- Speaker #0
Bonjour tout le monde, bienvenue sur Pleinfard pour ce nouvel épisode, aujourd'hui émission un peu particulière puisque le podcast s'exporte. En effet, toujours dans cette volonté de mettre en lumière les personnes que l'on voit peu, Pleinfard se donne l'ambition d'explorer les métiers du politique au cœur de nos territoires. C'est pour cela qu'aujourd'hui on se retrouve à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, et nous avons la chance de recevoir Michel Garnier, le directeur de cabinet du maire de la ville. Cet épisode est l'occasion pour nous de revenir avec Michel sur son parcours. bien sûr, mais aussi sur le rôle et la fonction d'un directeur de cabinet dans une collectivité locale comme Tarbes. Cet épisode est aussi l'occasion pour nous d'entrevoir et de comprendre les passions et l'engagement si essentiels pour les collaborateurs politiques dans les collectivités locales. Plein phare sur Michel Garnier, on est parti. Michel, merci beaucoup d'avoir accepté cette invitation. Peut-être pour comprendre et contextualiser un petit peu l'épisode d'aujourd'hui, est-ce que vous pouvez nous présenter pour les personnes qui ne connaissent pas la ville de Tarbes, si vous pouvez nous présenter la ville et aussi le lieu dans lequel on se trouve, les Haras de Tarbes.
- Speaker #1
Tout d'abord, bonjour Maxime Brumont. Merci d'être ici aujourd'hui dans notre belle ville et dans ce cadre merveilleux du Hara National. Tarbes est une ville très agréable du sud de la France, du sud-ouest de la France très exactement. Tarbes est une ville de 45 000 habitants qui depuis quelques années d'ailleurs gagne des habitants. Nous en sommes très heureux et fiers puisque nous avons gagné un peu plus de 4 000 habitants en 5 ans. Sur le plan géographique, elle est située à trois quarts d'heure des pistes de ski, donc de nos belles montagnes des Pyrénées. Elle est située à 1h15 de la mer, de l'océan Atlantique et donc des plages. Le climat est plutôt un climat très agréable. Il pleut un peu de temps en temps, mais très peu, il fait surtout soleil et on en est très heureux. Cette ville a un passé industriel, mais depuis une vingtaine d'années, elle retrouve de la couleur. C'est une ville qui a changé depuis l'arrivée de Gérard Trémèges, son maire. Et sa volonté a été effectivement d'en faire une ville multicolore dès 2001. Et aujourd'hui, elle a repris un peu de vie. C'est une ville qui a beaucoup d'atouts sur le plan culturel, sur le plan sportif, sur le plan économique aussi, avec un travail considérable qui est fait par l'agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées. Mais il reste beaucoup à faire et nous y employons bien évidemment chaque jour. C'est une ville aussi... très animé et j'aurai l'occasion certainement au cours de ce rendez-vous de vous en parler.
- Speaker #0
On a eu la chance sur Playfair de recevoir comme premier invité une ancienne chef de cabinet ministériel, donc à un échelon complètement différent, peut-être pour rentrer aussi dans le vif du sujet. C'est quoi être directeur de cabinet d'une ville comme Tarbes, d'une ville moyenne, et surtout auprès de maires, qui est à un échelon complètement différent de ce que peuvent connaître d'autres gens en ministère ?
- Speaker #1
Un directeur de cabinet est souvent dans l'ombre. Je dis souvent parce qu'il est aussi au contact des Tarbès et des Tarbés. Il est dans l'ombre parce qu'il travaille aux côtés du maire de Tarbes. Il est là pour l'accompagner, pour le protéger, pour l'aider. Ça, c'est le travail d'un directeur de cabinet. C'est en fait un peu l'huile du moteur. Le directeur de cabinet est là pour que tous les rouages d'une collectivité fonctionnent le mieux possible. Il est donc en lien. Bien évidemment avec la population, il est en lien avec l'administration, donc en étroite collaboration il travaille avec le directeur général des services. Bref, il est un peu au centre du fonctionnement d'une collectivité, mais il est surtout à l'écoute de ses concitoyens pour essayer de régler, en lien avec le maire bien évidemment, de régler les problèmes qu'il peut y avoir dans une... dans une collectivité et dans une ville. Mais il est surtout à l'écoute, j'insiste là-dessus.
- Speaker #0
Mais on en parlera en plus de cette notion d'écoute et du contact proche avec la population de ce rapport à la ville. Le cabinet se compose dans une ville comme Tarbes, c'est à peu près combien de personnes qui composent un cabinet ?
- Speaker #1
Autour de moi, il y a cinq personnes, il y a deux secrétaires qui sont aussi les secrétaires du maire, bien évidemment, donc secrétaires du cabinet. Il y a un chargé emploi, qui est en lien avec aussi les citoyens qui sont à la recherche de travail, d'emploi. Il y a un collaborateur qui est en lien avec les adjoints de quartier. Et puis, il y a un directeur de la communication.
- Speaker #0
Très bien. Une petite question aussi sur le spectre un petit peu global des villes en France. Toutes les villes ou villages peuvent avoir des cabinets ou c'est quelque chose qui est assez particulier ?
- Speaker #1
Ce sont les villes moyennes qui ont essentiellement un cabinet. Après avoir un chef de cabinet ou un collaborateur de cabinet, beaucoup de villes ont bien évidemment un collaborateur. C'est hyper important pour le maire.
