- Speaker #0
On a fait un milliard d'euros de chiffre d'affaires en moins de deux ans. Après, à la fin, ces 800 millions se transforment en 2 millions. Je ne peux pas t'imaginer une seule seconde que tout va s'effondrer. Je fais le bâtiment, il fonctionne et après tu t'en occupes. Moi, je sais construire des avions et les faire décoller. Gérer la compagnie aérienne avec des grèves, des contrôleurs aériens, des clients. Ça, je ne sais pas faire. L'idée en elle-même, ça ne vaut rien. Construisez une cabane. Une fois que tu auras construit ta cabane et que tu ne seras pas lassé et que tu auras compris les galères et que tu diras j'ai envie de faire plus grand, on en reparlera.
- Speaker #1
Bienvenue dans Parole de bâtisseur. Aujourd'hui, on reçoit un bâtisseur pas comme les autres, un multi-entrepreneur, un passionné, un mec qui ne tient pas en place, on va dire ça comme ça. A notre micro, on va recevoir Thomas Rivest. Il a cofondé Groupon en France, lancé Zalando, créé Novotopo dans 100 pays. Aujourd'hui, il investit, il construit des immeubles, il possède un centre sportif à Paris, il enseigne à HEC, Polytechnique, et le week-end, il grimpe des 4000 mètres. Liberté financière atteinte avant 50 ans. pas en héritant, en construisant. Bienvenue à Thomas. Ce podcast, vous êtes présenté par notre partenaire, la plateforme L'Union des bâtisseurs. Je vous en parle juste 30 secondes. C'est une solution nouvelle pour les pros du bâtiment. Vous êtes dans le bâtiment, vous perdez du temps à chercher des chantiers ou à chercher des partenaires fiables. La plateforme L'Union des bâtisseurs va régler vos problèmes rapidement. C'est une plateforme simple pour trouver de la sous-traitance, remplir votre carnet de commandes et développer votre business. Allez voir par vous-même sur union-des-bâtisseurs.fr. Thomas ! Merci beaucoup d'être sur ce nouveau épisode.
- Speaker #0
Merci beaucoup de m'accueillir.
- Speaker #1
C'est un grand plaisir. Un bâtisseur pas comme les autres, qui a une multitude d'activités, de diversité, multi-entrepreneur. C'est un plaisir que tu nous partages cette expérience-là pour ceux qui nous regardent. On reviendra un peu plus en profondeur. Tu as été chez Groupon, Zalando, Nova Topo, dans le bâtiment. Tu es un bâtisseur, tu nous diras ce que tu fais. Tu as un centre sportif également. Des commissions parlementaires, j'ai cru entendre. C'est arrivé aussi. Tu es prof, formateur. Et tu as fait ou tu fais un doctorat en économie.
- Speaker #0
Oui, aussi.
- Speaker #1
Aussi, voilà. Donc, la liste est longue. t'as combien d'heures en une journée à peu près ?
- Speaker #0
si c'était mon souhait on ferait les journées avec deux fois plus longue comme ça il y aura deux fois plus de temps mais je le dis souvent je suis pas trop dans les clichés entrepreneurs du type je me réveille avant les poules non en fait du tout mes journées elles se font en fonction des opportunités, de la météo par exemple il pleut je vais pas faire du bâtiment une belle journée comme ça je commence par du jardinage
- Speaker #1
ça dépend vraiment des obligations par exemple aujourd'hui je me suis engagé sur le podcast donc je suis là mais j'aurais pu m'engager ailleurs c'est cool en tout cas merci d'être là encore toi pour dire que tu as eu une multitude d'activités et une diversité on va venir un peu sur ton parcours si tu veux bien la crise de 2008 tu étais dans l'immobilier ça te stoppe en
- Speaker #0
2008 net c'était vraiment le
- Speaker #1
C'est un crash total ?
- Speaker #0
Ah ouais, c'est un crash total, c'est un crash total parce que la boîte, je bossais pour un fonds d'investissement qui faisait des gros projets immobiliers partout en Asie.
- Speaker #1
École de commerce, t'as fait HEC ? Ouais, j'ai fait HEC. C'est ça ?
- Speaker #0
Et c'est un petit peu après la sortie d'HEC que je les ai rejoints. Parce que moi je suis sorti d'HEC, on va dire en 2006, donc en fait que deux ans plus tard, je suis professionnel et ça commence, enfin j'ai l'impression que ça commence en échappot de roue, puis bam, c'est toujours un peu pareil, ça se passe jamais comme on veut. Et ouais, la crise de 2008, donc tous les investissements immobiliers s'arrêtent. J'ai des chantiers littéralement stand-by et un peu en mode Covid, sauf que ce n'est pas vraiment reparti derrière. Et moi, par exemple, qui construisais des tours, il y a plein de tours que je n'ai jamais vu terminer. Pas longtemps après, c'est-à-dire qu'en gros, je suis revenu, par exemple, en Asie 15 ans plus tard. Les tours qu'on avait commencé et qu'on avait arrêtés étaient finis. Je ne les avais pas vus entre-temps. Et je ne sais même pas si, du coup, ça avait été le CD, le terrain et le début de construction. Et donc, moi, 2008, je me dis, qu'est-ce que je vais faire ? Et j'ai tout imaginé à l'époque. Je me suis dit, je vais aller travailler dans une branque, je vais aller travailler dans une assurance. Je vais travailler...
- Speaker #1
Mais tu as pris ça avec un moment angoissant ou plutôt un tremplin ? Non,
- Speaker #0
angoissant.
- Speaker #1
angoissant,
- Speaker #0
hyper anxiogène je suis revenu chez mes parents, j'ai dit à mon père je vais reprendre ma chambre en plus je m'étais marié j'avais un enfant et vraiment j'ai eu l'impression de repartir à zéro et mon père était assez optimiste il m'avait dit non mais attends t'inquiète pas tu sais il y a déjà eu des crises ça repart ça récyclique mais en fait quand t'es jeune, tu sors de tes études T'as pas la maturité de quelqu'un qu'on a vu et qui sait qu'il y a des temps durs et il y a des temps meilleurs et que c'est cyclique la vie en fait.
- Speaker #1
Ouais, donc la crise 2008. Donc ma question c'était ça, c'était crash et puis outre-en-plein. Mais en fait c'est un mal pour un bien peut-être.
- Speaker #0
Ouais c'est un mal pour un bien parce qu'en fait au début je voulais me lancer un peu dans l'internet. En fait au tout début à la sortie d'HEC je suis parti bosser pour une startup qui était dans l'internet. Et l'internet a démarré doucement. 2006. Et les gens... Ouais, parce que les gars, ils avaient monté leur boîte genre 2005. Et puis, ils m'avaient demandé de les aider 2006. Et j'étais encore étudiant à HEC. Et puis, ça marchait. Mais c'était mou, quoi. C'était vraiment... Et pour vous donner une idée, ils avaient été précurseurs. C'était du développement photo. On faisait des livres photo. Donc, ils commençaient à faire des appareils numériques. Mais la collection Internet ne permettait pas d'envoyer les photos. Donc, les gens, ils se débarquaient avec les clés USB pour que... On leur imprime leurs photos ou qu'on leur fasse des abonnements photos parce que via Internet, en fait, ça, des fois, toute la nuit, ça téléchargeait. Puis il y avait des bugs. Et donc, c'était un petit peu mou. En gros, je trouve qu'on n'était pas prêts à cette époque-là. Donc, je suis parti dans l'immobilier.
- Speaker #1
Ce n'était pas encore mature.
- Speaker #0
Oui, ce n'était pas encore mature. Et même, donc moi, je suis revenu en France. Après, je suis parti aux États-Unis. L'idée de Groupon est venue. Et en fait... Déjà, c'était beaucoup plus mûr début 2009. Et même quand je vois où on en est aujourd'hui par rapport à 2009, je me dis que c'est la folie. Moi, je nous sentais mature à l'époque.
- Speaker #1
C'est le jour et la nuit.
- Speaker #0
Ah oui, c'est le jour et la nuit.
- Speaker #1
Donc, tu as commencé. Il y a eu CityDeal,
- Speaker #0
c'est ça ? Oui, j'ai lancé CityDeal tout début 2009. J'ai levé des fonds auprès d'un fonds qui s'appelle Rocket Internet, qui est un fonds allemand. Ils m'ont dit, ils m'aidaient sur la partie technique, codage, etc. Moi, j'ai été en France et on a tout de suite lancé France, Allemagne, Espagne, Italie, Angleterre, Belgique. J'ai ouvert à peu près 15 pays. Et en fait, dans le deal, quand j'ai levé les fonds, il y avait deux autres gars qui lançaient Zalando. Et ça ne s'appelait pas encore Zalando. Et le fonds m'a dit, attends, nous, on a financé nos city deals. Tu as des équipes qui font du marketing. C'est très mou l'économie en ce moment. Les réductions, ça va dépoter. Mais la vente de chaussures, ça ne va pas décoller. Surtout qu'Amazon venait juste de lancer l'équivalent de Zappos. Ils avaient crashé. Ils ont déposé le bilan en Europe. Du coup, c'était un petit peu la flippette sur Zalando. Zalando, ça a fermé trois fois. Moi, mes équipes faisaient City Deal. Et puis, quand on avait un peu de temps, on faisait Zalando. On est monté. À la fin, on avait 1500 salariés. En France, on avait peut-être
- Speaker #1
400-500 personnes. Et toi,
- Speaker #0
tu chapeautais ? Moi, je chapeautais la direction opérationnelle. Je bougeais dans tous les pays. Et puis, 2010, l'année suivante, ça a tellement grossi que Groupon avait démarré aux US, à peu près en même temps que nous. Et donc, on a discuté pour faire une seule société. On s'est dit, est-ce qu'on s'appelle CityDeal ou Groupon ? Après des longues discussions, on a gardé Groupon et on a fusionné pour devenir une seule boîte. On s'est tous les deux absorbés et on est rentrés en bourse.
- Speaker #1
Et vous êtes rentrés en bourse. C'est là ton aventure en Groupon. Tu t'occupes de toute la partie Europe, l'entrée en bourse. Et c'est quoi de vivre ça de l'intérieur aujourd'hui, avec le recul, quand tu repenses à ça ? Parce que Groupon, c'est quand même une marque qui est vraiment connue.
