Speaker #0Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Je vous remercie pour votre écoute, ça me fait chaud au cœur, donc un grand merci. Malgré le temps, ça ne s'étiole absolument pas, donc c'est plus qu'encourageant. Donc, merci à vous de votre présence. Également, je voulais remercier les personnes qui franchissent le cap en me contactant pour réserver leur séance Confidence. Confidence, pour préciser, c'est parce que... Comme vous le savez, je ne suis pas psy, mais par contre, par déontologie, tout ce qui m'est dit lors de nos échanges n'est pas partagé, absolument pas. Donc c'est pour ça que j'ai appelé ces séances et rendez-vous Confidence. Donc n'hésitez pas, si vous sentez que ça a quelque chose qui pèse, que vous ne pouvez pas en parler, autour de vous, vous pouvez réserver votre créneau sur les réseaux sociaux ou par mail. À très bientôt pour vous accompagner dans votre reconstruction. Nous concernons... Je vais parler aujourd'hui du moment où j'ai totalement perdu pied. Après plus d'un mois de travaux et de déménagement, j'aurais dû me sentir soulagée et passer à autre chose, n'est-ce pas ? On peut dire que ça a été le cas, au-delà de mes espérances. J'avais passé un cap important. Mes proches m'ont félicité de mon achat. Certains même se disaient fiers de moi. Je n'ai pas réalisé ou perçu cela personnellement. J'étais en... total décalage, alors que par moments je regrettais même mon achat. J'étais dans un brouillard opaque et tout se bousculait. Il est dingue comment la vie peut prendre des directions inattendues en très peu de temps. Pour recontextualiser un petit peu les choses, je viens d'acquérir ma maison et deux mois plus tard, l'échéance pour le service dans lequel je suis arrive à sa fin. Sauf que tout ne s'est pas passé aussi tranquillement qu'on nous l'avait annoncé. Cela fait trois ans, quasi jour pour jour, que j'étais en télétravail. Ce qui nous avait été promis, sachant que le service était le résultat d'un appel d'offres, et qu'à l'arrivée à échéance, que nous avions la possibilité de poser une rupture conventionnelle ou d'être replacé dans un autre service. Ayant pleinement conscience que j'étais au bout... en bout de course de cette expérience professionnelle. En gros, c'était ma seule porte de sortie, sans y perdre, c'est-à-dire sans de carence mensuelle. Bien sûr que j'allais la saisir. Le service se restructure en avril. Alors allez savoir pourquoi. Deux mois avant, ils ont décidé de tout revoir. Ils ont changé les conditions pour obtenir les primes, ce qui était notre carotte absolue, ce qui a fait qu'on s'est... défoncé, qu'on s'est arraché, on ne va pas se le cacher. Quel intérêt cette dégradation de service ? Avec le temps, vous me direz, peu importe. Vous aurez raison, sachant que tout allait stopper. Mais chaque grain de sable dans un rouage très usé fait la différence. Cela a apporté des touches de pression supplémentaires dans l'ambiance qui régnait déjà. Par la suite, on nous annonce le jeudi pour le vendredi qu'il faut que nous posons notre demande de rupture conventionnelle. Pour ma part, c'est à ce moment-là que ça s'est compliqué. Entre mon pragmatisme et mon envie de changement, c'est ce que je n'avais pas vu venir. Je vous explique, mon pragmatisme disait « joue la carte de la sécurité, reste » . Mon envie de changement disait « tu as fait ton temps, c'est maintenant ou jamais, saisis l'opportunité » . Après avoir beaucoup réfléchi, après avoir discuté avec ma manager, avec qui j'avais toute confiance, et une ancienne collègue, sur ce que je devais ou pouvais faire, j'ai fini par envoyer ma demande de rupture. Une fois l'envoi de cette requête, un véritable sentiment de soulagement, c'est comme une libération qui m'envahissait. Fini les interrogations, fini les prises de tête, je passais. enfin à autre chose. Durant la semaine qui a suivi, ils ont répondu favorablement à une bonne partie des personnes de l'équipe qui avaient posé leur rupture. Par contre, sans tant le vent tourner, je savais que je me faisais balader clairement par une partie du service des représentants du personnel, notamment. J'ai pris mon mal en patience. Alors, c'est quand même fou d'employer ces mots-là. Enfin, c'était le cas. Cela faisait trois ans... Ça fait trois ans que ça s'est passé, pourtant c'est comme si j'étais en train de le revivre. Ce qui m'a envahi surtout, c'était l'incompréhension. J'avais fait tout ce qu'ils avaient demandé. J'avais déchiré les scores. J'avais été un bon petit soldat. Et là, nous sommes le lundi 13 mars 2023, midi. J'ai la décision qui vient de tomber. Entre l'attente, la colère, le sentiment d'une grande injustice, nous sommes cinq à qui la rupture a été refusée. Alors, pour être totalement transparente, ils ne m'ont pas donné de raison, mais j'avais bien compris que je leur coûtais beaucoup trop cher, niveau indemnité. Et ce qui m'a le plus énervé, contrarié, c'est qu'ils ont aussi refusé la rupture d'une de mes collègues et amies, par association. Juste pour me faire chier. Je l'avais encore trop ouverte, j'avais encore trop protesté, ou trop