- Speaker #0
Bonjour, je suis Stéphanie Baranco, et bienvenue dans Parole de Femme. Dans ce podcast, je donne la parole à des femmes au destin peu banal, pour qu'elles nous parlent d'elles, de leur parcours, de leurs espoirs et de leurs doutes, de leur vision de la femme d'aujourd'hui, l'avenir. Puissent ces femmes vous inspirer, nous inspirer, et inspirer nos générations futures. Elles se livrent sans tabou, avec le cœur. Je vous laisse avec elle, voici leurs histoires, place à Parole de Femme, saison 3. Alors aujourd'hui, je reçois une femme qui porte sa musique comme une seconde peau, une voix chaude, profonde et voyageuse, une femme libre, entière, ça c'est sûr, qui traverse le monde autant qu'elle traverse les émotions et... Aujourd'hui, elle nous fait en plus, elle fait un effort de nous parler en français. Ce n'est pas sa langue naturelle. Ça risque d'être un peu mélangé entre le français, l'anglais et l'espagnol, mais on va arriver à faire un beau podcast. Ça va être à ton image. Sacha, bonjour.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Un podcast lumineux. Et puis finalement, toi, tu représentes comme une croisée des cultures. Et donc, c'est finalement ce qui va ressortir de tout ça. Tu vis sur les routes, dans les avions, sur scène. Je te remercie d'avoir pris le temps de trouver un moment dans ce tourbillon qu'est ta vie. Je suis ravie de t'accueillir sur Parole de femme. Je pense que tu représentes à mes yeux aussi une femme inspirante sur ton parcours, de là d'où tu viens. On va en parler aujourd'hui. d'amour, de toi, de ta voix, de ton regard, de la route, de la solitude, des choix, du courage d'être soi, de la vie. Est-ce que ça te va comme programme ?
- Speaker #1
Oui, parfait, merci.
- Speaker #0
Sacha, pour commencer, tu sais, dans Parole de Femme, on a toujours des petites questions. Alors, je vais poser tes trois premières petites questions. Quel est le plat de ton enfance ? Ce fait du bien. Tu vois, quand tu as besoin d'être réconfortée, quel est le plat de ton enfance que tu vas avoir envie de manger ? Quel est ton moment préféré de la journée ? Et si tu étais une émotion, laquelle serais-tu ?
- Speaker #1
Le plat préféré que j'aime bien, c'est albondigas. C'est albondigas de ma maman qu'elle fait. C'est un soupe avec l'avion, mais elle le fait avec... Pas avec la viande, elle fait avec le pavot, le turkey.
- Speaker #0
Du poulet,
- Speaker #1
c'est ça ? Non, de l'autre.
- Speaker #0
Du porc ?
- Speaker #1
Non, de l'autre. Dinde. De la dinde. Elle fait avec la dinde parce que c'est plus saludable. Et c'est ça, parce que quand elle fait ça, toute la maison sent super bon. Et après, c'est maman qui cuisine. Elle est mexicaine et très chaleureuse. Et après, c'est un plat d'amour que j'aime bien.
- Speaker #0
C'est un plat à partager ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça représente ta vie, le partage ?
- Speaker #1
Oui, beaucoup.
- Speaker #0
Ta maman, tu dis qu'elle est mexicaine, toi tu viens du Mexique, c'est ça ?
- Speaker #1
Moi, je suis mexicaine aussi, j'ai le passeport et je suis devenue mexicana. Mais je suis née à San Diego, Californie, mais c'est juste à côté de Mexique.
- Speaker #0
Et ta maman, elle vit encore au Mexique, elle ? Ou à San Diego ?
- Speaker #1
À San Diego aussi, oui. Mais on est à la maison aussi à Mexique. Alors on va à Mexique beaucoup.
- Speaker #0
Donc c'est un plat familial. Si je résume, c'est un plat familial. Ils sont bons dans toute la maison parce que ça sent bon l'amour, finalement.
- Speaker #1
Oui, et c'est pour partager. On s'assoit ensemble, on mange ensemble, on fait des tortillas. C'est l'amour.
- Speaker #0
C'est l'amour. C'est l'amour.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu cuisines, toi ?
- Speaker #1
Oui, je cuisine beaucoup. Et je cuisine pour les gens qui aiment manger.
- Speaker #0
Et pour une Mexicaine, les gens qui aiment manger, c'est qu'il faut des grandes assiettes bien remplies, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et il faut rester longtemps. Oui. Il faut rester longtemps pour manger, pour boire, pour être ensemble. C'est pour être ensemble. C'est pour connecter.
- Speaker #0
En fait, c'est une réunion.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui. Alors, c'est quoi le plat que tu... Si tu dois me cuisiner un plat mexicain, hormis celui de ta maman, qu'est-ce que tu me cuisinerais ?
- Speaker #1
Camarones endiabladas.
- Speaker #0
Oh là là.
- Speaker #1
C'est un plat de cuisine alta francesa mexicana. Alors, c'est français-mexicain.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et c'est des... C'est une sauce qu'on peut faire avec cognac ou brandy, quelque chose comme ça, mais cognac avec chipotle, la crème de chipotle. Et c'est super bon. Camarones. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai oublié tout mon français maintenant.
- Speaker #0
Ah ben voilà, c'est bon. Bon, je te propose.
- Speaker #1
Camarones.
- Speaker #0
Tu m'inviteras et je prendrai une photo et on fera l'illustration.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ok. Ton moment préféré de la journée, Sacha, c'est quoi ?
- Speaker #1
C'est la nuit. La tombée de la nuit quand tout, je pense, commence à prendre vie. J'aime bien.
- Speaker #0
Pourquoi la tombée de la nuit, c'est la vie qui commence ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
Parce que je commence à faire beaucoup de choses à ce moment. Je commence à écrire beaucoup de musique, de faire des choses. Je ne sais pas, je rêve beaucoup. J'aime aussi dans le matin. Dans le matin, mais le matin tôt. Pour écrire.
- Speaker #0
C'est quand les gens sont couchés, toi tu te réveilles ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est le décalage de ta vie ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Depuis toujours ?
- Speaker #1
Oui. Je suis en pleine forme à ce temps pour travailler, pour écrire. Je pense parce que tout sonne, il se couche et après le son de la nuit c'est différent.
- Speaker #0
C'est très calme. C'est hyper intéressant ce que tu dis. Tu as besoin de calme, toi qui vis une vie tout le temps pleine de mouvements et en fait tu as besoin de te retrouver au calme pour travailler, pour écrire.
- Speaker #1
Oui, j'ai besoin beaucoup de calme pour être dedans. Fais des méditations pour prendre une pause. Beaucoup de calme.
- Speaker #0
Te retrouver avec toi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est comme ça que finalement, toi, tu arrives à rester toi-même dans ce monde de l'industrie du disque, finalement, de la musique ?
- Speaker #1
Belle question. Exactement. Parce que sinon, je m'en fous. C'est très différent. La vibration de la musique. C'est très dur, le business c'est dur, c'est un petit peu une vibration qui n'était pas super bonne, c'était basse, mais la musique, il y a une haute vibration. Et pour garder cette vibration et pour chanter comme ça, pour écrire comme ça, il faut être très calme dans la méditation. Je lis beaucoup de textes spirituels, je pratique des choses, être... d'un sol en moi-même pour être, je ne sais pas comment se dire en anglais mais en français,
- Speaker #0
en anglais c'est grounded aligné et ancré au sol tu as besoin de te retrouver parce que tu fais la différence je reformule pour bien que ce soit clair, tu fais la différence entre l'industrie de la musique qui est difficile et ton art à toi qui est vivre la musique et pas de la musique Donc tu vis la musique et tu as besoin de t'ancrer, de te retrouver en fait à l'intérieur de toi pour être apaisé et retrouver en fait le plaisir de la musique aussi.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et l'émotion ? Si tu étais une émotion, Sacha, tu serais quoi comme émotion ?
- Speaker #1
La joie.
- Speaker #0
La joie. Ça fait du bien la joie.
- Speaker #1
Et c'est pour partager.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comme vous avez dit, comme le plat, la joie c'est ton cadeau. de donner, on donne, on donne, qui donne ?
- Speaker #0
C'est facile d'avoir la joie en soi ou est-ce que ça se travaille ?