- Speaker #0
connue et reconnue. Ça a été une épopée incroyable. C'est-à-dire qu'on a été couverture de Forbes, on a été la société qui a fait le plus de croissance en le plus court laps de temps. On a fait un milliard d'euros de chiffre d'affaires en moins de deux ans. Ça a démarré tout de suite.
- Speaker #1
Ça a démarré tout de suite.
- Speaker #0
Et du coup... On était très borderline, c'est-à-dire que moi je suis jamais parti du principe qu'il faudrait jouer dans les clous. Je m'en rappelle, au bout de 6 mois réunion avec la DGCCRF, on pouvait pas faire des réductions hors dehors des périodes de soldes. Je fais, c'est le concept de notre boîte de faire des réductions toute l'année. Et donc on a toujours marché sur les lignes en fait. Et comment t'as fait alors du coup ? Réfléchis, des pirouettes, des rescrits fiscaux. Un peu de lobbying ? Pas tant, pas tant. Plus que ça ? Non, pas tant. Et puis, en fait, ça a été très, très entrepreneurial, l'équipe que j'ai constituée. Et du coup, le jour où on a été, on va dire qu'on est rentré en bourse et qu'il a fallu commencer à respecter des règles assez strictes, c'est là où moi, je me suis plus senti à mon aise. Parce qu'avant, j'étais un éléphant au casser des murs. Tout d'un coup, attention, on est dans un magasin de porcelaine, il ne faudrait rien casser. C'était un peu plus cadré. Oui, tu ne peux pas faire ça comme ça. Il y a des comités juridiques, il y a des comités stratégiques. Alors qu'avant, la solution, c'est soirée pizza et puis on bosse toute la nuit, on trouve une solution. Après, ce n'était plus du tout la même ambiance. On avait les Américains qui étaient un peu flippés. On a levé un milliard en bourse. Et donc, les actionnaires, c'était des fonds de pension. Et donc, ils ne voulaient pas de vagues. Et je me rappelle, avant, on faisait des deals... tout type de deal avec des réductions. Tout d'un coup, par exemple, on sort un deal sur Sexy Avenue. C'est une espèce de... Ils vendent des sextoys en ligne. Ça avait fait une histoire pas possible. Quasiment un conseil d'administration pour décider oui ou non si on avait le droit de faire le deal. Et quand on est arrivé à ce niveau-là, ça m'a désintéressé, en fait. Je me suis senti...
- Speaker #1
Parce que trop réglementé ? Ouais,
- Speaker #0
parce que c'était une usine à gaz. En fait, j'aime bien décrire ça, en fait. Moi, je sais construire des avions et les faire décoller. Gérer la compagnie aérienne avec des grèves, des contrôleurs aériens, des clients, ça, je ne sais pas faire. Et puis, ça ne m'intéresse pas. Ça ne t'intéresse pas. Ça ne m'intéresse pas. Moi, je sais construire. Par exemple, avec ma boîte aujourd'hui de BTP, je construis, c'est ma femme qui gère. Je ne veux pas gérer les locataires, ça ne m'intéresse pas. Mais toi, tu n'es pas dans la gestion. Son petit contraint, son acte de cautionnement, les visites, ça ne m'intéresse pas. Moi, je fais le bâtiment, il fonctionne et après, tu t'en occupes.
- Speaker #1
Oui. Bon, chacun son truc. Oui, chacun son truc. En fait, ça. NovatoPo, j'avais noté, c'est 70 000 partenaires.
- Speaker #0
Oui, on est monté jusqu'à 70 000 partenaires. Alors, partout dans le monde, il n'y avait pas de compétences. Oui, une centaine. Est-ce qu'il y en a 98 et qu'il y en a 120 ? On arrondit. Oui, peu importe. Et au début, on a un peu fait tout et n'importe quoi. Puis après, on s'est dit, non, on va quand même faire des dynamiques qui sont logiques. C'est-à-dire, celui qui a découvert la plongée sous-marine en France et qui a envie de chercher un international, on va s'intéresser à la plongée. Dans tous les pays où on peut vraiment plonger. Au Mexique, en Thaïlande. Pareil pour celui qui veut faire du trekking. Reconcentre-toi en nous, en droit du trekking. On s'est mis à ouvrir dans plein de pays comme ça. Et puis pareil, on démarre sur les chapeaux de roue. Et 2020, le Covid. Donc la plateforme pour réserver les... Encore une fois, c'est le...
- Speaker #1
Là, ça a été le coup de mot dessus.
- Speaker #0
Comme en 2008.
- Speaker #1
Comme en 2008. Donc, tu avais déjà vécu l'ambiance.
- Speaker #0
Oui. Et même pire que ça, parce qu'en fait, 2008, j'avais connu le frein dans l'immobilier. Avec Groupon, on est rentré en bourse. Et en fait, quand on est rentré en bourse, on a ouvert des pays qui n'ont pas marché. Donc, on a levé un milliard. Et on s'est dit, on va attaquer des pays comme la Chine, l'Inde, le Brésil, où il y a beaucoup de monde. Il n'y a pas de raison que ça ne marche pas. Et ça n'a pas du tout marché. Je pourrais l'expliquer, on pourrait y passer des heures, c'est des marchés différents, ils ne consomment pas pareil. Nous, on a des prix réglementés là-bas, tout se négocie. Donc nous, quand on a un prix réglementé, c'est facile de faire une réduction. Là-bas, tu négocies, il n'y a pas de prix affiché. Donc de toute façon, le concept... C'est une autre culture. Oui, c'est une autre culture. En plus, en Chine, ils ne regardent pas leurs mails. Donc nous, par exemple, on envoyait des mails pour dire aujourd'hui, il y a telle offre. Ce n'est pas du tout le... En Chine ?
- Speaker #1
Ah bon ?
- Speaker #0
Oui, ce n'est pas du tout les mêmes réflexes que chez nous. Ce qui fait qu'en fait, ça n'a pas du tout marché. Et donc, le fondateur américain Andrew Mason, il a dit j'arrête, j'ai envie de faire de la musique. Il a fait son groupe de musique et l'action Groupon, elle a chuté. Vraiment, elle est passée de 90 dollars, je me rappelle, à 1 dollar. Et pire, en quelques mois, même pas, je ne sais pas, en deux mois. Et pire, après, ils ont fusionné cinq actions pour en faire une. Parce qu'en fait, sur le Nasdaq, tu ne peux pas descendre en dessous d'une valeur de 1 euro par action. Donc, ils ne pouvaient pas passer, par exemple, pour dire l'action, c'est 20 centimes. Donc, ils ont fusionné cinq actions. qui devenait 5 actions qui deviennent 1 dollar. Du coup, il y a plein de gens, des fois, ils me demandent, c'est quoi ta fortune ? Tu vois, entre 800 millions et on descend à 5 ans, à la fin, ces 800 millions se transforment en 2 millions. Ce qui n'est pas dramatique, en soi, pour la plupart du commun des mortels. Mais ça reste une baisse quand même. Donc là, c'était vraiment... Et comment on vit ça alors,
- Speaker #1
personnellement ?
- Speaker #0
Je me rappelle, je disais à mon père dans des lignes en ville, tu sais, moi, je m'achète une île aujourd'hui, je m'achète un château tranquille. Puis mon père me disait, tu sais, c'est des actions en bourse, la volatilité, tu n'as peut-être pas encore conscience, mais l'euro tunnel, c'est pareil, ça valait 1000 euros, je ne sais pas, l'action, c'est descendu à 1 centime. Tous les gens qui ont investi dedans, ils sont remis.
- Speaker #1
C'est ce qui marque l'euro tunnel.
- Speaker #0
Et donc, c'est la même chose. En fait, à un moment donné, je dis à mon père, mais tu avais raison, je n'allais pas le recul. Et puis, c'est les choses que tu apprends au fur et à mesure du temps. Et c'est toujours facile de quelqu'un qui est consultant. qui a de l'expérience, mais qui le voit de loin, alors que quand t'es dedans, tu peux pas t'imaginer une seule seconde que tout va s'effondrer.
- Speaker #1
Et puis entre conseiller et le VIP, c'est autre chose.
- Speaker #0
Ouais, et c'est que c'est rigolo parce qu'en fait, j'avais pas voulu vendre mes actions à l'époque. Et donc en 2020, avec Nova Topo, le Covid arrive, on avait une offre de reprise et mon associé me dit on vend. Puis moi, je lui dis bah non, je dis que ça va reprendre, ça va reprendre sur les chapeaux de roue.
- Speaker #1
Ah toi, tu te faisais sur la preuve ?
- Speaker #0
Ah ouais, moi, je lui disais mais il y a un marché énorme, on a... On a réinventé le voyage, en fait. Parce que les gens, ils partent quelque part parce qu'ils veulent faire quelque chose. Donc, nous, on apporte le quelque chose. L'hébergement, la bouffe, c'est accessoire, finalement, par rapport à la destination. Mais on n'était pas rentable. Donc, il m'a dit, repense à Groupon, l'époque où tu avais dit, ce n'est pas le moment de vendre, on va faire mieux. Et bon, finalement, on a vendu. Et ce n'est pas plus mal parce que je ne suis même pas sûr que celui qui a acheté aujourd'hui, je n'ai pas regardé les chiffres, mais je ne suis pas sûr que ça marche si bien que ça. Ça marche, mais par exemple, le fait que l'essence monte, les prix des avions vont augmenter, ça veut dire que l'économie va se rétracter.
- Speaker #1
Il est quand même très impacté par rapport à tout ce qui se passe, de toute manière.
- Speaker #0
Je ne sais pas si c'est... En fait, des fois, je me dis... Moi, je n'ai jamais eu le... Je trouve qu'il y a quelques entrepreneurs qui ont eu leur bébé et où c'est devenu un truc énorme. On ne peut pas dire que tout le monde a réussi comme Jeff Bezos, Zuckerberg ou ces choses-là. Franchement, c'est exceptionnel. Parce que la plupart des gens, ils sont… Moi, par exemple, les gens me disent « Ouais, mais en regardant bien, ce n'est pas vraiment toi qui as créé Zalando » . Mais pas du tout. Je n'ai jamais créé Zalando. C'est le fonds d'investissement qui m'a demandé de gérer les deux gars qui ont eu l'idée, qui étaient des jeunes entrepreneurs.
