- Speaker #0
Mais c'est drôle parce que Edan, je ne savais pas ce que c'était. Enfin, je le savais mais ça volait dans les airs. C'était pas moi. Et là, je me suis dit « mais c'est vrai, t'es Edan, même temps tu l'aides » .
- Speaker #1
La prise de conscience n'a pas eu lieu tout de suite. Voilà. Parce qu'on sort la cape de super-maman,
- Speaker #2
comme on dit.
- Speaker #0
Je me pose quand même encore avec le recul pas mal de questionssur mon passé.
- Speaker #3
Peut-être je suis obligé de piocher un peu à l'intérieur de moi-même, c'est possible. Parce que demain, ces réserves-là, je ne les aurais peut-être plus.
- Speaker #2
Alors j'avais surtout besoin de vider mon cœur en fait, vraiment de me soulager de tout ça et de poser des mots sur des ressentis, des douleurs. Il fallait mettre des mots.
- Speaker #0
Je ne sais pas pourquoi je parle. Je ne sais pas. Je ne l'ai jamais fait.
- Speaker #4
Déjà la troisième saison de ce podcast dédié à la parole des aidants et des aidées, enregistrée cette fin d'année 2025 à Conques-sur-Orbiel, petit village de l'Aude. En effet, chaque année, au mois d'octobre, le SIAFF de l'Aude, un collectif associatif emmené par l'UDAF, organise une sorte de forum à l'occasion de la Journée Nationale des Aidants. Un moment de répit avec séances de cinéma, ateliers, animations, stands d'information, cafés des aidants... On échange, on trouve des solutions, on fait de nouvelles connaissances. Alors une fois encore, j'ai essayé de trouver un petit coin tranquille, un peu à l'écart du brouhaha, de la musique, des rires et des éclats de voix, pour installer mon studio de radio éphémère et recueillir en toute liberté la parole de quelques aidants. Cette saison 3, c'est 6 épisodes, 6 rencontres, 6 témoignages de vécus singuliers, vécus que nous pourrions être tous amenés à partager un jour. Un épisode un peu particulier pour conclure cette saison 3 de notre podcast. Sandrine est psychologue à l'espace Seigneur de Carcassonne et l'un de ses rôles est justement d'accompagner les aidants qui ont besoin d'être soutenus, d'y voir plus clair dans ce parcours exigeant, déstabilisant qui s'est imposé à eux. Comment arrivent-ils jusqu'à elles ? Quel suivi leur propose-t-elle ? Et qui sont ces aidants qu'elles connaissent mieux que quiconque pour recueillir leur intimité, leur appel à l'aide ou tout simplement leur besoin de parler ? de partager avec une oreille neutre et bienveillante toutes les questions qui se posent à eux. Sandrine évoque aussi quelques grandes questions récurrentes à de nombreuses situations. Comment laisser de l'espace à la parole de l'aider, qui demande à l'aidant de prendre du temps pour lui ? Ou encore comment ne pas s'enfermer dans une identité d'aidant pendant l'accompagnement de son proche ?
- Speaker #5
On parle souvent d'équilibre vie personnelle-vie professionnelle. On pourrait dire l'équilibre de la vie personnelle et de la vie aidant. Vous voyez, c'est vraiment un parallèle très approprié.
- Speaker #4
Je suis Philippe Kern, vous écoutez la troisième saison, sixième et dernier épisode du podcast Paroles aidants-aidés. Quelle est votre fonction ? Qu'est-ce que vous faites au Salon des aidants cette année ?
- Speaker #5
Alors je suis psychologue à l'espace Seigneur de Carcassonne, une des trois psychologues qui proposons du soutien aux aidants familiaux de personnes âgées. Donc je suis là aujourd'hui pour co-animer un débat suite au film qui sera projeté, Chamboultout.
- Speaker #4
Quand vous pensez à un aidant, à ceux que vous rencontrez chaque semaine peut-être, je ne sais pas quelle régularité, quelle image vous vient spontanément des aidants que vous rencontrez ?
- Speaker #5
Alors l'image des aidants, ce sont essentiellement les compagnes et compagnons, beaucoup de compagnes je dirais, donc âgées elles-mêmes. Âgée, c'est-à-dire ? Beaucoup de filles.
- Speaker #4
Comment vous l'expliquez ?
