- Speaker #0
À chaque fois, c'est un Everest pour nous, ce sont des étapes. Une entreprise, c'est comme la montagne en fait. Ce n'est pas le sommet, ce n'est pas d'atteindre le sommet. C'est de redescendre en sécurité pour performer pendant longtemps. On n'est pas un centre de loisirs, on ne va pas descendre en tyrolienne. Nous sommes une entreprise de bâtiments, faisons du bâtiment. Donc si tu es maçon, plombier, couvreur et que tu veux faire cordiste, tu es tout à fait dans ton élément.
- Speaker #1
Salut à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode. Pour certains, la montagne, c'est une évasion, c'est le silence, c'est les sommets, c'est l'adrénaline au bout d'une corde. Mais imaginez un instant que cette passion dévorante, vous décidiez de l'amener... en plein cœur de ville, au milieu des gratte-ciels, des immeubles et du béton. C'est le pari fou d'un couple. Tout commence avec Frédéric, un mordu de haute montagne, un homme qui vit pour les sommets et à ses côtés, une femme de tête avec de belles valeurs qui va transformer cette passion en une entreprise familiale. Soit Bertin. En 2009, ils font ensemble Méthode Alpine. Leur mission, aller là où personne d'autre ne peut accéder. On parle de travaux acrobatiques extrêmes, de techniciens suspendus au-dessus du vide. de chantier impossible où la moindre erreur est totalement interdite. Aujourd'hui, SWAD est la directrice générale de cette entreprise, incroyable depuis 20 ans. Elle va nous raconter comment on gère le vertige au quotidien, mais surtout elle va briser un tabou. Comment on fait pour diriger une boîte quand son associé principal est aussi son mari ? Comment on protège sa famille quand on partage les mêmes risques et les mêmes galères 24h sur 24 ? Vous allez voir, les chiffres sont... lunaire. Le nombre de mètres gravis depuis 20 ans est juste inimaginable. Restez bien avec nous jusqu'au bout parce que le parcours de SWAD est une véritable leçon de courage et d'équilibre. Mais juste avant de vous présenter mon invité, un immense merci. On a passé la barre des 300 000 vues sur les premiers épisodes. C'est grâce à vous. Alors si ce n'est pas encore fait, abonnez-vous à la chaîne YouTube. Ça nous aide à recevoir des invités exceptionnels chaque semaine. Et pour ceux qui sont sur Spotify, Apple Podcasts ou Deezer, mettez-nous 5 étoiles en 2 secondes, c'est le meilleur coup de pouce pour l'algorithme. On retrouve tout de suite Swad Bertin, c'est parti ! Swad bonjour, merci d'être avec nous dans le studio Parole de Bâtisseur, je suis vraiment super content de te voir, te revoir, parce qu'on s'est connus il y a quelques années. Alors écoute, je vais commencer par une question parce que évidemment ton métier, ta spécialisation me fascine quand même, c'est hyper impressionnant parce que moi aussi je suis fan de montagne. Je disais que ton mari est également fan de montagne. Alors j'ai lu, et tu vas me dire si c'est vrai, c'est que tes équipes par an grimpent un peu plus de 28 000 mètres. 28 000 mètres dans les bâtiments, etc. Ça équivaut à trois fois l'Everest. Donc évidemment, ça m'impressionne. Trois fois l'Everest, donc vous faites trois fois l'Everest par an. Donc tu existes depuis 20 ans. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Comment on fait pour engraver 28 000 mètres comme ça ?
- Speaker #0
Alors, il y a deux choses dans ce qu'on a voulu exprimer avec ce trois fois l'Everest. Il y a le côté symbolique qui dit qu'on a passé avec méthode alpine trois étapes. La première, c'était la création. La deuxième, c'était la maîtrise. et la structuration. Et puis, la troisième étape, c'est la transmission. Donc, à chaque fois, c'est un Everest pour nous. Ce sont des étapes. Et puis, pour nos techniciens, effectivement, ils arpentent toute l'île de France. Ils ne prennent pas les ascenseurs. Ils montent les escaliers avec leur matériel. Parce que pour descendre sur les façades, il faut quand même monter sur le toit.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Voilà. Et donc, on a calculé que ça faisait à peu près...
- Speaker #1
28 000 mètres, trois fois l'Everest. En tout cas, c'est hyper impressionnant. Vous êtes combien de salariés en tout ?
- Speaker #0
Alors, on distingue les personnes qui sont au bureau et les personnes qui sont sur le terrain. Au bureau, nous sommes quatre et sur le terrain, on a cinq équipes. Ça varie entre quatre et six équipes, mais donc la moyenne, c'est cinq équipes formées de binômes. Donc, on est dix sur le terrain en général.
- Speaker #1
D'accord. L'aspect sécurité, c'est un grand sujet, j'imagine, chez vous.
- Speaker #0
Ce n'est pas une option.
- Speaker #1
Exactement, ce n'est pas une option, ce que j'avais écrit. Comment on vit ça quand on est chef d'entreprise ? La responsable de la sécurité de son personnel. Comment tu vis cette charge-là ?
- Speaker #0
Alors, c'est un peu comme en montagne. En fait, Métade Alpine, elle a pris son nom de la montagne, effectivement. Mais c'est aussi tout l'état d'esprit de la technicité, la performance des alpinistes. Et tu sais, en montagne, le leader, ce n'est pas celui qui parle le plus fort, qui impose. C'est celui qui... qui techniquement maîtrise son domaine, qui sécurise et qui protège son équipe.
