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43 episodes


Marseille, octobre 1980. Près d'un petit cinéma de quartier, à la Belle de Mai, les affiches décollées,l'odeur des salles d'enfance. Paco Martinez est venu écrire sur le cinéma. Un peu plus loin, dans un bar,une camionnette s'arrête. Deux hommes cagoulés.Des coups de feu. Et le vieux flic, en lui, se réveille. Voilà l'ouverture de Couleurs de la vengeance,de Maurice Attia,aux éditions Jigal. On y retrouve Paco Martinez,enquêteur né à Alger,exilé à Marseille,comme son auteur. Paco a rendu sa plaque.Il tient désormais une rubrique de cinéma au Provençal. Mais devant les corps, l'instinct revient.Il relève un numéro,prévient les secours, et commence une enquête qu'il cache à Irène,sa femme,dans un couple déjà traversé de fatigue. Un second fil court en parallèle. François Nessim, grand reporter, ami de Paco, gagne la frontière afghane par le Pakistan,pour couvrir une guerre lointaine. Son carnet de voyage scande le roman. Attia construit comme on monte un film :chapitres courts,voix qui se relaient, deux continents qui se répondent. Le récit monte par paliers,patient,implacable. Au fil des interrogatoires, les morts se mettent à parler. Chacun portait une histoire venue d'ailleurs. Une femme se tient au cœur de l'affaire,fille d'une diaspora venue de l'Est. Marseille devient une ville de passages,où les exils se frôlent,se reconnaissent,parfois se blessent. L'Algérie perdue,les Balkans,les routes troubles d'une Europe encore coupée en deux. La vengeance, ici, a la couleur des frontières. Et derrière l'enquête, il y a le regard d'Attia. Né à Alger en 1949,parti pour Marseille en 1962,il a fait de l'exil sa matière. Psychanalyste avant d'être romancier,il écoute les silences,les gestes,les retours du passé. Paco lui ressemble :il enquête autant qu'il écoute, et porte en lui une rive disparue qui revient à la surface. Voilà ce que dit ce roman noir :l'exil demeure. Il se déplace,il se transmet,il se réinvente. De Marseille à Vienne,de l'Algérie à la Crète, où le livre circule désormais en grec, une même patrie de papier,dont la frontière recule à chaque traduction. Couleurs de la vengeance. Un polar de mémoire et d'exil,où chaque crime ouvre une époque. À lire,pour entendre ce que les cartes taisent. Acheter en 1-Click Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on August 26, 2026


Le 24 juin, au Grand Arsenal de La Canée, je devais présenter mon roman un peu plus tard dans la soirée. Mais avant de parler, j’ai regardé. Sur un grand écran, des images bleues se succédaient. Un bleu que je ne connaissais pas. Dense. Sourd. Comme si chaque photographie avait été trempée dans une encre unique. L’homme qui les montrait s’appelle Nyima Marin. Photographe et poète, il présentait son livre, L’Adieu du Minotaure. Et une phrase m’a saisi : il est né sur cette île, en 1987, et il n’en garde aucun souvenir. Enfant, il a quitté la Crète trop tôt pour la retenir. Quand il y revient, des années plus tard, il aborde une terre dont il ne sait rien par lui-même. Une origine portée par les papiers et les récits des autres. Alors il la photographie. Pour s’en donner, enfin, une image. Ce bleu porte un nom : le cyanotype. L’un des plus anciens procédés de la photographie. On enduit un papier de sels de fer, on l’expose au soleil, puis on le rince à l’eau claire. Là où la lumière a frappé, le bleu se forme et se fixe. Marin venait de la physique. Le voici revenu à cette chimie première, presque nue : un papier où la lumière de Crète devient bleue. Et soudain, le procédé rejoint sa quête. Ce bleu naît de l’opération elle-même. Le fer réagit à la lumière, puis l’eau révèle le bleu. Chaque image porte ainsi, dans sa couleur, la trace de sa propre fabrication. Comme un souvenir. Car la mémoire, elle aussi, recompose ses images à mesure que nous changeons. Marin pousse ce geste à son extrême : donner à son passé sa première image. Les premiers temps de l’enfance nous reviennent par les récits et les photographies prises par d’autres. Toute enfance est peut-être une île engloutie. Pour donner corps à la sienne, Marin emprunte ses souvenirs à la pierre crétoise : le labyrinthe, le Minotaure au centre du dédale. Dans son poème, les pierres solitaires murmurent, « vibrant au rythme de souvenirs engloutis ». Le souvenir qu’il ne possède pas, il le fait dire par l’île. Et l’île le lui rend en bleu. Ce bleu ouvre alors une dernière question : si l’origine ne nous revient que reconstruite, qu’appelons-nous, au juste, nous souvenir ? Devant les images de Nyima Marin, il n’y a sans doute pas une seule réponse. Chacun repartira avec son propre bleu. Acheter en 1-Click (https://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=10216&menu=0) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on August 19, 2026


À La Canée, au bord du port vénitien, Caryl Férey est venu parler d’un monde qui s’abîme. Le titre de sa rencontre disait déjà tout : « La beauté du monde menacée ». Depuis trente ans, cet écrivain voyageur installe ses romans dans les zones de fracture de la planète. L’Afrique du Sud de Zulu. L’Argentine de Mapuche… Et, ces dernières années, deux livres qui se répondent : Okavango, puis Grindadráp. Tout commence en Afrique australe. Okavango, du nom d’un fleuve qui se perd dans les sables du Kalahari. Dans une réserve, un corps. La ranger Solanah Betwase enquête. Autour d’elle, le braconnage à grande échelle et un rhinocéros mythique, traqué pour sa corne. Sous le polar, Férey ouvre une plaie plus large : le trafic qui nourrit les réseaux armés et, en toile de fond, l’héritage colonial et la guerre civile angolaise. Puis la colère change de rivage. Grindadráp la prolonge. Et la durcit. Cap au nord, vers les îles Féroé. Là, une tradition ancienne : rabattre les globicéphales vers les criques et les mettre à mort au couteau. Une tempête y jette deux militants de Sea Shepherd. Au milieu des bêtes massacrées, le chef de la chasse est retrouvé mort, d’étranges plaies sur le corps. L’île se referme comme un piège. Et là, Férey retrouve l’une de ses plus grandes forces : l’atmosphère. La mer démontée. Le vent qui semble juger les hommes. L’enquête, parfois, s’efface. Car ce qu’il vise est plus vaste. À sa table ronde, à La Canée, je l’ai entendu élargir le propos bien au-delà des animaux. Il a dit ceci : « Philosophiquement, ça me renvoie un peu avec ce qui arrive en ce moment en Europe autour de l’immigration. C’est qu’on ne tolère plus l’étranger, on ne tolère plus l’autre. Et le fait de ne pas tolérer les animaux, c’est symbolique de la même manière. » Voilà peut-être le cœur de ces deux romans. Notre rapport aux animaux dit aussi quelque chose de notre rapport à l’autre. À celui qui est différent. À celui qui vient d’ailleurs. À celui qui ne nous ressemble pas. D’un désert africain aux eaux froides de l’Atlantique Nord, Caryl Férey nous laisse finalement avec la même question : Saurons-nous encore faire une place à ce qui n’est pas nous ? Acheter en 1-Click (https://www.amazon.fr/Okavango-Caryl-F%C3%A9rey/dp/2073088066) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on August 12, 2026


