Speaker #0Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Je tenais à vous remercier pour votre écoute. C'est fantastique, vous êtes toujours aussi nombreux à écouter, voire plus, chaque mois. Merci, ça me va droit au cœur. Également, toutes les personnes qui osent venir franchir le cap, en réservant leur séance de confidence, merci de votre confiance. Nos échanges sont précieux. On se retrouve sur... tellement de points. Donc, si vous sentez le besoin de parler, de vous libérer, n'hésitez pas à réserver votre séance, que ça soit par mail ou directement sur les réseaux sociaux, sur le compte Passiforte. Prenez soin de vous et à bientôt. Dans cet épisode que j'ai nommé, je n'aurais pas dû me précipiter. Donc, pour résumer la situation, je viens de quitter mon emploi avec pertes et fracas. officiellement pour des raisons médicales. Mais en réalité, c'était bien plus que ça. Mon départ était brutal. Presque une rupture. Ce licenciement, pour inaptitude, aurait dû être pour moi un signal fort. Quelque chose n'allait plus. Profondément, au moins. Mais au lieu de ça, au lieu de l'affronter, j'ai cherché à me raccrocher à l'action. Il fallait faire quelque chose. N'importe quoi. Plutôt que de me retrouver face au vide. En fait, je n'ai pas tenu du tout compte des raisons médicales qui m'ont poussé à partir. Pour moi, ne comptait que le résultat. Je voulais partir avec mes indemnités et j'y suis arrivé. Point barre. Alors oui, nerveusement, j'étais à bout de souffle, à cran. Cela m'a même coupé mes règles pour quelques mois. On est allé voir mon super médecin qui me balance direct dans la gueule. Ça devait être une pré-menopause. du fait de mon âge, le même qui avait fait mon arrêt à contre-cœur. À aucun moment, je dis bien à aucun moment, il ne m'a posé de question sur comment j'allais dans mon intégralité, l'entièreté. Une simple question qui aurait peut-être alerté la situation. Mais j'étais juste une consultation, une de plus dans son agenda. Dans ma vie d'adulte, j'ai toujours priorisé mon activité professionnelle. Alors mes états d'âme, je ne les voyais pas. Puis quand vous êtes solo, malgré un entourage solide, vous donnez le change. Les vieux réflexes de survie sont toujours là. Alors oui, je me suis précipité vers une formation que j'avais choisie, à laquelle j'ai arraché à coups de lettres, de mails, de démarches, de justifications auprès de la fac et de France Travail. Mais le vrai moteur n'était pas une vocation. La peur. La peur de ne rien faire. La peur de rester sans statut. La peur d'écouter que ce licenciement disait de moi et de mon état. Je savais que ça allait être un total changement. Et c'est ce que je souhaitais. Je voulais une formation en présentiel. Je croyais sincèrement que le changement d'environnement suffirait qu'en sortant de trois ans de télétravail à temps plein, qu'en retrouvant un groupe, du lien social, une salle de classe, qu'une fois ma re-sociabilisation faite, tout rentrerait dans l'ordre. Je le pensais sincèrement que c'était la clé de mon mal, que c'était juste ça. Que le mal disparaîtrait, absorbé par l'action. J'y ai cru, j'adore avec quelle facilité on peut se bercer d'illusions parfois. Même s'il y avait une petite part de vrai. C'était que foutaise pour le reste. Donc, après quasi 20 ans, me revoilà en classe, avec 10 personnes, plus ou moins de mon âge. J'avais testé la fac il y a 20 ans, ça n'avait pas marché. Pourquoi ça allait être différent cette fois-ci ? Passons. Dans cette formation où se mêlaient beaucoup de théories et de mises en pratique au travers de stages et de projets concrets, elle était très intense. Plusieurs facteurs ont fait que j'en garde un souvenir. mais voire même une épreuve par moment. La formation sur le papier était faite pour moi, mais très vite j'ai réalisé que ce n'était pas le cas. Le groupe, pourtant restreint, a été miné par une personne toxique dont l'attitude a pollué l'ambiance tout le long de l'année. L'équipe pédagogique n'a rien fait, on n'a rien voulu faire, par peur de représailles. Et moi, comme souvent, j'ai encaissé. Quand on parle de harcèlement ou d'éléments perturbateurs, Au sein d'une classe, je