- Speaker #1
C'est le guide.
- Speaker #0
C'est le guide, voilà. Et c'est surtout la protection de son équipe. Et alors, il y a une formation pour les cordistes, qui est divisée en plusieurs niveaux. Et dans cette formation, l'aspect sécuritaire est primordial. Chez Méthode Alpine, maintenant chez toutes les autres boîtes de cordes, puisque le métier a évolué. Il est impossible de travailler si tu n'as pas ce premier niveau CQP, donc certificat qualification professionnelle, où chaque épreuve qui concerne la sécurité, si tu les rates, c'est éliminatoire. Tu peux t'arrêter tout de suite. Les cordistes le savent mieux que moi. Il y a plusieurs niveaux de sécurité, les cordes, les harnais, tout le matériel. Il y a tout cet aspect-là qui est primordial. Ça, c'est inhérent aux cordistes. Et puis nous, en tant qu'entrepreneurs, chefs d'entreprise, on rappelle les règles quasi de manière hebdomadaire.
- Speaker #1
Vous êtes garants.
- Speaker #0
Voilà, on est garants. Et puis, tu sais, les cordistes, ils jouent leur vie. Donc, ils sont attachés à leur vie. Ils sont attachés à leurs deux cordes. Ils font attention.
- Speaker #1
Attachés à leurs cordes et à leur vie.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
C'est ton mari, comme disait Fred, qu'on salue. Oui, salut Fred. Donc, c'est lui qui est un passionné de montagne depuis tout jeune.
- Speaker #0
depuis tout jeune, il est passionné de montagne il continue d'ailleurs à faire du VTT du canyoning de l'alpinisme, on fait des randonnées on a prévu de faire une ascension au Maroc cet été voilà,
- Speaker #1
on n'arrête pas et toi aussi du coup,
- Speaker #0
c'est une passion qui a été transmise c'est une passion partagée tu sais, on se connait depuis qu'on a 19 ans 18, 19 ans, donc on en a fait des choses ensemble donc lui, il a tout de suite aimé travailler à l'extérieur il a vu des cordistes une fois à la Défense Il a cherché à savoir quel était ce métier. Il a passé le diplôme et puis il a commencé à travailler. Alors Frédéric, il a un bac pro en menuiserie. Donc il connaît bien les métiers du bâtiment. Il a fait plusieurs métiers dans le bâtiment. Ce secteur-là, vraiment, il le maîtrise. Et puis voilà, c'est un excellent cordiste. C'est le meilleur des compagnons qu'on puisse avoir.
- Speaker #1
Compagnons dans les deux sens du terme.
- Speaker #0
Dans les deux sens du terme, exactement. J'ai fait une confiance absolue. C'est avec lui que j'ai commencé. Au départ, il a commencé comme cordiste dans une grande boîte de cordes. Il n'y avait pas beaucoup de boîtes de cordes il y a 25 ans, 30 ans. Mais il s'est tout de suite senti à l'étroit. Il voulait être indépendant. Il s'est tout de suite lancé dans l'aventure entrepreneuriale. Moi, en parallèle, je faisais autre chose.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu faisais justement dans ton parcours ?
- Speaker #0
Alors, mon parcours... Moi, je suis juriste de formation avec une spécialisation en droit de l'urbanisme. J'étais plutôt vouée à travailler...
- Speaker #1
À des équilibres juridiques.
- Speaker #0
Voilà, plutôt travailler dans des administrations, des mairies avec les plans d'urbanisme, etc. Mais voilà, ça ne m'a pas beaucoup plu. En fait, j'ai adoré être étudiante en droit, mais je n'ai pas beaucoup travaillé dans ce secteur-là. J'ai surtout travaillé dans le domaine de la relocation, c'est-à-dire les expatriés qui venaient s'installer à Paris. des cadres supérieurs.
- Speaker #1
Combien de temps tu as fait ça ?
- Speaker #0
J'ai fait ça pendant 6-8 ans à peu près.
- Speaker #1
Tu accompagnais des expatriés qui venaient en France ?
- Speaker #0
Voilà, qui étaient expatriés par leurs entreprises. C'était tout de suite des grosses boîtes. Tout à l'heure, on parlait de la Farge. C'était des grosses boîtes comme ça, qui avaient des hauts cadres, cadres supérieurs, qui devaient venir faire 2-3 ans à Paris. Et il fallait un peu leur montrer quel était le mode de vie des Parisiens. trouver un logement, s'occuper un peu de leur famille, leurs épouses. Une bonne expatriation, il faut que toute la famille se sente bien. Donc, j'ai beaucoup arpenté Paris, les beaux quartiers. J'ai visité des centaines et des centaines de biens exceptionnels. J'ai eu des jeunes cadres, donc les quartiers branchés parisiens.
- Speaker #1
Tu n'as pas été tentée par l'immobilier ?
- Speaker #0
Non, je n'ai pas été tentée par l'immobilier. Non, franchement, non. J'ai bien aimé ce côté où j'étais assez indépendante, je gagnais bien ma vie en plus, et puis je rencontrais des gens du monde entier. Il y a eu un moment, je crois que c'est Saint-Gobain qui avait racheté une boîte indienne, et comme j'étais à l'aise avec les Indiens... parce que je comprenais leur culture, etc.
