- Speaker #0
Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants.
- Speaker #1
Parentalité, mon amour, votre magazine traitant de la famille. En partenariat avec la CAF de la Drôme et l'UDAF 26. Parentalité, mon amour, une émission présentée par Tim Buisson.
- Speaker #2
Bonjour à tous, bienvenue sur Radio-Méga dans l'émission Parentalité, mon amour numéro 19. Au sommaire de cette émission, l'implication parentale. En anglais, on parle de parental involvement. C'est même un domaine d'études scientifiques nommé parental involvement studies. Cette notion recouvre plusieurs exceptions en français, implication parentale donc, mais également engagement parental, participation parentale ou encore accompagnement parental. Mais qu'est-ce que cela signifie ? Comment s'impliquer et surtout comment doser pour trouver le juste équilibre ? Nous allons questionner ce sujet ensemble pendant une heure. Nous évoquerons entre autres l'implication à l'école. Wendy Grolnik et Maria Slovacek, chercheuses en sciences de l'éducation et en psychologie, définissent deux types de ressources mobilisables dans ce cadre. les ressources économiques que les parents investissent dans la scolarité et les ressources psychologiques. Et puis nous aborderons également l'implication extrascolaire pour savoir ce qui se joue durant ces moments. Pour échanger autour de ces questions, je reçois deux invités. Tout d'abord Adelaide Milza, chef du service réussite éducative à la ville de Valence. Bonjour.
- Speaker #3
Bonjour.
- Speaker #2
Je reçois également David Lacaille, président de la FCPE, la Fédération des conseils de parents d'élèves. Bonjour.
- Speaker #4
Bonjour.
- Speaker #2
Nous écouterons aussi le portrait de Céline Lemest, elle est bénévole au LAEP, c'est un lieu d'accueil enfants-parents situé à Austin, ce sera tout à l'heure en milieu d'émission. Et puis pour finir c'est Agnès Bonin, chargée de mission Action Familiale à l'UDAF qui viendra nous présenter l'agenda des structures. Bonjour Agnès. Et puis, qui est dans le bocal, on l'écoutera tout à l'heure. Et puis, nous allons commencer justement cette émission par une petite mise en ambiance avec un micro-trottoir à Châteauneuf-sur-Isère. Tiens, ça évoque quoi pour vous l'implication parentale ?
- Speaker #5
L'implication parentale, c'est pour moi, être auprès des enfants chaque jour, les accompagner dans leur apprentissage, dans l'éducation, leur apprendre à devenir grands, autonomes.
- Speaker #0
Par rapport au temps qu'on consacre, par exemple là, en ce moment, comme je ne travaille pas trop à cause du Covid, j'ai beaucoup plus de temps à consacrer à mes enfants, ce qui est dans un sens bien, mais je préfère aussi travailler un peu plus.
- Speaker #6
C'est d'être là toujours au bon moment pour nos enfants. Je pense que c'est le plus important quand ils en ont besoin et de faire au mieux. Donc d'être là pour les aider à l'école, les aider physiquement aussi, même dans les sports aussi, d'être avec eux. Et puis intellectuellement, être auprès d'eux. On a été bien auprès d'eux pendant le confinement et on sait que c'est important quand même. Ça passe par... La préparation des repas en famille, l'aide aux devoirs, l'accompagnement dans les centres d'orthophonie ou les kinés, puis après le partage les week-ends avec des moments conviviales, la pratique du vélo, la pratique du sport, les balades en famille.
- Speaker #2
Si je vous dis implication parentale, qu'est-ce que ça vous évoque ? C'est dire qu'il ne faut pas faire passer les enfants en priorité,
- Speaker #7
surtout pour nous, pour la famille, par rapport au travail, à l'argent, etc. C'est passé... Plus de temps possible avec eux, en jeu, même pour les repas ou pour tous les moments du quotidien, mais c'est de passer, dès qu'on a un moment libre, de ne pas s'ennuyer, de profiter d'eux. C'est vraiment la chose la plus importante de loin, il n'y a rien qui ne peut pas changer.
- Speaker #8
Pour moi, c'est déjà de suivre au quotidien son enfant, autant dans le cursus scolaire que dans toutes les activités extrascolaires qu'on peut trouver. c'est aussi pas forcément... que le parent le suive directement, mais quand il y a besoin de mode de garde, de substitution, que ces modes de garde soient bien assurés, que les personnes aient bien les bons agréments, qu'ils soient suivis au quotidien, que ce soit autant par le parent que par les substituts de garderie. Mais du coup, ça implique les parents puisqu'on doit vraiment gérer au quotidien entre les horaires, les personnes à laisser son enfant. C'est pas évident d'ailleurs. Par exemple, sur les petites communes comme ici, il y a peu d'assistantes maternelles. Et c'est vrai que ce n'est pas forcément évident de toujours pouvoir confier ses enfants et de continuer à travailler en parallèle.
- Speaker #2
Petit panel de parents rencontrés à Châteauneuf-sur-Isère pour débuter cette émission. Kai, vous êtes président de la FCPE, est-ce que vous avez une réaction à ce micro-trottoir que l'on vient d'entendre sur cette implication parentale ?
- Speaker #4
Écoutez, moi, quelques termes qui m'intéressent, c'est de faire au mieux. C'est quelque chose d'important, parce qu'on ne sait jamais si on fait bien. Donc, faire au mieux, je trouve que c'est une belle formule. Priorité, priorité des enfants, parce que c'est peut-être l'avenir ou c'est une priorité. Je pense que c'est important d'investir psychologiquement, comme vous avez pu le dire, mais économiquement sur... Sur ces personnes, parce que c'est notre avenir, et des soucis de garderie, d'horaire, on reconnaît bien la difficulté au quotidien du soir. Est-ce que j'ai bien réservé la restauration collective ? Est-ce que j'ai bien fait mes documents en temps et en heure ? Parce que si on ne le fait pas en temps et en heure, parfois la solution devient un peu complexe. Alors je voudrais simplement dire que je suis président de Livron, pas président de la FCPE nationale.
- Speaker #2
Oui, oui. Et puis vous avez des fonctions aussi départementales au sein de la FCPE. On en parlera un petit peu plus tout à l'heure dans notre interview. Adélaïde Milza, je me retourne vers vous. Est-ce que là aussi, vous avez une réaction sur ce petit micro-trottoir que l'on vient d'entendre ?