- Speaker #1
Tu as été l'artisan.
- Speaker #0
Et voilà. Moi, j'ai été la face cachée du truc. Donc, c'est moi qui dis « On va mettre de l'argent là, on va mettre de l'argent là » . Et puis en plus, les gens, ils voient que la belle histoire de Zalando, alors que... Franchement, on a lancé fin 2008. On a commencé à gagner des sous en 2013. Cinq ans de traversée du désert.
- Speaker #1
Donc pendant cinq ans, tu ne gagnes rien.
- Speaker #0
On ne gagne rien, on perd. Et en plus, les gens ne retiennent que ça. Parce qu'on a lancé des trucs comme Glossybox ou Wimdu. Wimdu, c'était un concurrent d'Airbnb. Ça n'a jamais marché. On a mis une énergie.
- Speaker #1
C'était quoi la différence avec Airbnb ?
- Speaker #0
Pareil. Même système, même modèle économique ? Au début, on s'est dit qu'on allait se faire racheter par Airbnb. comme ça quand ils viendront en Europe on fusionne et Airbnb ils ont dit non non on lance nous même on a pas besoin de vous ah merde et donc en fait maintenant je suis beaucoup plus on va dire expérimenté et mature sur ce cycle je parle jamais du principe qu'on va suivre une trajectoire mange.
- Speaker #1
Si jamais ça devait se reproduire, tu ferais le truc pareil ? Non,
- Speaker #0
je pense que, comme je te dis, il n'y a que quelques entrepreneurs qui ont eu la chance d'avoir leur bébé, qui l'ont amené, qui l'ont toujours. Je le grossis le plus possible et puis après, je cède.
- Speaker #1
Donc, tu valorises au maximum.
- Speaker #0
Oui, je valorise et je vends. Je n'ai pas besoin d'avoir les lauriers. Le but,
- Speaker #1
c'est de valoriser et de vendre au bon moment.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
C'est surtout le bon moment, le bon timing.
- Speaker #0
Après, ce n'est pas sur toi qui le choisis, c'est le marché. Nova Topo, j'aurais espéré qu'on le vende avec un zéro de plus. Oui,
- Speaker #1
mais bon, ça s'est fait comme ça. Tu dis, quand j'investis, je mets les mains dans le cambouis. J'ai cru que tu as dit ça. Et en fait, je voulais te demander, j'avais une question qui me venait. C'est quoi la différence entre toi, qui mets les mains dans le cambouis, et puis un business angel qui fait juste un chèque ? Je caricature un peu.
- Speaker #0
Non, mais c'est une bonne image. Moi aujourd'hui, je pense que j'ai le loisir d'aller, de choisir mes projets et de choisir des choses qui ont du sens pour moi, dans le sens où ça va m'apporter plus que de l'argent. L'argent j'en ai, j'ai pas besoin d'en avoir plus. Ce que je veux c'est passer du bon temps avec quelqu'un où on est sur la même longueur d'onde. C'est-à-dire qu'il est suffisamment mature en termes de connaissances, d'écosystèmes, pour que quand je lui explique des choses sur, je sais pas, la scalabilité, sur le modèle économique, qu'ils sachent de quoi je parle et qu'on ait une discussion, on va dire, intelligente, productive, stratégique, pour qu'eux, oui, on se dise, le B2C, ça n'avance pas, il faut qu'on passe en B2B, et du coup, la boîte, elle va décoller. Et en fait, je vais passer du temps avec eux, et c'est ça que je valorise, en fait, dans mon expérience, c'est-à-dire que, moi, si aujourd'hui, j'achète un terrain pour construire un immeuble, j'ai envie de faire quelque chose. Par exemple, en ce moment, je suis en train de construire un immeuble autonome, donc... Je récupère l'eau de pluie, j'ai des panneaux solaires, j'essaie de tester pour voir si c'est possible. Et à l'inverse, quelqu'un qui me dirait qu'on achète un immeuble à Paris, il n'y a rien à faire, c'est juste de la rentabilité, ça ne m'intéresse pas en fait. Si c'est 4% de rentabilité, on ne teste rien, ça ne m'apporte rien. Et si ça ne m'apporte rien, aujourd'hui, je ne valorise pas tellement mon argent, je valorise la qualité du temps que je passe. Donc si c'est un truc qui va me faire passer du bon temps. Et le sens que ça apporte. Oui. Mais par exemple, ça m'arrive d'aller aider des copains qui ont des projets, qui construisent leur maison parce que je sais que... On va égoler, je vais apprendre des choses et ça me plaît beaucoup plus que d'uniquement investir par exemple dans des actions en bourse où ça n'a aucun sens pour moi.
- Speaker #1
Oui, donc tu cherches vraiment une mission qui a vraiment du sens. Parole de bâtisseur, c'est aussi pour ça qu'on t'a aussi invité, c'est parce que donc tu es un bâtisseur et tu en parles. Donc c'est-à-dire qu'aujourd'hui tu achètes des terrains, tu construis et ensuite tu revends en fait ?
- Speaker #0
La plupart du temps je ne revends pas, la plupart du temps je loue. Ouais, je loue... J'essaie de faire un endroit concentré parce que j'ai des petites opérations. Je ne fais pas les plus gros immeubles. Il y a 10, 20 apparts dedans. Je n'essaie jamais d'avoir un projet qui est surdimensionné parce que ça veut dire des problèmes. Ça veut dire des commissions de sécurité, plus d'architecture, plus de structures, plus d'ascenseurs, sorties de secours. Tout ça, ça m'en kick in. Ce qui fait que j'essaie d'avoir des appartements où on est sur 3, 5 niveaux max. et enfin des immeubles et que du coup j'ai pas trop de problèmes à faire la partie on veut dire fondation et puis monter avec les équipements que j'ai pour pouvoir pas me dire tiens non mais il me faudrait une grue grosse avec un grutier et puis s'il est malade on paye la grue pour rien tout ça je veux pas rentrer dans cette mécanique là c'est pour ça que des fois c'est marrant je dis à des gens il y en a qui me disent l'immobilier ça va mal moi je dis mais l'immobilier moi ça va très bien c'est à dire que moi j'ai pas de bureau j'ai pas de salaire à payer ce qui fait que comme je construis moi t'as pas de salarié t'as pas de contraintes si il fait mauvais je construis pas le seul délai que je m'impose c'est si par exemple j'ai loué des appart et que je me dis je les ai loués en juillet, j'ai pas tout à fait fini ça veut dire que cet été je pars pas trop en vacances parce qu'il va falloir aller faire un peu de second oeuvre mais c'est ma seule contrainte donc là ton job c'est t'achètes les terrains
- Speaker #1
Tu achètes des terrains, c'est où en région parisienne ? Oui,
- Speaker #0
j'achète tout le temps autour de chez moi, je vais pouvoir y aller en vélo, je ne veux pas avoir besoin de me déplacer loin. Pas de voiture ? Pas de voiture. Non mais en fait moi je commande et je commande et j'achète tous les matériaux au début du chantier, comme ça je ne suis plus impacté par exemple les gens qui me disent qu'il va falloir revoir la hausse des matériaux, absolument pas ce genre de contraintes. Je les achète à un moment T, c'est-à-dire que je valorise le terrain, combien je vais louer, le prix de la construction, tout est figé. Et après, je suis toujours sur cette donnée-là dans le temps. Donc, il n'y a pas trop de variants qui vont m'impacter.
- Speaker #1
Tu n'es pas impacté parce que tu achètes au début.
- Speaker #0
Exactement. Donc, ce n'est pas genre, oh là là, on n'a pas fini la toiture. Et puis, je n'en sais rien. Le prix du tuyau, du bac à scie, il a monté. Aucun problème. Ou les prix des fenêtres. J'achète les fenêtres avant. Comme ça, c'est déjà fait. Et du coup, ça va vite en fait. Moi, je fais du ciment banché. Je ne fais pas du parpaing. Donc, en fait, on coule. J'appelle des toupies. Ça va. J'achète mes terrains, je construis vite, je me mets en location rapidement.
- Speaker #1
Ce qui est épatant quand je te vois au téléphone, c'est que c'est toi qui fais.
- Speaker #0
C'est moi qui fais,
- Speaker #1
il y a mon fils qui mêle. On pourrait croire facilement que tu souhaiterais tout, que tu fais faire évidemment, que tu as l'idée, mais c'est toi qui fais.
- Speaker #0
Oui, oui, j'adore faire ça.
- Speaker #1
Tu mets vraiment les mains dans le cambouis ?
- Speaker #0
Je mets vraiment les mains dans le cambouis.
- Speaker #1
Parce que ce n'est pas qu'une image,
- Speaker #0
quoi. Oui, oui, oui. Et ça m'arrive d'avoir mon père ou mon fils qui m'aide quand vraiment j'ai des moments de roche. Donc,
- Speaker #1
c'est familial, quoi, en plus.
- Speaker #0
Oui, c'est familial. Bon, mon fils, il est au lycée. Ça peut être le week-end.
- Speaker #1
Chacun met sa patte.
- Speaker #0
Voilà. Puis après, quand j'apprends les choses, mon fils, je lui apprends à souder. Il soude. Je lui apprends à faire l'électricité. Il fait l'électricité. Ma fille, je lui apprends à faire la plomberie. Je lui dis, tu vois, les raccords à sortir, tu mets bien. Il faut que le blanc dépasse. Clac, avec la pince, tu serres. Et toi comment t'as appris alors ? J'ai toujours fait un peu de bricolage, mais j'ai appris avec tout ce que j'ai pu faire en bricolage sur mes différentes maisons. Et puis après passer la partie vraiment ciment banché, tout ce qui est, on va dire, pas monophasé mais triphasé en électricité, et puis de la plomberie avec des grosses nourrices. J'ai des potes plombiers, ils m'ont expliqué, j'ai passé du temps avec eux, je les ai suivis sur un bout d'eau chantier. Pareil, j'ai des potes couvreurs, j'ai passé du temps avec eux, ils m'ont expliqué. Tu as pris ce truc-là. Ouais, ouais. Pareil pour la structure, j'ai un pote qui est ingénieur, il m'a dit je vais t'expliquer comment marche la structure. Tu as été à l'école, tu as été à HEC, tu sais faire des règles de 3, tu vas vite comprendre l'importance et donc plus tu as l'épaisseur.
