- Speaker #0
Nous avons besoin aujourd'hui de réconcilier à nous avec la mémoire, déjà de mieux comprendre cette afrodescendance. Nous avons besoin aussi de réhabiliter la mémoire.
- Speaker #1
C'est Farid Obras qui s'exprime. Je suis Franck Cellier et je suis allé le rencontrer en compagnie d'Erno Yaffar, président du comité réunionnais de Moringue. Nous allons discuter pendant une petite heure des dernières découvertes historiques sur le XIXe siècle, c'est-à-dire les archives de Froberville, mais également les crânes d'esclaves retrouvés au musée d'histoire naturelle de Paris. Et tout ce que cela implique en matière de devoirs de mémoire, de besoins de mémoire, exprimés par les afrodescendants et ici par les moringueurs. On va déjà commencer par les présentations. Vous vous appelez
- Speaker #2
Eno Yaffa.
- Speaker #1
Et actuellement, quelle est votre fonction
- Speaker #2
Actuellement, président, président comité de la Moringue.
- Speaker #1
Et la Moringue, j'imagine, c'est une longue histoire. Quand est-ce que ça a commencé
- Speaker #2
Pour moi, oui. Une grande histoire avec une longue histoire. On m'a découvert en 1994. En 1994, j'ai découvert la Moringue. Quand j'ai découvert la Moringue, j'ai parlé à la situation. Donc, l'association Kambilel, le siège social au musée. Donc là, nous, les bonnes mamas, nous les suivons au musée. À l'époque, c'était notre endroit, notre repère. Que ce soit, nous sortions de l'école, nous passions là-bas. 4 et 6, nous passions là-bas. Carré, le dimanche, tout cela, nous allions là-bas. Donc après, la même petite association, on a été mettre à notre disposition les rouleurs, les instruments de musique, le congat, le piqué, tout ça. Et après, on a dit, on va y organiser le 20 décembre.
- Speaker #1
Quand vous êtes arrivé dans votre vie, avant vous faisiez quoi Vous faisiez de la boxe
- Speaker #2
Non, même pas la boxe, même pas rien. Avant c'était la mode de Michael Jackson, la mode de hip-hop. Donc c'est né. Là c'est la mode de Ben Mahama. C'est pas dire hier, deux semaines, la pointe européenne. Mais voilà, c'était l'époque là. L'époque où on avait les ressentiments américains.
- Speaker #1
Et là, vous retrouvez des racines réunionnaises parce que Michael Jackson, bon ben, il y a sans doute des racines mondiales, mais le moringue, c'est quand même autre chose.
- Speaker #2
Oui, mais quand il arrive aussi, le moringue, on l'entend, parce qu'on l'entend dans les chansons, dans les morings, par exemple, Ravane, Zizkakan, Madoré, on l'entend le moringue, le talent de la raison, tout ça, le moringue et la poussière. Mais ne l'associez pas ce mot à cet art-là. Donc quand il dit à nous comme ça, bon, le thème le 20 décembre, c'est le moringue. Le thème c'est le moringue, mais comment il fait moringue Comment ça fait moringue C'est là qu'à l'époque, si il finit toute son affaire de boc français, il finit son bon diplôme là-bas en métropole, là il arrive, il travaille pour le conseil général. Donc le conseil général à l'époque, il y avait l'ODS, l'ODC, il y en a qui tiennent le sport. Et donc là, il y a un chat de Drenaza qui dit, allez, monte là au musée, il y a une bonne marmaille, la situation est là. Ben là, je pourrais, voilà, j'en ai l'exposition. Donc là, je pourrais dire comment faire vivre l'exposition là, visuellement. Donc c'est là que nous rencontrons Drenaza. Donc il prend à nous. Voilà, ma mère est là. Ça fait un groupe de danse, mais un groupe de danse qui est du moringue, après du combat. Là, les nimpés, ils aiment ça. Avec nous, avec mon petit, ils aiment ça. Quand on regarde les photos, on voit ma mère là, comment elle est... Voilà, elle est dressée naturellement, ça. Donc après, elle dit, bon, nous formons le groupe musicien et nous formons le groupe des danseurs. Donc c'est là qu'on a commencé, que là, on commence à rentrer. On commence à rentrer là, on donne l'esprit, danser, l'expression, on a cette idée qu'on bat, mais la danse, on n'est pas trop trop fort, on a cette idée de la musique. Donc là, vraiment, il y a maintenant tout cela, de mettre à nous en condition avec le côté morain, l'esprit morain.
- Speaker #1
Vous étiez plutôt dansant ou plutôt combattant Musicien.
- Speaker #2
Voilà, à l'époque, c'était musicien. Je suis arrivé comme musicien. Et voilà, mais nous jouons. Malouin bien sûr. Et bien, je ne vais pas dire aussi un truc malouin, dans le monde, ils sont. Dans le monde, ils sont, ils sont téné. Doum, dala dala doum, dala dala doum. Il y avait un doum doum, il y avait un rouleur, il y avait le djembé, il y avait tous les instruments qui étaient là dans la situation, le congas, le piqué, tout ça. Donc après, il y avait des musiciens quand même. Donc la situation, il faut voir, à l'époque, c'était un gros pronomé en djembé, parce que c'était en Afrique de l'Ouest. Donc c'était Banat et il vient pour initier à nous la musique, qui est la musique même. C'est Nicolas Moukazambou qui l'a mis en place. Donc maintenant, ses élèves, Nicolas, donc Nicolas a envoyé son bon élève. Donc là, il a annulé tout le rythme qu'il fallait faire. Et ils sont revenus aller occuper les danseurs, les combattants. Mais aussi, on a pu, avec des personnages de boxe français, des karatékas, comme Jean-Luc Vingatépont, à l'époque, tout ça. Ça va être une première vague moringue, ça, pour lancer. Donc Guiteau, Jean-Louis Mitra. Et Johnny Maroussa. Donc après bien sûr il y a plein d'autres encore comme Defengopole, la bonne frère Gontier, pas de zone.
- Speaker #1
Vous l'avez dit à moi c'était un art, vous l'avez utilisé le mot un art. L'art comment ça s'apprend Jean René Drenazal lui c'est un combattant, c'est un boxeur au départ. L'aspect artistique comment il vient
- Speaker #2
Ben, à l'issue il a fait appel à des personnes. Des personnes qui habitent la Réunion, après ils sont partis en France, en Basse-sur-Toulouse. des personnes qui étaient là à La Réunion, des danseurs, mais ça n'a rien à voir avec le moringue. Les danseurs, ils apprennent à nous comment utiliser la danse, comment exploiter la danse pour faire des jolis mouvements. Parce que quand on regarde, nous sommes statiques, rigides. Donc, ils apprennent. Quand ils apprennent à nous cela, si on regarde... de novembre jusqu'à décembre mais en deux mois le marmaï a...
- Speaker #1
Quelles références on avait à l'époque Il fallait se référer un peu à la capoeira ou bien il y avait des références locales Montrer les mouvements, montrer le rythme, montrer la musicalité
- Speaker #2
Mais franchement parallèle parce que vous parlez de capoeira, nous capoeira nous la vieille avons rien nous. Quand on regarde bien, Capoeira, là tu fais des démonstrations, dans la Réunion, tu fais Capoeira. Donc là tu ne parles pas de Mourinho en cause, tu fais Capoeira. Il y avait l'équipe de Capoeira à la Réunion. Parce que quand on avait des fêtes avant, dès qu'il y a messe, on ne te voit pas, on ne te pose pas la question, comment on appelle ça Tu ne veux pas que je t'appelle Capoeira Après quand on regarde le mouvement, le déplacement, on se dit, ah ben, c'était Capoeira, c'était alors. Parce que là maintenant, quand on a connu Mourinho, on a fait une apparition, il y a de la danse qui existe. Donc à nous, à Villers, on n'a jamais inspiré de la capoeira parce que maintenant, on est encore bruts. À nous, on est encore bruts, nous. Donc le moringue, si on a l'occasion de regarder les vieilles reportages, le moringue dansé à l'époque-là et le moringue féminisé qui arrive aujourd'hui, on va voir l'évolution du moringue. Donc à nous, on est bruts. pas d'inspiration de... Peut-être un peu, tu regardes un peu, tu regardes un peu, tu regardes un peu la télé, karaté, un peu, tu apprends ça parce que tu aimes ça, mais tu es brut. Comme dit le diamant, tu n'es pas encore affiné.
- Speaker #0
Encore poli.
- Speaker #1
Dans l'histoire récente, on dit que le maloya, c'était une musique interdite. Dans les années de Bré, les années des parterres mentalisations, les années 1960, c'était ce qu'on dit, pas à la radio. un peu en cachette dans les familles, un peu en cachette dans le monde plutôt agricole, est-ce que le moringue a eu le même cheminement Est-ce que votre grand-père ou votre arrière-grand-père, il te connaît moringue
- Speaker #2
Bien sûr, moi, il te connaît moringue, mais nous n'avons pas posé de questions, nous. C'est ça aussi, des fois, nos regrets. C'est pour ça, là, maintenant, nous dit la zénère de Zodji, nous avons encore des arrières-grands-pères, pas grands-pères, parce que le grand-père n'a 50 ans, Zodji. Un gars de 50 ans, un grand-père de 50 ans, il a 50 ans, il dit ça, il dit ça, il dit ça, il dit ça. Si ça, il n'y a pas de grand-père, il n'y a pas de grand-père là-bas. Mais c'est pour ça que je dis à ma mère, je pose des questions, il n'y a pas de grand-père, il n'y a pas de grand-mère, peut-être que j'ai entendu. Donc à nous, il n'y a pas eu, même après mon grand-père est là, même dans la pratique moraine, il n'y a pas eu cette intention-là. Parce que peut-être que tu n'es pas au moment, peut-être que tu es dans un autre. Je me suis mis dans un autre mouvement, là c'est mon règne, il faut que je pratique mon règne, il faut que je me forme pour mon règne, il faut que je me forme un peu pour transmettre. Donc, si j'ai 20 ans, là-hier, là aujourd'hui, il y a des questions qui me posent à moi, ou bien des façons de dire, comment je m'explique mon règne, là je prends précaution, là aujourd'hui, comment je m'explique mon règne. Là, je me dis, mon règne, est-ce que tu as interdit Mais après, si j'avais Maloya, j'avais Moringue. Si j'avais Moringue, j'avais Maloya. Donc, si j'ai interdit Maloya, Moringue s'est interdit.
- Speaker #1
Peut-être bien, oui.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #1
Nous, on est dans un endroit un peu emblématique parce qu'on a deux ronds officiels de Moringue à La Réunion, Sainte-Suzanne et ici même. Ici même, ils datent de quelle année 2008,
- Speaker #2
après l'aénégurie 2009. Donc, depuis 2009, c'est Mme Bellot. Voilà. Donc, le rond pour nous, c'est un symbole aussi, c'est une reconnaissance. Parce que quand on dit Mouraing... Dans notre esprit, la renaissance du moringue se fait à Villèle. Parce qu'ils n'entendent pas moringue. Même à Zotmé, ils se sont rodés. Ils vont peut-être trouver un petit article, une démonstration, ou bien dans un groupe calopilé, ou bien folklorique. Ils vont peut-être trouver Nicolas Assis dans ce moringue, Thierry Almont, Gopal, les frères Gontier, ils ont fait des démonstrations de moringue dans des folkloriques. Mais quand le moringue arrive à Villèle, c'est là. Le moringue va aller, il va être dans le paysage, il va se retrouver sur le bout de l'Ève. Donc la renaissance du moringue à Villèle.
- Speaker #1
Et s'il vient à Villèle, peut-être que ce n'est pas un hasard, à Côte-la-Villèle
- Speaker #2
Souvent on nous dit ça, souvent on nous dit, est-ce que le hasard existe, est-ce que ce n'est pas un hasard Si la terre est un bonhomme de bassin, donc tout a commencé là-bas, dans la Côte-du-Musée. Donc là, tous les jours on était dans ce moringue là-bas, que ce soit les entraînements, les spectacles. tout l'espace là-bas.
- Speaker #1
C'est ça oui, peut-être qu'il y avait même les CES Music, ou un affaire comme ça.
- Speaker #2
Là c'est la même époque avec le défunt Peters. Oui. Voilà, la vélocière, voilà, tout le musée même là, a démarré aussi.
- Speaker #1
L'association était dynamique dans le musée.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #1
Ce qui a apporté tout ce qui nous amène aujourd'hui à avoir un rond de cette qualité.
- Speaker #2
Voilà, le rond. Après la reconnaissance, il fallait un agrément, il fallait reconnaître le moringue. Avec Zoroni, le milieu de la boeuf française, pour la quantification des techniques, il fallait faire un référentiel. Quelques techniques de combat, techniques de danse et techniques musicales. Donc, la montre de dossiers. Après la partie, quelqu'un était ici, là, la ministère de la Générale des Sports, parce qu'à l'époque c'était comme ça, maintenant c'est Drazes. Après on a eu la reconnaissance du Moreng, quand on a eu la reconnaissance directe, on a dit qu'il fallait démarrer une formation. Donc c'est là qu'on a démarré la formation, c'est BAPAT, mais A est Tradition Populaire Etnographique, donc on supporte le Moreng. Donc c'est là que notre première équipe a suivi la formation, elle a passé le diplôme, elle a un peu l'obtenu, elle a un peu l'obtenu, et c'est là qu'est dans la foulée qu'est créé le comité Réunionnel Moreng.
- Speaker #1
Et il fait maintenant 15 ans de la Ausha comme ça, plus que 15 ans.
- Speaker #2
Nous, on est 30 ans, on est 30 ans nous là.
- Speaker #1
Pour le 184, mais depuis que l'euro existe.
- Speaker #2
Oui, au début 2009, oui. Oui, oui.
- Speaker #1
Combien de marmailles passent par là
- Speaker #2
Ah, marmailles, il y en a marmailles. Ça reste des nougats et comtés, mais combien il y en a passé Il y en a marmailles, il y en a pas cela. Ah oui, il y en a marmailles. Il y en a marmailles qui sont marmaillées en dehors de Villers, marmailles Villers. Donc voilà, je l'ai né, j'ai essayé, je l'ai appartient. Ou bien après, de l'autre côté, l'école, j'ai appartient en France. Voilà, le travail. Donc je l'ai passé là. Qu'est-ce qu'on fait mourir, le mourir, en fin de compte, si on fait mourir un jour, mourir toujours.
- Speaker #1
Et vous avez voyagé un petit peu
- Speaker #2
Avec le Morin, oui. Avec le Morin, on peut voyager avec le Morin. Où ça Le premier, pas trop loin, c'était Maurice. Oui, c'est ça. Là, on a parti pour la nuit des amateurs, justement. On a parti là-bas, Maurice à Rosil, donc on a fait une petite démonstration au Morin. Mais après, on peut métropole, parce qu'il y a des essences avec la métropole. Après, c'est Seine, Brésil, Mozambique. Voilà, ça c'est le mien. Madagascar Madagascar non. Moi non, jamais allé, mais les autres moringues viennent. Après les autres moringues, on est dans Madagascar, dans l'Amérique, dans Amsterdam, dans Liverpool, dans la Chine. Donc chaque moringue, il est dans le monde.
- Speaker #1
Voilà, le Moringue, c'est quelque chose qui est mondial d'une certaine façon. Tout à l'heure, j'ai cité la Capoeira qui est un peu un cousin du Moringue, mais au Mozambique...
- Speaker #2
Eh oui, si on arrive au Mozambique, nous l'avons représenté l'impératrice Martinique. Donc voilà, nous l'avons international.
- Speaker #1
qui nous permet peut-être de faire la liaison avec l'histoire d'où vient le Moringue il vient d'un peuplement douloureux de la Réunion bien sûr mais il vient de toutes ces racines là et aujourd'hui on sort un livre, peut-être qu'il y en a eu d'autres d'ailleurs là je crois qu'il y a le livre de Froberville qui est posé sur la marche parce que c'est la dernière trouvaille en quelque sorte qui vient d'être édité qu'est-ce qu'il y a
- Speaker #2
bon à mon moment comme tout le monde espèce et la transmission transmission technique pratique voilà donc de temps en temps comme il n'a des informations y arrive mais réfèrement ces informations là donc là dessus c'est farid va bien se plus qu'à ou bien expliqué à Ausha farid
- Speaker #1
Obras,
- Speaker #0
Farid Obras, oui. En quelques mots. Moi, je suis le référent scientifique au niveau du comité Réunionnais de Morin. Donc, par rapport à Frobertville, plus globalement déjà, nous nous sommes alliés à Té, il y a quelques mois de ça, par Laurent Varro. Par une bonne relation, nous avons une découverte, d'après son bon terme, c'était le chénon manquant. Donc tout de suite, quand elle a dit tout ça, elle a vu que l'intérêt appelait à nous, à mettre la bouche. Et à moi, en tant qu'université aussi, depuis 2018, je suis Clara Roussel-Boyer, donc je suis toujours sur mon travail. Nous suivons un petit peu de loin avec le matériel Nulena, le travail des historiens sur les questions afro-descendantes, que ce soit sociologiquement, ethnologiquement, musicalement. Et donc nous l'a découvert. Les trouvailles de Clara Boyer, Sufro-Berville, donc il y a quelques mois de ça oui.
- Speaker #1
Vous êtes même moringueur, plutôt musicien
- Speaker #0
Alors moi personnellement, ben moi j'ai été formé au Moringue, moi j'ai un moringueur. Mon grand-père était un moringueur, donc il faut bien comprendre aussi que, on parle de Villers, mais pour bien être précis, l'épicentre du moringue à l'époque de notre bande Grahamound était Barrage, Barrage La Saline. Donc moi mon gars Amouni sort de là, donc moi une petite enfant moringue, donc les affaires coulent dans notre sang. Avec le temps, avec la vie, avec les affaires, bon malheureusement on est plus vers la musique et le côté scientifique. C'est-à-dire que moi mon positionnement, c'est de dire que comme il y en a un autre qui est là, il y en a un autre qui est là, il y a eu un travail qui a été fait par Jean-René, par Sudel Fuma, Fé Sudel Fuma. par aussi toutes les initiatives que l'a eues nos bonnes frères, nous pensons à Billy Joanie, nous pensons à Max Derusso, à Capoeiris, Morin, Guerre, toutes bonnes grammes aussi qui ont fait partie de l'écosystème, mais aussi qu'aujourd'hui, nous avons besoin de science. Un besoin de science pour éclairer ce que nous faisons, parce que ce qui a été produit est magnifique, le morin exploratif codifié, il y rentre dans les écoles, mais nous sentons que nous avons besoin aussi de plus d'informations. Donc moi mon travail c'est là aussi, c'est-à-dire capter ce que la science y produit et ramener à l'île dans la communauté des Mouraingais sportifs.
- Speaker #1
Et avant la science, vous l'avez intéressé avec le grand-père. Est-ce que le grand-père raconte à vous comment il était le Mouraingais à son jeune temps, quand lui il était marmaille dans le temps du barrage
- Speaker #0
Alors malheureusement, Gramoul n'a pas été bonheur, mais ce qui est magnifique à la Réunion, c'est l'oralité. L'oralité fait partie de notre vie. Les exploits de notre bonne grand-mère dans notre famille, on ne les connaît pas à tout le monde. Le bon comme le mauvais. Et donc oui, dans la famille, talons mal gâchés, fait de sang de salvette, quand elle fait une boîte à des coups, bataille devant la boutique, fait le rond, coup de pied à la roulette. Tout ça là, nous l'a été raconté, nous l'a grandi avec son bon mot. Comme Eano l'a dit là, c'est-à-dire que nous l'a entendu des mots.
- Speaker #1
Moi,
- Speaker #0
il ne m'a pas entendu dans la musique, moi l'ai entendu avec mon bon tonton. Sauf que derrière ce bon mot-là, Nous n'avons pas d'image. Mais Gramun nous l'a expliqué. Il s'appelle Pipangay. Son frère est tout le monde Moringuer. Donc le contexte de pratique, nous l'avons. Nous avons aussi les termes. Mais malheureusement, comme beaucoup d'entre nous, au final de notre génération, nous ne l'avons pas vu aller. Nous n'avons pas vu ce Moring pratiquer par notre même Gramun.
- Speaker #1
Le point de photo.
- Speaker #0
Alors, officiellement, Officiellement, les historiens hijaoukens ont deux représentations du moringue d'avant 1945. Donc on a la photographie au port là, je ne sais pas si vous l'avez déjà vue, le kéasénian, le rond avec les habits, la posture, le gao, le garbouka, c'est un jeune vieux, il est prépoilé. Et on a une deuxième représentation où le mot moringue est mentionné, où là ces deux chimamayes sont en train de faire l'accroche. dans la savane devant Degramme. Parce que selon le point de vue historique, selon certains points de vue, le mot moringue, à cette époque-là, donc avant la départementalisation, était représentatif des combats. Une confrontation, c'était un moringue. Et la définition qu'aujourd'hui nous avons, est un petit peu décalée de la chose, c'est-à-dire que le terme moringue est plus un terme générique. Et on voit à travers ces deux photos, où on a une photo où on voit la croche, et une, un rond. pour revenir sur Froberville.
- Speaker #1
C'est ça, parce que quand on cause de l'image, dans les croquis de Froberville, est-ce que Il y a des choses qui peuvent nous ramener à ce chénon manquant et peut-être à l'ancêtre du moringue. Comment se pratiquait le moringue en 1845 C'est ça, Froberville, quand il vient à La Réunion, je crois que c'est 1845.
- Speaker #0
C'est ça. Alors il faut bien comprendre, déjà contextuellement, nous la cite les deux documents là, deux photographies. Nous n'avons pas de parution juanale, donc des juanaux d'époque, de droite, d'extrême droite, si on fait l'analogie coloniale, raciste malheureusement, donc on pense à la patrie créole, on a des juanaux un petit peu plus tempérés, mais les juanaux des années 1900. On a des mentions de journalistes qui énoncent tel quartier, bas de la rivière notamment, nous l'a vu une scène de moringueur, nous l'a vu un rassemblement, un tel laguin et coup de pied dans la figuier, elle a fini au poste, etc. La description que nous avons entre 1900 et 1945 dans la presse, c'est une description cataclysmique du moringue. Le moringuer c'est un délinquant, c'est un brigand, c'est un névi, c'est pas du tout représenté de manière positive par la société. Donc on a cette matière là. Il est quand même assez intéressant de ce matière là parce qu'il se situe à nous géographiquement et il est centralisé sur Saint-Denis. Il y a certains quartiers où ça est décrit très fortement, notamment le quartier de bas de la rivière, où là vraiment les scènes sont prépondérantes, etc. On a aussi dans la littérature, où ça on a la mention du Morin, du Lyskaf notamment, où on a aussi l'oralité comme nous l'a causé, les familles, etc. Par contre,
- Speaker #1
on litographie jamais. Les roussins,
- Speaker #0
les potémons. Avant 1900. C'est le vide. De ce que nous, nous connaissons au sein du comité réunionnais de Morin, de ce que nous l'a rodé avant 1900, ne trouve pas de trace. Ni dans la lithographie d'Antoine Roussin, ni dans les photographies d'époque à Zemmariot. Dans le corpus de texte, nous l'a fait un travail ou ça, nous l'a fait un travail par un mot-clé. Le Morin ne trouve quasiment pas. Et donc, le problème que nous avons aujourd'hui... Si nous veut causer, comme Yannoué dit, quand nous sommes enseignés, précisément, nous causons sur l'oralité, elle est très bien, mais si nous veut avoir des jalons historiques, pour l'instant, nous n'en avons rien. Et déjà, le positionnement que le comité n'a, c'est de dire, c'est catastrophique. Comment ça se fait qu'en 2025, avec tous les moyens que nous n'avons, nous n'avons point de matière avant 1900 Mais il pense que la science passe à côté de certaines choses. Et là... En 2025, depuis 2018, Fraud-Berville y arrive. Donc Laurent Warraud, il interpelle à nous là-dessus. Donc Didier Anouk n'a plus de 1100 pages manuscrites. Et en soi, elle est assez révolutionnaire parce que toutes les descriptions qu'on avait d'époque, tous les livres anciens avant 1900, c'est des descriptions très racialisées. Donc c'est... C'est des esclavagistes qui décrivent des CAF, des personnes issues de la CAFerie ou des engagés un petit peu plus tard. Et donc, nous avons une vision, avec le corpus que nous connaissons déjà, que nous avons travaillé par les historiens, très péjorative. Et, il faut dire, incomplète de la réunion. Ce qui est intéressant avec Frobéville, c'est une vision plus... C'est un démarche ethnologique. Et donc, là, nous avons des interviews. Déjà, donc là, des récits de vie, des récits de vie des Mozambiquains que l'a été esclavisé sur l'île de la Réunion. Et déjà, en soi, ça, elle est magnifique. Nous qui pratiquons une discipline afrodescendante, nous avons hâte d'avoir accès à ces informations pour voir s'il y a des descriptions de combat. Avoir un niveau de détail aussi important, c'est du jamais vu pour l'instant sur l'île de La Réunion. Ensuite, donc ça c'est les récits de vie, ensuite sur les...
- Speaker #1
Frobertville, a priori, il a passé 20 jours à La Réunion,
- Speaker #0
dans son voyage.
- Speaker #1
Est-ce que pendant ces 20 jours, il a pu assister à du Moringue
- Speaker #0
Aujourd'hui, en l'état, il n'en a pas la réponse. Sur le travail de Frobertville, la majeure partie porte sur Maurice. Il y a pas une quinzaine, vingtaine de joueurs sur l'île Boisbon. Et donc la quantité de captifs qu'elle a été interrogée, on peut supposer que ça peut être aussi important qu'à Maurice. Mais peu importe. Justement, la question qu'on vient de poser... Nous voulons pouvoir amener une réponse à ça. C'est-à-dire que dans les trouvailles que NENA a actuellement, le comité de Moringue aimerait aller chercher, regarder si la mention du combat, parce qu'il ne faut pas rester côté Moringue, parce qu'à l'époque, c'est comme le Maloy, il n'est pas dit que le mot-clé, il s'apparaît, mais nous pouvons présupposer que dans les rapports entre Africains, de l'époque, afrodescendants, nous pouvons avoir ces informations-là.
- Speaker #1
L'étymologie de Moringue, c'est quoi
- Speaker #2
Pour moi, le mot de la langue est prendre On va dire prendre Mais prendre comme ça, ce qui est dans le rond, prendre eh bien, après, on n'a pas d'autres explications. Mais après, quand on regarde bien le mot langue langue et langue langue les trois, c'est le même, on va dire, même mot, même sens.
- Speaker #1
Et le mot Moringue, il apparaît donc dans la presse colonialiste de l'époque et était quelque chose de très péjoratif.
- Speaker #0
Exactement. Et là,
- Speaker #1
on est en train de rechercher les chaînons manquants, donc on parle de Froberville, d'après Laurent Ouro. Et qu'est-ce qu'on pourrait trouver qui nous ramène au Moringue
- Speaker #0
Moi, je pense que déjà, il ne faut pas être aussi précis quand on travaille avant 1900. Parce que le terme Moringue et le terme Maloya... On peut présupposer que c'est une invention qui fortifie Ali après 1900. Je ne pense pas, les travaux de demain vont monter à nous, mais la question c'est, est-ce que les disciplines que nous avons trouvées, est-ce que c'est mentionné tel que du Moraine ou du Maloya Donc déjà, je pense qu'il faut avoir une approche un peu plus générique. Rechercher la danse. Donc on a déjà des bribes là. On va chercher le combat, confrontation, la savate. En fait, il faut élargir le champ des possibles quand on travaille sur un corpus de textes de ce type-là. Ensuite, que ça nous peut trouver À travers les interviews faites par les captifs, premièrement. Quelles étaient les conditions d'affrontement Est-ce qu'il y a des descriptions d'affrontement, que ce soit sur l'île Boisbon, que ce soit sur l'île Maurice, ou dans les pays d'origine Il pourrait éclairer à nous sur les pratiques des captifs dans notre pays, dans la cafrerie telle que tu as énoncé, sur les plantations. Est-ce que c'est des choses qui étaient faites sur les heures de travail, après le travail, comme la mythologie actuelle y veut des peines Est-ce que les postures que nous utilisons avec la main à terre, est-ce que nous pourrons avoir des descriptifs plus précis que ça Les notions de rituel, qui sont très importantes dans notre pratique aujourd'hui. la musique, l'instrumentation, donc toutes ces informations-là, nous pourrions avoir des bribes qui pourraient permettre à nous d'apporter de la connaissance sur ce moringue d'avant cette confrontation, cette danse de combat d'avant 1900. Ensuite, la deuxième possibilité qui peut être intéressante, c'est les esquisses que Frobert Ville a produites. Nous, nous l'avons regardé en tant que moringueur, nous l'avons regardé le rond que l'on a mentionné dans ce Nianban. Bon, déjà, l'analyse scientifique qu'elle fait pour l'instant par Clara Boyer-Roussol, c'est qu'il associerait ça à une danse nyamba, donc de la musique. Mais rien ne dit à nous que derrière cette notion de danse, il ne peut pas y avoir une notion de confrontation et de combat. Puisque nous voyons à travers ce manzestis-là, nous voyons des postures, nous voyons des gens qui sont en face à face. Nous voyons aussi la symbolique du rond et c'est ça l'extraordinaire. C'est-à-dire que cette symbolique du rond, que les constitutifs de notre créolité, le rond maloya, le rond coq, le rond moraine, le rond caratte, nous n'a cette tendance intuitive à renseigner à nous sous forme de rond. Et déjà, nous n'avons pas une première bribe d'explication sur cet impact que l'homme africain a emmené sur l'île de la Réunion.
- Speaker #1
Tu as utilisé le mot Nyanban. Nyanban, c'est quoi C'est une région du Mozambique
- Speaker #0
Selon les historiens, c'est une zone de la cafrerie. Il semblerait que c'est plus un rapport géographique. Est-ce que vraiment on a un peuple nyambane Est-ce que ce n'est pas une espèce de paquet où tu mets tout dedans Mais c'est surtout un port de départ.
- Speaker #1
Avant, Clara Boyer au sol de Froberville, c'était quelque chose de connu
- Speaker #0
Oui, alors comme dit un autre. Heureusement, heureusement, le mâloyal est là. Le Maloyais donne à nous tous ces termes que nous retrouvons aujourd'hui dans la science. Niamban, Makwale, Makwa, Komoroyen, tous ces termes d'époque, tout ce découpage colonial de l'homme noir. Comment il était dépeint la hiérarchisation du kaf de la kafrerie, le Makwa, le Niamban, et d'autres termes que Mal a découvert, le Malgache, le kaf Malais, l'Indien. Le chinois, etc., tout ce découpage-là, nous le retrouvons déjà dans le maloya. Comment nous était écrit l'homme, qui n'était pas considéré un homme à l'époque. Et aujourd'hui, le thème chinois manquant est vraiment intéressant. Il complète le savoir de l'oralité que nous avons déjà à travers le maloya. Et nous aimerions qu'il se passe la même chose sur le moringue. Et pour ce faire, c'est là qu'il y a un positionnement aussi à avoir, c'est-à-dire que nous avons le droit d'accès à ces informations-là.
- Speaker #1
Comment ça va se passer Donc, l'archive de l'outre-mer à Aix-en-Provence, elles seront accessibles à distance sur Internet Comment l'association Bataille Coq peut réussir à plonger dans ces archives-là
- Speaker #0
Pour moi, la question est complexe. Il faut savoir de quoi nous parler. Nous ne parlons pas du moutier, mais aussi de la question des bustes. Pour moi, on a deux échelles dans ces trouvailles-là. Si on parle déjà des bus de Dumoutier, c'était des bus faits sur des gens morts, pris dans les hôpitaux, désesclavisés sur l'île de Beaumont. Donc là déjà, nous n'avons pas de Aujourd'hui, nous avons besoin de matière, matérielle et immatérielle. Il faut que, demain, Migan Yaman de Montmarmaï, dans un musée, dans un... Peu importe, le mot musée fait débat, mais dans un lieu où ça nous gagne à avoir accès, voir ces visages caflas déjà. Ça, c'est une première chose. Maintenant, sur les aspects documentaires, Il nous en convient qu'il n'est pas si simple que ça, que d'emmener des documents qui datent de 1840 sur une île. Je trouve anormal, cependant, qu'il s'ait archivé à Aix-en-Provence. Je pense que nous avons droit, en tout cas sur certaines parties qui citent explicitement l'île Bouabon, à un retour sur l'île. Pour moi, nous sommes au stade de relique. Nous sommes au stade de relique. C'est, ça a été écrit par Afro-Berville, que tu es un blanc d'époque. Mais nous n'avons vraiment une description tellement fine que là, nous pourrions avoir accès à un niveau d'intimité de bonne cafla. Cafrine-Lac, elle est extraordinaire pour les afro-descendants comme nous, les afro-pratiquants, mais pour toute la société réunionnaise, pour mieux comprendre. Et donc, la position que le comité... Déjà, c'est d'avoir accès à l'information. Un accès à l'information. Nous, là, on a le droit, en tant que pratiquants, d'aller pouvoir chercher. Accompagne-nous. En tout à nous, s'il faut. Il n'y a pas de problème. Mais nous voulons avoir accès. Nous voulons avoir l'information. Pourquoi je me dis ça Saint-Paul, Cyclone Gamed, 12 000 logements trouvés, 12 000 selon la Dacoïe.
- Speaker #1
12 000 personnes dans le cimetière des esclaves oubliés.
- Speaker #0
Totalement. Aujourd'hui, on met les Saint-Paulois, mais ça va là-bas tout le temps. On a un restaurant qui met des chaises sur cet endroit. On a des gens qui viennent faire yoga, mais ils n'ont rien contre tout ça, mais la société l'a oublié.
- Speaker #1
Même les recherches qu'il y a eu après cette découverte due à un cyclone, est-ce que ça vous a convenu Est-ce que ça répond à vos questions ou bien est-ce qu'elles sont restées trop faibles
- Speaker #0
Le fait que nous posent la question est déjà problématique. C'est-à-dire que 12 000 ossements, 12 000 ossements, on ne peut pas rédiger un rapport. Mettre sur le site de la DAKOI et dire c'est bon. Nous avons besoin aujourd'hui de réconcilier à nous, avec la mémoire, déjà de mieux comprendre cette afro-descendance. Nous avons besoin aussi de réhabiliter la mémoire, Banna. Et me le désoler, c'est pas en faisant un rapport de la DAKOI. Très bien les services archéologiques, c'est la compétence de l'État, très bien, il faut un idée de rapport, il y a des scientifiques qui travaillent dessus, dans la mairie c'est un pôle langage, très bien. Mais il faut travailler la médiation. Il faut que nous, afrodescendants, ou afro-pratiquants, ou sympathisants créoles de tout cela, nous avons accès, et nous gagnons aussi recueil à nous. Et donc pour répondre à notre question, non, ce n'est pas suffisant. Nous avons aussi la forêt apcale, les trouvailles, la vallée secrète, si nous parlons du marronnage. Le Lazaret n°2, on la laisse longue, et tout ce qu'on ne connaît pas. Aujourd'hui, si on veut bien, Frobert Wühl, pour moi, il est intéressant parce qu'il remet sur la table la question des découvertes scientifiques et les liens qu'on a avec la société. Et Sudel Fumal était un exemple pour nous. Nous l'assistons à Sudel Fima, parce qu'il ne faut pas oublier que Sudel Fima est à l'origine de la renaissance du moringue des années 90. C'était un historien qui travaillait à ce lien sociétal. Qu'on regarde, il n'y a pas un rendement de publication, il ne publie pas 50 000 articles par an, mais par contre, toute la matière qu'il a donnée à la société, c'est extraordinaire. Et aujourd'hui, moi, je trouve que c'est ça qu'il manque. Il faut que ces découvertes là, on ne connaît pas comment mais on n'a pas toutes les réponses, nous on n'a pas toutes les réponses, mais ramène à nous ces découvertes là, fais en sorte que je peux ramener mon maï, niwa, tout ça là.
- Speaker #1
Le collectif est en train de se monter, je crois qu'il y a une quinzaine d'associations qui ont signé, je ne sais pas si c'est une pétition ou si c'est une... oui c'est une pétition on peut dire au départ, pour demander et la restitution. et l'effort de mémoire et le respect. Qu'est-ce que vous, vous attendez de ce collectif Je sais que vous êtes signataire aussi. Qu'est-ce que vous en attendez
- Speaker #0
Moi, je pense que la démarche, déjà, elle est très bien que nous la rassemblions autour de cette question. Moi, je pense qu'il faut d'abord la question paisiblement. Il faut déjà bien comprendre ce que ça nous demande. Parce que nous voyons que dans ces matières-là, on a 1100 pages de manuscrits, on a une paratie sur Maurice, on a des bus de Frobertville, la majorité sur Maurice, on a du moutier. Donc il faut bien déjà classifier ce qui concerne à nous sur l'île Bourbon. Ensuite, moi je pense que nous l'avons droit sur cette classification, une fois que nous avons bien compris la matière. Et là, c'est le travail des historiens qui nous déclarent. Je pense à Laurent Warraud, je pense à Madame Boyer, aux universitaires réunionnais. Pour l'instant, on n'a pas tant dit. d'aide à nous à bien comprendre cette matière-là, et oui, nous associer à nous à cette demande de restitution-là. De toute façon, la restitution des biens pris pendant la période d'esclavagisme et colonialiste, c'est une question universelle. Nous ne l'avons pas inventée cette question-là. La Vénus autentote, les questions du Bénin, les questions malgaches, la France a toujours, l'Europe coloniale d'époque, a toujours pris ces butins de guerre-là. Aujourd'hui, il fait partie d'une vague qui demande la restitution de ces matières-là. Et donc, moi, je pense qu'il est totalement légitime que l'État, ou en tout cas les institutions compétentes, à savoir lesquelles, donc il faudra viser juste, de restituer ça sur le territoire réunionnais, que le territoire français, il semblerait-il. Donc, il ne devrait pas avoir de problématiques administratives. La deuxième question, moi, qui lève des YSA... C'est où ça, où ça met ça Où ça, où ça met ça C'est notre patrimoine à nous. Est-ce que nous mettons Ali dans un musée et il pose la question des musées que les prêts peuvent vous faire
- Speaker #1
Vous savez qu'il est quand même bâti sur la maison de Madame Desbassins. C'est un lieu qui pose évidemment problème quand il s'agit d'honorer la mémoire des afro-dépendants.
- Speaker #0
Pour moi, c'est une question... Il faut mettre tout le monde autour de la table, déjà. Le département, les collectivités, tous ces acteurs publics-là, ça doit avoir d'autres mots à dire aussi. Parce que là, on a un enjeu de société. Après, sur la question de Villèle... Nous, nous sommes les marmaïs de Villèle. Comme il y en a, je vous l'explique. Le musée de Villèle, les parties prenantes dans la Renaissance du Morin. Parce que des fois, les gens font l'amalgame entre deux choses. Le Villèle scientifique, construit sur l'image de Madame des Bassins, et là moi aussi je ne m'y signe pas, et le Villèle social, qui est la vunette des associations telles que Canvillelle, Bataille-Cocque, Comodo, que la Fédélincession, et donc pour moi il faudrait mener une vraie discussion pour voir si, notamment un musée comme Villèle, est-ce qu'il ne serait pas en l'état d'accueillir sous réserve peut-être de certaines modifications assez profondes.
- Speaker #1
La Zotel est en train de changer, elle est en train de mettre un projet. Au premier étage, il y avait une maquette, je ne sais pas si vous allez voir la maquette du futur musée de Villèle. Est-ce que ce n'est pas justement l'opportunité pour faire quelque chose qui implique tout le monde
- Speaker #2
Normalement oui, si quelque chose ne peut pas impliquer tout le monde, mais seulement comment va se faire, comment va différer la discussion. Pour l'instant, jamais. Comment s'amener des petites discussions avec les associations. autour, on va dire, pas que Villers, parce qu'il y a Saint-Giléo, il y a Léperon, il y a Saline, tout cela fait partie de maintenant. Mais après, l'accessibilité après, parce que là, il faut nous... Il faut qu'il cause, il faut qu'il cause, il faut qu'il nous dise, il emmène ça à Villèle. Pourquoi il emmène ça à Villèle Après, là, il faut qu'il s'en aille pour avoir accès, qu'il s'en aille, il demande ça, il veut rentrer là. Mais comme dit Farid, il faut discuter. Il faut discuter, il faut avoir pleinement des... Quand on a l'engagement, il faut... Là, attendre pas quand il fait une construite, il emmène, après tout d'un coup, ben... Ah oui, vous voulez une simple association, on vient là pour demander qui ça voulait, à quel titre. Donc tout ça, il faut bien venir à l'avance. Comme nous, nous le pratiquons en homoringueur, si il y a des trucs autour de la posture des combattants, nous, on veut savoir. Peut-être que moi, mon coco, il finit trop plein, mais la jeunesse arrive, il y a des personnes... On va travailler là-dessus, on va demander pour que demain, le moringue, il évolue même, il s'en va même. Mais s'il vient évoluer avec cette forme-là, et bien il trouve ça, ça est fait comme ça. Donc après, on a plus de matière aussi. La matière, quand on arrive, comme on l'a dit tout à l'heure, quand on arrive à un endroit, qu'on explique, même un public dehors, on gagne. Voilà, à l'époque-là, 1800, on peut dire 1800. Parce que l'Amigé Ndjiawou, en 1994, il n'y a pas d'Amigé Ndjiawou avant ça. L'Amigé Ndjiawou, par la date, a moins mal commencé. Après, nous avons des récits, des histoires, des fragments, nous l'entendons. Mais avec ça, le trouvaille-là, donc, voilà, tout le monde autour de la table, les acteurs, les pratiquants, les PS en long mouvement autour de la culture. Et que ce soit la culture, le côté spirituel, le côté culte, le côté chant, danse, donc il faut y causer.
- Speaker #1
Une opportunité peut se présenter aussi parce qu'il y a la commission de l'océan Indien qui fait son sommet. De ce fait, Emmanuel Macron, qui est encore le président de la République, il va aller à Madagascar et un des moments importants de ce voyage sera la restitution de trois crânes de Roi Sakhalav. qui est aussi une affaire menée par Clara Boyer-Rossol, il n'y a pas de hasard. Il doit aussi passer à Maurice et il ne serait pas étonnant qu'il aille voir le musée international de l'esclavage à Maurice qui est en train de récupérer les bustes des Mozambiquains. Il passe à la Réunion, alors la Réunion vient d'apprendre qu'elle est concernée par les nouvelles découvertes de Froberville et de Dumoutier. Mais n'est-ce pas le moment d'interpeller le président de la République sur le sans-voyage sur ces questions mémorielles
- Speaker #0
Non mais, alors, c'est intéressant, c'est-à-dire que là où l'a retracé Madagascar et Maurice, la Réunion, ils ne viennent pas d'apprendre que depuis 2018, sauf Erronemapa, Mme Boyer l'éclaire sur la question, sur ce qu'il y a dans ces découvertes-là, et que le terme il boit bon a toujours été mentionné. Moi, je pense que la France a un problème viscéral. C'est-à-dire que Maurice, il semblerait pas qu'on a eu de problème quand on a dit à Noron les bustes à Maurice, la retracer, les descendants notamment de Lili. Il a fait ça de manière totalement décomplexée. Il est très paradoxal parce que la société mauricienne en plus, c'est une société très arc-en-ciel, un petit peu différente à La Réunion, elle est très arc-en-ciel et les communautés sont très fortes, mais elle a été faite de manière décomplexée. Et je salue les Mauriciens là-dessus, et notamment le gouvernement mauricien, qui a permis ça, je pense, il était partie prenante dans cette trouvaille. À l'île de La Réunion... Silence. Statu quo. C'est ce statu Ausha que nous critiquons. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, nous avons l'impression que la question de la restitution par rapport à ces anciennes colonies, qui sont encore liées par le statut de département, pose problème. Donc là où pose à moi la question, est-ce qu'il ne faudrait pas interpeller le président Emmanuel Macron Là, ce n'est plus de notre sort. C'est-à-dire que nous, au sein du comité, ce que nous demandons déjà, c'est d'avoir un accès à la documentation. À l'échelle des associations, nous demandent de la clarification et nous demandent de la restitution. Peut-être que dans ce cas-là, ça se fera. Mais moi, ce que nous nous notons, c'est que la question entre l'île Boisbon, la France, la Réunion, n'est pas décomplexée. Contrairement à Maurice, où là, elle a été très simple. Tous les enjeux que nous avons derrière, nous n'en avons pas accès. Nous, en tant qu'afro-descendants, nous répétons ainsi cette question-là. C'est un droit. Nous n'avons pas le droit de récupérer cette matière pour nous-mêmes, pour Banna. Ce bonne caf' qu'elle a souffert, ce bonne caf' qu'elle a souffert, qu'elle a travaillé, qu'elle n'est même pas reconnue aujourd'hui. Qui vraiment dans la société réunionnaise y connaît précisément cette histoire-là personne. Nous avons des notions. Nous avons de l'oralité. Merci, bonne grande amour. Nous avons de la bonne potée, de bonnes aboutins. Ils ténèrent leurs affaires. Mais aujourd'hui, nous avons besoin de matière. Donc, on cite le président de la République, mais aussi tous les acteurs publics, ils doivent responsabiliser les autres sur cette question-là parce que nous, société, membres de la société, c'est notre droit. Vous m'en êtes d'accord, hein Le buste du moutier, il ne s'est pas créé de l'emploi. Il ne s'est pas changé le changement climatique. Mais nous avons besoin de ça pour apaiser nous et pour mieux comprendre. Donc l'enjeu patrimonial est très très très important. Comment nous va arriver, je ne m'y connais pas. Nous n'avons pas de positionnement clair à avoir. Les discussions à venir vont clarifier la question.
- Speaker #1
C'est ça qui est nouveau. En 2018, il y avait les grandes sacs à lave de Froberville. Mais ce qu'on vient d'apprendre, c'est que du moutier, la phrénologie, qui était le pseudo-science raciste de l'époque, où on volait des corps, on volait des crânes pour alimenter les théories raciales de cette fin du 19e siècle.
- Speaker #0
Totalement.
- Speaker #1
Ça, on vient d'apprendre qu'il était servi à la Réunion et c'était resté complètement inconnu jusqu'alors.
- Speaker #0
C'est ça, exactement. En fait, si vous voulez, là, dans les années, les dernières années, Nous avons des découvertes, clairement nous avons des découvertes, nous avons des choses qui sont clés à nous. Nous avons aussi logé, qui a été réédité par le département, en Afro-Berville, la cité du Moutier. Nous avons aussi des ouvrages anciens qui sont en train d'être réédités, notamment par Cicéron, la maison d'édition. Nous avons cité l'ethnologie du nègre en son pays, qui a une description de Boisbon aussi. Donc si vous voulez bien, nous avons tout un corpus nouveau qui est là. qui émerge, qui est en train de monter, et qui donne à nous une représentation plus fine de la société et qui casse aussi des choses. Parce qu'il y en a peut-être plus que moi, mais que ça nous l'a entendu à l'école. Oh, l'esclavage à Boisbon était plus doux que dans les autres colonies. Ben, quand on lit Frobertville, quand on regarde les bustes de Dumoutier, ça permet à moi d'en douter. Donc l'atrocité, et il est cité à un moment dans Frobertville, l'atrocité de ce qu'il a vu à Boisbon, l'a fait changer d'avis sur l'esclavage. Vous voyez Et donc c'est toute cette nouvelle matière, il faut que les scientifiques qui travaillent, qui font de la médiation et qui donnent ça à la société, aux associations afrodescendantes, créoles de tous genres, personnes externes, etc. Pour moi, il faut qu'on ait vraiment un mouvement.
- Speaker #1
C'est incroyable le retard qu'il y a eu dans les connaissances de cette période-là. Pendant longtemps, comme vous le dites, l'esclavage à la Réunion, c'était un peu romancé. Et il faut attendre maintenant ces découvertes-là pour se rendre compte de ce que c'était réellement. Il n'y avait pas de témoignage de ça. Qu'est-ce qu'ils ont fait les historiens réunionnais pendant ces 30 dernières années
- Speaker #0
Moi, je pense qu'elle a eu un boulot de fait. Moi, je pense qu'elle a une prise de partie à un moment donné sur... Regarde que la figure de Madame des Bassins. Le musée théorique de Villers, c'est quoi Quand on regarde les publications faites, les scientifiques, c'est un travail au toit de la figure historique, mentionnée comme ça, de Madame de Bassin. Donc c'est-à-dire que l'effort scientifique, à un moment donné, il retrouve encore des gens, des lettrés qui disent Ah moi, non, la figure de Madame de Bassin est une figure intéressante, totalement. Et les centaines d'esclaves qu'on avait. Est-ce que nous avons des informations Ah oui, l'hôpital était là, voilà. Non. c'est ça c'est à dire que moi je pense qu'il y a un parti pris à un moment donné sur les oppresseurs plutôt qu'aller étudier les opprimés le deuxième affaire aussi que nous peut dire c'est que je pense que les historiens la passent à côté regarde le marronnage l'histoire du marronnage avance Mais les très récents, sur l'impact des malgaches sur le royaume de l'intérieur, sur l'impact des africains, ce qui n'est pas encore assez clair, sur le moring, sur le maloya, toutes ces disciplines que nous pratiquons, que nous adhocs, qui font vivre à nous, ben il y a un retard. Donc il y a un retard à ce qu'il y ait systémique. Est-ce que c'est les moyens qui n'ont pas été mis Est-ce qu'il y a un parti pris Moi je pense qu'il y a un parti pris, et que la tape à côté à un moment donné, mais il n'est jamais trop tard. Pourquoi Parce que nous, l'avantage que nous pouvons avoir peut-être par rapport à d'autres endroits du monde, c'est que l'oralité est très forte. Gramoon la donne des informations. Le Maloya, c'est un livre ouvert sur l'histoire. Coco l'Enfer, grande figure, mythe ou pas, c'est nommé dans le Maloya. Niamban ou la mentionnée Makwa, ça c'est des termes que nous retrouvons. Donc le Maloya n'a pas à attendre les livres d'histoire pour faire de l'histoire. C'est plutôt l'histoire qui doit inspirer du Maloya. Donc nous aimerions aujourd'hui que ce retard-là, bien sûr, que les rattraper, parce que le danger, c'est l'oubli. Si Madame Lave n'avait pas fait ça. Bonne buste là, la Philbib nous aurait monté ici, nous aurions fini dans une cave là-bas à Blois ou je ne sais pas où. Bonne manuscrit là, nous aurions fini avec la moisi.
- Speaker #1
On ne s'était pas intéressé à ces collections, pourquoi ça serait arrêté avec du métier
- Speaker #0
Il laisse une ouverture sur un corpus de textes à venir, d'informations nouvelles. Là-dessus, nous sommes très optimistes. C'est pour ça que nous, au sein du comité, les chakras sont ouverts. Nous sommes à l'écoute de ce qui se passe. Parce que Kosei montre à nous aussi, tous, ses représentations. Si nous regardons aussi le rond que l'a été fait. Là, la culture est en perpétuel mouvement. Je trouve que l'un des grands enseignements que Frobéaville, en tout cas je parlerai plus des cafs qu'il interroge, c'est que l'art afro-descendant est en perpétuel mouvement. Le rond que je vois n'a rien à voir avec le rond actuel. Je ne suis pas venu ici pour me piquer, je suis venu ici pour m'éteindre. Donc, on analyse un petit peu cette voix, c'est que on a des symboliques que nous retrouvons, en effet, le rond, mais l'instrumentation est totalement différente. Donc, ça, ça nous montre que... Là, elle n'est pas finie. Là, elle est en création. On en a une base. Et le moringue représente ça aussi. Parce qu'il y a toujours un débat actuellement sur l'authenticité des choses. Les traditionnalistes, les gens un peu plus progressistes, on retrouve ça dans tous les domaines. Le maloya, le moringue. Tout le monde est soumis à ça. Mais ça, il montre à nous qu'elle a fait un perpétuel mouvement. On a une base forte. On ne va pas remettre ça en question. mais que l'on perpétue le mouvement. Et ce mouvement-là, il faut accepter. Et ce qui est intéressant, c'est qu'aujourd'hui, grâce à ce mouvement-là, si nous ouvrons assez nos bonnes oreilles et que nous savons eroder, nous pouvons réalimenter ce que nous faisons aujourd'hui. Et c'est ça l'objectif que nous n'avons. Trouver les informations qu'il faut et emmener dans le moringue sportif que nous faisons, parce que nous n'avons pas de créativité dans le domaine artistique. Le sportif est assez cadré, mais dans le domaine artistique, nous avons de la créativité. Pourquoi pas intègre tout ça là Ses postures, ses costumes, ses instruments, etc. Donc voilà un peu le champ des possibles ouvert.
- Speaker #1
En ce qui concerne les semaines et mois qui viennent, comment le comité Réunionnais de Mouringue va s'impliquer dans cette nouvelle connaissance de l'histoire
- Speaker #2
Déjà se rassembler, voilà, déjà faire une petite partie, de lancer l'information à l'ensemble. Nous sommes des associations au comité de Moraine. Là, c'est à nous maintenant, il faut qu'on s'assise dans un table, et après, nous allons poser par rapport aux retrouvailles, et que ça, après, nous allons établir la façon de nous amener, comment nous allons, pas dire attaquer, mais comment nous allons aller à la rencontre, trouver les bonnes personnes. Et voilà, de demander tout ça, de demander pour voir la suite. Et déjà avec la matière qu'on a là, on commence aussi à travailler.
- Speaker #0
Merci, merci Parallels Sud. Merci d'exister. Un peu d'investigation sur l'île, c'est très bien.