- Speaker #3
Oui, alors d'abord que c'est bien, il y avait quand même des pères. C'est quand même très souvent quand on interroge, on a quand même souvent les mamans, notamment dans le travail où je suis. Moi j'ai beaucoup relevé la notion d'équilibre aussi. Comment trouver de l'équilibre entre être parent, bien sûr prioriser ses enfants, mais comment aussi trouver l'équilibre avec son travail ou son non-travail. Parce que c'est aussi des problématiques qu'on rencontre. Parfois aussi des injonctions un peu contradictoires qui peuvent arriver, c'est-à-dire qu'à la fois il faut trouver du travail mais il faut s'occuper de ses enfants. Si on cherche du travail on a besoin de mode de garde, d'où la problématique de mode de garde. En tout cas je trouve que c'est une réflexion intéressante à avoir quand on parle de la guidance parentale, de ne pas oublier que c'est aussi des hommes et des femmes. qui ont aussi une vie propre.
- Speaker #2
Alors vous êtes chef du service réussite éducative à la ville de Valence. On va rentrer dans le vif du sujet. Est-ce que vous pouvez un petit peu nous expliquer en quoi ça consiste ?
- Speaker #3
Pas de souci. Alors nous on est un dispositif d'État. En fait on intervient dans le cadre des politiques de la ville. C'est vrai que pour Valence c'est une politique assez importante puisqu'on a cinq quartiers classés en politique prioritaire. Donc un public important, pas loin de 20 000 habitants sur les cinq quartiers. Notre travail, en fait, donc moi j'ai une équipe de 7 référents de parcours, plus une orthophoniste, plus une psychologue, des intervenants, et on intervient individuellement, en fait, auprès d'enfants, d'adolescents et de leur famille, dans ce qu'on appelle la prévention du décrochage scolaire et la résorption de l'inégalité des chances. Déjà, le champ est quand même très très large. L'idée, c'est bien d'être sur la globalité de l'enfant, c'est-à-dire que notre travail à nous, c'est pas de faire en sorte qu'ils travaillent bien à l'école. Ça, c'est le travail de l'éducation nationale, et en fait, on part du principe que... Quand il y a des problématiques à l'école, elles disent des choses de la situation globale de l'enfant et de sa famille. Donc bien sûr qu'on travaille avec l'école pour toutes les problématiques qui peuvent être de santé, d'accessibilité à l'apprentissage. Mais ça, l'éducation nationale, c'est son champ d'action. Donc nous, on réfléchit à pourquoi l'enfant, il n'arrive pas à rentrer, par exemple, dans cette intégration-là. Qu'est-ce qui fait que, dans son univers plus général, ça pose problème ? Et là, du coup, on va brasser l'entièreté des champs. de la situation de la famille, qui peuvent être des problématiques très pratico-pratiques, économiques bien sûr, mais aussi de logement, de santé, d'accès à la culture, et tout un champ qu'on explore beaucoup dans notre service, qui est le champ des compétences psychosociales. Estime de soi, repérage du champ des émotions, capacité d'interaction, capacité de mise en perspective. Et ce qui est assez intéressant depuis quelques années, c'est qu'on est plutôt bon dans mon service pour travailler les compétences psychosociales auprès des enfants. Et on s'est rendu compte il y a quelques années, parce qu'on a beaucoup replacé la place du parent au cœur du parcours de l'enfant, qu'en fait il fallait aussi qu'on travaille les compétences psychosociales des parents, à la fois en tant que parents, mais à la fois en tant qu'individus.
- Speaker #2
Et comment ça se passe avec ces jeunes que vous accompagnez ? Comment est-ce que vous intervenez ? Qui sonne l'alarme au fait pour pouvoir intervenir ? Parce qu'on ne peut pas forcément savoir justement ces problématiques que vous évoquez. L'école où, effectivement, ça peut être un facteur pour détecter, mais comment est-ce qu'on intervient ?
- Speaker #3
Alors, de toute façon, chez nous, on part du principe que tout acteur éducatif, parents compris, évidemment, peut nous solliciter, peut nous préconiser, en fait. Donc, souvent, ce qui se passe, c'est que la situation se dégrade rapidement, en fait. Soit ce qu'on appelle plutôt les bruyants, donc les tapos cadres, que ce soit tapé au cadre de l'école, mais ça peut être aussi tapé au cadre de n'importe quelle institution, centre de loisirs, famille, même. Et du coup, c'est la raison d'ailleurs pour laquelle on est quand même très sollicités par l'éducation nationale, parce que souvent, c'est pour ces jeunes-là qu'on est sollicités. Mais ça peut être aussi complètement en sens inverse, c'est-à-dire plutôt des enfants qui, tout d'un coup, développent des positions d'inhibition, d'incapacité à rentrer en relation à la fois avec leur père, à la fois avec les adultes. Donc en général, on nous interpelle à ce moment-là. En général, les professionnels interpellent d'abord les référents de leur territoire. Le métier qui est celui de mon service, c'est référent de parcours, même s'il n'existe pas encore au niveau national. Et en tout cas, on commence, la première chose qu'on fait, c'est qu'on rencontre le partenaire, on réfléchit avec lui sur, bon, ok, vu la situation, est-ce que tu sais s'il y a déjà telle ou telle intervention ? Nous, on va déjà regarder autour de la situation s'il n'y a pas déjà des dispositifs. Et puis évidemment, la première chose qu'on fait, c'est qu'on rencontre les parents. en partant du principe que les premiers experts de leur propre situation, c'est eux. Et d'ailleurs, il y a des fois un gap, un écart important entre la sollicitation du partenaire pour une problématique X et la réalité de la famille. Finalement, la problématique X, pas qu'elle ne soit pas importante, mais ce n'est clairement pas la première problématique qu'on doit travailler. Et donc, suite à cette rencontre avec la famille, nous, on propose l'entièreté des services qu'on peut mener, à la fois du suivi direct auprès de l'enfant sur des items très particuliers. Concentration, champ psychosocial, capacité de compréhension de l'institution, tout ce qu'on peut faire avec les familles, c'est le même champ d'ailleurs. Et du coup, pour rentrer dans le dispositif, on a chez nous une instance qui s'appelle une EPS, une équipe pluridisciplinaire de soutien, où en fait on assoit autour de la table tous les co-éducateurs d'un même territoire, éducation nationale, éducation spécialisée, aide sociale à l'enfance, RASED évidemment, école, collège, voilà, tous les partenaires éducatifs. Et on décide ensemble du parcours de l'enfant. Qu'est-ce qui est important de mettre en place ? Est-ce qu'il existe déjà des choses ? Qu'est-ce qu'on fait pour ne pas être doublons ? Et sur quoi on intervient ? Et c'est aussi cette équipe qui décide de la sortie du dispositif parce que le but, c'est bien la capacité d'agir des enfants et des familles. Notre travail, c'est de redonner les clés à l'enfant dans sa capacité et surtout aux familles. On dit souvent qu'on est un peu un couteau suisse au PRE. Nous, on sait parler toutes les langues. La langue de l'éducation nationale qui n'est pas toujours facile, y compris pour eux-mêmes. la langue de l'aide sociale à l'enfance, qui est encore autre chose, la langue de l'éducation populaire, et on fait beaucoup de traductions d'ailleurs. Et nous, on va se caler à l'interface des institutions, à la fois pour permettre aux familles de se sentir légitimes à y intervenir, parce qu'on a beaucoup de parents qui nous disent ça. Moi, je n'ose pas aller voir l'enseignant, moi, je n'ose pas aller jusqu'au travailleur social de CMS, où je ne reconnais pas cette institution, où j'ai moi-même vécu une situation conflictuelle avec cette institution, et j'ai besoin qu'on m'accompagne pour ça. Donc nous on va redonner le chemin, accompagner physiquement, puis ensuite redonner la main. Et du coup l'idée c'est qu'à terme ils soient complètement en capacité de le faire sans nous, parce qu'en fait en général c'est ce qu'on leur dit toujours, c'est vous qui savez faire, vous l'avez peut-être oublié, vous en êtes peut-être pas sûr, mais en fait le vrai premier éducateur de son enfant c'est vous. Nous on est là à un moment donné, mais le but c'est qu'on soit plus là en fait.