- Speaker #1
Donc il n'y a pas que la partie business que tu as appris et que tu as en toi. C'est cette partie technique, c'est une logique en fait que tu as développée ? Oui, c'est une logique,
- Speaker #0
c'est la même méthode que j'utilisais quand je faisais mes études pour les réussir, quand j'ai monté mes boîtes internet et quand je mets mon projet immobilier, c'est le même investissement.
- Speaker #1
D'accord. Tu viens de racheter, je ne lâche pas ça à autre chose, mais tu viens de racheter, ça m'a intrigué, un grand centre sportif ?
- Speaker #0
Oui, un grand, tout est relatif, ce n'est pas le PSG non plus.
- Speaker #1
Pas encore, pas encore.
- Speaker #0
je crois que ça ne le deviendra jamais c'est un centre pour il y a une salle d'escalade, il y a une salle de fitness il y a un passionné d'escalade je suis un passionné d'escalade un peu moins aujourd'hui qu'avant et donc c'est multi-sport il y a des gens qui viennent faire que du fitness il y a des gens qui viennent faire que de la boxe il y a des gens qui viennent faire que du sport il y a des gens qui viennent faire de l'escalade
- Speaker #1
Donc, tu as racheté et tu as tout rénové ?
- Speaker #0
Oui, j'ai racheté. C'était un ami. Il est resté symboliquement actionnaire. Et donc, j'ai pris des parts. Dans l'actionnariat, par exemple, j'ai le premier client de la salle qui a
- Speaker #1
27 ans.
- Speaker #0
Et il a 1%, non, peut-être pas 1%, ou 5% des parts, je ne sais plus. Et donc, ça lui faisait plaisir de faire partie de l'aventure. Et oui, mais ça m'occupe dans ma semaine. Ça dépend des semaines. Il y a des fois où je peux y passer cinq jours, comme il y a des semaines où j'y vais une heure. Ça dépend des chantiers qu'on a dedans. Est-ce qu'on refait un mur ? Est-ce qu'on va filmer des podcasts ? Est-ce qu'on fait une grosse soirée ? Ce qui est une très bonne chose.
- Speaker #1
Aujourd'hui, si tu devais conseiller, parce qu'on est écouté par des entrepreneurs, des futurs entrepreneurs, des gens qui veulent créer, qu'est-ce que tu conseillerais comme secteur ? si jamais tu avais quelques millions d'euros 100 000 euros, 200 000 euros à investir c'est la question un peu tu es dans quel secteur aujourd'hui ?
- Speaker #0
moi je pense que ça dépend beaucoup de ce que les gens ont envie de faire c'est difficile d'être dans un secteur qui ne passionne pas et puis je trouve qu'il y a des secteurs qui sont quand même beaucoup plus porteurs que d'autres même si on est passionné et donc c'est une histoire de tempérament des fois il y a des gens qui me disent comment devenir riche ? Tu peux très bien acheter des actions et suivre tes actions. Tu peux aussi acheter un bien qui serait off-market, le rénover, avec ton huile de cou et le revendre 4-5 fois le prix que tu as mis. Tu peux très bien aussi te dire, tiens, je vais apporter des panneaux solaires. Ça déploie en France. Donc, tu les achètes, je ne sais pas, 40 dollars et tu les vends 100 euros en France. Tu fais venir des conteneurs. il n'y a pas qu'un modèle moi j'ai des entrepreneurs qui se lancent avec l'IA il n'y a pas longtemps il y a un gars il m'a pitché un projet il aspire les PV pendant les conseils municipaux il décide par exemple d'isoler les écoles dans la commune et puis après il a des entrepreneurs des boîtes de BTP qui sont abonnés Et il leur envoie les projets en leur disant, tiens, il va y avoir un appel d'offres, positionne-toi dès maintenant. Et lui, il fait 8 millions d'euros, ça fait un an qu'il a lancé. Sans l'IA, ils n'auraient jamais pu le faire. Donc, des opportunités, il y en a plein. Moi, ça ne m'étonne pas.
- Speaker #1
Ça va dépendre de la personnalité, de tes goûts, tes envies. Oui,
- Speaker #0
et puis, moi, des idées, j'en ai à l'appel. C'est juste, est-ce que j'ai envie de m'investir ? Est-ce que j'ai envie de reprendre des salariés ? Est-ce que j'ai envie d'y passer du temps ? Est-ce que j'ai la motivation ?
- Speaker #1
Tu penses un jour revenir ?
- Speaker #0
Je ne sais pas. Il y a plein de fois, je me dis oui, des fois non. J'ai des étudiants, par exemple, quand je fais des conférences dans l'immobilier, qui me disent, nous, on a l'idée d'acheter des biens à rénover. Est-ce que ça t'intéresserait de venir et de nous donner des conseils ? Et je leur dis volontiers. Samedi matin, j'étais du côté de Molins avec deux de mes étudiants que j'ai eus il y a quelques années. Et on a été visiter un bien et je leur ai dit, voilà ce que j'en pense en termes de coût de travaux, de prix de revente. Et moi, je leur ai dit, perso, je n'irai pas.
- Speaker #1
et il y en aurait d'autres peut-être d'Israël on a fait une émission il n'y a pas longtemps sur la reprise parce que dans les entrepreneurs ceux qui vont miser sur la création pure et d'autres qui vont dire je ne vais pas démarrer à zéro je vais reprendre tu as déjà repris des boîtes ? la salle de sport c'est un bon exemple les conseils que tu donnes sur la reprise justement moi je pense que il y a
- Speaker #0
Il y a tellement de choses et je pense que les solutions sont toutes différentes. Est-ce que tu es un bon expert comptable ? Non, moi je suis très critique au niveau des comptables. Je pense que les comptables, ils savent placer des chiffres dans des cases, mais ce n'est pas des stratèges en fait. Ce n'est pas des financiers la plupart du temps.
- Speaker #1
Ils te donnent une photographie financière.
- Speaker #0
Non, je n'en sais rien. C'est comme si, par exemple, tu avais quelqu'un qui... Je ne sais pas, on pourrait le comparer, mais est-ce que celui qui... D'ailleurs, dans une société, c'est bête, mais ils ne sont pas dans l'opérationnel. Ce n'est pas eux qui génèrent de l'argent. En fait, ils rangent dans des cases l'argent. Mais toi,
- Speaker #1
qu'est-ce qu'il fait quand tu visites une boîte ? Je ne sais pas, par exemple, pour ton club sportif, si jamais tu en as fait plusieurs ou pas, mais qu'est-ce qu'il fait qu'à un moment donné, tu vas te dire auquel j'achète ?
- Speaker #0
Non, mais du coup, oui, je vais regarder les chiffres. mais c'est pas en demandant à mon comptable donc en fait là par exemple il y a deux salles d'escalade qu'on propose de racheter donc je vais faire une proposition au tribunal parce qu'ils ont déposé le bilan donc je regarde les chiffres donc évidemment je regarde les dettes je me dis tiens par exemple moi j'ai plein de KPI je me dis dans un business comme une salle d'escalade ou un resto le loyer ça peut être que 10% des chiffres d'affaires la masse salariale ça peut être que 40% des chiffres d'affaires donc boum je regarde la masse salariale je vais enlever deux salariés donc comment je les remplace donc je réfléchis à comment je vais les remplacer après je me dis donc je vais renégocier le loyer parce que le loyer il est trop fort Les emprunts bancaires, bon, la banque, il y a un million d'emprunts, il faut les rembourser, je veux dire, la banque, soit vous acceptez d'étaler sur 10 ans et vous reverrez votre argent, soit de toute façon, ils déposent le bilan et vous reverrez rien. Donc en fait... Ils ont le choix ou ils n'ont pas le choix. Voilà, et donc oui, je vais retravailler ces choses-là, puis après, il y a la capacité à se dire, est-ce que je modifie la stratégie, entre guillemets, d'acquisition, est-ce que je garde des clients type... Je ne sais pas, des grimpeurs classiques ou est-ce que je transforme ça en une usine à gamins où on fait des anniversaires et donc du coup je pivote mais pas complètement sur le modèle. Donc ouais, je vais regarder sa stratégie, son type de client, les personas, la modélisation, enfin le modèle économique, qu'est-ce qu'il a développé dedans, comment je le valorise.
- Speaker #1
Ouais, toute ta valeur ajoutée que toi tu peux mettre et injecter quoi, en termes de développement.
- Speaker #0
Et j'essaye de mettre toute mon énergie, mes connaissances sur ce que je peux faire. avec l'entreprise. Encore une fois, c'est les mêmes dynamiques. Quand j'achète un terrain, je réfléchis tout de suite. Je me dis, je regarde le PLU, jusqu'à quelle hauteur, c'est quel type de client, est-ce que ça sera des étudiants, est-ce que ça sera des familles, combien coûte le terrain, combien va me coûter la construction, et est-ce que j'ai un amortissement sur 10 ans, parce qu'au bout d'une heure de visite, soit j'y vais, soit j'y vais pas. J'ai pas besoin de réfléchir pendant 5 ans ou 3 mois.
- Speaker #1
Tu prends vite tes décisions.
- Speaker #0
Souvent, il y a les autres promoteurs qui se battent pour le terrain. Donc, en fait, je fais une proposition. Tu n'as pas le choix. Ah ouais, et puis j'essaie de ne pas trop taper en dessous. Et en fait, c'est en ayant toute cette connaissance technique que tu peux y aller. C'est-à-dire, est-ce que tu anis très vite ton PLU ? Est-ce que tu connais bien tes coûts de construction ? Est-ce que tu connais bien ton environnement, enfin ton écosystème géographique ? Donc, tu te dis, ça sera... C'est pour ça que j'essaie de rester, par exemple, dans... au niveau localisation, pas très loin de là où j'ai mis la société.
- Speaker #1
Parce que tu connais bien au niveau de ton territoire, c'est quelque chose que tu maîtrises bien.
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
C'est important, l'ancrage territorial.
