Speaker #0Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Je tenais à vous remercier pour votre écoute. Alors, je sais que la magie d'Internet fait qu'on pose sur la toile et ça navigue dans le monde. Ça va vous paraître naïf, mais je n'avais jamais regardé jusqu'à présent la localisation de mes podcasts. Et je me rends compte qu'ils font le tour du monde. Alors, j'étais comme une enfant il y a deux jours, donc merci beaucoup. Et surtout, ça ne s'étiole pas avec le temps. Je ne sais pas quoi vous dire, si ce n'est qu'un grand merci encore une fois. Ça me touche réellement. En plus, ça peut vous apporter des éclairages sur plein de choses. Franchement, j'en suis ravie. Moi, ça me libère, mais si ça peut aider, c'est encore le must. C'est la cerise sur le gâteau. Sans compter les échanges, les personnes qui viennent vers moi, on partage des moments, on partage des tranches de vie. Encore merci, merci pour votre confiance. Je sais que c'est délicat. Donc, vous m'honorez véritablement, et le mot est peu fort, parce que je sais que ces situations sont compliquées. Donc, merci encore une fois pour votre confiance. Vous pouvez naturellement me joindre, pour ceux qui le souhaitent, réellement par mail ou directement sur les réseaux. Le compte, c'est pas si fort. Le podcast que j'ai intitulé aujourd'hui s'appelle Et maintenant, vous dire que tout est réglé serait mentir dans une société d'apparat où l'on valorise la super facilité. Je refuse de prétendre que tout va bien. Les deux dernières années ont été comme un nettoyage de printemps en pleine tempête, véritablement. Un reformatage complet, profond. Il aura été inconfortable, dérangeant, mais profondément enrichissant. Depuis six mois à travers les podcasts, j'ai revisité les moments les plus compliqués de ma vie. Alors oui, ils m'ont formée, ils m'ont façonnée, mais surtout, j'ai appris. Une expression dit que si tu ne retiens pas la leçon, la vie te la répète. Alors je crois que j'ai enfin commencé à écouter et à intégrer. Ce que j'ai compris, c'est que les secrets de famille finissent par éclater. et que l'on ne sous-estime toujours pas leurs impacts et leurs conséquences. J'ai appris qu'au-delà des agressions vécues, j'ai porté un masque durant des années. Celui de la dissimulation, celui de la fille docile. Et quand la vérité a été révélée par mon grand frère, je ne pouvais plus continuer ce jeu de rôle, ce jeu de dupe. Alors une nouvelle version de moi est apparue, beaucoup plus directe, limite affranchie. Aujourd'hui, ce qui compte pour moi, ce ne sont pas les statuts sociaux, alors je m'en moque complètement, ni les apparences, souvent trompeuses. Ce sont les valeurs du cœur essentiellement, de la cohérence, la manière dont se comportent les gens face aux autres. C'est très important pour moi. Aussi, les gens ne me font pas peur. Peu importe le statut. Peu importe. Souvent, quand j'étais en entreprise, je parlais directement aux dirigeants, aux responsables. J'aimais dire pourquoi parler aux anges quand on peut parler directement à Dieu. Et finalement, ils appréciaient. Je suis affranchie du piège des apparences. Ce que je constate, par contre, c'est que beaucoup n'osent pas. Même quand ça les fait souffrir. Les habitudes ont la vie dure. J'ai aussi compris l'impact de l'emprise et de la dépendance affective. Et ça surtout, j'ai enfin pu nommer ce qui me caractérisait. L'hypo-émotion et la dissociation affective. Pendant des années, je savais que je ne réagissais pas dit normalement. Je n'exprimais pas mes émotions à l'instant T. L'exemple le plus marquant récent pour moi... L'achat de ma maison, le commentaire de l'agent, mais vous ne semblez pas heureuse. Des années d'efforts, tout le monde était heureux pour moi, et moi, je me sentais vide. Je n'ai réalisé l'ampleur de ce que j'avais accompli que des