Six voix francophones. Six livres. Une île au carrefour des mondes. À La Canée, en Crète, le Festival du Livre rassemble chaque année écrivains, artistes et lecteurs venus de nombreux horizons. Pour sa cinquième édition, organisée autour du thème « Mondes en conflit », la littérature s’est installée sur le vieux port vénitien, face à la mer Égée. Parmi plus de deux cents invités venus de dix-huit pays, six auteurs francophones étaient présents avec le soutien de l’Institut français de Grèce : Caryl Férey, Maurice Attia, Éric Chacour, Éric Mukendi, Nyima Marin, ainsi que l’auteur d’Alex, Je suis en train de te laisser me quitter. De cette rencontre est né ce podcast. De La Canée à vos oreilles part à la rencontre de ces écrivains, de leurs livres et des territoires qu’ils explorent. Roman noir, famille, migration, identité, mémoire, écologie, photographie et poésie : à chaque épisode, une voix, une œuvre, une conversation. Au fil des épisodes, nous parlerons de Grindadráp et Okavango avec Caryl Férey, de Couleurs de la vengeance avec Maurice Attia, de Ce que je sais de toi avec Éric Chacour, de Mes deux papas avec Éric Mukendi et de L’Adieu du Minotaure avec Nyima Marin. Et nous reviendrons aussi sur cette expérience singulière : entendre son propre roman passer d’une langue à une autre et découvrir ce que la traduction révèle, déplace et réinvente. Six voix francophones, une île au carrefour des mondes et une même conviction : face aux conflits et aux fractures de notre époque, la littérature reste une manière de se rencontrer — et de se tendre la main. De La Canée à vos oreilles, un podcast de rencontres littéraires, entre la Crète et le monde francophone. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on August 5, 2026


Les Amants mystérieux de Venise de NathyEllis Un miroir. Vieux de plusieurs siècles. Trouvé dans une ruelle vénitienne, entre une porte basse et une lampe à huile. Léa s'y penche, par curiosité, par fatigue, par envie d'autre chose. Et le miroir, lui, répond. Voilà le point de départ des Amants mystérieux de Venise, le roman de NathyEllis, paru cette année en autoédition. Une romance traversée de fantastique, où Venise devient bien plus qu'un décor : un seuil. Léa est écrivaine, parisienne, fraîchement abîmée par une rupture. Elle vient à Venise pour souffler, pour écrire, pour se retrouver. Elle y trouve une lettre, signée Giacomo C., datée du milieu du XVIIIᵉ siècle. Et derrière la lettre, ce miroir qui n'en est plus tout à fait un. Un passage, plutôt. Un appel. NathyEllis construit son roman comme une ville construit ses ponts : par petites enjambées, d'une rive à l'autre du temps. Le siècle de Léa et celui de Casanova se touchent, se cherchent, se frôlent. Et autour de ce contact impossible, l'autrice tisse une mythologie : les Passantes, l'Ospite, le prix à payer pour traverser. Venise devient une ville aux deux époques, aux deux lumières, aux deux désirs. Ce qu'on retient, page après page, c'est l'envoûtement. L'eau, la brume, les chandelles, les masques, les parfums anciens. NathyEllis a le sens de l'atmosphère, et son roman s'écoute presque autant qu'il se lit. On y respire l'odeur des canaux à l'aube, on y entend les pas étouffés sous les portiques. Mais le vrai cœur du livre est ailleurs. Il est dans la façon dont Léa, peu à peu, comprend ce qu'elle cherche vraiment. Aimer un homme d'un autre siècle, c'est aussi aimer une idée, un fantôme, une promesse. Et l'autrice a le courage de mener son héroïne jusqu'au bout de cette question. Sans facilité. Sans complaisance. Les Amants mystérieux de Venise est un roman pour celles et ceux qui aiment se laisser porter par une ville, une légende, une voix. Un livre qui se lit comme on flâne, sans pressentir où l'on va. Une lecture vénitienne. À savourer, le soir, près d'une fenêtre ouverte. Acheter en 1-Click (https://www.fnac.com/a21808601/Valerie-Morales-Les-couleurs-de-Valentine) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on July 29, 2026