- Speaker #1
Tu parles anglais ?
- Speaker #0
Je parle anglais très, très bien. Je ne vais pas dire couramment, mais je parle très, très bien anglais.
- Speaker #1
Mieux que moi, c'est sûr.
- Speaker #0
Voilà. Et les Indiens me réclamaient, je ne sais pas pourquoi. Ils disaient, on veut que ce soit soit qui s'occupe de nous. Parce que je connaissais bien les quartiers aussi, Stalingrad. D'accord. Voilà. Vers la Gare de l'Est. Voilà, c'est là où ils achètent leur denrée, en fait, spécifique. Donc voilà, j'ai eu des cultures vraiment très différentes, des Allemands, des Russes. Toujours des cadres supérieurs, donc des personnes qui étaient très corporate aussi avec leur boîte. D'accord. Donc j'ai un peu côtoyé cet univers.
- Speaker #1
Et c'est en 2009, donc naît Métois d'Alpine.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Donc Frédéric, lui, entre temps, pendant que moi je travaillais de mon côté, lui, il avait déjà l'esprit d'entreprise. Et il voulait sortir du cadre du salariat, etc. Ça ne lui plaisait pas.
- Speaker #1
Il était salarié.
- Speaker #0
Il était salarié dans cette grosse boîte.
- Speaker #1
Il était étouffé.
- Speaker #0
Plus qu'étouffé, oui. Il était content d'être dehors. Sa passion pour la montagne, c'est une passion pour l'effort, la verticalité. Tout ça, il adore.
- Speaker #1
Avec des vraies valeurs.
- Speaker #0
Avec des vraies valeurs, oui. De technique, d'organisation, d'anticipation, d'étude du terrain. Tout ça, il adore en fait. Et le métier de cordiste, ça l'a séduit tout de suite en fait. Et il s'est dit, mais je vais en faire mon métier, mais je vais être indépendante dans ce rôle-là. En fait, je ne veux pas qu'on me donne des instructions.
- Speaker #1
La liberté d'entreprendre. La liberté. C'est un des sujets, justement, de notre podcast. C'est ça, c'est la parole de baptiseur. C'est ça, c'est on donne la parole à des entrepreneurs. Donc, voilà, c'est vraiment le sujet. C'est cette liberté-là qui a un prix.
- Speaker #0
Elle a un prix. Pour nous, la liberté, c'est un... indicateur de performance. Tu vois, tu as des indicateurs de performance dans ton entreprise, ton chiffre d'affaires. Le fait qu'on soit libre, qu'on dégage du temps pour nous, qu'on dégage du temps pour notre famille, qu'on dégage du temps pour aller en montagne, parce qu'on adore aller en montagne. Ça s'appelle méthode alpine, mais on aime bien les Pyrénées. Donc, aller dans les Pyrénées.
- Speaker #1
Alpine et trois petits points.
- Speaker #0
Voilà. Et la liberté, c'est un indicateur de performance pour nous, notre liberté, notre indépendance intellectuelle, notre indépendance financière, notre indépendance du temps, tout ça c'est super important pour nous et on a construit cet environnement autour de nous pour être serein et toutes les personnes qui travaillent avec nous et autour de nous doivent bénéficier de cet environnement serein pour pouvoir travailler en sécurité physique et mentale, ça c'est très important aussi pour nous, et pour pouvoir aussi vivre des moments familiaux, puisque la famille, c'est aussi un de nos socles solides chez nous, chez Métan Alpines.
- Speaker #1
On va venir justement sur le fait de la particularité, c'est que ton associé, c'est ton compagnon. C'est aussi ton mari. On en parlerait. On va en parler. Juste une chose, parce que j'imagine qu'il doit y avoir des jeunes ou des moins jeunes qui sont eux-mêmes passionnés par l'escalade ou par la montagne. C'est quoi le profil si jamais les gens veulent faire ce métier-là, se renseignent, regardent des images et se disent « moi je veux faire du voltige autour d'immeubles, dans les immeubles, etc. » « Moi aussi je veux monter l'Everest. » « Je veux monter moi aussi. » C'est quoi le profil ? Est-ce qu'il y a un profil ?
- Speaker #0
Il n'y a pas spécifiquement de profil, c'est un état d'esprit. Surtout c'est comme la montagne, on aime ou on n'aime pas. Donc il y a cet état d'esprit-là. Sylvain, je vais te raconter une anecdote. On avait voulu, il y a deux ans ou trois ans maintenant, refaire notre plaquette publicitaire et faire des petits films promotionnels pour Méthode Alpine. Et il y a un viaduc qui se trouve en région parisienne et on a appelé une boîte de com pour venir nous filmer, etc. Et dans cette boîte de com, parmi les photographes, vidéastes, il y avait un jeune. Mehdi, salut Mehdi, Frisouille, qui était photographe, et quand il nous a vus, il a dit, mais moi je veux faire ça, il fait mon contrat, avec cette boîte, il se finit dans deux mois, je veux faire ça. Alors il est sportif déjà. Coup de cœur. Donc on lui a dit, très bien, on a vu sa patronne qui était là, on lui a dit, t'es d'accord, pour le libérer un mois plus tôt, parce qu'il y a une session de formation cet été, et nous on veut bien l'envoyer à la formation. Donc elle a négocié avec lui, elle l'a libéré un mois plus tôt, on l'a envoyé en formation.
