Speaker #0L'enfant que j'étais ? J'étais un enfant heureux. Je rêvais d'être égalité avec mes collègues, mes petits camarades d'école. Eux, je voyais qu'ils venaient avec leur papa à l'école. Et moi, je rêvais de ça dans le fond. J'étais le seul petit enfant, le petit mec de ma famille. J'avais tout plein de cadeaux. J'étais le seul mec, donc j'étais un peu valorisé. Transmission du nom, tout ça. Tu vois, donc ça allait super bien, j'ai été au Sénégal avec mon oncle et tout. Genre j'étais un enfant, mais super heureux, tu vois, genre je voulais ça, paf, je l'avais. Mes oncles, mes tantes, ils faisaient tout pour pas que je manque en fait de mon père, tu vois. Ah moi j'ai toujours été extraverti, le mec c'est trop sociable et tout. Pas des bonnes notes, pas des mauvaises notes, mais j'aime bien faire rire et tout. La bagarre, j'aime bien. Voilà, du coup dans la cour, je me bagarre. des fois il y en a qui m'ont piqué des billes du coup je leur dis c'est mes billes, ils me disent bah non donc euh Je me bagarre avec eux, pour des billets. Je m'entends mieux avec les animaux que les humains. Les humains, c'est pas très fiable. Le chien, le chat, ils sont là s'ils t'aiment, tu vois. Popeye, c'était le chien, c'était le chiot de la chaîne de ma tante. Donc il était vraiment dans la famille. Et puis un jour, ma mère apprenait jamais Popeye. Et puis un jour, elle a dit je vais le promener. Et puis elle est jamais rentrée avec Popeye. Et Popeye, il s'est fait bouffer par un husky comme ça, genre. Parce que ma tante, elle voyait que j'étais trop triste, en fait. Et du coup, elle m'a acheté Doudou. Et là, 16 ans de bonheur, c'était génial. Doudou, c'était vraiment mon frère. C'était vraiment mon meilleur pote. C'était un yorkshire. Toujours, j'adore les yorkshires. Si je devais reprendre un chien, je prendrais un petit bichon. Et mon oncle, en vrai, je l'adore. Et je l'adorais toujours. Parce que c'est quelqu'un de toujours jovial. Il avait des copains noirs, arabes et tout. Même s'il était blanc, je m'identifiais un peu à lui. Il écoutait du reggae. Et puis, c'est bête. Ça va te faire rire, mais c'est ma réflexion de gamin. Je ne comprenais pas pourquoi la clope de maman est puée et la clope de tonton a senti bon. Dans mon esprit d'enfant, la clope de tonton, elle a toujours senti bon. Elle était toujours cool et tout. Puis du coup, en plus, la clope de tonton est poussée dans la chambre. C'était agréable. Du coup, je ne comprenais pas. Je me disais, mais pourquoi maman, elle va au tabac ? Et mon oncle, du coup, il... Je me souviens d'un moment où j'avais vu un Pikachu et tout, et j'avais fait une crise, et ma mère, elle ne voulait pas me l'acheter, mon oncle, il me l'avait acheté, tu vois. Du coup, il gagnait mon cœur comme ça. C'est génial, mon oncle. Il faisait des câlins, la bagarre. Puis j'étais mauvais joueur, je lui mettais des gros coups, puis après, il me faisait mal. Tu sais, rapport de force, tu vois, équilibré, que je ne pouvais pas avoir avec ma mère, du coup. Chez lui, j'avais ma chambre, tu vois. J'avais ma chambre et tout C'était ma deuxième maison Puis il m'a toujours dit Je pourrais pas avoir d'enfant Du coup moi dans ma tête Tu pourras pas avoir d'enfant Puis d'un coup, il me dit, je vais avoir deux enfants. Puis là, du coup, ma tante et tout, ma tante, du coup, la sœur de ma mère, elle se met à acheter des cadeaux que moi, j'aurais pu avoir pour