- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans la deuxième partie de l'interview avec Radici Sidiop de Haut-Royal. Dans la première partie, elle nous a raconté son enfance, ses études, ses premières expériences professionnelles et entrepreneuriales. Aujourd'hui, nous rentrons avec elle dans l'aventure Haut-Royal. Bonne écoute !
- Speaker #1
Non, mais quand tu dis j'ai été approchée par O'Royal, est-ce que tu peux, parce que nous, on sait de quoi tu parles.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #1
Vas-y, dis les choses explicitement pour les gens qui ne te connaissent pas.
- Speaker #2
Ok, donc, en fait, WinIndustry, c'est une industrie qui existe depuis 2012 et qui était une franchise d'une entreprise sud-africaine qui s'appelle Soda King. Donc, WinIndustry a été créée au départ en 2012 pour être une franchise. de boissons gazeuses. Donc, les ranges de boissons que vous connaissez au cola, enfin à la cola, genre Coca-Cola, ananas, orange, etc. Donc, une marque qui s'appelait donc Soda King et qui a été fondée par deux amis qui après ont appelé mon mari pour être le troisième investisseur. Donc, ça c'est en 2012. Donc, Cette franchise-là s'est mal passée parce que le franchiseur n'avait pas déposé la marque au niveau du Sénégal. Et donc, à la veille du lancement de la marque, une autre entreprise a lancé des boissons sur la même marque.
- Speaker #0
Alors, on dépose les marques à l'OAPI.
- Speaker #2
On dépose les marques à l'OAPI.
- Speaker #0
Déposez vos marques. Voilà.
- Speaker #2
Déposez les marques. Il faut déposer,
- Speaker #0
ça ne coûte pas hyper cher et ça ne vous protège.
- Speaker #2
Ça ne coûte pratiquement rien. Et ça vous protège normalement pendant 10 ans et après tu peux renouveler. C'est ça. Et donc la marque n'était pas déposée. Donc à la veille du lancement, quelqu'un d'autre a lancé sur la même marque. Et ils étaient là, ils se sont dit mais attends, qu'est-ce qui s'est passé ? Et quand ils ont contacté le franchiseur sud-africain, il n'avait pas déposé en fait la marque en Afrique de l'Ouest. Et donc ce qui remettait en question toute la franchise.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #2
Et donc ça, ça a été cassé. Le franchiseur est allé de son côté et eux... Comme, en fait, tous les équipements étaient déjà là, tout était ficelé, il fallait juste, en fait, changer de marque pour pouvoir, donc, se relancer. Mais là, ça prend du temps. Donc, au lieu de lancer en 2012, ils ont lancé pratiquement en 2013 et la marque devait s'appeler King. Et donc, ils ont changé la marque en Royal.
- Speaker #0
Ok, il y a eu le roi et la reine. Exactement.
- Speaker #2
Donc, ça devait être King. Et ils ont changé la marque en Royal, donc une palette, enfin une gamme de boissons sous la marque Royal. Donc Royal, Orange, Royal, etc. Donc à partir de 2013 jusqu'en 2016, c'était ça. Donc boissons gazeuses avec différents flavors, etc. Mais malheureusement, ça ne se passait pas très bien. Ça ne se passait pas très bien. L'entreprise a engrangé des finances sans être rentable. Et le marché aussi ne répondait pas.
- Speaker #1
d'une réponse.
- Speaker #2
parce que la concurrence déjà était pas mal rude, et également la technicité aussi manquait. Il y avait quelques soucis de stabilité sur les produits, et donc il y a eu quand même des rejets de la part du marché. Et donc en 2016, il a fallu prendre une décision. Est-ce qu'on continue l'hémorragie, ou alors est-ce qu'on arrête tout ? Et à ce moment-là, l'enquête était vraiment mal en point. Et... Et comme les équipements étaient là et que pour faire de la boisson, la première étape, c'est faire de l'eau.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #2
Et que les moyens manquaient. Parce que sur la boisson, il y avait des jours où, allô, il n'y a plus de sucre. Allô, l'arôme orange est fini.
- Speaker #1
Allô,
- Speaker #2
l'arôme ananas est fini. On a des étiquettes cola, mais on n'a plus d'étiquettes mangue. Je ne sais plus.
- Speaker #1
On a des mangue, mais on a des étiquettes orange. Exactement. C'est très bien.
- Speaker #2
La complication, Alexia. On va tout recentrer. Et la première étape pour faire de la boisson, c'est faire de l'eau. On va faire de l'eau. Mais on ne va pas faire de l'eau n'importe comment. Puisqu'il y avait déjà de grands acteurs qui étaient déjà là et qui faisaient bien ce qu'ils faisaient. On va être disruptif. On va créer une gamme qui n'existe pas encore. Et c'est là qu'on a créé cette petite bouteille de 33 centilitres à 100 francs. En 2016.
- Speaker #1
Oui, quand vous lancez cette petite... C'est celle-ci.
- Speaker #2
Exactement, c'est celle-ci.
- Speaker #1
Quand vous lancez cette petite bouteille-là, il y avait qui sur le marché ? C'est qui les big players ?
- Speaker #2
Kiren, c'est le big player. Il y avait d'autres marques. Il y avait à l'époque, il y avait les Safi. Plusieurs marques qui n'existent plus, malheureusement.
- Speaker #1
Qui n'existent plus, oui.
- Speaker #2
Mais le player prépondérant, c'était Kirin. Il y avait Aquaterra aussi, je pense.
- Speaker #1
Il y avait Aquaterra. Oui, il y avait Aquaterra. Oui, c'est vrai, c'est vrai.
- Speaker #2
Il y avait Aquaterra. Mais tous faisaient en fait la même gamme. 50 centilitres, 1 litre, 10 litres. 19 litres aussi, je pense. Donc, on s'est dit, bon, si on va frontalement avec les gros là. On va se faire tuer dès le lancement, donc on va faire quelque chose de différent. Et c'est là qu'on a...
- Speaker #0
Et vous aviez déjà les machines qui font les bouteilles et tout ça ?
- Speaker #2
Exactement. L'objectif, en fait, c'était de se recréer, donc de pivoter sans investir.
- Speaker #0
Voilà. Donc,
- Speaker #2
c'était un pivot. Un pivot contraire, d'ailleurs, à la marche normale. Oui, c'est ça. D'habitude, les gens sont dans l'eau et après, ils pivotent, voire quelque chose de plus compliqué. on a quitter le compliqué pour nous simplifier.
- Speaker #0
Mais ça me fait penser, nous, on s'est rendu compte chez Happy Africa aussi, au début, on avait fait plein de produits, en plein de couleurs, en plein de tailles et on avait les mêmes genres de problèmes. On a pu telle couleur, ils ont commandé telle couleur et puis les clients, ils voulaient telle couleur, il y en a dix autres, mais non, c'est celle-là qui veut. Il n'y avait plus les étiquettes, il n'y avait plus les bonnes pressions et après, on s'est dit non, c'est top en fait. Il faut faire simple. En fait, quand on commence, On a envie de faire plein de trucs, on a plein d'idées, mais...
- Speaker #1
Après, on...
- Speaker #0
En fait, ça coûterait moins d'argent de commencer simple et d'agrandir avec le temps.
- Speaker #2
La réalité, c'est qu'on s'écoute au lieu d'écouter le marché.
- Speaker #0
C'est ça, on fait notre envie.
- Speaker #2
On fait à notre envie. En fait, on fait ce que nous, on a envie. Exact. Au lieu d'observer, en fait, le marché et ce que le marché a envie de voir. Exactement.
- Speaker #1
Pourtant, les marketeurs, en fait, les leçons qu'on nous apprend dans l'entrepreneuriat le disent, la forme la plus simple.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
On commence par la forme la plus simple.
- Speaker #2
Simple is fine.
- Speaker #1
Yes, simple is fine. Et moi, il y a une autre motivation dont tu m'as parlé pour cette disruption, en fait, de cette taille, de cette contenance-là. Il y avait une autre motivation derrière qui était un peu plus profonde, plus sociale.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Tout à fait. Et non seulement cette idée marketing qui est une idée brillante, déjà d'avoir ce format de bouteille-là, qui était en fait un format descriptif, parce qu'à part ce format, c'était soit aller plus bas, c'était les sachets d'eau, ou alors plus haut, c'était une bouteille de 50 centilitres qui coûtait 250 francs. Et tout le monde ne pouvait pas se le permettre. Moi, je suis allée plusieurs fois dans des cérémonies familiales où il y avait deux catégories d'invités. Les invités à qui on donne le sacheté d'eau et les invités VIP à qui on donnait sa bouteille.
- Speaker #1
C'est tellement l'air.
- Speaker #2
Donc, il y avait tout ce gap-là à remplir, en fait. Et effectivement, dès qu'on a lancé, c'était un succès déjà.
- Speaker #0
Mais alors attends, tu étais déjà chez Euroyal à ce moment-là ?