- Speaker #0
Oui, et puis c'est des logiques. C'est-à-dire que, par exemple, je travaille avec les mêmes types de clients. Donc, par exemple, mes logements, c'est pour des étudiants. À côté de là où je suis, il y a deux grandes écoles d'ingénieurs. Il y a la fac de médecine, il y a la sub-biothèque, enfin bref. Je sais que ces clients-là, après, je les négocie pour qu'ils aillent à ma salle de sport.
- Speaker #1
Tant que faire,
- Speaker #0
oui. Et en fait, pas. Tout ça, je connais bien mes chiffres et mon type de client.
- Speaker #1
Tout un écosystème.
- Speaker #0
Il y a des gens qui me disent, pourquoi tu ne vas pas investir à Bali ? Parce que je ne connais pas le marché à Bali. Et que je ne vais pas aller juste en deux visites connaître parfaitement l'écosystème là-bas. Donc, je fais des choses que je sais faire et dans l'Internet. Et par exemple, dans les boîtes où j'investis, on en parlait tout à l'heure, si je viens aider quelqu'un, c'est parce que je peux mettre les mains dans le cambouis et réparer le moteur. Si je ne connais pas le moteur, je ne vais pas pouvoir t'aider.
- Speaker #1
Non, mais tu n'es pas qu'un simple investisseur qui fait un chèque. Oui, exactement. Tu fais un chèque et en même temps, la condition, c'est que toi, tu puisses apporter tes connaissances, tes compétences.
- Speaker #0
Si je ne peux pas t'aider dans ton code, si je ne peux pas t'aider dans ton commercial, si je ne peux pas t'aider dans ton marketing, si je ne connais pas ton marché, je n'y vais pas en fait.
- Speaker #1
C'est une de tes occupations aujourd'hui d'investir ? Oui, c'est une occupation. Tu aides un peu ?
- Speaker #0
Je suis passé entre une demi-journée et une journée à Station F à écouter des... Des gens me pitchaient leurs projets. Et souvent d'ailleurs, je leur dis, avant d'avoir de l'argent, peut-être que tu as besoin de conseils. D'abord, je vais te conseiller pour voir si tu es capable de... Tu es agile et tu vas pouvoir modifier les choses qu'il faut. Et après, on parlera argent. Ceci, c'est juste de l'argent pour le dépenser.
- Speaker #1
Oui, là, c'est un financier.
- Speaker #0
Il y a des banques, on va voir la banque. Oui, ils sont banquiers.
- Speaker #1
Et que toi, tu n'es pas banquier.
- Speaker #0
Non, exactement. Moi, je ne suis pas banquier. D'accord.
- Speaker #1
Et alors, quand tu... parce que l'on... des gens qui pitchent, donc t'en vois plein. J'imagine. Et donc, comment tu identifies un bon pitcher ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si c'est tant que la partie pitch, c'est est-ce qu'ils sont capables de comprendre ce qu'ils font. Et que moi, ce que je veux, c'est leur capacité à avoir compris des trucs sur plein de choses. Et je trouve que le fonctionnement de la vie, il colle avec vraiment la fibre entrepreneuriale. C'est-à-dire de comprendre énormément de choses qui se passent. Il n'y a pas longtemps, je parlais avec ma femme et je lui disais, tu vois. Mon fils qui vient d'avoir le permis, pour lui, la liberté, c'est la voiture, parce qu'il n'arrête pas de prendre la voiture. Alors que moi, la liberté aujourd'hui, c'est le vélo. Et tu vois, de comprendre, ne serait-ce que ces petites subtilités dans les notions, ça fait une grosse différence. Et donc, les gens, par exemple, quand je parle du pitch sur des mobilités douces, de comprendre que, je ne sais pas, la trottinette, c'est une alternative à la voiture, en fait. Et c'est ça qui est important, en fait, dans le modèle. Et parce que si c'est juste pour des gamins, les gamins, de toute façon, ce n'est pas eux qui vont s'acheter des trottinettes à 1000 balles. Et en fait, il y a vraiment de la connaissance. Donc, il faut que les gens soient intelligents. Souvent, ils ont un bagage intellectuel. Ils connaissent bien les outils, leur marché. Ils sont réalistes sur leurs hypothèses. Parce que c'est ça que j'attends. Parce qu'il y en a qui me pondent des trucs. Je leur dis non, mais... dans leur business plan tu veux dire il faut que ce soit crédible et j'aime que les gens ils aient vraiment fait des pocs, des proof of concept pour me montrer que ils ont déjà essayé le meilleur exemple que je donne la plupart du temps c'est quelqu'un qui voudrait créer son agence de location de voiture je lui dis est-ce que ta voiture déjà t'arrives à la louer, parce que si t'arrives pas à louer ta voiture je vois pas pourquoi t'arrives à en louer 10 Il n'y a pas longtemps, il y a une nana qui m'a pitché, elle veut faire un bar à jeux. Je lui ai dit, tu organises des jeux de société chez toi ? Non. Commence par ça. Quand tu n'auras plus de place chez toi parce qu'il y a tellement de monde qui joue, boum, tu l'auras à un local.
- Speaker #1
Tu testes le bord, tu sondes le marché, tu le testes et après tu développes.
- Speaker #0
Et pourquoi ça marcherait mieux si c'est dans un autre local que dans son salon qu'elle a réaménagé ?
- Speaker #1
Pour qu'un projet puisse te convaincre, c'est ça. C'est un, c'est-à-dire que le projet a été testé, un minimum. Donc, il y a un potentiel et que derrière, tu as des gens qui ont eu une analyse, mais qui va au-delà du business.
- Speaker #0
Par exemple, je vais te dire, je vais te donner un autre exemple pour essayer d'expliciter. Les deux étudiants que j'ai eus, j'aurais dit construisez une cabane. Une fois que tu auras construit ta cabane et que tu ne seras pas lassé et que tu auras compris les galères et que tu diras j'ai envie de faire plus grand, on en reparle. Tu vois, c'est un petit peu ça l'état d'esprit. Tant que tu n'as pas fait, viens pas voir.
- Speaker #1
et l'erreur fatale justement il y a des gens où tu te dis au bout de 5 minutes ils viennent te pitcher ça franchement j'en vois tous les jours des gens comme ça tu peux le sentir plus ou moins déjà il y a beaucoup de gens qui me pitchent en disant qu'ils ont une idée donc c'est même pas la peine de discuter et
- Speaker #0
après moi aussi des idées j'en ai plein C'est l'exécution qui fait la différence. Si tu me dis que j'ai l'idée de construire une maison, c'est rien d'en parler. Fais-la, puis on en parle après. L'idée en elle-même, ça ne vaut rien.
- Speaker #1
Tu dis que du piqué, un modèle qui marche dans un pays à un autre, c'est beaucoup plus compliqué qu'on croit. Du genre, Deliveroo, il s'est planté en Allemagne. C'est quoi le piège pour toi ? Quand on veut reprendre un modèle en se disant, je vais le refaire, ça va être très simple, ça va marcher.
- Speaker #0
Je pense que c'est une histoire de maturité du marché. Moi, on s'est cassé les dents, je le disais, en allant en Asie, en Inde et au Brésil. En fait, c'est que les marchés sont différents, les gens n'ont pas les mêmes cultures. Sauf qu'aujourd'hui, d'ailleurs, on le voit même en France, sur des clivages entre... les extrêmes, l'extrême droite et LFI, mais c'est une conception de la vie qui est complètement différente. C'est-à-dire que quand on me dit, je prends LFI, c'est un bon exemple, qui me dit, oui, interdiction d'avoir versé des dividendes, interdiction de licencier des gens. Mais clairement, vous n'avez jamais géré une société ou investi dans une société. Qui va investir ou créer une société si tu ne peux pas te reverser les fruits de ce que tu as mis ? Pareil, si tu as des boulets, qu'est-ce que tu... Ils sont séparés. Tu ne vas pas les garder juste pour faire plaisir à un idéal social. Je veux dire, c'est inconcevable ce truc-là. Et en fait, c'est la même chose sur des... Je prenais par exemple des marchés... Je prends le marché indien, c'est un bon exemple. Groupon n'a pas marché là-bas. Pourquoi ? Parce qu'en fait, il n'y a pas de classe moyenne. C'est pour la classe moyenne les réductions. Les très très pros, de toute façon, ils n'ont même pas de quoi manger. Donc en fait, eux, leur seul souci, c'est juste avoir de quoi manger dans la rue. Les très très riches, ils s'achètent des Porsche et des Ferrari. Ils n'ont pas besoin d'avoir 30% de réduction chez le coiffeur. En fait, il n'y a personne pour ce type d'offre. Ça se colle bien parce que, je ne sais pas, aux Etats-Unis et en France, et en Europe, on va dire, on a une grosse classe moyenne. Et par exemple, en Europe de l'Est, ça ne marchait pas très bien. En Roumanie, etc., Groupe 1, ça n'a pas beaucoup décollé. On ne s'est pas dit, tiens... Je ne sais pas, la Biélorussie, la Moldavie, ça c'est des supermarchés. L'Ukraine aussi, on n'a jamais été tiré là-bas parce que c'est pareil, on n'a pas le même modèle socio-économique. Et culturel. Oui, culturel, exactement. Mais si je prends par exemple Deliveroo, un exemple que tu m'as donné, en Asie, ça fait longtemps que McDonald's, ils ont leur livreur. En Europe, ça n'aurait jamais venu à l'idée de dire à McDonald's, on a notre gars comme chez Domino's Pizza. Et donc, en fait, les gens, pour eux, McDonald's, tu te déplaces à emporter, tu as le drive où tu prends sur place et tu ne te fais pas livrer parce que les gens ne voulaient pas dépenser 5 balles de plus pour se faire livrer. Et en gros, c'est le Covid qui les a sauvés en France. Ils avaient déjà déposé leur bilan et donc, finalement, les gens ont découvert qu'ils pouvaient se faire livrer. Alors que ça marchait très bien en Asie, ce modèle-là.