eux et tout, et tout, et tout. Puis moi, j'ai moins de cadeaux et tout. Ah bah, je le prends mal. Puis là, dans ma tête, je ris, je dis, ah ouais, vous voulez... Vous voulez pas me voir, vous voulez plus me voir. D'accord, ok. je vais pas faire de bruit mais vous me verrez du coup je suis en vacances chez lui et euh Et du coup, je n'ai vraiment pas digéré le fait que je vais avoir des cousins et tout. Et donc, du coup, je me dis, je vais être invisible et tout. Et puis, lui, il dit, j'ai trouvé un caméscope et tout. Du coup, un jour, au moment où il est à l'assiette, je prends le caméscope, je le mets dans la valise. Sauf que ma tante, elle allait faire la valise, tu vois. C'est ce qui est logique. Puis, je ne vais pas réfléchir. Ce n'était même pas pour le voler. Je ne comptais pas le vendre ou quoi. Mais c'était juste pour montrer que j'étais là. Mais lui, en fait, il n'a pas compris. lui il a pris ça comme trahison mais en fait pour moi C'était lui qui m'avait trahi. Pour lui, c'est moi qui l'ai trahi. Alors oui, je l'ai trahi, mais en fait, ce que je veux dire, c'est que parfois, on n'agit pas parce que... Si, parce que ça. On agit parce que c'est la conséquence d'eux. Mais on ne le comprend pas tout de suite. Ça, je l'ai compris peut-être 5 ans après, tu vois, 5-6 ans après. mais sur le moment t'agis tu sais pas pourquoi et la vraie question c'est est-ce que tu restes bloqué sur ça ou est-ce que t'avances et tout même si t'as pas les réponses genre Bah Booba en fait il est arrivé lorsque j'avais 9 ans, j'ai quitté Paris et ce qui est très drôle en fait avec Booba, c'est que chaque musique m'a servi tout au long de mon apprentissage de la vie, même si j'ai pas fini, mais concrètement Ma Couleur j'ai dû l'écouter 100 et une fois par exemple par rapport au racisme. Pitbull aussi, il dit quand tu te fais voler... Tout ton goûter, les trucs comme ça, enfin voilà, Chocobé N, Sale Noir, ma génération, des trucs comme ça, moi je l'ai entendu, Sale Noir, moi on m'a dit Sale Noir, retourne dans ton bananier. J'avais 14 ans, tu vois. Ça m'a fait mal, tu vois. Et du coup, quand t'écoutes Booba, tu te dis, bah oui, il est passé par ça aussi et tout. Puis du coup, tu te dis, putain, s'il est passé par ça, moi aussi je peux y arriver. En fait, c'est simple, en fait. Le racisme, déjà, il est déguisé. C'est là, en fait, où j'ai compris que pour les blancs, j'étais noir. Et pour les noirs, j'étais blanc, en fait. Et donc, du coup, dans ma place de métis, c'était compliqué de trouver ma place dans cette société, tu vois. Genre, ça, c'est un vrai switch dans ma tête. En fait, je ne suis pas blanc, je ne suis pas noir, ma place, elle n'est nulle part. Du coup, il faut juste que je navigue entre les deux eaux. Et en fait, au départ, le racisme, c'est pas genre « Ah, t'es noir » , tu vois. C'est genre on te regarde comme ça, puis on va pas trop te parler, tu vois. On va dire « Eh, t'es noir » , et tout, et tout. Puis on va faire des sous-entendus, « Est-ce que t'en as une grosse ? » , et tout, tu vois. Parce que du coup, normalement, t'es noir, tu vois. C'est plein de petits trucs comme ça, mis bout à bout, qui font que... Puis après, du coup, c'est une déferlante. C'est « Pot de Nutella » au collège. du coup moi après vu que j'aime pas ça et que je suis en conflit interne je me bagarre Je me souviens d'un mec, en fait, j'ai pris sa tête comme ça et je l'ai mis dans le