- Speaker #2
Oui, c'est vrai que j'ai oublié l'étape.
- Speaker #1
C'est ça, où tu es rentrée. Et où je t'ai demandé qui t'a appelée.
- Speaker #2
Donc, en 2016, en fait, quand il a fallu se recentrer sur l'eau, vu que j'avais des aptitudes de marketing, distribution et autres, et que c'est là où le bas blessait dans la vie d'avant au Royal. Donc, M. Diop, qui était l'actionnaire, donc un actionnaire au Royal, donc de Wynne, Et avec ces co-actionnaires, ils m'ont demandé de venir supporter ce lancement-là, le lancement sur le marché de l'eau. Donc, vu que j'avais une connaissance de la distribution, des distributeurs, etc. Et aussi de lancement, parce qu'on a lancé Tigo, on a lancé d'abord Elo et ensuite... le rebranding de Tigo, on a relancé Tigo. C'était l'expérience de lancement de marque que j'avais. Donc, lancé au Royal sur le marché. Donc, c'était une aventure exaltante. Et puis, ce qui me plaisait, en fait, dans cette aventure-là, c'était... Non seulement l'aspect marketing, parce que comme je disais, c'était une bouteille, un game changer, un nouveau format sur le marché qui réglait un problème, mais également, socialement aussi, c'est une bouteille qui est recyclable, différente des sachets en plastique qui ne sont pas recyclables, qui sont polluants. Et c'est une bouteille aussi qui permettait, avec 100 francs, d'accéder à une bouteille d'eau. Ça, c'était différent. Et c'était nouveau sur le marché.
- Speaker #0
Et ça, c'est toi qui as travaillé ce concept-là ?
- Speaker #2
Ce concept-là, je l'ai lancé et on l'a travaillé en fait avec l'équipe. En fait, quelques années avant, il y a un feu Mabuso-Cham qui était à la DPME, qui était venu, je n'étais pas là, qui était venu à l'usine et qui avait vu les difficultés autour de la boisson et qui leur avait dit « mais pourquoi vous ne faites pas de l'eau ? » Déjà à l'époque. et en fait ça ne s'est pas fait tout de suite et quand vraiment les difficultés se sont accentuées ben ils se sont dit c'est le moment de faire de l'eau et cette idée brillante donc de faire cette bouteille de 33 centilitres elle vient de monsieur Diop Deysen
- Speaker #0
Monsieur Diop
- Speaker #2
Deysen et il est monsieur Diop dans vos vies et il est monsieur Diop dans vos vies donc c'est son idée Merci. Voilà, parce qu'on avait en fait une belle bouteille qui était déjà présente dans la gamme, une bouteille de jus de pomme qui était belle, qui a la même forme.
- Speaker #0
On s'est dit,
- Speaker #2
bon, pourquoi ne pas utiliser cette forme de bouteille pour faire cette bouteille-là.
- Speaker #0
Vous avez rajouté quand même des petites montagnes.
- Speaker #2
On a rajouté des petites montagnes, des petites collines. Là, c'est des collines, ce n'est pas des montagnes. Ah, ok,
- Speaker #0
d'accord, c'est des collines. C'est ça, c'est ça. Donc là, toi,
- Speaker #2
tu as rejoint pour ce lancement. Ben initialement pour trois mois. Ah,
- Speaker #1
tu devais juste faire le lancement.
- Speaker #2
Oui, je devais juste faire le lancement parce que moi aussi, j'avais quand même mes affaires.
- Speaker #1
Tes affaires.
- Speaker #2
Et mon ambition.
- Speaker #1
Tes projets personnels.
- Speaker #2
Tes projets personnels.
- Speaker #1
Parce que tu voulais partir dans quoi quand même ?
- Speaker #2
Dans la distribution. Ah oui, c'est ça. Donc voilà, pour faire, voilà.
- Speaker #1
Mais ce que je trouve aussi intéressant dans ce shift-là, c'est que finalement, tu étais dans un secteur technologie tel qu'au. Mais on te retrouve aujourd'hui dans l'agro-industrie, mais pourtant, en fait, tu capitalises tout ce que tu as pu faire, en fait, dans la distribution telco, quoi.
- Speaker #2
Tout à fait. La distribution, le commercial, c'est la distribution, c'est le commercial.
- Speaker #1
Voilà, c'est le commercial. Je pense que ça peut se transposer pratiquement dans toutes les activités où on parle de commercial ou de marketing. C'est ça. Donc,
- Speaker #2
créer le shift, quand même, c'est vrai que des services à l'industrie, il y a quand même un monde. Les services, il n'y a pas cette dimension de transformation, de machines, de complications.
- Speaker #0
Surtout au Sénégal, il y a des machines, il faut trouver des machines, donc on les importe. Après, il faut avoir les techniciens qui savent les monter. Après, les techniciens qui savent les réparer.
- Speaker #2
La maintenance.
- Speaker #0
La maintenance. Quand tu as quelque chose en panne, il faut commander la pièce à l'étranger. Donc, tu ne répares pas dans la journée.
- Speaker #2
Tu sais très bien de quoi je parle. Non, je sais.
- Speaker #1
Parce que tu passes du retail tout court à la production.
- Speaker #2
À la complication, tu vas dire.
- Speaker #1
Complication, production, complication, retail, complication. Parce que chaque étape,
- Speaker #0
c'est une complication.
- Speaker #1
C'est un produit que les gens maintenant consomment. Exactement. On parle d'hygiène de santé.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Moi, c'est pareil.
- Speaker #0
On nous avait dit, mais pourquoi vous voulez fabriquer, acheter en Chine et vendre au Sénégal ? Et nous, on disait, mais non, mais on veut fabriquer, on veut créer des emplois.
- Speaker #2
Mais c'est vrai que c'est un sacré challenge. Non, non,
- Speaker #1
c'est un sacré challenge.
- Speaker #2
Prendre au Sénégal, c'est un sacré challenge.
- Speaker #0
Un sacré challenge.
- Speaker #2
Surtout dans l'industrie, c'est un challenge tous les jours. C'est des défis tous les jours, des défis techniques, des défis humains,
- Speaker #0
des défis commerciaux. Est-ce que tu peux nous en citer un là, un qui est récent là ?
- Speaker #2
Un défi, je vais vous citer un défi d'hier soir.
- Speaker #1
Oui, voilà.
- Speaker #2
Hier soir, il y avait une grosse pluie à Poutres. Ben, j'ai eu un toit qui a cédé.
- Speaker #0
Non. Wow. Oui. Et il y avait quoi dessous ?
- Speaker #2
Il y avait mon laboratoire, il y avait un bureau. Voilà, c'est des choses comme ça. Toute l'usine était inondée. Heureusement que les machines sont plus rélevées. Mais toute l'usine était inondée. Donc ça, c'est un défi parmi d'autres. L'eau,
- Speaker #0
ces histoires d'eau, c'est aussi tout ce qui est plomberie au Sénégal. Nous, c'est le tissu. Et c'est pareil maintenant. Tous les stocks de tissus sont surélevés et on a eu des fuites d'eau où la nuit, il y a une coupure. Après, ça reprend très fort et ça fait péter les canalisations. Tu viens le matin, tous tes tissus sont dans l'eau.
- Speaker #2
Nous, heureusement que c'était à une heure de la journée. Les gens étaient là, etc. Ça serait passé à un moment où personne n'était là-bas. Je pense que parce qu'il fallait faire sortir l'eau au fur et à mesure. Et pourtant, on a vécu l'hivernage dernier sans trop de problèmes. Mais cette pluie-là, c'était une pluie inédite.
- Speaker #1
Elle était une grosse pluie, oui.
- Speaker #2
C'était une pluie inédite.
- Speaker #0
Alors du coup, tu nous racontes ce toit qui est tombé hier soir.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Et je suis sûre que tu en as plein d'autres, des histoires comme ça.
- Speaker #2
Ça encore, c'est des éléments naturels. Mais le pire, c'est souvent les personnes, en fait. Les personnes. Récemment, l'année dernière, On avait un chauffeur qui devait faire le trajet sur Kaolac. Il est arrivé de Kaolac un peu tard. Donc, on lui a dit, bon, on te charge ce soir, mais tu quittes demain à l'aube. Bien, monsieur a quitté le soir. Résultat, sur la route de Kaolac, il a fait un accident parce qu'il était trop fatigué. On a perdu le camion et lui, il a eu des fractures.
- Speaker #0
Vous avez perdu le camion, la marchandise.
- Speaker #2
Oui, le camion, la marchandise. Voilà. C'est ça. C'est ne pas suivre les consignes, en fait. Et en fait, dans cette gestion-là, on a beau dire l'industrie, les services, etc., le plus difficile, c'est la gestion des hommes.
- Speaker #0
Les ressources humaines.
- Speaker #2
C'est la gestion des ressources humaines. Ça, c'est le plus compliqué.
