- Speaker #0
À 35 ans, j'ai tout lâché à Paris. Le rêve sur le Royaume-Uni, il a consisté à imaginer que la Corse puisse être un des leaders de l'aquaculture méditerranéenne.
- Speaker #1
Face à la concurrence de ces pays, comment vous arrivez à rester attractif et compétitif ?
- Speaker #0
Partout, on est allé appliquer finalement le profil thermique de la Corse. Et on est resté sur un marché premium tout le temps. Et on n'a jamais cherché à concurrencer les Grecs et les Turcs.
- Speaker #2
Made in France, c'est vraiment réservé aux deux gammes et aux restaurants étoilés ?
- Speaker #0
Dès lors que vous avez un produit plus cher, il faut qu'il soit meilleur. Dès lors qu'il est meilleur, il peut toucher tous les secteurs, mais il faut que le secteur de distribution soit capable de payer la somme.
- Speaker #3
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- Speaker #2
Donc déjà, avant tout, nous voulons savoir comment a été née l'idée de Gloria Maris et quel était votre rêve à l'origine ?
- Speaker #0
Il y a toujours des rêves quand on se lance dans l'entreprise avec un peu d'ambition. Le rêve sur Gloria Maris, il a consisté à imaginer que la Corse puisse être un des leaders. de l'agroculture méditerranéenne. J'avais quitté la Corse à 17 ans. J'ai passé 7-8 ans à Paris à faire des études, à travailler. Après, j'ai travaillé à l'étranger, à Londres, à New York. Je suis rentré à nouveau en France. Et là, ça me démangeait. J'avais envie de créer quelque chose chez nous. J'ai beaucoup cherché avant de commencer. J'ai failli démarrer dans le tourisme, dans le marketing. Oui, ce n'était pas quelque chose. J'avais fait un cursus très classique, marketing, finance.
- Speaker #2
Et tard, j'avais 35 ans.
- Speaker #0
À 35 ans, j'ai tout lâché à Paris dans des postes parce que la capitale, quand on a fait de bonnes études, est assez confortable, mais assez déçue de la façon dont, finalement, on pouvait y vivre, et très désireux de voir l'île progresser et de m'y épanouir. C'est comme ça que c'est parti, et ça a démarré très fort, parce que je lui ai dit à ma femme « Je m'en vais trois mois, le temps de démarrer avec des amis d'enfance de ma sœur à Campomore, et puis tu me rejoindras » , et elle nous a rejoints au bout de deux ans et demi, parce qu'en fait, elle m'a nourri pendant deux ans et demi en étant en cadre à Paris. Puisqu'en fait, l'aquaculture, c'est plus compliqué qu'il n'y paraît. Et en fait, elle est revenue sur la Corse quand j'ai eu un poste de prof associé à l'Université de Corte. Donc, la création Aquacol, l'ambition, c'était de créer une entreprise qui ait une taille critique, qui puisse affronter la concurrence et qui ait des... produits de qualité pour pouvoir installer durablement sa marque sur ses marchés, donc des choses en termes de stratégie assez classiques. Mais les difficultés sont venues du cadre administratif, beaucoup trop complexe, du cadre financier qui était inexistant, plus tard, du faible accompagnement de la filière par les pouvoirs publics. Donc la filière en elle-même, elle a toujours été extrêmement intéressante, extrêmement performante encore, mais à côté de ça, les entreprises rencontrent d'énormes difficultés structurelles qui ne relèvent pas de l'agriculture, en fait. Voilà. pour le schéma global.
- Speaker #1
Quelle place a joué la Corse dans votre stratégie et votre identité d'entreprise ?