mur. J'ai eu la tête de nez. J'ai été viré du coup de l'école et tout. T'imagines, t'es un garçon. Donc déjà, tu cherches ta place de garçon. Après, tu dois chercher ta place d'homme dans la société, tu vois. T'as pas d'exemple, tu vois. C'est compliqué. Tu grandis qu'avec ta mère. Du coup, elle te, entre guillemets, elle t'éduque comme une fille. Parce que du coup, elle sait pas, tu vois. sauf qu'on a beau dire ouais égalité et tout on n'est pas pareil ça c'est un mythe et en plus de ça bah du coup t'es deux couleurs Et ta mère, elle est blanche. Donc du coup, ça fait vraiment très, très... Tu nous as trahis. Fais aller avec un noir. C'est un peu l'arche-mât, comme on dit. Genre, en vrai, on se rend pas compte, mais manquer d'un parent, c'est manquer d'un tout, en fait. Tu sais, encore une fois, c'est de balancer... Moi, j'ai été élevé à la dure. Des fois, on me met des coups de torchon, c'est tout. Tu sais, pour rigoler. Moi, quand ma mère était énervée, elle était énervée. c'était la ceinture et puis tu fais remettre ta bouche C'était Juliette, et Juliette, je la connais très bien, Juliette. Ça faisait clac, clac, tu pleures pas. Tu pleures pas. Donc, OK, je pleure pas. Puis du coup, quand t'as été élevé comme ça, on te dit, t'as mal, tu pleures pas. Bah, en fait, qu'est-ce qui te fait vraiment mal ? Bah, ouais, il y avait les assistants sociaux, mais c'est encore une fois, demander et tout, tu sais, c'est pesant. Dans tous les cas, prendre des médicaments, et puis dans tous les cas, il y a une trame, en fait, de dépression. Je pense que c'est surtout le contexte familial. Et d'ailleurs, c'est pour ça aujourd'hui que j'ai coupé avec ma famille. C'est que c'est des gens à emmerder. En fait, tu ne peux pas leur parler. En fait, ils veulent avoir raison. Donc du coup, des gens qui veulent avoir raison, c'est des gens qui gueulent. Et des gens qui gueulent, c'est des gens qui ont déjà perdu. c'est des gens pas intéressants en fait ils savaient pas parler Ça n'a été que gueuler, ils pensaient toujours être le meilleur, et puis aujourd'hui, quand tu regardes leur vie, ils sont au même stade qu'il y a 10-15 ans. Et du coup, en fait, c'est pas des personnes... En fait, genre, aujourd'hui, je l'admets, j'ai une tendance à fuir le conflit, parce que j'ai compris que ça ne servait à rien, tu vois, dans ma mif et tout. Genre, toujours à gueuler. Tu sais, c'est pas la communication. Tu vas faire une soirée, il suffit que tu aies mis un coup dans la table, ça aurait versé un verre d'eau Oh mais t'es trop... Nanani nanana Puis là c'est parti, mais toi qu'est-ce que tu parles et tout Oh lala Mais je pense qu'on est beaucoup à vivre ça, tu sais En fait ils communiquent pas C'est comme dans un couple, si la communication elle est pas bonne, voilà Quand on rappelle à ta mère que t'es dépressive, mais qu'est-ce que tu vas faire de ta vie et tout Bah elle, ça fait des tours et puis voilà quoi Ouais c'est simple, elle est la troisième fille d'une famille de six enfants C'est la dernière des filles. Et du coup, à 16 ans, elle se fait violer. À 15-16 ans, elle part à un voisin. Et du coup, elle va voir sa mère. Déjà, elle a eu du mal à accepter et tout. Et elle va voir sa mère. Et sa mère, elle lui dit, mais t'es une menteuse. Et elle la tape comme ça avec ses chaussures et tout. Et du coup, depuis 16 ans, ma mère, elle a vrillé. Elle est partie à Paris pour se faire un peu de