- Speaker #0
On nous en parle souvent et on pourra y revenir tout à l'heure. Donc, moi, je me dis... Je le sais, je le vis et tu le vis. Et on voit, on a beaucoup de challenges dans notre vie d'entrepreneur, surtout ici au Sénégal. Comment tu fais pour tenir ? C'est quoi tes astuces ? Comment tu fais pour rester comme aujourd'hui, toute positive ? Tu n'es pas arrivée en te tenant la tête.
- Speaker #2
C'est quoi tes secrets ? Je pense que c'est surtout un processus. Parce que la première fois qu'on vit des expériences, On va dire, quand tout va de travers, on n'est pas aussi zen que je suis aujourd'hui. Mais c'est au fil du temps qu'on arrive à relativiser et qu'on se dit que même si on ronge notre frein, ça ne va pas changer du jour au lendemain. En fait, ce qu'on doit faire, c'est plutôt trouver une stratégie pour que ce qui est arrivé n'arrive plus. Au départ, les premières années de Wynne, j'étais pas aussi zen. Quand un toit tombait, quoi. Donc là, je me dis, OK, un toit est tombé. Qu'est-ce qui s'est passé ? D'accord, c'est une pluie. C'est une grosse pluie, certes. Mais ce n'est pas une pluie commune. Donc, je ne vais pas investir non plus des millions pour que ça n'arrive plus. Parce qu'il est possible que ça arrive une fois tous les cinq ans. Donc, ça aussi, il faut relativiser et se dire, bon, OK, il y a eu des dégâts. Je vais soigner les dégâts. Et essayer de mitiger pour que, quand ça arrive, les dégâts soient moindres. Mais je sais que je ne peux pas faire tout carré. Au début, on a l'ambition de faire tout carré, de faire tout fait. Ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible.
- Speaker #0
Il y a un peu de lâcher prise.
- Speaker #2
Il y a un peu de lâcher prise. Se dire que bon, OK, les éléments naturels, on n'y peut rien. Et l'année dernière, on a passé un hivernage. Il y a eu des pluies. mais il n'y a pas eu de problème. Cette année, cette grosse pluie a peut-être fait des dégâts, mais je ne vais pas changer tout le design du toit de l'usine parce que tout simplement, il y a eu cette grosse pluie. À un moment donné aussi, il faut relativiser et prendre les bonnes décisions. Par contre, cette personne qui prend le volant, alors qu'on lui a dit d'attendre jusqu'au lendemain, là, non seulement il faut prendre des sanctions, mais également s'assurer que... les gens sont protégés contre eux-mêmes pour l'avenir. Et ça, c'est entre nos mains.
- Speaker #1
Ça, c'est entre nos mains. Et après aussi, la technologie aide beaucoup. Quand on a des flottes de voitures, il y a des moyens de bloquer, même le démarrage des véhicules à certains créneaux oraires. Donc, tu te rends compte que c'est là, certains investissements, comme tu disais, fléchés sur ces choses-là, les éléments naturels, on n'y peut rien. Mais par contre, sur les choses qu'on maîtrise, De se dire, OK, moi, j'ai un disque qui bloque, en fait, toute ma flotte entre minuit et je ne sais pas quoi. Tout à fait. Tu règles ton problème et tu te protèges et tu protèges les autres.
- Speaker #2
Et tu protèges les gens contre eux-mêmes.
- Speaker #1
Non, mais c'est ça.
- Speaker #2
Parce que souvent, les gens sont assez inconscients.
- Speaker #1
Et des fois, ils pensent bien faire.
- Speaker #2
Oui, oui.
- Speaker #1
Ils pensent bien faire. Ils se disent, non, mais je sais que je vais arriver plus tôt, je vais livrer plus tôt, le client va être content. Parce qu'aussi, ils n'ont qu'une vision de l'heure. périmètre.
- Speaker #2
Oui, court terme, oui. Voilà.
- Speaker #1
On ne peut pas des fois leur en vouloir. Ils pensent bien faire, ils se disent, bon, c'est ça mon périmètre, donc je vais essayer de bien faire dans ce périmètre, alors qu'ils ne voient pas l'étendue de, tu vois, de domino, de la chaîne qui est liée, en fait, à leur tâche singulière. Donc ça, c'est quelque chose.
- Speaker #0
Donc, un process d'expérience avec le temps. tu arrives à relativiser et à prendre le temps d'analyser de voir s'il y a une action à faire si c'est entre tes mains ou pas parce qu'entre tes mains là par contre tu prends les décisions mais qu'est-ce qui t'aide à garder le moral face à tout ça ?
- Speaker #2
Bon déjà je pense que l'expérience comme j'ai dit l'expérience parce que moi quelquefois je me dis bon j'ai vécu tellement de choses dans cette activité industrielle qu'il y a Je dirais... Il y a peu de choses, en fait, pour m'ébranler. C'est vraiment prendre le recul, s'asseoir et analyser et prendre des bonnes décisions. C'est aussi être bien entouré parce qu'on n'est pas seul aussi à bord. On a des équipes qui sont souvent beaucoup mieux formées et qui ont peut-être beaucoup plus de connaissances que nous dans leur domaine. Donc, il faut consulter ces gens-là, s'asseoir avec eux. Et on a la chance quand même. d'avoir chez Wynne des équipes qui sont d'un certain calibre, avec qui on peut s'asseoir pour prendre les bonnes décisions. Et qui, peut-être, les jours où on arrive à péter un câble, qui peut-être nous aident à retomber, à redescendre sur Terre, qui nous aident à relativiser aussi. On n'est pas seul à bord. On ne peut pas faire tout ce qu'on fait tout seul. Donc, l'équipe est importante. On est bien entouré. Mais également, je pense que intrinsèquement, moi je pense que je suis de nature calme. Et ce qui joue dans ce calme-là aussi, la foi aussi, est très importante. Ce n'est pas être fataliste que de dire que ce qui est écrit va arriver, même si je prends toute la force ou tous les moyens possibles, ce qui doit arriver, ce qui est écrit. arrivera et si un processus doit prendre du temps pour aboutir ben il prendra ce temps et ça j'ai assez de foi en allah pour le croire donc ça aussi je respecte et je me dis que voilà moi j'ai cet objectif j'ai cette ambition mais peut-être que le plan de allah est différent et je m'aligne moi ce qui est entre mes mains c'est vraiment être discipliné et faire ce que j'ai à faire sans tricher. Et après, le reste, le bon Dieu décidera. Voilà. Mais moi, en tout cas, ma mission, il faut que je l'accomplisse. Voilà.
- Speaker #0
Chacun, c'est le yalla yalla beysaptoch.
- Speaker #2
Yalla yalla beysaptoch.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #2
Exactement. Tu ne veux pas, c'est comme ça là. Tu fais ta part.
- Speaker #0
Et après, par contre, quand ça n'est plus entre tes mains, tu fais ta part. Oui, c'est ça.
- Speaker #2
dans toutes les sphères de ma vie, que ce soit au travail, dans la famille, dans la société ou autre, je fais ce qui est en mon pouvoir pour que ça se fasse bien. Chaque action ou chaque acte que je fais, je me rends compte, enfin, je fais tout pour qu'elle soit faite de la meilleure façon. Après, le reste, je laisse. Je ne bâcle rien, je fais tout comme je dois le faire.
- Speaker #1
après le reste c'est pas entre même en tout cas on voit qu'aujourd'hui tu as porté On te retrouve aujourd'hui dans ces locaux où tu nous partages justement tous ces learnings, tout ce que tu as appris de ce parcours. Et en fait, ça démarre de cette mission de deux semaines, où finalement tu te laisses porter en fait par cette, comment dire, cette excitation de quelque chose de nouveau, d'apporter quelque chose de différent. et Avec une stratégie qui mêle aussi du marketing social, qui est assez intéressant. Aujourd'hui, peut-être que tu peux rappeler en fait la fonction que tu occupes. Parce que comme je disais, je disais ça, je ne sais plus, c'était à Djaritu. C'était à l'ADP qui nous racontait qu'elle était rentrée en tant que stagiaire. C'est ça ? C'est vrai. C'est ça. Donc, toi, tu arrives avec une mission de deux semaines. Et aujourd'hui, tu es qui pour chez O'Royal ?
- Speaker #2
Alors. Je vais revenir déjà sur cette mission-là. Bon, c'était peut-être pas deux semaines, parce qu'en deux semaines, on ne peut pas lancer une nouvelle marque. C'était trois mois tout à l'heure. C'était pour une période, moi, je m'étais fixée de trois mois.
- Speaker #1
Trois mois.