- Speaker #5
Je dirais que c'est culturel.
- Speaker #4
Ce sont plutôt les...
- Speaker #5
Des attentes culturelles des familles, je dirais, des parents. Une répartition des rôles peut-être au sein de certaines fratries.
- Speaker #4
C'est plutôt les femmes qui vont consulter, qui vont s'informer auprès d'un psychologue.
- Speaker #5
Il y a ça, mais il y a aussi le fait que dans une fratrie où il y a des filles et des garçons, si tout le monde est aidant, âgés, du parent. Il y en a un qui va coordonner toutes les actions, tout le suivi médical et c'est souvent la fille.
- Speaker #4
Est-ce qu'ils viennent spontanément ? Comment ils arrivent jusqu'à vous ?
- Speaker #5
Souvent, ils viennent prendre de l'information à l'espace senior. Ils viennent parce qu'à un moment donné, il y a un dossier à remplir, une demande à pas, un placement en EHPAD.
- Speaker #4
La passe et la location de personnes âgées. En fait, ils viennent pour une question plus administrative. Voilà,
- Speaker #5
tout à fait. Ils viennent pour une... Une démarche administrative qu'ils ont du mal à mener tout seuls. Donc ils demandent l'expertise du personnel de l'espace senior. Et puis, souvent ce qui identifie mes collègues, c'est une difficulté, voire une souffrance dans leur rôle d'aidant. Des relations qui ont bougé au sein du couple ou dans la relation enfant-parent. Pour certains, je pense aux enfants. un chamboulement dans leur vie. Le fait d'être aidant et d'avoir parfois sacrifié son emploi, parfois sa vie de famille pour devenir aidant, les collègues mesurent la nécessité d'un accompagnement pour peut-être se repositionner, trouver un peu de place pour la vie hors aidant.
- Speaker #4
En fait, comment vous abordez ? ces rencontres avec eux, comment ça se passe ? Qu'est-ce que vous entendez d'eux et quelle est la piste que vous pouvez défricher un petit peu, les aider à défricher pour aller mieux ?
- Speaker #5
Oui. Alors la première rencontre est très importante bien évidemment parce que ce qui se joue c'est vraiment dans la relation. Moi je leur présente le cadre. Dès la première rencontre je présente le cadre. la mise en place de ce dispositif par le département de l'Aude, sans limite dans le temps, en fonction des besoins de chacun. Donc la fréquence dont vous parliez tout à l'heure, ça peut être hebdomadaire effectivement pour certaines personnes qui sont en difficulté, parfois très longtemps. Mais bien souvent, la fréquence est moins rapprochée. On espace toutes les deux semaines, on se voit tous les mois, parfois on fait une pause. Parfois, ça ne dure que trois séances. Parce que c'est...
- Speaker #4
Et ça suffit ?
- Speaker #5
Ça suffit pour... Alors, c'est vraiment une difficulté ponctuelle que rencontrent les dents, notamment un enfant qui va placer son parent en EHPAD. Voilà, je pense à ça. C'est vraiment passer ce cap-là et être accompagnée sur ce moment qui est très difficile.
- Speaker #4
C'est là où se cristallise ce qu'on appelle la culpabilité de l'aidant ?
- Speaker #5
Oui, Oui, il y a une culpabilité effectivement à ce moment-là, mais il peut y en avoir une autre. Quand on est aidant, on peut toujours en faire plus. On croit. On pourrait, on croit pouvoir. C'est exactement ça. Et tout le travail c'est d'arriver à au contraire les accompagner, à déléguer. À être là pour coordonner tout l'accompagnement de la personne aidée, mais en prenant une position un petit peu de retrait et être plus à la coordination de toutes ces actions-là. Et si besoin, suppléer quand c'est nécessaire.
- Speaker #4
C'est se lâcher prise qui est difficile. Les aidants qui se succèdent à ce micro, souvent, témoignent du fait qu'ils ne font pas confiance à... à l'aide à domicile, à l'infirmière. Il y a des aidants qui se transforment en infirmiers au quotidien et qui disent « moi les soins je sais comment je dois les faire » . C'est là où vous intervenez aussi pour essayer de... Vous avez le droit de souffler et puis ce n'est pas aussi votre travail. C'est ça ? C'est là que ça se joue ?
