- Speaker #0
Quand on est en période de crise, qu'on n'a plus d'argent, qu'on n'a plus de trésorerie, qu'est-ce qu'il faut faire ? C'est aller dépenser de l'argent et aller mettre du temps alors que tu n'en as plus. Oui, c'est contre-intuitif, mais c'est parce qu'il faut regarder qu'est-ce que ça va provoquer. Dans le monde du bâtiment, on a beaucoup de chefs d'entreprise qui sont très seuls. Un électricien qui travaille tout seul va te dire « J'ai suffisamment de chantier, j'ai assez de travail, je m'en sors, j'ai pas besoin de réseau. »
- Speaker #1
Ils n'ont pas le temps, ils fonctionnent beaucoup par le bouchoiré. Oui,
- Speaker #0
oui. Tout à fait. Mais le bouche-à-oreille, c'est une forme de réseau.
- Speaker #1
Beaucoup d'entrepreneurs du bâtiment développent leur réseau déjà par les réseaux sociaux.
- Speaker #0
LinkedIn, c'est un réseau numérique, un réseau virtuel. Ça permet aussi d'augmenter sa visibilité. Mais ça ne permet pas de créer des relations de confiance avec les gens.
- Speaker #1
Ce podcast vous est présenté par notre partenaire, la plateforme l'Union des bâtisseurs, je vous en parle juste 30 secondes. C'est une solution nouvelle pour les pros du bâtiment. Vous êtes dans le bâtiment, vous perdez du temps à chercher des chantiers ou à chercher des partenaires fiables. La plateforme Union des bâtisseurs va régler vos problèmes rapidement. C'est une plateforme simple pour trouver de la sous-traitance, remplir votre carnet de commandes et développer votre business. Allez voir par vous-même sur uniondesbâtisseurs.fr Bonjour, bienvenue dans Parole de bâtisseur. Pour ce nouvel épisode, nous avons le plaisir de recevoir Barbara Barré, qui est une dirigeante comme on en rencontre rarement. Elle est multi-entrepreneuse depuis 18 ans. Elle accompagne les dirigeants sur deux fronts qu'on ne lit jamais assez. Il y a la stratégie RH qui va nous en parler, et puis le développement de réseaux d'affaires qui est sa passion, sa conviction dans cet épisode et dans cette époque, c'est que l'IA prend le dessus, mais rien ne remplace la force. d'un lien humain. Aujourd'hui, elle vient nous dire si oui ou non, il faut développer son réseau en période de crise. Et ça change tout. On rejoint tout de suite Barbara. Barbara, merci d'être là. J'ai bien prononcé ton nom ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Barbara
- Speaker #1
Barret. Merci. Merci. Merci d'être là. Merci d'avoir fait ce chemin. Je vais commencer par une première question, si tu permets. Un peu provoque, entre guillemets, en pleine crise, quand un patron du bâtiment... Parce que tu sais qu'on est regardé par beaucoup d'entrepreneurs du bâtiment, des gens du bâtiment en général.
- Speaker #0
Ça tombe bien, il y a beaucoup de mes clients dans le monde du bâtiment.
- Speaker #1
Exactement, c'est pour ça peut-être que tu es là. Si jamais un entrepreneur du bâtiment galère à boucler ses fins de mois, lui dire développe ton réseau, est-ce que ce n'est pas un peu déconnecté de la réalité ?
- Speaker #0
Alors oui, dit comme ça, je suis complètement d'accord avec toi. Je vais faire un parallèle sur un épisode qu'on vient d'avoir, la canicule, quand tu as trop chaud. La première chose dont tu as envie, c'est d'aller prendre une douche froide et boire un bon verre d'eau glacée. C'est ce qu'il y a de pire à faire. Il faut faire quelque chose qui est anti-contraintuitif, on va dire. Parce que si tu prends une douche froide, qu'est-ce qui va se passer ? Tu vas contracter tous tes vaisseaux sanguins. Si tu contractes tes vaisseaux sanguins, ils ne vont plus pouvoir évacuer, ils vont contenir le sang chaud dans ton corps. Si tu bois un verre d'eau glacée, qu'est-ce qui va se passer ? Tu vas bloquer ta transpiration et la transpiration, c'est la seule chose pour évacuer le trop chaud de l'intérieur de ton corps. Voilà. Eh bien, je vais dire... Quand il fait trop chaud, qu'est-ce qu'il faut aller faire ? C'est prendre une douche tiède et boire un thé bouillant. Quand on est en période de crise, qu'on n'a plus d'argent, qu'on n'a plus de trésorerie, qu'est-ce qu'il faut faire ? C'est aller dépenser de l'argent et aller mettre du temps alors que tu n'en as plus. Oui, c'est contre-intuitif, mais c'est parce qu'il faut regarder qu'est-ce que ça va provoquer. La douche chaude et le thé brûlant vont te permettre d'avoir moins cette sensation de trop chaud. Et bien de développer son réseau va te permettre de pouvoir aller chercher, répondre à des difficultés que tu as. Même tes difficultés de trésorerie, ça va te permettre finalement de gagner du temps. Je vais t'expliquer un petit peu comment est-ce qu'on peut gagner du temps avec le réseau, mais ça permet de faire énormément de choses. Et oui, c'est contre-intuitif, mais pourtant, c'est ce qu'il faut faire.
- Speaker #1
Super. Merci pour cette comparaison avec notre épisode de canicule. Je ne m'y attendais pas, mais ce n'est pas mal. On va tout de suite venir à toi pour que nos auditeurs se rendent compte à qui on a affaire. Tu as plusieurs casquettes, comme je le disais. Est-ce que tu peux te présenter, nous parler de... Tu as beaucoup de clients qui sont dans le secteur du bâtiment. C'est un secteur que tu connais très bien, que tu accompagnes, que tu as accompagné sur tous les bouts, sur tous les fronts, développement RH. Est-ce que tu peux te présenter rapidement sur tes différentes casquettes ?
- Speaker #0
Alors, je dirais surtout que... Alors, tu as dit multi-entrepreneur, ça me fait sourire parce qu'on devient multi à partir de combien d'entreprises ? Ça, je ne sais pas. En tout cas, femme de réseau, ça j'en suis convaincue. Le réseau, c'est quelque chose que je développe, j'oserais dire, depuis que je suis enfant. Parce que quand on est bavarde, l'avantage, c'est qu'on oublie facilement des contacts. Donc on développe son réseau. Parce que développer son réseau, ce n'est pas forcément le faire de façon très structurée. C'est plus ou moins structuré. ou pas. Mais donc, ce qui me motive depuis le début de ma vie, c'est d'accompagner les gens pour qu'ils se développent et qu'ils arrivent à s'épanouir et à trouver ce qu'il y a de meilleur en eux. Donc, c'est accompagner des chefs d'entreprise à mieux piloter leur entreprise, à mieux développer leur entreprise, à mieux comprendre qui ils sont et comment est-ce qu'ils peuvent aller encore plus loin. Et ça, ça passe à la fois par Orsea, ma société de conseil en stratégie RH, où j'essaye de trouver d'accompagner les chefs d'entreprise pour qu'ils trouvent l'équilibre. entre la stratégie financière d'un côté, l'organisation humaine de l'autre, et puis les réseaux d'affaires où finalement, pour qu'un chef d'entreprise réussisse, généralement le réseau d'affaires est un véritable atout. Et en parallèle, ce qui est intéressant, c'est que j'ai la chance d'être associée dans un bureau d'études fluide et thermique qui s'appelle Kimsi, et c'est une entreprise de six personnes, je suis associée là-dedans, et conclusion, je connais les difficultés du chef d'entreprise, les nuits sans sommeil, les échanges où tu... Tu dois prendre des décisions qui ne sont pas évidentes, etc. Donc, je connais le quotidien du chef d'entreprise. Et parfois, je me surprends à faire exactement l'inverse de ce que je conseille à mes clients. Faites ce que je dis et pas ce que je fais.
- Speaker #1
Sinon, ce n'est pas drôle.
- Speaker #0
Sinon, ce n'est pas drôle. Mais bon,
- Speaker #1
voilà. Donc, tu as plusieurs casquettes. Je maintiens multi-entrepreneuse, quand même. À partir de deux, on peut dire multi. Mais voilà. Mais en tout cas, ce qui est bien, c'est que tu connais bien les différents aspects. de l'entreprise, parce que comme tu disais, tu es chef d'entreprise, donc tu es des deux côtés de la barrière.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Alors, tu es une femme de réseau, c'est un mot. Est-ce que tu peux me parler de... Je crois que tu as des activités au niveau du BNI. Est-ce que tu peux me parler du BNI, notamment, qui est plus connu, même mondialement ?