- Speaker #1
On vient sur une notion, c'est la liberté financière avant 50 ans. Est-ce que pour toi c'est juste un chiffre sur un compte ou c'est un état d'esprit ? D'avoir cette liberté, est-ce que c'est un projet ? Oui,
- Speaker #0
moi je trouve qu'il y a plein de gens qui me disent « on ne dirait pas que tu es un millionnaire » et je leur dis « non, parce que je n'ai pas les besoins de… » Souvent je donne des exemples assez bêtes. Je leur dis quand j'étais jeune, je me disais toujours quand je serais riche, j'aurais un château et j'aurais une Porsche. Et puis après, je me dis, attends, en fait, moi, j'aime le ski et le vélo. C'est plus pratique qu'un van, en fait, pour aller faire du vélo dans l'école du Tour de France ou pour aller au ski. Et pareil, le château, j'irais quand, en fait, le week-end ? Faudrait que j'entretienne la pelouse, les douves, la trotture. Faudrait chauffer avant. Plus facile que j'aille dans un relais château. Donc en fait, cette... Moi, par exemple, aujourd'hui, j'arrive à vivre avec quasiment des revenus que je génère encore aujourd'hui. Et je n'ai pas besoin de toucher à mon capital. Et souvent, ce que je dis aux gens, c'est que la liberté financière, l'aisance financière, elle vient du rendement du capital, elle ne vient pas du rendement du travail. Quelqu'un qui ne fait que travailler, il paye des factures, il paye son loyer ou son crédit, il ne sera jamais riche. Ça n'existe pas, à moins d'avoir un salaire à 200 000 ou 300 000. Encore, on est beaucoup taxé. la plupart des gens se leurrent en s'imaginant qu'il y aura des lendemains meilleurs. Il n'y aura pas de lendemain meilleur. La vie va suivre son cours. Je ne dis pas que ça va être pire. Alors que si, par exemple, tu as un rendement de capital, effectivement... Moi, par exemple, j'ai un immeuble. Au bout de 5-6 ans, c'est rentabilisé. L'argent tombe sur des comptes. C'est comme si tu avais planté un arme et que tu ramassais les pommes.
- Speaker #1
Ce n'est pas en étant salarié qu'on peut devenir riche. Ça permet de vivre moyennement ou très aisément selon le salaire, ça paye les factures, mais en fait c'est par le fait d'être entrepreneur et d'avoir un capital derrière qu'on peut fructifier,
- Speaker #0
qu'on peut se paier. Exactement, c'est ce que je pense. Le rendement du capital sera toujours la solution à la richesse.
- Speaker #1
D'ailleurs,
- Speaker #0
c'est très critiqué en France. En France,
- Speaker #1
l'argent, c'est un tabou. Toi qui as beaucoup voyagé, tu as senti ça ?
- Speaker #0
En France, c'est un tabou.
- Speaker #1
C'est un vrai tabou.
- Speaker #0
C'est un tabou. Encore maintenant. En Chine, tu montres ta richesse. En France, tu la caches. C'est presque... C'est une insulte. C'est une insulte. En fait, je trouve ça terrible parce que... Aux Etats-Unis, les questions qu'ils posent souvent dans les entretiens d'embauche, c'est « t'as gagné combien d'argent à ta boîte ? » . C'est ça la question. Ce qui est très valorisant. Oui, parce qu'en fait, les gens se valorisent comme ça. Moi, j'ai un copain, par exemple, il bosse pour des crédits d'impôt dans sa boîte. Il ne bosse pas énormément. Je suis un petit peu critique. Je lui dis « si j'étais ton patron et tout » . Oui, oui. Il me dit, regarde, je rapporte 3 millions à ma boîte en termes de crédit d'impôt. Il me dit, mais moi, ma boîte, ils ne veulent que m'augmenter. Et ils ne veulent surtout pas que je parte chez un concurrent. Et en fait, cet esprit-là, j'arrive à le comprendre du coup. Je me dis, effectivement, si tu fais gagner beaucoup d'argent à ta boîte, elle a tout intérêt à te garder. Mais pour autant, il ne va pas le crier, parce qu'on a des conversations pour traducte, entre guillemets. Mais moi, systématiquement, les gens, ils me disent, non mais tu... Vous êtes riche, vous avez combien sur votre compte ? Ça les fait en même temps un petit peu fantasmer. Et en même temps, t'es pointé du doigt comme pourquoi tu ne payes pas plus d'impôts ?
- Speaker #1
En France, il y a cette double méfiance. Quelqu'un qui est riche, ça reste bizarre.
- Speaker #0
Je ne sais pas si c'est de la jalousie. En fait, cette classe moyenne, elle fait détester les gens qui ne rentrent pas dans le moule. Les gens qui sont un peu à part. Et pourtant, ce qui est assez paradoxal, c'est que ça ne choque pas sur certaines professions. Par exemple, tu prends un footballeur, ça c'est à part, ça n'est pas obligé d'être dans le pack. Eux, ils sont sur le planète. Mais entre autres,
- Speaker #1
dans les affaires, tout ça, ce n'est pas pareil.
- Speaker #0
Je suis toujours étonné que le patron de Total soit plus fustigé qu'un joueur de foot. Parce que le patron de Total, j'ai envie de dire, si nos amis LFI, par exemple, ils devenaient PDG de Total, tu les connais, les dirigeants en Afrique ou au Vénézuélien, pour aller négocier avec eux pour récupérer du pétrole. Parce qu'il faut avoir un carnet d'adresses costaud et une verbatim qui soit quand même bonne pour pouvoir négocier.
- Speaker #1
Pour ça, il faut déjà connaître le monde de l'entreprise. C'est une condition, je pense, assez essentielle.
- Speaker #0
Oui, tu vois, c'est... C'est un bon exemple, t'as des charges à payer, t'as du chiffre d'affaires à faire, donc c'est déjà pas pour tout le monde le concept, je trouve que c'est deux poids deux mesures on va dire.
- Speaker #1
Il n'y a pas longtemps j'ai vu un documentaire sur la 5 je crois sur HEC, justement sur des jeunes de classes sociales différentes et qu'il y a à la HEC, c'était un très bon reportage. Et toi qui as fait HEC, justement, moi j'ai découvert ce reportage où j'ai vu que c'était quand même une vraie communauté HEC. Est-ce que ça t'a servi ? Est-ce que ça te sert encore ? Je ne te parle pas des études, je te parle du réseau. Est-ce que ça te sert ? Est-ce qu'il y a un état d'esprit ? Quelqu'un qui a été HEC, est-ce qu'il y a une connexion instantanée ? Est-ce que ça te fait vibrer tout de suite ou pas ?
- Speaker #0
Alors, ma réponse, elle va être un petit peu différente de si tu interroges un autre HEC.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Moi, HEC aujourd'hui, c'est un... C'est un saut de crédibilité qui fait que dans certains projets, dans certaines conférences que je fais ou dans les conseils que je peux donner, les gens le valorisent. Donc en fait, c'est comme une étiquette qui serait comme un militaire qui aurait des décorations un petit peu de guerre. En termes de réseau, moi, je suis pas... J'ai encore des potes là-bas, mais je suis pas... autant soudés que d'autres qui sont salariés. Par exemple, ceux qui sont partis dans les cabinets de conseil, ils continuent à aller se faire des barbecues, des soirées, à se recommander, etc. Moi, j'ai rejoint le monde dans l'entrepreneur et il s'est créé un petit fossé entre ceux qui ont, entre guillemets, réussi l'envie et je caricature un peu plus loin de travailler, et ceux qui, finalement, sont toujours salariés. Et je parlais avec une de mes potes d'HEC, il n'y a pas très longtemps, on a fait un petit barbec, quand il y avait le remaniement. Et tu vois, par exemple, j'avais un de mes potes de promo, il était ministre. Donc il a sauté au moment donné où il y a eu les remaniements. Et il me disait, je ne sais pas ce que je vais faire. Et puis il y en avait une autre qui me disait, je suis jaloux parce que, tu vois, moi j'ai l'impression d'être une petite fourmi qui va tous les jours au travail pour pouvoir continuer à payer mes factures, etc. J'attends la retraite finalement. Alors que toi, tu n'es pas obligé de te lever le matin, tu fais ce que tu as envie de faire. Pour autant, je me lève le matin. C'est ça qui est aussi intéressant. Je n'arrête pas pour autant. Mais effectivement, je n'ai pas besoin d'aller, ça ne m'intéresse pas d'avoir des discussions. D'ailleurs, j'ai même dans ce barbecue, ils ont cinq enfants. Je disais, moi j'en ai deux déjà, heureusement, ils sont grands. J'ai pas envie de me retaper des nuits courtes, des tétines et des bibons quoi. Et ça, ça resterait quand même dans l'esprit HEC.
- Speaker #1
D'avoir plusieurs enfants ?
- Speaker #0
Ah ouais, le modèle un peu famille versaillais. C'est un peu cliché tu vois, mais avec pas mal d'enfants et j'en ai plein de ma promo qui sont comme ça. Genre j'aide pas la pierre. et c'est marrant parce que c'est hyper pratique il y en a qui me disent mais pourquoi t'habites pas à Neuilly tout simplement parce que moi ma famille elle est dans le sud les stations de ski elles sont dans le sud et que j'habite en région parisienne ouais j'habite à Porte d'Italie et en fait quand je prends l'autoroute je suis tout de suite sur la 6 ce qui est beaucoup plus simple pour moi plutôt que d'habiter à Neuilly et de me taper des bouchons ma famille elle est pas en Normandie donc j'ai aucun intérêt à habiter dans le nord de Paris même si soi-disant les quartiers sont plus chics Oui. Mais ça ne m'intéresse pas. Moi, c'est comme l'histoire du van. Plutôt que la Porsche, c'est pratico-pratique.
- Speaker #1
Donc, toi, ce qui t'a guidé, c'est la liberté, d'une manière générale. Oui, moi,
- Speaker #0
je pense que j'ai toujours été entrepreneur. Entrepreneur,
- Speaker #1
mais entrepreneur, ça rime. Enfin, pas d'un point de vue phonétique, mais entrepreneur, ça rime avec liberté. En fait,
- Speaker #0
c'est ça. Oui, c'est ce que je disais à mon fils. Je lui dis, tu auras toujours un patron. La salle, elle dépend des clients. Donc, si les clients, ils ne sont pas contents des machines de musculation, tu changes un avocat. Il est son propre patron, mais ça dépend de ses clients. Donc, on est toujours le larbin de quelqu'un. On a toujours un contrat. Mais là,
- Speaker #1
tu pourras avoir un patron qui te dit certaines choses, ce que tu es habitué à.
