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Le 7 septembre, le député Augustin Kabuya a demandé au président de l’Assemblée nationale d’aménager l’heure de la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire prévue le 15 septembre. Se fondant sur l’annonce d’une manifestation de l’opposition prévue le même jour, il invoque des considérations d’ordre sécuritaire susceptibles de compromettre le déroulement pacifique de cette cérémonie.
La tension politique, déjà perceptible, pourrait-elle perturber la prochaine session parlementaire et déplacer ses priorités ?
Bienvenue dans ce 36e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, le podcast d’Ebuteli qui analyse, chaque vendredi, un sujet d’actualité congolaise. Cette semaine, nous nous intéressons à la rentrée parlementaire. Je suis Ithiel Batumike, chercheur à Ebuteli.
La demande d’Augustin Kabuya peut, d’abord, être interprétée comme la reconnaissance d’un risque de confrontation autour du Palais du peuple. Elle ne prouve pas, à elle seule, que l’opposition a retrouvé toute sa capacité de mobilisation. Mais elle montre que la majorité prend suffisamment au sérieux la manifestation annoncée pour envisager de modifier l’organisation de la rentrée parlementaire.
Ensuite, et c’est le cœur de cette analyse, ce report sollicité témoigne du climat de méfiance et de tension qui continue de caractériser la société autour de sujets clivants, tels que l’inclusivité du dialogue annoncé par le président Félix Tshisekedi ou les velléités de changement de la Constitution.
Constitutionnellement, la session de septembre est essentiellement budgétaire. Le gouvernement doit déposer le projet de loi de finances au plus tard le 15 septembre, tandis que l’Assemblée nationale dispose de quarante jours pour l’examiner et l’adopter. Mais ces délais sont régulièrement dépassés. L’enjeu sera donc, d’abord, de savoir si le Parlement parviendra cette fois à adopter le budget dans les délais prescrits.
L’autre enjeu budgétaire réside dans la répartition des crédits entre les institutions ou les missions de l’État. Cette répartition pourrait opposer les acteurs quant aux priorités du pays. Le niveau des crédits accordés à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) sera notamment observé. Alors que l’insécurité fait déjà peser des incertitudes sur les élections de 2028, leur insuffisance pourrait nourrir davantage les soupçons de glissement du calendrier électoral. Le budget permettra donc de mesurer si les engagements en faveur du respect de ce calendrier sont accompagnés des moyens nécessaires.
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