- Speaker #2
Et en moyenne vous les accompagnez combien de temps ?
- Speaker #3
Je dirais alors effectivement on est quand même très calqué à l'année scolaire, on est très scolarocentré comme on dit chez nous. Donc on les accompagne souvent une grosse année scolaire. En général les enfants, d'ailleurs je vais rentrer en période d'EPS, elles ont lieu cette semaine et la semaine prochaine. On fait beaucoup d'entrées sur cette période là et on les suit en général jusqu'au septembre de l'année d'après pour vérifier que tout ce qu'on a mis en place et auprès de l'enfant et auprès des parents est bien effectif.
- Speaker #2
Comment est-ce que...
- Speaker #3
Pardon, voilà, mais c'est en moyenne, ça peut être beaucoup plus court. Il y a des situations aussi sur lesquelles on est rationnel, sur lesquelles on n'est pas les bons acteurs. Et le but de la manœuvre pour nous, c'est de ne pas perdre cette situation, donc la donner aux bons acteurs. Et inversement, il y a des situations qui vont très vite, très bien, et ça c'est aussi super. Et puis des situations qui ont besoin de plus de temps, des fois dans l'entrée dans l'adolescence, qui génèrent d'autres problématiques, et pour les enfants, et pour les parents, et pour les institutions.
- Speaker #2
Justement, vous parlez de ces trois acteurs, c'est un triptyque. parents, institutions, comment est-ce que vous l'organisez cette relation entre ces trois acteurs ?
- Speaker #3
Alors effectivement de toute façon nous on est vraiment à l'interface du champ partenarial de la co-éducation. Donc à la fois on a la prise en charge directe de l'enfant sur des temps très précis, la rencontre très régulière des familles, soit de manière très informelle, on utilise tous les moyens, le SMS, le mail, le téléphone, devant l'école quand on y est, au centre de loisirs quand on y passe, voilà. Et du coup notre travail ça va être aussi d'être... au cœur des institutions, au cœur de l'école, au cœur de l'éducation populaire, chez nos collègues des centres médicaux sociaux à certains moments, pour justement refavoriser ce lien qui s'est des fois soit perdu ou pas créé.
- Speaker #2
Si l'enfant refuse d'être accompagné, s'il est dans le déni, ça s'arrête ?
- Speaker #3
Alors de toute façon, c'est vrai que je ne l'ai pas précisé, c'est qu'on est un service d'adhésion volontaire de l'enfant et de sa famille. C'est-à-dire que chez nous, toute prise en charge, tout parcours Et quand même contractualiser, alors c'est pas du tout une contractualisation comme une mesure administrative ou judiciaire, on est sur une contractualisation d'un service sur adhésion volontaire, mais quand on signe quand même cette contractualisation, on signe à six mains. Donc l'enfant, le parent et le référent de parcours qui est donc garant. effectivement des objectifs mis ensemble.
- Speaker #2
Vous avez parlé de quartier prioritaire pour la ville de Valence dans laquelle vous intervenez. Comment ça se passe et est-ce que là il y a des problématiques particulières ? Comment est-ce qu'on intervient dans ces quartiers-là ?
- Speaker #3
Alors moi je suis toujours intervenue en quartier prioritaire. Forcément, alors bien sûr que les problématiques elles sont multiples en fait. Il y a plein d'enfants qui peuvent décrocher de la scolarité, avoir des problématiques n'importe où dans la ville, n'importe où en France en fait. Dans les quartiers prioritaires, on se retrouve aussi confrontés à des problématiques multiples, en mille feuilles en fait. C'est-à-dire qu'il va y avoir et des problématiques effectivement économiques, et des problématiques d'habitat, et des problématiques de santé, et d'accessibilité à l'emploi, voire à la mobilité. Donc forcément quand on cumule un certain nombre de soucis, tout paraît insurmontable, ce qui peut être parfois le cas des familles qu'on accompagne. Et nous notre travail c'est de faire ça en fait, c'est de redétricoter, de redire bon ben voilà, c'est quoi la... la vraie première problématique, sur quoi on avance, est-ce que c'est d'abord avec l'enfant, est-ce que c'est d'abord avec la famille, c'est de tracer le chemin avec eux, puis effectivement, c'est l'histoire de, nous on dit plutôt empowerment, capacité d'agir, qu'on redonne directement aux familles et aux enfants à ce moment-là.
- Speaker #2
J'avais une dernière question, il y a ce mot réussite, je voulais le questionner, qu'est-ce que ça veut dire la réussite au fait ?