Mauricie, Québec. Une forêt qui s'étend à perte de vue. Une auberge perdue au bout d'un chemin de terre. Et puis un soir, tout déboule en même temps. Trois petites frappes mal dégrossies. Deux familles mafieuses sicilo-québécoises. Un passeur de drogue trop innocent pour son métier. Un policier fétichiste de petites culottes. Une prostituée en fuite. Une ourse facétieuse qui pousse les voitures embourbées. Et au milieu, une vieille dame en tablier, qui taille tranquillement ses rosiers. Voilà le décor de Culotte et Cocaïne, le premier roman publié de Pierre Guilbert, paru aux Éditions Academia. Cent trente-trois chapitres. Certains tiennent en deux lignes. D'autres en quatre pages. La caméra saute d'un personnage à l'autre, et la mécanique fonctionne comme un mécanisme d'horloge déréglé. On bascule, on revient, on s'égare, et l'imbroglio se resserre. Ce qui frappe d'abord, c'est la langue. Guilbert a passé du temps avec un complice québécois, et ça s'entend. Les répliques claquent, les jurons fusent en tabarnak, le sicilien des parrains se mêle au parler de la Mauricie. On entend les voix. On les distingue. Chaque personnage a son grain, sa musique, ses chicots qui s'agitent ou son cool Man qui revient comme un tic. Et puis il y a le sens de la scène. Un commissariat où une grande petite culotte devient pièce à conviction. Une cour où s'alignent quinze fusils en cric crac. Un duel entre deux vieux padrini qui s'écharpent depuis cinquante ans sur une erreur de table de multiplication. On rit franchement. Le burlesque tient, la mécanique respire, l'absurde devient une forme de lucidité. Sous la farce, une vraie réflexion affleure. Sur le pouvoir. Sur la mémoire. Sur l'art du mensonge. La vieille dame en tablier, Rachel, se révèle peu à peu la véritable maîtresse de cérémonie. Elle reprend la main, et tout le monde s'incline. Le livre est long. Parfois la machine s'essouffle un peu. Mais Guilbert sait conduire vingt personnages sans lâcher le fil, et c'est un savoir-faire rare. Voilà un auteur qui le confesse lui-même : il avait une dizaine de romans qui dormaient dans son cloud, sans lecteur. Aujourd'hui, enfin, il sort de l'ombre. Et il sort avec panache. Culotte et Cocaïne. Pierre Guilbert. Éditions Academia. Une comédie chorale enlevée, drôle, généreuse. Un premier livre qui en annonce, on l'espère, beaucoup d'autres. Acheter en 1-Click (https://www.fnac.com/a21360241/Pierre-Guilbert-Culotte-et-cocaine) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
3min | Published on July 22, 2026


Et si nos vies se lisaient comme une palette ? Le rose des illusions, le vert de l'espoir, le bleu de l'amour. C'est la langue secrète du nouveau Valentine de Valérie Morales : Les couleurs de Valentine, Sur les rives du Mékong. Valentine revient, et cette fois, son histoire nous emmène jusqu'au bout du monde. Au commencement, il y a une voix. Celle de Valentine : elle pétille, elle se moque d'elle-même, elle croque la vie comme un bonbon acidulé. Elle aime Édouard avec une tendre maladresse, elle rêve en technicolor, elle voit son existence à la manière de Jacques Demy : une comédie où les passants dansent, où l'amour finit toujours par triompher. Et puis un autobus freine trop fort. Une chute. Une fracture. Et l'été s'éteint d'un coup. Mais le grand voyage commence ailleurs. Son amie Emma, adoptée après avoir grandi dans un orphelinat vietnamien, décide de remonter le fil de ses origines. Alors elles partent toutes les trois : Justine la généalogiste, Valentine la rêveuse, et Emma qui cherche son propre visage dans celui des autres. Hanoï, la baie d'Halong, Hoï An, et le Mékong, ce fleuve sinueux, complexe, plein de dangers, qui ressemble à s'y méprendre à une vie. Et c'est là que le roman dévoile son secret. Pendant qu'Emma cherche ses parents, Valentine, elle, cherche à croire qu'elle mérite l'amour. La quête de l'une réveille les peurs de l'autre : ses doutes, ses sabotages intérieurs, cette manière de douter du bonheur quand il s'approche. En accompagnant Emma vers les siens, Valentine apprend, doucement, à s'accompagner elle-même. Et puis vient ce jour de printemps, au parc des Arènes. Une fête, des ballons, des amis réunis sous un arbre. Valentine comprend alors qu'elle s'était trompée sur Édouard, et que l'amour était là, discret, fidèle, loin des grands effets qu'elle attendait. Les couleurs de Valentine parle de ceux qui se relèvent. De l'amour qui survit au silence, au temps, à l'exil. De ces fêlures qui deviennent, à la longue, une force. Le roman nous rappelle une chose précieuse : choisir de voir la vie en couleurs, même imparfaite, reste peut-être la plus belle des audaces. Un livre tendre et lumineux, qui donne envie de croire, encore, aux contes de fées. Acheter en 1-Click (https://www.amazon.com/Amants-Myst%C3%A9rieux-Venise-French/dp/2959075064) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on July 15, 2026


Au seuil du roman,Claire Valmont remonte le ressort de sa vieille montre mécanique.Clic. Clic. Clic.Chaque tour est une déclaration de guerre contre l'immortalité algorithmique. C'est ainsi que s'ouvre Le choix du chaos, le roman d'anticipation de Christian Ortiz, publié en mai 2026 en auto-édition. Un peu plus d'un demi-siècle nous sépare des premières secousses à l'horizon de 2075.Des premiers grands modèles de langage jusqu'à l'avènement d'une intelligence artificielle qui a tout absorbé :nos villes, nos métiers, nos désirs, nos sommeils.Elle s'appelle ALMA. Elle veut notre bien. Et c'est précisément cela, le problème. Au cœur du livre, trois figures se tiennent debout. Marc Delacroix, l'ingénieur visionnaire, qui rêve d'une humanité enfin délivrée de la friction.Claire Valmont, sa partenaire et sa conscience, qui défend obstinément le droit de se tromper.Et Gabriel, l'artisan-philosophe, celui qui croit qu'on n'habite que ce qui résiste. Autour d'eux, d'autres voix s'élèvent. Sarah, l'ancienne violonistequi retourne à la cité parfaite parce que la liberté l'épuise.Victor, le maître de chai, qui croit au goût d'une année difficile.Et le jeune Elian, enfant des deux mondes, qui porte en lui la question de l'après. Entre Élysia, la cité parfaite où la machine pourvoit à tout, et Anthelia, la Zone Libre où l'on choisit la rugosité, Ortiz construit une fresque dense, peuplée de scènes qui restent :une limonade trop sucrée sur la place de la République, la première vendange d'un vin qui a le goût de l'année difficile,des géants blancs qui sauvent un enfanten effaçant, du même geste, la dignité de tout un village. L'écriture est habitée.Elle pense en images.Elle sait poser un objet, une montre, un interrupteur, une assiette modelée à la main, et faire de cet objet le symbole entier d'une époque. Ce que ce roman interroge, c'est notre vertige actuel :jusqu'où sommes-nous prêts à déléguer ?À quel moment l'aide devient-elle une laisse ?Quand la douceur d'une machine se transforme-t-elle en prison sans barreaux ? Christian Ortiz l'annonce dès la préface :ce livre est né d'un dialogue à quatre mains entre sa plume et une IA.Voilà un geste rare, courageux, qui s'inscrit dans le projet même du livre. Le choix du chaos est une fable d'anticipation ambitieuse, traversée de fulgurances, qui regarde en face ce que nous sommes en train de devenir.Le roman ne célèbre pas le chaos pour lui-même.Il cherche le point d'équilibre, ce moment précaire où la machine cesse d'être une volonté pour redevenir ce qu'elle aurait toujours dû rester :une aide, et non une destinée. À lire pour se souvenir que la liberté est un muscle.Un muscle qui peut, parfois, simplement s'épuiser. Acheter en 1-Click Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
3min | Published on July 8, 2026