- Speaker #0
C'est un réseau qui est international, mondialement connu. C'est le réseau numéro un des réseaux d'affaires. Ça ne veut pas dire que c'est le mieux. C'est celui qui est le plus développé, mais ça ne veut pas dire pour autant qu'il convient à tout le monde. Et c'est ça qui est très important. C'est vraiment le message que je voudrais faire passer aujourd'hui. Si le BNI est un réseau qui, en tout cas à moi, ne correspond pas... BNI, ça veut dire quoi ? Business Network International.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et si... C'est bien.
- Speaker #1
C'est bien, voilà. J'étais à la petite question.
- Speaker #0
Si moi, le BNI me convient, il n'est pas obligé de correspondre à tout le monde. Et il y a plein de types de réseaux. Et le plus important, c'est de trouver le réseau qui nous correspond. Typiquement, on parlera sûrement dans l'échange de l'autre réseau qu'on a créé avec mon associé qui s'appelle Kim Cipartner, ce qui est aujourd'hui sur lequel on est en train de tourner une page. Mais c'est un réseau qu'on a spécialisé dans le domaine de la construction de l'immobilier parce qu'on s'est rendu compte que c'était un besoin qu'il y avait sur le marché et qui était une demande de certains pour qui le BNI ne correspondait pas. Il y a plein de réseaux qui existent, il suffit de trouver le réseau qui nous convient.
- Speaker #1
Tu accompagnes et tu as des gens dans ton réseau, on va parler justement de ton réseau Kimsey Partners qui accompagne et qui rassemble surtout, c'est plus rassemblé, donc c'est beaucoup beaucoup d'entrepreneurs du bâtiment. Ma question c'est, est-ce qu'aujourd'hui tu vois, parce que tu fais ça depuis quelques années, qu'il y a une évolution des entrepreneurs du bâtiment, est-ce que ce sont des gens qui ont plus de réseau qu'avant ? Est-ce qu'ils sont sensibles sur la question ? Est-ce que tu vois une évolution parce qu'il y a une nouvelle génération ou pas du tout ?
- Speaker #0
Alors, les gens qui m'entourent sont plus des réseaux, parce qu'à force de... Par la force des choses. Par la force des choses, je les rencontre souvent dans les réseaux, donc ils sont plus de réseaux. Malheureusement, c'est encore quelque chose qui n'est pas assez développé à mes yeux, notamment dans le monde du bâtiment, où en fait, on a beaucoup de chefs d'entreprise qui sont très seuls et qui ont... ne savent même pas comment aborder le sujet du réseau et se disent, de toute façon, ça n'est pas adapté à moi. Un électricien qui travaille tout seul va te dire, mais moi, de toute façon, j'ai suffisamment de chantier, j'ai assez de travail, je m'en sors, j'ai pas besoin de réseau. Et en fait, si, on a tous besoin d'un réseau. Mais à nouveau, réseau plus ou moins professionnel, plus ou moins carré, structuré, etc. Avoir un réseau, ça ne veut pas forcément dire être membre d'un réseau, mais c'est avoir des gens autour de soi, etc.
- Speaker #1
Bien sûr, oui. Parce que souvent, c'est vrai que... Les gens du bâtiment, d'abord, un, ils n'ont pas le temps, parce qu'ils sont là du matin au soir. Deux, ils fonctionnent beaucoup par le bouche-à-oreille. Oui,
- Speaker #0
tout à fait.
- Speaker #1
Donc, c'est oui, c'est bien, mais je n'ai pas le temps. Puis bon, moi, je ne prospecte jamais. Voilà. Et c'est quelque part, c'est là le piège.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Mais le bouche-à-oreille, c'est une forme de réseau.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Donc, finalement, ils ont du réseau. Simplement, ils ont un réseau où ils restent toujours un peu dans le même réseau.
- Speaker #1
Oui. Une question, tu accompagnes les dirigeants depuis presque 20 ans, ça fait 18 ans. Oui,
- Speaker #0
18 ans.
- Speaker #1
Quand tu regardes ceux du bâtiment aujourd'hui, que tu connais bien, qu'est-ce que tu vois qui ne se ressemble à aucune autre crise que tu as traversée ? Est-ce que tu trouves que la crise qu'on traverse aujourd'hui, bon, ça fait longtemps qu'on dit qu'on est en crise, là on est dans une crise. J'entends en tout cas qu'il y a des gens du bâtiment qui sont en souffrance quand même. Est-ce que tu vois une particularité par rapport à cette crise-là ? ou pas plus que ça ?
- Speaker #0
La réponse, elle est dans ta question. Tu as dit, on est en crise, ça fait longtemps. Bon, donc là, on est vraiment en crise. C'est exactement ce qui est particulier dans cette crise aujourd'hui, je trouve, puisque oui, on est en pleine crise. Jusqu'à présent, je trouve que la crise avait un visage. Si tu prends 2008, c'était la crise d'Astor Prime, les Man Brothers qui s'effondrent, il y avait vraiment un non. 2020, il y a eu le Covid, voilà, la crise avait son visage. Là, on est dans une espèce de crise politico-économique, géopolitique, tout est un peu mélangé. Il y a d'un côté le conflit russo-ukrainien, de l'autre côté il y a ce fameux... blocage du détroit d'Hormuz. En parallèle, il y a des questions politiques en France. Il y a les présidentielles qui arrivent dans quelques mois. Et puis, il y a le fait que la France n'a pas de budget quand même depuis quelques temps. Et en fait, tout ça fait qu'on est dans un contexte de crise. Mais la crise n'a pas un vrai visage. Et ce qui est très compliqué pour les entrepreneurs, et malheureusement, le bâtiment est souvent celui qui le perçoit en premier, ces difficultés économiques. Eh bien, c'est qu'on se dit, OK, on va résoudre, admettons qu'on trouve une solution pour qu'il y ait une solution dans le conflit russo-ukrainien. Ah oui, mais ça ne va pas pour autant débloquer le Détroit. Ah, mais pour autant, ça ne va pas débloquer les présidentielles qui sont en mai prochain. On ne peut pas les accélérer. Ou ça ne va pas débloquer le budget de l'État. Et en fait, il y a tellement de sujets différents qu'on a l'impression que même si on en résout un ou deux, il y en aura encore tellement qu'on ne va jamais s'en sortir. Donc je trouve que c'est une crise qui est pesante et qui est surtout... qui est beaucoup plus stressante que les autres pour les chefs d'entreprise, parce qu'ils se disent mais comment est-ce qu'on va réussir à s'en sortir ? Est-ce que là, on n'est pas enterré dans une crise dont on ne sortira jamais, en fait ? Donc je trouve qu'elle est beaucoup plus inquiétante que les précédentes et c'est vraiment le ressenti que j'ai de la part des chefs d'entreprise que je côtoie au quotidien.
- Speaker #1
Parce qu'en 18 ans, tu en as vu des crises ? Oui, j'en ai vu certaines. C'est pour ça que je te demandais ce regard-là, ça m'intéresse. Et donc, la question du jour, de notre épisode, justement, et qui intéresse nos auditeurs, c'est de savoir voilà, on parle beaucoup. beaucoup du développement de réseaux, réseaux d'affaires, etc. Et donc, c'est un outil, une solution, justement, anti-crise. C'est-à-dire ne pas se laisser aller et prévoir du temps, dégager un petit peu de temps pour développer son réseau, parce qu'à un moment donné, ça sera utile. C'est le message que tu partages, je pense.
