Speaker #0Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Je tenais à vous remercier pour votre écoute qui ne s'étiole pas. Alors, petite dédicace au Luxembourg. Je n'ai pas compris ce qui s'est passé là-bas parce qu'au niveau des classements, je suis arrivée dans les 60 premiers. Donc, un grand merci. Donc, spéciale dédicace au Luxembourg cette semaine. Merci sincèrement, ça me touche. Donc, ça me permet de continuer cette aventure. Dans cette nouvelle série de podcasts, je souhaite vous partager différents thèmes autour d'une idée centrale, qui est de sortir de certaines situations dans lesquelles notre mode de survie nous a enfermés. Ici, je ne parle pas de théorie, pas du tout, bien au contraire, c'est l'expérience de vie, c'est la base de mon propos depuis le début de cette aventure podcastienne et surtout humaine, quand vous me permettez de vivre et de vous partager. Tous les thèmes que j'aborderai Merci. sont des sujets que j'ai moi-même vécu ou expérimenté dans l'accompagnement. Donc quand je vous parle, ce n'est pas théorique, c'est réellement du réel. Ça, c'est très important. Merci à vous de vos retours. Ça, c'est plus que précieux. Ça me permet réellement de voir ce qu'il en est. Donc merci à vous pour les personnes qui osent m'envoyer des mails, poser des questions. Ça, c'est vraiment chouette aussi. Et aussi aux personnes que j'accompagne parce que leur confiance... Mon or, donc si vous aussi vous sentez le besoin d'échanger, si vous sentez un blocage, parfois un simple regard extérieur peut apporter un éclairage différent, donc n'hésitez pas de réserver votre confidence, soit par les réseaux sociaux ou par mail sur le compte Passifort. Alors, d'où part cette envie de partager avec vous ces différentes étapes, qui je le pense, sont importantes pour avancer vers votre reconstruction ? voire même votre épanouissement. Personnellement, mon burn-out a été un point final de la fragmentation de mon armure. Elle s'est envolée en éclats. Pourtant, cette armure m'a protégée et nourrie, et m'a même donné un sentiment de sécurité durant quasi toute ma vie. Les mécanismes de survie que aujourd'hui j'ai repérés, alors même que pendant longtemps on les avait associés à mon tempérament. Mais avant mon burn-out, j'avais eu des signes avant-coureurs que j'ai délibérément ignorés, soyons honnêtes. C'est d'ailleurs pour ça que le retrait brutal de l'armure a été si difficile. Pour l'anecdote, il y a plus de 4 ans, à l'anniversaire de la fille d'une de mes amies, son mari au détour d'une conversation me sort « De toute manière, toi, t'es trop forte. Tu veux pas comprendre que les gens puissent... » ne puisse pas évoluer dans le bon sens et continuer à répéter les mêmes horreurs, et au passage détruire les autres. « Toi, tu es trop forte. » Cette phrase posait la adoudine pour lui. Elle était comme une graine plantée. Je me la suis répétée en boucle. « Toi, tu es trop forte. » Donc, parce que j'avais su mener ma barque seule, je me suis donné les moyens de m'en sortir. Je n'avais pas d'excuses pour ma réussite, parce que pour moi tout avait été facile, bien naturellement. Cela sonnait comme un reproche. J'aurais dû y prêter beaucoup plus d'attention. Non pas à cette phrase, non pas de la part de la personne qui l'a prononcée, mais surtout de son effet. Pourquoi ces mots faisaient tant mal en réalité ? Il avait le droit de le penser, et il pensait ce qu'il souhaitait. Je n'ai pas demandé ni à servir d'exemple, ni à me faire plaindre. Alors pourquoi cette simple phrase, « Toi, tu es quelqu'un de trop fort, tu n'as pas d'excuses ou de raisons de te plaindre » , limite forte dans tous les sens, alors qu'en fait, au fond de moi, depuis très longtemps, j'en avais justement marre de l'être forte. Alors même que cela signifie une part de vous, cela définit une part de vous, pardon, cette force m'a portée, elle m'a sauvée, m'a même sécurisée, mais à l'inverse, elle m'a aussi enfermée. Elle était devenue trop. Je ne suis pas que ça. Et j'aurais dû me poser à ce moment-là, faire un constat sincère sur moi-même. J'avais déjà pas mal de réponses en moi, en réalité. Mais j'ai pas voulu les voir. Le fil rouge entre se mentir et détourner le regard, il est vraiment mince. Mon envie ici, c'est justement de vous éviter ce total craquage brutal de l'armure. Si après cela, ça doit arriver, c'est qu'il y a une raison. Et si on peut atténuer les effets, ça par contre, ça serait top. Alors pour commencer, quand on parle d'armure, de quoi on parle exactement ? L'armure est une protection instinctive. Quand une personne vit un trauma, ou vit dans un environnement instable, sous de l'emprise, avec un climat émotionnel difficile, résultat, le cerveau cherche à se protéger. Il développe alors des mécanismes, comme le contrôle, le silence, l'hyperadaptation, l'hyperresponsabilité, la dureté envers soi, la dissociation émotionnelle. Cette armure... est une fonction vitale. Elle permet de continuer à avancer malgré la douleur. Donc il ne faut pas la présenter comme un défaut, absolument pas. Elle s'est construite instinctivement pour nous protéger. Dans un sens, elle nous a permis d'avancer coûte que coûte, en puisant dans nos moindres retranchements. Et on le sait, pendant longtemps, elle nous a été nécessaire. Et puis, on ne va pas se cacher, l'armure