- Speaker #5
Oui, alors effectivement ça peut se jouer à ce moment-là. Et puis parfois c'est pour aussi soutenir au final la parole de la personne aidée qui demande à l'aidant de prendre du temps pour lui.
- Speaker #4
Ça, c'est difficile à entendre. Il y a une forme de rejet. Et là, psychologiquement, pour l'aidant, ça devient compliqué. Il a l'impression de se donner entier pour la personne et la personne en face lui dit « lâche-moi un peu, c'est compliqué » .
- Speaker #5
Mais en fait, le message finit par être entendu dans la mesure où l'aidant perçoit que... Je donne l'image de la course d'endurance, en fait. Je leur dis que c'est une course d'endurance ce qu'ils sont en train de faire et que pour tenir, il faut aménager du temps de récupération. Et je pense que ça finit par... C'est un travail, de toute façon, à moyen long terme, qui ne peut pas se faire en trois séances dans ce genre de situation.
- Speaker #4
Est-ce que parfois, cette phase de vie où on devient aidant, ou ce rapport aidant-aidé, ça éclabousse un petit peu au-delà même de cette relation à la famille ? Est-ce que du coup, viennent devant vous des problématiques qui dépassent ce cadre, qui sont enfouies ? des thématiques familiales, des souffrances.
- Speaker #5
Bien sûr. C'est là que c'est compliqué. Quand des problèmes intrafamiliaux n'ont pas été réglés ou même pas soulevés...
- Speaker #4
Même pas abordés. Même pas abordés avant,
- Speaker #5
exactement. C'est là que tout devient très très complexe et qu'effectivement l'accompagnement prend du temps. Ce que je dis aux aidants effectivement, c'est que cet espace-là... Il a deux objectifs. Tout d'abord, que la personne, que l'aidant puisse déposer ce qui est compliqué et le partager avec quelqu'un qui est là pour écouter en toute bienveillance, sans jugement.
- Speaker #4
La parole est vraiment libératrice. Ce n'est pas une phrase anodine de dire ça. Non, c'est...
- Speaker #5
Et puis de vraiment mettre des mots sur ce qui est douloureux. Donc ça, c'est le premier objectif. Et puis, il y en a un deuxième, c'est véritablement c'est d'essayer d'accompagner la personne pour qu'elle puisse aménager sa vie, son rôle des dents, mais pas que son rôle des dents, sa vie, de manière à ce que ce soit moins compliqué, je dirais, pour elle. Tout simplement. Et donc ça va être effectivement parfois traité de problèmes relationnels qui étaient présents bien avant. que la maladie de l'aider apparaisse. Ça se fait, ça se fait.
- Speaker #4
Il faut du temps j'imagine.
- Speaker #5
Il faut beaucoup de temps. Je pense à une aidante qui me dit progresser dans sa relation avec les différents membres de sa famille.
- Speaker #4
Justement dans votre pratique, est-ce qu'il y a une histoire, un visage, une phrase, quelque chose qui vous a... particulièrement marquée dans votre relation aux aidants qui viennent vous voir ? J'imagine qu'il y en a beaucoup, mais s'il y en avait une en particulier qui vous a bouleversé ou qui vous a interpellé particulièrement ?
- Speaker #5
Alors, j'en ai beaucoup. Donc je pense à la première personne que j'ai aidée ici et qui a été un accompagnement très très bref, trois séances. Donc c'est une dame qui venait parce que c'était compliqué pour elle d'accompagner sa maman en EHPAD. Toutes les démarches administratives étaient faites Et voilà, c'était un moment où je l'ai accompagnée. C'était une dame qui était d'une grande bienveillance, qui a accompagné sa maman très sereinement, qui a choisi les affaires avec sa maman pour que sa maman amène les affaires qu'elle désirait amener en EHPAD. Je lui ai trouvé ça très juste.
- Speaker #4
Elle était à sa place. Elle n'a pas outrepassé sa place en laissant la liberté. Exactement,
- Speaker #5
exactement. Elle était vraiment dans l'accompagnement et j'ai trouvé qu'elle avait la posture mais vraiment très très juste. Ne pas penser à la place de l'autre, ne pas faire à la place de l'autre, être là pour l'accompagner. Très complexe et elle y arrivait parfaitement. Et pour autant c'était difficile pour elle ce moment-là. Donc voilà, c'était trois petites séances pour qu'elle puisse passer ce cap-là et retrouver du travail derrière.