- Speaker #0
On dit souvent, en fait, je vais prendre un parallèle. J'aime bien toujours prendre des parallèles. Je t'ai fait la canicule tout à l'heure. Là, je vais te faire la trésorerie. Pour pouvoir emprunter auprès d'un banquier, On dit souvent que les banques ne prêtent qu'aux riches. Donc c'est bien au moment où tu es riche qu'il faut emprunter. Si tu commences à être surendetté et que tu vas avoir ton banquier, il ne va clairement pas te prêter. C'est exactement la même chose dans le réseau. Le réseau, tu en as besoin quand tu es en crise. Donc ce n'est pas quand tu es en crise qu'il faut penser à le développer. Il faut avoir anticipé, c'est au moment où tout va bien, au moment où tu as du temps, etc., que tu commences à le développer. Il s'avère qu'aujourd'hui, beaucoup sont en difficulté et n'ont pas de réseau. Si je te dis qu'il fallait y penser avant, ça ne va pas apporter une solution. C'est ce que j'allais te dire. Mais le truc, c'est qu'il y a quand même... Toujours des solutions. Il y a un proverbe que j'aime bien qui dit comment est-ce qu'on mange un éléphant ? Est-ce que tu connais la réponse ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Eh bien, une bouche à la fois. Eh bien voilà, on est en crise, j'ai pas de réseau, comment est-ce que je développe mon réseau ? Une personne à la fois. Et se fixer de dire, allez, toutes les semaines, par exemple, il faut que je rencontre une nouvelle personne. La prochaine fois que je suis dans mon camion, que je suis en train de rentrer d'un chantier, au lieu de mettre ma musique au lieu de pester contre les conducteurs parisiens qui forment des bouchons et qui ne savent pas conduire, etc. Eh bien, si je passe un coup de fil à une personne, j'espère qu'il n'y aura pas trop de policiers qui écouteront l'émission et qui diront qu'il ne faut pas téléphoner quand on conduit. Mais voilà, c'est des choses comme ça. C'est de se dire, tiens, je suis sur le chantier aujourd'hui, il y a tel partenaire qui est là, eh bien, tiens, au lieu d'aller manger mon sandwich dans mon coin, je vais lui proposer qu'on mange notre sandwich en discutant. Et c'est ça aussi, développer son réseau. C'est rencontrer des gens, c'est échanger avec des gens. Et c'est commencer à nouer un lien de confiance qui est différent. Parce que le partenaire qui est sur le chantier, tu le connais parce que vous travaillez côte à côte. Mais à partir du moment où tu commences à partager des choses avec lui qui sont autres que simplement le chantier, tu rentres dans une relation avec une relation de confiance qui se met en place et il va plus facilement faire appel à toi et tu vas plus facilement faire appel à lui. Et c'est un accélérateur relationnel, ce réseau. Ce qui fait qu'après, quand tu as un besoin, tu l'appelleras lui. il saura qui tu es, il aura noué ce lien de confiance, il sera plus apte à te rendre service, et inversement.
- Speaker #1
Je partage à 100%, c'est-à-dire qu'en fait, à l'heure de l'IA, qui est magnifique, l'IA, mais il y a une chose qui est sûre, c'est que la relation humaine avec ses affinités et puis ses injustices, parce que parfois on s'en prend les personnes, c'est comme ça, en fait, ne sera jamais remplacée.
- Speaker #0
Mais ce qui est génial, c'est que l'IA, c'est magnifique pour le réseau, parce que l'IA, ce n'est pas du réseau. quand même, il y a le A de artificiel. Par contre, l'IA, si on l'utilise bien, peut nous faire gagner du temps dans certains aspects. Et bien, à ce temps-là, autant l'investir dans le réseau.
- Speaker #1
Voilà, le temps que vous allez gagner avec l'IA, il faut l'investir justement sur le temps relationnel et humain. Et ça, c'est important. Alors, beaucoup d'entrepreneurs du bâtiment considèrent qu'ils développent leur réseau déjà par les réseaux sociaux, LinkedIn, etc. Est-ce que toi, tu trouves que c'est suffisant ? C'est vrai que c'est important, ça permet de développer sa... Sa réputation, sa notoriété, son savoir-faire, pourquoi pas son savoir-être. Mais est-ce qu'il faut aller plus loin ? Parce que l'humain, c'est un vrai engagement de sa propre personne.
- Speaker #0
LinkedIn, c'est un réseau numérique, c'est un réseau virtuel. C'est-à-dire que moi aujourd'hui, j'ai plus de 10 000 personnes qui sont connectées avec moi sur LinkedIn. Je ne connais pas ces 10 000 personnes. Et si demain, j'ai besoin d'un professionnel, ce n'est pas sur LinkedIn que je vais aller le chercher. Peut-être si vraiment je n'en ai aucun dans mon entourage, mais il y en a la plupart des gens avec qui je suis en contact sur LinkedIn, je n'ai pas noué de relation de confiance avec eux. Je me suis rendue visible, ils se sont rendus visibles vis-à-vis de moi et je me suis rendue visible vis-à-vis d'eux. Ce n'est pas pour autant qu'on a noué ce fameux lien de confiance dont je te parlais tout à l'heure. Donc il y a des gens sur LinkedIn, après je vais les contacter, peut-être parce qu'ils font un métier dont j'ai besoin et je ne connaissais personne dans le réseau que j'ai déjà, je ne connaissais personne qui fait ce métier, donc je vais apprendre à les connaître. Je ne vais pas leur confier tout de suite une mission. Je ne vais pas leur confier un partenariat avec mon plus gros client, etc. Évidemment, il faut d'abord nouer la relation de confiance. Et c'est là où c'est vraiment important. Donc, l'IA te fait gagner du temps. LinkedIn te permet de te rendre visible. Mais après, ça, c'est juste des outils pour commencer à développer. Il y a la transformation. Ton réseau, c'est vraiment la dimension humaine. Les réseaux sociaux, alors je vais dire Facebook, au risque de passer pour quelqu'un de ma génération. Mais Insta, TikTok, etc. Oui, ça permet aussi d'augmenter sa visibilité. Mais ça ne permet pas de créer des relations de confiance avec les gens.
- Speaker #1
À propos de visibilité, j'en profite pour remercier nos... On cumule 3 millions de personnes qui nous regardent. Alors malheureusement, j'aimerais rencontrer les 3 millions de personnes, mais ça ne va pas être possible. C'était juste une parenthèse.
- Speaker #0
Voilà, typiquement, tu es visible, mais tu ne les connais pas tous.
- Speaker #1
Exactement, malheureusement. Ok, non, mais c'est clair. Alors, tu as une formule que j'aime bien, qui dit... La solitude du chef d'entreprise est un mal dont nous souffrons presque tous, souvent en silence. Est-ce que tu peux nous en dire plus ?
- Speaker #0
Ça, c'est terrible. La solitude du chef d'entreprise, c'est vraiment un mal profond dont certains ont conscience, d'autres pas. Mais en tout cas, ce qu'on a tous en commun, c'est qu'on en souffre tous. La solitude du chef d'entreprise, ça va se traduire par les nuits sans sommeil, les décisions à prendre, où on se dit, tiens, qu'est-ce que je devrais faire ? Est-ce que ça, c'est la bonne idée ? Etc. face à face avec soi-même. Et on peut s'ouvrir de cette solitude du chef d'entreprise, même quand on a des salariés. Parce qu'être seul, ça ne veut pas être forcément être seul physiquement. C'est dans ses prises de décision. Et ce n'est pas parce qu'on peut avoir une famille, mais on ne va pas forcément partager avec son conjoint ou sa conjointe ses problématiques de chef d'entreprise. L'idéal, c'est quand tu as un associé, déjà, ça aide parce que tu échanges. Et pour peu que tu aies un associé avec qui tu as des choses en commun. Moi, j'ai une associée chez Orsea. On n'a pas du tout la même personnalité. Mon associé chez Kimsey, on est très différents également. On est très complémentaires. Ce qui fait qu'on s'apporte énormément mutuellement. On s'enrichit énormément. Et si aujourd'hui, Kimsey, ce bureau d'études, se développe, c'est parce qu'on a deux visions qui sont complémentaires. Et chez Orsea, ça fait 18 ans qu'avec mes associés, on se développe parce que justement, on s'apporte beaucoup. Mais néanmoins... Quand tu es associé dans une même entreprise, tu restes, tu es la tête dans le guidon et tu n'as pas ce regard extérieur. Et parfois, le réseau t'apporte ce regard extérieur justement parce que tu réfléchis avec des personnes qui ne sont pas dans ton business. Et ça te permet de rencontrer des gens. Et la solitude du chef d'entreprise, c'est également quand tu as été, il y en a beaucoup qui sont salariés, puis qui un jour deviennent entrepreneurs. Et ce jour-là, il y en a beaucoup qui ne réalisent pas qu'ils ne vont plus avoir de collègues. Et le premier jour où ils arrivent, alors pour peu qu'ils soient chez eux, ils montent dans leur bureau, ils s'assoient à leur bureau, ils se rencontrent toute la journée, ils vont développer des choses, etc. Ils vont faire plein de choses. À la fin de la journée, on leur dit qu'est-ce que tu as fait d'efficace, donc déjà pas grand-chose, souvent. Et puis ils réalisent qu'ils n'ont rencontré personne. Et ça, c'est terrible. Et cette solitude physique, pour beaucoup, il y a la solitude dans la prise de décision, mais il y a aussi la solitude physique. Et ça, pour certains, ça devient très pénible. Et le réseau d'affaires, pour certains... C'est vraiment une façon de retrouver en quelque sorte des collègues et de partager quelque chose de business qui est vraiment important. Parce que ton entourage amical, ton entourage familial, ce ne sera pas du tout la même chose. Et d'avoir ces échanges business, de pouvoir interagir avec eux et de savoir généralement qu'en face, tu as aussi des chefs d'entreprise qui ont les mêmes difficultés. Mais qu'est-ce que ça fait du bien !