vous garantis que certains adultes sont champions de leur catégorie. Mes stages en insertion m'ont porté un temps. J'ai adoré accompagner ces groupes d'apprenants venant du monde entier. Avec une réelle envie d'apprendre, c'est la Rolls-Rolls des formateurs ce genre de groupe. J'ai pris ma place, peut-être trop. Le seul hic, c'est qu'ils me considéraient comme leur formatrice, plus que la stagiaire. Alors sans le savoir, mon engagement envers eux et ma considération n'ont pas du tout plu aux différents formateurs titulaires. Ils avaient peur que je leur prenne leur place. Cela va surprendre certains, mais j'aime les gens. Et je n'aime pas qu'on les prenne pour des cons, sous prétexte qu'ils sont étrangers. Aussi, ayant collaboré avec les services de l'État tels que France Travail, je connais bien l'enjeu financier. Ils sont importants. Donc j'ai posé des questions sur les vrais moyens donnés pour leur apprentissage. Sans surprise, ça n'a pas plu. Alors oui, pour la première fois de ma vie, je me suis fait virer. Je vous jure que c'est possible de se revirer d'un stage. L'hypocrisie était complète. Dans la semaine précédente, j'ai fait mon entretien avec ma responsable de stage et ma tutrice de formation. Ouh, à ce moment-là, tout allait bien. D'ailleurs même ma tutrice de formation, qui était là depuis plus de 10 ans, me disait que c'était la première fois qu'elle faisait cet entretien avec une apprenante qui gérait en direct un groupe. En solo ? Ben oui, je devais remplacer le formateur titulaire qui avait un rendez-vous médical. Donc, une semaine avant, on me félicite pour ma posture, on me dit que c'était rare, un stagiaire capable de gérer un groupe seul. Je me suis investie, j'ai pris ma place. Trop. J'ai dérangé. Une semaine après, j'étais écartée. Sans raison claire. J'étais dehors. Sans explication. Encore une fois, on m'avait fermé la porte. C'était violent. injuste incompréhensible j'ai tout donné pendant mes stages et pourtant alors entre notre poison en formation le fait de m'être fait virer la pression pour boucler notre projet de fin d'année avec qui je le faisais avec notre poison bien entendu j'étais au bout du bout Mon Aïbou me vantait mon disant sa morale. Mon sérieux, je savais que c'était pas fait pour moi. Alors, j'aime transmettre. J'adore préparer mes cours. et le stress, juste avant de le présenter. Mais leur environnement ne me plaît pas du tout. Ou avant même de rencontrer ton groupe, on te parle des personnes, on est dénigrant, en se permettant de les juger à l'emporte-pièce. Mon égo va très bien, j'ai pas besoin de salir les autres pour exister. Donc, j'ai continué, malgré l'ambiance délétère, malgré le projet final, pour finir avec la personne qui m'a pourri la formation. Parce que oui, je suis justement bouddhiste. Parce que je tiens. Parce que je crois encore que tout allait effacer. La douleur, le vide. J'ai validé ma licence. Je mentionne très bien. Une reconnaissance, une victoire ? Alors absolument pas. Juste un soulagement. C'était fait, fini, on n'en parlait plus. Ce que je retiens, ce n'était pas la réussite académique. Ce que j'ai compris après, c'est que je me suis précipité. Que j'ai fui. Que j'ai utilisé cette formation comme un écran de fumier. Pour ne pas avoir le vrai malaise. Ce que j'ai compris après coup, c'est que j'ai fui mon mal-être en me précipitant. Convaincu que le mouvement est la solution. Que parfois, ne rien faire, s'arrêter, affronter, c'est bien plus courageux que de continuer à s'agiter. Pendant des années, j'ai surinvesti le travail. J'ai ignoré mes états d'âme. Parce qu'il fallait avancer à tout prix. Parce que j'étais seule. Parce que survivre m'a longtemps suffi. Mais aujourd'hui je sais que le courage n'est pas de continuer coûte que coûte. C'est de savoir s'arrêter, de se regarder, d'arrêter de se mentir. Alors oui, j'ai validé cette licence le 14 juin 2024. Les jours qui ont suivi, j'étais épuisée. La pause, que je n'ai pas voulu prendre. La vie me l'a imposée, et c'est celle-ci qui m'a conduite jusqu'à vous. Et pour ça, dans un sens, je la remercie. Merci à vous de votre écoute, prenez soin de vous, à très bientôt.