- Speaker #0
Très forte, très très forte puisqu'on a été les premiers en Europe à pincer tous nos poissons et essayer de les tracer à tel point que la marque est devenue une référence. On a beaucoup beaucoup travaillé sur la qualité des produits. On a eu beaucoup de chance parce que quand j'ai démarré, je ne savais pas qu'on allait avoir des produits de si belle qualité et ça tient au fait que les eaux de la Corse sont tempérées, c'est-à-dire qu'elles suivent le cycle naturel du poisson. Elles sont froides l'hiver et chaudes l'été, et le poisson dans la nature, il migre pour aller trouver des eaux froides pour se reproduire et des eaux chaudes pour s'alimenter. Et ce qu'ont fait nos concurrents dans le sud de la Méditerranée, c'est qu'ils ont nourri des poissons toute l'année dans des eaux chaudes, et donc ils ont fait des poissons dans des cycles beaucoup plus courts, mais ils ont fait une qualité, surtout au départ, aujourd'hui ils sont améliorés, mais surtout au départ extrêmement médiocres. Ce qui nous a positionnés dans un profil de marché extrêmement différent des autres. Cette marque Corse qui était Gloriamaris a vraiment bien fonctionné à tel point qu'à la fin, notre problème, ce n'était pas la marque, ce n'était pas l'image de la Corse, c'était la façon dont les autres trichaient. C'est-à-dire que tout le monde vendait du poisson Corse sur la place parisienne. À un moment donné, la traçabilité sur les territoires nationaux en France était assez floue. Et donc, c'est dur de réussir un produit de qualité quand c'est tracé de façon très floue. La marque Corse a joué un rôle essentiel de différenciation. Et c'est d'une façon générale, pour nous tous, dans l'agroalimentaire en Corse, c'est une marque d'excellence.
- Speaker #2
Et aujourd'hui, on sait que vous êtes parti plutôt d'une petite ferme aquacole dans le Valigre. Et aujourd'hui, vous dirigez un groupe de 200 salariés présents sur trois pays et deux continents. Quelles ont été les étapes clés qui vous ont permis d'en arriver là ?
- Speaker #0
En fait, l'aquaculture en Corse n'est pas assez développée. À côté de ça, ça c'est un peu compliqué à vous raconter, à côté de ça Naturellement, elle a été au niveau national totalement sacrifiée dans les échanges internationaux. Ça veut dire quoi ? Pour parler très crûment, faire votre initiation à ce genre de choses, les entreprises du CAC 40 voulaient investir en Grèce et en Turquie. Les dirigeants français ont dit « Ok, vous allez investir en Grèce et en Turquie, mais vous n'avez plus le droit de faire des pots de vin, donc vous allez faire des offsets » . Les offsets, ce sont des entreprises accessoires. Les entreprises françaises sont allées en Grèce et elles ont créé des fermes aquacoles qu'elles ont données à des gens. Elles ont investi des milliards d'euros dans des entreprises qui n'avaient absolument pas l'intention de les payer. Ce qui fait que quand les produits grecs sont arrivés sur le marché national et sur le marché européen en général, elles ont ruiné les entreprises espagnoles, françaises et italiennes. Et en Corse, il y a eu 17 projets, il y a eu 15 faillites. Donc, si vous voulez, même plus que ça, parce qu'il n'y en a qu'un déposé plusieurs fois. Donc, le contexte national a été le sacrifice total de la filière. nos politiques en Corse, qui avaient dans les mains un énorme potentiel, sont passées complètement à côté du sujet. Leur souci, ce n'est pas ce développement. Ils ont des soucis, mais ils les placent ailleurs. Et donc, au final, la raison pour laquelle je suis allé ailleurs, c'est que la Corse ne se développant pas, puisque l'ensemble du territoire avait souffert, Corse comprise, et que les faillites étaient importantes, et qu'il n'y avait pas de politique de développement sur la Corse, j'ai pris un acte stratégique qui a consisté à racheter des entreprises en difficulté. et j'ai redressé 5 entreprises en difficulté dans ce contexte-là et donc j'ai racheté l'ensemble des gros investissements français qui avaient fait faillite commencé par le numéro 1 français qui était à Dunkerque là-haut avec l'écloserie qui est à côté enfin qui n'est pas rattachée mais qui n'est pas très loin et puis les entreprises de France Turbo sur l'ouest de la France et puis le plus gros site de Sardaigne et puis on a