- Speaker #1
De ne pas se retrouver seul dans sa tour.
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #1
ce que tu me dis, ça me fait penser beaucoup à la politique. Parce que le pouvoir, d'une manière générale, et le pouvoir politique, paraît-il, isolent. Ça isole. On se retrouve souvent seul dans sa tour, et seul dans ses décisions, qu'elles soient bonnes ou mauvaises. C'est vrai que ce que tu dis, c'est que le fait d'aller voir des collègues qui partagent ce plaisir-là... ça permet de s'ouvrir et de s'oxygéner.
- Speaker #0
Tout à fait, parce que le pouvoir, tu parlais du pouvoir, c'est comme l'argent. Dès que tu commences à avoir du pouvoir, dès que tu commences à avoir de l'argent, tu ne sais jamais si les gens viennent te voir parce qu'ils sont attirés par le pouvoir et l'argent que tu as ou parce qu'ils ont un intérêt pour toi en tant que personne. C'est ça qui est compliqué. Et c'est vrai que les chefs d'entreprise, on se retrouve souvent dans des situations où on va devoir prendre des décisions. En se disant, mais est-ce que là, je ne suis pas en train de faire une énorme erreur ? Et on se retrouve avec des difficultés. Je vais te prendre un exemple très concret. Dans le réseau Kimsy Partners, on échange beaucoup avec nos différents partners. Et il y en a un qui a eu une difficulté de trésorerie, qui n'a pas eu une difficulté de trésorerie dans son entreprise. Déjà, le dire à voix haute, c'est quand même... C'est formalisé. C'est compliqué déjà parce que... Ce n'est pas le nier déjà. Déjà, ce n'est pas le nier, mais il faut avoir une certaine humilité pour dire... SOS, je suis en difficulté. La première étape est déjà compliquée parce que c'est un aveu de faiblesse. Alors moi, je trouve que ce n'est pas un aveu de faiblesse. Au contraire, c'est une grande force de dire SOS, je ne m'en sors pas, j'ai besoin d'aide. Ce n'est pas évident à faire. Et cette personne donc a des difficultés de trésorerie. Il envoie un message dans le réseau en disant voilà, est-ce que quelqu'un connaît une société d'affacturage, etc. Instantanément, il y a quelqu'un qui dit tiens, moi j'en connais une. Il y a quelqu'un d'autre qui lui dit tiens, moi je reconnais une société de recouvrement qui m'a beaucoup aidé, etc. Et puis il y en a une autre qui lui dit mais... Est-ce que tu as pensé à en parler à ton banquier de tes difficultés ? « Ah mais non, pas du tout, je n'ai jamais été dans le rouge, là je vais être dans le rouge. » Mais pourquoi tu ne vas pas voir ton banquier ? « Mais comment ça ? » Et si tu allais le voir ? Moi, tu sais, une fois, ça m'est arrivé, je me suis retrouvée dans le rouge, j'avais été voir mon banquier pour lui dire « Voilà, je vais être dans le rouge dans 15 jours, mais voilà, j'ai des factures qui sont en attente, c'est parce que j'ai un décalage de paiement chez un client qui ne me paye pas tout de suite. » Et oui, ça arrive, malheureusement, surtout dans le BTP. Et ton banquier, il est prévenu. Du coup, quand il va voir arriver... le fait que tu vas basculer dans le rouge, il est prévenu, il le sait, il est compréhensif, il va t'accompagner. Et c'est exactement ce qu'il a fait.
- Speaker #1
Le fait d'en parler, c'est déjà une partie de la solution. C'est le début de la solution. Et lui,
- Speaker #0
ça lui a apporté la solution. Et c'était juste ça, il est allé voir son banquier, puis ça a résolu son problème. Et ça l'a beaucoup soulagé, et surtout, je pense que ce qui l'a soulagé au-delà de trouver la solution, c'est de se dire, j'ai un problème de trésor, c'est pas parce que je suis nulle, je suis exactement comme tout le monde. Franchement, la gestion de la trésorerie, c'est le nerf de la guerre dans les entreprises.
- Speaker #1
On a tous le même problème en tant que chef d'entreprise. Il y en a qui en parlent des problèmes et d'autres qui n'en parlent pas. Mais c'est vrai que je reviens sur ça. Je suis artisan. Dans le bâtiment, j'ai des problèmes de trésorerie, comme tu en parles, parce qu'on en a des problèmes de chantier, des problèmes RH, d'équipe. Tu nous parles au niveau RH parce que tu fais des choses qui sont assez étonnantes. Donc tous ces problèmes-là cumulés. Et on va me dire, je reviens sur cette question-là, « Écoute, passe du temps à développer ton réseau, à aller voir les gens. » Alors, c'est vrai que pour ces gens-là, c'est un peu compliqué. Parce qu'en fait, ils ont la tête sous l'eau. Et c'est là que c'est dur. Et c'est là où il faut essayer de relever la tête et d'aller voir un peu plus loin.
- Speaker #0
C'est là où, quand quelqu'un dit « Vas-y, développe ton réseau. » Mais en fait, ça ne veut rien dire, cette phrase. « Développe ton réseau. » C'est « Ok, super, il faut vraiment que je développe mon réseau. » Puis là, il rentre chez lui et il se dit « Ok, je fais quoi ? » Si on ne donne pas du concret, ça ne sert à rien. En fait, c'est développer ton réseau. Ok, on va faire un truc. C'est une fois par semaine, ce que je te disais tout à l'heure. Une fois par semaine, tu te fixes que tu dois avoir rencontré une nouvelle personne ou échangé avec un partenaire ou échangé avec quelqu'un ou commencé à créer une relation de confiance avec quelqu'un que tu côtoies au quotidien sur les chantiers mais avec qui finalement tu n'as jamais échangé au-delà de ton métier. Commence à nouer un lien. Et juste des petites choses comme ça qui finalement ne te prennent pas de temps. Le temps que tu as sur ton chantier, juste tu dis, ah tiens, là... Je vais basculer et je vais lui parler en tant que personne et pas uniquement en tant que professionnel. Et rien que ça, c'est commencer à développer son réseau.
- Speaker #1
Après, c'est aussi un vrai savoir-être. Ça s'apprend. Ça s'apprend, mais tu dois avoir des gens qui ont une facilité. Ce qu'on appelle, c'est des gens qui ont un relationnel assez facile, qui sont comme ça et qui vont parler de la personne, qui vont nouer, qui vont créer une confiance. Oui,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Après, tu as des gens qui ont une facilité et puis d'autres un peu moins.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas parce que celui qui ne parle pas beaucoup, Il n'est pas plus mauvais pour son réseau que les autres. Celui qui ne parle pas beaucoup, peut-être qu'il va plus écouter. Et donc les gens qui ont envie d'être écoutés vont peut-être aller plus vers lui. Et puis ça va peut-être être quelqu'un de très sage qui va donner un seul conseil. Là où quelqu'un va en donner dix, ce sera le conseil adapté.
- Speaker #1
Et qui sera écouté.
- Speaker #0
Qui sera écouté. Et puis en plus... Ce n'est pas que les extravertis, que ceux qui sont très à l'aise, qui ont besoin de développer leur réseau, parce que ceux-là, justement, généralement, ils en ont déjà. Au contraire, c'est plutôt les gens un peu renfermés, un peu solitaires, qui sont mal à l'aise en situation, qui doivent développer ce réseau. Et c'est pour cela que c'est le plus compliqué. Et c'est là où, pour le coup, rentrer dans un réseau d'affaires qui est cadré, qui est structuré, c'est plus simple pour eux. Tout à l'heure, on parlait du BNI. Le BNI, c'est un réseau qui est très, très structuré et qui correspond à certaines personnes. notamment aux personnes qui ne sont pas à l'aise. Parce que là, ça va les obliger, puisqu'il y a une obligation de présence, etc. Il y en a qui disent que c'est trop contraignant, et j'entends très bien, pour certains, c'est trop contraignant. Mais pour d'autres, au contraire, c'est ce cadre-là qui va les obliger à faire ça. Et quand on rentre dans un réseau, que ce soit le BNI, que ce soit Kimsey Partners, que ce soit d'autres types de réseaux, il y en a plein, ça fait toujours grandir. Et quand on regarde qui on était avant de rentrer dans le réseau, là, je parle de réseaux d'affaires qui sont structurés, qui on était avant d'intégrer un réseau, et qui on est. Quelques mois après, voire quelques années après, moi ça fait 18 ans que je suis dedans, donc j'ai vraiment vu l'évolution. Clairement, il y a des transformations de gens. J'ai rencontré des gens...