- Speaker #1
Combien de temps de formation ?
- Speaker #0
Six semaines.
- Speaker #1
Six semaines.
- Speaker #0
Ça c'est...
- Speaker #1
Assez rapide quoi.
- Speaker #0
Assez rapide, mais très exigeant sur les six semaines, ils sont...
- Speaker #1
C'est normal,
- Speaker #0
c'est une question de vie. Donc il est parti l'été et en septembre. Et là, ça fait trois ans qu'il est chez nous maintenant.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et donc, chez Méthode Alpine, on a un photographe vidéaste professionnel qui est cordiste aussi professionnel.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Comme quoi,
- Speaker #1
on peut se reconvertir.
- Speaker #0
Voilà, donc ça, c'est un premier point. Il faut quand même avoir une capacité physique, une santé physique.
- Speaker #1
C'est assez sportif.
- Speaker #0
Il faut être assez sportif, mais pas que.
- Speaker #1
L'âge, c'est quoi ton âge dans tes salariés qui font ça ?
- Speaker #0
J'ai des cordistes qui ont une quarantaine d'années. Il y a des cordistes qui ont une cinquantaine d'années qui sont venus. C'est possible. Oui, tout est possible. Parfois, on reçoit des CV, des personnes qui étaient dans la finance, des personnes qui étaient en pâtisserie, des personnes qui étaient barman.
- Speaker #1
Parce qu'on a souvent l'image, surtout à Paris... de la personne qui bosse dans la banque et puis qui finit bouchée, parce que c'est une vraie tendance, c'est une vraie réelle, d'avoir un métier qui a du sens. Mais voilà, on le dit pas assez, mais en fait, tu peux être banquier et puis finir, en tout cas continuer et te reconvertir comme Cordis.
- Speaker #0
Alors, on a eu des personnes qui pensent que Cordis, c'est juste savoir équiper des cordes. Et se mettre sur corde en sécurité. C'est ce que je dis. Chez nous, on n'est pas un centre de loisirs. On ne va pas descendre en tyrolienne. Nous sommes une entreprise de bâtiments. Nous faisons du bâtiment. Donc si tu es maçon, plombier, couvreur, et que tu veux faire cordiste, tu es tout à fait dans ton élément. Si tu fais juste de la corde pour faire de la corde, en loisir, ce n'est pas chez Métadalpine que tu vas trouver ton bonheur.
- Speaker #1
Question qui me suis venue, c'est je me demandais si jamais il y a déjà eu des accidents. Enfin, en 20 ans, est-ce que tu as déjà eu des...
- Speaker #0
Alors, on a eu un accident en 20 ans. Fort heureusement, pas grave. Mais alors, on assume la responsabilité en tant qu'employeur, parce qu'il y a toujours une présomption dans le bâtiment de la responsabilité de l'employeur. Mais à notre décharge, et ça, ce n'est pas pour nous exonérer de notre responsabilité, mais tu as plusieurs éléments de sécurité avant de tomber. Donc, c'est pour ça que tu as une double corde, c'est pour ça que tu as des bloqueurs, c'est pour ça que tu fais un nœud en bout de corde. Il y a beaucoup de choses qui te permettent. Tu peux faire une, deux, trois erreurs, enfin, tu peux faire une, deux, voire trois erreurs, mais tu seras quand même retenu en tant que cordiste. La personne a fait ces trois erreurs-là et elle est tombée, elle s'est brisée le talon. Heureusement, elle a respecté ces trois... Donc, on a assumé, nous, la responsabilité en tant qu'entrepreneurs, en tant que dirigeants. Mais franchement, ça fait 20 ans qu'on existe. On a fait travailler des centaines et des centaines de cordistes avec nous. Et on n'a eu, entre guillemets, que cet incident, cet accident qui était grave pour lui, puisqu'il a été sur des béquilles pendant plusieurs jours.
- Speaker #1
Un accident sur 20 ans ?
- Speaker #0
Sur 20 ans.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Voilà, parce que nous, on est très à cheval sur la sécurité.
- Speaker #1
Comme tu dis, il n'y a pas d'option possible.
- Speaker #0
Ce n'est pas une option, c'est comme à la montagne. Si tu veux progresser en montagne, la sécurité, c'est ce qui va te permettre d'aller au bout.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous projeter dans l'air ? Voilà, on est sur Terre. Est-ce que tu peux nous projeter dans l'air ? C'est-à-dire pour que les gens puissent se projeter de ce que vous faites. J'ai vu sur ton site, je crois. que par exemple, quand il y a un graffiti tout en haut d'un immeuble, bien haut, vous allez là où personne ne va. En fait, c'est ça la chose. Et est-ce que ce genre d'intervention au niveau des graffitis, c'est vrai que des fois, je passe en voiture, je vois sur un pont des graffitis. Est-ce que c'est ce genre d'intervention ? Est-ce que ça arrive souvent que vous soyez appelé en urgence pour effacer un graffiti ?
