- Speaker #0
alors j'ai trouvé une activité qui m'apaise c'est le yoga pour pouvoir justement me ressourcer et pour moi cette pratique me permet de faire un reset pour la semaine et ma passion c'est la randonnée pédestre et
- Speaker #1
donc j'y allais plusieurs fois dans la semaine je m'occupais de groupe et tout ça j'ai tout arrêté pour elle et c'est mon devoir le fait de s'occuper
- Speaker #2
en permanence comme ça de quelqu'un, il me semble, même pour moi, pour ma part, il me semble que ça me met un peu en retrait par rapport à une vie sentimentale.
- Speaker #3
Je pense que nous on a relativisé beaucoup, beaucoup, beaucoup. On s'est recentré sur notre famille, notre cocon familial, sur nos envies en fait, sur nos désirs à nous. et pas à ce que le cercle amical, professionnel, ou... pas à ce qu'attendent les gens en fait. On s'est recentrés vraiment sur nous. Je trouve qu'il y a une solidarité ici familiale en fait qui n'est pas spécialement visible dans notre société et qui fait du bien en tout cas de
- Speaker #4
mon point de vue.
- Speaker #5
Bienvenue dans la troisième saison du podcast Paroles aidants aidés. Il a été enregistré au mois d'octobre 2025 à Conques sur Orbiel, un petit village de l'Aude. C'est en effet à l'occasion de la journée nationale des aidants que le SIAF de l'Aude, un collectif associatif emmené par l'UDAF, organise chaque année une journée rencontre pour les aidants. On parcourt les stands d'information de tous les partenaires concernés, on échange, on trouve des solutions, on fait de nouvelles connaissances. Mais c'est aussi un vrai moment de répit avec séances de cinéma ou pièces de théâtre, atelier, animation, café des aidants. J'ai réussi à installer mon studio de radio éphémère, un peu à l'écart des animations et de la musique, pour recueillir en toute liberté la parole de quelques aidants. Cette saison 3, ces 6 épisodes, 6 rencontres, 6 témoignages de vécu singulier, vécu que nous pourrions être tous amenés à partager un jour. Si vous avez suivi la saison 2 de ce podcast, la voix de Corinne vous dira certainement quelque chose. Elle était venue l'an dernier à ce micro pour nous parler de ses rapports compliqués avec sa maman dont elle est aidante. Et bien elle a pris goût à ce rendez-vous annuel puisque elle est venue spontanément s'asseoir devant le micro. Où en est-elle un an plus tard ? Quelle solution a-t-elle mise en place ? Mais au détour d'une phrase, elle va aborder avec nous un élément souvent souligné avec les aidants que nous rencontrons. Comment, à partir de leur vie d'aidant, ils revisitent parfois leurs relations intimes ? Cela peut même déboucher sur des remises à plat ou des explications qui viennent éclaircir les raisons de certaines difficultés relationnelles, dans une famille par exemple.
- Speaker #6
Je ne sais pas, mais je me suis sentie libre, légère, guillourette à la limite, parce que j'avais la fameuse réponse. J'en ai 61, alors vous vous comptez depuis des années et des années que j'attends après ça quoi.
- Speaker #5
Je suis Philippe Kern, vous écoutez la troisième saison épisode 4 du podcast Paroles et Dents Aidées. On se connaît un peu ?
- Speaker #6
Oui, on s'est rencontrés l'année dernière et bon, j'étais comme la dame là, un peu terrifiée de la situation pour ainsi dire. Puis c'est vrai que vous savez calmer les mœurs entre guillemets, faire temporiser les gens qui sont un peu...
- Speaker #5
Qu'est-ce qui a changé depuis l'année dernière ?
- Speaker #6
Qu'est-ce qui a changé au niveau de... Enfin, j'ai placé pas mal de protocoles chez elle.
- Speaker #5
Vous avez trouvé des solutions ?
- Speaker #6
Les solutions, oui. J'en ai trouvé pas mal.
- Speaker #5
Grâce à la journée des aidants, notamment ?
- Speaker #6
J'ai été rencontrer, moi, Mme Perriou, à la Maison des Seigneurs, qui m'a beaucoup, beaucoup aidée. C'est déjà par ce biais que j'ai pu mettre en place plusieurs protocoles. Voilà.
- Speaker #5
Comment vous vous sentez aujourd'hui en tant qu'aidante ?