- Speaker #1
Que t'as vu changer ?
- Speaker #0
J'ai vu des petites chenilles qui sont devenues des magnifiques papillons. Mais incroyable, incroyable l'évolution qu'il peut y avoir. Parce qu'en fait, quand tu finis par être dans un réseau où tu connais les gens, t'es dans ta bulle de confiance. Et donc t'oses y aller, t'oses t'exprimer. Oui,
- Speaker #1
c'est une prise de confiance.
- Speaker #0
Et tu t'autorises à faire des choses. dont tu n'aurais jamais pu imaginer, que tu n'aurais jamais pu imaginer faire un jour. Tu te retrouves à prendre la parole devant des gens, tu te retrouves à pitcher ton entreprise, tu te retrouves à donner un conseil. Toi qui avais du mal à dire bonjour quand tu allais acheter ton pain, tu te retrouves à donner un conseil à un autre chef d'entreprise.
- Speaker #1
Alors, il y a un côté un peu thérapie là-dedans. Je dis ça exprès, tu comprendras. Il y a un côté thérapie, peut-être que tu me vois venir, mais c'est parce que, en fait, justement, moi j'ai déjà fait des soirées comme ça. Très bien, et à un moment donné, peut-être que c'est un esprit critique de ma part, je ne sais pas, tu vois, je me demandais si on était justement dans un réseau professionnel ou dans une thérapie de groupe.
- Speaker #0
Je suis sûre que tu dis ça parce que je suis psy.
- Speaker #1
Ah, voilà, alors, maintenant que tu me le dis, c'est vrai que ça me revient. Mais tu vois, c'est vrai qu'il y a un côté un peu thérapie, parce que c'est ce que tu dis, c'est-à-dire que ça permet aussi de se former, de développer justement une aisance pour dire bonjour plus facilement, pour regarder les personnes. dans les yeux, etc. Donc, il y a un côté un peu thérapie, mais c'est bien. Et comme tu es psy, je le savais, c'est pour ça que je dis ça, est-ce que toi, tu as ce regard-là aussi ?
- Speaker #0
Alors, je veux dire, tu as sûrement des amis dans ta vie.
- Speaker #1
Un peu.
- Speaker #0
Quand tu vas dîner avec un bon ami, un bon pote, etc., et que tu passes ta soirée à refaire le monde, est-ce que tu considères que tu as passé un dîner thérapie ? Forcément. Tu as passé une soirée à refaire le monde, à... lui parler de tes problèmes, à échanger, à ce qu'il te conseille, etc. Ce n'est pas une thérapie, c'est juste du relationnel. Et en fait, quand tu es dans le réseau, tu vas amener tes difficultés, tu vas entendre les difficultés des autres, mais ce n'est pas que ça le réseau. Heureusement, le réseau, c'est aussi, ça va être, parce que là, on a parlé beaucoup de la solitude, beaucoup des difficultés, mais le réseau, c'est aussi fidéliser ses clients. Et ça, on n'en parle jamais assez. On reviendra là-dessus parce que c'est un sujet très important. C'est aussi développer sa clientèle, c'est aussi développer des partenariats. C'est plein de choses, le réseau. Alors, oui, il y a tout cet aspect où on échange, où on va aller chercher des réponses à des questions, à des problématiques qui étaient pour nous sans solution. Et un regard extérieur peut nous apporter une solution auxquelles on n'aurait jamais pensé parce que, justement, on est le nez dans le guidon. Mais ce n'est pas que ça, le réseau. C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup d'autres choses. Alors,
- Speaker #1
justement, j'allais venir. On est bien connectés parce que, justement, j'allais venir à ça. Tu dis qu'un réseau, c'est trois choses. Je crois qu'il y en a trois. C'est se faire connaître des nouveaux clients. Ça, c'est une chose qui est évidemment importante. C'est fidéliser ceux qu'on a déjà, ce qui est encore mieux. Et puis, c'est trouver des partenaires de confiance. Donc ça, c'est l'aspect très positif. Et tout ce qu'on disait avant n'était pas négatif, d'ailleurs. C'est juste un constat et un vrai diagnostic. Mais parmi ces trois choses-là, à ton avis, dans cette période de crise qu'on connaît, laquelle des trois est le plus important ? Tu vas me dire les trois, sans doute. Mais aujourd'hui ?
- Speaker #0
Les trois, oui, évidemment. Mais en fait, quand tu es en période de crise et que tu n'as pas de temps, il faut prendre les choses dans l'ordre parce qu'en fonction du temps que tu as, tu ne peux pas tout faire en même temps.
- Speaker #1
Est-ce qu'on gagne des clients grâce à ça ?
- Speaker #0
Alors, la première chose à faire, ce n'est pas d'aller gagner des clients. La première chose à faire, c'est ce qui coûte le moins cher, c'est fidéliser tes clients. Ça coûte beaucoup moins cher de garder un client plutôt que de devoir aller en chercher un autre. C'est comme dans ton entreprise, ça coûte beaucoup moins cher de fidéliser tes collaborateurs. plutôt que de devoir en recruter des nouveaux.
- Speaker #1
Mais pour ceux qui sont sur du one-shot, tu peux fidéliser tes clients passés, mais qui ne vont pas te générer du chiffre d'affaires.
- Speaker #0
D'accord. Je vais rebondir là-dessus. J'adore parce que là, tu me le sers sur un plateau. C'est vraiment volontaire. Tu es un électricien. Non, allez, je vais changer. Je ne vais pas prendre que des électriciens. On va prendre un plombier. Un plombier qui fait un chantier chez un particulier. Évidemment, le particulier, une fois qu'il a refait toute la plomberie de sa maison, il ne va pas la refaire deux ans plus tard. Mais si tu as bien travaillé, Toi ? Tu es le particulier chez qui le plombier est venu. Ton voisin vient te voir. Il te dit, j'ai un problème de plomberie, j'ai une fuite, etc. Est-ce que tu ne connais pas un bon plombier ? Évidemment. Si tu as été satisfait du plombier qui est venu chez toi, tu vas le recommander. Donc, ton plombier, il est content parce qu'il gagne un nouveau client. Ton voisin, il est content parce qu'il a trouvé la solution. Et toi, tu es content parce que tu as rendu service à ton voisin que tu aimais bien. Donc, en fait, parce que tu as fait du bon travail, Tu vas avoir un nouveau client. Ça c'est pour du one shot, donc c'est plus l'aspect je développe ma clientèle. Mais c'est de la développer sans effort. Le seul effort que tu as fait au départ, c'est de faire bien ton boulot.
- Speaker #1
Tes clients deviennent tes ambassadeurs. Exactement,
- Speaker #0
c'est tes meilleurs commerciaux.
- Speaker #1
C'est un peu le tunnel, c'est ça en fait.