créé une entreprise de transformation au Maroc et ça, ça s'est fait parce que La seule... capacité qu'on avait à croître au niveau régional, national, international, c'était de racheter des entreprises parce que la création ne se faisait pas, le financement ne se faisait pas, les rentabilités étaient très faibles. Quand vous rachetez une entreprise, vous redémarrez un outil en général que vous ne payez pas. Quand vous la rachetez au tribunal, vous allez concurrencer les Grecs et les Turcs avec des outils qui en partie ne sont pas payés. Et comme j'ai été une des rares entreprises d'Europe à avoir survécu, partant d'un entrepreneur, je me trouvais en position d'en racheter et de racheter et de redresser. Donc le départ de la Corse est lié à trois facteurs essentiels. Le premier, c'est que l'Europe a sacrifié la filière, donc a sacrifié la Corse et la France en matière d'aquaculture. C'est une évidence. Deuxièmement, la Corse n'est pas défendue, c'est-à-dire qu'elle n'avait pas de politique aquacole du tout. Donc forcément, pas de site, pas de financement, des querelles internes, à l'infini, des politiques qui ne sont pas avérées. Le territoire chez nous est devenu très insuffisant en termes de développement. Donc la filière est absolument magnifique. en termes écologiques, en termes économiques, en termes sociaux. Et troisième point, la seule croissance possible, c'était le rachat d'entreprises en difficulté. Elles étaient ailleurs et donc je me suis développé ailleurs. Au final, j'ai pu s'utiliser mes compétences financières de rachat et de redressement que finalement mes compétences en biologie marine, qui ont beaucoup progressé, mais enfin, qui se sont avérées très secondaires dans le schéma qu'il a fallu suivre.
- Speaker #1
Et vous nous avez parlé de la Turquie et de la Grèce. Face à la concurrence de ces pays, comment vous arrivez à rester attractif et compétitif ?
- Speaker #0
Alors d'abord on a développé en Corse un savoir-faire unique, c'est-à-dire qu'on a une vraie maîtrise de la biologie de ces animaux. Ensuite on a démarré sur des cycles très longs, donc on a des poissons de très bonne qualité parce qu'ils respectent le cycle naturel. Et ces poissons qu'on a fait en Corse de façon excellente, on est allé les refaire en Sardine, on est allé les refaire en Nord de la France. Où là on utilise des eaux chaudes industrielles pour réchauffer nos systèmes et donc on peut régler les températures de l'élevage. Et donc partout on est allé appliquer finalement le profil thermine de la Corse, ça nous avait très bien réussi. Et on est resté sur un marché premium tout le temps. Et on n'a jamais cherché à concurrencer les Grecs et les Turcs sur le prix de revient parce qu'on n'y arrivera pas. Et donc, quand nos concurrents fabriquent à 6 euros, nous, on est à 7, 8, 9, en fonction des tailles. Et donc, quand ces écarts sont aussi forts, il faut absolument être sur des marchés premium pour y arriver. Ensuite, on a cultivé nos marques. C'est-à-dire que la marque France, on l'a développée. La marque L'Oramaris, on l'a développée. En Corse, L'Oramaris est devenue Aquadere. Et sur la Sardine, c'est devenu Palmadore. Et L'Oramaris est devenue une marque chapeau. On n'a pas fini. les démarches là-dessus. Mais il est clair que nous vendons un poison qui est toujours pincé, qui est toujours identifié, qui est toujours tracé, qui respecte nos canons, qui ne va jamais courir pour essayer de baisser son prix de revient. Et nous avons une clientèle fidèle depuis maintenant 30 ans qui a démarré d'abord en Corse, ensuite à l'extérieur et qui a toujours été fidèle aux produits. Et tout ça, ça a fini par créer un équilibre économique, certes qui est très fragile parce qu'il ne faut pas grand-chose pour, par exemple, le Covid nous a mis par terre, la crise des îlées jaunes. Pas grand-chose pour déséquilibrer une entreprise comme ça, qui vend quand même 75% de ses produits sur le marché national et sur la Corse, donc qui exporte à 25%. Bon, si vous fermez la France, évidemment, pendant six mois, elle capote. Ce qui ne s'est fait pas dans le Covid, parce que nous, on vend essentiellement au restaurant. Donc, dans le Covid, on a perdu des sommes colossales. On a été sauvés par le fonds qui nous accompagne depuis toujours, et qui est le fonds Vattel.