- Speaker #2
Mais en fait, ce qui a plus déclenché ma venue, au-delà des compétences ou autres que les gens voyaient en moi, en tout cas les actionnaires avant, c'est que je voyais qu'en fait, cette entreprise-là était un gouffre financier. Et comme je vous disais, mon mari est actionnaire dans l'entreprise. Et je voyais en fait tous les moyens financiers et humains même qu'il mettait. Bon, là encore, il y a la famille qui joue. Je me dis, attends, mais ce monsieur-là, il est en train de quand même dégrader nos finances. À mettre tout cet argent-là dans le vide, je voyais qu'il mettait en tout cas beaucoup. Et je me disais, bon, c'était comme en fait une mission que de... de venir, en tout cas, essayer de contribuer et de préserver et en tout cas de fructifier, en fait, ce qu'il mettait. Donc, cette mission-là aussi pour le lancement, c'était aussi pour moi, à ma façon, peut-être que ce n'est pas financier, mais à ma façon de venir contribuer, en tout cas, à ce dans quoi il investissait. Et j'en faisais quand même un sacerdoce. Et quand je suis venue pour ces trois mois-là, c'était bien lancé. Il faut dire que le lancement a été un succès. Le produit a été accueilli par les populations vraiment positivement, par les distributeurs aussi. Et je me disais, bon, après, c'est-à-dire, en fait, il n'y a pas eu un moment où je me suis dit, bon, allez, là, ça y est, c'est fini, il faut que je parte. Je ne sais pas,
- Speaker #1
ça,
- Speaker #2
c'est juste enchaîné. Et à un moment donné, le directeur général de l'époque, qui était un des actionnaires, en conseil d'administration, ils ont décidé que j'étais la DG maintenant.
- Speaker #0
Mais ils t'avaient demandé ton avis avant quand même ?
- Speaker #2
Je ne sais même plus. C'était décidé en conseil d'administration que j'étais la nouvelle DG. Et que d'ailleurs, l'actionnaire qui était DG à l'époque avait dit qu'il avait d'autres activités, etc. Et que moi, je serais bien là-bas. Et donc, c'est comme ça que dès 2016, en fait, dès avril 2016, j'étais DG. J'étais arrivée en mars et en avril, j'étais DG. Voilà, pour trois mois. Maintenant, c'est neuf ans que je suis là. Ça fait neuf ans que je suis là.
- Speaker #1
Et maintenant aussi dans l'actionnariat.
- Speaker #2
Oui, je suis dans l'actionnariat maintenant. C'est ça. Je suis dans l'actionnariat. C'est arrivé, je pense, il y a un an.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Avec l'arrivée du fonds d'investissement. Donc, on a un fonds d'investissement qui est arrivé l'année dernière, qui est entré dans notre capital. Et c'est avec l'arrivée du fonds d'investissement, donc avec toute la refonte du capital, que j'ai été intégrée dans l'actionnariat.
- Speaker #1
C'est une envie que tu avais depuis longtemps, peut-être, ou non ? Pas spécialement. C'est pareil, une proposition qui a été faite ?
- Speaker #2
Pas spécialement. Alors, pas du tout. Parce que la raison pour laquelle, en fait, j'ai rejoint l'entreprise, ce n'était pas une raison d'actionnariat. Ni une raison de salaire d'ailleurs. Quand j'ai rejoint Wynne, mon salaire a été divisé par quatre. Donc, ce n'était pas une raison pécuniaire. C'était vraiment une raison pour venir. Contribuer à cette mission et montrer que c'est possible et que cette mission-là, on pouvait l'accomplir nous en tant que Sénégalais, offrir quelque chose aux populations qui est décent, qui est bien. Rien que ça, c'est une satisfaction. Après, le fait d'être dans l'actionnariat, c'est assez symbolique aussi. Je me sentais déjà partie intégrante, mais là, ça fait partie intégrante sur le papier, quoi. Donc, voilà, je ne suis pas plus simplement une salariée, mais je suis également une actionnaire.
- Speaker #1
Et je trouve qu'on n'en a pas discuté avec, j'en avais discuté, pardon, avec une autre dame qui, sur les questions justement de patrimoine, notamment pour les femmes. Et souvent, justement, on... Il y a la famille, on va préserver la richesse de la famille, on va préserver le patrimoine familial. Et on ne pense pas souvent à son patrimoine personnel.
- Speaker #2
On ne pense pas à soi, c'est vrai.
- Speaker #1
On ne pense pas au patrimoine personnel. On voit souvent des cas de femmes qui, en fait, se précarisent quand soit elles quittent des entreprises, soit quand elles divorcent, des choses comme ça, parce qu'elles n'ont pas, en fait, travaillé sur ce patrimoine-là personnel. et ça c'est très important parce que des fois on se dit bon On le souhaitait pour la famille, mais bon.
- Speaker #0
Il faut penser à soi aussi. Je pense que c'est un point très important que tu touches. Je pense que l'indépendance financière, c'est important pour les femmes. C'est important pour une femme pour se sentir plus libre. C'est très important. Et je pense qu'il faut toujours garder ça à l'esprit. C'est vrai qu'on est très famille, on n'est pas très bien à soi, etc. Mais je pense qu'il faut y penser. Il faut avoir son patrimoine. Il faut penser à son épargne, parce que l'indépendance financière, c'est un gage de liberté aussi. C'est ça, c'est pas une question d'accumulation,
- Speaker #1
c'est une question d'être libre en fait, et de pouvoir prendre ses propres décisions.
- Speaker #0
Tu peux choisir, quand tu es libre financièrement, tu peux choisir. On voit des femmes bloquées par exemple dans un mariage, parce que tout simplement elles ne savent pas où aller ou quand elles vont partir. on voit des des femmes ou même des hommes, mais surtout des femmes bloquées dans un poste, dans une entreprise, alors qu'elles vivent le martyr, parce que tout simplement, elles n'ont pas de trompe-l'œil, elles n'ont pas d'échappatoire. Et ça, c'est très, très dommage. C'est très, très dommage. Je pense qu'effectivement, il faut travailler à son indépendance, surtout financière.
- Speaker #1
C'est vraiment important. Et sur le côté financement pour O'Royal, tu as mentionné tout à l'heure que vous avez un fonds d'investissement qui est rentré. Avant ça, quel type de financement vous avez utilisé pour développer l'entreprise ?
- Speaker #0
Alors, les gens qui ont mis le plus d'argent dans O'Royal, ce sont les actionnaires, les pauvres. Ils ont soutenu cette entreprise-là à bout de bras. au moins en tout cas de 2012 à 2019 où on a eu un premier financement de la DER. Donc, un financement d'ailleurs tripartite, DER, actionnaire, banque, BNDE. Mais les actionnaires sont les plus grands bailleurs de cette entreprise. D'accord. Donc, en 2019, on a injecté 300 millions dans l'entreprise. C'est un financement tripartite, 100 millions DER, 100 millions BNDE, 100 millions les actionnaires. Et ensuite, en 2023, on a accueilli le fonds d'investissement qui a, lui, mis 1,2 million d'euros pour moderniser les installations, etc. Donc, le plus gros, sincèrement, a été apporté par les actionnaires de l'entreprise.
- Speaker #2
Parce qu'en fait, on est dans une activité aussi qui nécessite un investissement.
- Speaker #0
Un gros investissement.
- Speaker #2
Et donc, tu rentres dans le capital. Est-ce que c'est quelque chose en fait que tu souhaitais avoir, enfin faire ou on te l'a proposé ?
- Speaker #0
Bon, c'était plus une proposition. Alors, moi, ce n'était pas du tout un objectif parce que les raisons pour lesquelles j'ai rejoint l'entreprise, ce n'était pas des raisons de patrimoine ou quoi. C'était vraiment pour venir contribuer à cette mission-là dans laquelle mon mari s'est embarqué. marquée et qui battait un peu de l'aile et je savais que, en tout cas avec mes compétences, je pouvais apporter ma pierre à l'édifice. Même si ce n'est pas une pierre financière, c'est une pierre de matière grise, etc. Et c'était ça vraiment mon objectif. Maintenant après, quand le fonds d'investissement est arrivé et qu'il fallait faire la refonte du capital, c'est là que il m'a été proposé par le fond d'ailleurs, d'entrer dans le capital. Et j'ai bien sûr accepté. En plus donc de cette mission, on va dire, de venir contribuer par ma compétence et autres, le fait que ça soit matérialisé aussi, ça apporte une certaine satisfaction et une certaine reconnaissance de la part aussi des actionnaires peut-être. de tout ce que j'ai accompli, même s'il reste beaucoup à faire, de tout ce que j'ai accompli, en tout cas, pendant toutes ces années. En tout cas, ce n'est pas financier. Comme je disais, quand je suis arrivée à Wynne, j'ai perdu le quart de mon... Les trois quarts de mon salaire. Donc, ce n'était pas du tout financier. Je suis bienvenue dans l'encontre d'un règne. Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Donc, la motivation, ce n'est pas... L'argent en premier. En général, on est passionné, on est driveé par quelque chose et après on fait en sorte que ce soit viable. Mais il faut quand même penser à soi et avoir un peu d'argent.
- Speaker #0
Il faut penser à soi.
- Speaker #2
Avoir un peu d'argent et aussi avoir du patrimoine.
- Speaker #0
Avoir du patrimoine.
- Speaker #2
Patrimoine. On en parlait tout à l'heure aussi. Les femmes ne pensent pas forcément toujours à préserver leur patrimoine. Elles vont penser à préserver le patrimoine familial, ceux des enfants, en se disant de toute façon, ils vont hériter de leur père. Et on ne pense pas forcément à soi en termes de sécurité aussi. Et tu as beaucoup parlé de choix depuis le début. Et je pense que pour les femmes, c'est important justement pour avoir les moyens de faire des choix.
- Speaker #0
Tout à fait. Cette indépendance financière te donne la liberté aussi de dire non quand il faut dire non et d'être libre. Si on n'est pas indépendant financièrement, on est limité. Donc, le fait, par exemple, de ne pas pouvoir quitter une situation donnée parce que tout simplement, on ne sait pas comment se retourner. Et quoi qu'on dise, à la base de tout, il faut quand même des moyens. On ne vit pas d'amour et d'eau fraîche ou en tout cas, voilà, il faut... pouvoir quand même avoir les moyens de sa politique et cette politique de liberté si on veut cette carte de liberté, si on veut la jouer il faut en avoir les moyens il ne faut pas hésiter justement à se constituer un patrimoine donc je sais qu'au Sénégal les femmes souvent n'y pensent pas trop ou bien se disent que bon si dans la famille ça va, si on a un patrimoine ça va, mais je pense qu'à un moment donné aussi il faut Merci. Au fil du temps, en tout cas, essayer de se constituer un patrimoine.
- Speaker #1
Parce que tout le monde n'hérite pas. Parfois, il y a un héritage qui vient et ça t'aide. Mais sinon, c'est à toi de constituer petit à petit ton pactole.
- Speaker #0
Moi, je pense qu'il ne faut pas penser à l'héritage. Non, non.
- Speaker #1
Il faut penser comment je fais ça. Moi, je me dis, dans la vie d'une femme aujourd'hui, il faut avoir son argent. Il faut avoir son permis de conduire.
- Speaker #0
Oui. Et sa voiture.
- Speaker #1
Franchement.
- Speaker #0
Si on peut avoir un petit terrain quelque part. On a un petit terrain quelque part.
- Speaker #1
Le permis de conduire, moi, je le dis à toutes les femmes, mais ayez votre permis. Tu ne peux pas dire, attends, il faut que je demande à mon mari s'il va m'emmener faire mes cours.
- Speaker #0
Ça, c'est dépassé.
- Speaker #1
Non, il faut avoir... Tu dois pouvoir prendre ta voiture, tes enfants, partir.
- Speaker #2
Ou tu as de l'argent pour payer ton yango. Pardon, on ne peut pas faire de l'argent pour le yango. Tu as ton yango, ton yas, ton yasir, ton... À Dakar. À Dakar, c'est possible.
- Speaker #1
Et c'est vrai que chez Megal, on n'a plus facilement des chauffeurs. Mais tu pars à l'étranger. Si tu n'as pas ton permis de conduire,
- Speaker #0
il ne faut rien faire. Il faut.
- Speaker #1
Donc, de l'argent.
- Speaker #0
Il faut être indépendant.
- Speaker #1
Indépendant.
- Speaker #0
Même si on est une équipe. D'ailleurs, il y a une dose de respect en plus quand tu es indépendant. C'est-à-dire qu'entre être indépendant et ne pas être indépendant, tu es perçu différemment.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que quand tu es indépendant, ton interlocuteur, il sait que, excusez-moi du terme, si ça ne se passe pas bien, il te dit merde. Et quand tu n'as pas cette indépendance, il sait que tu es ferré.
- Speaker #2
Tu es ferré.
- Speaker #0
Ça, ce n'est pas bon.
- Speaker #1
Même la confiance que tu as en toi,
- Speaker #2
quand tu sais qu'en fait, tu peux décider, et la confiance que tu as en toi quand tu te sens coincée, elle n'est pas la même. Non, ce n'est pas la même. C'est ça. C'est ça. Et donc, là, cet investisseur, justement, cette refonte du capital qui te permet d'accéder à l'actionnariat. Et vous avez eu accès à d'autres investisseurs ou financements avant ça ?
- Speaker #0
Oui, avant ça, en 2019, on a été financé par l'ADER. En tout cas, l'ADER a facilité le financement. On a eu besoin d'acquérir de nouveaux équipements et on avait besoin de 300 millions. Donc la DER a mis 100 millions, la BNDE 100 millions et les actionnaires ont mis 100 millions en 2019. C'est à ce moment-là que pour la première fois, on a pris de l'argent extérieur. Sinon avant ça, c'était que les actionnaires. Et à ce jour, les personnes qui ont mis le plus d'argent dans cette société, c'est vraiment les actionnaires. On a eu la confiance, on va dire, d'une institution externe qui est l'ADER, après trois ans d'activité. Quand je pense qu'on a commencé à faire un peu nos preuves, etc. Parce qu'au début, les gens ne vous font pas confiance. Avant l'ADER, on a fait beaucoup de tours de table avec les banques, etc. Bon, ça ne se solde pas par des refus. Ce qui aurait été beaucoup plus, on va dire, beaucoup plus direct, mais ce sera ce solde par des non-réponses.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #0
Le silence. Non.
- Speaker #2
Est-ce qu'on peut faire un coup et faire un message aux banques ? Oui. Répondez-nous.
- Speaker #0
Alors, ils te demandent même ton ADN. À un moment, j'ai dit, attends, les banques, moi, je ne leur parle plus.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Parce que c'est comme Squid Game. Je vois la boule d'argent au-dessus de ta tête. Mais il faut que tu meures pour pouvoir... C'est presque en fait, on te demande ta peau.
- Speaker #1
Sinon, il faut que tu sois déjà tellement rentable et que tu aies tellement de trésorerie qu'en fait, tu n'as pas besoin de...
- Speaker #0
Non, à un moment donné, je faisais le parallèle entre banque et scud game. Parce que quand Skull Game est sorti pour la première fois, j'étais en train de chercher un financement. J'ai dit, mais est-ce que moi, je ne vais pas mourir avant que le truc-là n'arrive ?
- Speaker #2
Mais c'est ça. Et moi aussi, ce qui est quand même assez effarant dans les banques, c'est qu'ils vont perdre beaucoup d'énergie à courir derrière des personnes qui ne veulent pas de leurs prêts.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #2
Tu vois ? Versus des gens qui en ont besoin, qui ont du potentiel. C'est pas cher. Et en fait, la mission qui est la leur, qui est de financer les gens qui en ont besoin, besoin, ils n'accomplissent pas cette mission. Et ça, c'est vraiment, je ne sais pas, est-ce que vous le décriez encore ?
- Speaker #0
Je ne sais pas.
- Speaker #2
Donc, en fait, leur raison d'être, elle n'a plus aucun sens.
- Speaker #1
Pour les entreprises, la banque, elle ne sert pas à grand-chose. Je trouve, aujourd'hui, au Sénégal, c'est ça.
- Speaker #0
Après, moi, je pense qu'aussi, à leur décharge, souvent aussi, les interlocuteurs qu'ils ont en face d'eux ne sont pas bien préparés. avant d'aller affronter une banque aussi il faut être préparé et je pense qu'il y a aussi quand même des mécanismes ou en tout cas des organismes ou des organisations de plus en plus qui préparent quand même les entreprises à être ready pour aller parler à une banque, à un investisseur etc c'est important nous au départ c'était peut-être pas le cas donc c'est vrai qu'on a un tour de table avec des actionnaires qui sont d'un certain calibre Merci. Mais il faut savoir aussi défendre son dossier et défendre également son projet et savoir convaincre. Après, ça ne suffit pas. Souvent aussi, les banques, elles ont des fichiers Excel. Quand tu donnes des états financiers où tout est rouge aussi, ça ne va pas se passer. Mais après, il faut que tu saches vendre quand même l'avenir. Et ça, je pense que les banques anglo-saxonnes sont beaucoup plus réceptives à... on va dire, cette vision-là de l'avenir que les banques francophones, en tout cas, qui ont une vision plus court-termiste, qui ont une vision, en tout cas, plus, OK, ton business plan a trois ans, alors que les banques anglo-saxonnes ou en tout cas les investisseurs anglo-saxons ont une vision beaucoup plus prospective, en tout cas. que des banques locales qui sont plus à la sauce, on va dire, francophone.
- Speaker #1
Mais par contre, tu le disais tout à l'heure en offre, qu'il faut faire attention aux prêts qu'on prend, que ce soit des prêts avec des organismes bancaires ou d'autres organismes qui font des prêts pour les entrepreneurs.