- Speaker #3
Oui, mais c'est rigolo, parce qu'en ce moment avec mon équipe, ça fait partie des très grosses interrogations qu'on a, parce qu'autant on est bien réussite. éducative, pas seulement réussite scolaire. Et c'est vrai que ça nous donne nous aussi cette impression un peu injonctive de réussir. Nous, on parle plutôt d'épanouissement. D'ailleurs, sur la plaquette qu'on a produite dernièrement, on parle vraiment de l'épanouissement de l'enfant et de sa famille. Le but pour nous, c'est de réussir dans la vie. En tout cas, d'avoir cette vision de c'est possible de réussir. Mais réussir, ça prend plein de formes différentes. Ça peut être à l'école, ça peut être en dehors de l'école, même si l'école est essentielle. Pas seulement sur le scolaire, sur la socialisation. sur la capacité à vivre en société, sur plein de champs différents que gèrent et l'éducation nationale et les partenaires autour.
- Speaker #2
Donc en tout cas,
- Speaker #3
pour nous, c'est très important de sortir de l'injonction. Bien sûr que l'obligation, ce n'est pas de réussir.
- Speaker #2
Une palette large qu'on pourra encore questionner. Je vous propose de faire une petite pause musicale avant de passer à notre portrait de Céline Lemest. On va écouter « Sans mettre et » de Louis-Jean Cormier. A tout de suite.
- Speaker #9
Je vais s'en mettre, hé Dans le sang, j'ai Je vois ton reflet dans la veine De l'espace pour écrire C'est large comme le ciel, je me réentends te dire que je connais pas la suite. C'est étrange à quel point, il faut toujours que je me rende aussi loin pour te voir ce que j'ai laissé. Et derrière, je fais tourner des photos dans une main Pendant que l'autre se croise les doigts Moi, mon rêve américain, c'est celui qui me ramène à toi C'était en jacqueline poing, il faut toujours que je le rende aussi loin, pour voir ce que j'ai laissé derrière. Je fais tourner des fantômes dans une main, pendant que l'autre se croise les doigts à moi. Mon rêve américain, c'est celui qui me ramène à toi. Je fais 100 kilomètres et à la vitesse du son, par-dessus les boulevards, les bords et les moments d'absence. La vie inquiétée de ce... Pour voir ce que j'ai laissé derrière Et je me crois, c'est les doigts à moi Mon rêve américain C'est celui qui me ramène à toi Mon rêve américain C'est celui qui m'amène
- Speaker #1
à toi Mon amour, votre magazine traitant de la famille Un magazine proposé en partenariat avec la CAF de la Drôme et l'UDAF 26.
- Speaker #2
Vous êtes bien à l'écoute de Parentalité, mon amour, numéro 19, émission diffusée sur Radio-Méga, Soleil FM, RDIWA, Radio Saint-Féréol et Radio Royan. Nous nous intéressons aujourd'hui à l'implication parentale. Je vous propose maintenant d'écouter Céline Lemest. Elle est bénévole au sein d'un lieu d'accueil enfants-parents à LAEP à Austin.
- Speaker #10
Céline, accueillante au LAEP l'Oasis des Familles à la Baume d'Austin. Je suis membre de la famille rurale de Jaillans et maman de deux petites filles. Alors, LAEP, c'est un lieu d'accueil enfants-parents. C'est un lieu qui est anonyme, gratuit. Sans réservation, quoi que ce soit, c'est un lieu où les parents viennent pour passer du temps avec leurs enfants ou alors venir rencontrer d'autres parents. Nous, on est juste encadrant, accueillant. C'est vraiment de l'écoute et pour qu'ils prennent le temps d'être soit ensemble, soit avec d'autres.
- Speaker #2
Qu'est-ce qui différencie ce lieu d'une crèche ?
- Speaker #10
Ce n'est pas un mode d'accueil, ce n'est pas un mode de garde. Nous on garde pas d'enfants. C'est vraiment les parents qui gèrent avec leurs enfants.
- Speaker #2
Est-ce qu'il y a des professionnels aussi dans ces lieux ?
- Speaker #10
Alors, il peut y en avoir, mais ce n'est pas une obligation. Nous, on a une supervision avec un psychologue pour nos ressentis, mais il n'y a pas d'obligation d'avoir de profession particulière pour être accueillant. On a une formation pour devenir accueillant sur l'écoute. C'est un peu des petites clés pour... ne pas transparaître des émotions qui peuvent être à nous, accueillir un peu les émotions des autres. Et puis, après, il y a le petit truc de ne pas donner nos avis aussi. C'est vraiment de faire discuter entre parents, des choses comme ça. Nous, on n'a pas à donner ni de conseils, ni d'avis, ni de jugement.
- Speaker #2
Et du coup, c'est un lieu où les enfants peuvent jouer ensemble. Est-ce qu'il y a des activités organisées ou ça reste libre ?
- Speaker #10
Non, ça reste vraiment libre. C'est vraiment un lieu avec... Plein de jeux un peu partout, avec des secteurs qui sont plus pour les tout-petits, avec plus calme, cocon, éveil. On a une grande piscine à balles, ça ils adorent. Et puis il y a des modules motricité, il y a des coins de jeux d'imitation, il y a des petits jeux de société. Il y a un peu tout, ils choisissent, il n'y a pas d'activité de proposée. Justement, c'est à l'enfant de découvrir et d'aller vers... ce qu'il a envie, s'il y a les copains là-bas ou s'il veut être plus tranquille.
- Speaker #2
Est-ce que les parents discutent aussi entre eux dans cet espace ? Est-ce qu'on échange ?
- Speaker #10
Généralement oui, les parents discutent des enfants. S'ils se retrouvent forcément au fil des accueils, ils ont peut-être échangé un peu plus. Et puis justement c'est le but, c'est s'il y a des parents un peu isolés, ils peuvent aussi trouver un peu d'échange qu'ils n'ont pas en restant à la maison par exemple.
- Speaker #2
Ça fait combien de temps qu'il existe à l'abome d'Austin ce L.A.E.P., ce lieu d'accueil enfants-parents ?
- Speaker #10
Celui-ci a ouvert en novembre 2019, donc ça fait à peine un an. On a été bien perturbés avec le Covid et le confinement, donc on n'a pas un an d'expérience, mais il a très très bien fonctionné quasiment dès le début.
- Speaker #2
Vous étiez là dès le début ?
- Speaker #10
Oui, j'ai même été là dans le projet pour le monter en fait. À la base, c'est parti de la directrice de Famille Rurale Jaillant, donc Sabrina Biba. Après, on s'est rapprochés de la CAF, de l'AGLO, voilà, tous les intervenants locaux. Et puis, ça s'est monté tranquillement, un peu sport des fois, mais tranquillement, ouais.