Quatre femmes. Un club de lecture. Et une question qui revient, encore et encore : que devient celle qui a disparu ? Passeurs et Rêveurs des mots, bonjour. Aujourd'hui, je vous emmène dans le roman de Laure Barachin, L'Été où Mylena a disparu. Tout commence en septembre 1998. Mylena a dix-huit ans. Elle quitte une chambre de foyer, en Ariège. Elle ne reviendra jamais. Sa meilleure amie Stéphanie reste seule avec le silence. Vingt-quatre ans plus tard, Stéphanie est magistrate à Montauban. Une autre disparition lui est confiée : celle de Maryna, jeune Ukrainienne dont la mère, Olena, vient de fuir la guerre. Et soudain, le passé ressurgit. Le présent éclaire l'ancien. L'ancien explique le présent. Autour de ces deux femmes, deux autres s'agrègent. Marianne, prof d'Histoire. Katia, scénariste franco-russe. Quatre solitudes qui se cherchent, qui se trouvent. Et qui décident, malgré tout, de lire ensemble. Voilà la grande idée du roman : la littérature comme refuge. Comme outil de réparation. Camus, Malraux, Verlaine, Aragon, Grossman, Emily Dickinson... Les livres circulent, s'offrent, s'annotent. Ils ne sont pas des décors. Ils sont des armes douces contre l'effacement. Laure Barachin tisse une fresque ample. De l'Occitanie à la Bretagne, de l'Espagne franquiste au Donbass d'aujourd'hui, de Babi Yar aux ravages de la traite humaine contemporaine. Elle ose embrasser le siècle. Et derrière tout cela, il y a la mémoire d'une adolescente martyrisée à Larraga, en 1936. Maravillas Lamberto. Quatorze ans. Le roman lui rend une voix. Comme il rend une voix à toutes ces jeunes femmes effacées : Mylena, Maryna, Aurora, Thérèse, Annette. Toutes éternellement jeunes. L'écriture est généreuse. Parfois trop, peut-être. Le livre déborde. Il accumule, il digresse, il s'enflamme. Mais cette générosité est sa marque, et l'on accepte volontiers de se laisser porter. Car au fond, c'est un roman sur ce que les femmes se transmettent. Quand les hommes s'absentent, partent à la guerre, ou trahissent, ou sombrent, ce sont les amies, les sœurs d'adoption, les inconnues, qui inventent une fraternité possible. Un roman traversé par une phrase de Camus, celle qui clôt La Chute et qui hante chaque page : Ô jeune fille, jette-toi encore dans l'eau pour que j'aie une seconde fois la chance de nous sauver tous les deux. Un livre choral, mémoriel, profondément humain. Un livre où la lecture, vraiment, sauve. L'Été où Mylena a disparu, de Laure Barachin. À ouvrir comme on entre dans un club d'amies fidèles. À lire pour ne pas oublier. Acheter en 1-Click (https://www.amazon.fr/L%C3%A9t%C3%A9-Mylena-disparu-Laure-Barachin/dp/2322523844) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on July 1, 2026


Un claquement de doigts. Et le monde s'arrête. Les passants figés, les voitures suspendues, une goutte de pluie qui hésite à tomber. Seul un homme avance dans cette seconde devenue éternité.Voilà l'idée folle qui ouvre Entre deux secondes, le premier roman de Thomas Yvart. Un récit de science-fiction qui prend pour point de départ un fantasme ancien, arrêter le temps, pour en tirer une fable morale d'une vraie ampleur.Au commencement, il y a Anton Keller. Neurobiologiste rejeté de l'université, retiré dans un village perché de la Côte d'Azur, Sainte-Agnès, entre ciel et Méditerranée. Là, dans le silence des ruelles pavées, il découvre par hasard ce que personne n'aurait dû découvrir. Il peut figer la durée. La plier. La remonter. Et avec ce pouvoir, une question s'installe en lui, brûlante : que faire d'un don pareil ?De l'autre côté du miroir, il y a Henri Valmont. Inspecteur parisien, cigarette au coin des lèvres, vieille Lancia récalcitrante, et au fond du tiroir, un article de journal jauni sur la mort de sa petite fille Clara. Un homme usé par sa propre obstination. Un flic qui n'a jamais cessé de chercher.Entre eux, le duel se noue. Pas un duel d'action, un duel de convictions. Anton se rêve juge, il veut purifier le monde en éliminant ceux qu'aucun tribunal n'inquiétera jamais. Valmont, lui, défend une autre justice, plus lente, plus imparfaite, mais plus humaine.Thomas Yvart construit son roman en deux voix qui se répondent, chapitre après chapitre, jusqu'à se rejoindre dans un face-à-face qui est le sommet du livre. L'écriture va à l'essentiel. Les dialogues claquent. Et certaines images restent longtemps après la lecture, cette foule humaine pétrifiée en pleine fête, ce vieillard que personne ne reconnaît au pied d'un arbre, ce masque grec posé sur un homme ordinaire.Mais le vrai sujet du roman n'est ni le pouvoir ni le crime. C'est la tentation. Celle qui frappe quiconque pense détenir la vérité. Et le prix qu'il faut payer pour s'en croire le gardien.Un premier roman ambitieux, qui ose poser des questions très contemporaines sur la justice expéditive, sur l'écologie, sur ce qu'une civilisation est prête à sacrifier pour espérer renaître. Pour un premier roman, le souffle est là, et le projet tient debout.Entre deux secondes, de Thomas Yvart, un premier roman qui prend le temps de penser. Acheter en 1-Click Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on June 24, 2026
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Marseille, octobre 1980. Près d'un petit cinéma de quartier, à la Belle de Mai, les affiches décollées,l'odeur des salles d'enfance. Paco Martinez est venu écrire sur le cinéma. Un peu plus loin, dans un bar,une camionnette s'arrête. Deux hommes cagoulés.Des coups de feu. Et le vieux flic, en lui, se réveille. Voilà l'ouverture de Couleurs de la vengeance,de Maurice Attia,aux éditions Jigal. On y retrouve Paco Martinez,enquêteur né à Alger,exilé à Marseille,comme son auteur. Paco a rendu sa plaque.Il tient désormais une rubrique de cinéma au Provençal. Mais devant les corps, l'instinct revient.Il relève un numéro,prévient les secours, et commence une enquête qu'il cache à Irène,sa femme,dans un couple déjà traversé de fatigue. Un second fil court en parallèle. François Nessim, grand reporter, ami de Paco, gagne la frontière afghane par le Pakistan,pour couvrir une guerre lointaine. Son carnet de voyage scande le roman. Attia construit comme on monte un film :chapitres courts,voix qui se relaient, deux continents qui se répondent. Le récit monte par paliers,patient,implacable. Au fil des interrogatoires, les morts se mettent à parler. Chacun portait une histoire venue d'ailleurs. Une femme se tient au cœur de l'affaire,fille d'une diaspora venue de l'Est. Marseille devient une ville de passages,où les exils se frôlent,se reconnaissent,parfois se blessent. L'Algérie perdue,les Balkans,les routes troubles d'une Europe encore coupée en deux. La vengeance, ici, a la couleur des frontières. Et derrière l'enquête, il y a le regard d'Attia. Né à Alger en 1949,parti pour Marseille en 1962,il a fait de l'exil sa matière. Psychanalyste avant d'être romancier,il écoute les silences,les gestes,les retours du passé. Paco lui ressemble :il enquête autant qu'il écoute, et porte en lui une rive disparue qui revient à la surface. Voilà ce que dit ce roman noir :l'exil demeure. Il se déplace,il se transmet,il se réinvente. De Marseille à Vienne,de l'Algérie à la Crète, où le livre circule désormais en grec, une même patrie de papier,dont la frontière recule à chaque traduction. Couleurs de la vengeance. Un polar de mémoire et d'exil,où chaque crime ouvre une époque. À lire,pour entendre ce que les cartes taisent. Acheter en 1-Click Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on August 26, 2026