- Speaker #2
Et donc, est-ce que...
- Speaker #0
Donc, notre... Notre succès tient vraiment à la qualité des produits et à la marque premium qu'on a réussi à faire.
- Speaker #2
Et alors, est-ce que vous pensez que le Made in France est vraiment réservé aux deux gammes et aux restaurants étoilés ou qu'on peut toucher à d'autres gammes de clients ?
- Speaker #0
Dès lors que vous avez un produit plus cher, il faut qu'il soit meilleur. Dès lors qu'il est meilleur et qu'il est servi dans une autre dimension, en termes de jours de pêche, de fraîcheur, de réactivité, de proximité, il peut toucher tous les secteurs, mais il faut que le secteur de distribution soit capable de payer la somme. Donc si vous allez dans une GMS Euh... Je veux dire, non premium, pour ne pas dire bas de gamme, mais vous aurez du mal à valoriser vos produits. Si vous allez chez Grandfrais, chez Carrefour, vous avez un peu plus de chances de les valoriser. Donc, c'est là que nous travaillons. On est moins bien placé chez Lidl que chez Grandfrais. Mais ça se comprend par le style de distribution de l'entreprise. Mais encore une fois, j'insiste, ces poissons sont de meilleure qualité si vous maîtrisez l'alimentation, le cycle. La génétique, il faut utiliser beaucoup de facteurs pour avoir un poisson de meilleure qualité. Mais une fois que vous l'avez fait et qu'il vous a coûté 30% de plus que la concurrence, vous cherchez à placer votre marque dans les circuits de distribution qui sont capables de payer cette prestation-là, ce qui est assez normal. Et nous, en Corse, nous avons un potentiel et un privilège incroyable d'avoir à la fois des eaux de qualité, des golfs protégés et cette capacité à faire ces produits extrêmement bons.
- Speaker #1
Et du coup, les consommateurs qui sont prêts à payer plus cher, ce sont aussi ceux qui sont les plus exigeants. Donc l'agriculture reste beaucoup critiquée là-dessus. Comment vous faites pour avoir des produits attractifs ?
- Speaker #0
Pour avoir des, je n'ai pas compris.
- Speaker #1
Des produits attractifs.
- Speaker #0
Nous, on est convaincus avec la marise qu'on peut nourrir la planète sainement en respectant le milieu dans lequel nous évoluons et en transmettant à nos enfants un milieu préservé. L'agriculture permet ça, d'accord ? Vraiment, on a la chance d'avoir un secteur qui est plein d'atouts en termes d'alimentation humaine. Alors comment est-ce qu'on le fait vis-à-vis de nos clients ? On s'appuie d'abord sur des savoir-faire importants, donc on les communique, et sur des équipes très passionnées, parce qu'il faut beaucoup de passion pour travailler dans ces entreprises, surtout quand l'environnement... D'abord parce qu'elles sont taxées de façon extrêmement importante et elles ont un environnement qui est dans un confort extrême par rapport à... par rapport à ce que les gens ont à y vivre. Et finalement, les gens qui travaillent avec nous et nos équipes, j'ai des gens qui m'accompagnent depuis 25 ans et qui ont une passion comme moi, féroce, attachée au corps, en matière d'aquaculture. Après, nos clients, on travaille beaucoup sur la transparence. Parce que comme on maîtrise toute la chaîne, on maîtrise l'alvinage, la sélection, l'alimentation, l'ensemble de nos sites. Donc, on maîtrise tout de l'œuf à l'assiette. Et ça... Pour nos clients, c'est extrêmement important. Et on a créé des labels qui sont exceptionnels, puisqu'on est les seuls, à ma connaissance, à être capable de faire des labels sur des poissons de 4 ans sans aucune intervention humaine. On a fait un label rouge maigre qui connaît un succès incroyable et qui se caractérise par le fait qu'il n'y a aucune intervention, il n'y a pas de traitement, il n'y a pas de traitement antibiotique, antiparasitaire, il