- Speaker #1
C'est beaucoup de travail, beaucoup de travaux. Je suis joyeuse maintenant, quasi tout le temps, mais j'ai fait beaucoup de travaux pour être dans ce chemin, pour m'enlever chaque jour avec beaucoup de gratitude. Je m'enlève, j'ouvre les yeux et... Première chose que je dis, c'est que je suis joyeuse, je suis contente, je suis en forme. Toutes les choses, le mieux de moi que je suis, c'est tout en gratitude pour le jour, pour être aussi vivant. Parce que j'ai passé une super mal étapes avec le cancer de foie et un AVC. Et tous les jours que je m'enlève, je dis « wow » . J'ai un jour incroyable aujourd'hui que je vais passer. Et peut-être, ce jour, je vais faire beaucoup de choses et peut-être je vais me reposer. Mais c'est une opportunité.
- Speaker #0
La maladie, ça fait relativiser beaucoup de choses dans la vie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tout à l'heure, tu me disais que tu croisais beaucoup de gens un peu aigris, parfois tristes, éteints. Finalement, la maladie, ça fait relativiser. Est-ce qu'on se sent plus joyeux de vivre quand on a failli mourir ?
- Speaker #1
J'ai beaucoup plus envie de vivre et j'ai trouvé plus la joie de vivre à cause de ça. Mais aussi j'étais confusée parce qu'après que tu passes une étape comme ça, super mauvaise, et tu te quittes de tout le monde. J'ai passé quasiment deux différentes fois parce que ça passait deux fois. Et j'ai rejoint la vie la première fois, que c'était dur. Et après, je suis malade encore. Je suis rendue malade. J'ai retiré ma vie de toute société, de la chambre, de tout.
- Speaker #0
Tu t'es remise en retrait.
- Speaker #1
Oui. Et ça, c'était très intéressant parce que je commence à vivre les moments où je ne vois pas de personne. Parce que je commence à me connaître à moi-même. Et j'ai l'opportunité de me regarder. dedans pour voir qui est-ce que je suis.
- Speaker #0
C'est une vraie introspection que tu as vécue grâce finalement à la maladie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Aussi, c'est une pause dans ta vie. Une grande pause. Oui, tu as été obligé de t'arrêter et de regarder à l'intérieur de toi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu étais autant spirituel avant ? Ou est-ce que c'est avec la maladie que ça t'a donné la spiritualité qu'aujourd'hui tu as en toi ?
- Speaker #1
Non, j'étais toujours spirituelle. Et ça a changé de différentes époques de ma vie. J'ai une époque où j'ai commencé un chemin bouddhiste. J'ai pris le vaus, le bouddhisme vaus. Et j'ai fait tout le temps, toutes les choses. Et après, j'ai commencé à faire rien. de temps en temps. J'ai prié de temps en temps. Mais toujours, j'habite dans une vie avec beaucoup de services. J'étais née comme ça. Ma famille, ils tous sont comme ça. Ma grand-mère, elle a fondé la plus grande clinique gratuitement de santé à Californie. Et tout le temps, j'ai vécu comme ça. Très spirituelle avec envie de services. Mais après, j'ai rendu malade. En 2017, je suis morte pour deux minutes.
- Speaker #0
Tu as fait un arrêt, d'accord.
- Speaker #1
Et après ça, j'ai changé de conscience. C'était tout ouvert la conscience et j'ai compris beaucoup de choses. Et je n'ai pas de peur pour un petit peu de temps. C'était un grand cadeau de voir la vie comme ça, sans peur.
- Speaker #0
Complètement apaisée ?
- Speaker #1
Oui, pour un petit peu de temps.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ça avait après revenu parce qu'on a peur de beaucoup de choses dans la vie.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Mais c'est la peur qui est la barrière à toutes les choses qu'on veut vraiment avoir. Alors si on espère, on rêve d'avoir des choses, c'est dans notre conscience qu'on ne voit pas qu'il y a des choses qui sont là dans notre mentalité, dans notre pensée, qui s'escondent, que nous savons. Il y a cette peur qui ne nous laisse pas de faire les choses qu'on vraiment veut.
- Speaker #0
Oui, c'est une peur qui paralyse. Ce que tu veux nous dire, en fait, on ne sait pas vraiment ce dont on est capable parce qu'il y a la peur qui nous empêche de voir. C'est comme un filtre qu'on a devant les yeux ou devant le cœur.
- Speaker #1
Oui, dans la subconscience. Mais de temps en temps, nous ne sommes pas conscients que la même chose qu'on veut, on fait l'opposé. Et ça, ça se fait donner les choses qu'on ne veut pas.
- Speaker #0
Oui, c'est l'inverse de finalement ce qu'on voudrait. On induit finalement, notre comportement nous amène à faire quelque chose qu'on ne veut pas. C'est à l'opposé en fait, à cause des peurs qu'on nourrit.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça, ça vient de la maladie, cette conscience-là. Mais si on repart un petit peu en arrière, j'aimerais qu'on revienne à tes débuts. D'accord ? Juste en quelques mots pour qu'on puisse comprendre un petit peu ton... Ton chemin de vie, tu commences à quel âge la musique, la chanson ? Et à cette époque, tes parents, ils voient ça comment ?
- Speaker #1
Je commence quand j'étais très petite et je chante tout le temps, aussi avec mon grand-père Cyril Casares, tout le temps, tout le temps. Et après ma grand-mère, j'avais 4 ans, elle me portait des lections de piano. Je commence à jouer le piano. Mais mon papa dit non. Après il dit non, il faut étudier, il faut être dans ce pays parce qu'il était franco-libanaise. Il était enfant de guerre. Il dit, il faut... être intelligente dans ta vie et faire un métier il faut choisir un métier et tout le temps me dit tu peux choisir tout ce que tu veux dans la vie docteur avocat ingénieur et c'est tout mais tu peux avoir tout ce que tu veux mais trois choses non et je dis non mais je veux chanter je veux jouer le piano j'aime bien jouer le piano je voudrais jouer classique à l'aimé il dit non alors je chante tout le temps à l'église et Quand mes parents t'avaient séparé, quand j'avais 11 ou 12 ans, ma maman m'a donné un piano, le piano de ma grand-mère, qui m'a donné comme cadeau. Et je commence à apprendre les lections de piano.
- Speaker #0
D'accord, les leçons de piano.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et là, ça change ta vie ?
- Speaker #1
Ça a changé beaucoup parce que, à cause de la séparation de mon papa, qui a toujours dit non, j'ai l'opportunité de faire les choses parce que ma maman m'a dit OK. Mais quand j'avais 17 ans, j'ai dit « Maman, je veux chanter » . Elle dit « Et quoi, tu vas quitter l'école ou quoi ? » Et elle me dit « Non, non, non, je voudrais chanter » . Ok, fast forward, j'ai 19 ans et je commence à chanter sur scène et après j'ai dit « Maman, je veux être chanteuse » . Elle me dit en espagnol « ¿Te gusta tu casa ? » .
- Speaker #0
T'aimes ta maison ?
- Speaker #1
Quelle belle maison ! T'aimes vivre ici ? T'aimes ta maison ? T'aimes vivre ici ? Pense à ça quand tu veux chanter, chérie. Pense à ça si tu aimes ta vie et tout ça. Parce que ça va disparaître ! Comme elle dit, non ! Il faut seguir adelante. Aller de là-haut. Oui, j'étais à l'université. L'université de San Diego, c'était l'un des meilleurs universités pour le business. tous les Etats-Unis, il faut finir ton université et quand tu finis, tu peux faire tout ce que tu veux. Alors, j'ai chanté et après, j'ai fait l'université et après, quand j'ai fini le business et le marketing et toutes les choses que j'avais prises, j'ai dit, ok, je vais chanter encore.
- Speaker #0
Je t'arrête juste une minute. Est-ce qu'à ce moment-là, tu comprends pourquoi ta maman, elle te demande d'aller terminer tes études ? Ou est-ce que tu trouves ça injuste ? Ou est-ce que finalement, tu te rends compte que c'est une opportunité quand même de terminer ce que tu avais commencé là ?
- Speaker #1
C'est ça. Je pensais toujours à mon bien-être. Elle pense toujours à mon bien-être. Moi, je voudrais prendre à l'école un baccalauréat ou quelque chose de chante, de chante opérique, d'opéra. Et mon papa tout le temps, non, Et c'est pour ça que je n'ai pas quelque chose, un master d'opéra ou quelque chose. J'ai un business. Parce que les deux parents disent qu'il faut avoir quelque chose.
- Speaker #0
De business, solide. Pour eux, la musique, ce n'était pas la manière dont tu allais vivre.
- Speaker #1
Oui, il regardait tout ce que je passe maintenant. Parce qu'il pense que j'étais... Ma maman me dit, tu es très... You're brilliant. J'ai un IQ, quand il l'a fait, de 192. Et c'était très haut. Tu peux faire tout ce que tu veux avec ton...
- Speaker #0
Ton cerveau.
- Speaker #1
Oui. Tu peux faire tout ça. Tu es très intelligente. Tu peux faire n'importe quoi. Mais tu veux faire la musique ? Mais tu peux faire la musique. Mais fais ça.
- Speaker #0
En plus.
- Speaker #1
Et après, tu peux faire la musique. Et j'ai dit, OK, c'est un deal. Et après que j'ai fini l'université, j'ai commencé à chanter. Et j'ai un travail. Je travaille en Las Vegas. J'étais marketing director dans un newspaper.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Un magazine. Un magazine. Un magazine italien. Je parle italien. J'ai pris ce travail à cause de ça. Parce que j'ai appris l'italien pour l'opéra. Pour chanter l'opéra. Parce que j'étais en train, trois, quatre jours... De la semaine, d'entraîner ma voix d'opéra. Tout le temps, tout le temps, tout le temps.
- Speaker #0
C'était vraiment toi, c'était l'opéra qui t'intéressait.
- Speaker #1
Oui, oui, j'aime bien. Mais encore, trois, quatre fois par semaine, je suis en training. D'accord. Mais jamais j'étais dans un opéra. Mais de temps en temps, je fais des opéras à la salone et des concerts. J'aime, je fais un mix, un petit peu d'opéra, jazz, tous.
- Speaker #0
Magnifique.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui. Donc, tu sais. Tu termines tes études et comment tu te lances alors finalement ta carrière ? Comment elle va se lancer ? Comment tu fais ?
- Speaker #1
La première fois, j'ai un travail de marketing. Toutes les semaines, je passe par un club de jazz. Il y a un resto italien et un club de jazz à côté, qui c'est un monsieur qui s'appelle Salvatore.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et je suis allée prendre mon sandwich. Tout le temps, je passe, je prends le sandwich et je vais à travailler. Et j'ai vu qu'ils lancent ce grand club de jazz, et c'est super joli. Et j'ai dit, waouh, c'est très cool, c'est comme New York, ce club. Il dit, ah oui, on va voir du jazz. Il dit, est-ce que vous cherchez des actes ? de gens pour chanter, jouer. Il dit, ah oui, oui, oui, on a des auditions et je prends les presqu'hits et tout ça. Et moi, j'avais dit en italien parce que le monsieur était sicilien. J'ai commencé à parler avec lui et j'ai dit, ciao, salvatore, ciao. Et il me connaît de temps en temps de venir chez lui, non ? Et après, j'ai dit, j'aimerais chanter. Et il me dit, toi, tu es chanteuse. Et il me regardait de la tête à les pieds. Et après, la tête. Et je me sens un petit peu inconfortable. Et je dis, oui, je suis chanteuse. En fait, je suis de New York. Mais je mentis.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. C'est le moins qu'on puisse dire.
- Speaker #1
Je mentis. Je suis de New York. J'ai encore tête. Je fais tout ça. Je travaille partout. Je suis vraiment chanteuse de jazz. Je ne sais pas ce qui m'arrive. Je ne sais pas. Et il me dit, ah oui ? Et après, il me regarde, il dit, mais jamais, jamais, jamais dans ma vie, j'ai oublié ça qu'il me dit. Il dit, si toi, tu chantes comme tu ressembles, tu as le travail. Mais comme il me regarde avec les yeux, comme il me sort les vêtements.
- Speaker #0
On dit en français, il te déshabillait du regard.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et je fais un handshake et je lui fais, boum. Tu as serré la main. OK. Mais après, je suis allée à la voiture et j'ai commencé à pleurer parce que j'ai dit pourquoi ils m'ont donné le travail à cause que je suis belle. Parce qu'à ce temps-là, je jouais au foot. J'étais très maigre et très fit. Je jouais au foot semi-professionnellement.
- Speaker #0
Mais non.
- Speaker #1
Oui. Et je jouais à l'école aussi, à l'université, aux Olympiques, tout ça. C'était le premier rêve que j'avais d'être footballiste.
- Speaker #0
Footballeuse.
- Speaker #1
Oui. Footballista.
- Speaker #0
Footballista, si.
- Speaker #1
Et après, j'ai commencé à pleurer parce que j'ai dit, « Quoi de me regarder comme ça ? » Mais j'ai pris le travail. Le travail. Et c'était mon premier gig. Et j'ai commencé à dire, « Oh zut, mais c'est en une semaine, il faut préparer. » Et j'ai dit, « Oh my goodness, qu'est-ce que je vais faire ? » Je n'ai pas un livre de choses, mais je connais toutes les chansons parce que tout le temps, je chante. mais je dis je n'ai pas en pionnier je n'ai pas oh là là alors je vais dire mon papa et mon papa me dit tu peux pas chanter chez si je ne suis pas là tu viens de tuer fille de famille tu vas être dans un club son club sans moi c'est pas possible alors je dois demander à le monsieur qui me qui me quittait de jeudi et mettre mercredi parce que le contrat c'était pour jeudi pour les jeudis de jeudi par mois pour trois mois et idées ok Et il faut que je demande mercredi. Et j'ai... I was so embarrassed. Oh, pour téléphoner à cette homme, il me dit... Oui, Salvatore, grazie, mais... Il faut que mon papa soit là, mes parents soient là. Mais c'est...
- Speaker #0
J'avais quel âge à l'époque ?
- Speaker #1
20 ans.
- Speaker #0
Tu avais quel âge ?
- Speaker #1
20 ans.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
C'est jeune. Il me dit... Il m'avait dit... ton papa il dit si pourquoi il dit parce que je suis fille de famille je dis ça parait complètement dingue ton désir c'était dingue ça c'était un petit peu fou il dit oui et là ça commence j'ai mon papa qui me demande pourquoi tous les hommes me regardent quand je chante parce que je chante Très belle !
- Speaker #0
Très bien ! C'est intéressant ce que tu dis, parce que du coup, tu m'emmènes sur une autre... sur le chemin sur lequel j'allais t'amener, c'est la féminité. Tu dis, du départ, il te regarde un peu en te dévorant des yeux, en te déshabillant du regard. Comment on arrive, finalement, à être aimé pour ce... que l'on fait comme musique et pas juste parce qu'on est belle est-ce que toi t'as eu besoin déjà dans ta tête de dissocier ça ou est-ce que finalement c'était ok c'était un package Tu vois ce que je veux dire ? Tu étais belle dans ton art, belle dans ton corps. Ou est-ce que quand même ça t'a chagriné ? Comment tu as vécu finalement ce rapport à la beauté, aux hommes qui te regardaient, ton art ?
- Speaker #1
Je pense que c'est une chose qui n'a jamais changé tellement trop parce qu'après quelques-uns, dix-uns, je commence à... Mettre du poids parce que j'étais en médicaments. En condition de poulement. De asthme très mauvais. Et je commence à gagner du poids. Et après, c'était vraiment que quand j'ai du travail, c'était vraiment pour ma voix. Et pas pour comment je vois. Après, ça, je vais vous l'autre côté. Alors, pour commencer, je vais vous la beauté. Pour tous les portes. Après, je vais vous... avoir un petit peu de poids, tu fermais toutes les portes.
- Speaker #0
T'as l'impression que quand on a du poids, on est moins belle ? C'est ce que les gens te donnent à voir ?
- Speaker #1
Ah oui, mais il me dit à mon visage. Il me dit à mon visage. Tu n'étais pas belle, tu as le visage très très belle, mais je cherche quelqu'un qui est plus maigre. J'ai besoin de quelqu'un qui soit comme ça. Et après il me montre quelqu'un, il me dit, mais elle ne chante pas bien. Mais ça m'est égal, elle se voit bien.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Alors, j'ai passé les deux côtés. Et après, j'étais très confusée.
- Speaker #0
Vas-y, dis la phrase et je traduirai après.
- Speaker #1
I was confused. Confusée.
- Speaker #0
Tu étais déçue ?
- Speaker #1
Un petit peu, parce que j'ai dit... C'est le moment que j'ai compris que le talent...
- Speaker #0
Ça ne suffit pas.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pas du tout. C'est dur ce que tu dis.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
C'est dur. Comme... Comme remarque. Ça veut dire que même avec du talent, toi, tu as eu toujours le sentiment d'être jugé sur ton physique.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Et en même temps, quand on est artiste, on vient chercher aussi le regard de l'autre. Est-ce que tu penses qu'on peut être artiste ? Tu sais, aujourd'hui, il y a des fois des artistes, par exemple, qui mettent des cagoules, qui cachent leur visage. Tu vois, je pense à l'artiste Sia, dans la pop, qui elle, pendant longtemps, ne voulait pas qu'on voit son visage. C'est aussi pour dénoncer ça, à ton avis ? C'est dénoncer l'ultra-beauté par rapport au talent qui prie ?
- Speaker #1
Je pense qu'elle fait bien, parce qu'elle fait un statement de sa vie. Et ce n'est pas de la beauté, c'est de mon art. Mais aussi, elle est en caractère. C'est comme Lady Gaga qui fait... Au premier, elle dit, si je ne fais pas ça, de mettre tout le... Elle avait mis du bœuf partout.
- Speaker #0
Oui, je me souviens de la viande.
- Speaker #1
Mais je pense que de temps en temps, tu dois faire des choses qui sont extraordinaires pour les gens que tu vois. C'est incroyable de faire. C'est comme un magicien. De faire... une chose, pour faire un truc de magie ou quelque chose de magique, il faut montrer à gauche pour changer les choses à droite.
- Speaker #0
Tu veux dire, on attire l'attention d'un côté pour pouvoir mieux faire passer le message de l'autre.
- Speaker #1
Oui, c'est ça qu'ils font, mais c'est dommage qu'ils doivent faire ça. Qu'ils ne peuvent pas être seulement eux-mêmes, mais il faut le faire pour qu'on puisse faire notre art. C'est ça.
- Speaker #0
Comment tu arrives, justement, tu fais ce constat, que finalement, la beauté, en tout cas, les critères de beauté que les gens que tu côtoies ont, parce que la beauté, elle n'est pas universelle. Je veux dire, chacun est beau à sa manière. Mais en tout cas, toi, tu as la sensation à ce moment-là que... Tu ne rentres pas dans les critères de beauté qui vont t'ouvrir certaines portes.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Comment tu fais à ce moment-là alors ?
- Speaker #1
Il faut savoir que les choses sont exactement comme elles sont. D'avoir une acceptance. C'est acceptance. C'est un grand accepter que ça soit comme ça.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est mauvais un petit peu. Mais il faut accepter. En ce moment que tu acceptes, c'est plus... facile de voir que quelqu'un te dit quelque chose, c'est seulement en opinion.
- Speaker #0
C'est ça, oui. Je suis d'accord avec ce que tu dis, c'est une opinion. Mais pour autant, une fois que tu as fait ce constat, comment tu vas arriver, toi, à avoir la carrière que tu as ? Parce que c'est ce qu'on disait quand on s'est rencontrés toutes les deux, tu as une très grosse carrière, notamment côté USA. Comment tu as réussi à dépasser ? cette problématique que tu soulèves de la beauté physique. Comment tu as réussi à avoir ta carrière ? Tu ouvres les portes. Comment tu t'imposes ? Comment tu deviens ce que tu es aujourd'hui ?
- Speaker #1
Moi, j'ouvre les portes moi-même. Quand ils me disent que ce n'est pas possible tout le temps, toute l'industrie, ce n'est pas possible. Tu ne peux pas faire ça. Tu n'es pas une star. Tu ne te vois pas comme une American Idol. Toi, tu es très... Très brune. Avant, j'avais le cheveu noir. Toi, tu te ressembles au terroriste. Je me dis ça beaucoup de fois. D'accord. Toi, tu es très ethnique pour cette carrière. Toi, tu ne te vois pas comme le jazz. Le jazz, c'est blanc au noir. Toi, tu es au milieu. Qu'est-ce que c'est ça ? On ne voit pas les choses comme ça. À Japon, le premier disque, il avait couvri mon visage.
- Speaker #0
Au Japon ?
- Speaker #1
Au Japon. D'accord. Pourquoi vous ne mettez pas mon visage sur mon disque ? Il dit, parce que c'est mieux comme ça, parce que tu n'es pas blanche, tu n'es pas noire, et on a juste les yeux, alors c'est mystérieux, c'est intéressant ça. Et j'ai dit, mais c'est mauvais ça. Alors, écouter ça tout le temps, ça te détruit dedans. Mais je sais qui je suis, et je suis vraiment chez moi. Alors, il faut que moi j'ouvre les portes pour moi-même, parce que ça c'est toute la chose qu'il me dit tout le temps, encore. Ici en France aussi, tu n'es pas blanc, tu n'es pas maigre. On aime les blancs, on aime les maigres.
- Speaker #0
C'est pour ça que tu as joué ta couleur de cheveux.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Ça va loin quand même.
- Speaker #1
Ça va être mieux. C'est mieux d'être un peu blanc. C'est moins ethnique. Ils ne savent pas si je suis libanaise, peut-être italienne, napolitana. Ils ne te demandent pas si tu es juive, si tu es ça, si tu es blanc. Ils disent, quelle origine es-tu ? Mais là-bas, à l'États-Unis, il commence à me demander, tu viens d'où ? Tout le temps. Il est dans mon concert, il prie en disque, acheté un disque. Enfin, il me demande, mais tu viens d'où ? Tu es qui d'origine ? Et j'ai dit, je suis américaine. Je suis née ici. Je suis née à San Diego. Je suis née à l'hôpital, blablabla. Dans la rue, blablabla. Et après, il me dit, non, mais tu viens d'où ? Tu n'étais pas née ici. Et ça commence à faire beaucoup, beaucoup, beaucoup de mal. Parce que pourquoi il veut savoir ? Pourquoi il vient chez... Chez moi, un cancer que je donne à tout mon âme, après, ils me font « apunyaladas » , mais tu viens d'où ? Comme si je suis illégale ou quelque chose.
- Speaker #0
On sent que c'est extrêmement souffrant, ça. Comme d'être obligé tout le temps de justifier. C'est comme si tu manquais de légitimité à être juste toi-même.
- Speaker #1
Oui, et beaucoup de racisme.
- Speaker #0
Oui. Je reviens sur... Je change un peu le plan de ce que j'avais parce que c'est hyper intéressant. Je te découvre au fur et à mesure que tu parles d'être obligée de changer une couleur de cheveux comme je fais le parallèle avec... Pendant très longtemps, les filles de la télé-réalité étaient obligées de faire gonfler leur sein. Pour avoir une chance de percer dans ce milieu, c'est très violent, en fait. Comment tu gardes ton cap, toi ? Parce que c'est se renier. Sauf si tu... Moi, je te trouve très jolie avec cette couleur de cheveux. Sauf que ça te va extrêmement bien. C'est très, très harmonieux. Mais pour autant, est-ce que toi, tu te reconnais dans le miroir ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui ?
- Speaker #1
Oui. J'aime la couleur, mais tout le temps, je pense peut-être que je vais mettre l'original parce que l'original, c'est castagne, c'est très espagnol. Oui. C'est très beau et j'ai fait un promis à mon grand-père tout le temps. Il me dit, jamais change ton chez-vous parce que c'est incroyable chez-vous.
- Speaker #0
Oui, tu as été très belle.
- Speaker #1
Wow, mais je n'aime pas les choses qui viennent avec. Je n'aime pas les gens qui me commencent à déplacer comme si je suis quelqu'un d'autre, ou mal, en personne mauvaise, ou ne me donnent pas les opportunités. Maintenant, ça avait changé beaucoup en cette année-là, mais c'est... C'est mauvais ça. Si je me reconnais maintenant parce que je suis au fond, dedans, je suis moi-même. Et je suis très authentique et alignée. Mais ça arrivait beaucoup de temps pour être comme ça.
- Speaker #0
C'est un vrai chemin.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est un vrai chemin.
- Speaker #1
Et je ne vais pas quitter ce chemin parce que si on quitte ce chemin de notre authenticité...
- Speaker #0
Tu te perds.
- Speaker #1
Oui, et nous ne sommes pas joyeuses comme personne. Et peut-être que c'est pour ça que tous les Parisiens, il manque quelque chose. Pas tout. Beaucoup de Parisiens, ils sont tous de malhumeur comme ça. Et je trouve quand je regarde dans les yeux au fond de les gens que c'est l'âme qui a besoin d'un petit peu d'amour. Et c'est l'amour qu'on a pour nous-mêmes que ça manque.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Il faut aimer, il faut t'aimer, il faut être le meilleur partenaire de ta vie. Mark Twain, quand il est au final de sa vie, il avait demandé, c'est qui la meilleure relation que tu avais dans ta vie ? Il dit, avec moi-même. Il faut être ton meilleur ami.
- Speaker #0
Oui. Il n'y a que toi qui crois en toi le plus possible et tu croiras toujours en toi.
- Speaker #1
Oui, mais ça ne signifie pas que tu es narcissiste.
- Speaker #0
Non, non, non.
- Speaker #1
On dit en anglais que c'est enlightened self-interest. C'est un petit peu de lumière sur toi, sur toi-même, parce que quand tu te prends soin de toi, tu peux faire plus pour les autres.
- Speaker #0
Oui. C'est aussi se respecter.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parfois, il a fallu dans ton entreprise de travail que tu t'imposes, que tu imposes tes choix musicaux. Comment ça se passe ça aussi pour toi d'arriver justement à faire entendre ta voix ? Comment tu vas y arriver au fur et à mesure des années ? de ne pas juste être belle et tais-toi, chante ce qu'on te dit de chanter. Comment tu as réussi à imposer tes choix musicaux ? Comment tu crées ta carrière ?
- Speaker #1
J'avais enregistré en maison de disque à l'États-Unis. J'ai commencé avec ça. La première chose que j'ai fait, j'ai fait une publishing company. En publishing, je ne sais pas comment on dit ça en français. C'est une compagnie pour l'enregistrement de la musique.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et comme tous les hommes, tout le temps, me disent, mais toi, tu es diva. Ils se moquent de moi tout le temps. Ils disent, chick singer, blablabla. Ils me disent des choses. Mais toi, tu es seulement belle. Tu ne peux pas chanter, blablabla. J'avais pris des checks qui disent diva latina, production.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Rose. Alors, quand le mec m'avait dit, un garçon qui s'appelle, je connais le nom qu'il m'a dit. C'est Lina. cet homme il me dit ah la diva blablabla il me commence à faire des bêtises et ce chose et je dis mais si pour être là aujourd'hui pour notre concert n'oubliez pas que c'est la diva qui te donne le travaux et je lui donne le tchèque qui dit diva latina production en rose en une rose très big you know like hot pink tchèque comme ça il s'oubliait pas c'est excellent Mais après, il était super fâché, hyper fâché de ça. Mais c'est vrai, parce que c'était moi qui croyais tout. Je croyais l'entreprise, je croyais la maison de disques, je faisais le marketing, j'ai une compagnie de marketing, j'ai une publishing company, je commence à faire tout, parce que sinon, je ne peux pas entrer à faire les choses. Parce que tous les noms, tout le temps, non, tu ne te vois pas comme on veut, blablabla, blablabla. Je dis, mais si j'écoute non tout le temps, il faut avoir un chemin. Il faut croire moi-même le chemin pour y arriver.
- Speaker #0
Mais est-ce que ce n'est pas difficile quand même ? Parce que quand on t'entend, moi je t'écoute, je te vois, il y a quand même beaucoup de combats là-dedans. Beaucoup de combats, je pense, beaucoup de souffrances. Comment on arrive à continuer à s'aimer ? Comment tu as fait toi pour continuer à t'aimer ? Quand on entend sans arrêt des critiques sur soi-même. Je vais plus loin. Comment on fait pour s'aimer à 20 ans et comment on fait pour s'aimer plus tard justement quand le corps change ? Toi tu es dans un métier d'image aussi quand même. Comment ton chemin, comment tu as réussi à t'accepter toi-même et avec ton corps qui change ? Alors à cause de la maladie mais aussi à cause de l'âge parce qu'on vieillit tous et toutes. Et comment tu arrives à transformer tout ça et à t'aimer tout le temps toi-même ? à suivre justement ce chemin intérieur que tu décris si bien dans la difficulté.
- Speaker #1
J'ai passé par une étape que c'était très dur, et oui, beaucoup de souffrance. Beaucoup de souffrance. Beaucoup de temps qu'il ne me donne pas de travaux parce qu'il dit que je ne suis pas la chose qu'il cherche. C'est normalement pas pour la voix parce qu'il dit, votre voix est magnifique, c'est la meilleure voix que j'ai écoutée dans ma vie. Mais le vice-président de SON, il m'avait dit que c'était une des meilleures voix de sa vie. Le seul autre personne qui le fait pleurer, c'était Tony Bennett qui a chanté la même chanson. Mais tout le temps de l'écouter, que toi tu n'étais pas le look qu'il cherchait. Et moi je toujours dis, mais en personne qui était très intelligente, avec une voix comme ça, peut changer avec un petit peu d'imagination, ça pour toutes les femmes qui sont comme moi. Parce qu'il y a d'autres femmes qui sont comme moi. Comme Adele quand elle a commencé. Après, il m'a dit que j'étais plus âgée qu'Adèle et c'était passé pour moi. C'est l'âge encore. C'est quelque chose encore.
- Speaker #0
C'est terrible. Oui. Je veux dire, tu te rends compte à chaque fois quand même que c'est des attaques quand même sur le physique, sur l'âge. Finalement, c'est des attaques sur toi-même. Au fond, c'est toi qu'on remet sans cesse en question. Il faut être extrêmement ancré à l'intérieur pour passer des moments où tu as eu envie de laisser tomber.
- Speaker #1
Oui, mais après, j'ai commencé à voir de temps en temps des autres femmes sur scène qui me donnent un petit peu d'espoir, qui sont un petit peu grandes, mais qui sont incroyables femmes, qui je vois, qui sont amazing, qui ont une énergie. J'aime bien Marion James. Quand Adele est sortie, j'ai dit, mais ils ne sont pas maigres comme Linda Rcy, mais il a fait bien au catinage. Il est libanaise en actrice. qui maintenant elle est maigre mais quand elle a commencé la sister act elle était mais elle était très talentueuse et chante aussi il y a des personnes qui sont incroyables et la beauté c'est dedans mais ça ressoigne partout et quand tu vois des femmes comme ça que tu dis oh my gosh il y a quelqu'un d'autre qui fait un chemin pour ça même, il y a de l'espoir si tu vois ça et je dis il faut que je suive parce que il y a des personnes qui me regardent à moi qui ont besoin d'aide aussi et il faut que tous nous aident pour enlever pour que ça pour être authentique parce que ça c'est un grand cadeau d'être qui tu es que tu es né que tu es né pour être c'est un grand cadeau d'être cette personne Parce qu'il n'y a pas une autre personne comme ça.
- Speaker #0
C'est ça la quête, finalement, au-delà de la musique. C'est rester soi-même et ne pas bouger. C'est comme ça, toi, que tu as réussi à ne pas abandonner parce que tu croyais en toi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Enfin, pas croire en toi dans le sens talent, mais parce que tu aimes la personne que tu es quand les lumières s'éteignent. Tu es celle que tu es depuis le départ, en fait.
- Speaker #1
Oui, et aussi que je sais que j'ai un don. Mais moi, je suis spirituelle, mais aussi je crois en Dieu. Je crois en l'énergie et les choses à côté de nous qui commencent avec nous. Et j'ai un don, j'ai quelques dons. Et je sais que la musique est un don. Et je sais ce qui se passe quand j'utilise la musique pour aider les gens aussi. Et je sais que quelqu'un ne peut me quitter ça. J'ai sept cadeaux. C'est un cadeau que je dois donner. Alors c'est ça qui m'aide de suivre ce chemin. Parce que aussi, en français, il dit que je suis un magnétiseur. Je fais ça. Et j'utilise la musique pour faire ça. Et je peux faire ça avec les gens pour aider, pour donner de l'énergie, de l'esprit, de choses. Il ne peut pas quitter ça. Ça, c'est une lumière que...
- Speaker #0
Tu as toi.
- Speaker #1
Oui. Et il me peut dire, tu n'étais pas ça, Mais moi, je sais que je suis...
- Speaker #0
Qui tu es.
- Speaker #1
Oui. Et je vais suivre ça parce que ça me fait heureux d'être moi. C'est une grande opportunité.
