Speaker #0Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Je tenais à vous remercier encore, vraiment, pour votre écoute. Ça augmente, donc je ne sais pas comment, mais merci beaucoup. Et bienvenue à ceux qui viennent d'arriver et de me découvrir. N'hésitez pas à prendre contact avec moi si vous le désirez pour donner votre avis sur les différents podcasts. C'est toujours... important d'avoir un retour des personnes qui vous écoutent. Également, un grand merci à toutes celles et ceux qui ont franchi le cap de me contacter pour pouvoir débloquer certaines situations, avoir des déclics. Des fois, une simple conversation permet, avec quelqu'un qui a traversé un petit peu la même chose que vous, d'avoir le sentiment d'avancer un peu plus, et ça c'est gratifiant pour moi, et j'en apprends en plus. Ce sont de superbes échanges. Merci beaucoup. Donc n'hésitez pas, par mail ou en quel cas via les réseaux, sur le compte Passiforte. Dans cet épisode, qui ne se rapproche dans le temps, parce que ça ne remonte pas à loin, je l'ai intitulé « Si je pensais avoir touché le fond, je me trompais » . Je l'ai bien touché et j'ai continué à creuser. En apparence, tout allait bien. A la fin de cette licence, gratifiée de l'invention, j'aurais dû être presque euphorique. Presque. Chacun a son propre curseur niveau réussite. Ou alors même celle du bonheur. D'un point de vue extérieur, j'avais tout, c'est vrai. Mais à l'intérieur de moi, c'était le chaos complet. Et je n'en voyais pas du tout le bout. Je n'arrivais à me réjouir de rien. J'étais comme figé. Avec un écho, et maintenant, tu fais quoi ? J'aurais dû partir en vacances, comme je le faisais, mais j'en avais absolument pas envie. Je me suis enfermée dans la peur, ou je devrais dire plutôt les peurs. Comme beaucoup d'entre vous, on traverse des périodes de doute, voire même de gros doute, mais ça n'a jamais duré autant. Cette sensation d'être entourée d'un brouillard permanent. Pourtant, j'ai tenté, comme on a l'habitude, de garder le cap. Oui, j'ai joué le jeu. J'ai créé mon statut d'auto-entreprise, d'indépendante. J'ai envoyé des candidatures, recommandées même par certaines par ma conseillère France Travail. Une première, je me suis même déplacée. Je me suis rendue à des portes ouvertes. Tout ceci sonnait faux et naturellement, je n'ai pas été prise. J'ai envoyé plus de 150 CV sur cette période. J'ai eu droit à des appels, parfois même des entretiens. Mais l'incohérence entre leur demande et ma franchise, alors qu'ils le souhaitaient, de la transparence, ça n'a pas marché. Et le must qu'il m'a achevé a été un recrutement en 5 étapes. Et je suis allé au bout, je Ausha toutes les cases. Je suis allé jusqu'au 5ème entretien, sauf que j'étais stressé ce jour-là. Et j'ai pas assez souri, à leur goût. Donc j'ai été recalé. Le résultat, c'était plus qu'une remise en question. À ce moment-là, je ne parlerai pas de dépression, je n'ai pas été diagnostiqué. Par contre, le sentiment d'être vide, d'être creuse, envie de rien, c'est comme si plus rien n'avait de saveur, sans compter le manque de sommeil, les cogitations permanentes, les insomnies. Tout ceci a été mon quotidien durant des mois. En plus, durant cette période, je me suis bloqué l'épaule gauche. Je n'arrivais même plus à accrocher mon soutif comme une adulte. Excusez-moi de la précision. Et l'origine de cette douleur reste toujours un mystère. On ne sait pas. J'ai mis plus d'un an à me débloquer l'épaule. Entre le kiné et ma reprise du sport. Alors puisque mes candidatures par la suite n'aboutissaient pas... J'ai décidé d'élagir mes horizons. Mon CV était Focus Commerce, puisque c'est tout ce que j'ai exercé. Donc, j'ai fait une formation d'assistante virtuelle. En parallèle, j'ai entamé une activité de closer. C'est le nouveau nom de mon ancien poste de téléco. Le tournée indépendante. Ces activités m'ont occupé l'esprit quelques semaines. Ok. Elles me sortaient de mes cogitations. Ok. Mais l'envie n'était plus, plus du tout. Je retournais en rang complet dans ma tête, chez moi, dans ma vie. Ma chance, c'est d'avoir la foi en la vie. Et c'est con, mais méchant, quand je suis responsable, je n'avais pas le droit de les lâcher. J'étais comme mise au pied du mur de ma vie. Avec pour