sous et tout. Et puis après, elle a fait beaucoup d'intérims et tout. Puis du coup, émotionnellement, elle n'était pas stable et tout. Du coup, elle a fait des mauvaises rencontres. Et du coup, ça l'a emmené dans une spirale mentale qui l'a emmené vers la dépression. La dépression qui a emmené vers la fibromalgie et qui a emmené vers la mort. En fait, moi, ce que j'ai compris, c'est que la plupart des viols et tout, déjà, c'est les proches. Genre, c'est les proches. Et en fait, c'est honteux de le dire. et en fait tu sais j'ai constaté ces dernières années les gens préfèrent vivre dans le mensonge que dans la vérité C'est plus doux en fait à accepter, tu vois, c'est... Ouais, même si c'est une petite tension, bah ouais, mais c'est plus facile à accepter que la vérité, parce que la vérité, bah ça éclabousse, ça fait peut-être saigner, ça crée des pleurs et tout. En gros, je crois, quand on est arrivé à ma mère, de 11 ans jusqu'à, je crois, 15 ans, je le reste du cœur, au secours pompe et tout. Mais c'est même pas que je la vois, c'est que je suis avec elle et tout. Genre moi, au Restos du Coeur, j'y suis allé moins de fois. Et j'ai aucun problème. Et moi, d'ailleurs, à chaque fois que je vois des gens qui font, on va dire, je sais pas, Palomone, la maraude, tu sais, pour les Restos du Coeur et tout, mais moi, je leur dis merci. Parce qu'aujourd'hui, j'y ai pas encore, tu vois. Mais je leur dis merci et tout. Genre, je suis capable de parler avec eux et tout. Mais moi, je sais que je veux faire, je veux beaucoup d'argent. pas pour moi mais parce que je veux aussi donner et tout Moi, je suis un enfant de la République, tu vois. Genre, sans les aides, sans tout ça, sans les restos, je serais pas là, tu vois. Bien sûr que oui, mec, c'est dégradant. Bien sûr que oui. Il n'y a même pas de question. C'est ultra dégradant. Tu vois, genre, c'est... Je sais pas, t'as des points. Trois points, ça équivaut à deux steaks, tu vois. T'as genre 20 points, quand t'arrives, pof, et puis tu répartis ça, voilà. Et en fait ce qui s'est passé c'est que j'étais avec un pote On va l'appeler Alex, comme ça, on va pas... Et en fait, avec Alex, on faisait toujours des petites conneries, pour trouver des endroits pour faire des soirées. Et là, il me dit, ouais, vas-y, demain, on se voit. Donc, c'était samedi, on se voit, on prépare une petite soirée pour dimanche et tout. Je dis, bah, vas-y. Et du coup, avec Alex, on se retrouve en ville et tout, à ma mère. On se dit, qu'est-ce qu'on peut faire pour trouver de la thune et tout. Puis, on se balade et tout. Puis là, il me dit, mec, il y a le sac de la vieille. il me dit on se retrouve là là et je me mets à courir. Et là, je prends le sac et je me retourne pas, tu vois. Et là, je tends comme ça, tu vois. Genre, mec, ça m'a peiné de ouf. Mais je me suis dit, faut que tu cours. Du coup, je cours, je cours, je cours. Et là, je vois, y'a pas mon pote. Du coup, je continue à courir et tout. Là, y'a un monsieur qui se met à courir derrière moi. Je le regarde. Je monte une petite barrière, comme ça. Hop. Je cache le sac. Puis je redescends. Je me souviendrai toujours, c'était... J'en rigole aujourd'hui, mais c'était un moment très marquant. Du coup, après avoir pris les empreintes et les photos et tout, genre je suis descendu de la gendarmerie avec les manottes comme ça en regardant ma mère, tu vois. C'était un moment, mec, ça m'a... J'ai