- Speaker #0
Oui. C'est une grande chance. Oui. De pouvoir voir ça, soi-même, qui on est. Quand on pense à ton travail... Il y a forcément des questions qui viennent. Quand tu as commencé dans ce milieu, est-ce que tu t'es posé la question de la maternité, de l'amour en règle générale ? Est-ce que pour toi, il y a eu des sacrifices que tu as été obligée de faire quand tu as choisi de faire ce travail-là ?
- Speaker #1
Ah oui, j'avais eu de l'amour, de grand amour dans ma vie. et aussi J'ai voulu avoir des enfants et toute la famille et tout ça, mais c'est difficile parce qu'après, un homme veut... Une femme qui veut rester à la maison quand tu as des valeurs comme moi, un petit peu vieux valeurs, je dis, mais de bonne famille, il n'aime pas... La même chose qu'il aime de toi, que c'est de la star, d'être au spectacle, que tous les beaux jeux... Il ne veut pas. Après, il commence à détester.
- Speaker #0
Parce qu'il y a la jalousie qui rentre en ligne de compte, tu penses ?
- Speaker #1
Après, ils commencent à sentir comme ils sont secondes. Que ton musique, c'est number one. Ils sont numéro deux. Et ils ne veulent pas te partager avec tout le monde. C'est ça.
- Speaker #0
C'est impossible.
- Speaker #1
Après, j'ai quelqu'un que je vais marier avec. Il m'a dit, mais tu peux chanter après pour les enfants. Mais ça va. quand il dort pour un candidat pour me italien il m'a dit que après je peux chanter pour les enfants et ça va Super bon hobby je dois garder pour moi même et après quand on a des fêtes de grands faits avec tout notre famille il était chef que tu peux chanter pour notre ami mais ça va quelques quelques morceaux en chanson 2 mais pas pas plus que ça il me dit C'était vrai.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Comment tu le vis, ça ? Comment tu arrives à passer au-delà de ça ? Parce que du coup, c'est ce qu'il n'y a pas. Puisque la rançon de la gloire, ce n'est pas la solitude.
- Speaker #1
Mais tu sais que c'est comme il m'a quitté l'air de ne me laisser pas respirer.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ça sent comme ça. sans te toucher, tu ne respires pas ils te tuent,
- Speaker #0
juste comme ça alors tu m'aimes en moitié oui parce que toi c'est tout ce que tu vibres en même temps donc ça veut dire qu'en fait ils te demandaient tu as eu besoin de faire des choix dans ta vie ils t'ont demandé les hommes de faire des choix entre la musique et eux oui,
- Speaker #1
un petit peu et après c'était comme ok mais ça ne va pas fonctionner donc du coup tu as choisi la musique Toujours.
- Speaker #0
Toujours, oui.
- Speaker #1
Toujours, mais quelqu'un qui m'aime, c'est que la musique, c'est mon âme. Je suis comme un petit oiseau. Le oiseau doit chanter. La musique m'arrive. J'écris beaucoup de chansons. J'ai une chanson que j'écris, que c'était d'une personne qui cherche son amour, son âme, son soulmate. Comment se dit ça ? Soulmate.
- Speaker #0
Son âme soeur ?
- Speaker #1
Oui. Et c'est une petite poésie que j'avais écrite, après je vais me mettre à la musique. C'est plus comme une mantra. J'avais pensé à toi, est-ce que tu avais pensé à moi ? Je t'avais vu ici, je t'avais vu, tu as dansé, beaucoup de choses belles comme ça, comme si elle avait vu déjà. dans les rêves, dans son âme, dans son cœur. Et après, il dit, mais on n'a pas la chance, on ne va pas... Comment on se dit ça ? But we have yet to meet. C'est un petit peu français, difficile ça.
- Speaker #0
Mais on ne s'est jamais... On s'est déjà rencontrés ?
- Speaker #1
Mais on ne s'est pas encore rencontrés ? Future perfect. Mais on se va...
- Speaker #0
Mais on va bientôt se rencontrer ?
- Speaker #1
Quelque chose comme ça.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'ai un ami que son époux l'avait déceptionné et quitté avec une autre femme. Elle a toujours rêvé d'avoir un amour comme ça. Elle écoute cette chanson et je lui dis, dis les paroles tout le temps et rêve que tu vas, toutes les choses que tu veux de lui, tu vas les rencontrer. Et un jour, c'était incroyable parce qu'elle a rencontré cet homme à cause de moi, de la musique.
- Speaker #0
Grâce à toi.
- Speaker #1
Parce que je l'invitais de chanter avec moi.
- Speaker #0
C'est comme une demande que tu fais à l'univers pour qu'il arrive dans ta vie.
- Speaker #1
Mais oui, elle l'avait pris. Alors, il y a des chansons qui me sortent comme ça. Et je dis, comment une personne me peut demander d'arrêter les choses comme ça si ça aide à d'autres gens ?
- Speaker #0
Mais du coup, alors Sacha, et toi, qui c'est qui t'aime ?
- Speaker #1
Maintenant ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ma maman. Mais c'est vrai.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ma maman, c'est... Maintenant, parce que j'ai passé cette mauvaise étape, elle est la lumière de ma vie. Elle m'a donné la force quand je n'avais pas la force.
- Speaker #0
Et l'amour d'un homme, finalement, c'est secondaire ?
- Speaker #1
C'est secondaire maintenant. Mais maintenant, je pense que j'ai passé beaucoup de temps avec relation, relation, relation, sans pause.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et maintenant, la relation, c'est avec moi.
- Speaker #0
On n'est pas déçus dans ça. C'est vrai.
- Speaker #1
Et aussi, avant, j'avais peur d'être seule. Je ne sais pas pourquoi.
- Speaker #0
Parce que c'est ton métier qui veut ça ? T'es toujours très entourée ?
- Speaker #1
Oui, et après, quand tu sortes et tu vas en tournage et tu fais tout ça, c'est beaucoup d'énergie et c'est hop, Et quand tu rentres à la maison, c'est...
- Speaker #0
Oui, c'est le vide.
- Speaker #1
Mais il faut remplir ça. Parce que tu n'étais pas seule, jamais.
- Speaker #0
Jamais.
- Speaker #1
Et il faut remplir ton esprit, ton âme, toi-même, avec toi-même.
- Speaker #0
Mais c'est l'apprentissage, justement. C'est le chemin dont tu parlais.
- Speaker #1
Oui. Alors ça, c'est la première fois dans ma vie que je suis avec moi-même.
- Speaker #0
Maintenant, tu veux dire ?
- Speaker #1
Oui. Que je prends ce temps pour moi-même, que je prends un café avec moi. Et ça va ?
- Speaker #0
Finalement, c'est bien.
- Speaker #1
C'est super.
- Speaker #0
Oui. Après,
- Speaker #1
quand je veux, et je veux passer le temps avec quelqu'un, c'est ma choix. Et c'est un grand cadeau parce que cette personne, comme toi aujourd'hui... après en train pour passer un petit peu de temps avec moi. C'était un grand cadeau parce que les gens ne pensent pas à les choses. Ils pensent à l'argent, à la famille, à des choses, à son travail. Mais tu sais, dans la vie, on a la même chose. On a des santé, on a notre vie qu'on ne savait pas si c'était 30 ans ou 80 ans. Et ça s'étend, c'est une couronne, c'est juste exactement comme l'argent. En Amérique, on bosse, bosse, bosse pour faire de l'argent. Il ne fait pas de pause. Mais le temps, c'est un cadeau. Le temps, c'est un cadeau. Quand tu as partagé, comme tu as dit, quand tu as commencé tout ça avec partagé, on a partagé.
- Speaker #0
C'est ta vie, ça. Vraiment, le partage, c'est ta vie.
- Speaker #1
Oui. Et de le passer avec des personnes qui pensent aussi qu'ils veulent partager.
- Speaker #0
La même chose.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des regrets ?
- Speaker #1
De ne pas être à l'école pour l'opéra.
- Speaker #0
Ça, c'est un regret.
- Speaker #1
Oui. De ne pas être firme avec mes parents et je peux faire un double métier et peut-être je fais le business et aussi l'opéra.
- Speaker #0
C'est trop tard aujourd'hui.
- Speaker #1
Il me dit que c'est trop tard de l'industrie, mais...
- Speaker #0
Pour l'opéra.