- Speaker #0
J'aimerais aussi pour débuter... aussi cette entrevue. J'aimerais bien qu'on revienne un petit peu sur votre parcours atypique, puisque vous rentrez à la Mériteur seulement à 44 ans. Donc vous avez aussi avant cela eu, on va dire, une autre vie ou d'autres activités. Vous avez débuté par un métier très loin de la politique, même en termes de diplôme.
- Speaker #1
Absolument. Moi, j'ai un parcours atypique et puis ce sont les hasards de la vie qui m'ont fait mon parcours. 1981, moi je travaille avec mon père dans la télévision et arrivent les radios libres. François Mitterrand, alors président de la République, libère les ondes et arrive la radio libre immédiatement. Dès juin 1981, je m'intéresse à ce nouveau métier en quelque sorte, même si à l'époque c'est du bénévolat, mais je m'intéresse à ce média. C'est comme aujourd'hui les réseaux sociaux ou les téléphones. A l'époque, ce sont les ondes qui créent le lien entre vous et les citoyens. Et donc je m'y intéresse dès 1981. Et puis au fil des années, je prends la voie du journalisme. En 1984, je crée ma société de communication, d'événements, de médias. Et puis d'une radio, j'en reprends une autre, une deuxième, puis une troisième. Parallèlement... Je travaille dans la presse écrite, je crée deux médias, un qui s'appelle Le Supporter, l'autre Le Petit Journal. Je travaille pour la télévision, pour France 3 pendant quelques années, puis pour le journal Équipe où je suis correspondant, pour Europe 1. Je suis le correspondant aussi local de l'agence France Presse pendant une quinzaine d'années, la société de presse. Bref, je travaille dans les médias, mais parallèlement je crée aussi des événements. Je suis dans la communication, je crée des événements, je crée à Tarbes un salon du sport qui s'appelait à l'époque Expo Sport, au parc des expositions. Je crée des concerts avec Patrick Bruel, entre autres, et bien d'autres. Et puis j'anime des foires, des salons. J'ai un parcours assez particulier jusqu'en 2004 où là je décide de vendre mon entreprise en vue de faire autre chose. Et le hasard de la vie encore. Je me rapproche de Gérard Trémège, avec lequel je suis en contact, je le connais depuis très longtemps bien évidemment, puisque j'ai aussi en tant que journaliste animé pas mal de débats, d'ailleurs des débats pour les municipales, ici à Tarbes, de grands débats d'ailleurs. Et je le rejoins en 2004, deux mois après avoir vendu mon entreprise, tout à fait par hasard, avec un seul objectif, une seule envie, c'est de travailler pour ma ville. Quand il me propose de travailler à ses côtés, je me dis, c'est un honneur pour moi de travailler pour ma ville, moi qui aime ma ville et qui est toujours... Vécu ici, travaillé ici, fait mes études, je dis c'est un honneur, j'ai pas hésité une seconde, alors que j'avais d'autres propositions, d'autres objectifs, d'autres projets, j'ai pas hésité une seconde quand il me l'a proposé, j'ai accepté d'être à ses côtés, d'abord en tant que directeur de la communication, et ensuite directeur de cabinet, puis directeur aussi de l'office de tourisme et de tarbes d'animation.
- Speaker #0
Justement, comment s'opère à ce moment-là, et aussi c'est souvent des questions qui peuvent se poser sur la façon dont on intègre des cabinets politiques ? les façons dont on peut se retrouver là-dedans. Comment ça s'opère ce genre de transition, de recrutement ? C'est essentiellement un contact qui s'était noué avant ?
- Speaker #1
C'est un lien tout simplement entre Gérard Trémèges et moi. Gérard Trémèges que je connais. Moi j'aime les hommes ou les femmes qui font des choses. Ça me passionne. Gérard Trémèges faisait partie de ces gens-là, des entrepreneurs, des créateurs. Il a été député plusieurs fois, il a été d'abord chef d'entreprise. Alors, chef d'entreprise, ensuite il a été député, il a été président national des chambres de commerce. Donc j'ai toujours un regard particulier auprès des hommes et des femmes qui créent, qui font des choses, qui s'investissent, qui prennent des risques. Je suis un peu comme ça. Donc c'est le rapprochement de deux hommes pour travailler ensemble pour le bien d'une collectivité des Tarbès et des Tarbès. C'est ce qui m'a passionné.
- Speaker #0
Et justement, avant de... Vous intégrez la mairie en 2004, mais avant ça, vous avez lancé des journaux, des médias, une asso de commerçants aussi ?
- Speaker #1
J'ai été président des commerçants pendant 4 ans et j'ai créé effectivement en 2000 Tarbes Shopping. On a été d'ailleurs la plus importante association de commerçants de France avec près de 500 adhérents à l'époque.
- Speaker #0
Et justement, quelle expérience on tire de ce type de parcours ? avant d'intégrer la mairie ?
- Speaker #1
C'est le contact humain, tout simplement. Moi, je l'ai dit tout à l'heure, moi j'aime les gens. Et si à notre niveau, où que l'on soit, on peut... contribuer à faire évoluer des associations, faire évoluer des clubs sportifs, faire évoluer une ville, c'est hyper passionnant.
- Speaker #0
Pour revenir aussi sur votre fonction de directeur de cabinet, à quoi ça ressemble vos journées en tant que directeur de cabinet ? Parce qu'on se doute qu'il y a des réunions, il y a le terrain, il y a ce rapport aussi à la ville avec la proximité des habitants, les événements etc. Comment ça se passe ? Est-ce qu'il y a une journée un peu type ? ou est-ce que c'est vraiment au jour le jour des journées différentes ?
