Speaker #0Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. On continue la série de podcasts sur les différents thèmes que je souhaite partager avec vous. N'hésitez pas à partager, à donner votre avis, c'est toujours enrichissant pour moi, pour les autres. Si vous souhaitez me contacter, il y a toujours mon site internet, passiforte.com. Merci de vos retours, tous vos échanges, conversations et trépéciations. précieux pour moi, donc n'hésitez pas, j'attends vos retours avec impatience. Dans ce nouveau thème aujourd'hui, je l'ai intitulé « Ce que les autres ne comprennent pas » . Cet épisode est né de nombreux échanges, de témoignages, de messages privés, de commentaires que j'ai vus et que j'ai reçus au fil du temps. Des discussions parfois bouleversantes, parfois remplies de doutes, de colères. et d'incompréhension. Si vous êtes concerné par un traumatisme, des violences sexuelles ou un inceste, j'espère que cet épisode vous permettra de vous sentir un peu moins seul, un peu moins incompris ou incomprise. Si vous ne l'êtes pas, j'espère qu'il vous donnera quelques clés pour mieux comprendre certaines réactions, certains comportements, certaines contradictions qui peuvent parfois dérouter l'entourage. Parce que bien souvent, ce que l'on juge n'est qu'une partie visible de l'iceberg. Chaque histoire est différente, chaque personne réagit différemment, chaque traumatisme laisse une empreinte qui lui est propre. Au fil des années, j'ai pu constater que beaucoup de victimes partagent des mécanismes communs, des blessures communes, des questions communes. C'est au-delà de cela que j'aimerais vous parler. aujourd'hui parce que parfois ce que les autres ne comprennent pas est précisément ce qui nous fait le plus souffrir Quand une personne a vécu un traumatisme les autres voient souvent les conséquences avant de voir les blessures ils voient quelqu'un qui contrôle tout quelqu'un qui s'énerve rapidement quelqu'un qui se méfie quelqu'un qui semble froid quelqu'un qui donne trop Quelqu'un qui ne donnerait jamais rien. Il voit le comportement, mais rarement ce qu'il a construit. Un traumatisme ne disparaît pas lorsque les faits sont terminés. Le cerveau continue à chercher la sécurité. Le corps continue à chercher à éviter le danger. Et parfois, des années plus tard, certains mécanismes sont encore présents. Parce qu'un jour, ils ont permis de survivre. L'un des premiers, c'est le besoin de contrôle. Tout prévoir, tout organiser, ne rien laisser au hasard. Pour beaucoup de victimes, le contrôle devient une façon de se rassurer. Lorsqu'on a vécu une situation dans laquelle tout contrôle nous a été retiré, l'imprévu peut devenir profondément insécurisant. Alors on anticipe tout. On réfléchit à tous les scénarios possibles. On essaye d'éviter les erreurs. On tente de garder la maîtrise. Pas parce qu'on aime le contrôle, mais parce qu'au fond, c'est une manière de se sentir en sécurité. Il y a aussi le besoin pour certains d'être indispensables. Certaines personnes, c'est une forme de contrôle, mais sous une autre forme. Elles deviennent indispensables. Elles aident tout le monde. C'est celles qui écoutent, celles qui portent les problèmes des autres, celles qui trouvent toujours des solutions. celles qui ne s'autorisent jamais à être un poids. À force de prendre soin des autres, elles finissent parfois même à s'oublier elles-mêmes. Parce qu'inconsciemment, elles ont appris que leur valeur dépendait de ce qu'elles apportaient. Alors, elles cherchent à mériter. Mériter leur place, mériter l'amour, mériter la reconnaissance, mériter voire même leur existence. Et lorsque on les remercie, on les admire, on leur dit qu'elles sont fortes ou extraordinaires, cela devient temporairement combler quelque chose de plus profond. Une blessure invisible, une question silencieuse, suis-je