- Speaker #0
Ouais. Alors, moi, je suis plus dans un... En fait, j'essaie d'expliquer souvent à des entrepreneurs que, déjà, en termes d'entreprise, il faut être suffisamment smart pour comprendre celles qui arrivent à... à fonctionner en autonomie versus celles qui sont plus le fruit d'un travail. Je reviens un peu sur l'allégorie tout à l'heure, rendement du capital et rendement du travail. Par exemple, ma salle de sport, que je parte en vacances, que je sois malade, que je ne me lève pas le matin, de toute façon, les clients, ils y vont. Et que je n'ai qu'un client où j'en ai 200, ça ne me coûte pas plus cher. Et en fait, c'est comme mes appartements. Je les construis une fois, ça me prend trois mois et après, les loyers rentrent. Que je sois malade, que je parte en vacances, aucun problème. versus quelqu'un qui sera comme un influenceur, tu seras toujours obligé de faire des photos de toi, de les reposter. Oui, toi, tu es dans la récurrence. Ça tombe, en fait. Et moi, je ne veux surtout pas des modèles de société où tu es tout le temps obligé de refaire du travail, en fait. Parce que je reviens à l'idée du rendement du capital versus rendement du travail. Et c'est cette logique-là que je pense qu'il est intéressant d'avoir. Donc moi, pour, entre guillemets, venir riche, si c'était ça un petit peu le truc, c'est trouver des modèles. qui sont hyper scalables et qui en font, qui font que ta boîte ça devient un capital. Et en fait, tu as des rendements de ton capital et qui ne sont plus des rendements du fruit d'un travail.
- Speaker #1
Est-ce que ça veut dire que toi, ce que tu cherches, c'est une récurrence dans ton chiffre d'affaires ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est ça, c'est des business, des modèles avec une vraie récurrence.
- Speaker #0
Oui, tu fais une fois le travail et après, tu as tout le temps. Comme un arbre fruitier, tu le plantes une fois et après, il fait les fruits.
- Speaker #1
Il faut toujours l'arroser et l'entretenir. Oui,
- Speaker #0
mais ce n'est pas pareil. C'est marrant. je suis devenu pas un pro du jardinage mais je m'y intéresse mais par exemple entre les plantes vivaces il y a que l'Inde il refait des fruits tout le temps mes tomates elles font pas des fruits tout le temps je dois les replanter, il faut remettre la graine il faut faire des godets c'est beaucoup plus de travail c'est pas la même logique en fait mes artichauts par exemple pareil je les ai plantés une fois ils font 3-4 artichauts tout seul j'ai rien besoin de faire versus mes pommes de terre, il faut que je creuse il faut que je les plante, je les récupère Mais après, je suis obligé de replanter l'année suivante. Donc ça, ça m'intéresse moins.
- Speaker #1
Donc si je t'ai bien suivi, tu es plus artichaut que pas notaire.
- Speaker #0
Oui, exactement. Non, mais c'est des images que je donne à mes enfants, par exemple.
- Speaker #1
D'accord. Tu vois, ça marche. Parle-nous aussi, tu as une activité de prof, formateur, tu accompagnes des jeunes.
- Speaker #0
Oui, alors j'ai une boîte de formation. Soit j'y vais moi, au début j'y vais moi, ou sur ce qui me plaît le plus dans l'entrepreneuriat, j'y vais moi. Et puis après, quand c'est des trucs un petit peu plus... ça se répète, c'est moins technique, ça demande moins de talent, je vais le dire comme ça. Par exemple, je ne fais pas un truc sur la comptabilité, j'envoie des autres personnes le faire et je n'ai pas besoin d'y aller moi. C'est quoi comme mode de formation ?
- Speaker #1
C'est à distance ou c'est du présentiel ?
- Speaker #0
Non, mais ça dépend des écoles, ce qu'elles veulent. Soit elles me demandent de venir, ça peut être des conférences one-shot, soit c'est du distantiel. Par exemple, je travaille avec la Sorbonne, avec la fac de Léonard de Vinci, je travaille avec HEC, je travaille même avec Polytechnique.
- Speaker #1
D'accord, où tu es intervenant. Oui,
- Speaker #0
je suis intervenant. Par exemple, le PP1, les écoles de commerce en alternance, ils me demandent de faire des séminaires entrepreneuriaux ou alors des petites formations, je ne sais pas, sur une vingtaine d'heures.
- Speaker #1
C'est 20 heures sur... Oui, mais 20 heures... Ça te prend du temps ?
- Speaker #0
Non, ça me prend une journée dans la semaine, allez, deux jours maximum.
- Speaker #1
D'accord, quand même.
- Speaker #0
mais c'est agréable parce que je vois du monde c'est comme ça que je valorise mon temps parce que c'est du temps où je vois des jeunes je partage je comprends ce qui se passe dans la société est-ce qu'ils prennent encore des notes est-ce qu'ils sont sur le téléphone, sur l'ordinateur est-ce qu'il y a encore des tablettes ils ont quoi comme un abonnement, de quoi ils parlent c'est comme ça que je comprends le monde de demain et ça me permet de réfléchir au bois dans lequel j'investis t'as un pied dans la réalité exactement ça me permet d'éviter d'être dans une tour d'ivoire C'est ce que je valorise. Par exemple, des fois, je m'associe avec d'autres fonds quand on fait des grosses levées de fonds. Et moi, je leur dis, je suis sur le terrain. Donc, en fait, il n'y a pas longtemps, il y a une boîte, bref, il faisait des batteries de visseuses. Et moi, j'ai été, comme j'ai ma boîte dans le BTP, je leur dis, je vais vous expliquer les problèmes dits dans les visseuses, en fait. Parce que si on réfléchit juste dans un bureau et qu'on n'a jamais touché une visseuse, c'est difficile de faire les bons choix, de se dire comment c'était hier, comment c'est aujourd'hui, comment ça sera demain. Je pense que... Il y a plein de gens qui... Moi, le monde, je le vois en 2050 principalement, parce que je fais des projets qui sont longs, comme dans l'immobilier, et dans plein d'autres projets, c'est-à-dire que quand je réfléchis aujourd'hui, est-ce que je veux une voiture électrique ou pas ? Est-ce qu'on aura assez de lithium ? Est-ce que ce n'est pas plus compliqué de changer les pièces de Tesla ? Au début, elles sont neuves, ça va bien, mais au bout d'un moment... Je ne sais pas si je prends les ventes de voitures. Aujourd'hui, c'est thermique, c'est 50% des ventes d'occasion. C'est ça le marché de la voiture, c'est l'occasion, c'est pas le neuf en fait.
- Speaker #1
Le marché de l'occasion se porte très bien, ouais.
- Speaker #0
Ouais, et donc pour l'instant il n'y a pas de marché de l'occasion en électrique parce que c'est trop greffe.
- Speaker #1
Pour l'instant, ouais.
- Speaker #0
Et donc demain, il faudra changer les batteries, etc. Est-ce que ça sera le même game ? Je me pose la question, quand il y aura plus de voitures électriques que de voitures thermiques, est-ce que l'État ne décidera pas de mettre les 70% d'impôts sur l'électricité plutôt que les mettre sur l'essence ? Et du coup le plein coûtera... Enfin le plein. Le plan d'énergie coûtera trois fois le prix par rapport au prix actuel.
- Speaker #1
Donc, tu es dans la projection à dans 20 ans.
- Speaker #0
Oui, je fais beaucoup de projets où je me projette.
- Speaker #1
Tu es aidé ou tu analyses ?
- Speaker #0
Je lis beaucoup, j'analyse beaucoup, je réfléchis beaucoup. Je lis beaucoup la presse, je lis beaucoup de bouquins qui sont des chercheurs qui ont beaucoup cherché. Je ne sais pas, par exemple, sur la planète, est-ce qu'on a encore beaucoup de cuivre, pas beaucoup de cuivre ? Où sont les stocks de pétrole ? Ça fait combien de temps que les compagnies n'exploitent plus ? C'est ça aussi qui me permet de faire des commissions parlementaires. Parce que du coup, ils me disent, vous qui êtes expert dans tel domaine et que vous êtes beaucoup documenté, qu'est-ce que vous en avez retenu ? Comment vous voyez demain ?
- Speaker #1
Donc, tu as été commissionné pour... de sujets ?
- Speaker #0
On a des choses, par exemple, sur le prix de l'électricité. Et j'en ai eu un sur la SNCF.
- Speaker #1
Et ils te consultent à quel titre ?
- Speaker #0
En tant qu'expert. J'en ai eu sur l'immobilier, pareil. Sur des contraintes, par exemple, ils veulent développer l'immobilier, mais ils ne se rendent pas bien compte. Je leur peins tout le paysage. Entre guillemets, en fait, Si... Les business, c'est une chaîne. C'est-à-dire que si, par exemple, le coût de l'énergie coûte plus cher, les matériaux coûtent plus cher. Du coup, les promoteurs, ça leur coûte plus cher. Du coup, celui qui avait prévu de construire, il dit que c'est trop cher. Et pareil sur les niveaux de prix du crédit. Est-ce que le crédit est cher aujourd'hui ? Bonne question. Je ne sais pas, par rapport à mes parents, je le trouve très bas. Par rapport aux États-Unis, en France, c'est encore très bas. Même à 4, il n'est pas élevé. Si je prends l'Angleterre, ils sont à 6. Si je prends l'Inde, ils sont à 8. Je leur dis, le crédit, même s'il y a des gens qui disent qu'il est haut en ce moment, Pas du tout par rapport à la moyenne mondiale. Il faut juste... Tu prends du recul par rapport à la situation. On ne peut pas se dire qu'on est un marché qui fonctionne en autarcie. Si par exemple le standard du crédit aux Etats-Unis c'est 8%, et les investisseurs y vont à 8%, et qu'en France on est frileux à y aller à 4% parce qu'on trouve que c'est élevé, 4% ce n'est pas du tout élevé par rapport à la moyenne mondiale.
- Speaker #1
On a vraiment la tête dans le guidon. On est très braqué sur... On est trop braqué.
