- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Parlotte, le podcast qui vous parle de design autrement. Je suis Claire, graphiste et directrice artistique. Mon métier, c'est d'accompagner les marques dans la création d'images de marques fortes, cohérentes et mémorables. Les trois premiers épisodes de Parlotte ont été pensés comme une extension de mon livre blanc sur l'intégration de l'illustration dans le branding. Aujourd'hui, nous allons explorer comment l'illustration peut créer des expériences visuelles ludiques, immersives et engageantes, particulièrement dans le domaine des jeux. et des jouets. Nous verrons comment cet univers créatif permet de construire des mondes visuels uniques qui nourrissent des stratégies de marque tout en captivant l'imaginaire. Et pour en parler, je suis ravie d'accueillir aujourd'hui Gouénaëlle Dudek, illustratrice, autrice et coach d'artiste plus connue sous le pseudonyme de Goué. En tout cas, merci beaucoup Goué d'être avec nous sur le podcast. Je suis ravie de t'avoir.
- Speaker #1
Pareil, moi aussi. Je suis très enthousiaste du sujet qu'on va aborder aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est ça, moi aussi. Du coup, dans un premier temps, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Bien et fatiguée. J'ai eu une semaine particulièrement intense au travail, mais ça va bien.
- Speaker #0
Ok, bon, parfait. Est-ce que déjà, pour commencer, est-ce que tu peux te présenter un petit peu, nous parler de ton parcours ? Alors, je sais qu'il est riche, ton parcours, parce que tu fais beaucoup, beaucoup de choses, donc on va aborder un petit peu tout ça. Mais est-ce que tu peux nous parler de ton parcours ? Comment déjà t'es venue à l'illustration ? Et en plus de ça, de l'illustration jeunesse.
- Speaker #1
Oui, effectivement, je vais essayer d'être synthétique parce que ça fait déjà 25 ans que je travaille en freelance. Donc moi, l'illustration jeunesse, j'ai eu, j'ai découvert, bien que je lisais beaucoup, beaucoup de livres enfants, j'adorais ça, ça et les dessins animés. Je n'avais pas capté en fait, quand j'étais gosse, qu'on pouvait en faire un métier. Et c'est vraiment quand j'ai fait mes études d'art appliquées que j'ai découvert déjà la discipline de l'illustration. Et du coup, l'illustration jeunesse, ça a été une révélation. Je me suis dit, c'est exactement ça que je veux faire parce que ça répondait déjà à ma sensibilité de l'époque. J'adore les livres pour enfants, pour toute la fantaisie que ça apporte, le champ des possibles infini sur l'imaginaire et la créativité. Donc, j'avais vraiment envie de développer ça, mais en fait, ce n'est pas du tout arrivé tout de suite parce que je n'avais absolument pas le niveau. Donc moi, quand je me souviens, la première fois que je suis allée au salon du livre de Montreuil, j'avais quoi, 19 ans ? Je suis repartie en pleurant parce que j'ai réalisé que je n'étais pas du tout au niveau. Donc j'ai un peu mis ça de côté. Les 10 années qui ont suivi ma sortie d'école, j'ai été graphiste. Je me suis mise en freelance très rapidement. En fait, j'ai dû connaître le salariat à peine 6 mois chez Publicis. Et puis après, j'ai travaillé en freelance et ça a vite très bien marché. au point où je me suis associée avec une amie parce qu'on avait beaucoup de travail. Mais j'essayais en tout cas dans le cadre des prestations. Alors moi, j'étais spécialisée dans l'identité visuelle, dans le secteur de la mode, de la musique et de la restauration. Donc il y avait quand même beaucoup de travail et des petites entreprises qui avaient besoin d'identité visuelle. Mais dès que je pouvais, j'essayais d'y mettre de l'illustration en fait. Ce n'était pas que de la mise en page, de la création de logo. j'essayais déjà dans les mises en page d'apporter de l'illustration. Donc petit à petit, en fait, je m'exerçais, je pratiquais. Et donc voilà, ça c'est les dix premières années. Mon associé est parti faire le tour du monde très longtemps. Et du coup, je me suis retrouvée seule à la barre et j'ai fait mon premier burn-out. C'était très dur parce que je me suis retrouvée avec beaucoup trop de boulot pour mes petites fraises d'épaule. Et en fait, pour me remonter de cette période où j'avais vraiment plus du tout d'énergie, je me suis dit la seule manière de remonter la pente, c'est de faire des choses que t'aimes. Et donc, j'ai commencé à encore plus dessiner pour moi, faire des choses pour enfants. Donc, je me suis amusée à faire à l'époque des paper toys, parce que ça me plaisait, parce que j'aimais bien l'objet, j'aimais bien le volume. Et le hasard a fait que j'ai rencontré la marque Co-Campat à cette époque, qui développait justement du jouet en carton. Et donc du coup, ça tombait bien, je venais d'en faire à la maison. Donc ils ont édité mes premiers jeux carton. Et l'avantage de Coq en pâte, en fait, c'est qu'ils sont très, très reliés par la presse, très médiatisés. Donc en fait, mon travail a été visible d'un instant à l'autre. Et c'est comme ça que mes premières commandes sont arrivées en jeunesse. Donc j'ai eu une commande avec Florus pour du loisir créatif. Et ensuite, justement, j'ai Jeannot, donc la marque de jouets. qui m'a aussi contactée au moment où j'allais accoucher, peut-être 3-4 jours plus tard de mon bébé. Mais j'ai quand même répondu oui à l'appel, parce que c'était vraiment des rêves qui se réalisaient à ce