suffisamment importante ? Est-ce qu'on me voit ? Il y a aussi la colère. On imagine parfois qu'une victime devait être triste, fragile, discrète. silencieuse, comme si la souffrance devait forcément ressembler à un effondrement. Pourtant, la colère est une conséquence extrêmement fréquente du traumatisme. Et souvent, elle apparaît lorsqu'une victime commence à enfin comprendre ce qu'elle a vécu. Parce qu'il y a une injustice, il y a eu une trahison, il y a eu parfois des silences, parce qu'il y a eu parfois des années de souffrance qui n'ont jamais trouvé leur place. Mais cette colère ne vise pas toujours uniquement l'agresseur. Parfois, elle se retrouve ou se retourne contre nous-mêmes. Pourquoi je ne me suis pas défendue ? Pourquoi je n'ai rien dit ? Pourquoi je n'ai pas fui ? Pourquoi je suis restée ? Pourquoi j'ai été si vulnérable ? Comme si nous avions eu les ressources nécessaires pour agir autrement. Alors nous reprochons notre peur, notre silence, notre sidération, notre vulna... vulnérabilité. Nous avons parfois énormément de mal à nous pardonner d'avoir précisément été à cet instant une personne en situation d'impuissance. Derrière cette colère se cache souvent un besoin immense de justice. Alors je ne parle pas forcément de justice judiciaire, mais une justice humaine. Le besoin que quelqu'un dise enfin « Tu n'es pas responsable. » Tu aurais dû être protégé. Tu n'as rien provoqué. Tu n'as rien choisi. Parce que tant que cette vérité n'est pas pleinement intégrée, une partie de nous continue parfois à lutter et à porter la faute. La responsabilité n'est pas rendue à celui qui a commis l'acte. Elle reste souvent sur les épaules de la victime. Pour certaines personnes, cette colère devient une présence permanente, une révolte intérieure, silencieuse, en sommeil. Comme quelque chose qui continue à crier « ce n'est pas normal, ce n'était pas juste, ça aurait dû jamais m'arriver » . Alors elle déborde. Pas parce que nous sommes excessifs, mais parce qu'elle transporte le poids de toutes les injustices qui n'ont jamais pu être exprimées. Il y a aussi... Les comportements autodestructeurs. Certaines victimes dirigent leur souffrance vers l'extérieur. D'autres, beaucoup, la dirigent vers elle-même. Ça va vers les addictions, les relations toxiques, l'autosabotage, la mise en danger. Comme si une partie d'elle continuait à croire qu'elle ne méritait pas d'être protégée. Moi-même, elle ne méritait pas d'être là. Comme si la douleur était devenue familière. Comme si souffrir était plus simple, au final, que de recevoir. Et l'un des sujets, aussi, qui reste tabou, c'est l'hypersexualité. Parce que contrairement aux idées reçues, certaines victimes peuvent développer une sexualité très active. Alors attention, non pas parce qu'elles ont aimé ce qu'elles ont subi, attention, hein, mais parce qu'elles tentent inconsciemment de reprendre le contrôle. de normaliser ce qui s'est passé, chercher une validation, trouver une sensation de pouvoir. L'hypersexualité peut être aussi une tentative de maîtriser une déçure qui, à l'origine, a été vécue dans l'absence totale de contrôle. C'est de regagner aussi une part de ce qui a été volé. Et le dernier point, c'est ce que l'inceste ajoute au traumatisme. Parce qu'il y a une réalité particulière dont on parle beaucoup peu, encore trop peu à mon goût. Parce que l'inceste n'est pas seulement le traumatisme, il y a aussi la confusion. Une confusion qui touche directement les émotions les plus profondes. L'amour, la confiance, la protection, l'attachement. Dans beaucoup de traumatismes, la victime identifie clairement la personne qui lui a fait du mal. Dans l'inceste, les choses sont beaucoup plus complexes, parce que l'auteur est aussi une personne aimée, une personne admirée, une personne dont l'enfant dépend, une