- Speaker #0
Ah oui. Là, si tu dois prendre un prêt, il y a deux choses. Non seulement il faut faire attention aux prêts qu'on prend, Parce que les prêts boivent. générer de la valeur. Mais également, il faut prendre, il faut faire attention au type de prêt qu'on prend par rapport au type de besoin qu'on finance. Si tu prends un prêt court terme pour financer un besoin long terme aussi, là aussi, ça ne va pas. Tu prends un prêt que tu dois rembourser dans six mois, tu l'utilises pour financer, par exemple, un véhicule qui doit être amorti sur trois ans ou cinq ans, ce n'est pas adéquat. Donc, il faut qu'aussi le type de prêt en face soit, en face d'un besoin qui a à peu près la même maturité, on va dire. Donc, ça aussi, il faut faire attention. Quelquefois, on prend des prêts d'urgence pour financer de l'investissement. Ce n'est pas bon. Ce n'est pas bon. On peut prendre un prêt d'urgence, par exemple. pour financer, par exemple, un pic d'activité. Je peux prendre, par exemple, un prêt d'urgence pour financer ma production parce que je sais que je vais sur un pic d'activité, par exemple, comme le Magalour, et que j'ai besoin, par exemple, d'acheter plus d'intrants pour pouvoir faire face. C'est ça,
- Speaker #1
tu as besoin de la matière première, mais tu sais que tu vas vendre derrière.
- Speaker #2
Donc là, oui.
- Speaker #0
Et là, je prends un prêt court terme. Après, le Magalour, je rembourse. Voilà. Mais tu prends un prêt pour aller financer la construction d'un hangar. le hangar n'est pas fini, le prêt a déjà s'est démarré. C'est pas bon.
- Speaker #2
Ce que tu dis là, c'est vraiment ça. On voit de plus en plus que, pareil dans tous les programmes qu'on accompagne, que cette question d'éducation financière elle est importante parce que, encore une fois, c'est une question de soft skills, cette compétence en fait à parler à ces interlocuteurs-là, que ce soit des investisseurs, des VCs, que ce soit la banque. Que ce soit même, en fait, nos collaborateurs, ces compétences de négociation aussi, c'est ultra important. Et je pense qu'en tant que leader aussi, il y a cet accompagnement-là qui est nécessaire quand on est à la tête d'une entreprise. Aujourd'hui, toi, comment tu te fais accompagner à titre personnel en tant que chef d'entreprise ? Voilà, c'est quoi ton support système à toi ?
- Speaker #0
Bon, déjà, je vais répéter encore, mon équipe. parce que moi, je ne suis pas une directrice financière, je ne suis pas une directrice d'usine, je ne suis pas une directrice commerciale, mais je suis un peu de tout à la fois. Mais quand sur des questions pointues, il y a ces personnes-là qui sont là pour nous conseiller et pour décider avec nous. Ça, c'est important. Mais également, personnellement, il ne faut pas arrêter aussi de se former. Oui. À chaque fois qu'il y a une opportunité de formation, je n'hésite pas à la saisir. L'année dernière, j'ai fait le Stanford SEED, qui est un programme assez intéressant, intensif, sur dix mois, mais qui m'a beaucoup appris. Pas seulement de façon, on va dire, pédagogique, pas seulement de façon technique, mais également pour networker aussi. avec d'autres entreprises, d'autres entrepreneurs de différents contrées en Afrique. Et ça aussi, ça ouvre des perspectives. Donc, il ne faut pas aussi arrêter de se former personnellement et avec ses collaborateurs aussi qui souvent, dans leur domaine, peuvent vous apporter beaucoup.
- Speaker #1
Est-ce que tu fais partie de réseau ? Non. Non ?
- Speaker #0
Non. De réseau à part… Le réseau des yaïs.
- Speaker #1
Est-ce que ça t'aide professionnellement ?
- Speaker #0
Il faudrait que, justement, je m'ouvre à plus de réseaux. Moi, je me dis, par exemple, dans le secteur où on est de l'eau en bouteille, c'est un secteur où on n'est pas vraiment protégé. Il y a beaucoup d'entrées, de nouvelles marques. Tous les jours, on voit une nouvelle marque qui survient.
- Speaker #2
Et maintenant, au-delà des marques, on a les... comment dire, les services de filtration de proximité.
- Speaker #0
Celles-là, au moins, sont encadrées. Parce que j'imagine que ce n'est pas tous les jours qu'on peut venir mettre un service de filtration dans un quartier en occupant un endroit, etc. Mais on a des marques d'eau qui filulent, en fait. Il y en a une vingtaine. Il y a une vingtaine de marques d'eau en bouteille. C'est ça. Moi, je pense qu'on gagnerait à se mettre ensemble pour pouvoir travailler à la régulation du secteur. Et ce n'est pas seulement les marques, mais la façon aussi dont on fait du business. Aujourd'hui, on vend l'eau n'importe où, n'importe quand.
- Speaker #1
C'est ça, même pour protéger le consommateur, c'est ce que je voulais dire. Parce que par exemple, les sachets d'eau, je pense que même au niveau santé, c'est catastrophique.
- Speaker #0
C'est catastrophique. C'est catastrophique. C'est pendu dans la rue, sous le soleil.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
D'ailleurs, tu bois l'eau, c'est à goût de plastique. C'est à goût de plastique, exactement. Donc,
- Speaker #0
c'est forcé qu'il y ait des particules qui migrent. Donc, l'eau, ça ne doit pas être exposée au soleil.
- Speaker #2
C'est ça. C'est ça.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on voit de l'eau, même avec des marques reconnues, qui vendent sous le soleil, au feu rouge, etc., dans des conditions… Vraiment, le consommateur, pour moi, n'est pas protégé. Et donc, je pense qu'on gagnerait à se mettre ensemble pour pouvoir essayer de réguler ce secteur-là. Et ça, c'est pour nous protéger et pour protéger le consommateur. Dans le pétrole, ils le font très bien. Dans le pétrole, dans la distribution pétrolière, ils sont tous ensemble. Ils savent défendre leurs intérêts ensemble. Et ça, c'est important dans un secteur.
- Speaker #2
Et d'ailleurs, en parlant de ce secteur, on va bientôt aller vers la fin de notre échange très passionnant. C'est de te demander comment tu vois le futur de l'industrie de l'eau et plus généralement d'agro, mais plutôt plus de l'eau au Sénégal. Comme on dit, on voit maintenant les filtrations de proximité, on voit aussi les automates de distribution,
- Speaker #0
etc. Il y a plusieurs choses qui arrivent.
- Speaker #2
Qu'est-ce que ça veut dire pour le marché ?
- Speaker #0
Moi, je pense que ce dynamisme-là ou en tout cas cette multiplicité de l'offre traduit juste le besoin qui est là. Et je pense qu'on est loin d'avoir saturé ce besoin. On est un pays en pleine croissance, en tout cas démographique. Donc aujourd'hui, l'offre doit juste croître avec la démographie. Maintenant, il faut que cette offre-là soit adaptée à ce que les gens veulent. Et les gens veulent du goût, de la qualité, de la disponibilité, etc. Et de toute manière, dans un marché où pullulent les acteurs, à un moment donné, il y aura un écrémage. Donc, ce sont ceux qui répondent le plus ou le mieux, en tout cas, aux besoins des consommateurs qui vont rester. Et pour moi, le secteur de l'eau en bouteille est un secteur, pour moi, en pleine croissance et qui va continuer à croître. Seulement, comme je disais, il faudrait qu'il soit bien régulé pour la protection des consommateurs.
- Speaker #2
Et toi, comment tu te vois dans cet avenir-là et de quoi tu as besoin ?
- Speaker #0
Dans cet avenir-là ? En tant que femme,
- Speaker #2
chef d'entreprise, de quoi tu as besoin ?
- Speaker #0
Je serais heureuse quand les Sénégalais auront une offre d'eau, en tout cas, qui correspond à ce qu'ils veulent et au juste prix. D'accord ? Et pas seulement. Je pense que la boisson, ce n'est pas seulement l'eau. Il y a d'autres produits de boisson qu'on peut offrir également. Et de plus en plus, des produits qui ont attrait à l'eau naturelle, à la santé, etc. Pour moi, en fait, c'est cette offre-là qu'il faut développer. dans les formats, dans tout.
- Speaker #2
Comme le moringa que tu nous as servi en thé. Voilà, et les barres de bouille. Voilà,
- Speaker #0
on attend le iced tea au royal, au moringa flavor.
- Speaker #2
Et aucun kélibat.
- Speaker #0
On va faire ça.
- Speaker #2
Aucun kélibat.
- Speaker #0
Et aucun copyright.
- Speaker #2
0,01% sur les revenus. Ça se fera. Tout le monde l'a bien. Il y a beaucoup de témoins.
- Speaker #1
C'est ça, c'est enregistrer, filmer tout.
