Speaker #0Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Je vous remercie pour la fidélité de votre écoute. Bienvenue aux nouveaux qui découvrent mon univers. En tout cas, ça ne s'étiole pas, donc un grand merci. Aussi, merci pour les personnes qui viennent vers moi, qui me posent des questions, avec qui on échange. Donc vous avez mon mail à disposition. Vous pouvez également me retrouver sur les réseaux sociaux. Pour une question, pour réserver votre séance confidence, merci pour votre confiance. Franchement, ça me va droit au cœur. C'est totalement aligné avec ce que je fais actuellement, donc c'est génial. Et dernière petite info, je suis en train de finaliser un livre qui retrace un petit peu mon parcours. Alors ce n'est pas une biographie, ce sont des thèmes que j'ai développés, que j'ai pu trouver au fur et à mesure des podcasts. et qui m'ont apporté. Donc voilà, vous en saurez plus dans quelques temps. Aujourd'hui, je voulais et j'avais envie depuis très longtemps de parler du pardon. A mon humble avis, c'est l'acte le plus personnel et peut-être même le plus précieux qui soit. On pense souvent que le pardon est une finalité, un aboutissement, une preuve même d'évolution. Pour moi... Le pardon n'est ni un trophée, ni même une obligation. C'est surtout et avant tout un choix que l'on se donne. Et c'est comme si c'était une reprise du pouvoir. Dans le sens où lors d'une agression, on est démuni, on nous retire notre libre arbitre. On perd le contrôle, parfois même une partie de nous. Alors qu'au moment où l'on accorde son pardon, même de manière symbolique, à cet instant précis, on inverse les rôles. On choisit, on s'autorise à dire oui ou à dire non. On m'a déjà dit, mais tu as réussi à pardonner, tu en es arrivé à ce point-là. Ces mots ont résonné en écho en moi pendant très longtemps. Alors oui, j'ai pardonné. Mais le pardon n'est pas l'acte ultime de la guérison. Il en fait partie, j'en suis convaincue. Mais je le répète, il n'est pas obligatoire. Il est intime, il est propre à chacun. Et pour ma part, mon agresseur était mort. Je ne risquais plus rien de lui. Et cela a son importance. Le pardon ne peut pas naître. tant que le danger est encore présent. Il devient envisageable lorsque le passé est réellement passé. Quand le corps comprend qu'il n'y a plus à se défendre. Dans mon cas, sa distance existait. Le temps avait fait son travail. Il n'avait été plus une menace, plus de confrontation possible, plus de justice à espérer ou à attendre. La vie avait fait son œuvre. Appelez cela justice divine, karma ou simple réalité. Étrangement, en plus, ce n'est pas une décision consciente qui a déclenché chez moi le pardon. C'est mon inconscient. Je vous explique. Des années après sa mort, il m'est apparu en rêve. Ma sensation à ce moment-là était qu'il était sincère dans sa démarche. Il portait l'uniforme qu'il avait le jour de son décès. Et il m'a... sincèrement demander pardon. Dans ce rêve, j'étais en position de choisir. Je pouvais clairement lui dire oui comme non. Je n'étais plus sous emprise. Je n'étais plus démuni. Le passé n'avait plus de pouvoir immédiat sur moi. Je lui ai accordé ce pardon. Ce n'était ni spectaculaire ni mystique. Cela dit, au réveil, je n'étais pas en extase. Mais quelque chose avait changé. Comme si une flamme du passé, de la paix intérieure, pardon, venait de s'allumer. Le sujet le concernant était clos. Je l'avais rayé de ma vie. Néanmoins, ma colère contre ma mère était là, toujours présente. En réalité, je n'avais pas réellement envisagé le pardon envers elle. Je m'en suis réellement rendue compte en travaillant au niveau des podcasts. Mais son silence, sa passivité et son déni, dire que cela ne m'a pas marqué serait mentir. Mais avec le temps, j'ai appris à la regarder comme une femme fragile, issue d'une autre époque, limitée