- Speaker #1
Il faut accepter de ne pas compter ses heures. Mais ça a toujours été le cas, même avant, ça a toujours été le cas. J'ai toujours été un passionné de ce que je fais et où je m'implique. D'abord, il ne faut pas compter ses heures ni ses jours. Il n'y a pas de week-end. Il faut être tout le temps au service des citoyens. C'est ça, l'engagement public. C'est ça, c'est d'abord accepter d'être au service d'une... population et de pouvoir être là s'ils ont besoin de nous. Donc c'est parfois un peu au détriment aussi de sa vie privée mais il faut savoir tout organiser et consacrer aussi un peu de temps à ses proches, ce que j'essaie malgré tout de faire même si mon engagement est fort sans compter mes heures. Donc ma journée de travail, j'arrive très de bonne heure à mon bureau et puis après, vous savez une journée elle change très vite, vous avez un agenda qui est prévu. Vous arrivez cinq minutes après, il y a un événement dans la ville, quel qu'il soit, ça vous verse complètement votre emploi du temps. Et donc, il faut s'adapter en permanence.
- Speaker #0
Quand on travaille aussi dans une mairie et encore plus dans le cabinet du maire, vous touchez à un nombre de sujets importants, variés. Est-ce que c'est quelque chose qui est passionnant, difficile ? Comment aussi ça se passe, le fait d'aborder des sujets complètement différents ?
- Speaker #1
C'est à la fois passionnant et à la fois... et à la fois difficile effectivement, vous avez raison, mais c'est d'abord passionnant, parce qu'on est au cœur de la vie de la cité, et il faut savoir s'adapter, réagir, et on n'a pas le droit à l'erreur. C'est là où il faut être très vigilant et être bien entouré. Il faut être bien entouré. C'est pour ça qu'un maire a besoin d'avoir un directeur de cabinet de confiance, bien évidemment. proche de lui, ça c'est hyper important, et le directeur de cabinet, pour lui, il est important d'avoir aussi des collaborateurs, des proches, des services, qui travaillent avec un objectif commun, c'est l'intérêt général.
- Speaker #0
Mais, bien sûr, il y a l'intérêt général, mais comment aussi on se situe, quand on est directeur de cabinet, entre le maire qui est l'élu, les services qui sont de l'ordre plus de l'administration, et aussi les usagers ? Comment on se situe au milieu de ce triptyque-là ? Et est-ce que ce n'est pas aussi compliqué d'arriver à trouver un équilibre pour des attentes qui sont parfois contradictoires ?
- Speaker #1
Oui, parfois. Mais comme l'objectif, il est de trouver des solutions pour que tous les rouages fonctionnent bien, on essaie par des propositions, par du dialogue, d'apporter des solutions aux maires et aux élus. Parce que finalement... Ce sont eux qui décident. Il ne faut pas oublier que c'est le maire et son équipe qui, au final, décident. Nous, on est là pour essayer d'apporter des solutions. Moi, je travaille en lien étroit, bien évidemment, avec le directeur général des services. Avec les services, on est là pour apporter des solutions, de les proposer. Mais après, c'est le maire et les élus qui décident.
- Speaker #0
Mais sur ça, vous anticipez un peu la question qui arrive. Mais c'est aussi de comprendre, quand on est directeur de cabinet dans une ville comme Tarbes, à quelle part... on prend dans le processus de décision, que ce soit pour impulser des projets, mais aussi pour décider avec le maire ou pas de comment on tranche tel ou tel projet.
- Speaker #1
On a aussi un rôle de conseiller, bien évidemment. Le directeur de cabinet est là aussi pour soulager dans sa fonction le maire. Donc le directeur de cabinet reçoit beaucoup de propositions, consultes, bien évidemment, et écoutes. C'est ce que je disais tout à l'heure. Donc on est là pour ensuite faire un premier tri un petit peu de ce qui peut être intéressant pour la collectivité, parce qu'on sait comment fonctionne aussi le maire, quelle est sa vision. Donc par rapport à tout ça, on essaie de faire un premier tri et ensuite lui proposer ce qu'il nous semble bien pour la collectivité. Mais ça va dans les deux sens. C'est-à-dire que le maire peut aussi nous faire une commande à son directeur de cabinet, à son directeur général des services en disant voilà. Moi, j'ai l'intention de faire tel ou tel projet. Je vous demande d'y réfléchir et de m'apporter des réponses à cette commande-là.
- Speaker #0
En tant que cabinet, vous êtes aussi en première ligne sur, vous le disiez tout à l'heure, l'agenda des journées qui peut beaucoup changer. Des fois, c'est des crises aussi qu'il faut gérer. Quel rôle prend le directeur de cabinet dans ces moments-là ? Et aussi pour peut-être faire une parenthèse aussi sur la gestion de la crise Covid, qui a été une crise majeure, on l'avait abordé dans notre précédent épisode avec Anne Rubinstein, mais comment aussi à l'échelle d'une ville, Et à l'échelle d'un directeur de cabinet, on anticipe ou on aborde ce genre de crise quand elles arrivent ?
- Speaker #1
Sur des sujets comme ça, le politique est en première ligne. Parce qu'il y a des décisions à prendre qui sont hyper importantes. Et là, c'est le maire lui-même qui va prendre une décision qui peut avoir des conséquences importantes. Donc le directeur de cabinet est aussi bien évidemment en première ligne. Il faut accepter de prendre des coups. Mais il faut aussi écouter les conseils des... des professionnels. Donc il faut être bien entouré, il faut s'entourer de compétences et puis faire aussi confiance aux gens qui nous entourent.