- Speaker #2
C'est enregistré. Mais voilà, et du coup, je te repose la question, de quoi toi tu as besoin en tant que, voilà, radis, chef d'entreprise, femme, épouse, soeur,
- Speaker #0
tout ça ? Bon, alors, pour l'entreprise, moi j'ai besoin d'un écosystème qui est favorable, qui permet quand même à un entrepreneur, à une entreprise de s'épanouir dans un pays où en fait on peut entreprendre sereinement. Parce que quelquefois, ce n'est pas serein. On a beaucoup d'agressions, d'agressions en interne, d'agressions en externe. La fiscalité, il faut qu'on en parle. On a l'impression qu'on travaille pour payer des impôts.
- Speaker #1
C'est difficile.
- Speaker #0
Donc ça, il faut que l'écosystème le cadre en fait. soit un cadre en fait je ne dirais pas inconfortable parce qu'il y a des défis partout mais au moins qu'on puisse travailler sereinement moi à chaque fois j'ai dit je suis sûre que les efforts qu'on fournit au Sénégal pour produire quelque chose on fournirait ailleurs 4 fois moins d'efforts j'ai souvent cette impression je me dis l'énergie qu'on met et le résultat à la fin c'est vraiment je t'assure c'est usant c'est usant et moi en tant que Hadi je porte le Sénégal dans mon coeur moi j'ai envie que ce pays se développe avec cette jeunesse je pense que les moins de 35 ans c'est 75% de la population c'est tous ces gens là à nourrir à abreuver etc moi j'ai envie que dans 5 ans dans 10 ans qu'on soit à une autre étape et que les gens se sentent mieux. En tant que Khadi, mère de famille, j'ai envie de voir mes enfants et tous les enfants être dans un cadre aussi, s'épanouir et être dans un Sénégal qu'ils aiment. Qu'ils soient des gens qui portent le Sénégal également dans leur cœur, qu'ils n'aient pas envie d'aller voir ailleurs, parce que tout simplement, ils se sentent bien ici. Et il y a tout pour qu'on se sente bien ici.
- Speaker #2
Totalement.
- Speaker #0
Donc, voilà.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de bons ingrédients.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de bons ingrédients. Il suffit juste de mettre les bonnes doses.
- Speaker #2
C'est ça. Une question de doses. Est-ce qu'on peut dire que c'est légal, comme tu disais, par rapport à la prospective du secteur que voilà, il y a énormément de pertes.
- Speaker #0
Normalement, il y a beaucoup d'effets boubards. Il y a beaucoup d'effets de pertes. Mais il faut vendre des choses bien. Nous, on a On est resté depuis neuf ans sur le marché. Même si on n'explose pas les plafonds en termes de quantité, on tient à la qualité, au goût de notre eau, à une bonne offre pour nos consommateurs.
- Speaker #1
C'est quoi la vision pour Eau Royale dans les cinq, dix prochaines années ?
- Speaker #0
En tout cas, rester dans l'eau et produire un produit de qualité. qui puissent abreuver sainement nos clients, la population. Nous étendre également au niveau national, parce que jusqu'ici, on avait une capacité de production assez limitée. On vient d'investir dans une nouvelle capacité de production. C'est vraiment nous étendre au national, être dans toutes les contrées du pays, mais pourquoi pas aussi dans la sous-région, donc avec l'eau, mais aussi nous diversifier en termes de produits, donc avoir d'autres produits dans notre gamme. Parce que l'eau, la rentabilité de l'eau aussi est assez limitée. Donc, voilà, avoir d'autres perspectives sur d'autres produits.
- Speaker #2
Donc, on veut du Ice Tea local.
- Speaker #0
Ice Tea et le Moringa. Ice Tea,
- Speaker #2
Moringa, Ice Tea, Mango. Mais maintenant,
- Speaker #0
tu es en train de dévoiler tout ça à tous les concurrents. Comment je vais faire ?
- Speaker #2
Ce n'est pas grave. Ce que Khadi est capable de faire, Marina n'est pas capable de le faire. Tu dois faire ça. Comme je dis, la bonne idée, elle est universelle.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #2
C'est l'exécution.
- Speaker #0
Je dirais donc 5% de stratégie et 95% d'action.
- Speaker #2
D'action, exactement. Et d'ailleurs, pour les personnes qui nous écoutent, qui ne regardent pas, on a en face de nous Kakemono où il a écrit les mantras de l'eau royale, les 15 règles de management. Peut-être que je peux te demander d'en prendre deux pour conclure cet échange, ce que tu vas laisser. Le giveaway que tu vas laisser en fait à nos auditeurs.
- Speaker #0
OK. Donc, le 5% de stratégie, 95% d'exécution, ça, vraiment, c'est quelque chose qu'il faut appliquer. Parce que souvent, on parle beaucoup de stratégie, on fait des gros business plans, on écrit beaucoup, on parle beaucoup, mais on n'agit pas.
- Speaker #2
On n'agit pas.
- Speaker #0
Il faut agir. Et si on agit, on se casse la tête. Ce n'est pas grave. On revient.
- Speaker #2
On apprend où on apprend. On apprend. C'est ça, exactement.
- Speaker #0
Donc, il y a « Brutal is detail » , c'est important. Ça traduit pour moi la présence du produit. Il faut être là où les gens ont besoin de nous. Et surtout dans la distribution. J'ai beau avoir un super bon produit, si les gens ne me trouvent pas, c'est un problème. Je ne vends pas. Et ça aussi, c'est un défi pour nous aussi, au Royal, d'être partout. J'aime bien. La trésorerie est plus importante que ta mère.
- Speaker #2
Aussi.
- Speaker #0
Parce que sans cash, là, tu es complètement out. Si tu n'as pas d'argent. Et ce n'est pas seulement de l'argent à toi. Il faut travailler. C'est connecté avec l'autre. L'argent des clients est meilleur que celui des investisseurs.
- Speaker #1
Alors, attends, moi, j'aime bien aussi le numéro 10. Parce qu'on parle moins souvent aussi des échecs.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Le numéro 10. « Mieux vaut une fin désastreuse qu'un désastre sans fin » .
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
C'est hyper vrai.
- Speaker #0
Ça veut dire qu'à un moment donné, il faut vraiment se mettre debout et se rendre compte de ce qu'on est en train de faire.
- Speaker #1
Il faut regarder les choses en face et se dire « Ok » .
- Speaker #0
Exactement. Parce que quelquefois, on est dans un désastre sans fin, mais on ne fait que s'agripper. Oui, on a du mal à lâcher aussi.
- Speaker #2
Moi, je garde le « fake it until you make it » . Parce que c'est tellement vrai. et c'est aussi une façon de s'autoriser en fait à aller vers ses ambitions. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai.
- Speaker #2
Parce que souvent, on ne s'autorise pas, on se dit non, c'est trop ambition. Je ne suis pas encore prête, je ne suis pas encore prête, ce n'est pas ma place. Je n'ai pas encore fait ceci, cela, etc. Vraiment, c'est ça. Et peut-être la dernière question, si Marina, tu n'en as pas une autre, ce serait de te demander justement, on a commencé avec la petite Hadji. Aujourd'hui, si tu avais un conseil à redonner à cette petite Hadi, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Alors, la petite Hadi... Mais la petite Hadi est différente de celle-ci, parce que la petite Hadi était beaucoup plus... Je ne dirais pas ouverte, mais elle n'avait peur de rien en fait. Elle avait beaucoup peur. En fait, je pense qu'avec l'âge, on se met des couches de sécurité. On se met des chaussures de sécurité, des masques de sécurité. Des casques de sécurité. Alors qu'en fait, quand on est enfant, on se laisse juste aller et on est libre en fait. Avec l'âge, on est moins libre. on est moins libre de dire ce qu'on veut dire on est moins libre de faire ce qu'on veut dire l'insouciance de l'enfance elle est magique cette inconscience là moi j'y changerai rien insouciance l'insouciance pas l'inconscience c'est insouciant j'y changerai rien et là quand tu vois ton parcours tu nous as raconté depuis petite tout ton parcours c'est
- Speaker #1
quoi ton impression là en retraçant tout ton parcours de vie comme ça
- Speaker #0
Moi, mon dernier mot, enfin le mot qui me vient quand tu me poses cette question, c'est Alhamdoulilah.
- Speaker #1
La gratitude.
- Speaker #0
C'est Alhamdoulilah.
- Speaker #1
Gratitude.
- Speaker #0
Sérieusement, c'est Alhamdoulilah. Je pense que je suis passée par où je devais passer. Peut-être pas où je voulais, mais où je devais passer et partout. où je suis passée, je pense que je m'en sors bien. Je m'en sors bien. Je ne me plains pas. Je dis à Alhamdoulilah Yana yal rebdol.
- Speaker #1
Yana yal yoksutur. On te souhaite vraiment encore plus de gratitude. Une longévité professionnelle, une longévité en tant que femme, mère, épouse. Encore pouvoir justement comment dire sentir cette gratitude. C'est un sentiment extrêmement, comme disent maintenant les jeunes, satisfaisant. C'est satisfaisant. Ça donne une paix, en fait. Ça donne une paix. Ça rend une paix intérieure.