moment-là. Et donc, j'ai accouché de mon bébé. bébé et quatre jours plus tard j'étais en train de créer des boîtes à musique et j'ai bien fait de répondre à l'appel parce qu'en fait voilà moi je travaille avec Jeannot depuis l'âge de ma fille ça fait 14 ans voilà et donc merci beaucoup et du coup donc bah j'ai complètement basculé je n'ai plus du tout été graphiste à cette époque là j'ai eu que des commandes en jeunesse donc en en presse, beaucoup d'éditions, du loisir créatif et du jouet. Et au final, je pense qu'à ce jour, je dois avoir créé presque 70 livres. Je suis aussi directrice artistique. Je crée la mascotte du magazine Graou chez Maison Georges Éditions. Donc ça, c'est un travail récurrent où je fais vivre ce petit chien tous les deux mois dans le cadre de ce magazine. Et ça, c'est encore sur un tronçon de 10 ans que tout ça est arrivé. J'ai fait mon deuxième burn-out. Avant mes 40 ans, qui était un peu plus personnel. Et là, parce que j'en avais marre de produire beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'images en jeunesse. Je me suis dit, ce n'est pas possible, tu ne peux pas faire que ça toute seule dans ton coin jusqu'à tes 70 ans. Et pour plein de raisons, parce que j'ai un grand parcours parallèle en thérapeutique et développement personnel, je me suis installée en tant que coach aussi, parallèlement. j'ai commencé à accompagner les gens, justement, à... à oser faire des choix pour eux, à les accompagner dans leur vie amoureuse ou dans leur vie professionnelle. Et de fil en aiguille, en fait, maintenant, je suis vraiment devenue coach d'artiste. Et maintenant, j'accompagne beaucoup d'artistes en groupe, spécifiquement, à vivre pleinement de leur art. Parce que moi, ça fait 25 ans que je fais ce métier. Donc, je suis tombée dans tous les pièges dans lesquels il fallait tomber. Et je partage toute mon expérience et toute mon expertise aujourd'hui. pour permettre aux artistes de vivre correctement et même très bien de leur activité artistique dans un monde qui les précarise quand même énormément. Voilà, ce n'était pas un court résumé, mais tu as quand même l'essentiel.
- Speaker #0
C'est ça, voilà, le vaste domaine d'activité que tu fais, c'est entre illustratrice, autrice et aussi coach d'artiste, parce que certes, tu fais des illustrations dans le domaine de l'univers, en tout cas des jeux, des jouets et enfants également. Plutôt jeunesse, parce que les illustrations enfant, teen, on dit plutôt que c'est la culture visuelle, c'est pas forcément un style, c'est vraiment le public cible en tout cas, qui est à qui c'est destiné. Et c'est vrai que ton travail reflète aussi tout ça. Qu'est-ce qui t'a donné envie de faire de l'illustration jeunesse, en tout cas de cibler, par exemple les éditions Nathan, on parlait des magazines Georges, si je dis pas de bêtises. Donc qu'est-ce qui t'a donné envie aussi de faire ça ? Est-ce que c'est... Pour le plaisir des enfants ou est-ce que c'est plutôt pour nourrir ton enfant intérieur ?
- Speaker #1
Oui, ben voilà, merci d'avoir emboîté le pas. Alors c'est terrible, c'est pas que je m'en fiche des enfants, c'est pas vrai, je les adore. Mais je ne le fais pas du tout pour eux, je le fais pour moi. Et on ne va pas se mentir, il me semble que tous les artistes ne créent que pour eux. Donc oui, ça a répondu à des besoins d'une petite fille intérieure, ça c'est sûr. J'ai eu à la fois une enfance très heureuse et une enfance très chahutée et très violente aussi parallèlement. Et en fait, le jeu a été un refuge pour moi à l'époque et la créativité également. Et finalement, aujourd'hui, adulte, effectivement, j'avais le choix de continuer à me créer cet espace sécure avec ces jolies maisons colorées, ces personnages tout mignons, qui sourient, qui sont gentils. Il y avait vraiment quelque chose en moi qui avait besoin encore dans ce monde difficile de... D'avoir un espace, une zone de jeu, une zone de couleur, une zone de paix qui s'installe à chaque fois que je crée un dessin. Moi, j'ai quand même un amour pour la couleur. Et c'est vrai que de jouer avec la couleur, rien que ça, en fait, toute la journée, et avec les formes et les matières, comme les enfants, en fait. C'est vraiment comme ça que j'aborde mon boulot. C'est que je compose des images. Et donc, je joue avec les couleurs et les matières. Et ça, ça m'occupe tout le temps. le temps et ça m'apaise énormément.
- Speaker #0
Oui, ça te fait du bien au-delà de nous, du point de vue extérieur, qu'on peut avoir aussi de l'esthétisme que représente une illustration, les couleurs ou les formes. Toi, tu retrouves vraiment ton univers à cet intérieur et tu vas retranscrire réellement ta personnalité aussi à travers tous ces projets, ce qui en fait des projets hyper enrichissants. Honnêtement, ton travail est incroyable sur ce que tu fais sur les illustrations, que ce soit aussi sur les oracles. Tu as un vaste domaine d'illustration, on en reparle encore, mais c'est vrai, tu ne te limites pas à l'illustration jeunesse, même si aujourd'hui, on est là pour parler un petit peu d'illustration jeunesse. S, on est là pour parler sur ce que ça peut avoir par rapport aux marques. Donc moi, ma première question, c'est comment l'illustration peut-elle en fait devenir un levier stratégique pour toi, pour renforcer notamment l'image de marque d'un produit, par exemple, ou l'image de marque dans sa globalité ?