- Speaker #0
C'est une question aussi qu'on s'est posée et que je me suis posée aussi en préparant cette émission. Vous êtes né à Tarbes, vous avez fait vos études à Tarbes, vous avez toujours été à Tarbes, aujourd'hui vous êtes directeur de cabinet. Est-ce que vous pensez que c'est possible d'être directeur de cabinet d'une ville dans laquelle on n'a pas forcément d'attache personnelle ?
- Speaker #1
Honnêtement, oui, bien sûr que c'est possible, parce qu'on s'adapte. Mais je trouve que c'est plus facile quand on connaît bien son territoire, quand on connaît les gens, surtout pour une ville moyenne, où le lien avec la population est essentiel. Moi, je suis un homme de terrain. Un directeur de cabinet, on peut penser qu'il est essentiellement dans un bureau, qu'il travaille essentiellement sur de l'administratif, avec les services. Ça, c'est le rôle du directeur général des services. Mais un directeur de cabinet... Lui, il doit être sur le terrain. Et puis en plus, je suis un homme de terrain. J'aime le terrain, j'aime les gens. Donc quand on connaît son territoire, quand on connaît son tissu associatif, le tissu économique, tous ces secteurs-là, je pense que c'est un avantage.
- Speaker #0
Mais quand vous dites que vous êtes un homme de terrain, vous êtes aussi... J'ai cette formule qui me vient, mais vous êtes aussi un petit peu le service après-vente du maire aussi, parfois, auprès des concitoyens. Ça implique que vous devez connaître les dossiers sur le bout des doigts. Comment aussi on aborde cet aspect-là de sa fonction, de son métier de directeur de cabinet ?
- Speaker #1
Ce n'est pas tous les jours facile d'expliquer à un citoyen qui a un problème sur lequel on doit intervenir et qu'on peut peut-être ne pas apporter la réponse qu'il souhaite. C'est aussi mon rôle d'aller expliquer. J'essaie d'être le plus pédagogue possible pour lui expliquer que ce n'est pas forcément... aussi dans nos compétences parce que les citoyens pensent qu'un maire peut tout faire, tout régler. Et c'est le dernier rempart. Quand on ne peut pas obtenir satisfaction par ailleurs, on vient voir le maire en pensant que le maire va tout régler, apporter une réponse positive à tout. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Le maire peut faire beaucoup de choses, il a beaucoup de compétences, mais pas toutes les compétences.
- Speaker #0
Et à la différence d'une échelle beaucoup plus centrale, comme peuvent le représenter un cabinet dans une région, au niveau ministériel, est-ce que vous, vous avez aussi un peu cette forme de pression ? Parce que dans le type de fonction que vous occupez, les gens, ils savent où vous vous trouvez, à la mairie ou sur le terrain, pour vous dire les choses, pour parfois vous dire quand les choses ne vont pas. Comment on se positionne par rapport à ça ? Et aussi, est-ce que ça vous arrive qu'on vous attrape, qu'on vous dise que les choses ne vont pas, ou à l'inverse, que tout va bien ?
- Speaker #1
Bien sûr, bien évidemment. C'est l'avantage et l'inconvénient des villes moyennes, comme là où tout le monde se connaît. Et donc il y a une relation très étroite avec les citoyens, donc c'est un gros avantage. Mais l'inconvénient effectivement, c'est que la facilité, tout le monde a notre numéro de téléphone, tout le monde se connaît, tout le monde sait où on est, donc c'est facile de venir nous voir pour essayer de régler tel ou tel problème. Donc ce n'est pas tous les jours évident, mais c'est aussi très intéressant et très passionnant d'avoir ce contact avec la population.
- Speaker #0
Mais ça, ça vous arrive souvent ?
- Speaker #1
Oui, très souvent, bien sûr. Il est évident de m'appeler le dimanche pour me dire... Monsieur Garnier ou Michel, j'ai un problème à tel endroit. Voilà, mais ça fait partie du métier.
- Speaker #0
Mais c'est quelque chose qu'on aime ?
- Speaker #1
Absolument. Pour faire ce métier, il faut aimer les gens. Moi, je pense qu'il faut aimer sa ville et il faut aimer les gens. C'est mon cas.
- Speaker #0
Vous l'avez dit tout à l'heure, vous êtes un entrepreneur à la base, dans votre précédente vie, entre guillemets. Est-ce qu'encore aujourd'hui, vous trouvez des similitudes ? entre la vie d'un entrepreneur et les fonctions que vous pouvez occuper, le fait de servir sa ville aussi, puisqu'on sert une cause qui est complètement différente. Avant on servait son compte, aujourd'hui on sert aussi les intérêts de la ville. Vous y trouvez quand même des similitudes ?
- Speaker #1
Complètement. Et j'ai la chance que le maire Gérard Trémèges m'a fait confiance en 2004, en 2008 pour être son directeur de cabinet, mais aussi en 2009 en me confiant la direction de l'Office de tourisme et de Tarbes Animation. parce qu'il me permet de revenir à mes origines d'entrepreneur dans le privé, c'est-à-dire en organisant des événements, des manifestations. Tarbes Animation est une petite entreprise d'une douzaine de personnes avec un budget et on a une mission de service public qui est d'organiser de grands événements dans la ville. Et je le dis souvent, alors certains sourient, mais je le dis souvent, pour une ville de 45 000 habitants comme la nôtre, on est des villes parmi... fait partie des villes les plus animées de France. Quelle est la ville de 45 000 habitants qui a trois grands festivals, comme le festival de Polyphonie, le festival d'Equestria, donc Équestre, qui se déroule ici d'ailleurs, dans ce magnifique lieu qu'est le Hara, je ne l'ai pas dit tout à l'heure, créé en 1806 par Napoléon Ier, d'ailleurs. Et ensuite le Tango, le festival de Tango, qui est un événement mondial, on a une chance incroyable. Et donc là, le maire me fait totalement confiance, Et avec mes équipes de l'Office de tourisme, on organise ces grands événements. Les fêtes de Tarbes aussi, qui ont pris une nouvelle dimension il y a une dizaine d'années avec la création des casse-tasses. Et là, je retrouve mon âme d'entrepreneur.
