sont humaines. Et je suis attaché à l'honnêteté, à la loyauté, au travail. Et c'est ce qui me plaît avant tout chez les politiques.
- Speaker #1
Et dernière question, on finit là-dessus. En 2027, élection présidentielle, vous avez à choisir entre Bardella et Mélenchon au deuxième tour. Vous votez pour qui ?
- Speaker #0
Alors, je vais répondre très clairement. Aujourd'hui, je ne vais pas faire le second tour avant le second tour. C'est-à-dire que pour moi, ça dépend d'une circonstance. Bien entendu que je ne suis pas attaché à l'extrême droite. Ce n'est pas du tout ma tasse de thé. Et je suis plutôt dans mes principes, attaché plutôt aux valeurs d'humanisme, aux valeurs liées aussi à la justice sociale. Et c'est des valeurs qui m'animent aujourd'hui plus qu'autre chose. et bien sûr à l'émancipation économique. économique pour chacun. Mais cette question, je la répondrai en 2027, s'il y a un second tour et si les personnes que vous avez visitées se retrouvent peut-être au second tour ou peut-être pas, parce que vous savez, la dernière fois, tout le monde vend des émours au second tour.
- Speaker #1
Oui, et heureusement. Ça ne se passe pas comme ça. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci.