- Speaker #0
Le parc naturel régional du massif des Bouges est sur Radio Alto. Le parc du massif des Bouges compte sur son territoire 7 sites Natura 2000 dont 5 sont gérés par le parc. Ces espaces, reconnus à l'échelle européenne comme étant des zones naturelles d'intérêt écologique majeur, visent à concilier protection de l'environnement et maintien de l'activité humaine. Loin d'être une réglementation, Natura 2000 est avant tout un modèle de gestion qui prône la concertation et le volontariat entre les différents acteurs concernés. Quel est le rôle du parc dans l'animation et la gestion des sites Natura 2000 et comment ces sites Natura 2000 parviennent à allier protection de l'environnement et activité humaine ? Nous avons rendez-vous sur la commune de Cruée au lieu d'Iderichaud en compagnie de Tiffel-Lavigne. Et Kevin Alexandre, sur un terrain de pelouse sèche, site Natura 2000.
- Speaker #1
Stéphane Lavigne, bonjour.
- Speaker #0
Vous êtes chargé de mission Natura 2000 au parc des Bauges. Et on s'est donné rendez-vous ici sur la commune de Cruet, justement pour avoir un cas un peu concret de ce que c'est qu'un site Natura 2000. Alors qu'est-ce que c'est, avant de commencer peut-être, qu'est-ce que c'est que... Le label Natura 2000 ?
- Speaker #1
Natura 2000, c'est un réseau de sites écologiques qui a été créé sur l'ensemble du territoire de l'Union européenne et qui a pour objectif de préserver les milieux naturels, les espèces aussi végétales et animales qui sont menacées d'extinction à l'échelle de l'Europe, rares ou menacées d'extinction. Il y a des sites Natura 2000 sur l'ensemble de l'Europe, 18% du territoire européen et 13% sur le territoire français. Sur le territoire du parc naturel régional du Massif des Bouges, il y a 7 sites Natura 2000. Il y en a 5 où l'animation est portée par le parc des Bouges et 2 autres qui sont portés par 2 autres structures portées. Il y a la partie orientale du Massif des Bouges, qu'on appelle aussi Haute-Bouge, qui est en site Natura 2000. On a la tourbière des Creusates, au niveau de la Fécla. On a aussi récupéré l'animation des zones humides de l'Albanais. qui s'étend entre le lac du Bourget et le lac d'Annecy. On a également le Mont Colombier. Et ici, on est sur le site du rebord méridional du massif des Boges. Donc ça, c'est les cinq sites qui sont animés, portés par le parc naturel. Après, on a deux autres sites qui sont un peu à cheval sur le territoire du parc. Donc il y a la clus du lac d'Annecy, qui est gérée par le syndicat intercommunal du lac d'Annecy. Et puis, on a aussi un réseau de zones humides sur... La partie hilaire, gérée par la région qui délègue au conservatoire d'espace naturel la gestion. Natura 2000, c'est clairement un outil supplémentaire pour le parc, pour gérer les espaces naturels, la biodiversité, la faune, la flore. Le parc a une charte pour ces prochaines années, avec deux axes qui sont vers la pleine santé environnementale. et vers la sobriété d'utilisation des ressources naturelles. La gestion qu'on mène sur les sites Natura 2000 répond pleinement à la charte du parc. C'est vraiment un outil supplémentaire pour le parc qui permet d'avoir notamment des subventions et de mener des actions sur ces sites plus spécifiquement. En fait, les sites Natura 2000 sont portés par des structures comme le parc, mais on travaille en lien étroit avec l'ensemble des acteurs du territoire. Chaque site Natura 2000 a un comité de pilotage qui se réunit environ une fois par an, qui permet de rassembler les agriculteurs, les forestiers, les communes, toutes les personnes qui œuvrent sur le site. Ça peut être aussi les associations de protection de la nature. Ce comité de pilotage est là pour s'assurer que toutes les décisions qui vont être prises sur les sites Natura 2000 soient bien connectées au territoire. Et on a un président de ce comité de pilotage qui est élu sur chaque site Natura 2000. Donc sur le rebord méridional, c'est M. Jean-Michel Blondet qui est maire de la commune de Cruyet, qui est là aussi pour faire du lien entre les acteurs et s'assurer aussi que toutes ces actions sont liées au territoire.
- Speaker #2
Il reste des grosses herbes et sinon c'est bien pâturé en vrai. C'est pour ça que j'ai rebalancé un petit peu de mouton comme ça. Ils vont s'attaquer à ça. Moi je m'appelle Kevin Alexandre, je suis toujours grandi sur Cruet. J'ai un élevage au vin d'une centaine de brebis, de la rastonne et marteau. Je fais des caissettes d'agneaux que je vends 100% en direct à des particuliers Combes de Savoie, bassins chambériens, bassins hantiens. Voilà, tout part en direct. Je pâture 9 mois sur 12 en Combes de Savoie et alentour. Et une bonne partie de l'été sur la commune de Bonneval-sur-Arc, en Haute-Maurienne.
- Speaker #0
Du coup là on est, si je comprends bien, en partie sur vos terres.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que vous pouvez nous décrire un peu le terrain, parce qu'il est un peu particulier ?
- Speaker #2
C'est un terrain très pentu, qu'on ne peut pas cultiver d'autre façon que le pâturage. Donc il faut obligatoirement pâturer, parce que là, à part une pelle à régner, comme pour le débroussaillage, on ne peut rien faire d'autre, comme intervention mécanique. Alors le terrain à l'origine on avait pas mal de broussailles, des gros... sur le bas de la parcelle on avait des gros ronciers avec pas mal d'acacias, quelques arbres éparses mais ça commençait à vraiment se refermer quoi.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut faire une petite visite de ce magnifique terrain ? Bien sûr, bien sûr. Il faut prendre son souffle.
- Speaker #2
Moi je l'habitude mais c'est pour vous. Allez, promenons-nous.
- Speaker #0
C'est un peu tout comme ça avant.
- Speaker #1
Ah oui. En fait, ce tronçon-là, il n'a pas été débroussaillé.
- Speaker #0
À part les machines.
- Speaker #1
Voilà, donc on voit justement sur ce secteur-là. Il reste un peu des arbustes, alors que sur le reste, la plupart ont été enlevés. On vient de mener une action sur ce site, c'est un secteur de pelouses sèches. On habite un type de milieu naturel qui est assez spécifique. Ces pelouses sèches sont très présentes sur la partie du rebord méridional du massif des Vosges. Mais elles sont aussi menacées par la déprise agricole, notamment. ou par l'urbanisation ou la mise en vigne, ou parfois par du léger surpâturage. Mais c'est vrai que souvent, c'est le fait que les exploitants agricoles laissent les terrains qui fait que petit à petit, les arbres vont repousser et vont refermer ces pelouses sèches. Ces pelouses sèches ont un intérêt très fort sur le territoire du parc. Ça a été retenu comme un habitat prioritaire au sein de la stratégie du parc. Ces pelouses sèches sont vite abandonnées du pâturage. Et une fois qu'elles sont abandonnées du pâturage, elles se referment et elles disparaissent, avec tout le cortège d'espèces qui est associé. Donc nous, on a travaillé sur... En fait, on a identifié le secteur de Crué comme étant un site avec des enjeux écologiques forts, une déprise agricole, et du coup, à venir probablement une perte de ces pelouses. On s'est rendu compte que sur ce secteur-là, on avait la capacité de remettre du pâturage, car on a une capacité d'accessibilité sur le site, il y a de l'eau à proximité. Et du coup, on avait visé ce site-là comme un site où on peut remettre en pâture. C'est pour ça que c'est ce site-là qui a été retenu. Parce qu'en fait, si on n'a pas une activité agricole, le site n'est pas entretenu, il se referme et on perd les habitats. Et du coup, l'agriculture est le cœur de l'équilibre pour préserver ces pôles au sèche.
- Speaker #3
Le chef ! Allez, viens ! Viens là, viens !
- Speaker #1
Dans les pelouses sèches, on est souvent sur des terrains privés. Et du coup, c'est difficile de travailler sur ces secteurs-là, parce qu'on a un morcellement foncier. Et ça nécessite énormément de temps d'animation pour arriver à récupérer une surface suffisamment importante pour travailler dessus et faire par exemple des travaux de réouverture comme on a fait. On avait identifié sur le versant 135 parcelles, donc 135... par celles qui étaient concernées, donc une grande quantité de courriers envoyés aux propriétaires pour arriver à avoir la maîtrise foncière du site avant de pouvoir mener l'action de reconquête pastorale. Donc ça, ça a été permis parce qu'on a pris du temps sur le poste d'animateur d'animation du site Natura 2000. Donc c'est grâce à ça qu'on a pu mener cette action. Aussi parce qu'on avait des financements dans le cadre du contrat vert et bleu qui est porté par la communauté de communes Cœur de Savoie. Avec ces financements, on a aussi pu monter un partenariat avec la Société d'économie alpestre, la Chambre d'agriculture pour trouver un exploitant agricole, et puis le Conservatoire d'espace naturel qui est aussi venu en appui sur ce site.
- Speaker #0
Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi est-ce que vous êtes là ? Pourquoi est-ce que c'est vous qui vous trouvez sur ce terrain estampillé Natura 2000 ?
- Speaker #2
Écoutez, c'est parti d'un projet où... où on a été convoqué à une réunion publique à la mairie, de la part du parc des Bauges, pour faire de la réouverture de Pelouseche. On a fait quelques réunions, on avait défini quelques zones, et moi, en parallèle de ce moment, j'ai eu l'opportunité d'acheter ces parcelles. Une grande partie des parcelles, parce qu'il y a une partie où on est en location. Et du coup, le projet, c'était vraiment de faire de la réouverture, donc de réouvrir le milieu qui était assez embroussaillé. Il y avait pas mal de broussailles, de bois, etc. Et du coup, on a monté le projet petit à petit. Ça a pris à peu près un an. Et aujourd'hui, on a réouvert, on a clôturé et on pâture. Pour moi, c'était important de réouvrir ce coteau qui était pâturé et cultivé il y a un peu plus d'un demi-siècle. Du fait de l'agriculture moderne, c'était un peu trop pentu tout ça pour continuer à être exploité. Donc ça s'est refermé au fil des années et des décennies. Et du coup, je trouve important de réouvrir ces milieux. pour agrandir les zones agricoles et puis de plus un enjeu environnemental notamment pour les orchidées. C'est aussi pour ça que le parc était porteur de ce projet, parce que les orchidées poussent beaucoup moins dans les parties boisées et beaucoup plus sur les pelouses sèches et du coup il faut réouvrir ces milieux pour que ça continue à pousser correctement.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut faire peut-être un petit focus justement sur qu'est-ce que c'est qu'une pelouse sèche ? Faune et flore, on peut trouver sur ce milieu-là ?
- Speaker #1
Oui, alors une pelouse sèche, c'est une pelouse, donc c'est un milieu ouvert en herbe. On dit pelouse parce que contrairement à une prairie, quand on se baisse la végétation, on peut voir à travers par rapport à une prairie qui est très dense en végétation. Ces pelouses sèches ont la particularité de se trouver sur les versants sud très ensoleillés, sur des secteurs de pente parce que Le sol est très peu épais sur ces secteurs-là, donc ensoleillé, une forte pente. Et du coup, les espèces qui y poussent sont spécifiques, elles sont adaptées à ces milieux-là. Et c'est des espèces qui aiment le soleil. On y trouve notamment les orchidées, une espèce typique des pelous sèches, ça va être l'offrise bourdon, par exemple. On y trouve aussi tout un cortège. de végétation, de milieu. En fait, une pelouse sèche, souvent, c'est en mosaïque. C'est-à-dire qu'on n'a pas que de l'herbe, on a aussi des petits arbustes. Donc ça, ça fait la richesse des pelouses sèches. Et on y trouve, par exemple, un oiseau qui s'appelle la pigre-rièche-écorcheur, qui aime bien ces milieux-là et qui a la particularité d'embrocher ses proies et de les accrocher sur les épines de ses buissons. Ouais.
- Speaker #2
Et nous, là, on va aller chercher ces milieux.
- Speaker #1
Alors le réseau Natura 2000 a vraiment pour objectif la préservation des milieux naturels, des espèces végétales et animales, tout en prenant en compte les activités humaines. Donc effectivement on ne met pas du tout sous cloche, on n'a pas une réglementation propre à Natura 2000. Par contre nous les gestionnaires Natura 2000 on est vraiment là pour faire du lien entre les différents programmes qui se déroulent sur les sites. De s'assurer que les habitats et les espèces sont bien pris en considération, qu'il ne va pas y avoir de menaces dessus, et puis de mener des actions pour assurer le bon état de conservation de ces milieux-là. La politique Natura 2000 en France, c'est la concertation, donc travailler avec les acteurs, le volontariat, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de réglementation stricte qui s'applique sur Natura 2000. Sauf ce petit volet évaluation d'incidence, où on se dit que sur un site Natura 2000, si on a un aménagement ou qu'on organise une grosse manifestation sportive, on va devoir faire un dossier d'incidence pour vérifier qu'on ne va pas avoir un impact sur le site. Mais c'est le seul volet réglementaire. Sinon, on est plutôt sur de la contractualisation avec les mesures agro-environnementales, qui sont les contrats pour les exploitants agricoles, et des contrats qu'on peut aussi attribuer aux forestiers, aux communes ou à des privés. Et donc, ces contrats, c'est engager un propriétaire. ou en exploitant l'agricole sur 5 ans, sur des engagements, donc des éléments de gestion de leur site qui sont compatibles avec la préservation des sites Natura 2000.
- Speaker #2
Alors on a un cahier des charges qui régit un petit peu toutes les règles. La principale règle c'est les périodes de pâturage, donc assez tôt dans la saison pour justement ne pas empêcher le développement des orchidées. sur la période mai-juin, et après une période en fin d'été, début d'automne, aux alentours de début d'octobre, dès que les moutons redescendent d'alpage. Pas d'utilisation de produits phyto sur ces parcelles, bien entendu, il ne faut pas balancer des phyto pour changer le milieu. Une fois par an, peut-être passer un petit coup de débroussailleuse pour enlever certains rejets, des buissons que les animaux ne mangent pas, mais c'est vraiment du ciblé. Donc ça reste une action minime sur le milieu.
