Speaker #0Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Bienvenue dans ce nouvel épisode de la dernière saison. Alors, pour les nouveaux qui arrivent, cette saison, ça va être des thèmes que je vais développer, qui sont toujours en lien avec mon parcours de vie, mais là, ce sont des thèmes un peu plus importants. Si vous souhaitez découvrir un peu plus de choses me concernant, il y a le site internet, tout y est centralisé. n'hésitez pas à le consulter, passiforte.com. Et concernant les podcasts, n'hésitez pas à donner votre avis, notez, c'est toujours enrichissant et important pour moi. Bonne écoute à vous. Donc dans ce nouvel épisode que j'ai intitulé « Ce que les adultes refusent de soigner, les enfants le portent » . Parce qu'il y a quelque chose dont on parle peu, voire même quasiment jamais, où l'on en parle beaucoup trop tard. C'est la manière dont certaines emprises exercées par les adultes façonnent silencieusement les enfants, puis forcément par écocher les adultes qui vont devenir. Et quand on parle d'emprise, alors beaucoup imaginent immédiatement quelque chose de visible, violent, extrême. Mais l'emprise est souvent beaucoup plus discrète, beaucoup plus subtile, difficile même à détecter. Parfois, elle ressemble à du contrôle déguisé en protection, à de la culpabilité, une loyauté imposée, une dette affective permanente, de la manipulation émotionnelle, ou des phrases qu'un enfant ne devrait jamais porter, telles que « c'est notre secret, personne ne comprendrait » , « tu détruirais la famille si tu parlais » . Et le fond du problème, c'est qu'un enfant... n'a pas les outils pour comprendre ce qui lui arrive. Puisqu'un enfant dépend des adultes pour survivre, un enfant cherche naturellement leur validation, un enfant croit souvent qu'un adulte sait mieux que lui, et un enfant n'a pas encore une régulation émotionnelle mature. Et parfois, il a beaucoup de mal un enfant à mettre des mots sur ce qu'il ressent. Donc, il s'adapte. Et cette adaptation peut devenir invisible. Parce qu'un enfant sous emprise ne réagit pas toujours comme on l'imagine. Bien sûr, il protège l'adulte. Il minimise les faits. Il ment par peur. Ou ne comprend même pas ce qu'il subit. État normal. C'est là... que l'emprise devient particulièrement dangereuse. Elle crée une confusion profonde. L'enfant ne sait plus vraiment ce qui est normal, ce qui ne l'est pas, où commence les limites, ni son ressenti. S'il a de la valeur, les frontières sont franchement floues, et la culpabilité souvent inversée. et des comportements anormaux finissent par sembler normaux. Et petit à petit, aussi s'installent des croyances extrêmement fortes. L'enfant va penser que mes émotions dérangent, je dois obéir pour être aimé. Parler crée du danger. Chut, faut rien dire. Mes limites ne sont pas importantes. Et le plus dramatique. C'est souvent ces croyances restent, elles sont ancrées dans l'enfant. Et l'enfant est grandi, il empoisonne sa vie d'adulte. Pendant des années, j'ai cru que certains de mes fonctionnements étaient simplement mon caractère. Et une partie, il était sans doute. Mais avec le temps, j'ai compris que certaines de mes réactions aussi, ça avait été de l'adaptation. J'ai... parfois, même encore, beaucoup de mal à demander de l'aide. Faire seul en permanence. J'ai besoin de ressentir le besoin presque vital de solitude pour récupérer. Avoir peur aussi d'être contrôlé dans certaines relations, notamment amoureuse. J'ai du mal. J'ai mal à l'aise avec les compliments. Aussi. J'ai la capacité, pour certains c'est un... Qualité, pour beaucoup c'est un défaut, d'être extrêmement pragmatique dans les moments émotionnels trop forts. Et oui, pendant longtemps, j'ai cru que ces fonctionnements signifiaient peut-être que je ressentais moins. Je n'étais pas dans la norme. Mais en réalité, si, je ressentais, mais autrement. J'ai compris que quelque chose d'important. Les personnes ne deviennent pas silencieuses émotionnellement, parce qu'elles sont vides intérieurement. Pas du tout. Elles le deviennent parce qu'elles ont appris très tôt. que si on montre certaines émotions, ce n'est pas toujours sécurisant. Donc on développe des stratégies. On contrôle, on anticipe, on analyse, on reste fonctionnel, on gère seul. Comme ça, il n'y a pas de danger. Et souvent, que ce soit l'entourage ou la société, on confond ça avec de la froideur. Alors qu'en réalité, beaucoup de personnes très autonomes ont simplement appris très tôt qu'elles ne pouvaient compter que sur elles-mêmes émotionnellement. Et attention, je ne dis pas que tout vient forcément de l'enfance. J'ai aussi mon tempérament, ma personnalité. Mais certaines constructions psychiques naissent clairement de l'environnement dans lequel j'ai grandi. Et les conséquences peuvent durer longtemps. Et pour certains adultes, ça se transforme sur les difficultés à poser des limites. Une culpabilité énorme à dire