- Speaker #2
Il y avait combien de personnes ? Famille au départ ?
- Speaker #10
Je pense qu'on était une dizaine au tout départ et puis ça a beaucoup bougé en fait en fonction des dispos de chacun, professionnels, privés.
- Speaker #2
D'un point de vue un peu plus personnel, pourquoi est-ce que vous êtes allée dans ce projet au départ ? C'était un besoin ?
- Speaker #10
Un besoin, pas forcément. Moi j'avais plus un besoin de relations en fait sur le secteur parce que moi je ne suis pas du tout de la région. Je suis arrivée justement, j'étais enceinte de ma fille plus ou moins au même moment de la première. Et donc pour se faire un réseau, c'est vrai qu'on commence toujours par du sport, des choses comme ça. Et puis au fur et à mesure, en fait, comme j'étais enceinte de la deuxième, on m'a dit tiens, viens voir, ça peut t'intéresser. Et puis voilà, ça permet de rencontrer d'autres personnes sur le territoire.
- Speaker #2
C'était donc Céline Lemest du lieu d'accueil enfants-parents à Austin, David Lacaye. Est-ce que vous avez une réaction sur ce qu'on vient d'entendre, sur ce lieu d'échange des parents ?
- Speaker #4
Oui, tout à fait. Le lieu d'échange, je pense que c'est un élément indispensable pour pouvoir avancer, rien que pour soi, mais aussi pour ses enfants, pour voir aussi un avenir. Donc, parler que dans l'enceinte familiale, des fois, ce n'est pas suffisant. C'est important d'échanger. tous les lieux d'accueil, toutes les associations. qui permettent de pouvoir discuter autour de l'éducation, me semble indispensable et super important pour qu'on puisse avancer dans l'évolution des enfants. C'est une très belle opportunité et j'encourage son développement.
- Speaker #2
Adelaide Milza, sur ce qu'on vient d'entendre là aussi sur ces lieux d'échange, j'imagine que vous aussi ça vous parle au service de réussite éducative.
- Speaker #3
Oui, puis c'est un dispositif qu'on connaît bien puisqu'il est porté en partie par l'agglo, même si nous on est plutôt ville. En tout cas, ça dit long de l'engagement des parents, parce que c'est des parents pour la plupart qui gèrent ce lieu. Moi, j'aime beaucoup l'idée de l'anonymat et je trouve que c'est important parce qu'il y a aussi plein de lieux sur lesquels il y a peut-être moins cette notion-là, bien qu'il n'y ait pas du tout cette volonté de cibler. En tout cas, je trouve que c'est un principe fort des LAEP que je trouve très intéressant et cette idée qu'il n'y a pas trop d'enjeux non plus. Il n'y a pas d'activité, il n'y a pas de thématique. L'idée, c'est d'avoir un espace pour venir jouer avec ses enfants et de rentrer en relation. Et il n'y a pas plus d'objectif que celui-là et qui est déjà un très très gros objectif. Il y a peu de lieux qui existent, d'espaces qui existent comme ça, avec cette simplicité-là. En tout cas, c'est aussi un dispositif que je trouve très intéressant.
- Speaker #2
Il n'y a pas de pression, on peut venir, on peut repartir.
- Speaker #3
Pas d'obligation à venir toutes les semaines. Il faut aussi des espaces plus réguliers, mais ça peut être des fois aussi une première marche.
- Speaker #2
de venir sur un espace où en fait on vient juste rencontrer d'autres parents on n'est même pas obligé d'aller trop loin dans ce qu'on dit au début avant de nous tourner vers notre deuxième interview je vous propose d'écouter un petit micro-trottoir ce sera le deuxième et dernier micro-trottoir de cette émission est-ce que cette implication des parents elle demande un effort supplémentaire ?
- Speaker #5
alors dans l'organisation oui parce que du coup nous avec les horaires de travail les activités ça tombe toujours les jours où... forcément on travaille aussi, donc il faut s'organiser avec les grands-parents. C'est une organisation.
- Speaker #0
Oui, je pense. Après, suivant les professions de chaque parent, je pense que c'est différent pour chacun. Suivant ses horaires.
- Speaker #6
Moi, je le dis toujours, même mon patron, il le sait, mon premier boulot, de toute manière, c'est maman. Mes enfants passeront toujours avant tout. Même le boulot. Si je suis en congé parental, c'est bien pour pouvoir rester avec mes enfants le plus longtemps possible. Et puis leur donner ce que je n'avais pas vécu avec la première. Le temps de partage avec eux est important, avec chacun d'entre eux à des rythmes de la vie différents.
- Speaker #8
Je pense que oui, parce que d'ailleurs à mon grand regret, la situation économique actuelle ne permet pas forcément que les mamans restent toutes au foyer. Et par rapport aux générations antérieures, je trouve qu'on a de moins en moins de temps pour nos enfants. On a un rythme effréné. parlent en leur disant toujours « attends deux minutes, on fera ça après » , puisqu'on est pris dans le rythme finalement de la journée, métro, boulot, dodo. Et du coup, je pense qu'il faudrait pouvoir tendre de plus en plus à un confort de vie entre justement le travail et pouvoir s'occuper de ses enfants, comme c'est un pays nordique aussi qui ont plus de temps. Enfin voilà, moi je revendique un petit peu ça, parce que quand on travaille à temps complet au niveau des deux parents, ce n'est pas évident quand même de gérer le domicile et les enfants.
- Speaker #6
Est-ce que ça a un peu redéfini les tâches avec votre époux sur la manière dont on s'occupe des enfants ? Il s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup de choses à faire. C'est pas pour autant que les tâches ont été redéfinies, malheureusement. Il s'est rendu compte de la lourdeur de ce qui est à côté du travail. Ça a fait du bien, on va dire. Pour nous, en tout cas, ça a fait du bien. La journée, c'est moi parce que papa est au travail. Après, le soir, c'est en commun. Donc, papa plus que maman parce que du coup, maman va qu'un peu à ses occupations. Mais papa est là, présent le soir ou les week-ends.
- Speaker #8
J'ai la chance d'avoir un papa qui est vraiment très impliqué. Après, on a fait le choix, on était des commerciaux tous les deux à la base, et on a fait le choix que moi je me reconvertisse en sédentaire pour pouvoir être là, parce qu'il faut toujours au moins un des deux qui ne soit pas loin du secteur où se situe l'enfant. Donc le papa est vraiment là les week-ends, avec la situation du Covid, il se déplace moins et tant mieux du coup pour la famille. Mais quand il va reprendre son activité de manière intense, c'est vrai que c'est un peu plus compliqué parce que les métiers d'aujourd'hui, on bouge beaucoup. On est beaucoup moins sédentaire qu'avant. Donc il fait comme il peut, mais en tout cas, il est là au maximum.