ne se voit pas toujours, elle se manifeste au travers des comportements, que l'on associe souvent à tort à notre caractère. Je vais vous prendre 4 exemples. L'hypervigilance. Le cerveau reste constamment en alerte. On observe tout. Les réactions des autres, le changement d'humeur, les signes de tension. Cela vient souvent d'un environnement où il fallait anticiper le danger émotionnel. Anticipation justement. On essaie de prévoir ce qui peut arriver. Par exemple, on évite les conflits, deviner les attentes, arranger des situations avant qu'elles nous dégénèrent. C'est une stratégie, là encore, pour garder une forme de contrôle. Parlons du contrôle, le besoin de contrôle. Quand l'environnement a été imprévisible, le cerveau cherche à prendre la main à ce qui est maîtrisable. Donc le contrôle, c'est l'organisation, la relation, les émotions, parfois même les réactions des autres. On se cache derrière le fameux « on n'est jamais mieux servi que par soi-même » . Et le plus important aussi, le don de soi ou la suradaptation. Certaines personnes donnent beaucoup. Elles aident, elles soutiennent, elles prennent en charge. Mais derrière cela, cela peut parfois être une stratégie inconsciente. Je fais beaucoup pour les autres, cela imite. Cela limite le risque d'être déçu. Il y a deux sens à cela. Le premier, en s'occupant des autres, je ne m'occupe pas de moi. Et si on me fait la remarque, j'ai l'excuse rêvée. Je n'ai pas le temps pour moi, je m'occupe des autres. La seconde, c'est aussi une forme d'achat. Je m'excuse pour le mot s'il dérange, mais c'est le cas. Demandez-vous pourquoi se rendre indispensable, on occupe l'espace, le temps. pour espérer que les autres voient ou reconnaissent ce que l'on fait pour eux. C'est une manière de sécuriser la relation. Alors attention, ces mécanismes ne sont pas des défauts. Ce sont des stratégies que nous avons développées pour nous protéger. Sauf que le piège, c'est qu'on finit par s'oublier. Ben oui, petit à petit, on privilégie les besoins des autres, on s'adapte, on devient le pilier, et les autres s'habituent. Pas forcément avec de mauvaises intentions, attention. Mais simplement parce que c'est devenu le rôle que l'on tient dans la relation. Dans un sens, on a privilégié les autres à nos dépens. On leur a donné des habitudes et on s'y perd. Et ça, c'est la faute de personne. Par contre, on a le droit d'évoluer et de constater que ça ne nous va plus. Et souvent, ça arrive à un moment particulier, voire même quand on ne s'y attend pas. C'est un mot de trop. une remarque, une attitude, et soudain quelque chose se passe. Ce qui semblait supportable jusqu'à présent, mais ça devient trop lourd. C'est souvent à cet instant-là que l'on commence à sentir que l'armure est devenue trop étroite. Non pas parce qu'elle est mauvaise, mais parce que nous avons grandi. Ce qui nous protégeait hier, peut aujourd'hui nous empêcher de respirer. Aussi, sortir de l'armure ne signifie pas devenir vulnérable sans protection, bien au contraire. Cela signifie apprendre à se protéger, mais autrement. Cela signifie aussi que l'on apprend à poser nos limites et à se choisir. Ce que je vous propose aujourd'hui, c'est de faire un constat de ta situation, et surtout de tes ressentis. C'est une prise de conscience. Pour cela, c'est faire une sorte de constat de la situation en restant factuel. L'objectif, ce n'est pas de se mentir. Également, de ne pas s'autoflageller, c'est de rester le plus juste possible. Parce que regarder la réalité sans déni et sans auto-jugement, c'est fondamental pour une première étape. Puisque si on se ment, on reste dans l'armure. Si on s'accuse, on reste prisonnier aussi. Donc, il faut rester factuel, sans se mentir et sans s'autoflageller. Pourquoi j'ai choisi le mot constat ? Parce qu'il est neutre, il n'accuse pas, il observe. Par exemple, je remarque que je me tais souvent pour éviter les conflits. Ce n'est pas un jugement, c'est un constat. Il faut rester factuel. Cela évite deux pièges, le déni ou l'interprétation émotionnelle excessive. Tu observes les faits, comportement, réaction et schéma répétitif. C'est essentiel. Non pas... que tu l'es mal incarnée, forte ne signifie pas être mauvaise. L'armure s'est souvent construite pour survivre. Donc, on ne veut pas dire, je suis nul d'avoir fait ça, mais on peut dire, j'ai fait comme ça, parce que j'avais que les outils, je n'ai pas pu faire autrement. Et ça change tout, car oui, nous n'avons pas tous les mêmes ressources. Et c'est ce qui nous rend uniques et précieux. Pas de dévaluation, c'est important. Donc, ce que je te propose, c'est identifier l'armure que vous portez en observant votre réalité avec honnêteté, sans se mentir, sans vous juger, surtout sans pression. L'objectif, c'est ni de minimiser, ni de s'auto-accuser, mais simplement de voir les choses telles qu'elles sont, car on ne peut pas transformer. ce que l'on n'accepte pas de regarder. Et vous, à quel moment sentez-vous que votre armure est devenue trop lourde ? Je vous laisse faire ce petit exercice, naturellement si vous en avez envie. Plus tard, maintenant, vous êtes maître du temps. Je vous souhaite une très belle semaine. Prenez soin de vous et n'hésitez pas à me contacter pour avoir votre avis, vos retours. En attendant, prenez soin de vous. A bientôt.