n'y a aucune intervention humaine sur les poissons. Nous gérons que leur bien-être et la qualité de leur alimentation. la qualité de la pêche, la qualité de l'abattage et des transports pour satisfaire. Donc je pense qu'on donne une réponse très crédible aux défis de demain en matière d'alimentation. Et les clients ne s'y trompent pas parce qu'ils sont beaucoup plus experts que le grand public. Ce faisant, on est devenus vraiment les ambassadeurs d'une gastronomie corse et d'une gastronomie française importante, puisque je vous rappelle que l'entreprise, il y a plus de dix ans, est entrée à l'Élysée du temps de Guillaume Gomez. et que Guillaume Gomez a continué à porter, qui était le chef étoilé qui régissait l'Elysée à l'époque. Et il a continué à porter nos produits. Il le fait encore aujourd'hui de façon importante. Donc on a une réponse. Après, il faut parler d'aquaculture. Parce que ça, vous m'avez demandé l'entreprise, comment ça se passait. Au-delà de ça, si on sort de l'entreprise et qu'on parle d'aquaculture, parce que l'aquaculture, c'est de toutes les espèces animales, c'est celle qui transforme le mieux et qui n'utilise pas d'eau. Donc elle fait une croissance à deux chiffres sur toute la planète. Tous les pays de la Terre ne sont pas en train de se tromper. Et puis nous, on a en France des lueurs. En conclusion, je vous dirais que chez nous, encore, si on a, et j'espère qu'un jour ça se développera, ça ne devra pas plus que ça, mais pour l'instant, c'est un peu en panne, pour des raisons financières liées à la crise grecque dont je vous ai parlé, et puis pour des raisons aussi sociologiques, parce qu'il n'y a pas d'appétence pour ces métiers, mais ce ne sont pas les métiers de la fonction publique qui vont vous nourrir. Ceux-là, ce ne sont que des tangentes de la création de richesses. qui s'occupe, ce qu'on appelle, des biens collectifs. Vous avez appris ça à l'école, ce que c'était que les biens collectifs. Mais vous ne gérez pas les biens collectifs si vous n'avez pas une activité primaire qui les nourrit. L'aventure, pour nous, a été très belle. Moi, je suis passé par beaucoup de difficultés, donc ça n'a pas toujours été rose, mais franchement, d'avoir créé ces poissons d'une extrême qualité, d'avoir des clients qui nous sont reconnaissants depuis 30 ans, d'avoir été leader dans le domaine, d'avoir bâti un groupe qui, aujourd'hui, est une référence, qui intéresse l'ensemble des structures internationales, Je crois. Je pense que c'est un... C'est un succès économique, c'est un succès familial, c'est un succès politique, parce que les sous ont fait en luttant contre beaucoup de gens. Et à la fin des fins, ça laissera à la Corse une image exceptionnelle en matière d'agriculture, parce que nos produits ont traversé la planète. On vend aujourd'hui aux Etats-Unis à des gens qui n'achèteraient pas autre chose. Donc je crois qu'on a bouclé la boucle. Alors on l'a fait un peu seul, contrairement aux amis que j'ai dans le vin, qui arrivent quand même à s'unir. plusieurs domaines qui ont fonctionné, qui ont réussi. Certains ont fait des réussites exceptionnelles, de petite taille. On a fait aussi bien en étant seul. C'est plus difficile, mais quelque part, on y est arrivé, donc on est très fiers de ça. La conclusion, en deux mots, c'est que la récompense est quand même belle, malgré les efforts qui parfois ont été au-delà de ce qu'on avait imaginé. Et j'espère que l'avenir de la Corse passera par l'agriculture. Parce qu'aussi bien en agriculture, on a assez peu d'atouts. Il y a bien un peu la Plaine-Orientale. On n'a quand même pas des atouts majeurs. Autant en aquaculture, on dispose d'atouts que les autres régions italiennes, espagnoles ou françaises n'ont pas.