- Speaker #2
Adélaïde Milza, je voulais vous faire réagir. Il y a une phrase que j'ai retenue. Dans nos sociétés actuelles, on ne nous permet pas forcément aux mamans de rester à la maison. Et je trouve que ce « maman » , il est assez symbolique. Et les papas, au fait, les papas peuvent très bien rester à la maison, d'autant plus que là, c'est un sujet dans l'actualité, avec le président de la République qui va annoncer l'allongement de 14 à 28 jours, le congé parental. Est-ce qu'on... On est resté sur cette notion maternelle, finalement, qui prévaut sur celle des papas.
- Speaker #3
Alors, je pense que oui. Et puis alors, ça, je pense que ça touche toutes les couches sociales différentes, à la fois dans une double problématique. Enfin, je ne sais pas si c'est problématique, mais en tout cas, l'idée que c'est quand même plutôt la mère qui est au foyer, bien qu'elle en ait très envie. Ça peut être très juste. L'idée que le père aussi peut être au foyer, ce qui est assez rare. Et en même temps, toute une espèce d'injonction sur la réussite de carrière, par exemple, qui est toujours très bien vue plutôt du côté masculin, pas toujours du côté féminin. Et qui peut mettre aussi en fragilité notamment le couple parental, parce qu'il y a plein de papas. Moi, j'ai été étonnée de cette phrase. J'ai la chance d'avoir un mari très impliqué. Bon, il y a plein de papas très impliqués. Ça semble assez normal. Je pense que pour un certain nombre d'entre eux, d'ailleurs, c'est pas si simple, notamment dans le cadre du travail. Je pense qu'il y a moins de pères qui s'autorisent, par exemple, à basculer à 80% plus que des mères, à prendre un vrai grand congé parental. Ça, je pense qu'on a encore beaucoup, beaucoup de chemin à faire là-dessus.
- Speaker #2
Et justement, sur l'annonce du président de la République de 28 jours pour les papas, ça va du coup dans le bon sens ?
- Speaker #3
Complètement dans le bon sens, pardon.
- Speaker #2
Ça paraît même être du bon sens.
- Speaker #3
Du bon sens, surtout, enfin... Après, ce qui est intéressant plus dans ce congé, c'est qu'il peut être à la fois juxté à la naissance, mais être aussi reporté un peu plus loin, pour aussi permettre au père d'être sur des temps de construction de ce nouveau foyer, d'un nouvel enfant qui arrive, qui demande du temps, de l'énergie, et puis qu'il y ait un chouette moment qu'il faut vivre. Moi, j'ai beaucoup retenu l'histoire du temps effréné, où on avance tout le temps, et je pense qu'il doit bien y avoir une chose qu'on devrait avoir appris sur ces derniers mois. C'est qu'il est vraiment temps qu'on décélère. Vraiment.
- Speaker #2
Bon, nous, on va décélérer quelques minutes, le temps d'une pause musicale. Après, on va réaccélérer avec une interview de l'AFCP, de vous, David Lacay, un papa, justement, engagé. On va parler de cette implication. Je vous propose d'écouter Black Dog de Harlow Park, si on se retrouve après, sur Radio-Méga.
- Speaker #1
Un magazine proposé en partenariat avec la CAF de la Drôme et l'UDAF 26.
- Speaker #2
Et je vous rappelle que cette émission est diffusée sur Radio-Méga, sur Soleil FM, RDIWA, Radio Saint-Féréol et Radio Royan. On passe maintenant à notre deuxième interview avec David Lacaye de la FCPE à Livron. J'avais envie de vous demander d'abord depuis combien de temps est-ce que vous êtes parent d'élève et pourquoi est-ce que vous avez décidé de vous impliquer en tant que parent d'élève ?
- Speaker #4
Alors, je suis parent d'élève à la naissance de mon premier garçon. Il est rentré à l'école à 3 ans et demi à Livron. Et c'est arrivé comme ça. Chez moi, on n'était pas spécialement FCEPE. Je n'avais pas un historique FCEPE ou d'autres parents d'élèves, qu'importe. Et il y avait des besoins, à un moment, sur l'école, de représentation. Puisque l'éducation, en France, nécessite des représentants de différents... d'éducation nationale, des parents, mais aussi, si on parle de la maternelle ou de l'élémentaire, de la municipalité. Donc il y avait un besoin, à un moment donné, et ce besoin, je l'ai saisi au vol. Je me suis dit, je vais faire une année, on va voir un peu. Ça fait 17 ans que je suis FCPE. De temps en temps, avec beaucoup plus d'implications, de temps en temps, l'implication un peu plus faible, ça dépendait des années et des différentes activités autour de moi.
- Speaker #2
En quoi ça consiste d'être parent d'élève ?
- Speaker #4
Alors, tout le monde est parent d'élèves, puisque on a des enfants. Dans une association, j'aurais dû préciser. Tout le monde est parent d'élèves, donc tout le monde a le droit d'aller rencontrer... L'éducation nationale pour discuter d'autour de son enfant des difficultés ou des points forts, des points faibles autour de la scolarité. Mais à un moment, il faut une représentation lors des instances. Donc si on s'arrête sur la maternelle et l'élémentaire, ça s'appelle le conseil d'école. Lorsqu'on est au collège et au lycée, on appelle ça un conseil d'administration, puisqu'il y a des décisions qui sont prises, qui sont votées et qui apparaissent dans un compte rendu. afin que les choses soient marquées et qu'au fur et à mesure du temps, il y ait une évolution dans les situations d'apprentissage, puisque les élèves vont être en situation d'apprentissage qui regroupe des acteurs différents, principalement l'éducation nationale, les parents qui représentent les enfants, mais aussi suivant si c'est une école élémentaire ou si c'est un collège ou si c'est un lycée. Ça peut être le maire, ça peut être le département ou la région. Donc il faut que cette synchronisation de... Ces trois partenaires arrivent à des situations d'apprentissage les plus idéales, je ne sais pas, mais enfin, les plus adaptées à la situation que l'on peut vivre dans les établissements.