fait, ah ouais, là, j'ai merdé, là. Là, j'ai merdé. Du coup, je me fais arrêter par le flic et tout. Je rentre chez moi le soir. et en fait du coup c'était au mois de mai Et du coup, lorsque il y en a qui faisaient leur rentrée à l'école, moi, je rentrais en fait en... Comment on appelle ça ? Je passais en jugement. C'était début septembre, tu vois. Et du coup, je passe en jugement. Et tellement ça avait choqué ma mère, elle avait perdu sa voix. Genre vraiment devant la jugement. Genre elle n'avait plus de voix, tu vois. Genre vraiment, elle était éteinte, tu vois. Donc déjà, ça a été un gros choc et tout. Et la juge, elle m'a dit qu'en gros, j'avais 50 sur 6. donc si je faisais une connerie et du coup à 16 ans Je passais deux ans en prison pour mineurs et trois ans en prison pour adultes. Ouais, mais parce qu'en fait, juste avant, faut pas oublier que j'ai fait des bagarres. J'ai envoyé des fois des mecs à l'hôpital. Au fait, au fur et à mesure du temps, ils ont mis des dossiers. Comme ça, paf, paf, paf. Au-delà de cinq ans, parce que je m'en battais les couilles, c'est le fait de ne pas être à côté de ma mère. Genre, de ne plus être à côté de ma mère. Ça, ça m'a fait mal. Je me suis dit, ah ouais, non, je peux pas laisser ma mère. Quand j'arrive au Mans et tout, je... Je rencontre des mecs qui sont sympas et tout. Puis, ils ont la clope que tonton a parce que la clope de tonton, elle sentait bon. Et j'ai beau se rappeler ça parce que ça, c'est vraiment... C'est dans ma tête. Et donc, du coup, au fur et à mesure du temps, ils me disent « Ouais, ben attends, tu peux faire et tout. » Je dis « Ah ouais, et tout. » Du coup, je commence à rentrer dedans. Mais c'était bon enfant, quoi. Tu me ramènes le temps et tout. Bam, bam. OK. Ben, vas-y. Puis après, j'ai commencé à bien faire le truc. Puis après, j'ai eu des plus gros bouts. Je disais, ah non, non, non, non, t'arrêtes et tout. Et après, je disais à mes potes, ouais, venez manger à la maison. Eh, si elle te demande, c'est toi qui as fait les courses. Voilà. Moi, je sortais et tout. Je te dis, je devais gagner, je comptais même pas, mais je devais gagner quasiment comme les profs. Ah bah oui, c'était facile. C'était vraiment facile, tu vois. Moi, je coupais mes petits trucs en cours et tout. La prof, elle était là, je mettais ma trousse, hop. je me mettais comme ça Voilà, à 10h j'avais vendu, j'avais peut-être fait 500 balles, hop, après il y avait 16h, fallait se préparer. Bah oui mais surtout je trouve que la France elle est hypocrite en fait. Genre les études elles le montrent, il y a au moins 70% des gens qui ont déjà fumé un joint. Voilà en fait on est le pays le plus grand consommateur de drogue en France, et je parle même pas que de cannabis, de drogue en général. Tous les jeunes le week-end ils se la mettent avec de l'alcool, mais le cannabis c'est mal. Moi encore, c'est court, mais je sais que là je vais aux croisettes et je connais des gens de près ou de loin. Du coup, ça te remet dans la spirale et tout. C'est tellement facile. Mais on le voit tous avec les salades des slums, pourquoi il est isolé ? Toi aussi. Si la prison ça servait à quelque chose, ça ferait longtemps que ça aurait changé. Quand je jouais avant le bac, du coup j'ai perdu tous mes cheveux. Et du coup je me suis dit, bah du coup j'ai quand même eu mon bac par chance, je te la fais bref quand même. Et du coup bah là j'ai pris vraiment