- Speaker #4
Parce que, effectivement, cette identité... Alors, ce qui est paradoxal, c'est que depuis quelques années, l'identité de l'aidant est de plus en plus reconnue. S'affirme encore faut-il que les personnes n'en fassent pas une identité générale. Ils ne sont pas qu'aidants dans la vie. Est-ce que cette prise de recul de conscience est aussi l'enjeu de cette discussion ? Ils sont aussi des parents, ils ont aussi une profession pour certains. Comment on arrive à gérer tout ça ? Quels sont les pistes que vous leur offrez ?
- Speaker #5
Pour certaines personnes, comme cette dame, elle avait mis entre parenthèses sa vie professionnelle un temps. Et puis je dirais qu'elle a eu la force de s'en tenir à ce qu'elle avait décidé. Pour d'autres aidants c'est très compliqué. Au départ c'est un temps, ils vont aménager un temps pour accompagner la personne aidée. et quelque part, ils y restent parfois plusieurs années. Ils s'éloignent du monde du travail. Et là, c'est vraiment plusieurs partenaires qui vont pouvoir... les soutenir aussi pour se remettre dans une perspective de travailler. Mais c'est parfois, et souvent je dirais, ils en sont arrivés à un tel degré d'implication dans leur rôle d'aidant qu'ils ont du mal à faire cohabiter le rôle d'aidant et réinvestissement de la vie personnelle. Et souvent il y a rupture en fait.
- Speaker #4
Quand on dit que les aidants s'oublient... petit à petit, ça va jusqu'à la rupture avec sa personnalité son identité,
- Speaker #5
ça peut aller jusque là oui et pour certains c'est retrouver leur vie va malheureusement passer par la rupture du rôle d'aidant et donc la délégation parfois même juridique oui quand on a les tutelles exactement qui permet de prendre du recul pour prendre du recul parce que trop englué en fait dans la situation familiale
- Speaker #4
Ça, c'est quelque chose que vous proposez-vous ? Que vous orientez à la maison des seigneurs pour que la personne comprenne qu'à un moment, il faut qu'elle lâche sur ce domaine-là ? Comment elle l'accepte aussi ?
- Speaker #5
Oui. C'est un accompagnement. La personne finit par proposer cette solution, en fait. Parce que c'est trop compliqué pour elle de faire cohabiter effectivement cette implication excessive dans les dents et puis sa vie personnelle.
- Speaker #4
On peut dire que... dans vos entretiens avec eux, finalement vous les aidez à se révéler eux-mêmes, à comprendre leur situation et reprendre en main les choix qu'ils doivent faire pour se préserver.
- Speaker #5
Oui, c'est-à-dire rééquilibrer vraiment leur... On parle souvent d'équilibre vie personnelle, vie professionnelle. On pourrait dire l'équilibre de la vie personnelle et de la vie aidante. C'est vraiment un parallèle très approprié. Je dirais que quand l'accompagnement est pris suffisamment tôt, on peut faire cohabiter effectivement les danses et puis le réinvestissement de la vie personnelle. Ça se fait.
- Speaker #4
On parle des aidants en activité, si j'ose dire, dans cette période où ils sont aidants. Et puis il peut y avoir des ruptures, des ruptures, parce que la personne quitte le giron familial et puis aussi le deuil. Est-ce que votre accompagnement va au-delà de la période d'édant, mais l'après ? Est-ce que vous êtes aussi présente après ? Est-ce que c'est quelque chose qu'à la Maison des Seigneurs on propose ?
- Speaker #5
Oui, bien évidemment, parce que l'idée c'est vraiment d'accompagner les aidants et ça ne s'arrête pas... La précédente dont je parlais, elle a placé sa maman en maison de retraite. Pour elle, c'était adapté, c'était ce temps difficile. Pour d'autres personnes, il y a le placement en EHPAD et puis il y a après. Il y a l'accompagnement de la personne, ce sentiment de culpabilité dont on parlait. Et puis, ce n'est pas parce que la personne aidée est en EHPAD qu'on n'est plus du tout aidant. Et puis parfois, comme vous le disiez, il y a le décès. Donc j'accompagne bien évidemment les aidants qui ont pendant de nombreuses années, je pense à des maladies longues, qui ont été très investis auprès de leurs proches et qui perdent l'être aimé.