- Speaker #2
Comment elle s'organise cette relation entre les parents, les enfants et là l'institution scolaire ? On en parlait tout à l'heure avec Adélaïde, avec les institutions, là c'est vraiment l'institution scolaire. Comment est-ce que vous l'organisez ? Il y a les conseils de classe, comment ça se passe ?
- Speaker #4
Alors, je vais m'arrêter un peu ce qui se passe vraiment sur le terrain à Livron, parce que si je reste dans la généralité, ça risque d'être un peu complexe. Donc, sur Livron, on a surtout nos représentations de conseils d'école. Donc, en tant que parents d'élèves, qui peuvent être fédérés dans une association comme FCPE ou bien la PEP, il peut y avoir aussi des parents d'élèves sans fédération. Il y en a beaucoup, au premier degré, il y en a beaucoup sous ce format-là. Je sais que nous... On a trois conseils d'école qui s'organisent début novembre, mars et mai-juin. Donc inévitablement, il faut recueillir des informations, il faut réfléchir à ce qui se passe et faire un état des lieux à un moment donné pour qu'on puisse porter des points forts, des points faibles et des points améliorés. Les réunions sont assez régulières. j'en fais... En tant que président, j'en organise 6 ou 7 à l'année. Parmi ces 7, il y a quand même l'élément important, la galette au niveau de Noël, pour avoir une vie d'association quand même, et le repas de fin d'année. Mais il faut qu'on arrive à s'y retrouver et d'échanger. Donc lorsque l'on parlait du LAEP, on retrouve dans cette situation-là des échanges entre nous. Et ce qui est important, c'est d'avoir un panel de parentes diverses et variées, afin que les échanges soient le plus... le plus représentatif possible. Ça, c'est un point très important.
- Speaker #2
Et comment vous faites justement pour impliquer ces parents, pour faire en sorte qu'ils s'impliquent à chaque fois et avoir justement ce panel le plus varié possible ?
- Speaker #4
Alors, on fait un peu de publicité au début d'année, c'est sûr, mais malgré ça, on s'aperçoit que la cadence des personnes, la vie, la rapidité de la vie, il faut faire le pas pour nous rejoindre. A défaut, on fait des enquêtes afin d'avoir leur avis sur différents points. Et ces différents points, ce n'est pas un point pédagogique, puisque la pédagogie est laissée strict sensus à l'éducation nationale. Donc nous, on parle surtout du nombre d'élèves dans les classes, qui est un élément important, la restauration collective, le périscolaire, l'organisation matérielle dans les établissements. les problèmes de chaleur, les problèmes de froid. Donc tout ça, on sonde et on récupère un retour d'enquête afin de porter ce retour d'enquête dans ces instances.
- Speaker #2
Là, vous avez beaucoup de réponses quand il y a ce biais de l'enquête.
- Speaker #4
Alors, les enquêtes, pour l'instant, on est toujours sur format papier parce qu'on a peur de ne pas toucher l'ensemble de ceux qui n'ont pas d'outils informatiques ou d'ordinateurs parce que des fois, ce n'est pas facile sur un smartphone. Il faut qu'on évolue aussi, c'est pas toujours facile, mais avec le problème du confinement, on a fait des grands pas dans les outils informatiques, mais on arrive à avoir un retour de 40%, et donc on n'avait pas ça au début. Au fur et à mesure, je pense qu'on a instauré une mise en enquête régulière, on fait une par an, et ces résultats d'enquête, on le porte lors des conseils d'école.
- Speaker #2
Et quand vous faites cette enquête, est-ce que par ce biais-là, des parents se disent « finalement, moi, cette question-là, elle me touche, donc j'ai envie d'y aller » . C'est vrai qu'il y a trop d'enfants dans la classe, par exemple, et hop, vous arrivez comme ça à avoir de nouveaux parents.
- Speaker #4
Alors, cette année, on en a perdu trois, puisque les parents partent en collège, donc inévitablement, ils ne sont plus représentés sur la commune. On en a gagné, je crois, deux. Donc on est un peu en négatif. Mais c'est... Peut-être aussi de notre côté, on n'a peut-être pas fait l'effort l'année dernière avec ce problème de confinement pour essayer de refédérer et d'ouvrir nos portes. Et le défi pour Livron, c'est d'ouvrir les portes pour regrouper un maximum de parents.
- Speaker #2
Justement, quand on a une association de parents d'élèves, que l'école s'arrête pendant une période relativement longue avec le coronavirus et cette période de confinement, comment est-ce que vous avez essayé de garder le contact et comment est-ce que vous vous êtes organisé ?
- Speaker #4
Avec notre association, nous avons fait du distanciel, donc on a créé des réunions téléphoniques pour pouvoir échanger autour des difficultés. Donc là, les difficultés, c'était les parents devenaient enseignants, ils devenaient périscolaires, ils devenaient restaurateurs. Et là, je ne vous cache pas qu'en plus de leur activité professionnelle... Certains avaient maintenu encore une activité professionnelle. La charge mentale de l'ensemble de ses parents devenait très importante. D'autant plus parfois aussi, quand on parlait de différence homme-femme, pour les femmes ça devenait parfois très très difficile. Donc même si on essaye de dire que les pères sont toujours impliqués, la réalité n'est peut-être pas celle qu'on imagine.
- Speaker #2
Parfois des fois aussi des changements de mentalité.
- Speaker #4
Oui, ça nécessite un travail à long terme. Je sais que dans notre groupe, sur les 10 où on se réunit régulièrement, je suis le seul représentant masculin. Donc on voit bien que, même si peut-être en sous-marin, ils sont toujours présents les pères, mais ce n'est pas toujours aussi facile que ça.
- Speaker #2
Sur ces 17 ans, est-ce que vous avez vu une évolution justement sur cette question ?
- Speaker #4
Euh... Les choses évoluent au cours du temps parce qu'on l'a répété plusieurs fois, parce que c'est noté dans les comptes rendus de conseil d'école. Et donc au fur et à mesure du temps, il y a une évolution des situations d'apprentissage avec de l'investissement dans les bâtiments, de l'amélioration de l'hygiène des bâtiments. Parce que ça, ce sont quand même des éléments hygiène qui est quand même un élément important pour la CPE parce qu'on s'aperçoit que... Beaucoup d'enfants ne vont pas au sanitaire régulièrement dans les établissements parce que les conditions de ces sanitaires ne correspondent pas à leur attente. Donc ce sont des combats qu'on continue et qu'on persévère, mais les résultats parfois sont à année plus un, année plus deux. Alors quand on regarde sur 17 ans, oui, on voit l'évolution, mais lorsqu'on reste par exemple que trois ans, parfois on se dit mais à quoi ça sert ? Et ça, c'est un peu dommage parce qu'il faut avoir une projection un peu plus longue. Mais ça reste quand même aux acteurs, que ce soit le Conseil national ou aussi aux mairies, de pouvoir travailler avec nous par rapport à nos besoins ou aux besoins de nos enfants. Et il faut nous écouter, on est prêts à les écouter, mais il faut aussi qu'ils nous écoutent. Donc en fait, s'ils ne veulent pas nous écouter, on ne sert peut-être pas à grand-chose. Et donc c'est là l'enjeu de ce Conseil d'école, pour que les différents points de vue soient respectés et soient compris.