- Speaker #1
Alors, pour le jouet, là je vais plutôt parler du jouet parce que pour l'édition, on le sait, pour le livre, on essaye vraiment de... de chercher l'énergie, la pâte qui va correspondre à l'intention de l'histoire racontée. Effectivement, moi, je ne fais pas trop d'albums jeunesse, j'ai juste peu d'histoire, parce que mon graphisme ne s'y prête pas. Mon graphisme, il est beaucoup plus approprié pour des supports pédagogiques ou ludiques, ou le jouet, parce que j'ai un style très graphique qui se... qui est plus appropriée à la pédagogie et surtout à la petite enfance. Voilà, moi, ça, ce n'est pas un choix. C'est venu un peu comme ça. Moi, j'aime bien travailler en petite enfance parce que c'est simple. En fait, j'aime bien aussi trouver moi-même des systèmes où je ne vais pas y passer des plombes. Je m'ennuie très vite, en fait. Et donc, j'ai besoin de varier les plaisirs, les sujets. Ce que j'adore avec tous les projets d'éveil, c'est que... On peut vite faire des choses qui marchent très facilement parce que c'est très graphique, il y a peu d'éléments, il faut que ce soit très impactant visuellement, donc c'est finalement assez souvent épuré. Moi, ça me va bien, parce que ça me permet de proposer une sacrée variété, et ça répond à mon style. Moi, j'aime aussi pouvoir choisir mes éditeurs, déjà parce que je ne correspond pas à tout le monde, mais aussi parce que certaines lignes éditoriales répondent à... à mes besoins d'expérimentation. C'est vrai que tout aura entendu. Moi, j'aime vraiment les formes très graphiques, les couleurs très tranchées. J'aime bien qu'il y ait une petite référence un peu vintage, tout ça. Donc, ça me va quand la ligne éditoriale peut correspondre à ça parce que ça me donne un super terrain de jeu. Après, en ce qui concerne les besoins, les leviers, comme tu dis, marketing, c'est ça, et éditoriaux, finalement. Pour le jouet, pour les marques de jouets, alors oui, moi je pense que mon style répond bien et bien adapté au style de jouet, toujours pour les mêmes raisons, parce qu'il y a quelque chose de simplifié. Le jouet en majorité, en tout cas pour la marque Jeannot, en grande majorité, on est quand même sur des jouets d'éveil petite enfance. Donc là, il y a des besoins de motricité, il y a des besoins de pédagogie, des besoins d'éveil justement. Donc le jouet et l'illustration dans le jouet, ce qui est génial. c'est qu'en fait, avec le volume, ça donne vie vraiment à un objet. Donc la fonction objet va être de stimuler les sens, que ce soit visuel, olfactif, tactile. Mais en plus, évidemment, les enfants ont une appétence au jeu, à la transformation qui est immédiate. Donc il y a une bonne interaction entre les besoins pédagogiques d'apprentissage et en même temps, la stimulation de l'imaginaire. qui va vraiment être favorisé par les illustrations parce que tout d'un coup, on crée des univers. Et l'avantage avec le jouet, c'est qu'il y a du volume et qu'en plus, du coup, on peut participer, on peut jouer avec les autres, on peut jouer avec ses parents, on peut emporter son jouet. Le livre, il y a quelque chose de plus cocooning, plus intérieur, plus sage, plus personnel. Le jeu, vraiment, on s'empare de l'objet et donc, plus il va être vivant parce qu'il y a des personnages qui le soutiennent, parce qu'il y a des masses ou des couleurs qui sont très franches. plus il va attirer les enfants. Donc voilà, en tout cas, eux, ils vont vraiment pouvoir stimuler leur imaginaire pour ça et prendre du coup beaucoup de plaisir parce que ça soutient en fait leur propre créativité. Par rapport au livre, ce qui est bien, c'est que le jouet rend aussi d'autres formes d'accessibilité à l'apprentissage parce qu'on n'a pas besoin de savoir lire. Donc déjà, il peut y avoir beaucoup d'interactions avec un jouet sans la lecture dans un premier temps. Et puis après, pour les marques spécifiquement, si elles sont orientées dans un certain secteur, plus le choix illustratif va être mémorable, attractif, avec un fort impact, un fort parti pris visuel ou autre, plus ça va justement ancrer leur identité visuelle. Donc finalement, le choix de leur illustrateur, va aussi refléter leur ligne éditoriale ou en tout cas leur engagement produit. On va vraiment identifier, on voit bien les marques de jouets, elles ont chacune un peu leur teinte, leur univers, leur technique. Et on sait les différencier par le choix des illustrateurs qui va être fait en amont.
- Speaker #0
C'est ça. Et tu parles aussi du coup de différents secteurs. Donc l'illustration pour toi peut aussi servir les marques du coup sur l'extension un petit peu de leur branding ou de leur stratégie ?
- Speaker #1
Oui, après ils peuvent s'en servir s'ils veulent faire de la licence par exemple, ou s'ils veulent appuyer, si par exemple il y a un code couleur qui s'en réfère. ils vont pouvoir l'utiliser sur leur support du communication. Moi, typiquement, cette année, on a développé une gamme de jouets roulants et de tapis et de petits personnages en bois. Et du coup, ils vont vraiment se servir de cette gamme-là pour habiller leur salon, pour faire la couverture de leur catalogue avec cette image-là. Ils vont vraiment faire vivre les jouets, effectivement, dans leur campagne de publicité, par exemple.
- Speaker #0
Maud, tu parlais aussi tout à l'heure de créer un lien. que l'enfant avait cette appétence pour créer facilement les liens avec le jouet, aussi avec ses parents et que c'était vraiment un vecteur, un peu comme la fameuse colle entre les parents et l'enfant. Pour toi, comment tes créations vont contribuer à créer une expérience immersive et engageante ? Comment tu arrives à créer ce lien, notamment avec tes illustrations et le style illustratif peut-être, qui peut en découdre ?