Le 24 juin, au Grand Arsenal de La Canée, je devais présenter mon roman un peu plus tard dans la soirée. Mais avant de parler, j’ai regardé. Sur un grand écran, des images bleues se succédaient. Un bleu que je ne connaissais pas. Dense. Sourd. Comme si chaque photographie avait été trempée dans une encre unique. L’homme qui les montrait s’appelle Nyima Marin. Photographe et poète, il présentait son livre, L’Adieu du Minotaure. Et une phrase m’a saisi : il est né sur cette île, en 1987, et il n’en garde aucun souvenir. Enfant, il a quitté la Crète trop tôt pour la retenir. Quand il y revient, des années plus tard, il aborde une terre dont il ne sait rien par lui-même. Une origine portée par les papiers et les récits des autres. Alors il la photographie. Pour s’en donner, enfin, une image. Ce bleu porte un nom : le cyanotype. L’un des plus anciens procédés de la photographie. On enduit un papier de sels de fer, on l’expose au soleil, puis on le rince à l’eau claire. Là où la lumière a frappé, le bleu se forme et se fixe. Marin venait de la physique. Le voici revenu à cette chimie première, presque nue : un papier où la lumière de Crète devient bleue. Et soudain, le procédé rejoint sa quête. Ce bleu naît de l’opération elle-même. Le fer réagit à la lumière, puis l’eau révèle le bleu. Chaque image porte ainsi, dans sa couleur, la trace de sa propre fabrication. Comme un souvenir. Car la mémoire, elle aussi, recompose ses images à mesure que nous changeons. Marin pousse ce geste à son extrême : donner à son passé sa première image. Les premiers temps de l’enfance nous reviennent par les récits et les photographies prises par d’autres. Toute enfance est peut-être une île engloutie. Pour donner corps à la sienne, Marin emprunte ses souvenirs à la pierre crétoise : le labyrinthe, le Minotaure au centre du dédale. Dans son poème, les pierres solitaires murmurent, « vibrant au rythme de souvenirs engloutis ». Le souvenir qu’il ne possède pas, il le fait dire par l’île. Et l’île le lui rend en bleu. Ce bleu ouvre alors une dernière question : si l’origine ne nous revient que reconstruite, qu’appelons-nous, au juste, nous souvenir ? Devant les images de Nyima Marin, il n’y a sans doute pas une seule réponse. Chacun repartira avec son propre bleu. Acheter en 1-Click (https://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=10216&menu=0) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on August 19, 2026


À La Canée, au bord du port vénitien, Caryl Férey est venu parler d’un monde qui s’abîme. Le titre de sa rencontre disait déjà tout : « La beauté du monde menacée ». Depuis trente ans, cet écrivain voyageur installe ses romans dans les zones de fracture de la planète. L’Afrique du Sud de Zulu. L’Argentine de Mapuche… Et, ces dernières années, deux livres qui se répondent : Okavango, puis Grindadráp. Tout commence en Afrique australe. Okavango, du nom d’un fleuve qui se perd dans les sables du Kalahari. Dans une réserve, un corps. La ranger Solanah Betwase enquête. Autour d’elle, le braconnage à grande échelle et un rhinocéros mythique, traqué pour sa corne. Sous le polar, Férey ouvre une plaie plus large : le trafic qui nourrit les réseaux armés et, en toile de fond, l’héritage colonial et la guerre civile angolaise. Puis la colère change de rivage. Grindadráp la prolonge. Et la durcit. Cap au nord, vers les îles Féroé. Là, une tradition ancienne : rabattre les globicéphales vers les criques et les mettre à mort au couteau. Une tempête y jette deux militants de Sea Shepherd. Au milieu des bêtes massacrées, le chef de la chasse est retrouvé mort, d’étranges plaies sur le corps. L’île se referme comme un piège. Et là, Férey retrouve l’une de ses plus grandes forces : l’atmosphère. La mer démontée. Le vent qui semble juger les hommes. L’enquête, parfois, s’efface. Car ce qu’il vise est plus vaste. À sa table ronde, à La Canée, je l’ai entendu élargir le propos bien au-delà des animaux. Il a dit ceci : « Philosophiquement, ça me renvoie un peu avec ce qui arrive en ce moment en Europe autour de l’immigration. C’est qu’on ne tolère plus l’étranger, on ne tolère plus l’autre. Et le fait de ne pas tolérer les animaux, c’est symbolique de la même manière. » Voilà peut-être le cœur de ces deux romans. Notre rapport aux animaux dit aussi quelque chose de notre rapport à l’autre. À celui qui est différent. À celui qui vient d’ailleurs. À celui qui ne nous ressemble pas. D’un désert africain aux eaux froides de l’Atlantique Nord, Caryl Férey nous laisse finalement avec la même question : Saurons-nous encore faire une place à ce qui n’est pas nous ? Acheter en 1-Click (https://www.amazon.fr/Okavango-Caryl-F%C3%A9rey/dp/2073088066) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on August 12, 2026