- Speaker #0
C'est le marketing de bouche à oreille, on appelle ça dans le monde du réseau. Mais pour les chantiers qui ne sont pas one shot, ou pour les chefs d'entreprise dont les clients ne sont pas des one shot. Le réseau d'affaires, en quoi ça sert à fidéliser ? Et ça, on ne réalise pas du tout. Tu vas avoir un gros chantier. Et puis, ce client-là, tu sais que c'est un professionnel, donc il a une multitude d'immeubles sur lesquels il va avoir besoin de faire appel à toi pour, si je prends le cas de Kimsey, donc mon bureau d'études, un audit énergétique. Il t'appelle pour un audit sur un immeuble. Et puis après, il a trentaine d'autres immeubles, et il t'appelle pour les autres immeubles. Et pourquoi il t'appelle toi ? Un, parce que tu as bien fait ton travail. Mais deux... Parce que quand tu lui as fait l'audit, il a eu un problème sur complètement autre chose. Il avait des problématiques d'aménagement de bureau. Et tu l'as entendu en parler. Et là, tu lui as dit, écoutez-moi, si vous voulez, je connais quelqu'un qui est vraiment spécialisé dans votre problématique. Vous avez un problème d'acoustique, etc. Je peux vous recommander quelqu'un qui va traiter votre problème acoustique dans votre aménagement de bureau. Et puis, il a eu un problème de canalisation. Ah, mais attendez, je connais quelqu'un qui va pouvoir faire l'étude de vos canalisations pour résoudre vos problèmes. Et puis, il a eu un problème de ci, de ça, etc. et à chaque fois, tu connais quelqu'un qui. Mais conclusion, ce client-là, il fait appel à toi parce que t'es bon dans ton métier de bureau d'études fluide thermique, mais aussi parce que tu connais tout le monde et que tu as forcément la solution à son problème. Donc à la fin, il te garde toi, alors qu'il y en a d'autres des bureaux d'études qui sont bons, mais il te garde toi parce que non seulement t'es bon, mais toi t'as un réseau. Et donc tu lui fais gagner un temps fou. Et conclusion, ton client, il reste avec toi mais parce que t'as une valeur inestimable à ses yeux, tu deviens un peu sa conciergerie privée. En anecdote, moi, sur la partie RH, j'ai des clients, j'ai une cliente, ça m'a fait rire, qui m'a appelée un samedi matin à 7h du matin. Mais je m'attendais... Ah, pardon, à 10h du matin, parce que c'était une autre à 7h en semaine, mais peu importe. À 10h du matin, samedi, moi, je travaille dans les RH. Je ne travaille pas le samedi. Je ne suis pas contre le fait de travailler le samedi, mais mes clients ne m'appellent pas le samedi, normalement. Mais en fait, pourquoi ? Et parce qu'à titre perso, elle a eu un problème de femme de ménage. Elle m'a dit, mais Barbara, vous qui connaissez tout le monde, vous qui avez du réseau, est-ce que vous... n'auriez pas une femme de ménage à me recommander ?
- Speaker #1
Ça a dépassé le champ professionnel. Ça a dépassé le champ professionnel.
- Speaker #0
Je lui ai recommandé quelqu'un qui avait une société de service à la personne. Elle a trouvé une femme de ménage en moins de trois jours. Mais conclusion, cette cliente, elle reste avec Orsea. Pourquoi ? Parce que non seulement Orsea répond à ses besoins en stratégie RH, mais qu'Orsea est capable de répondre à son besoin perso quand elle perd sa femme de ménage. On n'aurait jamais pensé à ça. Mais c'est ça le réseau. Et c'est à ça qu'on ne pense pas. Et c'est sans arrêt rebondir, Tu as bien vu, tout à l'heure, justement, on est arrivé, je regardais mon téléphone, puisque j'ai une avocate en droit des affaires, qui m'a demandé si je connaissais un plombier, parce qu'elle avait une problématique en urgence à traiter, alors qu'on est en plein milieu de son déménagement. Et c'est ça aussi le réseau, c'est devenir la personne où tout le monde t'adresse des demandes.
- Speaker #1
De référence, de référence.
- Speaker #0
Parce qu'ils savent que par ton réseau, ça va rebondir, etc.
- Speaker #1
Et comment on rentre dans un réseau, alors ? Les gens, ils doivent se demander. Ou plutôt, je vais le dire volontairement, pour créer un réseau rentable et qui rapporte Ça met combien de temps ?
- Speaker #0
Je dis ça volontairement. Mais tu as bien raison. C'est exactement comme dans le bâtiment. Si je te dis combien de temps tu mets à construire un immeuble qui va être solide, tu vas commencer par dire qu'il va falloir des fondations solides. Parce que si je te le pose comme ça sur la terre, l'immeuble va s'effondrer assez rapidement. Donc le problème, c'est qu'un réseau, ça prend du temps. Et malheureusement, en plus là, en temps de crise, on n'a pas ce temps-là. Mais c'est pour ça qu'il faut l'aborder différemment. Mais si on fait dans l'absolu. un bon réseau.
- Speaker #1
En 6 mois, tu peux avoir des résistances ?
- Speaker #0
6-12 mois, tu commences à avoir des fondations qui sont solides. Mais un vrai réseau, c'est 2 ans, 3 ans, 4 ans. Et plus le temps passe, plus il mûrit. Mais c'est surtout plus il évolue. Et surtout, ce qui est hyper important, c'est de ne jamais se contenter du réseau qu'on a. Il faut constamment l'élargir. Mais il doit se nourrir. Mon réseau, je passe mon temps à aller découvrir d'autres réseaux, à interagir avec des gens, à rencontrer des nouvelles personnes. Je fais plusieurs réunions de réseau d'affaires par semaine. Et dès que j'ai la possibilité... d'aller à une nouvelle réunion d'un réseau, j'y vais. Et j'ai été membre de club service, je suis membre d'association, je suis membre de réseau d'affaires.
- Speaker #1
Tu passes combien de temps par semaine pour ce développement de réseau ?
- Speaker #0
Je ne peux pas te dire combien de temps parce qu'en fait...
- Speaker #1
Combien d'heures tu passes ? Tu fais combien de réunions ?
- Speaker #0
Alors des réunions de réseau d'affaires, je peux en faire une à deux par semaine. Mais tu n'es pas obligé d'en faire autant déjà parce que moi je suis assez investie, parce que c'est devenu... Une activité, oui. C'est vraiment quelque chose en plus que j'apprécie beaucoup. Et je suis connue pour ça. Donc je suis obligée d'être à la hauteur, du coup, de ma réputation. Mais c'est surtout pour accompagner les gens dans ce réseau qui nourrissent l'air de rien à la fois de la clientèle Orsea, peuvent nourrir de la clientèle Kimsey, me permet aussi de répondre aux besoins de mes clients chez Kimsey, peuvent répondre aux... J'ai des responsabilités dans le réseau d'affaires BNI, donc me permet aussi de développer le réseau d'affaires BNI. me permet également de travailler avec le réseau Kimsy Partners. C'est autant de choses qui sont... Donc, c'est très compliqué de te dire combien de temps j'y passe par semaine, parce qu'il y a des semaines où je vais passer très peu de temps.
- Speaker #1
Oui, c'est variable, bien sûr.
- Speaker #0
Et puis, c'est surtout qu'il y a des semaines où je vais être sollicité plein de fois pour avoir des mises en contact, mais ça peut prendre 30 secondes, comme il y a des fois, ça peut prendre un peu plus de temps. Mais ce qui est très important, c'est qu'en fait, ton réseau, déjà, il faut que tu le dises, il ne faut pas que tu te caches, parce que sinon, tu ne développes pas ton réseau. Mais c'est surtout qu'il faut le faire de façon assez...
- Speaker #1
naturel déjà.
- Speaker #0
Assez naturel. Et si ça devient une obligation, si ça devient une contrainte, ça ne sert à rien. En fait, ton réseau... En ce moment, il y a beaucoup de chefs d'entreprise qui sont en train de se noyer. Et ils se disent, le réseau, je n'ai pas le temps. Le réseau, c'est du décorum, c'est comme l'associatif, je le ferai quand j'aurai le temps. Là, c'est une erreur. Le réseau, quand tu es en train de te noyer, ton réseau, c'est ta bouée. Ce n'est pas la décoration autour de la piscine. C'est vraiment ça qui est important à voir.
- Speaker #1
C'est une belle image. Ton réseau, c'est ta bouée.
- Speaker #0
C'est vraiment ta bouée. Et moi, j'ai eu l'occasion de connaître des moments plus compliqués que d'autres dans ma vie de chef d'entreprise. Mon réseau, heureusement qu'il était là. Et à chaque fois, c'était un véritable soutien.
- Speaker #1
Tu es passée par des difficultés ?
