Comprendre la mobilisation politique autour des LĂ©opards cover
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🎙Po na GEC

Comprendre la mobilisation politique autour des LĂ©opards

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03min |01/04/2022
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Les Congolais y croyaient. PrĂšs d’un demi-siĂšcle aprĂšs la premiĂšre participation de la RDC, alors ZaĂŻre, Ă  une coupe du monde, les LĂ©opards espĂ©raient reproduire l’exploit. Et l’adversaire Ă©tait « prenable », comme l’affirmait FĂ©lix Tshisekedi aux joueurs devant la presse. Et pourtant, si Ă  l'aller, dans le vibrant stade des Martyrs, l’équipe congolaise avait sorti son plus beau jeu sans toutefois arriver Ă  gagner le match, au retour, pĂ©niblement, les supporteurs congolais voyaient s’éloigner leur rĂȘve. Au final, 4-1, les LĂ©opards sont disqualifiĂ©s. Nous n’irons pas au Qatar. Que retenir de la mobilisation autour de l’équipe nationale de la RDC ?

 

Bonjour et bienvenue dans ce cinquiĂšme Ă©pisode de la saison 2 de Po Na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualitĂ© de la RDC. Je suis Fred Bauma, secrĂ©taire exĂ©cutif d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence et partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New-York. Nous sommes le vendredi 1er avril 2022, et aujourd’hui, je vous parle du football. Mais pas que.

 

À Casablanca, le 29 mars, le pays a subi une dĂ©faite qui fait mal. Et ce n’est pas seulement pour des raisons purement sportives. Plus qu’un sport, le football et, surtout, les LĂ©opards sont un enjeu national qui unit autant qu’il divise. On se rappelle encore la finale du championnat d’Afrique de nations en 2016 au Rwanda lorsque le terrain de foot s’était transformĂ© en champ politique. Sur la pelouse synthĂ©tique du stade Amahoro se jouait alors un combat pour l’honneur : les LĂ©opards devaient venger le pays des humiliations subies sur le terrain militaire. Mission accomplie. Ils Ă©taient d’ailleurs accueillis triomphalement Ă  Goma avant d’ĂȘtre dĂ©corĂ©s par le chef de l’État.

Cette fois-ci, le match Ă©tait tout aussi politique. Alors que plusieurs initiatives de la coalition au pouvoir tournent au ralenti, une victoire des LĂ©opards aurait pu offrir un  gain politique au rĂ©gime en place. Le dĂ©cor Ă©tait plantĂ© pour parvenir Ă  cette fin. PrĂ©sidents du SĂ©nat et de l’AssemblĂ©e nationale, ministres, parlementaires, et autres politiciens ont publiĂ© des banniĂšres de soutien aux LĂ©opards. Un groupe de dĂ©putĂ©s a mĂȘme fait le dĂ©placement de Casablanca aux frais du contribuable pour assister au match. Non sans susciter de la controverse. FĂ©lix Tshisekedi, le chef de l’État, lui, avait promis d’ĂȘtre prĂ©sent au Maroc pour le match, avant de changer d’avis. Serge Nkonde, ministre des Sports, a produit une chanson regroupant plusieurs artistes congolais. Un morceau musical qui Ă©graine, entre autres, les noms des membres influents de l’entourage du chef sous forme des mabanga, ces dĂ©dicaces trop prĂ©sentes dans la chanson congolaise. Serge Nkonde a aussi  affrĂ©tĂ© un avion privĂ© pour aller suivre le match. 

Cet engouement autour de l’équipe nationale de football masculin contraste avec la faible mobilisation Ă  l’égard d’autres sĂ©lections nationales pourtant plus performantes. Fin 2021, les LĂ©opards dames qui devaient jouer contre la GuinĂ©e aux Ă©liminatoires de la CAN fĂ©minine ont Ă©tĂ© Ă©liminĂ©s faute d’avoir fait le dĂ©placement. Toujours l’annĂ©e derniĂšre, l’équipe congolaise de dames de moins de 20 ans a dĂ» passer la nuit dans la rue aprĂšs avoir Ă©tĂ© chassĂ© de leur hĂŽtel faute de pouvoir rĂ©gler la facture. L’équipe nationale de basketball qui devait participer aux Ă©liminatoires de la coupe du monde a quant Ă  elle dĂ» prendre des billets Ă  crĂ©dit. Cette sĂ©lection avait pourtant remportĂ© l'Afrocan en 2019. 

En fait, en RDC, plutÎt que la performance,  la mobilisation populaire et la propension à la politisation semblent déterminer le soutien politique envers une  sélection nationale. 