- Speaker #6
Là c'est un peu compliqué parce que là ma maman, depuis le 6 septembre dernier, elle est tombée, elle s'est fracturée à nouveau la jambe qui était déjà fracturée depuis peut-être 8 ans sans vouloir se faire hospitaliser, se la faire opérer, se faire placer une prothèse pour ainsi dire. On est têtu, on est borné, on ne met même pas la présence verte elle est plutôt tranquille dans une petite boîte de sauve de Vosges avec un ancien appareil dentaire.
- Speaker #5
Donc elle refuse toujours les solutions que vous lui proposez ?
- Speaker #6
Elle a refusé de la mettre sauf que là depuis le 6 quand elle est tombée et elle s'est souvenu quand même de la situation dans laquelle elle s'est trouvée, je pense de retour des toilettes mais à qui elle appelle au secours ? Seule ? Coincé entre la fenêtre et son lit. Heureusement, tous les jours, il y avait des infirmiers qui passaient pour lui faire la prise de remède. Pour la bonne cause que même jusqu'à ça, rien à faire. On est comme ça.
- Speaker #5
Alors, est-ce que vous arrivez à vous apaiser un petit peu ou pas du tout ?
- Speaker #6
Eh bien, je ne sais pas. Écoutez, je vais vous dire que quand j'allais la voir ces derniers temps, c'est vrai que j'étais toujours... Parce qu'on est... Des éternels en conflit, mais bon les raisons sont fondées depuis mon enfance.
- Speaker #5
Et est-ce que le fait de devenir aidant de votre maman, vous avez trouvé un petit chemin qui dépassait ce conflit ? Qui vous permettait de vous rapprocher un petit peu ou pas encore ?
- Speaker #6
Et là, depuis qu'elle a été hospitalisée, je ne sais pas si c'est qu'elle soit hospitalisée. Je ne sais pas comment, parce que je réagis différemment avec le recul. Je la vois, mais je lui parle gentiment, calmement.
- Speaker #5
C'est vous qui avez changé votre manière d'aborder les choses peut-être ?
- Speaker #6
Ce n'est pas possible, parce que chaque fois que je rentrais, elle criait après les... Les infirmiers, après le médical, parce qu'elles ne s'attendaient pas à y rester autant de temps. Et alors du coup elles ont dit que si je ne plaisais pas là, qu'elles voudraient rentrer chez elles. Mais bon, elle a le cognitif qui est tellement tombé. Les infirmières m'ont laissé entendre qu'elle avait des hallucinations autant visuelles qu'auditives. Elle entendait toujours des gens qui arrivaient au milieu de la nuit... pour venir lui taper à la porte, l'appeler, pour qu'elle vienne ouvrir, etc. Alors qu'il n'y avait jamais personne qui venait, bien entendu. Mais bon, c'était dans sa tête, tout ça.
- Speaker #5
Comment vous arrivez à prendre du recul ? Est-ce que vous avez réussi à prendre un peu de recul aujourd'hui ?
- Speaker #6
Eh bien là, depuis qu'elle a été hospitalisée, je ne sais pas pourquoi, mais bon, après, effectivement, moi je suis seule chez moi, donc effectivement, je me pose quand je suis chez moi.
- Speaker #5
C'est là où vous trouvez du répit ? C'est là où vous vous sentez mieux ?
- Speaker #6
Oui.
- Speaker #5
Ça va mieux aujourd'hui par rapport à ça ? Vous vous déculpabilisez un petit peu aussi ?
- Speaker #6
Ah mais je me sens coupable de rien en plus de ça. Mais justement, je parlais dernièrement de ça avec ma fille aînée. J'ai dit je sais pas pourquoi, je me sens même pas coupable de quoi que ce soit.
- Speaker #5
Mais pourquoi vous le seriez ?
- Speaker #6
Eh bien justement, j'en ai même pas envie, j'en ai même pas le ressenti quoi. Parce que bon, comme je le dis, en plus là... Ces jours-ci, elle me fait « c'est pas ma faute si je suis comme ça » . Ah non, j'ai dit « si, un peu quand même » , parce que t'aurais eu la présence verte, ça aurait déjà arrangé pas mal de choses.
- Speaker #5
En fait, la personne que vous aidez ne vous aide pas trop ?
- Speaker #6
Pas du tout, même pas du tout.
- Speaker #5
Et qui vous aide, vous, alors aujourd'hui, dans votre entourage ? Est-ce que quelqu'un vous aide ? Est-ce que des personnes vous aident ? Est-ce qu'on se soucie de vous ?
- Speaker #6
C'est un peu compliqué, mais là, je viens de me retrouver avec ma soeur quand même. J'ai une soeur aînée, j'ai une soeur aînée, on n'a que 15 mois et 16 jours d'écart. Et là, ces jours-ci, parce que bon, moi je me pose quand même encore, avec le recul, pas mal de questions de mon passé.