- Speaker #0
J'ai eu des difficultés financières, j'ai eu des difficultés de santé. Le réseau Kimsey Partners, là, typiquement, je vais prendre cet exemple-là. Le réseau Kimsey Partners, malheureusement, on prend le secteur, donc réseau d'affaires spécialisé dans la construction immobilier, eh bien, on partage avec nos partners. Les difficultés qu'ils rencontrent en ce moment, notre business model est centré essentiellement sur la cotisation de nos partners. Nos partners aujourd'hui ont des difficultés financières, du coup, n'arrivent plus à investir dans le réseau. Du coup, Tim Cipartin se retrouve en difficulté et on est obligé d'aller sur une liquidation à l'amiable. Pourquoi est-ce que je dis que c'est important le réseau dans un cas comme ça ? Quand j'ai commencé, moi je te rappelle qu'au début, je suis psychologue. Je n'ai absolument pas une formation de chef d'entreprise. Je n'ai aucune connaissance dans tout ce qui est finance, gestion d'entreprise, etc. Alors forcément, j'en ai acquis au fil du temps. Puis à force d'accompagner des gens en stratégie RH, etc. Je commence à en avoir un petit peu. Néanmoins, la liquidation, pour moi, c'est quand on fermait une boîte, c'était le redressement judiciaire, la liquidation judiciaire, des gros mots qui sont négatifs, qui font peur. Puis je me suis dit, je vais être en interdiction de gérance, je ne pourrai plus jamais ouvrir une boîte. Il va falloir que je redevienne salariée, mon Dieu, au secours, etc. Et bien, c'est grâce à quelqu'un du réseau. J'ai déjeuné avec lui une fois, mais... complètement sur un autre sujet. Et il me parle que lui, sa société a été en difficulté trois ans avant, qu'il a fait une liquidation à l'amiable et que là, il a relancé une boîte et que ça se passe bien, etc. Et il m'explique ce que c'est une liquidation amiable, qui est une liquidation où en fait, si tu pars sans dette, si tu pars propre, etc., tu peux fermer gentiment. Alors ça reste une fermeture d'entreprise. Mais tu fermes proprement, il n'y a pas de conséquences, ni pour tes créanciers, ni pour personne. Et ça, c'est grâce au réseau que je l'ai appris. Et aujourd'hui, si on fait... une jolie fermeture de Kim Cipartes en espérant qu'on ferme uniquement la V1 et que peut-être la V2 s'ouvrira dans un avenir plus ou moins proche. Mais c'est parce que dans le réseau, j'ai appris ça. Ce n'est pas sur les bancs de l'école que tu l'apprends. Et si j'avais dû aller voir une avocate en disant je suis en train de déposer le bilan, je ne sais pas ce que je dois faire. Déjà, un, c'est un investissement financier. Puis quand tu es en difficulté, tu ne l'as pas forcément. Et puis, à nouveau, c'est une leçon d'humilité d'aller voir quelqu'un en disant SOS, je suis en train de me planter. Et puis, c'est un certain courage entrepreneurial de savoir dire, il faut s'arrêter. Mon associé chez Kim Cipartins, c'est lui qui a eu plus de courage que moi, parce que moi, je voyais qu'on allait un peu dans le mur, mais je n'avais pas envie. Et je n'avais pas envie parce que j'étais tellement attachée au réseau Kim Cipartins. Alors lui aussi, évidemment. Il a eu plus de courage que moi là-dessus.
- Speaker #1
Tu as fait une sorte de petit déni, quoi, peut-être ? Ah,
- Speaker #0
complètement. Ce n'est pas un petit déni. C'était, non, non, mais je vais y arriver, je m'acharne. Jusqu'au moment où il m'a dit, mais attention, parce que là, on va dans le mur. Et là, oui, il m'a ouvert les yeux. Oui, en effet, on allait dans le mur. Et il vaut mieux savoir dire stop avant de se prendre le mur. Ça fait moins mal. Et c'est ce qu'on est en train de faire chez Kim C Partners. Et c'est là où tu vois toute la force du réseau. Quand tu as réussi à mettre de l'humain dedans, c'est que nos partners, ils ont été les premiers à dire, et comment pouvons-nous vous aider, vous aussi, à partager, enfin, à passer ce cap qui est compliqué. Et c'est là où tu dis... que le réseau, tu as le réseau papier, le réseau structuré, etc. Mais tu as l'humain derrière. Et c'est ça qu'on a construit. Et c'est ça qui est le plus important dans le réseau. C'est ce que je te disais, c'est taboué. C'est au moment où tu es vraiment en difficulté, c'est dans un moment comme ça que tu te rends compte de tout. Oui, tu n'es pas seul. Voilà. J'ai eu des grosses difficultés de santé il y a quelques années. Qu'est-ce que j'ai... Tu es contente d'avoir mes associés et mon réseau ? parce que c'est eux qui m'ont aidé à passer le cap, c'est eux qui m'ont donné de la force quand c'était vraiment compliqué.
- Speaker #1
Oui, c'est un réconfort.
- Speaker #0
Ah ben c'est un réconfort. Quand je disais tout à l'heure que c'est un peu tes collègues, c'est des collègues à qui tu peux parler de choses dont tu ne vas pas parler à tes amis, dont tu ne vas pas parler à tes familles. Et c'est vrai qu'il peut y avoir des moments où en fait quand tu rentres chez toi, tu n'en parles pas parce que tu dis qu'il faut protéger ta famille. Mais conclusion, tu protèges peut-être ta famille, mais celui qui t'abîme le plus, c'est toi. Et t'encaisses davantage. Complètement. Et il y a beaucoup de chefs d'entreprise qui, pour être fort, se disent, il faut que je sois seule. Et je vais gérer tout, tout seul.
- Speaker #1
Mais à un moment donné...
- Speaker #0
Tu ne peux pas être seule. C'est là où avoir un associé, c'est très agréable. C'est vraiment... Surtout quand, je te dis, on a des profils... Moi, j'ai des profils complémentaires.
- Speaker #1
Tu partages un quotidien.
- Speaker #0
Tu partages un quotidien, puis tu partages surtout deux façons de réfléchir, deux façons de penser. Et puis tu vas pouvoir le dire et il va comprendre tout de suite ce dont tu parles, parce que lui aussi, il le vit.
- Speaker #1
Tu trouves que les entrepreneurs ne sont pas assez soutenus ? Je parle au niveau des pouvoirs publics, d'une manière générale.
- Speaker #0
Ah oui, ça c'est...
- Speaker #1
Parce que quand même, pour qu'il y ait des employés, je le dis souvent, il faut qu'il y ait des employeurs. C'est toujours mieux. Il y a plus de 80% de PME en France. Donc voilà, tu as des organisations professionnelles qui sont là pour les défendre et on les reconnaît. mais est-ce que tu crois que les pouvoirs publics, est-ce que ça... ça mériterait que ce soit un peu plus soutenu.
- Speaker #0
Je vais m'exprimer vraiment en toute transparence. C'est une aberration politique, le manque de soutien qu'ont les TPE, les PME. On est quand même le premier employeur de France, et on est ceux qui sont le plus attaqués. De temps en temps, j'ai envie de dire aux politiciens, venez vivre le quotidien, venez faire un vie-ma-vie d'un chef d'entreprise qui est solopreneur, enfin auto-entrepreneur, qui est dans une... petite TPE.
- Speaker #1
Tu seras prêt à être une semaine ministre et d'inverser ?
- Speaker #0
Complètement. Alors moi, il y a un ministre qui vient me dire, écoute, je veux venir vivre sa vie. Je fais, ok, viens.
- Speaker #1
Donc l'appel est lancé.
- Speaker #0
Pas de problème. Mais j'ai écouté le discours d'un économiste l'autre jour qui m'a fait beaucoup sourire. Alors je vais vraiment le résumer. Et en plus, je ne sais même plus comment il s'appelle. Donc c'est...
- Speaker #1
Tu ne pourras pas le citer.
- Speaker #0
S'il se reconnaît, je suis désolée de ne pas le citer. Qui m'a fait beaucoup rire parce que c'est vraiment très résumé. Il disait, pourquoi on met des taxes et des amendes sur les excès de vitesse ? C'est pour que les gens arrêtent d'aller vite. Pourquoi on taxe les cigarettes ? C'est pour que les gens arrêtent de fumer. Pourquoi on taxe le travail ? Tout est dit. Aujourd'hui, il y a des gens, et ça c'est mon quotidien en RH, en recrutement, puisque je fais de la stratégie RH, et dans la stratégie RH, j'ai une offre de service qui est une partie recrutement. J'ai quand même des gens qui me disent, mais attendez... Je ne veux pas travailler tout de suite parce que pour le moment, je touche le chômage et je gagne plus en confort de vie à être au chômage et en ayant quasiment le même salaire que quand je travaillais plutôt que de retravailler. Aujourd'hui, je n'ai plus de nounou, je m'occupe de mes enfants, je fais ci, je fais ça, j'ai le temps de voyager, de faire des loisirs, etc. Et je suis payée. Le système du chômage en France, c'est une aberration culturelle. C'est très bien, mais on fait un pays d'assistés. En fait, on est dans une société où quand on veut travailler, on doit se battre. Nous, c'est un combat au quotidien pour pouvoir travailler. Aujourd'hui... Je vais reparler de Kim C, notre bureau d'études. On a besoin de recruter du monde.