- Speaker #2
Si vous deviez recommencer aujourd'hui, est-ce qu'il y a quelque chose que vous feriez différemment ?
- Speaker #0
Vous savez, j'ai beaucoup rencontré la classe politique à mes débuts quand je suis rentré, parce que je savais qu'il fallait la convaincre. J'ai beaucoup travaillé. à des associations, j'ai créé le syndicat Marestani-Course. J'ai fait vraiment beaucoup, beaucoup de choses pour essayer d'eux. Je n'ai pas toujours su lutter contre la jalousie, c'est un fléau chez nous absolument terrible. J'ai réussi à convaincre une génération de politiques, mais quand ils ont changé, les suivants s'étaient à refaire et je n'avais plus le temps. Ma stratégie, c'était d'aller à l'extérieur de la Corse puisque en Corse, j'avais admis l'idée qu'on ne ferait pas le développement attendu. Et finalement, j'ai été guidé par des contraintes. Je ne vois pas ce que j'aurais pu faire différemment. Par contre, ceux qui peuvent faire différemment, c'est ceux qui gèrent les choses, c'est ceux qui sont au pouvoir, ceux qui sont en place à la région et ailleurs, et dans les services de l'État. Et là, je suis très embêté, c'est le moins qu'on puisse dire, par la façon dont au national la filière a été traitée. Et je suis encore plus gêné par la façon Donc... dont les élus, finalement, en Corse, ont échappé au débat. Parce que l'intérêt de la Corse, c'était de faire de l'aquaculture, beaucoup plus que dans les autres régions françaises. Le schéma, il pesait de façon très importante. J'ai connu une époque où l'ensemble des élus de la région avaient voté à l'unanimité le plan Aquacol, à mes débuts, quand j'étais en Corse. Et pour autant, personne n'a assuré les installations à terre, des sites en mer, personne n'a compris ce qui se passait en Grèce. à partir des investissements des banques françaises qui étaient voulues par une direction politique du pays. Personne n'a compris à quel point on allait être sacrifié alors que la Corse avait un potentiel énorme à la matière. À tel point qu'on a fini avec des formations qui n'ont jamais abouti. On a embauché des gens qui étaient formés dans des lycées qui étaient dans d'autres régions de France. Ça, j'ai un regret assez fort au niveau de la façon dont les élus, au national, ont traité la filière et au local ont compris les enjeux. Je recommencerai à essayer de les convaincre, mais j'ai dû faire avec mes propres limites, qui doivent être fortes, puisque j'ai convaincu beaucoup de monde, mais pas assez.
- Speaker #1
Et pour terminer, si vous aviez un message à transmettre aux étudiants liés à eux, lequel ce serait ?