- Speaker #0
Alors, pour effacer un graffiti, ça ne sera pas une urgence ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais on l'a fait pour des questions d'esthétique. Et puis, tu sais, il y a des études psychologiques qui montrent que si tu laisses un endroit, un peu une petite bouteille vide au sol ou un graffiti, ça va tout de suite donner... Un graffiti,
- Speaker #1
appelle un graffiti.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Et puis, un sentiment d'insécurité et de dévalorisation du patrimoine de l'immeuble. Donc, c'est important pour les copropriétaires de faire effacer ces œuvres d'art de la jeunesse. On est vraiment, nous, spécialisés dans les pathologies du bâtiment, les recherches de fuite et les mises en sécurité. Ça, c'est vraiment notre cœur de métier. Comme je te disais tout à l'heure, je parlais de Frédéric, il n'est pas là, mais lui, c'est vraiment le spécialiste. Il voit ce que les gens ne peuvent pas voir. Au-delà, bien avant d'envoyer une équipe de cordistes pour faire la réparation.
- Speaker #1
Il arrive à voir avant ?
- Speaker #0
Par expérience ? On nous interroge, on se déplace. Donc quand c'est Fred qui se déplace, toi tu vas voir une fissure, lui il va voir la cause de la fissure.
- Speaker #1
Encore moi, c'est même pas sûr que je la vois.
- Speaker #0
Certains vont voir une fuite, lui il va voir le chemin de l'eau. Et puis quand il va voir la conséquence d'un problème, lui il va voir l'origine et la solution. Et donc ensuite, il transmet ces informations-là aux cordistes. La zone, ce qu'il faut faire, le matériel qu'il faut prendre, vraiment, c'est le meilleur dans son domaine.
- Speaker #1
Et qui sont vos clients, du coup ?
- Speaker #0
Alors, nos clients sont principalement les syndicats de copropriété, les gestionnaires, des bailleurs, des gestionnaires, qui gèrent les parties communes, en fait, puisque nous, on s'occupe de l'enveloppe extérieure du bâtiment, de la toiture jusqu'aux façades, les cours intérieurs. Voilà, toutes les zones qui sont difficiles d'accès.
- Speaker #1
Ou personnes accèdent.
- Speaker #0
Ou personnes accèdent, mais qui sont indispensables au maintien de l'ouvrage, en fait, et à la préservation de l'ouvrage. Et ça, c'est important, parce qu'on intervient en milieu occupé. En milieu occupé,
- Speaker #1
c'est-à-dire que les gens habitent là.
- Speaker #0
Les gens habitent là. Alors, on ne rentre pas dans leurs appartements, mais parfois, on passe par les oeufs.
- Speaker #1
Juste à travers.
- Speaker #0
Quand ils habitent au dernier étage ou quand ils occupent les combles. de leur appartement et à aménager les combles. Donc, on passe par chez eux. Ils nous voient par les fenêtres.
- Speaker #1
Prévenez un peu avant.
- Speaker #0
On les rappellerait. Oui, toujours. On les prévient.
- Speaker #1
Le matin, on voit quelqu'un par la fenêtre, mais je mets l'une qui vous les prévient avant.
- Speaker #0
Pour eux, tu vois, par exemple, je ne sais pas combien on a fait de chantier depuis 20 ans. Il faudrait que je regarde le chiffre. Mais pour nous, une fissure, c'est une fissure. Une fuite, c'est une fuite. Pour eux, c'est chez eux. C'est dans leur foyer.
- Speaker #1
C'est sûr.
- Speaker #0
Donc, ça a une importance primordiale. C'est pour ça que l'aspect humain, chez nous, est très important. C'est pour ça qu'on a une bonne relation aussi avec les gestionnaires, les syndicats de copropriété, qui, eux, sont en première ligne avec les copropriétaires. Et quand ils nous demandent d'intervenir, on se doit de respecter cet environnement intime des personnes, même si on intervient sur une partie commune. Elle a un impact chez eux et ça, on ne le prend pas à la légère. Et tu sais, le... le secteur du bâtiment, des travaux sur cornes se concentrent. De plus en plus de boîtes de cordes se font racheter par des grands groupes. Il y a deux, trois groupes. On a eu des propositions de rachat. Mais ça ne rentre pas dans notre ADN. Tu as compris, maintenant, Sylvain, nous, c'est l'indépendance, l'autonomie. Et ce qu'on fait, nous, chez Méthode Alpine, c'est qu'on répond aux demandes. C'est vraiment pour les gestionnaires et pour les copropriétaires, c'est du sur-mesure. ne seront jamais une ligne sur un tableau Excel d'un grand groupe. Ça, c'est indéniable. Et on tient...
- Speaker #1
Conserver l'aspect humain et cette relation.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de syndicats qui portent le nom de leurs fondateurs parce que c'est des syndicats familiaux. On travaille beaucoup avec eux parce qu'on s'entend bien avec ce type d'état d'esprit. Et eux ont gardé l'état d'esprit. Alors, en droit, on disait bon père de famille. Maintenant, les féministes, comme moi, on dit aussi en bonne mère de famille dans la gestion. Et c'est ce qu'on fait chez nous. On n'essaye pas d'être les plus gros, on essaie d'être les plus fiables chez Méthode Alpine et de comprendre la philosophie du copropriétaire, du gestionnaire et de la ville en général.
