Speaker #0Bonjour à tous, je tenais tout d'abord à vous remercier pour votre écoute. Cela ne s'étiole pas avec le temps et cela me touche vraiment, alors un grand merci. Également, je tenais à remercier les personnes que j'accompagne, qui me font confiance. Nos échanges me sont très précieux, donc merci beaucoup. Alors si vous aussi vous ressentez le besoin d'échanger, car vous sentez qu'il y a un blocage, parfois injuste, un échange, un regard extérieur, un éclaircissement, on peut alors tout débloquer. Alors n'hésitez pas à me contacter pour réserver votre séance confidence, pour vous accompagner vers votre reconstruction. Vous pouvez me contacter par mail ou sur les réseaux sur le compte Passiforte. A très bientôt ! Ce podcast, je l'ai appelé pour commencer l'après, par la suite... Quand tout s'effondre, qu'est-ce qui reste ? En réalité ce n'est pas un deuil, c'est un tremblement de vie. Il est étrange, parce qu'après tout ce que vous savez maintenant sur moi, sur ce que je vous ai raconté, cette partie-là de ma vie a été compliquée à raconter. En réalité, ça a été un véritable point de bascule dans ma vie d'adulte. Je me suis demandé pourquoi il était si difficile de raconter. Dans un premier temps, je me suis dit que c'était parce que c'était trop récent. En fait, pas du tout. C'est parce qu'à partir de cette période-là, je me suis retrouvé seul. Véritablement seul. Plus moyen de faire appel à ma mère, en cas de soucis quelconques. Ma mère était le pilier de la famille. Après son départ, avec mon petit frère et ma petite sœur, nous sommes éloignés. Tous mes repères ont été déstabilisés avec son départ. Par la force des choses, je me suis retrouvé seul avec moi-même, pétri de doutes. Avec pour seul mantra, un jour après l'autre, à chaque jour suffit sa peine. Seul, parce qu'avec mon petit frère, ça a été à la suite d'une grosse dispute, juste après le décès, au moment de rendre la maison. Il avait récupéré plus que deux raisons des choses qui lui semblaient importantes, sans même nous consulter. Pour lui, j'étais une manipulatrice malveillante. C'était la dernière fois qu'on a eu ce voir. Je savais qu'il souffrait énormément de la mort de ma mère. Il était si jeune, 25 ans. C'était un écorché vif. J'ai jamais eu de rancœur ou autre envers lui. La vie ne l'avait absolument pas épargné. pas besoin d'en rajouter. Ensuite on s'est éloigné avec ma soeur, une fois qu'on avait fini la partie administrative, un véritable sacerdoce, nécessaire pour passer à autre chose mais compliqué. C'est un an après le départ de ma mère qu'il y a eu une dispute et nous ne nous sommes pas parlé pendant quasi trois ans. Je me souviens de mon premier jour au retour au travail. C'est délicat pour tout le monde en fait. J'en avais bien conscience. Une fois, le défilé de mes collègues pour me souhaiter leur condoléance, mot que je ne peux plus voir, je me suis concentré sur ce que j'avais à faire. C'était comme fonctionner en automatique. Avec le recul, c'est à ce moment-là que mon cerveau, presque ma peine, se mettait en pause. Sauf que les rage 24 n'est pas humain. J'ai eu cette chance d'avoir ce job. C'est aussi pour ça que je suis restée aussi longtemps, plus longtemps que prévu. Ce métier, je m'y sentais en confiance et dans cette atmosphère, j'étais acceptée telle que j'étais. Je me souviens aussi de ma première sortie après le décès de ma mère. C'était trop frais, c'était deux ou trois semaines juste après, pour l'anniversaire d'une amie. Le sentiment de ne pas du tout être à ma place. Non pas pour le candidaton, mais parce que physiquement, oui j'étais là. Mais mentalement, j'étais détruite, absente. Sensation étrange vraiment d'être dépossédée, d'être vidée, creuse. Et mes amis ont été là à chaque instant. J'y suis allée pour ne pas les inquiéter, puisqu'elles ne l'étaient déjà. Cet état c'est bon, de quasi pantin anesthésié. Je l'ai eu pendant des mois. Mes trajets en voiture, où le trop plein sortait. Mes crises de larmes incontrôlables. Et le soir, après le travail, seule, à tenter de me remémorer des instants partagés avec elle. Deux mois après son décès, j'ai dû déménager, par nécessité pour le travail, mais quitter un lieu dans lequel on avait vécu et partagé des moments marquants, comme mes 25 ans, l'annonce de la mort de mon grand frère, notre dernier Noël ensemble. Ça a été un crève-cœur. On dit que les murs ont leur mémoire. C'était ce sentiment qui prédominait à ce moment-là. Comme si je leur laissais. tout ce qui s'était passé en déménageant. Alors oui, durant cette période je suis sorti. J'ai même voyagé. J'ai baladé ma coquille vide partout. Ces sorties parfois imposées m'ont permis de rester en mouvement et de ne pas totalement sombrer. A croire que me concentrer sur autre chose, la vie m'a imposé des épreuves, une autre part de moi, que ces étapes furent. Un apprentissage de la vie. L'autre part, je dirais qu'elle a été bien trop longue. Je m'explique. Se retrouver seule, surendettée, certes par mes choix, mais mettre plus de deux ans à sortir la tête de l'eau. En plus du mallet que je portais, ça a été une sacrée épreuve. Lors de ces années, j'ai cumulé les merdes. Je me suis portée garante pour ma sœur alors même que mes finances étaient sur le fil du rasoir. Cela m'a noyé financièrement, littéralement. Ma voiture m'a lâché alors qu'elle m'était indispensable pour aller travailler. J'ai rajouté d'autres activités en plus de mon travail pour m'en sortir. Pendant cette période j'ai eu la chance d'être entourée d'amis qui me sont restés fidèles malgré mes passes de bates complets. Mon seul refuge était chez moi. Avec le recul cette période, avec ses difficultés, ses différentes étapes pardon ? m'ont permis de me forger, de me former et de mettre au clair certains aspects de ma vie. C'est-à-dire que par la force des choses, j'ai après géré mon argent, a gagné cette foutue indépendance financière qui m'a beaucoup manqué une bonne partie de ma vie. Cela va paraître bête pour certains, mais c'est à partir de cette stabilité là que j'ai pu me concentrer sur moi et non plus sur les aspects vitals de première nécessité. Donc oui, j'ai mis trop de temps à mon goût. Mais c'est le temps qu'il m'a fallu, là aussi, pour devenir celle que je suis. Ce que j'ai retenu de ceci, au final, c'est que malgré tout dépendant de notre destin, nous restons maîtres de nos choix. Si c'est le bon choix, c'est parfait. Si c'est le mauvais choix, sur le coup, oui, cela pique. Mais à nous d'en retirer les expériences et la leçon. J'étais une galerienne, j'ai mis un genou à terre, presque les deux, mais je me suis relevé, avec le temps, pour devenir une meuf responsable qui a même réussi à acquérir sa propre maison. Ça c'est pour l'aspect financier. Sur le plan personnel, j'ai arrêté de faire l'autruche, en tentant de sauver tout le monde avant de me sauver moi-même. La solitude fait peur à beaucoup. Elles s'apparentent souvent à de l'ennui pour certains. Je n'ai pas peur de qui je suis et je ne laisserai personne piétiner ma sérénité. Finalement, merci la vie pour toutes ces épreuves. Maintenant, je suis totalement prête pour le bonheur. Et c'est tout ce que je vous souhaite également. Merci de votre écoute. A très bientôt. Au revoir.