un an, une année sabbatique pour juste travailler sur moi. Genre pendant cette année là j'ai que travaillé sur moi, je jouais à LOL et voilà je pensais à rien d'autre, j'avais pas envie qu'on m'embête et voilà, point barre. C'était mon moment à moi. Après, j'ai fait de l'intérim. Et là, j'ai découvert le marketing de réseau et surtout le développement perso, ce qui m'a permis aussi de connecter, d'avoir des réponses à des questions que je n'avais pas, vu que j'ai grandi sans père. Et en fait, le développement perso, ça m'a grave aidé. Ça m'a permis de connecter. En fait, qu'est-ce qu'était la confiance, l'estime, le regard des autres. Et aujourd'hui, en fait, avant mon alopécie, j'étais un bad boy. genre mec, battez les couilles mec J'avais défoncé un mec en plein milieu de la ville et tout. Genre, social proof, j'étais bon, tu vois. Genre, en plus, je m'y cravais. Donc, entre guillemets, j'étais un bon boy et tout. Puis, en 15 jours, j'ai perdu tous mes poils. Le choc. Genre, je deviens vulnérable façon, tu vois. Je me suis isolé. Je suis resté chez moi. Et après, je me suis dit, qu'est-ce que je vais faire ? Attends, je suis sociable et tout. Du coup, après, je suis ressorti. je dis que j'avais des cancers Du coup, les gens, ils avaient pitié. Puis du coup, vu que j'étais vulnérable, je disais, je vais mourir. Et tous les gens, ils me payaient des coups. Tu vois, je jouais de tout ça. Et en fin de compte, après, j'ai accepté. Et maintenant, bon, j'ai pas de cancer. J'ai juste une alopécie. Et c'est ma plus grande force. Genre, en fait, faut se rendre compte que j'ai tout perdu, mec. Genre, j'ai... Mec, quand tu perds tes cheveux, mec, tu perds ton identité. J'ai même pas de poils. J'ai pas de barbe, j'ai rien, mais sur les bras, j'ai pas un poil. Mec, tu veux me faire mal comment ? Mec, j'ai perdu ma mère. J'ai perdu ma mère. C'est de la plus grande douleur que tu pourras avoir toute ta vie. C'est la personne qui t'a mis au monde, tu l'enterres. A 24 ans. Mais qu'il n'y a plus rien qui peut te faire mal. Il n'y a plus rien qui peut te faire peur, il n'y a plus rien qui peut te faire mal. quand toi t'attends qu'on te dise c'est bien mon chéri et tout moi je me le dis tout seul mais quand t'as perdu ta mère Surtout dans ta construction en fait. Tu vois, quand t'as rien construit et tu la perds. Quand tu perds à soit 50, 60 ans, ça fait mal, c'est normal. Mais c'est la vie. Quand tu perds à 24 ans, quand t'es en train de construire. Le mec, j'ai eu mon BTS, elle était pas là. Elle m'a pas dit c'est bien Loulou, je suis fier de toi, tu vois. Le mec, plus rien peut faire mal. Mais après, c'est le plus grand drame, mais c'est le plus beau aussi à la fois, tu vois. Je suis un peu philosophe parce que, en fait, tu vois, moi, ma mère, tu vois, elle était dépressive, tu vois. Elle marchait, elle était comme ça, elle avait mal au dos et tout. J'allais chercher des médicaments et tout, mec. J'étais vraiment aidant, tu vois. Vraiment, mec, 100%, tu vois. Et mec, j'imaginais, parce que du coup, on avait un appartement au duplex, tu vois. Du coup, sa chambre était en haut. Et j'imaginais qu'elle monte dans sa chambre, qu'elle glisse, qu'il y ait du sang, que je la retrouve en train de... Et mec, elle s'est endormie le lendemain de Noël. Avec sa couette et tout, mec. la boucle est bouclée j'ai plus rien à faire sur Terre je peux partir sur un an Mec, je le vois juste