- Speaker #0
Tout en étant conscient qu'il y a encore à faire. Voilà. Mais on se on a la satisfaction d'avoir déjà accompli ce qu'on a accompli et que le bon Dieu nous ait laissé l'accomplir. Et surtout qu'on ait la santé d'aller plus loin. Mais on est conscient que ça ne finira jamais. Non, c'est ça. On va toujours mettre des pierres, on va toujours continuer.
- Speaker #2
Est-ce que tu as cette sensation, moi je l'ai dans cette phase d'âge qu'on traverse, de passer un peu de l'action à la transmission ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Tu sais, elle va nous faire un aveu d'ailleurs, parce que la transmission en ce moment, c'est quoi ton dada du moment ? Bon, dans la transmission,
- Speaker #0
oui, je pense qu'on le fait quelquefois inconsciemment, parce que moi maintenant je suis dans les conseils. Quelquefois ma fille me dit, ah maman, moi j'ai l'impression d'entendre mamie, maintenant tu fais comme mamie. Je parle beaucoup.
- Speaker #2
Je crois que c'est cette tranche de vie. Je pense. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Moi, j'ai l'impression de voir maman. Tu parles de tout, tu répètes, tu lis, tu ne laisses plus rien passer. Parce qu'en fait, tu as l'impression qu'en fait, tu dois dire, répéter pour ancrer.
- Speaker #1
Ancrer la chose. Ancrer la chose.
- Speaker #0
Et dans cette même veine. Quelquefois, je suis invitée dans des panels où je dois parler à des jeunes filles ou alors dans des cours. Je donne des cours, par exemple, pour HEC Challenge. Donc, il y a une partie marketing et distribution que j'anime. Et je me suis découverte un peu des talents de transmission. Donc, j'ai créé une page TikTok.
- Speaker #1
Ah là, voilà
- Speaker #0
Voilà,
- Speaker #1
j'ai créé une page de focus maintenant.
- Speaker #0
Tu sais, la première fois que ma soeur a vu une vidéo de moi sur TikTok, elle m'a appelée et m'a dit, qu'est-ce que tu fais comme ça ? Tu vas te faire lâcher sur les réseaux. On va t'insulter, on va te dire des choses qui ne vont pas te plaire, etc. S'il te plaît, ne fais pas ça. J'ai dit, bon, attends, vraiment, moi, je fais ça pour une raison bien déterminée. Maintenant, tu me laisses. Tu laisses passer cette vidéo-là. Si j'ai quelque chose de malveillant ou de négatif, je te le jure, je vais l'enlever. Et après, c'est elle qui m'appelle pour me dire, hé, Diatou, parce qu'elle m'appelle Diatou dans la famille. Elle me dit, Diatou, j'ai une amie qui m'a appelée, qui m'a dit, je viens de voir une vidéo de ta sœur, mais c'est ça que je voulais entendre aujourd'hui. Elle m'a dit, cette amie lui a dit, on a tellement de contenu négatif et qui ne t'apporte rien sur TikTok qu'en fait, il faudrait plus de ces contenus-là.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #0
Elle m'a dit, bon, donc tu peux continuer.
- Speaker #2
C'est ça. Et ça s'appelle comment cette page TikTok ?
- Speaker #1
Khadidi. Khadidi. C'est ça. C'est important. Moi, je suis vraiment celle qui croit concernant que la bataille du... la bataille se fait sur les mêmes terrains.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Souvent, on nous dit, mais non, ne faites pas ça, les gens n'écoutent pas les choses sérieuses. Oui, oui.
- Speaker #0
Mais il y en a qui écoutent.
- Speaker #1
Ça tombe dans l'oreille d'une personne, c'est déjà une victoire.
- Speaker #0
C'est déjà ça. C'est pas la course aux abonnés, ni au like, ni au truc.
- Speaker #1
C'est surtout, en fait, aussi, le côté, on va dire, moi, je vois le côté impact. Aujourd'hui, cette personne-là que tu as impactée, va en fait de manière, on va dire, par ricochet, va impacter d'autres gens parce que ça va changer sa journée, ça va changer comment les choses vont se passer pour elle. Et donc, elle va diffuser ça autour d'elle. Et donc, c'est ça qui est important. C'est l'effet papillon. Et c'est l'effet papillon et de dire aussi que, bon, toi, des femmes comme toi, avec le parcours que vous avez, et plein d'autres femmes. Si vous ne parlez pas, c'est celles qui n'ont rien à dire qui parlent.
- Speaker #0
Et c'est eux qui inondent les réseaux.
- Speaker #1
Et c'est eux qui inondent les réseaux et qui se positionnent comme des gourous et des modèles. Donc, on contrebalance la chose. À un moment donné, les choses vont s'équilibrer et on donnera la possibilité de choisir. C'est qu'aujourd'hui, on n'a pas en fait une offre de contenu où les gens peuvent choisir parce qu'il y a tellement une disproportion de contenus. Mais en tout cas, voilà. Nous, on est fans, on est abonnés. En tout cas, parcourez, abonnez à Hadidi. Voilà. Abonnez-vous au TikTok de Hadidi. Merci. Et bravo. Elle vous donne plein de conseils. La dernière question rituelle qu'on a, c'est aujourd'hui, Hadidi a une baguette magique. Tu peux tout faire. Tu fais quoi avec ?
- Speaker #0
Elle peut tout faire.
- Speaker #1
Elle peut tout faire.
- Speaker #0
Elle peut faire qu'une chose ou elle peut faire une seule chose ? Une chose,
- Speaker #1
une fois. Ah, une seule. Une chose. Commence pas comme Marina à me déplier les options. Non,
- Speaker #0
parce que c'est pour ça que j'ai besoin de faire une chose.
- Speaker #1
Non, Une chose. Elle fait quoi la baguette ? Une chose. Réfléchis bien. Tout est possible.
- Speaker #0
Tout est possible. Alors, cette baguette, elle nous donne une santé éternelle.
- Speaker #1
Ah.
- Speaker #0
Pour accomplir tout ce qu'on a envie d'accomplir.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Si on n'a pas la santé, on ne peut rien faire.
- Speaker #1
Santé katan.
- Speaker #0
Bien.
- Speaker #1
Bien.
- Speaker #0
Bien. Enfin, je ne sais pas. Oui. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Moi, je ne sais pas.
- Speaker #1
Je ne sais pas.
- Speaker #0
Moi, personne et personne, toutes les personnes qui sont autour de moi.
- Speaker #1
Autour de moi.
- Speaker #0
Oui. Que cette baguette fasse ça. Après, si on a la santé là, le reste, on peut négocier.
- Speaker #1
On peut gérer ça. Tout ça. la santé en toute situation. En tout cas, c'est tout ce qu'on te souhaite. Merci. Vraiment. On a été très contentes d'être là, Marina.
- Speaker #2
Merci beaucoup. C'était un beau partage. On est contentes que tu aies pu échanger avec nous sur toutes ces questions et puis on espère que ça va inspirer les auditeurs autant que nous. C'est une bonne continuation.
- Speaker #0
Merci en tout cas à vous d'être là et d'avoir partagé aussi ce moment.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Ce n'est pas, je n'ai pas juste donné, j'ai beaucoup reçu également de vous.
- Speaker #1
C'est gentil. Merci beaucoup. C'est gentil. Et nous aussi, on remercie M. Diop. Voilà, chapeau. Derrière une grande dame, toujours pareil, un grand homme. C'est ça. Faites équipe. On n'a pas eu le temps de parler de ça, le côté travailler en couple. C'est ça. Mais faites équipe, quoi. Oui, c'est ça. En tout cas, merci beaucoup de nous avoir suivis pour ce parcours de Radice et Mme Diop. Donc... de haut royal. Vraiment, on est très contents de voir que vous nous écoutez de plus en plus sur les réseaux. Abonnez-vous, mettez-nous des étoiles, des cœurs, des trèfles, des pics, tout ce que vous voulez. Et surtout, commentez sur nos réseaux sociaux, parcours sur TikTok, sur Instagram. Mettez-nous des commentaires, dites-nous ce que vous avez pensé de nos échanges. Sugérez-nous des profils que vous aimeriez entendre. On est là vraiment pour avancer dans ce parcours avec vous. Et donc, on vous donne rendez-vous très, très bientôt pour une femme, un parcours de femmes tout au type inspirante. À bientôt. Merci de nous avoir écoutés. Parcours vous est proposé par Smart Ecosystem for Women, agent spécialisé dans l'accompagnement du plan potentiel des femmes en Afrique. Ce podcast est rendu possible grâce au programme YBA Seed. Pour en savoir plus sur SIOU, cliquez sur les liens en description. À bientôt. pour une nouvelle trajectoire de femmes inspirantes.