mois plus tard. On parle beaucoup d'hypersensibles, et je n'ai rien contre eux, parce qu'il me semble que je le suis un petit peu aussi, parce que rien n'est incompatible. Mais on parle beaucoup moins... Ceux qui par mécanisme de survie analysent leurs émotions avant même de les vivre. Ce contrôle protège, mais il déconnecte. On ne vit pas pleinement les choses à l'instant T. Quand depuis l'enfance ton cerveau apprend que contrôler est vital, il ne s'arrête pas facilement. Contrôler ses émotions, contrôler son environnement, contrôler ses réactions. et inconsciemment vouloir contrôler le temps. C'est de l'hypervigilance permanente. Pendant des années, mon énergie était investie dans l'anticipation, surveiller, adapter, encaisser, tenir. Ce qu'il faut savoir, c'est que l'hypervigilance consomme énormément, ainsi que la dissimulation. La maîtrise permanente consomme énormément. On croit que l'on gère. En réalité, on brûle du carburant en continu. 40 ans d'armure et le burn-out est arrivé. Alors pas comme une surprise, comme une batterie vidée. Alors j'ai redouté ce craquage. Je le sentais venir mais je le redoutais. Je connaissais le poids de l'armure que je portais. Mais cet effondrement m'a obligée à affronter les chapitres que j'avais laissés en suspens, que je ne voulais pas affronter. Alors pas pour me plaindre, pas pour m'apitoyer. Mais comme un diagnostic, il était temps de comprendre les causes, observer les effets, et peu à peu, des déclics sont arrivés. On voudrait que la reconstruction obéisse à un planning, à un calendrier, à une deadline. On voudrait dire « dans six mois, j'aurai tout réglé, dans un an, je serai totalement différente » . Mais la reconstruction n'obéit pas à des délais, surtout pas au nôtre. On peut initier, oui, le mouvement. On peut décider de changer. Mais on ne peut pas forcer l'intégration. Courir après le temps, c'est encore une fois tenter de le contrôler, de le maîtriser. On veut comprendre vite, guérir vite, aller mieux vite. Mais la réalité, c'est que rester dans l'inconfort, c'est difficile, oui. Sauf que la précipitation, elle épuise. Et on ne règle pas 40 ans de mécanisme en 6 mois. Le cerveau a mis des années à construire certains réflexes de survie. Il ne va pas les abandonner comme ça, sur commande. Alors il va tester. C'est ce qu'il a fait. Il résiste parfois. Oui, il consolide lentement. Ça c'est vrai aussi. Oui, il prend son temps. Pas celui que je veux. Alors ce n'est pas un échec. Absolument pas. C'est un processus qui est propre à chacun. Le temps, il ne se maîtrise pas. Il se traverse. Pas dans la passivité, mais dans la constance. Au début d'un changement, il y a l'euphorie. C'est vrai. Les premiers temps, les résultats arrivent. On se sent comme porté. Puis l'enthousiasme s'effrite et certains obstacles apparaissent. Et l'énergie à ce moment-là fluctue. Même un marathonien a fait des pauses. La reconstruction est une épreuve d'endurance, absolument pas de vitesse. Et aujourd'hui, je l'ai compris, je ne cherche plus du tout à aller vite. Je cherche à être stable. Avant, mon énergie était investie dans le contrôle et la survie. Aujourd'hui, mon énergie est investie dans le choix, l'expression et le discernement. Je suis en rodage d'énergie, clairement. Alors oui, le stress m'épuise plus vite, mais je m'écoute beaucoup plus. Je ris aussi davantage, plus spontanément. Je suis plus alignée, plus libre. Et j'accepte que cela prenne du temps, que ça doit prendre. Il teste ma patience. Et c'est ok. Et la récompense en vaut la peine. J'ai été une femme qui a appris à être forte et qui a commencé à comprendre qu'elle peut être vivante sans cesser d'être solide. Je vous remercie grandement pour votre écoute, votre présence, nos échanges toujours bienveillants et l'aventure continue. A très bientôt, prenez soin de vous.