- Speaker #0
Et justement, c'est aussi difficile parfois de jongler entre ces plusieurs casquettes, entre Tarbes Animation, l'Office de tourisme dont vous êtes le directeur, et votre casquette aussi de directeur de cabinet.
- Speaker #1
Alors on pourrait le penser, mais j'ai la chance, et je le dis en toute modestie... quelqu'un d'organisé donc je sais pouvoir jongler sur différents tableaux sans que ça ne porte préjudice à l'autre. Donc ma fonction de directeur de cabinet ne porte pas préjudice à mes deux autres fonctions et les autres fonctions ne portent pas préjudice parce que je suis aussi m'entourer, voilà j'ai du personnel et à la mairie et à l'office de tourisme j'ai des collaborateurs, des assistants de très grande qualité.
- Speaker #0
Et que c'est lié aussi ?
- Speaker #1
Exactement c'est essentiel. Alors, on peut rien faire. Donc j'en reviens à ce que je disais tout à l'heure, il faut être bien entouré.
- Speaker #0
Mais sur cet aspect-là aussi, d'arriver à déléguer quand on est directeur de cabinet, quand on occupe les fonctions que vous pouvez occuper, c'est des choses qui sont parfois pas faciles.
- Speaker #1
Oui, mais il faut faire confiance. Moi, je travaille beaucoup sur la confiance. On choisit ou pas, d'ailleurs, ses collaborateurs et ses assistants, mais dans la mesure où ces personnes sont là, il faut leur faire confiance et donc il faut déléguer, il faut accepter.
- Speaker #0
Tout le temps ?
- Speaker #1
Oui, il faut accepter, mais il faut toujours... Il faut toujours avoir un regard, par contre. Il faut toujours avoir un regard parce que quand vous avez une fonction de direction, vous êtes en première ligne. Donc, si ça va, c'est très bien. Mais si ça ne va pas, c'est vous aussi qui prenez.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. La responsabilité.
- Speaker #1
La responsabilité.
- Speaker #0
Est-ce que vous pensez aussi que le lien… que vous pouvez avoir avec le maire et ça rebondit aussi sur une question que j'ai pu vous poser tout à l'heure mais le lien par vos fonctions mais aussi l'affect puisque vous disiez que vous le connaissez depuis longtemps, ça vous permet aussi d'impulser vos propres idées parfois.
- Speaker #1
du maire auprès de la ville oui oui oui poids de franc oui bien sûr bien évidemment parce que la relation que nous nous avons est une relation d'affection qui date de 40 ans et je travaille avec lui depuis 20 ans mais je le connais depuis 40 ans dont il ya une relation On revient toujours au même, une relation de confiance très forte. Donc ça me permet d'aller lui proposer certaines choses. Et je pense que son écoute, elle est bien évidemment très attentive. Parce qu'il sait que si je lui propose, c'est que ça a du sens.
- Speaker #0
Une question aussi un petit peu, un peu plus sur un regard un peu rétrospectif, puisque ça fait un peu plus de 16 ans que vous êtes directeur de cabinet du maire. Est-ce que vous trouvez que le métier de cabinet, le métier de directeur de cabinet...
- Speaker #1
cabinet c'est quelque chose qui a évolué au fil du temps comme tout certainement oui comme tout à une époque le directeur de cabinet était beaucoup plus dans l'ombre qu'il ne l'est aujourd'hui il était beaucoup plus dans son bureau et sortait beaucoup moins aujourd'hui un directeur de cabinet doit être comme les élus sur le sur le terrain et beaucoup beaucoup plus proche des gens donc beaucoup plus abordable est ce qu'on se réinvente aussi ce qu'on se réinvente pas constamment aussi dans ce genre de fonction Certainement aussi, comme dans beaucoup d'autres, la société a évolué. Donc forcément, tous les métiers ont évolué. Ce qui est un peu regrettable, à mon sens, un peu regrettable, et je ne veux pas apparaître comme vieille France, mais ce qui est un peu regrettable, c'est que beaucoup de métiers ont été désacralisés. Ça, c'est un peu dommage.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
Ils ont été désacralisés. C'est-à-dire qu'il y avait une certaine distance avec certains métiers, ne serait-ce qu'avec le président de la République, par exemple. Avec le président de la République, il y avait une certaine distance du citoyen avec la fonction. Aujourd'hui, ces barrières sont... Mais ce n'est pas forcément une critique, c'est un constat. Mais parce que la société a évolué, aujourd'hui avec les réseaux sociaux, il y a une proximité. Tout va très vite aujourd'hui. Et on se permet beaucoup plus de choses qu'on ne pouvait le faire il y a quelques années.
- Speaker #0
Est-ce que ce n'est pas aussi une question de confiance dans le sens où... En préparant cette émission, j'ai consulté des sondages parce qu'il y a un sondage du CIVIPOF en partenariat avec Sciences Po qui est sorti il y a un peu plus d'un an sur la confiance des Français envers leurs élus et on se rend compte que les Français ont une attache toujours plus forte à leurs élus locaux. Il me semble que c'est à peu près 61 ou 63% de taux de confiance envers leurs élus locaux, mais qu'à l'inverse avec leur Premier ministre ou le Président de la République, on était dans des... taux de pourcentage beaucoup plus bas, aux alentours des 30%. Est-ce que ce n'est parfois pas aussi ce manque de confiance que peuvent avoir les gens envers leurs élus qui casse cette sacralité de la fonction ou la distance qu'il peut y avoir ?
