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Depuis le 14 février 2026, Evariste Ndayishimiye, président du Burundi, a pris la présidence tournante de l'Union africaine. Il a annoncé mettre son mandat sous le sceau de la recherche de la paix alors que le continent fait face à plusieurs crises sécuritaires dont la guerre en République démocratique du Congo dans laquelle le Burundi est aussi impliqué militairement. Depuis la récente escalade violence dans la plaine de la Ruzizi, le Burundi a accueilli des milliers de réfugiés congolais venus de la RDC.
Le président Ndayishimiye parviendra-t-il à remettre l’organisation régionale au centre de la résolution de la crise en RDC ?
Bonjour, je suis Reagan Miviri, chercheur principal sur les conflits à Ebuteli. Vous écoutez le 7e épisode de la saison 5 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 20 février 2026.
Le thème annuel de l’UA pour 2026 est l'accès à l’eau. Tout de même, les priorités du mandat burundais seront aussi les questions de paix au Sahel, au Soudan, dans la Corne de l'Afrique et dans les Grands Lacs. Les troupes burundaises sont en RDC en appui à la coalition gouvernementale face à la résurgence du Mouvement du 23 mars (M23) soutenu par le Rwanda avec qui Bujumbura est en froid depuis plusieurs années. L'absence du président Paul Kagame au sommet de l'UA pourrait s'expliquer par cette tension régionale. Le pouvoir burundais est donc dans une situation délicate pour jouer un rôle positif alors qu'il est perçu comme une partie au conflit. Africa Intelligence annonçait qu'Évariste Ndayishimiye envisageait la possibilité de nommer un représentant burundais de haut niveau, au fort capital politique, pour suivre ce conflit.
Sur le plan politique et diplomatique, les efforts de l’UA se limitaient à une contribution modeste aux médiations en cours. Avant que Ndayishimiye prenne les rênes de l’Union africaine, celle-ci essayait de se positionner dans le paysage des processus de paix qui sont principalement conduits par le Qatar en ce qui concerne les pourparlers directs entre la RDC et le M23 qui se tiennent à Doha et par les américains en ce qui concerne le processus de Washington qui a déjà abouti à la signature d’un accord de paix entre le Rwanda et la RDC. Ces deux processus peinent malgré tout à faire réaliser ne fut-ce qu’un cessez-le-feu. On constate une dispersion des efforts et un manque de cohérence alors que l‘UA aurait pu jouer ce rôle de coordination.
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