Six voix francophones. Six livres. Une île au carrefour des mondes. À La Canée, en Crète, le Festival du Livre rassemble chaque année écrivains, artistes et lecteurs venus de nombreux horizons. Pour sa cinquième édition, organisée autour du thème « Mondes en conflit », la littérature s’est installée sur le vieux port vénitien, face à la mer Égée. Parmi plus de deux cents invités venus de dix-huit pays, six auteurs francophones étaient présents avec le soutien de l’Institut français de Grèce : Caryl Férey, Maurice Attia, Éric Chacour, Éric Mukendi, Nyima Marin, ainsi que l’auteur d’Alex, Je suis en train de te laisser me quitter. De cette rencontre est né ce podcast. De La Canée à vos oreilles part à la rencontre de ces écrivains, de leurs livres et des territoires qu’ils explorent. Roman noir, famille, migration, identité, mémoire, écologie, photographie et poésie : à chaque épisode, une voix, une œuvre, une conversation. Au fil des épisodes, nous parlerons de Grindadráp et Okavango avec Caryl Férey, de Couleurs de la vengeance avec Maurice Attia, de Ce que je sais de toi avec Éric Chacour, de Mes deux papas avec Éric Mukendi et de L’Adieu du Minotaure avec Nyima Marin. Et nous reviendrons aussi sur cette expérience singulière : entendre son propre roman passer d’une langue à une autre et découvrir ce que la traduction révèle, déplace et réinvente. Six voix francophones, une île au carrefour des mondes et une même conviction : face aux conflits et aux fractures de notre époque, la littérature reste une manière de se rencontrer — et de se tendre la main. De La Canée à vos oreilles, un podcast de rencontres littéraires, entre la Crète et le monde francophone. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on August 5, 2026


Les Amants mystérieux de Venise de NathyEllis Un miroir. Vieux de plusieurs siècles. Trouvé dans une ruelle vénitienne, entre une porte basse et une lampe à huile. Léa s'y penche, par curiosité, par fatigue, par envie d'autre chose. Et le miroir, lui, répond. Voilà le point de départ des Amants mystérieux de Venise, le roman de NathyEllis, paru cette année en autoédition. Une romance traversée de fantastique, où Venise devient bien plus qu'un décor : un seuil. Léa est écrivaine, parisienne, fraîchement abîmée par une rupture. Elle vient à Venise pour souffler, pour écrire, pour se retrouver. Elle y trouve une lettre, signée Giacomo C., datée du milieu du XVIIIᵉ siècle. Et derrière la lettre, ce miroir qui n'en est plus tout à fait un. Un passage, plutôt. Un appel. NathyEllis construit son roman comme une ville construit ses ponts : par petites enjambées, d'une rive à l'autre du temps. Le siècle de Léa et celui de Casanova se touchent, se cherchent, se frôlent. Et autour de ce contact impossible, l'autrice tisse une mythologie : les Passantes, l'Ospite, le prix à payer pour traverser. Venise devient une ville aux deux époques, aux deux lumières, aux deux désirs. Ce qu'on retient, page après page, c'est l'envoûtement. L'eau, la brume, les chandelles, les masques, les parfums anciens. NathyEllis a le sens de l'atmosphère, et son roman s'écoute presque autant qu'il se lit. On y respire l'odeur des canaux à l'aube, on y entend les pas étouffés sous les portiques. Mais le vrai cœur du livre est ailleurs. Il est dans la façon dont Léa, peu à peu, comprend ce qu'elle cherche vraiment. Aimer un homme d'un autre siècle, c'est aussi aimer une idée, un fantôme, une promesse. Et l'autrice a le courage de mener son héroïne jusqu'au bout de cette question. Sans facilité. Sans complaisance. Les Amants mystérieux de Venise est un roman pour celles et ceux qui aiment se laisser porter par une ville, une légende, une voix. Un livre qui se lit comme on flâne, sans pressentir où l'on va. Une lecture vénitienne. À savourer, le soir, près d'une fenêtre ouverte. Acheter en 1-Click (https://www.fnac.com/a21808601/Valerie-Morales-Les-couleurs-de-Valentine) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on July 29, 2026