personne qui était censée protéger. Alors les émotions se mélangent. L'amour peut cohabiter avec la peur, l'attachement avec le dégoût, la loyauté avec la colère et le manque avec la souffrance. Et c'est précisément cette confusion que beaucoup de personnes extérieures ont du mal à comprendre. Comment pouvais-tu encore l'aimer ? C'est probablement l'une des questions qui est la plus difficile. Parce qu'elle part souvent d'une idée fausse. L'idée que le quotidien d'une victime d'assest n'aurait été construit que d'abus. Or ce n'est généralement pas le cas. Il y a aussi le quotidien, les repas, les vacances, les faux rires, les moments de complicité, les souvenirs heureux. Des moments où on s'est senti aimé Des moments où l'on riait sincèrement Et c'est justement cela qui rend l'inceste si destructeur Si l'agresseur n'était que monstre du matin au soir Ce serait beaucoup plus facile pour l'enfant de comprendre ce qui lui arrive Mais la réalité est souvent bien plus complexe L'enfant ne vit pas avec un monstre en permanence Il vit avec une personne qui peut être aimante destructrice, protectrice, dangereuse, rassurante et terrifiante. Alors comment le monstre, lorsque l'on aime aussi la personne, comment le voir ? Comment rejeter quelqu'un dont on dépend ? Comment détester quelqu'un qui a aussi participé à certains souvenirs heureux, à une bonne partie de notre vie ? Ce sont des questions d'adultes. mais l'enfant lui cherche avant tout à survivre, il a besoin d'aimer ceux dont il dépend. Il a besoin de croire qu'il aime. Alors il s'adapte, il compartimente, il minimise parfois ce qui lui a fait peur. Non pas parce qu'il est naïf, mais parce que son équilibre psychique en dépend. Et là arrive le piège de la culpabilité. Est-ce que cette confusion émotionnelle poursuit souvent les victimes pendant des années ? Pourquoi je l'aimais encore ? Pourquoi je l'ai protégé ? Pourquoi je ressens parfois encore un manque ? Pourquoi on le pleure pas toujours l'agresseur ? Pourquoi on pleure le parent que l'on aurait aimé avoir, la relation que l'on espérait, l'amour que l'on croyait recevoir, ou simplement une partie de son histoire ? Cela ne retirant rien, absolument rien, à la réalité des violences et des abus ? Mais ce que les autres ne comprennent pas, c'est qu'une victime ne ressemble pas toujours à ce que l'on imagine. Elle peut travailler, réussir, rire, construire une famille, aimer, avancer. Elle peut sembler forte tout en portant une douleur immense. Elle peut fonctionner tout en étant profondément impactée. Elle peut avoir survécu sans avoir guéri. Et surtout, elle peut ressentir des émotions contradictoires. sans que cela remette en question la réalité de ce qu'elle a vécu. Peut-être que le problème n'est pas que les victimes soient compliquées. Peut-être que le traumatisme est complexe, trop complexe. Et parmi les traumatismes, la ceste possède une particulière redoutable. Il brouille les repères les plus fondamentaux. L'amour, la confiance, la sécurité, la protection. Alors ? Si vous vous êtes reconnu dans cet épisode, j'aimerais que vous reteniez une chose. Vos réactions ont un sens. Vos contradictions ont un sens. Vos émotions ont un sens. Vous n'êtes ni faible, ni fou, ni incohérente. Vous avez simplement développé les mécanismes qui vous ont permis de survivre, d'avancer. Si vous n'êtes pas concerné, J'espère que cet épisode vous aura permis de regarder certaines réactions avec davantage de nuances, de compréhension, d'humanité et de bienveillance. Parce qu'avant de juger un comportement, nous ignorons souvent l'histoire qui l'a rendu nécessaire. Merci beaucoup pour votre fidélité, pour votre partage. N'hésitez pas à noter, donner votre avis et à me contacter si vous avez des questions. sur mon site ou les réseaux sociaux. A très bientôt, prenez soin de vous.