- Speaker #1
L'aspect humain. Tu m'as parlé de féministes. Tu peux entendre là. Justement, on va venir là-dessus. Donc, tu es une femme.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Merci. Le secteur du bâtiment, c'est un secteur qui est assez masculin, mais qui se féminise, et tant mieux. Est-ce que toi, quand tu es arrivée dans ce secteur-là, tu es directrice générale, je crois, de la société. Est-ce que tu as senti au début que tu as dû faire deux fois plus d'efforts que d'autres pour légitimiser ta place, ou pas plus que ça ? Comment tu vois ce secteur-là ? Est-ce qu'il se féminise assez ? Est-ce que ça reste compliqué ?
- Speaker #0
Alors le secteur du bâtiment, comme tu dis, se féminise beaucoup. Les grosses entreprises, comme les petites entreprises, valorisent les compétences vraiment indépendamment du genre. Et les femmes sont compétentes dans tous les domaines, en fait, que ce soit sur le terrain, dans les bureaux d'études, à la direction. Voilà, elles n'ont pas à prouver plus que des hommes. Alors, il y a toujours des personnes, des hommes qui vont... moins appréciée de suivre des instructions ou des contraintes quand elles viennent de femmes. Mais dans le bâtiment, c'est ça qui est bien. Et c'est pour ça que j'ai choisi d'être une femme dans le bâtiment et pas être une femme du bâtiment. En fait, c'est vraiment de travailler dans ce secteur-là. C'est que ce qui est valorisé et ce qui est vrai, c'est les compétences et la constance.
- Speaker #1
C'est l'essentiel.
- Speaker #0
C'est l'essentiel. Et tu n'as pas besoin de prouver plus que ça. La seule chose où j'ai dû montrer ma place, c'est quand j'arrivais au bureau et ils disaient « Ouais, c'est la femme de Fred » . Donc là, c'est autre chose. Et je dis, là, on n'est pas dans mon salon en train de discuter. Je vous présente ma femme, mon mari, mes enfants. Je fais là, on est au bureau et c'est Swad, la directrice.
- Speaker #1
Et c'est important.
- Speaker #0
Voilà. Donc, deux, trois fois, mais en 20 ans, c'est pas...
- Speaker #1
Oui, ça va. Justement, là, je vais parler, avec ton accord, à la femme de Fred.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu m'as dit que je pouvais. Oui,
- Speaker #0
oui, je t'applique.
- Speaker #1
En fait, on a parlé des sommets de montagne, de chiffres, de la technique. Maintenant, j'aimerais qu'on parle, si tu veux, de qu'est-ce qui se passe quand tu rentres chez toi. Parce qu'en fait, ton associé principal, c'est aussi ton mari. Tu as fondé avec lui Méthode Alpine. J'ai la question qui tue, tu me diras, c'est à la maison, qui est le patron ou qui est la patronne ? Comment on fait pour séparer ça ? Vous êtes associé, vous rentrez à la maison. C'est important.
- Speaker #0
C'est un sujet. Très tôt, quand on a décidé de créer Méthode Alpine, on a pris deux décisions importantes.
- Speaker #1
d'abord qu'on allait la co-diriger et on allait acheter nos locaux pour l'indépendance etc et pour l'ancrage vous êtes propriétaire à Clichy-la-Garenne ça c'était important pourquoi ?
- Speaker #0
parce que quand on a créé méthode alpine ça faisait déjà plus d'une dizaine d'années qu'on était ensemble en tant que couple parce qu'on a toujours fonctionné comme ça on co- on est des compagnons en fait Fred c'est mon meilleur ami C'est le père de mes enfants, c'est mon associé. Donc, ça se pose... On n'est pas dans une relation de domination, en fait. On est vraiment compagnons dans tous les sens du terme, en fait. Et donc, à la maison, il n'y a pas de chef. Chacun son domaine de compétences. Voilà, s'il faut tirer les oreilles aux enfants, quand ils étaient petits, c'était papa.
- Speaker #1
Ou maman. Parce que dans le bâtiment, on voit souvent, dans les petites entreprises artisanales, où madame s'occupe des factures, des devis, des choses comme ça. Non, chacun son domaine de compétence. On le voit, là, c'est chacun. Et ce qui est formidable, c'est que vous arrivez bien à distinguer. Parce qu'en fait, il y a deux choses. Quand on partage comme ça une vie d'entreprise, c'est soit on multiplie nos forces par deux, ce qui est le cas, ou soit sinon, on ne peut plus voir l'autre.
- Speaker #0
Non, là, ce n'est pas du tout le cas. Je suis très contente de travailler avec lui. Je ne vois pas avec qui d'autre j'aurais pu et travailler et m'associer. C'est vraiment une complémentarité. Alors, l'aspect technique, c'est son domaine. Je ne m'immisce pas dans son domaine. La vision, la stratégie, la gestion, c'est aussi mon domaine. Parfois, je le pousse un peu. Parfois, lui, il me retient.
- Speaker #1
C'est complémentaire.
- Speaker #0
On est complémentaires. Mais l'esprit de compétition, c'est Fred qui l'a. Ce n'est pas moi.
- Speaker #1
D'accord. Non, mais vous avez beaucoup de chance parce que non seulement vous vous êtes rencontrés, vous êtes encore ensemble. Et en plus, vous êtes complémentaires sur l'aspect professionnel, ce qui n'est pas évident. Parce qu'on peut très bien se rencontrer et puis vivre ensemble. Mais sur le boulot, ça reste compliqué. Donc, c'est bien. Vous avez eu vraiment la montagne vous a bien réunis.
- Speaker #0
La montagne nous a bien réunis.