- Speaker #1
Oui, certainement, mais on s'aperçoit donc que le mandat d'élu local est celui qui attire le plus de confiance de nos concitoyens, parce que c'est un mandat très concret, très concret. Et vous êtes au contact de vos citoyens, de vos concitoyens en permanence. Et la réponse que vous allez leur donner à leurs questions ou à leurs problèmes, tout ça est très concret. Vous apportez une réponse oui ou non, ça se voit immédiatement.
- Speaker #0
Et comment on voit un petit peu ce qui se passe ? Pour parler un petit peu du contexte actuel, et vous à votre échelle de directeur de cabinet, on voit les baisses de dotation globale de fonctionnement. Petit aparté peut-être ici, mais les dotations globales de fonctionnement, c'est des dotations de l'État pour les villes en France qui permettent aux villes de fonctionner. Et ces dotations-là sont en baisse depuis plusieurs années. Comment aussi on arrive à entrevoir toujours des possibilités pour entreprendre des projets dans la ville quand les baisses de dotations ou d'argent arrivent comme ça ?
- Speaker #1
Un, c'est la gestion, gestion rigoureuse. Et deux, c'est l'espoir. Mais effectivement, aujourd'hui, les collectivités, quelles qu'elles soient, ont de plus en plus de difficultés parce qu'elles ont effectivement moins de moyens qu'à une certaine époque. Et les solutions, elles ne sont pas simples. Elles ne sont pas simples. C'est quoi ? C'est réduire les montants de fonctionnement, c'est augmenter la fiscalité, c'est faire appel à l'emprunt. Voilà, il n'y a pas 36 000 pistes. Donc c'est de la gestion rigoureuse. Et parallèlement, il faut aussi, je le disais, donner de l'espoir parce qu'il faut investir dans une ville. Il faut préparer les villes de demain et ça passe par de l'investissement. Ici à Tarbes, par exemple, le maire Gérard Trémèges a investi à une vingtaine d'années 300 millions d'euros. Parallèlement, il a réduit l'endettement d'un tiers. On était à près de 90 millions d'euros d'endettement. Aujourd'hui, on est à 60 millions, un peu plus de 60 millions. Il a réduit de pratiquement un tiers, ce qui est énorme. Et... Il a essayé de maîtriser la fiscalité parce qu'il est hors de question d'aller matraquer le contribuable en augmentant les impôts. Les impôts sont suffisamment élevés aujourd'hui dans notre pays. Donc tout ça est...
- Speaker #0
Gestion rigoureuse, calcul, mais il faut donner de l'espoir, dire que tout n'est pas perdu et que malgré tout, on doit continuer à investir tout en ayant une gestion rigoureuse.
- Speaker #1
Et les liens aussi avec tout ce qui est les agglos, les communautés de communes aussi vous permettent d'investir et d'arriver à avoir des projets. Je sais qu'à Tarn, c'est ma ville natale, donc je suis d'autant plus content d'en parler. La construction de l'usine aussi, où il y a même eu des aides, il peut y avoir des aides européennes. Bien sûr. Ou d'autres, c'est des choses avec lesquelles il faut savoir aussi jouer en tant qu'exécutif d'une ville.
- Speaker #0
Exactement. Le lien entre les villes aujourd'hui et les communautés d'agglomération, quelle que soit, est très important. Aujourd'hui, les agglomérations ont des compétences comme le développement économique, par exemple, des compétences très importantes et des moyens. Donc, bien évidemment, il faut qu'il y ait un lien très étroit pour le développement d'un territoire. Parce qu'il faut aussi raisonner. en territoire. Nous, le lien qu'il y a entre Tarbes et Lourdes est très important. Ça, ça va dans le sens de l'histoire.
- Speaker #1
Comment aussi on entrevoit ce rapport à la ville dans le sens où les villes, et comme les sociétés, on le disait, sont en constante mutation, transformation. On voit aujourd'hui peut-être des dispositifs où on voit des collectifs citoyens qui se montrent pour beaucoup plus de participation, des concertations aussi. Comment on arrive à... Allier aussi cette participation-là dans les projets ou dans la façon dont on entrevoit la ville, au-delà du programme pour lequel le maire peut se faire élire.
- Speaker #0
Le lien avec la population, quand on est la tête d'une collectivité, il est permanent. Donc ça c'est une première chose. On voit, on écoute, on entend, on voit ce qui va, ce qui ne va pas. Et puis ensuite, il y a des réunions régulières avec... avec les citoyens, comme par exemple les réunions de quartier. Chaque année, ici à Tarbes, Gérard Trémège et son équipe municipale font une dizaine de réunions de quartier pour évoquer justement les réalisations, les projets, et ce qui va ou ce qui ne va pas dans le quartier même, en apportant des solutions, si possible, immédiates. Et c'est pour ça que, dès le début de sa mandature, sa première mandature, Gérard Trémège a par exemple créé... une brigade de proximité. C'est une équipe d'agents municipaux qui sont là pour régler les petits problèmes quotidiens. Un nid de poules, un problème sur un trottoir, une équipe de anti-tag aussi. Quand il y a des tags dans la ville, il y a une équipe qui va immédiatement les recouvrir. Tout ça, ça contribue au bien-être de nos concitoyens. Et la réactivité, ça est un maître mot qui est essentiel pour le maire et pour moi aussi.