- Speaker #1
Ce n'est pas moi, en fait. Ce ne sont pas mes illustrations qui vont faire ça. c'est Là, c'est la conception du designer qui va faire... C'est le style de jouet. Par exemple, un puzzle, on s'en fout que ce soit du gouet ou quelqu'un d'autre. Le parent ou l'enfant choisira tel style parce que ça répond à quelque chose chez cette personne. Ça fait écho. Mais ce n'est pas moi qui vais faire le succès d'un jouet. C'est la fonction du jouet. Donc, quelque part, là, c'est le choix de la marque de me dédier. tel support, pour me dire, toi là, ton style, il va bien coller sur ce jouet-là, parce que ça s'y prête. Parce qu'il y a des contraintes techniques aussi, par exemple, donc voilà, moi, mon style va se prêter à l'éveil, toujours pareil, parce que j'utilise des masses de couleurs en aplat. Si on est sur quelqu'un qui va faire des illustrations avec beaucoup de matière, beaucoup de peinture, ça va moins pouvoir se décliner sur des supports en volume, par exemple. Donc, c'est pas moi, c'est vraiment le produit. qui fait la jouabilité dans l'interface familiale.
- Speaker #0
Et par exemple, pour toi, est-ce que l'illustration, elle peut humaniser aussi une marque, transmettre des émotions ? Tu parles de couleurs depuis tout à l'heure aussi. Comment, en fait, pour toi, l'illustration rend un outil ou un support de communication beaucoup plus ludique ou encore, va, encore une fois, humaniser la marque ?
- Speaker #1
Parce que ça raconte une histoire, en fait. C'est-à-dire que... Merci. Typiquement, surtout quand il y a des personnages ou des animaux humanisés. Évidemment, là ça répond à un besoin primaire. Si vous mettez deux points, un sourire, le cerveau a capté qu'il y a une présence et donc qu'il y a une interactivité possible. Donc évidemment, un jeu qui va être que des masses de couleurs versus un jeu où il va y avoir des personnages, on va tout de suite, et spécifiquement les enfants, aller vers là où il y a de la vie en fait. Parce qu'on est comme ça, parce qu'on est des êtres sociaux. Et donc, on va se tourner vers là où on va avoir du personnage. Et je pense que plus il y aura d'humour, plus il y aura de joie, plus c'est par là qu'on va aller aussi. Et donc, je pense qu'effectivement, il y a aussi des palettes de couleurs qui répondent plus à ce besoin de joie que d'autres. Et il y a des attitudes de personnages qui ont plus des attitudes espiègles, ou rigolotes, ou mignonnes, selon ce qu'on cherche. Parce que par exemple, si on fait un doudou, ça va être plus approprié d'avoir un petit personnage extrêmement mignon, vu la fonction du doudou, plutôt que quand on va aller sur un robot ou un dinosaure pour aller nourrir le besoin de guéguerre, des petits garçons, sans vouloir faire de généralité. Mais en tout cas, ça donne vie à leurs intentions de jouer. Ok.
- Speaker #0
Donc pour toi, ça engage forcément quelque chose aussi chez soi. Est-ce que les adultes ont aussi cette envie, peut-être pour toi, de se pencher également sur quelque chose de plus personnifié ? Est-ce que tu penses que l'illustration, actuellement, elle revient un petit peu en force aussi pour les marques ? On le voit dans les publicités aujourd'hui, dans les magazines aussi, c'est beaucoup plus utilisé. Est-ce que pour toi, c'est cohérent ?
- Speaker #1
Aïe ! Oui, effectivement, moi je suis très contente qu'il y ait un boom de l'utilisation de l'illustration dans les supports de publicité. Il y a plusieurs réponses, effectivement, ça donne un autre... une autre ambiance, un autre univers à une marque, à un produit, à un sujet, à un support. Je pense qu'on a une culture visuelle, en fait, à force d'être baignée dedans. Malgré nous, même si on ne sort pas d'une école d'art, etc., on commence à avoir un souci, en fait, du visuel. Il y a un goût qui s'aiguise, donc on se lasse très vite. Donc peut-être qu'avec l'illustration versus les photos, il y a un champ des possibles de communication qui est beaucoup plus élargi. Là, ce qui me vient, par exemple... C'était à l'époque Ish et Karr, c'était deux graphistes qui utilisaient beaucoup l'illustration. Pour le coup, ils utilisaient l'illustration 3D. Ils avaient fait une campagne de pub pour les bonbons qui se coulent. Ils avaient fait deux personnages un peu monstrueux qui avaient vraiment des têtes de con. Et en fait, ils devenaient complètement zinzin en mangeant ce chewing-gum. Moi, je m'en souviendrai toute ma vie parce qu'ils avaient des tronches papos, parce que c'était hyper drôle ce deuxième effet qui se coule, dont je me souviens encore 30 ans plus tard. Voilà, mais des exemples comme ça de mascottes, en fait, on utilise énormément, on le voit. Alors, il y a beaucoup de ratés. Par exemple, dans le foot, ils adorent ça, utiliser des mascottes. Celle de les JO cette année, c'était absolument abominable. Et en revanche, on voit bien que... Le personnage, l'illustration, en fait, il y a un côté friendly que, évidemment, toutes les marques préfèrent avoir pour susciter l'affectif, en fait, pour donner envie d'acheter à la fin, on est d'accord. Peu importe, mais il y a quand même, évidemment, il me semble qu'on va aller plus facilement toucher le cœur des gens si c'est drôle, si c'est doux ou si c'est fun ou si c'est coloré que si c'est plus dark. Après, ça dépend avec ça.
- Speaker #0
Si tu as un impact émotionnel derrière, au final, que d'autres marques, en n'utilisant pas l'illustration, ne peuvent pas forcément non plus toucher. Et tu as un impact aussi visuel et émotionnel, surtout. Ça rappelle ce qu'on a connu en soi quand on était enfant, les fameux livres illustrés, les émissions également. Il y a ce rappel un petit peu à l'enfance aussi, en tant qu'adulte, qui est très chouette avec les illustrations. Et la personnification de la marque aussi joue un rôle assez clé. dans le choix du consommateur aussi.