ça, comme ça, tu vois. Et c'est pour ça que je suis pas triste et tout, mec. Pour la petite anecdote, quand les croque-morts sont arrivés et qu'ils sont venus chercher ma mère, ils vont pour la porter et je leur dis comme ça, faites attention, elle a mal au dos. Comme ça, tu vois, ma tante, elle a brillé. Qu'est-ce que tu racontes ? Mon pote, il explose de rire, moi je rigole, le mec, il savait pas et tout. Je lui dis, bah non, mais c'est bon, de toute façon, c'est fait. mais par contre après j'ai tout fait mec j'ai porté la housse j'ai porté Le brancard, j'ai mis le brancard dans le camion, j'ai fermé la porte du camion, j'ai tout fait de A à Z. J'ai tout payé de A à Z et tout mec. Mec je m'en suis même pas rendu compte mais avec le recul je me dis waouh, je sais jamais ça. Genre tous les soirs j'avais un pote, une pote au téléphone ou j'avais un pote qui venait dormir ou un pote qui venait manger. Je me rappelle d'un soir j'avais un pote qui, c'était au tout début où ma mère est décédée, je me souviens d'un tout genre. J'avais un pote qui dormait chez moi et du coup, je vais les réveiller et tout. Bref, il répond pas parce qu'il dort, bah du coup, voilà. J'appelle mon autre pote au téléphone et je parle avec lui, et t'as mon autre pote qui se réveille, puis on fait une discussion à 3, et il était 4h du matin, tu vois. Bah ils ont... Du coup, j'ai mon pote, il est rentré d'Espagne pour me voir, ma mère, elle est décédée, il a même pas passé de temps avec ses parents et tout, il a passé quasiment toutes ses vacances avec moi. Genre, vraiment, ils ont fait un cocon, j'ai ma meilleure pote, elle a... Son père, il a donné 80 euros pour qu'on puisse manger tous un KFC, tous ensemble et tout. Ouais, c'est ça. Ça a toujours été ma deuxième famille. Parce que même quand je voyais ma mère souffrir, j'allais souvent voir mes amis. Ça me permet de penser à autre chose et tout, tu vois. Ils ont une grande place. Après, cette année, je me suis séparé quand même beaucoup d'amis aussi et tout. Parce que du coup, les chemins font que voilà, quoi. Mais je n'oublierai jamais tous ceux qui ont été là et tout. Je suis reconnaissant parce que sans eux, je ne serais pas là. Même quand ma mère est décédée, même mon oncle, il pensait que j'allais échouer, que j'allais finir en taule. J'ai fait des conférences. J'ai fait du théâtre. J'étais assureur. et du coup ils ont pas supporté, ils ont arrêté de me parler en fait ils pensaient tous Ils pensaient tous que vu que j'avais dealé et fait des bêtises, ils pensaient tous que j'allais y retourner. Donc, ça leur a donné un pouvoir sur moi, en fait, de gueuler, de parler sur moi. C'est vraiment un mec minable. En fait, j'ai fait tout l'inverse. Du coup, le meilleur moyen qu'ils ont trouvé, c'est de ne plus me calculer. Parce qu'en fait, je mets en face d'eux leur inaction, en fait. Moi, j'agis, en fait, pour mon présent. Je ne suis pas condamné, en fait. C'est vous qui vous condamnez, tu vois. D'être aligné, tu vois. cette vision en fait c'est Encore une fois, c'est cette notion d'alignement. Et ça vient pareil quand tu fais du mal. Quand tu fais du mal, tu ne fais pas du mal aux autres, tu te fais du mal à toi-même. Genre le mec qui met une patate à sa meuf, il n'est pas plus fort. Non, c'est une grosse merde et il le sait. C'est pour ça qu'il s'en prend à sa meuf. Il y a des gens qui sont violents par leurs actes, il y a des gens