- Speaker #1
En fait, l'objectif, c'est de garder le milieu ouvert. L'idéal c'est d'avoir cette mosaïque de milieu avec quelques arbustes, on voit qu'il en reste quelques-uns notamment des genévriers sur la parcelle. Et puis d'éviter que ce soit trop pâturé aussi parce que la pelouse elle va être sensible au piétinement donc c'est un équilibre à trouver avec du pâturage suffisamment pour pas que ça se referme mais pas trop pour pas abîmer la pelouse.
- Speaker #2
On a toujours dit, on a un cahier des charges pour avoir une base, avec des engagements réciproques, et après on adapte, puisque chaque saison n'est pas la même que la précédente, etc. Donc il faut savoir être souple et s'adapter. C'est l'avantage d'une petite structure comme la mienne, où j'ai vraiment un troupeau pas très grand, une centaine de bêtes, donc ça reste à taille humaine. Et du coup, on peut facilement s'adapter. Je suis nouveau dans le milieu. Je fais ça depuis le 1er janvier 23. Donc, je suis un jeune agriculteur. Voilà, j'étais comptable avant. Donc, rien à voir avec ce milieu. Et donc, du coup, le fait d'avoir ces organismes, ça permet de se poser des questions auxquelles on ne se posait pas du tout avant. Moi, les orchidées, je n'en avais pas forcément connaissance. Même toute cette diversité, etc. Le fait d'échanger, de passer du temps à faire des réunions, suivre des réunions, des choses comme ça, être sur le terrain à analyser certaines choses, c'est vrai que c'est très enrichissant. Le parc a mis en place une clôture en ursus tout le tour. Du coup, c'est un gros avantage pour l'éleveur parce qu'on a juste à déposer nos animaux. On n'a pas forcément de manutention, à installer des filets, des choses comme ça. Ça reste un endroit qui est assez préservé de la faune sauvage. des gros animaux type sangliers, chevreuils, choses comme ça. Donc c'est vraiment un milieu qu'on peut contrôler.
- Speaker #0
Il y a eu la clôture, il y a eu d'autres travaux qui ont été réalisés pour aménager ce terrain au mieux ?
- Speaker #1
Oui, tout d'abord il y a eu la création de l'accès depuis la route qui a été réalisée. Ensuite il y a eu une opération de broyage du site. Donc il y a un broyeur qui est venu sur une pelle araignée. Et ensuite il y a eu la pose de la clôture. qui a été réalisée, donc la surface du site fait un petit peu moins d'un hectare. C'est grâce à la région que les travaux de réouverture, de création d'accès ont pu être faits, et de débroussaillement, et puis aussi qu'on a pu avoir l'appui technique des structures comme le conservatoire d'espace naturel, la société d'économie alpestre et la chambre d'agriculture.
- Speaker #2
Le projet a commencé en gros depuis le printemps, on va dire l'automne 23, puisque c'était très long au démarrage, notamment puisqu'il fallait réussir à trouver du foncier. Un gros travail de fait. de la part du parc et du conservatoire d'espace naturel à ce sujet. Une fois qu'on a défini la zone, il fallait chiffrer l'enveloppe travaux. Et après, il y a eu une planification des travaux. Démarrage automne 2024 pour une fin des travaux mars 2025, mars-avril 2025. Du coup, on a pu pâturer quasiment en instantané derrière. Et là, les moutons sont depuis à peu près... Début juin.
- Speaker #0
Oui, parce que là, sur site, on a des chèvres et des moutons.
- Speaker #2
Alors oui, parce qu'ils sont complémentaires. Les chèvres s'axent plus sur tout ce qui est petits buissons. Elles adorent ça. Et les moutons, alors c'est de la rastonnée marteau, ça mange un petit peu des buissons, mais ça mange aussi de l'herbe.
- Speaker #0
C'est nous les papettes, Marie. Un coup je te suis, un coup c'est toi.
- Speaker #1
Ce secteur-là a été retenu comme une première étape de reconquête pastorale. Si on arrive à obtenir d'autres financements, l'objectif c'est de poursuivre sur le reste du versant. Et du coup on a déjà un peu eu des retours au niveau du foncier, des propriétaires. Et du coup on pourrait aller un petit peu plus vite pour la suite, pour récupérer de la maîtrise foncière et poursuivre cette action.
- Speaker #0
Merci beaucoup et à bientôt sur un autre site,
- Speaker #1
peut-être Natura 2000. Merci.