- Speaker #1
Tu cherches quoi comme profil ?
- Speaker #0
On cherche des ingénieurs en efficacité énergétique. C'est-à-dire des gens qui vont vraiment avoir cette expérience en bureau d'études. Le monde du bureau d'études, c'est un monde particulier. On cherche des gens, on va avoir des gens qui ont entre 3 et 5 ans d'expérience. C'est très compliqué à trouver. Mais c'est surtout que quand tu embauches quelqu'un, tu vas le payer une certaine somme. Mais tu as tellement de charges salariales et patronales par-dessus. que tu y réfléchis à deux fois avant de passer le cap. Et combien de personnes restent tout seules parce qu'ils se disent, mais en fait, si j'embauche quelqu'un en CDI, mais je me mets une corde au cou. J'ai un boulet au pied. Alors, le boulet, ce n'est pas le collaborateur. C'est toutes les taxes qu'il y a autour. Je ne dis pas que le système aux Etats-Unis est forcément mieux où tu peux licencier quelqu'un en l'espace de 5 minutes. Je ne connais pas exactement le droit du travail aux Etats-Unis, mais c'est un peu l'image qu'on en a. Ce n'est pas forcément mieux. Mais nous, on est dans l'autre excès. On est dans la surprotection du salarié, ce qui fait en fait qu'en tant qu'employeur, au moment où tu embauches, tu réfléchis sacrément à savoir est-ce que je le prends ou pas parce qu'une fois que je l'aurais pris en CDI, et si à un moment, soit il ne va pas, bon éventuellement il faut que je constitue un dossier, etc., mais les prud'hommes sont plutôt en faveur des salariés, Donc... Ça va se retourner contre moi. Et puis, si à un moment, j'ai une crise, je le licencie. Mais à quel moment je le licencie ? Puis le chef d'entreprise, il ne faut pas oublier que généralement, c'est celui qui ne dort pas la nuit. C'est celui qui se paye une fois que ses salariés sont payés. C'est celui qui fait son commercial, qui fait son administratif, qui fait tout. Mais aujourd'hui, que nos ministres viennent vivre notre vie, ils vont comprendre que...
- Speaker #1
Donc l'appel est lancé.
- Speaker #0
Ah, mais s'il y en a un qui répond à cet appel, ce serait extraordinaire.
- Speaker #1
D'accord. Oui, non, mais c'est intéressant. En tout cas, l'image que tu as rapportée d'un économiste qu'on ne connaît pas, mais peut-être qu'il va se reconnaître, est pas mal. Rappelle-le, c'est que oui, ça, c'est que...
- Speaker #0
On taxe les excès de vitesse pour que les gens arrêtent de rouler trop vite. On taxe les cigarettes pour que les gens arrêtent de fumer. On taxe le travail pour que les gens arrêtent de travailler. On est bien parti pour.
- Speaker #1
Écoute, on arrive à la fin de notre émission. Je passerai encore plein de temps avec toi. Si jamais tu devais résumer, donner un conseil justement aux chefs d'entreprise, aux futurs chefs d'entreprise, en termes de développement de réseau, réseau d'affaires, réseau tout court, lequel ce serait ? Si jamais tu as un message à faire passer fort, tu as fait passer plusieurs messages, mais si on devrait synthétiser ?
- Speaker #0
Alors, si vous êtes à l'aise avec les réseaux d'affaires, allez-y. Et ça ne demande pas forcément un investissement financier, contrairement à ce qu'on pense, vous pouvez juste aller en rencontrer. Pour un minima, savoir ce dont vous avez besoin. La première étape à faire, je ne vais pas le faire en synthèse tout de suite, je le fais en synthèse après. La première étape à faire pour rentrer dans un réseau d'affaires, le faire intelligemment, c'est vous poser deux secondes et vous dire, est-ce que j'en ai besoin ? Et si j'en ai besoin, pourquoi j'en ai besoin ? Parce que c'est comme si tu prends un bateau et que tu dis, je monte dans un bateau et on y va. Mais tu vas où ? Je ne sais pas. Oui, mais si je ne sais pas où tu vas, il faut bien que je mette un cap. Quel type de voile je mets, etc. ? Je ne sais pas. En fonction de là où on va aller, on ne va pas prendre la même direction. C'est exactement la même chose. Donc tu définis ton réseau. Est-ce que tu as besoin de commercial ? Est-ce que tu as besoin de te sentir moins seul ? Est-ce que tu as besoin de partenaires ? Est-ce que tu as besoin de fidéliser tes clients ? Est-ce que tu as besoin d'avoir un réseau dans lequel tu vas rencontrer tes pairs ? Est-ce que tu vas avoir un réseau au contraire qui est très élargi en termes de métier ? Définis ça. Après, tu vas pouvoir aller visiter différents réseaux et trouver celui où tu vas te sentir bien. Il y a celui qui correspond. Chacun va avoir le réseau qui lui correspond. Et ce ne sera pas forcément même pour tous. Pour certains, ce sera le fameux BNI dont on parlait. Pour d'autres, ça va être le CJD. Pour d'autres, ça va être... Chacun selon son profil. Les chambres de commerce, etc. Pour d'autres, c'est des réseaux qui sont vraiment sur la chambre des métiers que sur leur métier à eux. Définis ce dont tu as besoin. Identifie ton réseau. Va en visiter plusieurs. Et va dans celui où tu te sens bien. Mais développe ton réseau. Développe ton réseau. Et si tu ne sais pas le faire, et si tu te sens très mal à l'aise avec ça, la meilleure des choses à faire, c'est de te dire la prochaine fois que je vois passer une opportunité, soit que je suis invitée, soit que je vois une publicité soit que je vois quelque chose, allez je sors de ma zone de confort et j'y vais mais sortir de sa zone de confort, ça ne veut pas forcément dire aller dans une zone de panique la différence, c'est que quand on va dans un réseau ça fait 18 ans que je fais du réseau chaque fois que je vais à un endroit, un cocktail des choses comme ça, etc. je déteste le moment où je rentre dans la pièce tu ne connais personne et là tu fais allez vas-y, tu prends une grande inspiration tu vas aller parler à des gens, c'est horrible on a tous ce moment qu'on déteste et bien dans ces cas-là Quand tu n'es vraiment pas à l'aise, tu te dis, ok, j'y vais avec quelqu'un. Et tu vas te chercher un ami, un partenaire, etc. Quelqu'un avec qui tu te sens suffisamment en confiance. De se faire accompagner. On y va deux. Parce qu'au moins, si je ne parle à personne, je pourrais te parler à toi. Et donc, le grand conseil que je donnerais, c'est la prochaine fois que tu vois une invitation, que tu es invité, tu dis oui. Tu ne réfléchis pas, tu dis oui. Après, tu réfléchis à la personne avec qui tu vas y aller pour te sentir moins seul. Ou si tu es courageux, tu y vas tout seul. Et à la fin de cette soirée, tu essaieras de te dire, qu'est-ce que j'ai aimé, qu'est-ce que je n'ai pas aimé. Et ça te permettra aussi... de choisir le réseau qui te convient. Mais en tout cas, une chose est sûre, c'est que même en cas de crise, il faut penser à son réseau. C'est plus simple de le développer quand on n'est pas en situation de crise. Aujourd'hui, on y est. C'est pas grave. Eh bien, on fait comme on peut. On développe son réseau. Et à nouveau, on reprend la métaphore de l'éléphant. Comment mange un éléphant ? Une bouche à la fois. Eh bien, c'est une rencontre à la fois. Donc, pour ceux qui ont vraiment des difficultés, fixez-vous qu'une fois par semaine, il faut que vous ayez rencontré une personne de plus. ou que vous ayez noué un lien avec une personne que vous côtoyez régulièrement, mais avec qui vous n'avez jamais vraiment noué un lien de confiance. Et si vous faites ça une fois par semaine, à la fin de l'année, ça fait 52 personnes de plus. et avoir 52 personnes de vrai réseau, c'est déjà beaucoup.
- Speaker #1
Super, Barbara, un grand merci. Merci beaucoup. Merci encore. Écoutez, c'est sur ces paroles, en tout cas, et ces conseils très pratico-pratiques, c'est ça que j'ai bien aimé, qu'on va clôturer notre épisode. J'espère que cet épisode vous a plu. Continuez à nous suivre sur nos réseaux sociaux, sur YouTube. Vous êtes, comme je disais tout à l'heure, à plus de 3 millions. Partagez. Merci encore et je vous dis à très bientôt.