qui sont violents par leurs paroles, il y a des gens qui sont violents par leurs pensées. Peu importe, on est tous violents. aujourd'hui si la question c'est est-ce que j'arrive à me canaliser oui je suis beaucoup moins Je suis beaucoup moins dans le jeu, en fait, je connais ma valeur. J'ai pas besoin d'être violent, en fait. En fait, je connais ma valeur. Je sais que je peux faire mal aussi bien dans la force que dans la parole et c'est pas du tout l'objectif. Moi, je suis là pour apporter. Par contre, si on manque de respect, je sais me défendre aussi bien verbalement que physiquement. Mais je suis pas du tout... En fait, j'ai pris de la hauteur. J'ai compris qu'aujourd'hui, les gens violents, c'était des gens qui avaient déjà perdu. Moi, je suis pas un perdant, moi, je suis un gagnant. Et je me suis toujours dit, je ne suis pas passé par tout ça pour rien. Bah mec, je suis pas légitime à écrire, c'est pour ça que j'ai pris une coach pour m'aider à aboutir à ce livre-là, parce que mec, je suis pas du tout légitime. Qu'est-ce qui fait que je suis légitime ? C'est juste ma vision de moi, tu vois. Mais encore une fois, c'est dur d'être légitime quand t'as pas de repère. Non mais voilà, on a tous peur d'être légitime. Bon, j'ai pleuré. Je pense que ça suffit comme réponse. J'ai pleuré. Après, mec, dans tous les cas, faut faire des choses dures. Et moi, en fait, j'ai ce syndrome en mode, mec, j'ai plus rien. Je me dis, je peux pas rien laisser sur cette terre. Moi, j'ai vraiment ma mission de vie, en fait. Aujourd'hui, c'est d'inspirer, transmettre. J'ai vraiment envie d'impacter des vies. Aujourd'hui, je vois tellement de gens qui passent à côté de leur vie, tu vois. Sincèrement, il y a tellement de gens qui passent à côté de leur vie, qui vivent à travers le regard des autres. Tu vois, c'est pour ça que j'ai écrit ce livre, pour dire, putain, mais réveillez-vous, en fait. Je suis pas là pour sauver tout le monde Mais si j'ai sauvé une personne déjà, ce sera génial. Non, on change pas, mec. On a toujours cette trame en nous, mec. On a toujours l'ADN. Moi, j'ai toujours ce bad boy en moi, tu vois. Tu sais, quand t'es ying, yang, tu vois, je l'ai toujours. En fait, on change pas, mec. On évolue. En mode, ça la mèche. Ça la mèche, mec. Il crache toujours du feu. Mais quand il devient drapeau-feu, il le contrôle plus et il a plus de puissance. en fait il a appris à maîtriser son pouvoir Je pense qu'on a tous un pouvoir, mais qu'on ne maîtrise pas, parce qu'on a peur de brûler les autres. Non mais c'est vrai, par contre c'est réel. Au départ on est tous salamèche, mais on fait pouf. On brûle toute la baraque, on a peut-être brûlé les milles, mais par contre quand on a 18 ans, on fait pouf. Et puis là on brûle la forêt, et puis on permet à des gens de se chauffer. Est-ce qu'il y a une citation que tu aimes bien ? Une de Booba, mec. Plus le combat est dur, plus la victoire est belle. Qu'est-ce qui aujourd'hui fait que tu vas faire des choses légales et pas des choses illégales ? Parce que je suis dracofeu, je suis pissé à la mèche. Comment t'aurais imaginé là, quand t'étais gamin, si t'avais dû faire un peu de prison ? Ça aurait été une expérience, bonne ou mauvaise, je sais pas, je l'ai pas vécu. Après je pense que ça m'aurait endurci, mais ça aurait pas changé le fond de la personne avec qui j'étais, un enfant blessé qui cherchait des réponses à des questions.