Speaker #0Bienvenue aux auditeurs d'élite. Quant aux autres, vous pouvez rester. Aujourd'hui, nous allons parler d'un mot que nous connaissons tous, mais que nous n'employons pas assez, à mon avis. Il s'agit du mot « boustrophédon » . Je saveais bien que vous le connaissiez ! Mais connaissez-vous l'étymologie ? Boustrophédon : du Grec « bous » bœuf et "strophos" : "il se meut en tournant". Car une fois de plus, l'étymologie a tout compris. Puisque le Boustrophédon est bien un mode d'écriture, dont les lignes se lisent alternativement de gauche à droite, puis de droite à gauche. Un peu comme un ivrogne, qui lirait tout en titubant de gauche à droite et de droite à gauche. Ou comme un érudit. qui lirait une ligne en Français, puis une en Hébreu, puis une en Anglais, puis une en Arabe, etc. Apollinaire, le grand spécialiste des palindromes, lui, il aurait pu écrire un poème tout entier en alexandrins, à la fois normaux et boustrophédoniens. Mais celui qui n'est pas au courant que le texte a été écrit en mode Boustrophédon, lui, il va forcément connaître des erreurs d'interprétation terribles. Si ça se trouve, on n'a rien compris à Platon, et à Kant, et à Hegel. On se trompe complètement. Mais plus grave, imaginez un traité de paix rédigé en mode Boustrophédon. il faudrait déjà un traité pour décider dans quel sens on lit la première phrase du traité de paix, pour pouvoir le lire tout entier. Sinon ça ne marche pas, ça ne suffit pas. Et puis il faut aussi définir la police de caractère et la taille des caractères. Sinon c'est le bordel, vous imaginez. Parce que le traitement de texte, lui, contrairement à vous, public d'élite, le traitement de texte, lui, il ne connaît pas. le Boustrophédon. Oui. Un autre domaine dans lequel il est très important de connaître le Boustrophédon, c'est quand vous allez cyber-hacker le ministère des Finances de la France. Parce que, par exemple, si vous hackez mon compte fiscal, s'il est rédigé en mode Boustrophédon, Vous allez voir que mon revenu fiscal, il commence par 17,0. Aucun intérêt, on est bien d'accord. Vous, les cyber-hackers, vous allez me négliger. Mais vous n'aurez pas remarqué qu'il y a un 1 au bout des 17,0. Eh oui ... Et donc, vous allez vous attaquer à des pauvres milliardaires de la menu-monnaie, mais vous allez passer à côté de la vraie proie. Et donc, merci au Boustrophédon. Turlututu, chapeau pointu. Et c'est ainsi que le caramel devint fou.