- Speaker #1
Mais c'est aussi ce fait de... On dit beaucoup et même beaucoup de gens, et personnellement, moi, je suis assez partisan de ça, c'est de se dire que pour beaucoup de gens, les gens préfèrent voir leur trottoir propre devant chez eux et sans nid de poules, par exemple, dans la rue, que leur facture de gaz baissée de 0,1%. Les choses beaucoup plus concrètes, c'est que les gens sont beaucoup plus attentifs. Et est-ce que c'est quelque chose aussi sur lequel vous travaillez constamment en tant que directeur de cabinet, même ces petits détails, puisque vous êtes le premier échelon des gens, mais en même temps, vous gérez, pour le cas de Tarbes, c'est quand même 45 000 habitants. Donc comment aussi on arrive à être dispo partout tout le temps ? Vous disiez que vous comptez pas vos heures, c'est des choses sur lesquelles il faut s'appuyer ?
- Speaker #0
Mais le quotidien de chaque citoyen est hyper important. Aujourd'hui on le voit dans les contacts que nous avons, le citoyen qu'est-ce qu'il demande ? C'est bien vivre dans sa ville. Donc oui, il est attentif à des petits soucis de son quotidien. Oui, le nid de poule, on pourrait dire, c'est pas très grave, mais pour lui, oui c'est important. Un problème devant chez lui sur son trottoir ? Oui, c'est important. Donc on est très attentif à ce genre de petits problèmes qui ennuient le quotidien de nos concitoyens. Donc il faut être très réactif. Et c'est pour ça qu'il y a des services qui sont au quotidien, au contact de nos concitoyens, pour la propreté de la ville par exemple. Mais on est confronté à un problème essentiel. Et ça qui est quotidien et permanent, ce sont les incivilités de nos concitoyens. Voilà, et ça, c'est un gros, gros, gros problème de société, qui n'est pas propre à Tarbes, qui est un problème de société, les incivilités. Aujourd'hui, on est un peu dans le chacun pour soi. Et donc, on est dans l'individualisme, et on ne pense pas aux problèmes que pourrait rencontrer son voisin ou autre. Donc, on est dans une société un peu personnelle aujourd'hui, ce qui est dommage. Et donc, on est confronté à un gros problème d'incivilité, un changement de société. C'est difficile, on essaie d'y faire face tous les jours en faisant de la pédagogie.
- Speaker #1
C'est ce qu'on parlait pour le rapport à la ville qui change, les villes qui se transforment et les habitants aussi, même avec les priorités environnementales qui font leur apparition depuis de nombreuses années, avec lesquelles les villes doivent aussi gérer. Est-ce que des fois, on a des sujets qui sont sur la table pendant 5 ans et d'autres qui arrivent et qui prennent la place pendant 5 ans ? Enfin, je dis 5 ans comme je pourrais dire 10 ou 15. Comment aussi ça se passe ça, la sélection des sujets qui sont importants pour la ville et aussi accepter que des fois, on ne peut pas être partout, on ne peut pas tout faire. Comment ça se passe ça aussi à l'échelle d'une ville moyenne ?
- Speaker #0
Il faut expliquer, il faut dialoguer, il faut faire comprendre que... Il y a des priorités dans la gestion d'une ville, il y a des priorités dont oui, il y a des sujets qui peuvent durer longtemps. Il y en a un actuellement, je ne peux pas en parler, c'est par exemple le Palais des Sports. Effectivement, Gérard Trémèges a mis sur la table la rénovation du Palais des Sports depuis peut-être une dizaine d'années. Aujourd'hui, le projet n'a toujours pas vu le jour et devrait voir le jour dans les mois ou les années à venir. Mais pourquoi ? Parce que nous avons considéré face à certaines situations, lesquelles ? Le Covid, l'achat du hara, l'arsenal, le site de l'arsenal qui est un nouveau quartier aujourd'hui. Il y a eu des imprévus qui ont fait que des projets qui étaient inscrits ont été retardés. Ils n'ont pas été forcément annulés, certains peut-être ont été annulés, mais ont souvent été retardés parce qu'on va par priorité en fonction de nos finances.
- Speaker #1
sur la jeunesse aussi je trouvais ça important d'en parler parce que c'est aussi le but et la portée de ce podcast comment on intègre aussi la jeunesse dans les villes, dans la façon dont on entrevoit aussi la ville de demain puisque c'est les jeunes qui sont amenés à l'occuper Tarbes est par nature par essence, par histoire aussi une ville avec une population âgée assez élevée ... Comment on arrive aussi à intégrer cette jeunesse, la prendre en considération et entrevoir des projets avec le tissu de la jeunesse locale ?