- Speaker #2
D'un point de vue plus personnel, comment est-ce qu'on arrive à maintenir une implication aussi intense pendant 17 ans et gérer aussi à côté peut-être une carrière personnelle ? J'imagine que ça demande beaucoup de temps et beaucoup d'implication là pour le coup.
- Speaker #4
Comme je vous ai dit, c'était pas pour réussir, c'était pas linéaire en fait. Donc en fait ces cas de rupture sont nécessaires pour se repositionner, se ressourcer et après repartir. C'est pas parce que pendant 3-4 ans il y a eu une baisse d'activité que j'étais toujours là. J'étais toujours là, mais en faible activité. Et au fur et à mesure, suivant les besoins du moment... Donc là, il y avait un besoin. Il y avait un besoin sur la commune, où ils avaient besoin d'un président, en quelque sorte, qui soit un peu plus... Parce qu'ils faisaient une présidence qui tournait tous les ans. Donc ça, c'était bien, parce que ça dispatchait le travail. Mais en termes de représentation auprès de la mairie, c'était un peu plus compliqué. Donc il fallait une certaine durabilité. Donc j'ai pris cette durabilité, et je ne vous cache pas qu'il y a des choix qui sont faits. Donc je suis moins dans les conseils d'école. En revanche, grâce à nos réunions, on sait bien ce qui se passe, on est bien au courant, et je laisse travailler fortement mes collègues, parce qu'on a décidé que c'était comme ça. Donc je fais travailler mon équipe, entre guillemets.
- Speaker #2
On dispatche les rôles. Merci beaucoup David Lacaye de la FCPE de Liouron. vous propose maintenant de... Passer à notre agenda des structures. Alors, je ne vois pas Agnès Bonin, elle est derrière la vitre parce qu'il y a des mesures, évidemment, pour le confinement. Mais elle nous entend. Bonjour, Agnès.
- Speaker #11
Bonjour.
- Speaker #2
On part donc sur cet agenda des structures.
- Speaker #11
Voilà. Alors, avec la rentrée et suite à cette période un peu particulière, la majorité des structures qui accompagnent les familles ont repris leurs activités à peu près normalement. Par exemple, sur ces prochains mois, vous pouvez retrouver des ateliers code club. qui redémarrent en plusieurs lieux du département, à Autrive, Jaillans, Sauls, à Valence par exemple, qui est animé notamment par le service de réussite éducative qu'on a entendu témoigner ce matin. Donc c'est des ateliers pour les 8-12 ans pour apprendre à coder en s'amusant. Et vous pouvez retrouver tous les renseignements sur les jours et les lieux sur le site de l'UDAF, www.udaf26.fr. L'association Jumeaux et Plus propose une permanence le samedi 3 octobre de 10 à 12 heures dans les locaux de Ludaf de rue La Pérouse à Valence pour proposer un temps d'échange entre fans. familles de fratries multiples pour les épouser dans leur quotidien et leur démarche. Là encore, on parlait d'implication parentale, ce sont des bénévoles, parents qui se trouvent dans ces situations. L'association Famille Rurale de Châneau-Curson vous propose un temps de rencontre sur le thème « Enfants, ados, parents, vivre ensemble avec le numérique » . Ça se passera le 9 octobre à 18h45 au Centre de Loisirs de Ausha. La réservation est conseillée au 09 71 45 40 58. Quand on parle du 9 octobre, je crois bien, mais M. Lacaye pourrait nous le confirmer, qu'il y a justement l'élection des parents d'élèves. Donc c'est important de se mobiliser ce jour-là pour aller voter pour les parents qui vous représenteront au sein des établissements. L'association Chemin de naissance a redémarré également ses cafés naissance. S'ils ont lieu tous les deuxièmes mardis de chaque mois. Donc en octobre, ça aura lieu le 13 octobre à 11h. C'est un temps d'échange aussi, un temps de partage et de découverte pour voir la maternité sous un autre angle. Et c'est animé par Anne-Christine Barbecaud, qui est accompagnante à la naissance. Et puis enfin, la CAF propose à ses allocataires, un mail leur sera envoyé prochainement, une projection débat. au luxe, au cinéma le luxe autour du film Nos Batailles sur la place du père justement dans la famille, le jeudi donc 19 novembre à 20h. Voilà pour ces prochaines actualités.
- Speaker #2
Merci beaucoup Agnès pour cet agenda des structures. Ce 19ème numéro du magazine Parentalité Mon Amour touche à sa fin. Merci à vous deux de nous avoir suivis. Merci à mes invités du jour. Adélaïde Milza, chef du service réussite éducative à la ville de Valence. Merci beaucoup. On retrouve des infos sur le site de la ville de Valence.
- Speaker #3
Sans souci. Merci à vous en tout cas.
- Speaker #2
Merci à David Lacaye de la FCPE, de la Fédération des conseils de parents d'élèves à Livron. Merci.
- Speaker #4
Merci à vous.
- Speaker #2
Merci à la CAF de la Drôme et à l'UDAF 26 de nous avoir accompagnés, de nous épauler. Merci à Raphaël Terribilé pour la réalisation de cette émission. Merci à Bastien Hénard à la coordination. Le prochain Parentalité, mon amour aura lieu en novembre. Je vous rappelle que cette émission a été produite et réalisée dans les studios de Radio Omega à Valence. Elle est multidiffusée sur les radios associatives drômoises de Soleil FM. RDI, Radio Saint-Féréol et Radio Royan. Vous pouvez réécouter cette émission en intégralité sur les sites internet de Radio Mega, www.radio-mega.com, sur le site de la CAF et de l'UDAF, également sur le Soundcloud. Je vous souhaite une très belle après-midi sur Radio Mega. A très bientôt dans Parentalité, mon amour.