- Speaker #1
Je ne pense pas. Moi, je ne pense pas qu'il n'était pas trop tard de faire rien. Il y avait, tu sais, hier, mon ami m'avait dit de Colonel Sanders, Kentucky Chickens.
- Speaker #0
Tu connais Kentucky Fried Chicken ?
- Speaker #1
Non. Kentucky Fried Chicken, KFC. Oh yeah,
- Speaker #0
KFC. KFC. I worked for him.
- Speaker #1
Yeah. So, il avait dit 900 fois que son produit c'était nul. Nul. C'est Billions of Dollar Company,
- Speaker #0
non ? Oui, c'est une compagnie qui fait des milliards de dollars.
- Speaker #1
Mais il était très vieux quand ça avait passé pour lui. Oui, c'est vrai. Je commence à penser à des gens comme ça aussi, comme Hello Kitty.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qu'elle avait dit, c'est stupide que tu fais un petit chat qui...
- Speaker #0
Oui, rose comme ça, oui.
- Speaker #1
J'adorais ça quand j'étais petite, j'ai de tout à l'eau qui dit.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai, moi aussi j'ai l'air... Oui, ça me fait plaisir. Oui, en fait, c'est des petites choses qui donnent juste le sourire en réalité. Voilà.
- Speaker #1
Tu vois ? Alors, je pense que c'est jamais tard de faire ce que tu veux. C'est une chose que je dis à tous les gens. Il faut que je le croie aussi parce que c'est dur quand tu choisis de faire quelque chose. Mais si tu crois vraiment en toi-même et tu veux faire quelque chose, tout l'univers te va aider à le faire.
- Speaker #0
Il faut croire en soi. C'est ça ta manière de voir les choses. C'est croire en soi-même. En fait, c'est le point de départ de tout finalement.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Soi-même, c'est le point de départ.
- Speaker #1
Oui, et si tu as une bonne intention, au fond, ça se va faire.
- Speaker #0
Non, avec... Le recul, aujourd'hui, je t'ai demandé si tu avais un regret, le choix le plus douloureux que tu aies eu à faire, ça serait quoi toi ?
- Speaker #1
Le plus douloureux ?
- Speaker #0
Le choix qui a été pour toi le plus difficile.
- Speaker #1
De quitter quelqu'un que j'aimais plus que tout, que je peux avoir des enfants avec.
- Speaker #0
Et pourquoi tu l'as quitté ?
- Speaker #1
Parce qu'il était marié.
- Speaker #0
Donc ça, c'est une bonne raison.
- Speaker #1
Non, mais il était séparé.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et quand on s'avait vu et tombé en amoureux, il ne me dit pas qu'il était marié. Et on était ensemble pour beaucoup de temps. Et il était marié en papier, il habite dans une autre cité. Mais il me dit, ne me quitte pas. Après, j'ai dit, mais toi, tu es marié. Je ne fais pas ça. Et je quittais, et c'était super dur. Et après, je déménageais ici à Paris.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et il est venu ici. Il commence à me venir, il s'apparaît dans ma porte, comme une jeune mariée qui, exactement quand je reviens te chercher, la chanson, exactement comme ça.
- Speaker #0
Je lui dis,
- Speaker #1
tu es encore mariée ? Il dit oui. La porte est fermée, boum. Et c'était dur parce qu'il a voulu toutes les mêmes choses que moi, les enfants, la famille, tous les mêmes valeurs, toutes les choses. Après, je pensais que ce n'était pas la même valeur parce qu'il ne voulait pas quitter sa femme à cause de l'argent. Il dit, on va être ensemble, ça va, c'est le moderne, c'est moderne. On va voir la famille. Et j'ai dit, comment je vais voir une famille avec quelqu'un qui a quelqu'un d'autre là-bas, mais il veut être ensemble avec elle seulement pour l'argent, pour ne perdre pas l'argent. C'est fou ça.
- Speaker #0
C'est être intègre avec soi-même, finalement, pour toi, c'est ça ? C'est faire preuve d'intégrité ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
De respecter soi-même ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est dur ?
- Speaker #1
Oui. Après, je pensais, il est couvert. Mais c'était un amour, waouh ! Et pour fermer la porte à ça, c'était, oh my God, c'était dur. Mais je savais que, je sais que j'avais fait la bonne chose, la bonne chose. J'ai bien choisi.
- Speaker #0
Tu as bien choisi pour toi. ça m'a tué un petit peu ça rajoute finalement moi quand je t'entends j'ai la sensation malgré tout qu'il y a beaucoup de solitude là-dedans dans cette façon que tu as de vivre ton art et pour autant on a un ami en commun plusieurs mais finalement c'est l'amitié c'est l'amitié qui vient entourer aussi tout ça de bienveillance. Je pense à Stéphane Belmondo qui est un ami proche de toi. C'est grâce aux amis aussi qu'on tient le coup quand c'est difficile. Les vrais amis. Comment on les trouve les vrais amis quand on est connu et quand on bouge tout le temps ? Comment tu as réussi à créer ton cercle d'amis ?
- Speaker #1
J'ai des amis de temps en temps que je rencontre. Je ne connais pas que je suis. Après, on commence à être amis. Après, je dis, oh, je suis chanteuse, blablabla. Parce que je dis de temps en temps que je suis chef d'entreprise. Parce que je suis, je fais ça. Et c'est difficile. Je n'ai pas beaucoup d'amis. J'ai beaucoup de gens que je connais partout au monde. Mais des vrais amis petits, un petit peu. Mais ils sont des vrais amis, mais ils sont des vrais amis depuis longtemps.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Moi, Steph, qui est dans les huit ans que j'étais ici à Paris, qui est devenue comme un frère.
- Speaker #0
C'est eux qui font tenir aussi. Quand ça ne va pas, ça permet... Parce que, est-ce que c'est aussi une façon... Ils sont tous dans ton milieu ? Ou est-ce que tu as gardé des amis de San Diego d'avant, de quand tu étais jeune ?
- Speaker #1
Des amis qui sont dans mon métier, qui sont sortis. Et des autres amis qui ne sont pas dans mon métier.
- Speaker #0
Ça aide à garder les pieds sur terre aussi, d'avoir des amis. Et en même temps, les amis de ton métier, eux, ils te comprennent. Ils comprennent les difficultés, les enjeux que tu vois. Moi, tu m'expliques depuis qu'on s'est rencontrés. Ce n'est pas forcément des enjeux que j'aurais compris si je ne t'avais pas rencontré. Quand on est hors de ce métier. On n'a pas cette vision.
- Speaker #1
Non, ils pensent que c'est plus...
- Speaker #0
Easy.
- Speaker #1
Oh, wow, tu as une carrière magnifique. Tu travailles pour tout le monde. Tu vas au Japon, tu vas là-bas, wow, tu es star. C'est incroyable. Tu es toujours bien habillée, toutes les choses bien. Mais vraiment, ce n'est pas comme ça. J'ai fait le tournage moi-même. Quand je fais un tour, je fais pour tous les hommes qui viennent aussi, aux femmes, s'ils sont des femmes sur scène. Mais tous les gens qui viennent avec moi, je fais les hôtels, les milles, les repas, toutes les transportations. Mais je suis...
- Speaker #0
Oui, c'est toi qui t'autoconfiles. C'est ça qu'il faut dire, en fait. C'est pour ça qu'aussi... Après, peut-être que c'est aussi une façon de remercier tes parents. Peut-être que si tu n'avais pas appris le business, tu n'aurais pas pu développer ta carrière puisque c'est toi qui la développes.
- Speaker #1
Oui, et je trouve qu'il y a beaucoup de musiciens qui n'ont pas de sens de business. Pas du tout. Pas du tout.
- Speaker #0
parce qu'ils n'ont pas appris oui,
- Speaker #1
non, je ne pense pas c'est une chose que tu as ou tu n'es pas je pense tu peux apprendre un petit peu mais après il y a des artistes qui sont vraiment artistes qui ne pensent pas à des choses comme ça je trouve, parce que je dirige beaucoup d'artistes il y a des artistes qui ne peuvent pas se mettre sur scène tant qu'ils doivent se mettre sur scène il faut que tu...
- Speaker #0
Oui. Tu es drive.
- Speaker #1
Oui. C'est une chose que tu as ou que tu n'as pas, je pense.
- Speaker #0
Que tu as à l'intérieur de toi.