dit les choses. Peu importe. C'est à ce moment-là que mon cerveau... a compris mais mon corps a dit clairement stop je n'ai plus pu passer d'appel sans avoir la nausée de crampes à l'estomac je t'ai perdu je n'arrivais pas à trouver les mots c'était tellement injuste j'étais totalement au bord de la crise de nerfs la prédime même Euh... Sur les conseils d'une collègue, je contacte la médecine du travail. Alors ça va vous paraître totalement absurde, mais juste cette prise de rendez-vous avec la secrétaire, j'ai totalement craqué. Je bafouille, je pleure, je ne me reconnais pas. La secrétaire me propose un rendez-vous sous 8 jours, en début de conversation. Finalement, elle me donne un rendez-vous le lendemain, 8h45. C'est dingue les détails qui restent, c'est comme si elle avait compris, c'est comme si voilà... C'était maintenant. Me voilà donc le lendemain, partant à ce rendez-vous. Sur le trajet, je ne sais pas pourquoi j'y vais. Puisque j'avais repris mes esprits, j'ai mille questions qui me traversent l'esprit. Comment justifier ma présence ? Je ne suis pas malade. Ok, cela ne se passe pas bien du tout au travail. Mais je n'ai pas de preuves. Cela reste en interne. Quand on accuse, il faut bien démontrer. Alors je suis perdu. Là, j'arrive face à la secrétaire, son seul bonjour, à réactiver mes larmes. Je ne me reconnais absolument pas. J'ai honte, j'ai tente de me raisonner, je ne contrôle plus rien. Elle me fait patienter et je me retrouve face à la doctoresse. Son écoute, je tremble, je pleure. Entre deux sanglots, je lui explique la situation. Elle n'est pas surprise. Mon entreprise a un dossier. long comme mon bras et assujettie à beaucoup de signalements. Cela accrédite mon propos. Cela n'empêche rien. J'ai honte, car je ne me reconnais pas, mais je suis soulagée. Elle me croit, et surtout elle comprend la situation. D'ailleurs même, au moment d'acter mon inaptitude, je le signale « S'il vous plaît, dépêchez-vous, je vais être en retard pour ma prise de poste. » Ces mots tomberont comme un couperet. Aujourd'hui, cela s'arrête, et c'est maintenant. On stoppe là les frais. Ces mots résonnent comme un écho. D'ailleurs même, je lui demande de répéter. Elle me rassure et m'explique la suite. Là commence la démarche administrative et le décalage entre les deux médecins vus dans cette même journée. Puisque je ne le savais pas, mais il faudra un arrêt de travail de la part de mon médecin traitant. Administrativement, il était dans l'obligation de me le faire. Et c'est cette partie-là qui ne lui a pas plu du tout. Alors oui, il me l'a fait, à contre-coeur. À ce moment-là, je n'étais plus un humain, j'étais juste un dossier de plus à traiter. Il me l'a acté en m'imposant des heures de sortie. Me voilà reconfiné. Cette démarche d'inaptitude m'a permis de me libérer de cette entreprise nocive. Également de partir avec ce qui m'était dû. Ce qui a marqué mon incompréhension émotionnelle, c'est qu'à la suite de mon alerte auprès de la médecine du travail, Cela a permis l'acceptation de la rupture de mes autres collègues, qui avaient posé au préalable et qui avaient été refusés. Alors j'ai été soulagé pour mon amie, par contre, il a fallu que j'en passe par là, moi dans ma tête, il a fallu pas que j'en passe par là, pour qu'elle soit acceptée. C'était vraiment une période où j'ai perdu tous mes repères. J'avais fait de mon travail ma priorité, ma stabilité, il faisait partie intégrante de l'équilibre de ma vie. Et tout est parti en vrille. J'étais perdu. Je ne comprenais plus rien. Alors oui, j'ai l'envie longtemps. Vous le quittez sans temps plein dans lequel je me sentais véritablement... Piégé, mais pas dans ces conditions. Pas en me reprochant mes performances, qui durant des années avaient été vantées. Pas en me jetant en rebut, en me tournant le dos. Pendant le mois de confinement imposé, par crainte de contrôle de la peur de cette entreprise, je me suis obstiné à savoir ce que j'allais faire. Rester sans rien faire m'était insupportable, voire même inconcevable. Alors même que j'aurais dû écouter mon corps. Prendre conscience qu'il m'avait alerté à tous les niveaux. Et pourtant, on ne lâche pas ses habitudes comme ça. En effet, on va vers ce qui nous semblait fonctionner, ce qui m'a porté jusque là. Après la validation de mon inaptitude et mon inscription à France Travail, me voilà me lancé dans une nouvelle démarche pour intégrer une licence de formatrice pour adultes. J'avais été référente et formatrice en interne, et ça me plaisait beaucoup. Et ça me semblait être la suite logique. Est-ce que j'étais dans la capacité de prendre une telle décision ? À ce moment-là, certainement pas. Mais j'ai su me montrer convaincante. Donc malgré des péripéties pour monter mon dossier qui aurait dû m'alerter, que ce soit auprès de la fac, auprès de France Travail, j'ai réussi à intégrer cette licence qui allait durer 9 mois. Une autre étape, pas des moindres, avec plus ou moins des choses que je n'avais absolument pas prévues. La vie, je vous dis, est pleine de surprises. Prenez soin de vous, à très bientôt pour la suite.