- Speaker #1
Oui, et puis le côté un peu artiste, pièce unique, tu sais, il y a beaucoup de pâtissiers, de cuisiniers qui font appel à un illustrateur un peu connu pour justement dessiner leur recette ou dessiner l'environnement de leur marque. Je pense à La Durée ou à tous ces marques un peu de luxe qui font appel à des illustrateurs connus pour un peu brander, faire des featuring comme ça d'artistes pour un peu personnifier un... un objet en fait, ou une marque.
- Speaker #0
C'est trop chouette ! Est-ce que tu peux nous parler aussi d'un projet que tu as pu faire, où ton travail a contribué justement à renforcer cette image de marque, que ça soit sur un magazine, que ça soit sur un jeu ou un jouet ? Est-ce que tu as un projet d'illustration qui te vient en tête, qui a contribué à renforcer l'image de marque ?
- Speaker #1
Ben, Graou Magazine ! puisque là...
- Speaker #0
Juste derrière toi,
- Speaker #1
en plus. Oui, derrière moi, oui. Puisque c'est vraiment un personnage mascotte qu'on retrouve sur les couvres des magazines tous les deux mois. Et à l'intérieur, on suit ses aventures et du coup, on s'en sert aussi pour les supports de jeux, etc. Alors, il n'y a pas que Graou. Le magazine Graou, ce n'est pas du tout que lui. Il y a plein d'autres super illustrateurs qui collaborent dans ce magazine. Et du coup, ça cohabite très bien. C'est une porte d'entrée, Graou, pour présenter plein d'autres univers. Donc là, moi, c'est ça qui me vient le plus spécifiquement. Alors là, très bientôt, pour le coup, ça va sortir là dans les quelques jours à venir. J'ai travaillé, enfin je travaille avec la marque MAPED, qui sont les stylos, crayons, papeterie. et du coup qui ont choisi de refaire toute leur identité visuelle de leur packaging avec des personnages à moi. Donc on n'est plus du tout sur les photos des feutres et machin, il y a toute une ribambelle de gamins, en fait, de visages, d'enfants, in situ avec ses crayons, un peu, on a appelé ça, enfin c'est la colo en fait, et donc c'est comme une colonie de vacances, où on va retrouver plein de gamins un peu espiègles et impertinents qui vont s'approprier le feutre ou le support, et donc ça, ça typiquement. C'est un vrai choix de marque, de brandé à partir d'illustrations. Voilà, pour te donner des exemples qui me viennent très récemment.
- Speaker #0
J'ai hâte de voir quand ça va sortir et ce à quoi ça va ressembler, c'est trop bien. Mais en tout cas, vraiment, c'est super de t'avoir sur le podcast et de pouvoir échanger justement à ce sujet. On va parler un petit peu aussi de l'illustration. Donc, ce n'est pas uniquement esthétique. On en parlait, ça véhicule beaucoup. Il y a beaucoup de choses également derrière. Et comme tu le disais, c'est aussi un moyen de raconter une histoire. Comment l'illustration, elle devient un vecteur de storytelling dans tes projets ?
- Speaker #1
Alors, tu vas te décevoir. Déjà, ce n'est pas mes illustrations qui sont vectrices de storytelling, puisqu'en fait, la plupart du temps, on m'appelle pour illustrer quelque chose. Donc, c'est plutôt moi qui m'adapte à l'histoire, en trouvant la posture juste, le décor qui va bien. le personnage qui pourrait le plus correspondre à l'intention ou au dialogue en question. Quand je crée quelque chose, c'est vrai que j'ai aussi, je te dis ça, mais j'ai aussi écrit des livres d'éveil. C'est un espèce de ping-pong en fait. C'est-à-dire que j'écris l'histoire et donc du coup, je commence à poser un peu les images. Je n'ai pas de réponse à ça dans le sens où c'est très intuitif. Tout est très intuitif et l'énergie à la fin qui sort d'un livre, d'un jouet, je ne l'ai jamais décidé en fait. Elle se fait d'elle-même au fur et à mesure. Et donc je ne m'explique pas, déjà je ne peux pas prévoir le résultat final, c'est impossible. Et je ne m'explique pas pourquoi tout d'un coup, à 5 mm près, le personnage va prendre vie ou ne va pas prendre vie. Voilà, je ne peux pas te dire pourquoi je vais arrêter. telle forme là parce que là c'est bon ça tient et donc l'histoire elle se raconte un peu toute seule c'est pas quelque chose que je décide c'est vraiment il y a une intuition en fait là dedans tu as vraiment ce côté intuitif aussi et que tu vis la chose comme tu l'expliquais aussi c'est tu le fais aussi pour toi et
- Speaker #0
tu le fais tu suis un petit peu la narration qu'on te propose mais tu le tu te l'adaptes tu te l'approprié au final sur sur ton processus tout en
- Speaker #1
Respectant le cahier des charges. Voilà. C'est-à-dire que des fois, je pourrais aller plus loin pour me faire plaisir moi, mais je vais sortir du cadre. Moi, le cadre, ça me fait du bien parce que ça me donne un espace de jeu. Moi, j'aime bien la contrainte. Je trouve que plus il y a de contraintes, plus le brief est contraignant, plus on est libre de faire des trucs super. Quand on a trop carte blanche, je pense que c'est risqué.
- Speaker #0
Ça peut effectivement perdre un petit peu. Est-ce que tu t'autorises à faire des projets aussi que pour toi ? qui n'ont pas forcément de but particulier ? Est-ce que tu fais de l'illustration uniquement pour toi, pour ton plaisir personnel ?