- Speaker #0
Je pense qu'on est très bien. Et je pense qu'il y a encore des choses, par exemple, dans l'IA, où on est encore, quand je vois ce qu'on arrive à faire dans la donnée, mais on est encore dans un... Moi, je dis, vas-y, tant que tu peux y aller, un jour, ça va se fermer.
- Speaker #1
Ça va saturer l'IA, justement.
- Speaker #0
Je ne pense pas que c'est une histoire de saturation. C'est, par exemple, qu'aujourd'hui, toutes les informations, les données qu'on récupère sur les gens, on a beau avoir du RGPD, est-ce que vous acceptez des cookies ? Je pense que les gens ne se rendent pas compte de ce qu'ils acceptent, en fait. À un moment donné, ça va se refermer. Les gens ne pourront pas dire, attends, tu connais la couleur de mon slip, chaque euro que je dépense sur mon compte bancaire.
- Speaker #1
Tu veux dire qu'au niveau de data, on a quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup d'informations.
- Speaker #0
Ah ouais.
- Speaker #1
Et qu'on peut, pour ceux qui savent le faire, exploiter.
- Speaker #0
Mais les gens, ils ne se rendent pas compte. Je donne cet exemple de manière assez rigole. Tu vas sur un site porno. À la limite, on s'en fout de ce que tu as fait. Donc eux, ils récupèrent les données quand tu t'es connecté de ce qui se passe après. Qu'est-ce qui se passe après ? Tu as été voir, je ne sais pas, faire un MBA à HEC. Après, tu as été voir ton compte bancaire. Après, tu as été voir des chaussures chez Alondo. Après, tu as été voir tes vacances au bord de la mer Rouge. Tout ça, c'est des données qu'ils continuent à récupérer en fait. Et donc, tout ce qui s'est passé, toutes les transactions sur ton compte bancaire.
- Speaker #1
C'est Google, tu veux dire ?
- Speaker #0
Mais non, mais c'est n'importe quel site sur lequel tu t'es connecté qui te suit en fait. Et donc, ces données, ils les ont et ils les exploitent. Est-ce que c'est pour ton bien ou est-ce que c'est à ton insu ?
- Speaker #1
Par exemple,
- Speaker #0
moi, quand j'achète de la donnée, je les revends aux écoles. Je sais qui a été regardé, tel MBA, tel master en immobilier.
- Speaker #1
C'est une exploitation commerciale.
- Speaker #0
Oui, c'est une exploitation commerciale. Je ne pense pas à de la rançon sûre. C'est de l'exploitation commerciale que les gens...
- Speaker #1
Tu revends cette donnée, des gens qui vont sur ton site. Toi, c'est précieux. Tu as toute la traçabilité de certains visiteurs. Et c'est quelque chose qu'on peut revendre ? Oui,
- Speaker #0
exactement. Non mais on en sait beaucoup sur les personnes. Si demain je te disais tiens j'ai regardé tel vélo, effectivement il est en promo chez Decathlon ou chez Egosport. « Tiens, la pizza, je vois que t'es fan des pepperonis, il y a une promo demain chez Domino's. » « Ah tiens, sur le site de rencontre, je suis marié, comment ça le site de rencontre ? » Je lui dis « Mais si, c'est formel, t'as été. » « Ingrid74 du machin là. » Tu vois, ce que je veux dire, c'est que c'est un exemple bête, mais on aurait pu en prendre plein. La dernière fois, ma banquière me disait, les gars me parlent et me disent « Oui, je suis à Découvert, et c'est pas normal Elle me dit, j'ai son enlevé de compte devant. Tous ceux qui ont acheté le don, ils l'ont.
- Speaker #1
Dis donc, arrête le McDo, arrête
- Speaker #0
Netflix. Les jeux sur la DS, c'était peut-être pas nécessaire. Franchement, arrête les sites de rencontres. Ça te coûte une blinde. Et ton jeu ne sera pas à découvrir.
- Speaker #1
Tout est tracé, c'est sûr. Une dernière, on arrive à la fin de notre émission. Sur l'IA, comment tu vois l'IA ? Tu vois comme une opportunité, une menace ? Comment tu perçois ça ?
- Speaker #0
Au même titre qu'Internet à l'époque. Non, mais l'Internet à l'époque, tout le monde avait dit que ça prendrait le boulot de gens. Ça n'a jamais autant offert d'opportunités et de créer de jobs. Donc, c'est la même chose pour moi. Ça va créer tellement d'opportunités, tellement de jobs. C'est sûr qu'il y en a quelques-uns, ils perdront leur job. Moi, je n'ai pas versé de larmes. Je veux dire, ça va dans l'air du temps. Et je pense que plus on avance... Et plus j'ai envie d'y être. Parce que des choses qui n'étaient pas possibles hier qu'on arrive à faire aujourd'hui, c'est terrible. Mais moi, demain, je suis impatient qu'on ait des espèces de droïdes et que je n'ai pas de personnes à l'accueil et que ce soit un droïde qui dise « Bonjour, je vous sers une bière. Est-ce que vous voulez un café ? » Et qu'il ne se trompe pas en rendant la monnaie et qu'arrive à l'heure. Je suis impatient de ça. Je pense que ça va offrir beaucoup d'opportunités.
- Speaker #1
Et ceux qui disent, je le dis volontairement, mais en point de vue d'un modèle social, Est-ce que ce n'est pas un risque ? C'est une menace de voir des millions et des millions d'emplois ?
- Speaker #0
Je ne sais pas. Je pars du principe que, par exemple, je vais le prendre dans les ressources humaines. Imaginons que tu te dises que j'ai automatisé mes payes. La personne n'a plus besoin de faire les payes. Tu dis que au niveau RH, j'ai besoin d'autre chose. J'ai besoin de trouver les bons talents. J'ai besoin que les salariés se sentent bien et qu'ils aient envie de rester là plutôt que d'être pressés à 17h de partir. Ça, je valorise plus en termes de compétences dans ma boîte. Parce que ça, ça va apporter en productivité, en termes de bien-être. Et donc, plus les gens sont bien, plus ils seront à l'aise dans leur travail et ils vont produire. Et c'est ça que j'ai envie qu'elles valorisent. La partie, les payes, mais bien sûr que ça va s'automatiser. Il n'y a aucun intérêt. C'est comme sur l'autoroute, la personne qui rendait la monnaie, tout ça. On peut pleurer autant qu'on veut sur le fait qu'elle ait perdu son job, mais pense à tous les ingénieurs qui ont créé les systèmes automatiques pour pouvoir que les gens perdent moins de temps.
- Speaker #1
C'est une évolution de toute manière, mais qui a toujours eu, avec les industries. Mais bien sûr. Je remonte loin, mais avec Internet, etc.
- Speaker #0
Je pense que ça permettra aux gens de prendre du recul sur est-ce que mon travail est vraiment nécessaire à la société pour laquelle je travaille, Ou est-ce que je fais un truc ? purement mécaniques qui pourraient être remplacés demain par une IA ou un robot. Je pense qu'il y a tout intérêt à remplacer ces jobs qui n'ont pas trop de valeur par des... Et même, je suis étonné parce que des fois, je me disais, je regardais à Leroy Merlin, et il y a les caisses automatiques, mais il y a presque plus de personnel derrière les caisses automatiques que derrière les caisses normales, en fait. Parce qu'il y a quand même des bugs, il y a quand même... Les clients, ils ne savent pas trop s'en servir, etc. Et en fait, je pense que l'expérience que tu as avec l'hôtesse sur les caisses automatiques, elle est beaucoup mieux que celle qui fait bip, Et donc, moi, je valorise plus la partie ingénierie là-dessus que la partie…
- Speaker #1
C'est le sens de l'histoire. Oui, je pense que c'est le sens de l'histoire. C'est une évolution.
- Speaker #0
Je préférais que chez Lidl, ils aient quatre caisses automatiques. Et que la personne allait te conseiller sur tes fruits et légumes ou sur tes achats en disant, ça, ce n'est pas de saison, ça vient de l'autre bout du monde.
- Speaker #1
Oui, d'investir dans le service.
- Speaker #0
Mais oui, ça, ce n'est pas bon pour toi. Tu as prévu faire quoi comme recette ce soir ? Je vais te dire quoi acheter. Je préférais que ce soit ce genre de conseil qui soit donné plutôt que de bipper les produits à la caisse, qui n'est pas très productif pour la société.
- Speaker #1
C'est sûr. Comme je disais, on arrive à la fin de cette émission. J'ai une dernière question. On a un podcast comme ça qui s'appelle Parole de bâtisseur. Et en fait, avec tout ce que tu as dit, avec ton expérience, si tu dois donner une définition de ce qu'est un bâtisseur au sens large, tu dirais quoi ?
- Speaker #0
Je pense que c'est quelqu'un qui construit des choses qui sont marquantes pour les générations futures. Après, est-ce que du coup, moi, je réponds à la définition ? Je ne sais pas. Je ne suis pas sûr que... Aujourd'hui, on bâtisse encore beaucoup de choses de nos petites mains qui perdurent dans le temps. Et c'est beaucoup plus des projets collectifs. Quand je vois la reconstruction de Notre-Dame, c'est plein de compétences et de personnes qui ont mis leur expertise et leur force en commun, où ils peuvent vraiment bâtir quelque chose d'exceptionnel. Après, c'est sûr qu'on peut bâtir des choses à son échelle. mais ça recoupe ce qu'on disait d'être entrepreneur et c'est pas que l'entreprise dans le bâtiment parce que encore faut-il avoir les idées encore faut-il avoir des techniques encore faut-il savoir pourquoi tu le fais donc il y a un peu de juridique, un peu de marketing il y a toujours de la finance il n'y a pas que du béton ou des pierres ça va au-delà de ça dans le projet global on va dire
- Speaker #1
Thomas, merci c'est sur ces bonnes paroles de bâtisseur quand on va finir l'émission. Encore merci d'être venu. Avec plaisir. Merci d'avoir partagé ton expérience assez unique. En tout cas, on est ravis. On vous propose de se retrouver une prochaine fois pour un nouvel épisode. Merci de continuer à vous abonner. Merci à nos 1,5 million de personnes qui ont vu nos épisodes. Continuez à nous soutenir et on vous donne rendez-vous la prochaine fois. A bientôt.