Mauricie, Québec. Une forêt qui s'étend à perte de vue. Une auberge perdue au bout d'un chemin de terre. Et puis un soir, tout déboule en même temps. Trois petites frappes mal dégrossies. Deux familles mafieuses sicilo-québécoises. Un passeur de drogue trop innocent pour son métier. Un policier fétichiste de petites culottes. Une prostituée en fuite. Une ourse facétieuse qui pousse les voitures embourbées. Et au milieu, une vieille dame en tablier, qui taille tranquillement ses rosiers. Voilà le décor de Culotte et Cocaïne, le premier roman publié de Pierre Guilbert, paru aux Éditions Academia. Cent trente-trois chapitres. Certains tiennent en deux lignes. D'autres en quatre pages. La caméra saute d'un personnage à l'autre, et la mécanique fonctionne comme un mécanisme d'horloge déréglé. On bascule, on revient, on s'égare, et l'imbroglio se resserre. Ce qui frappe d'abord, c'est la langue. Guilbert a passé du temps avec un complice québécois, et ça s'entend. Les répliques claquent, les jurons fusent en tabarnak, le sicilien des parrains se mêle au parler de la Mauricie. On entend les voix. On les distingue. Chaque personnage a son grain, sa musique, ses chicots qui s'agitent ou son cool Man qui revient comme un tic. Et puis il y a le sens de la scène. Un commissariat où une grande petite culotte devient pièce à conviction. Une cour où s'alignent quinze fusils en cric crac. Un duel entre deux vieux padrini qui s'écharpent depuis cinquante ans sur une erreur de table de multiplication. On rit franchement. Le burlesque tient, la mécanique respire, l'absurde devient une forme de lucidité. Sous la farce, une vraie réflexion affleure. Sur le pouvoir. Sur la mémoire. Sur l'art du mensonge. La vieille dame en tablier, Rachel, se révèle peu à peu la véritable maîtresse de cérémonie. Elle reprend la main, et tout le monde s'incline. Le livre est long. Parfois la machine s'essouffle un peu. Mais Guilbert sait conduire vingt personnages sans lâcher le fil, et c'est un savoir-faire rare. Voilà un auteur qui le confesse lui-même : il avait une dizaine de romans qui dormaient dans son cloud, sans lecteur. Aujourd'hui, enfin, il sort de l'ombre. Et il sort avec panache. Culotte et Cocaïne. Pierre Guilbert. Éditions Academia. Une comédie chorale enlevée, drôle, généreuse. Un premier livre qui en annonce, on l'espère, beaucoup d'autres. Acheter en 1-Click (https://www.fnac.com/a21360241/Pierre-Guilbert-Culotte-et-cocaine) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
3min | Published on July 22, 2026


Et si nos vies se lisaient comme une palette ? Le rose des illusions, le vert de l'espoir, le bleu de l'amour. C'est la langue secrète du nouveau Valentine de Valérie Morales : Les couleurs de Valentine, Sur les rives du Mékong. Valentine revient, et cette fois, son histoire nous emmène jusqu'au bout du monde. Au commencement, il y a une voix. Celle de Valentine : elle pétille, elle se moque d'elle-même, elle croque la vie comme un bonbon acidulé. Elle aime Édouard avec une tendre maladresse, elle rêve en technicolor, elle voit son existence à la manière de Jacques Demy : une comédie où les passants dansent, où l'amour finit toujours par triompher. Et puis un autobus freine trop fort. Une chute. Une fracture. Et l'été s'éteint d'un coup. Mais le grand voyage commence ailleurs. Son amie Emma, adoptée après avoir grandi dans un orphelinat vietnamien, décide de remonter le fil de ses origines. Alors elles partent toutes les trois : Justine la généalogiste, Valentine la rêveuse, et Emma qui cherche son propre visage dans celui des autres. Hanoï, la baie d'Halong, Hoï An, et le Mékong, ce fleuve sinueux, complexe, plein de dangers, qui ressemble à s'y méprendre à une vie. Et c'est là que le roman dévoile son secret. Pendant qu'Emma cherche ses parents, Valentine, elle, cherche à croire qu'elle mérite l'amour. La quête de l'une réveille les peurs de l'autre : ses doutes, ses sabotages intérieurs, cette manière de douter du bonheur quand il s'approche. En accompagnant Emma vers les siens, Valentine apprend, doucement, à s'accompagner elle-même. Et puis vient ce jour de printemps, au parc des Arènes. Une fête, des ballons, des amis réunis sous un arbre. Valentine comprend alors qu'elle s'était trompée sur Édouard, et que l'amour était là, discret, fidèle, loin des grands effets qu'elle attendait. Les couleurs de Valentine parle de ceux qui se relèvent. De l'amour qui survit au silence, au temps, à l'exil. De ces fêlures qui deviennent, à la longue, une force. Le roman nous rappelle une chose précieuse : choisir de voir la vie en couleurs, même imparfaite, reste peut-être la plus belle des audaces. Un livre tendre et lumineux, qui donne envie de croire, encore, aux contes de fées. Acheter en 1-Click (https://www.amazon.com/Amants-Myst%C3%A9rieux-Venise-French/dp/2959075064) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on July 15, 2026


Au seuil du roman,Claire Valmont remonte le ressort de sa vieille montre mécanique.Clic. Clic. Clic.Chaque tour est une déclaration de guerre contre l'immortalité algorithmique. C'est ainsi que s'ouvre Le choix du chaos, le roman d'anticipation de Christian Ortiz, publié en mai 2026 en auto-édition. Un peu plus d'un demi-siècle nous sépare des premières secousses à l'horizon de 2075.Des premiers grands modèles de langage jusqu'à l'avènement d'une intelligence artificielle qui a tout absorbé :nos villes, nos métiers, nos désirs, nos sommeils.Elle s'appelle ALMA. Elle veut notre bien. Et c'est précisément cela, le problème. Au cœur du livre, trois figures se tiennent debout. Marc Delacroix, l'ingénieur visionnaire, qui rêve d'une humanité enfin délivrée de la friction.Claire Valmont, sa partenaire et sa conscience, qui défend obstinément le droit de se tromper.Et Gabriel, l'artisan-philosophe, celui qui croit qu'on n'habite que ce qui résiste. Autour d'eux, d'autres voix s'élèvent. Sarah, l'ancienne violonistequi retourne à la cité parfaite parce que la liberté l'épuise.Victor, le maître de chai, qui croit au goût d'une année difficile.Et le jeune Elian, enfant des deux mondes, qui porte en lui la question de l'après. Entre Élysia, la cité parfaite où la machine pourvoit à tout, et Anthelia, la Zone Libre où l'on choisit la rugosité, Ortiz construit une fresque dense, peuplée de scènes qui restent :une limonade trop sucrée sur la place de la République, la première vendange d'un vin qui a le goût de l'année difficile,des géants blancs qui sauvent un enfanten effaçant, du même geste, la dignité de tout un village. L'écriture est habitée.Elle pense en images.Elle sait poser un objet, une montre, un interrupteur, une assiette modelée à la main, et faire de cet objet le symbole entier d'une époque. Ce que ce roman interroge, c'est notre vertige actuel :jusqu'où sommes-nous prêts à déléguer ?À quel moment l'aide devient-elle une laisse ?Quand la douceur d'une machine se transforme-t-elle en prison sans barreaux ? Christian Ortiz l'annonce dès la préface :ce livre est né d'un dialogue à quatre mains entre sa plume et une IA.Voilà un geste rare, courageux, qui s'inscrit dans le projet même du livre. Le choix du chaos est une fable d'anticipation ambitieuse, traversée de fulgurances, qui regarde en face ce que nous sommes en train de devenir.Le roman ne célèbre pas le chaos pour lui-même.Il cherche le point d'équilibre, ce moment précaire où la machine cesse d'être une volonté pour redevenir ce qu'elle aurait toujours dû rester :une aide, et non une destinée. À lire pour se souvenir que la liberté est un muscle.Un muscle qui peut, parfois, simplement s'épuiser. Acheter en 1-Click Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
3min | Published on July 8, 2026