- Speaker #5
Toute cette expérience fait que vous vous réinterrogez sur votre parcours familial ?
- Speaker #6
Voilà, c'est surtout ça, oui. Et... Et surtout que, bon, quand elle me dit des choses, j'en suis émue. En plus, en le disant, alors que d'habitude, quand j'en parle, ça reste toujours neutre, quoi. Mais là, je sais pas, quand elle m'a dit une des choses qu'elle-même se souvenait de son vécu aussi avec notre mère, mais elle a vu que moi, j'ai pris plus cher, bien sûr. Parce que, bon, c'est... Ma mère, c'est... Non. Bon, je ne sais pas si je peux me permettre de dire...
- Speaker #5
Ça vous appartient ?
- Speaker #6
Oui, voilà. Enfin, on comprend un demi-mot, n'est-ce pas ? Et je ne pense pas être la seule sur ce parcours, déjà aussi.
- Speaker #5
Est-ce que ça veut dire que pour les aidants... Se retrouver dans cette situation particulière des dents, ça vient travailler à l'intérieur des choses et que ça complique encore plus.
- Speaker #6
Mais pour moi oui, parce que quand je vois que ma soeur prenait une telle distance vis-à-vis d'elle et que c'est moi, bon après j'habite à côté. Donc effectivement ça soulage pas mal de choses. Mais c'est d'où les raisons pour lesquelles j'ai tenu à... avoir le verdict et comprendre surtout par rapport à ça où moi je peux me positionner par rapport à elle. Et là, enfin, j'ai eu la réponse et le soir où c'est qu'elle m'a donné la réponse, je ne sais pas mais je me suis sentie libre, légère, guilleraite à la limite parce que j'avais la fameuse réponse, j'en ai 61. Alors, vous vous comptez depuis des années et des années que j'attends après ça quoi ?
- Speaker #5
Vous avez éclairci beaucoup de choses et du coup vous êtes maintenant beaucoup plus sereine pour votre rôle d'aidant.
- Speaker #6
Voilà.
- Speaker #5
Alors juste une question que je voulais vous poser, est-ce que vous avez participé aux ateliers paroles d'aidants ? Est-ce que ça vous a apporté quelque chose d'entendre la parole d'autres personnes ?
- Speaker #6
Je vais vous dire autre chose, c'est que je suis quand même à la Maison des Seigneurs aussi, tous les 15 jours je crois, une réunion avec Dominique, je ne sais pas son nom, ce n'est pas évident à donner. Et c'est une psychologue, donc on est des aidants.
- Speaker #5
C'est un conseil que vous donneriez aux aidants ? Aller parler avec des psychologues ? Oui,
- Speaker #6
parce que justement, il faut quand même aussi savoir se vider son sac, comme on dit entre guillemets. D'où les raisons pour lesquelles ce groupe de paroles est très satisfaisant en soi, parce qu'on en ressort un peu plus. Bon, chacun raconte sa vie avec son aidé. Tout le monde, bien sûr, ce n'est pas évident.
- Speaker #5
Ça veut dire que c'est important que les aidants se rencontrent aussi. Voilà, on n'est pas seul. À votre place, il y a quelques minutes, il y avait une dame qui est assise derrière vous. Vous vous connaissiez avant ?
- Speaker #6
Pas du tout. Pas du tout.
- Speaker #5
Et elle vous a fait confiance parce qu'elle est venue s'asseoir devant le micro avant vous. Donc vous voyez que le lien entre aidants, ça permet parfois de franchir des pas qu'on ne franchirait pas tous.
- Speaker #1
On a parlé quoi de... Les vitesses, 3 000 mètres,
- Speaker #6
3,80, c'est tout. Oui. C'est chouette.
- Speaker #5
C'est chouette ces rencontres-là.
- Speaker #6
Oui, mais voilà, parce que c'est ce qu'il dit, monsieur le crieur, là. Alors lui, par contre, il m'a bien fait rigoler depuis le début, là.
- Speaker #5
Le crieur de la journée des aidants. Je l'encourage tout le monde qui écoute ce podcast à aller voir le magazine, le reportage en image de la journée des aidants, parce qu'ils verront quel est ce personnage du crieur. Je vous remercie beaucoup d'être venu. Eh bien,
- Speaker #6
c'est moi qui vous remercie aussi.
- Speaker #7
Paroles aidants/aidés, saison 3. Un podcast en 6 épisodes, réalisé par Philippe Kern. Une coproduction KProD, Udaf et Siaff de l'Aude.