seule issue, ce que je ne voulais pas affronter. Et pourtant, je savais que j'étais responsable de pas mal de choses. Dans ma façon d'agir, par exemple. Dans certaines interactions sociales. Pour être clair, j'aime provoquer. Le politiquement correct actuel de notre société, ça me gonfle. Alors si je peux glisser un mot, une phrase qui choque, je le fais. Juste pour voir la réaction des gens qui n'en pensent pas moi, mais qui n'osent pas. C'est un kiff personnel. La tendance à provoquer, à défier les convenances, à balancer ce que les autres n'osent pas dire. Alors attention, toujours pas pour blesser, juste pour crever l'abcès. Je fuis les faux semblants. Alors oui, j'avais conscience que je traînais mon passé comme un boulet. Oui, j'avais conscience que mes schémas sociaux avaient été impactés. Et oui, j'avais conscience que cela me coûtait en énergie pour arriver à tout cacher. C'est comme si vous aviez un secret ou un mensonge trop longtemps gardé qui vous pourrit de l'intérieur, qui fait son œuvre avec le temps. Et vous ne savez pas. Vous êtes bloqué, vous êtes pigé avec lui. Vous ne savez pas comment vous en libérer. Alors oui, j'avais pensé il y a quelques années à écrire un livre. Mais un truc me bloquait, je n'y arrivais pas. Alors fin juin 2025, je suis à une rencontre, je suis allé par hasard, entre entrepreneuses. On fait un tour de table, on devait chacun tirer au hasard ou au chapeau une question. La question que j'ai tirée pour ma part portait sur nos objectifs de vie. Je ne me souviens plus trop de ma réponse, mais je me souviens de la remarque de l'organisatrice, qui me dit « t'as déjà pensé à faire des conférences ? Tu es super à l'aise à l'oral. » Alors cette remarque n'est pas tombée dans l'oreille d'un faux. Elle ne me connaissait pas, d'ailleurs elle ne me connaît toujours pas, mais elle a fait tilt comme une révélation. Je savais enfin ce que je devais faire de ma vie. Et c'est deux jours après que l'idée des podcasts a germé. Puisque l'écriture bloque, parle, raconte, ce qui est paradoxal puisque tous mes podcasts sont écrits. Pour gagner en cohérence. Enfin bref. J'ai donc enregistré mon premier podcast trois semaines après. Alors les trois semaines ont été de doute intense, et quand j'ai commencé, c'est venu presque naturellement. Je ne saurais vous l'expliquer. Tout prenait sens. Malgré les douleurs somatiques que mon corps a réveillées, et l'évocation de certains passages, malgré le fait d'exposer au grand jour les détails, pour ne pas oublier, et pour être honnête, presque pour se justifier. Puisque le cerveau, pardonnez-moi, c'est cette foirée qui vous fait parfois douter de certaines évidences. Car à force de se taire, ce qu'on a vécu, on finit par douter de ce qui a réellement existé. Je me suis donné comme code de conduite la sincérité du propos. Pour moi avant tout, bien sûr. Et cela m'a permis des prises de conscience et des déclics que je ne soupçonnais pas, qui m'ont permis de me délester de ce poids qui me pesait pendant tant d'années. Également pour vous, chers auditeurs, auditrices. Pas pour me faire plaindre, absolument pas, ça n'a jamais été mon intention, puisqu'en plus, tout ce qui m'est arrivé ne me définit pas. Mais racontez le plus justement possible, car édulcorer n'aurait aucun intérêt et reviendrait à mentir, et ça c'est hors de question. Aujourd'hui, chaque podcast que je publie est une pièce de spulse, que je recolle. Pour moi, pour vous peut-être, ça peut raisonner en vous. Parce que dire les choses, ce n'est pas être faible. C'est commencer à se libérer. Et par conséquence, se reconstruire. Six mois ont quasiment passé, maintenant, depuis le début de la rédaction de ces podcasts. Et je ne suis plus tout à fait la même. Je suis plus apaisée. Le regard de mes proches n'a pas du tout changé. J'ai eu que des bons retours. Et je sais que ça compte, quand on évoque ces sujets-là de l'intime. Et les échanges que j'ai pu avoir si je m'attendais. ça m'a tellement apporté. Donc au final, faire de ce qui m'est arrivé quelque chose de positif, et permettre d'aller de l'avant, comme nous l'avons décidé, et non plus être conditionné par ce qui nous est arrivé, c'est bien là notre revanche. Je vous dis à très bientôt. Prenez soin de vous.