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En RDC, l’élection présidentielle doit se tenir mercredi prochain, le 20 décembre. Aujourd’hui moins d’une semaine avant le scrutin, Joëlle Bile, l’une des deux seules femmes à s’être présentée, se retire et annonce son soutien au candidat président, Félix Tshisekedi. Sur les 20 candidatures restantes, seulement une femme, Marie-Josée Ifoku, résiste. Mais, quels sont les défis pour une femme candidate à l’élection présidentielle en RDC ?
Bonjour et bienvenue dans ce 49e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) de l’Université de New York et d’Ebuteli, qui tente d’éclairer l’actualité de la RDC. Je suis Alice Viollet, responsable de programme du Groupe d’étude sur le Congo. Nous sommes le vendredi 15 décembre 2023. Aujourd’hui, nous faisons une rétrospective des candidatures féminines à la présidentielle en RDC.
Tout d’abord, qui est Joëlle Bile, deuxième femme inscrite sur la liste de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), qui vient de se retirer ? Joëlle Bile a travaillé comme journaliste pour plusieurs médias internationaux pendant 15 ans. Elle s’est ensuite tournée vers la communication. Candidate à l'investiture de la plateforme de la société civile Alternative pour un Congo nouveau, elle est battue par Floribert Anzuluni. Joëlle Bile se présente néanmoins à l'élection présidentielle. Sa candidature n’a pas été réceptionnée par la Ceni dans un premier temps, mais la décision a été retournée par la Cour constitutionnelle, le 30 octobre. Ce vendredi, le 15 décembre, elle se retire de la course à la présidentielle au profit du président sortant, Félix Tshisekedi afin de « consolider les acquis » « tout en préservant [la] souveraineté nationale ».
L’unique candidate désormais en lice, c’est Marie-Josée Ifoku. Elle a poursuivi des études universitaires en administration en France et au Canada. Elle retourne en RDC en 2004. En 2018, elle se présente une première fois à l’élection présidentielle en RDC. Elle préside le parti Alliance des élites pour un nouveau Congo. Son programme s'articule autour du concept de la « kombolisation » (du lingala kombo, le balai en français), qui vise le nettoyage du pays des antivaleurs qui le gangrènent.
Les nombreux obstacles rencontrés pour une femme candidate ont été abordés lors d'une discussion sur la participation des femmes dans les processus électoraux en RDC, organisée en octobre dernier par Ebuteli et le GEC, réunissant près d’une vingtaine de femmes et d’hommes activistes des droits de femmes, candidats, chercheurs, journalistes, bloggeuses, membres de la société civile spécialisés dans l’éducation civique et électorale. D'abord, la question de la maturité politique des femmes est soulevée, certains doutant de leur capacité à s'engager en politique. De plus, la prédominance des hommes au sein des partis politiques pose un défi, ces derniers occupant principalement des postes de décision, laissant souvent les femmes limitées à des rôles de mobilisation. Le défi financier pour mener une campagne électorale est également important, avec des coûts très élevés pour la précampagne et la campagne électorale. Cela a incité certaines candidates à se retirer de la course. Enfin, la conciliation entre les responsabilités personnelles et politiques est un défi supplémentaire pour les femmes candidates.
Les chiffres confirment les doutes des congolais sur les candidatures féminines. Selon un sondage mené entre avril et mai 2022 par le GEC et Ebuteli, avec le Bureau d’études, de recherche et de consulting international (Berci), même si près de deux Congolais sur trois estiment qu'il faudrait que le gouvernement mette en œuvre la
parité entre hommes et femmes dans les institutions de la République à tous les niveaux, à la question « Jusqu’à quel point soutenez-vous les femmes qui servent l’État au poste de Présidente de la République », seuls 32% ont répondu par l'affirmative.
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