- Speaker #1
C'est un autre slogan. Est-ce que tu peux nous dire, je passe sur autre chose. nous faire sur des projets un petit peu dingues ou des choses que vous avez pu faire en 20 ans, des commandes particulières ?
- Speaker #0
Alors, anecdote, avant qu'on commence à travailler en associé Fred et moi, quand lui était cordiste et que moi je faisais de la relocation, on se disait le matin, tu seras dans quel quartier à midi ? Moi je suis là, moi je suis là. J'allais le rejoindre sur les toits parisiens et puis on faisait un pique-nique. On se faisait un pique-nique et puis on regardait la ville. Paris, même si c'est chaotique au niveau de la circulation et sur plein d'aspects, ça reste une ville extraordinairement belle.
- Speaker #1
De voir Paris sur les toits, c'est peut-être encore ou pas ?
- Speaker #0
Pic-nic sur les toits, non, on ne le fait plus trop. Non, et puis parce que maintenant, on a changé de métier. En fait, on est plus dans la gestion et le pilotage de l'entreprise. Maintenant, on pique-nique à la montagne. Mais c'était une super expérience de faire ça pendant des années, d'aller pique-niquer sur les toits, c'était super. Et alors, des commandes spéciales, je n'ai pas de souvenirs de commandes spéciales. On a fait des beaux chantiers. On a eu des compagnons qui devaient refaire une façade. Et puis, il y avait une petite niche avec une petite vierge. Et il a vu que la niche était un peu abîmée. Elle était un peu vétuste. Il s'est permis de la refaire. C'était assez émouvant parce qu'il n'était pas catholique. Mais il a trouvé que cette petite vierge, elle méritait un écrin. Donc, il l'a refait et tout le monde était super content. C'était une belle surprise pour moi.
- Speaker #1
On a vu pas mal de cordistes, tu sais, pendant la reconstruction de Notre-Dame. Oui. C'est quand même sorti. Justement, on voyait ces personnes avec des cordes sur Notre-Dame. Et c'est des images assez spectaculaires. Alors, on va parler, juste pour finir, de la transmission. Et avant de tes conseils, tu es quelqu'un d'inspirant. C'est pour ça que tu es là, vraiment. et ainsi que Fred, qui n'est pas là, mais qu'on salue encore. Si jamais tu dois donner des conseils à des personnes qui nous écoutent ou qui nous regardent, justement qui veulent entreprendre des jeunes et moins jeunes, quel est le conseil principal ou les conseils que tu pourras donner ?
- Speaker #0
Alors, les conseils que je peux donner, c'est déjà se connaître soi-même, savoir si on est fait pour être constant, être performant dans la durée. parce que... Une entreprise, c'est comme la montagne. Ce n'est pas le sommet, ce n'est pas d'atteindre le sommet. C'est de redescendre en sécurité et de performer pendant longtemps. C'est ça la réussite. Durer. Durer, voilà. Durer, mais pas de manière médiocre. C'est d'être performant tout le temps. Si tu as l'endurance et si tu sais que tu es capable de faire ça, tu peux entreprendre. Ça, il n'y a pas de problème. Ensuite, je conseille moi vivement d'avoir un très bon comptable et de ne pas considérer le comptable comme juste quelqu'un qui fait ton bilan. C'est vraiment un partenaire qui va t'aider à faire tes stratégies, tes bilans prévisionnels, etc. Et ce que je reproche un peu au comptable, c'est qu'il ne met pas en valeur cet aspect-là. Tu te dis, je te prends tes factures, je te fais ton bilan. Mais normalement, tu t'échanges avec lui. Quand tu le pousses un peu, il devient un stratège avec toi. Donc là, il faut avoir un bon comptable. Il faut garder des bonnes relations avec la banque. Parce que même si les frais sont parfois excessifs, que des blocages parfois c'est frustrant, sans argent tu ne peux rien faire. Donc tu gardes une bonne relation avec ton banquier. Et puis être formé. Nous on a pris l'initiative d'être coaché par un business coach pendant trois ans.
- Speaker #1
Ça consiste en quoi ?
- Speaker #0
Alors jusqu'à il y a trois ans, on fonctionnait bien mais avec intuition. La boîte, parce qu'on était sûr de... Fred est très bon techniquement. Moi, je pense que je suis assez compétente dans mon domaine. Et donc, on arrivait à maintenir le cap. Et puis, on était dans un domaine qui était assez porteur. Et puis, nous, on a la volonté de faire les choses bien. Donc, ça fonctionnait. Et en réalité, il faut transformer cette intuition en méthode, avec des process, des systèmes, voilà, tout ça. Si tu ne l'apprends pas, tu ne peux pas le deviner. Donc, ce business coach, il nous a appris déjà à changer de posture un petit peu et à mettre en place tout un système de tableau de bord avec des indicateurs de performance, de piloter plus ton entreprise et surtout de prendre du recul de temps en temps pour visualiser ta mission, ta stratégie, etc. Et ça, c'est des choses qu'on ne prenait pas le temps de faire. La plupart des entrepreneurs ont la tête dans le guidon. Et je trouve que c'est important de comprendre qu'à un moment donné, pour durer et pour pouvoir transmettre, puisque l'origine de notre coaching, c'était la transmission. On s'est dit, on ne va pas transmettre quelque chose. Tous les process sont dans notre tête, dans la tête de Fred, dans la tête de Impossible. Donc, on s'est dit, on va coucher ça sur le papier, on va structurer. Une fois qu'on a restructuré, on pourra transmettre. Et ça, c'est important d'avoir cette vision-là et de bien se connaître.