- Speaker #1
Alors, j'avais vachement perdu ça parce que comme j'ai beaucoup de travail, je n'avais pas envie de me remettre au travail après. Et en même temps, j'ai senti que oui, j'ai perdu le goût de la création puisque mon travail s'est transformé en production un peu rentable aussi. Enfin, voilà, j'étais soumise à la commune. Donc, je me suis beaucoup, pendant des années, écartée. du plaisir de créer. J'ai renoué il n'y a pas très longtemps, c'est depuis peu, ça doit faire un an, avec le collage intuitif, l'abstraction, la peinture abstraite, le dessin abstrait. Voilà. Donc, rien de figuratif, aucune illustration et que de l'intuitif avec beaucoup de couleurs. J'ai encore réduit mon truc où je ne veux pas raconter d'histoire dans mes créations. Je veux juste vivre le processus créatif, et ça j'adore. Et ça, ça me fait vraiment beaucoup de bien. Ça me donne beaucoup d'énergie pour revenir à la contrainte après de la commande. Donc maintenant, c'est très précieux pour moi de faire ça.
- Speaker #0
Du coup, tu parles de processus créatif. Est-ce que tu peux nous décrire un petit peu ton processus créatif ? Alors, lorsque tu travailles sur des projets, tu nous le disais, ton processus créatif, quand tu fais des choses pour toi, tu ne te mets pas de contraintes. Tu te laisses un petit peu aller à la création, tu vois ce qui vient, etc. Mais comment ? Tu décrirais ton processus créatif quand tu travailles sur des projets d'illustration pour les jeux et les jouets ?
- Speaker #1
C'est un peu un système. Je pense qu'on a chacun un autre. Plus on pratique, plus on a des... J'ai une espèce de banque de données dans mon cerveau maintenant, qui est avec beaucoup de réflexes. Mais j'ai mon processus créatif. En fait, dès que j'ai une commande, je visualise un peu l'ensemble. Il y a quelque chose qui se dessine dans ma tête, je sais un peu où je vais. Après, très concrètement quand même, je découvre. coupe mes images, je me dis bon là il va se passer ça et après quand je me mets sur une image, c'est quand même mieux de faire des crayonnés moi je fais quand même, je le faisais pas avant je travaillais directement avec la couleur mais maintenant je trouve que je préfère faire des crayonnés pour être bien sûre de ma composition et puis après je suis sur la mise en couleur mais à l'époque où je faisais pas les crayonnés j'aimais bien en fait composer mes images puisque ce que je te disais, moi c'est vraiment sur la couleur, mon processus créatif il est vraiment sur une espèce de danse avec je pose une masse de couleurs, du coup j'en pose une autre et je vois comment ça cohabite. Et c'est de la même manière que je fais mon collage intuitif, c'est exactement la même chose. C'est des équilibres de masse et des équilibres de couleurs avec lesquels je travaille. Ça, c'est mon processus créatif. Et quand la masse est équilibrée générale, avec évidemment tout ça, avec le personnage, le décor, la palette de couleurs, tout ça, il y a un moment où je me dis ça y est, ça tient. Mais on est vraiment sur quelque chose comme ça, un espèce de mille-feuille ou plutôt de puzzle. C'est plutôt du puzzle de masse que j'équilibre jusqu'à ce que j'assemble et je vois à la fin comment ça circule. Oui,
- Speaker #0
tu travailles progressivement en fonction aussi, petit à petit. Comme un puzzle, on assemble les pièces à la fin pour que ça soit finalisé. Et comment tu parviens à rendre ton illustration unique et engageante, tout en répondant également aux besoins des marques ?
- Speaker #1
c'est que j'ai quelque chose d'unique qui émane de moi que je ne cherche pas à faire. Comme nous tous, en fait. On aura beau essayer de copier, on ne sera jamais comme. Et donc, plus on essaye justement d'être spontané, c'est un équilibre entre je m'adapte aux tendances, je suis touchée par des influences qui me parlent, et en même temps, il y a quelque chose qui se passe à travers moi, qui fait que c'est moi. Mais ce n'est pas avec ma tête que je le décide.
- Speaker #0
J'ai remarqué quand même que ça marchait mieux quand j'avais envie que quand j'avais moins envie. Parce qu'il y a des commandes qui me plaisent moins, c'est arrivé, et c'est plus poussif et à la fin, ça se voit. Donc voilà, il y a moins d'envie. Donc c'est très très lié au désir en fait, c'est très lié à l'intention, au cœur, mais c'est pas quelque chose qui se décide avec la tête. Et à la fin, ça donne un résultat que je n'ai pas cherché. Et c'est pour ça que j'aime mon métier, c'est pas ce qui me surprend. Je me dis « Ah ouais, bon ben voilà, c'est fini, c'est cool. » Ou « Ah ben non, c'est nul. » Mais bien souvent, je suis contente. Quand je suis minima, je suis contente. Mais je n'étais pas partie pour faire ça à la base. Jamais vraiment. Un petit peu, mais pas vraiment.
- Speaker #1
Et tu ne décides pas ?