- Speaker #1
C'est un drive que tu as ou que tu n'as pas. C'est instinctif,
- Speaker #0
oui. Est-ce que tu es fière de toi ?
- Speaker #1
Oui. À ce moment-là, oui. Oui. Parce que c'est 25 ans dans cette carrière. Et c'est moi qui ai fait mon carrière. Il y avait un petit peu de gens qui m'aidaient sur scène de me donner des cadeaux de musique, comme Red Holloway, qui était mon teacher, et James Moody, et après Nancy Wilson.
- Speaker #0
C'est des bonnes.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et les choses qu'ils m'avaient données, c'est un cadeau qu'ils donnaient, mais avec un request qui s'est passé. Alors... C'est mon responsabilité de le donner à quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
De trop souhaiter.
- Speaker #1
Et je suis fière que j'étais dans cette spirituelle chemin, et que je vais changer beaucoup de choses, que je vais quitter le monde un petit peu, pour me remettre dans le monde différent, pour rejoindre différents mots. Et je suis fière de ça. Mais ça va changer beaucoup, beaucoup de choses parce qu'il y a des gens que je ne veux pas jouer avec. Il y a des places que je ne veux pas faire la musique. Je suis un petit peu choisissant maintenant.
- Speaker #0
Oui, tu es plus alignée avec toi-même. Tu te respectes.
- Speaker #1
Oui, et je pense que si ça ne va pas avec mon chemin spirituel...
- Speaker #0
Ce n'est pas pour toi.
- Speaker #1
Ce n'est pas pour moi. Parce qu'après, il y a des problèmes.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu as la capacité de faire un choix. Que peut-être quand on a 20 ans, c'est plus difficile. C'est ça, de grandir.
- Speaker #1
Oui, mais c'est encore plus difficile parce qu'on vit de ce métier. Et il y a des temps qu'il faut dire oui parce que quelqu'un t'offre de l'argent, mais maintenant je ne mets pas l'argent en priorité. Mais j'ai moins d'argent, mais j'ai plus d'une autre chose dedans.
- Speaker #0
De respect de toi-même.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Aussi.
- Speaker #1
Parce que je ne vais pas être numéro 2. Chaque personne est numéro 1 en sa vie. Et si tu ne te respectes pas, nos personnes te respectent. Et c'est juste comme ça.
- Speaker #0
C'est une belle façon de presque conclure cet épisode avec toi. C'est vrai. C'est la leçon finalement que tu tires de ces 25 ans de carrière.
- Speaker #1
Oui. Et de la joie. Je suis très fière de la joie que j'avais, que je donne. Parce que tu ne peux pas... Tout ce que tu donnes, la seule chose que tu peux porter avec toi quand tu meurs, c'est la chose que tu avais donnée. C'est ça.
- Speaker #0
C'est comme un héritage de joie que tu laisses, que tu veux dispenser tant que tu as envie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Si tu devais... de retourner un peu sur toi même tu te dirais quoi la petite sacha qui commence à Jouer du piano, séparation de ses parents.
- Speaker #1
Ne. Prendre attention à les commentaires des autres. Toi, tu es parfait juste comme tu es.
- Speaker #0
D'accord. On sent qu'il y a vraiment eu... Ça a été pesant dans ta vie, ce regard des gens. Il y a eu beaucoup de jugement autour de... à la fois de la réussite, de ton corps, de toi.
- Speaker #1
Oui, je rêve bien.
- Speaker #0
Ta réussite, c'est vraiment de t'affranchir du regard des autres. De vivre, de t'aimer. En fait, c'est ça ta plus belle réussite, c'est d'avoir appris à t'aimer.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et à te respecter.
- Speaker #1
Oui, et je suis en train encore de faire ça.
- Speaker #0
Oui, c'est un chemin encore à parcourir. C'est tous les jours qu'on apprend.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est difficile quand quelqu'un te dit que...
- Speaker #0
Tu n'es pas assez. Tu n'es pas suffisamment bien. Tu n'es pas assez.
- Speaker #1
À chaque personne qui écoute ça, il peut dire ok, laisse tomber. Mais s'il te dit ça beaucoup, beaucoup, beaucoup de fois, tu commences à penser peut-être que c'est vrai. Et ça te fait mal.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et si tu écoutes ça partout, avec tous les gens, dans beaucoup de pays, à cause de choses qui sont pour moi stupides. Parce que pour mon taille, pour la couleur de ma peau, des choses comme ça, j'aurais dit à cette petite enfant que les choses qui te font différent sont les plus belles choses que tu vas utiliser pour réussir.
- Speaker #0
Je pense que si cette petite enfant l'entend, elle lui fera beaucoup de bien. D'entendre ça.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et de n'écouter pas les gens qui te disent ça. Parce que je commence à voir que quelqu'un te va dire quelque chose de mauvais pour se sentir mieux.
- Speaker #0
Oui. C'est un transfert de mauvaise énergie, oui.
- Speaker #1
Et je pense que d'avoir les gens qui disent des choses beaux à d'autres, qui ont les vies à d'autres comme ça, ça c'est le vrai pouvoir d'un serf humain. Le pouvoir.
- Speaker #0
Le vrai pouvoir de l'être humain.
- Speaker #1
Oui. Si tu peux t'aimer, après tu peux enlever à autre. Il y a quelqu'un qui a fait ça pour toi. Et si on fait ça tout à la même temps, le monde sera un petit peu différent. Si tu fais ça à une personne chaque jour dans ta vie, de relever un petit peu.
- Speaker #0
De la peine à chacun pour donner un peu plus de joie. C'est ça.
- Speaker #1
Oui, un peu d'espoir. ou faire un petit pont entre toi à quelqu'un que tu ne connais pas, de dire bonjour, ça va, donner un petit peu de chaleur. Ça aide à chaque personne. Ça, c'est incroyable. Enfin, l'opposite, c'est de se plaindre et dire quelque chose de mauvais à un autre, que ça ne passe pas beaucoup à Paris.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Et je dis, mais au fond, qu'est-ce que cette personne vraiment se sentit et se traite comme ça, lui-même, cette personne ? ou elle-même. S'il parle comme ça à un autre, c'est parce qu'il parle comme ça à sa mère.
- Speaker #0
On va bientôt terminer ce podcast. J'ai une dernière question. Alors, c'est la question traditionnelle de parole de femme. Aujourd'hui, pour toi, Sacha, c'est quoi être une femme ? Ça représente quoi d'être une femme ? C'est quoi être une femme ?
- Speaker #1
C'est une chose très, très belle d'être en femme à ce moment-là, dans l'histoire d'avoir un petit peu de le don de changer les choses, de parler ensemble. Il faut se connecter maintenant avec beaucoup d'autres femmes pour nous aider, pour être un exemple, pour être l'exemple qu'on peut faire tous. On ne doit pas choisir. Et on doit travailler le plus dur, plus dur que les hommes de temps en temps.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Tout le temps. Mais ça va. D'accepter et de, mon grand-père toujours dit, seguir adelante.
- Speaker #0
D'aller bien avant.
- Speaker #1
Oui. Un autre chemin, mais il faut le faire ensemble maintenant. Parce que notre voix, c'est très important. Maintenant. Plus que tout l'autre temps, il faut... que chaque femme se rejoigne avec d'autres femmes pour utiliser cette lumière et tout ça ensemble. parce que nous sommes plus fortes ensemble, et d'être positive, de tout, positive, pour changer les choses. C'est pour ça maintenant que je pense que c'est très beau d'être en femme, qu'on peut changer les choses à ce moment-là, un petit peu plus.
- Speaker #0
Eh bien écoute, c'est une belle façon de terminer ce podcast Parole de Femmes, qui donne la parole à des femmes pour justement, puissent s'inspirer les unes avec les autres. J'ai passé un moment auquel je ne m'attendais pas. Très émouvant. Je te remercie beaucoup pour le temps que tu nous as consacré à toutes les deux. J'ai hâte de revenir quand je n'aurai pas un train qui m'attend. Pour qu'on reprenne un café.
- Speaker #1
Merci pour être là.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Tu as beaucoup de lumière au fond de tes yeux. C'est juste. Tu fais beaucoup pour nous. Merci.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Tu nous laisses. raconte notre histoire et ça aide beaucoup. Chaque histoire que tu racontes, ça me donne une autre force.
- Speaker #0
Merci à toi et on se dit à très vite.
- Speaker #1
Merci,
- Speaker #0
au revoir.