par ses propres blessures et ses ressources émotionnelles, piégée par des choix qu'elle avait faits, certes. Je ne l'excuse pas, juste je comprends. Et parfois la compréhension ressemble davantage à une résignation. Qu'à un pardon franc, il n'y a plus rien à attendre. La trahison du silence de la part de la personne que j'ai le plus aimée est plus profonde qu'une violence visible. Cela dit, aujourd'hui, je suis en paix. Pas dans l'oubli, mais dans l'apaisement. Et puis, il y a le pardon le plus difficile, celui envers moi-même. Dans tout ce chaos, la première personne à qui j'en ai voulu... C'était moi. Pourquoi je n'avais pas parlé ? Pourquoi avoir encaissé ? Pourquoi avoir mis si longtemps ? On se focalise sur le quotidien, sur les autres, sur ce qu'il faut gérer. Les gens qui vous croisent dans votre vie vendent votre force et votre détermination. Mais au fond, on ne sait pas toujours par quel fil commencer pour se reconstruire. Alors l'incansion protège. Il enferme, il dissocie. Mais la poussière sous le tapis devient une montagne. Et le corps, lui, sait. Mon point de bascule a été le burn-out. La chute de mon pilier social. Ma réussite professionnelle remise en question. Je n'avais plus d'endroit où me cacher. J'ai dû me rencontrer vraiment. J'ai dû déplacer les responsabilités là où elles appartenaient. Et surtout... Je me suis pardonné. Me pardonner d'avoir infligé à mon corps tant d'années de silence. Me pardonner d'avoir... De ne pas savoir gérer mes émotions comme il faudrait. Me pardonner d'avoir mis du temps. Le temps que l'on ne maîtrise absolument pas. Des mois passent, puis les années s'enchaînent, voire même une décennie. Oui, j'ai parfois eu du mal à accepter d'avoir laissé une partie de ma vie se... Se consumer. J'ai dû apprendre à... accepter que chaque chose arrive en son temps. Il y a une chose essentielle que j'ai comprise aussi. Qu'il n'y a pas de pardon tant que la colère dirige encore nos réactions et notre ressenti. On peut comprendre, on peut rationaliser, on peut expliquer. Mais tant que la colère est vive, le pardon est illusoire. Attention, la colère n'est pas un défaut. C'est une réaction légitime. Elle signale une blessure, une injustice. Une limite franchie, elle nous dit aussi que nous sommes vivants. Le pardon n'est que quand la colère disparaît. Il naît quand elle cesse d'être une arme, quand elle ne gouverne plus nos choix. Puis il ne se décrète pas, il se mûrit, il se décide. Aussi dans ce processus, il a quelque chose d'essentiel pour moi. Et je pense sincèrement que ça m'a aidé. Je parlais de la foi. Alors attention, pas une foi religieuse, pas une croyance aveugle que tout arrive pour une raison, mais une foi sincère dans la vie. La foi que malgré ce qui a été brisé, quelque chose pouvait se reconstruire. La foi que je n'ai pas été condamné à rester défini par mes blessures. La foi que le temps, au final, n'était pas contre moi, mais avec moi. Pendant longtemps, j'ai cru que la force venait du contrôle. Aujourd'hui, je sais qu'elle vient de la confiance. Pas de la confiance que tout ira bien, mais la confiance que je saurais faire face. Cette fois m'a permis de lâcher le besoin de justice parfaite, de réponse absolue, de réparation idéale. Elle m'a permis d'avancer, surtout, parce que quand on cesse de lutter contre le passé, on libère de l'énergie. pour écrire la suite. Aujourd'hui, je suis celle que j'aspire à être. Alors, pas parfaite, pas totalement guérie, mais surtout alignée. Je me suis autorisée à exister autrement, peu importe le temps que ça a pris au final, portée par cette confiance tranquille que la vie peut encore me surprendre. Alors j'avance, attention, je n'oublie pas, et au final, je pense que je vais devenir bien plus forte qu'avant. Merci beaucoup pour votre fidélité. Prenez soin de vous, à très bientôt.