- Speaker #0
Je vous conseille fortement pour votre avenir de vous lancer dans ces filières agricoles, et spécialement aquacoles. L'avenir de la Corse reste à l'aquaculture. Et franchement, si j'ai un conseil à vous donner, si vous êtes embauché chez Google, bombes. Vous pouvez jouer une carrière internationale et démarrer à New York. Mais sinon, je pense que la Corte reviendra sous la contrainte, à plus de sagesse en matière d'emploi. Il y aura moins d'emplois publics et plus d'emplois privés par la force des choses. Je sais qu'on dit ça depuis 30 ans et que ça ne se voit pas se réaliser. Donc, on vit sur une illusion. Mais moi, je conseille fortement aux étudiants de Corte de s'intéresser à ce type de filière, le vin, l'agriculture, parce qu'on y apprend des métiers. et qu'on y survit sur l'ensemble de la planète, et on peut exercer ses métiers sur l'ensemble de la planète, et on peut avoir de très très belles carrières. Voilà, je les encourage aussi à être entrepreneurs. À mon sens, c'est plus intéressant que s'occuper des règles administratives qui pourraient y envisager demain un développement aquacole, parce que même si elles sont très importantes... Ce n'est pas là que se situe l'aventure. Pour ceux qui rêvent d'aventure, je leur conseille de rejoindre ce genre de filière. Je vous répète que vous avez dans vos mains un avenir considérable en aquaculture. Je vous donne les chiffres. Les chiffres sont incroyables. L'Europe décide de faire de l'aquaculture. C'est décidé au niveau administratif central. Les pays jouent des cartes personnelles avec des offsets. C'est scandaleux. Ça sortira un jour peut-être, mais ce sont des choses qui ne sont pas admissibles et que les élites françaises protègent comme un trésor. dans le mensonge permanent. Donc, vous avez ce cadre-là à faire. Mais quand même, les îles des Méditerranées, elles avaient des programmes européens avant l'an 2000. Les Balearques, qui étaient surinvesties en tourisme, Chypre, Malte, tout ça, d'accord ? La Sardaigne, ça avait un programme à quoi colle. Le programme de la Corse, c'était 20 000 tonnes. Donc, si vous reprenez les documents de la DEC, à l'époque où j'étais cadre à Paris, avant que je ne rentre, c'était la Corse devait faire 20 000 tonnes. Toutes les îles de Méditerranée ont fait leur objectif. Sauf peut-être la Sardaigne qui fait 6 000 tonnes et qui avait un objectif à 7 000 parce qu'elle n'a pas de golfe comme la Corse. Et elle est un tout petit peu en dessous. Toutes les autres ont dépassé l'objectif depuis l'an 2000. La Corse a commencé à 1 000 tonnes pour faire des essais dans des petites fermes. Vous savez combien elle fait aujourd'hui ? 1 000 tonnes à Gloriamaris. Et 20 tonnes à Calvi. Voilà, 980 à Gloriamaris et 20 à Calvi. Donc elle fait 1 000 tonnes. Donc si vous voulez, c'est une histoire incroyable parce que c'est la seule île de Méditerranée qui... qui connu ça. Et les ambitions de l'Europe en agriculture, elles étaient faibles. Comme je vous l'ai raconté, beaucoup d'éléments ont joué contre, au niveau national, au niveau régional. Mais quand même, on a, nous, on ne peut pas toujours jeter la responsabilité sur les épaules de ceux qui nous environnent. On a, nous, une part de responsabilité extrêmement importante. Donc voilà, vous savez, je vais vous donner un autre chiffre. La Corse du Sud, elle ne fait pas 1000 tonnes de bovins. Je ne vais pas vous donner la subvention, parce que je risquerais de dire une bêtise. Je m'y étais intéressé il y a 15 ans. C'était des sommes colossales. C'est en centaines de millions d'euros que ça se situe. C'est en dizaines de millions d'euros que ça se situe. C'est colossal. Pour 1 000 tonnes de production. Le Golfe de l'Ajaccio, il fait 19 000 hectares. Sur 4 hectares, je fais de l'aquaculture. Je fais la même production que les bovins de Corse du Sud. Je ne sais pas si vous mesurez les enjeux. Ce sont des choix qui seront portés par nos dirigeants. Et nos dirigeants, ils écouteront ce que vous avez envie de faire. Donc, si j'ai un conseil à vous donner, c'est de vous lancer à fond dans ces filières. Merci. Merci. Ça va.
- Speaker #3
Si cet épisode t'a inspiré, tu peux nous soutenir en t'abonnant et en laissant un 5 étoiles sur ta plateforme d'écoute préférée. C'est primordial pour faire grandir notre communauté et permettre à ce podcast d'inspirer encore plus de monde. Pour aller plus loin, abonne-toi à la newsletter de l'Université de Corse, le lien en description de l'épisode. On t'y attend. À très vite.