- Speaker #4
C'est un deuil plus difficile à faire quand on a été aidant de cette personne-là ?
- Speaker #5
Je le pense parce que tout était... Toutes les activités de l'aidant étaient tournées vers la personne qui vient de partir. Toute la vie était autour de cette personne-là. Effectivement, oui. C'est beaucoup plus complexe.
- Speaker #4
On parle aussi de paroles collectives. La différence entre le fait d'avoir un entretien avec vous, individuel, et le fait de participer à des groupes de paroles, des cafés, des aidants, qui sont aussi une façon de libérer sa parole, comment ça s'articule ?
- Speaker #5
Alors il y a des aidants qui participent aux deux groupes. dispositifs, parce que ce sont deux dispositifs qui sont complémentaires. La parole collective, c'est le partage entre pairs, la reconnaissance de ressentis, de vécus partagés. Je pense que c'est soutenant pour les personnes de prendre conscience qu'ils ne sont pas seuls à traverser les mêmes questionnements, les mêmes difficultés, les mêmes douleurs, parfois. Ça, c'est soutenant Et puis il y a aussi le fait qu'il y a des échanges, des petits trucs. Voilà, les petits trucs, comment on peut faire le petit pas de côté, comment on peut aménager le quotidien. Donc ça c'est très aidant bien sûr.
- Speaker #4
Vous qui les écoutez, ces aidants, semaine après semaine, qu'est-ce qu'ils vous ont appris à vous sur la force humaine, sur notre âme ? On parle beaucoup de sentiments, même d'amour. Certains disent que c'est par amour, mais c'est un peu exclusif comme chemin. Ce n'est peut-être pas que ça. Qu'est-ce que vous avez évolué dans votre appréhension de l'âme humaine ?
- Speaker #5
Je pense qu'ils m'apprennent... à être un peu plus en retrait. C'est-à-dire qu'eux-mêmes doivent être un petit peu en retrait pour accueillir ce que la personne aidée désire, ce dont elle a besoin. Être un petit peu en retrait de ne pas faire à la place, ne pas penser à la place. Et donc c'est une posture que les psychologues ont, mais je dirais que je suis encore plus vigilante. Et puis en dehors de ma vie personnelle du coup.
- Speaker #4
On reste pas indemne. quand on reçoit ces témoignages-là ? Parce qu'au-delà d'une vie personnelle, vous accueillez aussi une sociologie. Une manière dont la société s'engage vis-à-vis des personnes qui vieillissent ou des personnes handicapées ou des personnes malades.
- Speaker #5
Oui. Je trouve qu'il y a une solidarité ici familiale qui n'est pas spécialement visible dans notre société. Et... et qui fait du bien, en tout cas de mon point de vue, à observer.
- Speaker #4
Même si on dit que la famille a été bousculée, que les gens habitent loin, que les gens vivent moins la famille comme on l'a vivée il y a un siècle. Donc il a fallu réinventer la manière d'être solidaire entre membres de la même famille.
- Speaker #5
Oui, mais je pense qu'on peut être à proximité sans être aidant. Et on peut être aidant tout en maintenant un équilibre justement entre être là pour la personne, le parent, le compagnon, la compagne. Et puis préserver ça un petit peu, je dirais, de sa vie personnelle, parfois de sa vie professionnelle.
- Speaker #4
Et si je suis aidant, que j'écoute ce podcast, je peux ? me rapprocher de la Maison des Seigneurs. Il y en a, dans le département, il y en a 3-4, je crois.
- Speaker #5
Il y en a plusieurs. Il y en a plusieurs. Oui,
- Speaker #4
oui, tout à fait. J'imagine que là, devant vous, on convoque tous les aidants du monde. Qu'est-ce que vous aimeriez leur dire maintenant à tous ces aidants ? Quel est un message ? Et pas simplement « Prenez soin de vous » .
- Speaker #5
Moi, j'aimerais leur dire merci d'abord.
- Speaker #4
Merci beaucoup.
- Speaker #5
Avec plaisir.
- Speaker #6
Paroles aidants/aidés. Saison 3, un podcast en 6 épisodes réalisé par Philippe Kern. Une coproduction KProD, Udaf et Siaff de l'Aude.