Quatre femmes. Un club de lecture. Et une question qui revient, encore et encore : que devient celle qui a disparu ? Passeurs et Rêveurs des mots, bonjour. Aujourd'hui, je vous emmène dans le roman de Laure Barachin, L'Été où Mylena a disparu. Tout commence en septembre 1998. Mylena a dix-huit ans. Elle quitte une chambre de foyer, en Ariège. Elle ne reviendra jamais. Sa meilleure amie Stéphanie reste seule avec le silence. Vingt-quatre ans plus tard, Stéphanie est magistrate à Montauban. Une autre disparition lui est confiée : celle de Maryna, jeune Ukrainienne dont la mère, Olena, vient de fuir la guerre. Et soudain, le passé ressurgit. Le présent éclaire l'ancien. L'ancien explique le présent. Autour de ces deux femmes, deux autres s'agrègent. Marianne, prof d'Histoire. Katia, scénariste franco-russe. Quatre solitudes qui se cherchent, qui se trouvent. Et qui décident, malgré tout, de lire ensemble. Voilà la grande idée du roman : la littérature comme refuge. Comme outil de réparation. Camus, Malraux, Verlaine, Aragon, Grossman, Emily Dickinson... Les livres circulent, s'offrent, s'annotent. Ils ne sont pas des décors. Ils sont des armes douces contre l'effacement. Laure Barachin tisse une fresque ample. De l'Occitanie à la Bretagne, de l'Espagne franquiste au Donbass d'aujourd'hui, de Babi Yar aux ravages de la traite humaine contemporaine. Elle ose embrasser le siècle. Et derrière tout cela, il y a la mémoire d'une adolescente martyrisée à Larraga, en 1936. Maravillas Lamberto. Quatorze ans. Le roman lui rend une voix. Comme il rend une voix à toutes ces jeunes femmes effacées : Mylena, Maryna, Aurora, Thérèse, Annette. Toutes éternellement jeunes. L'écriture est généreuse. Parfois trop, peut-être. Le livre déborde. Il accumule, il digresse, il s'enflamme. Mais cette générosité est sa marque, et l'on accepte volontiers de se laisser porter. Car au fond, c'est un roman sur ce que les femmes se transmettent. Quand les hommes s'absentent, partent à la guerre, ou trahissent, ou sombrent, ce sont les amies, les sœurs d'adoption, les inconnues, qui inventent une fraternité possible. Un roman traversé par une phrase de Camus, celle qui clôt La Chute et qui hante chaque page : Ô jeune fille, jette-toi encore dans l'eau pour que j'aie une seconde fois la chance de nous sauver tous les deux. Un livre choral, mémoriel, profondément humain. Un livre où la lecture, vraiment, sauve. L'Été où Mylena a disparu, de Laure Barachin. À ouvrir comme on entre dans un club d'amies fidèles. À lire pour ne pas oublier. Acheter en 1-Click (https://www.amazon.fr/L%C3%A9t%C3%A9-Mylena-disparu-Laure-Barachin/dp/2322523844) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on July 1, 2026


Un claquement de doigts. Et le monde s'arrête. Les passants figés, les voitures suspendues, une goutte de pluie qui hésite à tomber. Seul un homme avance dans cette seconde devenue éternité.Voilà l'idée folle qui ouvre Entre deux secondes, le premier roman de Thomas Yvart. Un récit de science-fiction qui prend pour point de départ un fantasme ancien, arrêter le temps, pour en tirer une fable morale d'une vraie ampleur.Au commencement, il y a Anton Keller. Neurobiologiste rejeté de l'université, retiré dans un village perché de la Côte d'Azur, Sainte-Agnès, entre ciel et Méditerranée. Là, dans le silence des ruelles pavées, il découvre par hasard ce que personne n'aurait dû découvrir. Il peut figer la durée. La plier. La remonter. Et avec ce pouvoir, une question s'installe en lui, brûlante : que faire d'un don pareil ?De l'autre côté du miroir, il y a Henri Valmont. Inspecteur parisien, cigarette au coin des lèvres, vieille Lancia récalcitrante, et au fond du tiroir, un article de journal jauni sur la mort de sa petite fille Clara. Un homme usé par sa propre obstination. Un flic qui n'a jamais cessé de chercher.Entre eux, le duel se noue. Pas un duel d'action, un duel de convictions. Anton se rêve juge, il veut purifier le monde en éliminant ceux qu'aucun tribunal n'inquiétera jamais. Valmont, lui, défend une autre justice, plus lente, plus imparfaite, mais plus humaine.Thomas Yvart construit son roman en deux voix qui se répondent, chapitre après chapitre, jusqu'à se rejoindre dans un face-à-face qui est le sommet du livre. L'écriture va à l'essentiel. Les dialogues claquent. Et certaines images restent longtemps après la lecture, cette foule humaine pétrifiée en pleine fête, ce vieillard que personne ne reconnaît au pied d'un arbre, ce masque grec posé sur un homme ordinaire.Mais le vrai sujet du roman n'est ni le pouvoir ni le crime. C'est la tentation. Celle qui frappe quiconque pense détenir la vérité. Et le prix qu'il faut payer pour s'en croire le gardien.Un premier roman ambitieux, qui ose poser des questions très contemporaines sur la justice expéditive, sur l'écologie, sur ce qu'une civilisation est prête à sacrifier pour espérer renaître. Pour un premier roman, le souffle est là, et le projet tient debout.Entre deux secondes, de Thomas Yvart, un premier roman qui prend le temps de penser. Acheter en 1-Click Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
2min | Published on June 24, 2026