- Speaker #1
C'est bien d'avoir un regard extérieur. En fait, c'est ça le coach. Il va donner un regard extérieur très professionnel qui vous permet de vous, de mettre en place des process et puis de performer encore dans votre organisation et de transmettre. Alors, je crois que tu as deux enfants et qu'il y en a une la plus jeune. tu nous diras, je crois qu'elle a 19 ans. Elle a 19 ans, oui. 19 ans. Donc, c'est elle qui sait, enfin, en tout cas, qui est destinée et qui se professionnalise.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Donc, déjà, parce que tu es encore jeune, mais pensez déjà à la transmission. Donc, ce sera la fille qui va reprendre la boîte. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Oui. Parce que c'est super.
- Speaker #0
Justement, la transmission, elle se fait sur du long terme. Il ne faut pas attendre 2-3 ans avant de transmettre. Donc, notre fille, elle s'appelle Maïssa. Quand elle nous a dit, quand on était en train de faire l'orientation scolaire, qu'est-ce que tu veux faire ? Moi, je veux reprendre dans la méthode alpine. Très bien. Donc, ça nous a fait un électrochoc. On s'est dit, il faut qu'on lui transmette quelque chose d'organisé, solide. Donc, elle nous a obligé à sortir de notre zone de confort, si on était dans une zone de confort. En tout cas, elle nous a obligés à faire ça. Et on lui a dit, écoute, toujours dans l'esprit d'efficacité, on lui a dit, Maïssa, le mieux, c'est d'aller dans une section professionnelle, faire une alternance, conducteur de travaux, chargé d'affaires. Et le métier, tu vas l'apprendre sur le terrain, pas dans un bureau. Et tu vas l'apprendre en dehors de nous au départ. Donc, elle a trouvé une alternance chez Bouygues. On a le droit de dire des noms ? Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Donc, elle a trouvé une alternance chez Bouygues. Un super chantier pas très loin à Opéra, du côté de la place Vendôme. Donc, elle fait un mois d'école et deux mois de chantier. Donc, elle a ses bottes, son chasuble, son casque. Elle a les pieds dedans. Elle a les pieds dedans. Elle nous parle. Donc, maintenant, elle comprend de quoi on parlait à la maison.
- Speaker #1
Elle rentre dans le métier.
- Speaker #0
Elle rentre dans le métier. Et donc, elle en a pour trois ans. Trois ans d'études. Trois ans d'études. Et on a tout de suite, nous, il était hors de question qu'elle fasse une école de commerce. Pourquoi ? Parce que c'est décalé du monde du bâtiment, je trouve.
- Speaker #1
C'est pas adapté, oui.
- Speaker #0
C'est pas adapté. Et l'entreprise, elle existe déjà, à la rigueur, pour ceux qui veulent faire des startups, créer des entreprises éventuellement. Mais là, l'entreprise est déjà là. Donc, voilà. Et puis, je suis ravie qu'elle soit chez Bouygues. C'est vraiment une super école. On est allé la voir sur son chantier. C'est vraiment structuré, organisé. Et c'est ce qui nous plaît, en fait.
- Speaker #1
Super, bravo à elle. Donc, elle a 19 ans. Dans trois ans, elle sera diplômée, c'est ça ?
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et donc, elle sera conductrice de travaux.
- Speaker #0
Elle est déjà cordiste.
- Speaker #1
Elle est déjà cordiste. Elle est déjà cordiste. Donc, dans trois ans, elle rentre dans la boîte, c'est ça ? Je ne pense pas. Elle fait son expérience.
- Speaker #0
Voilà, on pense qu'elle devra encore faire son expérience. Et on envisage une intégration d'ici à 5 ans.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
5 ans, plus après 3, 4, 5 ans avec elle aussi. Voilà, une transmission, c'est surtout sur 10 ans. Ça correspondra à notre âge aussi de sortie pour nous, Fred et moi.
- Speaker #1
Vous avez une perspective déjà, parce que vous savez que vous allez pouvoir transmettre. Parce que c'est un souci. Il y a beaucoup d'entreprises artisanales, ils n'ont pas anticipé ou ils n'ont personne. Vous avez cette chance-là.
- Speaker #0
Voilà. Notre liberté d'entreprendre, elle s'est transformée en liberté de transmettre.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
On la remercie pour ça.
- Speaker #1
Merci pour elle. Swatch, je te remercie aussi. On arrive à la fin de notre épisode. On viendra te voir sur terre ou en l'air. Ça sera un grand plaisir. On viendra te voir.
- Speaker #0
On propose des initiations à des personnes à la décision de temps rappel. À nos clients, à des personnes qui... qui sont intéressés.
- Speaker #1
On peut faire un essai.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
On peut regarder. Super. Merci beaucoup. Et je te dis à très bientôt. Merci. J'espère que cet épisode vous a plu. Soyez encore nombreux. On a eu 300 000 vues sur les réseaux sociaux. Soyez nombreux à vous abonner sur YouTube et puis sur nos plateformes podcast. Un grand merci à Emma et à Léo pour la technique. Et je vous dis à très bientôt.
- Speaker #0
Bye bye.