- Speaker #0
Non, je ne le décide pas. Et je ne le décide pas. Et il y a vraiment, je me faisais la remarque, et plusieurs personnes qui connaissent mon travail savent que c'est moi, mais parce qu'il y a plus une énergie qui émane qu'une décision vraiment... décider avec la tête ça non je croyais vraiment quelque chose qui prend vie un peu comme nous en fait on sait pas pourquoi on est on prend envie en fait il ya quand même quelque chose d'un peu des murges dans la vie mais il ya quelque chose de des murges aussi avec pour moi avec la
- Speaker #1
création c'est hyper enrichissant hyper intéressant en tout cas toute la manière dont tu racontes également ton parcours et ton processus créatif et la manière dont tu as de de produire les illustrations plutôt de les vivre je dirais plus qu'à les produire encore une fois on va revenir un petit peu à ton parcours parce que de tout à l'heure avant qu'on commence à enregistrer tu me parlais de sens créatif donc tu es chroniqueuse récemment donc tu partages également ta vision, tu fais certaines chroniques, est-ce que tu arrives à t'organiser aussi avec toute la masse de travail, parce que tu parlais tout à l'heure de, un petit peu d'automatisation de la création, que ça t'avait pesé, est-ce que tu arrives quand même à te dégager un petit peu de temps, à te ressortir un petit peu de ça
- Speaker #0
Oui, j'ai appris aussi, suite à ces burn-out, etc., à remettre beaucoup, beaucoup de temps de repos, d'amusement, de respiration. Donc, typiquement, le sens créatif, c'est vraiment quelque chose qui vient rompre ces journées plus concentrées, bien que je sois très concentrée. Quand j'écris ma chronique ou que je l'enregistre, mais ce n'est pas du tout la même énergie, ce n'est pas le même sujet. Donc du coup, ça me fait vachement bien. Moi, j'ai énormément besoin de me diversifier. Plus j'ai de diversification dans mes créations, plus j'ai d'énergie, plus j'ai de dynamisme, plus je suis créative en fait. Donc là, moi, j'ai appris à gérer mon organisation et pour le coup, je suis devenue très organisée. C'est justement le sujet de la dernière chronique de Sens Créatif. Je parle de ça, comment je suis passée du burn-out parce que je n'étais pas organisée. à l'énergie préservée parce que je suis soutenue par une organisation un peu au cordeau, qui n'est pas militaire, mais qui est vraiment grâce à ça, dès que je pose les choses sur mon planning, il y a vraiment quelque chose qui est soulagé. Et donc après, toujours pareil, je me mets des cadres dans lesquels je peux jouer. Donc je sais que tel jour je vais faire ça, tel jour je vais faire ça. Et surtout, dans mon emploi du temps, je mets aussi beaucoup de temps où je ne travaille pas. Plus ça va, moins je travaille et plus j'ai de commandes.
- Speaker #1
Effectivement, tu es beaucoup plus productif aussi après. Et c'est important de s'accorder du temps, de prendre soin de soi, de pouvoir produire et pouvoir créer aussi. Vivre les choses comme elles viennent, c'est aussi important. On ira écouter la chronique. On ira être sur ton créatif. Je vais te poser encore quelques petites questions si tu es d'accord. Est-ce que pour toi, l'illustration, c'est quelque chose qui est cohérent pour les marques, notamment dans leur branding ?
- Speaker #0
Oui, je pense à fond pour un maximum de marques. Parce que là, tu vois, je pensais à un chauffagiste, des marques un peu plus reloues, un garagiste. Mais oui, moi, je pense qu'utiliser l'illustration, ça humanise en fait. Ça humanise. On sort du côté publicitaire, pragmatico-pratique. Ça crée un univers en fait. Ça crée tout d'un coup un terrain de jeu. avant. Quelque chose peut-être d'un peu froid, ça le rend beaucoup plus accessible. On peut vraiment jouer du coup avec l'illustration pour sortir du cadre un peu serré dans lequel une marque, peu importe laquelle, se trouve jusqu'à présent. Moi, je suis super, j'adorerais que... Et c'est le cas, il y a de plus en plus de marques qui utilisent l'illustration pour communiquer. Il y a vachement de pays qui sont beaucoup plus ouverts à ça. Je pense au Japon, je pense à l'Angleterre où ils sont très, très branchés illustration, où ils brandent tout, beaucoup comme ça. Et ça donne vie, en fait, à un objet, finalement. Ouais, ouais, moi, je crois qu'il y a tout intérêt à proposer ça, en tout cas.
- Speaker #1
C'est ça. Qu'est-ce que tu dirais à une marque qui est un petit peu réfractaire, peut-être, à l'illustration ? Je pense qu'il y a des domaines qui sont peut-être un peu réfractaires ou ayant des stéréotypes sur l'illustration, notamment des domaines dans l'industrie. Est-ce que tu as des choses à leur dire ? pour promouvoir le fait qu'ils utilisent l'illustration pour leurs marques ?
- Speaker #0
Oui, ça vulgarise quelque chose qui est très élitiste ou très technique. L'illustration, ça simplifie, ça rend accessible. Donc, ils vont toucher plus de monde, forcément, quand on va utiliser ce langage qui est le dessin, qui simplifie, qui réinterprète. Ça ouvre le champ des possibles et le champ de connaissances de leur domaine. Et après, c'est à l'illustrateur ou à l'agent d'illustrateur d'être convaincant et de montrer, je pense qu'une fois, à mon avis, ils ne sont pas réfractaires s'ils voient. C'est-à-dire qu'ils sont effectivement incapables de se projeter. Donc, si l'illustrateur ou l'agent d'illustrateur ou l'agent de pub a quelque chose à proposer, il faut le montrer en disant voilà ce que vous pourriez faire. Et là, je pense qu'il y a énormément de chance pour qu'ils disent ah bah ouais, effectivement, c'est quand même un peu plus fun.
- Speaker #1
Donc, autant foncer. En tout cas, c'est le message que tu veux aussi faire passer. C'est vraiment le côté illustration. Ça peut vraiment apporter un gros plus à une marque, à un objet. Ça peut donner vie, ça peut humaniser. Il y a un côté ludique aussi. On en parlait avec... On a tous un passé. On a tous aussi des choses sur lesquelles on peut se projeter. Et l'illustration, pour moi, elle a ce côté très rassurant. En tout cas, le côté réconfortant et amusement que je trouve absolument génial, où on peut vraiment s'éclater avec l'illustration, que ce soit effectivement sur les jeux, les jouets, les jeux de société, mais aussi, et pas que, ce n'est pas destiné qu'aux enfants. Les adultes aussi peuvent adorer l'illustration. Ça peut très bien marcher dans une campagne de com, dans un branding. Et je suis ravie en tout cas que tu sois là pour partager tout ça et expliquer aussi aux marques. Que oui, l'illustration, c'est un choix parmi tant d'autres. Et qu'il n'est pas le mauvais choix. Ouais.