non. Une hyper-vigilance relationnelle. Des besoins excessifs de validation. Une tendance à accepter des relations déséquilibrées, voire même toxiques. Une confusion entre amour et contrôle. Et aussi, la suradaptation permanente aux besoins des autres. Se rendre indispensable. Ce qui fait que parfois, il y a des périodes de la vie qui deviennent floues. Certaines émotions semblent inaccessibles. il y a un sentiment de honte aussi, de décalage qui peut rester, sans qu'on sache réellement pourquoi et le paradoxe dans tout ça c'est que beaucoup de personnes concernées paraissent fortes voire même très fortes parce qu'elles ont appris à fonctionner malgré tout il faut bien vivre, il faut bien donner le change et puis on ne nous excuse pas On nous reproche déjà de ne pas être « normaux » , être froid, donc il faut bien donner le change. Mais fonctionner n'est pas toujours la même chose que de se sentir en sécurité intérieurement. Et surtout, je crois qu'il faut arrêter de juger les émotions uniquement à travers leur démonstration visible. Alors oui, certaines personnes pleurent immédiatement. D'autres comprennent leur tristesse plusieurs heures plus tard. Certaines parlent énormément. D'autres ont besoin de silence pour ressentir réellement. Certaines montrent de leur compassion avec les mots, d'autres avec leur présence, leurs actes, leur pragmatisme. Aucune de ces façons d'être ne rend quelqu'un plus humain que l'autre. Le silence émotionnel n'est pas forcément du vide émotionnel. On ne peut pas savoir exprimer facilement ce qu'on ne peut pas ressentir. être plus fort. pragmatisme ne veut pas dire manquer de cœur. Avoir besoin de solitude ne veut pas dire qu'on rejette les autres. Faire seul ne veut pas toujours dire qu'on a besoin de personne. Parfois, ça veut simplement dire qu'on a appris trop tôt à survivre émotionnellement. Mais il y a quelque chose d'important que j'aimerais dire avant de terminer. Parce qu'au fond, ce podcast n'est pas pour désigner. Ces adultes qui ont failli à leur responsabilité d'adultes responsables. Ce n'est pas pour désigner des monstres. C'est surtout que certaines personnes ayant exercé l'emprise ont elles-mêmes grandi dans des environnements dysfonctionnels. Ma mère aimait profondément ses enfants. Je n'en doute absolument pas. Mais aimer ne suffit pas toujours à réparer ce qu'on n'a jamais soigné en soi. En plus, je crois qu'à son époque, aller demander de l'aide était encore vu comme une faiblesse. Le seul psy dans les années 80 qui était évoqué, c'était ceux dans les films. Ah, ces américains sont un peu faibles. Et je me souviens d'une phrase. Je ne suis pas folle. Je ne vois pas pourquoi j'irais consulter. Comme si souffrir psychologiquement signifiait forcément être folle. Comme si demander de l'aide était honteux. Aujourd'hui, heureusement, les mentalités ont évolué. Et encore, il y a du boulot. On comprend de plus en plus qu'aller parler à quelqu'un, eh bien, ça ne fait pas de nous quelqu'un de faible, ça ne fait pas de nous quelqu'un de fou. Ça ne retire en rien de la valeur de la personne. Au contraire, parfois demander de l'aide est justement ce qui permet d'arrêter de transmettre certaines blessures aux générations suivantes. Parce que les enfants grandissent dans... dans ce que les adultes ne règlent pas. Et je pense que sincèrement, que si toi aussi tu as grandi dans un foyer dysfonctionnel, prends le temps de te reconstruire avant de devenir à ton tour le refuge émotionnel de quelqu'un d'autre. Pas pour devenir parfait, ça n'existe pas. Tout simplement pour éviter que tes blessures deviennent inconsciemment le terrain de construction émotionnelle de tes enfants. Parce qu'un enfant ne devrait jamais avoir apporté des fragilités psychiques. C'est chic d'un adulte. Et surtout, il y a quelque chose que j'aimerais demander. Juste te poser une question. Qu'est-ce que l'amour pour toi ? Pose-toi juste cette question. Qu'est-ce que l'amour pour moi ? Pas ce qu'on t'a appris, pas ce qu'on t'a imposé, pas ce qu'on t'a fait accepter. Mais pour toi, qu'est-ce que ça représente réellement ? Parce que beaucoup de personnes ayant grandi sous emprise confondent parfois Amour et contrôle, amour et sacrifice, amour et culpabilité, amour et peur. Alors que ce n'est pas du tout la même chose. Des compromis, oui, des coups, non, le respect, oui, la domination, non. L'amour ne devrait jamais demander de détruire son identité pour être mérité. Et peut-être qu'une partie de la reconstruction commence exactement là. Réapprendre que l'amour... ne devrait jamais nous obliger à disparaître pour exister dans la vie de quelqu'un. Ce podcast me tenait énormément à cœur, comme les autres, mais lui particulièrement. Merci pour votre écoute, de votre fidélité et vos partages. N'hésitez pas à donner votre avis et n'hésitez pas à me contacter si vous avez la moindre question. A très bientôt et prenez soin de vous.