- Speaker #0
Les jeunes sont essentiels pour nous parce que, comme vous l'avez dit Maxime, Brumont, ils sont l'avenir de notre société. Donc il faut en tenir compte et il faut les écouter. On oublie souvent de dire ou de rappeler que Tarbes est une ville étudiante avec... Près de 6 000 étudiants. Il y a des projets de développement, on devrait peut-être être à 7 000 dans les années à venir. Mais c'est très très important. Donc ces étudiants, il faut qu'ils soient intégrés à la vie de notre cité, même si la majorité sont de passage. Mais il faut en tenir compte. Et on les intercommente par le tissu associatif, par la vie culturelle, la vie sportive. La vie culturelle, par exemple, Tarbes, on a la chance d'avoir, je l'ai dit tout à l'heure... des animations importantes, mais on a au quotidien une scène nationale, le parvis. On a une scène de musique actuelle pour les jeunes, la smac de la gespe. On a un théâtre municipal où il se passe régulièrement, il y a une programmation de qualité, il se passe tout le temps quelque chose. On a une scène de création de résidence où il y a des compagnies de théâtre qui sont en résidence, qui préparent leurs pièces de théâtre ici à table pour ensuite la jouer. la jouer ailleurs, on a des idées de création, on a un tissu associatif hyper riche. En sport, on peut pratiquer pratiquement ici. Tous les sports, pratiquement tous les sports. Vous l'avez dit tout à l'heure, l'usine, avec le mur d'escalade, l'un des plus hauts d'Europe. Enfin, on a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'atouts. Donc je pense que c'est comme ça qu'on peut attirer les jeunes. Et puis, c'est dans le développement économique. Il faut qu'ils... Les jeunes, une fois qu'ils ont fini leur adolescence et qu'ils vont partir pour faire leurs études, Ils ont majoritairement l'intention de quitter leur territoire. Pas forcément pour Pratarbe, ça c'est partout. On a toujours l'intention d'aller voir ailleurs parce qu'on pense que c'est mieux ailleurs. Donc c'est vrai que pour certaines formations, il faut aller ailleurs, bien évidemment. Mais le but, c'est de les faire revenir ici. Il faut que le territoire soit le plus attractif possible. Donc il faut que la ville, la ville-centre comme notre ville, soit la plus attractive possible.
- Speaker #1
Ça me fait penser aussi à un sujet, peut-être qu'on pourra... Terminer par là parce que c'est quand même un sujet important et qui touche au-delà de Tarbes, beaucoup de villes moyennes en France sur l'attractivité de la ville-centre mais aussi du centre-ville. Comment quand on est directeur de cabinet, on arrive à percevoir des solutions pour notre centre-ville ? Comment on accompagne aussi le maire face à ce genre de défi ? Le maire et toute l'équipe municipale bien sûr, puisqu'on sait qu'aujourd'hui les centres-villes des villes moyennes sont touchées beaucoup. par la vacance de locaux commerciaux ou d'autres. Tarbes en son temps n'y a pas échappé. Comment on arrive à gérer ce genre de phénomène qui se confirme aussi au niveau national ?
- Speaker #0
C'est un travail d'équipe. C'est un travail d'équipe. Le maire a cette volonté bien évidemment que sa ville soit la plus attractive possible et son cœur de ville. Aujourd'hui, vous l'avez dit, on est confronté à un problème qui n'est pas propre à Tarbes, qui est un problème national de la désertification des centres-villes et notamment du prêt-à-porter, du textile qui souffre énormément. Donc c'est un travail d'équipe avec les lieux au commerce, avec le service commerce. avec les associations de commerçants et avec les commerçants eux-mêmes, mais pas qu'eux. C'est aussi avec les propriétaires des commerces qui souvent ne sont pas d'ailleurs tarbés, sont souvent des foncières parisiennes. On a beaucoup de difficultés à voir les interlocuteurs pour leur faire comprendre qu'il serait bien que les loyers soient inférieurs à ce qu'ils sont aujourd'hui pour attirer des enseignes. Mais il faut aussi travailler... Il faut faire revenir en centre-ville des jeunes actifs, des familles. Il y a un travail qui est fait. Il y a 400 logements qui ont été rénovés ces dernières années dans la ville. Mais ce n'est pas suffisant. Il faut continuer. C'est un effort de longue haleine. C'est un travail commun avec beaucoup de services. C'est la sécurité pour montrer qu'on est un centre-ville sécurisé. C'est donc l'habitat, c'est l'animation, c'est le cadre de vie, la propreté. C'est un ensemble de choses pour montrer que notre ville est agréable.
- Speaker #1
Est-ce que c'est dans ces moments-là aussi où le cabinet fait office, pas dire de cabinet d'innovation, mais c'est aussi face à ce genre de défi qu'il faut réussir à innover et à entreprendre de nouvelles solutions qu'on ne peut pas forcément voir dans d'autres villes ?
- Speaker #0
Bien sûr, mais ça c'est valable pour ce secteur-là, comme pour tous les autres secteurs, bien évidemment. Il faut s'ouvrir, il faut aller voir ailleurs. Moi, par exemple, pour nos animations, c'est ce que je fais. Je vais voir ce qui se fait ailleurs. Je vais même parfois à l'étranger pour aller chercher des spectacles innovants, pour les amener ici. Mais ça, c'est dans tous les domaines. Il faut souvent aller voir ailleurs ce qui se fait et l'adapter. C'est ce que nous faisons aussi régulièrement et c'est ce que nous allons faire.
- Speaker #1
Michel, merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci Mathieu. C'était vraiment...
- Speaker #1
Un grand plaisir de pouvoir vous recevoir et d'échanger avec vous sur votre parcours, sur votre fonction de directeur de cabinet, et sur tous les sujets qui peuvent toucher aujourd'hui les villes moyennes et les collectivités locales en général. Nous, on se retrouve très prochainement pour un nouvel épisode de Play Phare. D'ici là, vous pouvez suivre notre contenu sur les réseaux sociaux et écouter les différents épisodes sur toutes les plateformes d'écoute, ainsi que sur YouTube. Merci beaucoup et à bientôt. Ces remerciements, je les dois. Une équipe à l'énergie incroyable.
- Speaker #0
Merci. À mon cabinet, bien sûr.
- Speaker #1
Je travaille, ils sont accomplis à toute heure du jour et souvent de la nuit.