- Speaker #0
On va même dire que c'est un très bon choix.
- Speaker #1
C'est ça. Et ça, c'est cool. On va bientôt terminer ce petit podcast. Je voulais te poser la question, quel est ton objectif de 2025 ?
- Speaker #0
Ah ben, c'est déjà bien, bien, bien entamé. Si tu le savais, moi, je suis déjà en train de planifier jusqu'à décembre. Donc, mon objectif de 2025, il est... Il est prêt depuis 2024, moi je suis plus sur un objectif 2026. En tout cas, moi cette année, je suis dans une année de grosse pérennité. Donc mon objectif, c'est de continuer à faire du jouet et à travailler sur Graou. Mais c'est surtout, moi ce que je développe beaucoup, c'est les accompagnements d'artistes, puisque je suis coach depuis quelques années maintenant. Et j'ai une formation en fait où j'accompagne les artistes à vivre de leur art et qui sont très remplis très vite. Et donc l'idée c'est vraiment d'en mener le plus possible. Mon objectif aussi c'est de créer des retraites pour artistes où on a justement à la campagne 4 jours pour expérimenter la création, pour justement sortir du digital, sortir, faire évoluer son style, partir dans des espaces de recherche. Donc ça, c'est mon bébé de cette année, ces retraites d'artistes. Et puis voilà, c'est déjà très très bien, parce qu'une fois que j'aurai fait tout ça, on sera déjà au mois de décembre. Mais là, on est vraiment sur une stabilisation de tout ça, entre le jouet, Graou, les accompagnements d'artistes et les retraites. Ça remplit. Et là, en attendant, le podcast Sens Réactif, évidemment, que j'adore. que je vais au moins honorer jusqu'à cet été. Après, on verra s'il y a une suite ou pas, mais je laisse toujours aussi la porte à des nouveautés comme ça qui arrivent et que je prends quand elles sont là.
- Speaker #1
Tu es ton propre chef, merci. Oui, c'est très important. Même ça se retranscrit dans ton travail aussi. Il y a ce côté singulier dans ce que tu fais, le côté unique de ton travail. Je suis vraiment très contente d'avoir pu discuter avec toi sur ça, d'avoir pu réchanger. Mais c'est trop chouette, en tout cas, d'avoir pu découvrir ce domaine, parce que c'est vrai qu'il y a un peu des a priori sur le domaine des jeux et des jouets, en se disant, c'est enfantin. Quand j'ai préparé le podcast, il y a des gens qui m'ont dit « Oui, mais on parle de branding, de marque. » Que les jeux et les jouets, ça correspond aussi à un public cible adulte. Et là, je me suis dit « Mais oui, il n'y a pas du tout de... Il n'y a pas une date de péremption pour ne plus apprécier les illustrations. » Au contraire.
- Speaker #0
Mais surtout qu'en plus, on ne va pas oublier un truc, c'est les parents qui achètent. Ce ne sont pas les enfants. Ce ne sont pas eux qui disent « Je veux ce jouet. » Non, non, non. C'est les parents qui se font plaisir pour offrir. parce que On ne va pas se mentir, un objet, il va traîner dans le salon, autant qu'on le trouve beau, en fait. Donc, finalement, on s'adresse vraiment aux parents. Là, sur la gamme tapis, je fais un petit aparté qu'on a fait. On a fait, sur les quatre modèles, on en a fait un très déco, pour les parents plus tatillons, et qui n'auraient pas envie d'avoir un truc multicolore en plein milieu de leur salon, mais que ce soit quand même un peu joli avec la déco, quoi.
- Speaker #1
Ouais, tu mixes la totalité, que ce soit l'esthétisme. Mais aussi la symbolique, comme on a parlé précédemment, avec ce que ça dégage, le sentiment également que ça procure chez la personne. Et c'est très cool, en tout cas, que l'illustration puisse être aussi forte dans le monde actuel dans lequel on vit. Même si, comme tu le disais, le Japon est beaucoup plus développé en illustration. Mais c'est vrai que c'est très bien, en tout cas chez nous, que ça se développe aussi et qu'on puisse apprécier ça et que les marques le proposent davantage et y pensent. quand ils refont leur branding ou encore leur support de communication.
- Speaker #0
Je suis bien d'accord. En tout cas, merci de m'avoir posé toutes ces questions que je ne m'étais jamais posées. Donc, tu vois, ça m'a permis encore de faire des petites prises de conscience grâce à nos échanges. Donc, merci. Merci d'avoir permis ça, en tout cas.
- Speaker #1
Je rêve bien, en tout cas. J'espère que tu as passé un très bon moment, que tu as pu profiter, que tu vas te reposer aussi de ta semaine, surtout.
- Speaker #0
C'est le week-end, donc c'est bon.
- Speaker #1
C'est ça. ça y est donc c'est chouette mais en tout cas merci beaucoup merci à toi d'avoir pensé à moi pour cette super interview et voilà c'est déjà la fin de cet épisode merci d'avoir écouté Parlotte si ce sujet vous a intéressé découvrez mon livre blanc sur l'intégration d'illustrations dans le branding disponible dans la description du podcast si cet épisode vous a plu n'hésitez pas également à laisser 5 étoiles et à le partager autour de vous pour ne rien manquer des prochains épisodes je vous invite à suivre la page Instagram de Parlotte à très vite pour Parloter