HĂ©las, en football comme en politique, la dĂ©faite est orpheline. Mais contrairement Ă  la politique, le manque de rĂ©sultat au football se paye cash, et parfois avec brutalitĂ©. Ainsi, Ă  l’aller, l’arbitre avait Ă  peine sifflĂ© la fin du match que des bouteilles d’eau, sous forme de projectiles, Ă©taient lancĂ©es contre l’équipe nationale de la RDC. Au retour, selon radio Okapi, les LĂ©opards ont passĂ© la nuit Ă  l’aĂ©roport de Casablanca sans aucune information sur leur vol. 

Pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant GEC ou Ebuteli au +243 894 110 542. À bientĂŽt !

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Les Congolais y croyaient. PrĂšs d’un demi-siĂšcle aprĂšs la premiĂšre participation de la RDC, alors ZaĂŻre, Ă  une coupe du monde, les LĂ©opards espĂ©raient reproduire l’exploit. Et l’adversaire Ă©tait « prenable », comme l’affirmait FĂ©lix Tshisekedi aux joueurs devant la presse. Et pourtant, si Ă  l'aller, dans le vibrant stade des Martyrs, l’équipe congolaise avait sorti son plus beau jeu sans toutefois arriver Ă  gagner le match, au retour, pĂ©niblement, les supporteurs congolais voyaient s’éloigner leur rĂȘve. Au final, 4-1, les LĂ©opards sont disqualifiĂ©s. Nous n’irons pas au Qatar. Que retenir de la mobilisation autour de l’équipe nationale de la RDC ?

 

Bonjour et bienvenue dans ce cinquiĂšme Ă©pisode de la saison 2 de Po Na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualitĂ© de la RDC. Je suis Fred Bauma, secrĂ©taire exĂ©cutif d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence et partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New-York. Nous sommes le vendredi 1er avril 2022, et aujourd’hui, je vous parle du football. Mais pas que.

 

À Casablanca, le 29 mars, le pays a subi une dĂ©faite qui fait mal. Et ce n’est pas seulement pour des raisons purement sportives. Plus qu’un sport, le football et, surtout, les LĂ©opards sont un enjeu national qui unit autant qu’il divise. On se rappelle encore la finale du championnat d’Afrique de nations en 2016 au Rwanda lorsque le terrain de foot s’était transformĂ© en champ politique. Sur la pelouse synthĂ©tique du stade Amahoro se jouait alors un combat pour l’honneur : les LĂ©opards devaient venger le pays des humiliations subies sur le terrain militaire. Mission accomplie. Ils Ă©taient d’ailleurs accueillis triomphalement Ă  Goma avant d’ĂȘtre dĂ©corĂ©s par le chef de l’État.

Cette fois-ci, le match Ă©tait tout aussi politique. Alors que plusieurs initiatives de la coalition au pouvoir tournent au ralenti, une victoire des LĂ©opards aurait pu offrir un  gain politique au rĂ©gime en place. Le dĂ©cor Ă©tait plantĂ© pour parvenir Ă  cette fin. PrĂ©sidents du SĂ©nat et de l’AssemblĂ©e nationale, ministres, parlementaires, et autres politiciens ont publiĂ© des banniĂšres de soutien aux LĂ©opards. Un groupe de dĂ©putĂ©s a mĂȘme fait le dĂ©placement de Casablanca aux frais du contribuable pour assister au match. Non sans susciter de la controverse. FĂ©lix Tshisekedi, le chef de l’État, lui, avait promis d’ĂȘtre prĂ©sent au Maroc pour le match, avant de changer d’avis. Serge Nkonde, ministre des Sports, a produit une chanson regroupant plusieurs artistes congolais. Un morceau musical qui Ă©graine, entre autres, les noms des membres influents de l’entourage du chef sous forme des mabanga, ces dĂ©dicaces trop prĂ©sentes dans la chanson congolaise. Serge Nkonde a aussi  affrĂ©tĂ© un avion privĂ© pour aller suivre le match. 

Cet engouement autour de l’équipe nationale de football masculin contraste avec la faible mobilisation Ă  l’égard d’autres sĂ©lections nationales pourtant plus performantes. Fin 2021, les LĂ©opards dames qui devaient jouer contre la GuinĂ©e aux Ă©liminatoires de la CAN fĂ©minine ont Ă©tĂ© Ă©liminĂ©s faute d’avoir fait le dĂ©placement. Toujours l’annĂ©e derniĂšre, l’équipe congolaise de dames de moins de 20 ans a dĂ» passer la nuit dans la rue aprĂšs avoir Ă©tĂ© chassĂ© de leur hĂŽtel faute de pouvoir rĂ©gler la facture. L’équipe nationale de basketball qui devait participer aux Ă©liminatoires de la coupe du monde a quant Ă  elle dĂ» prendre des billets Ă  crĂ©dit. Cette sĂ©lection avait pourtant remportĂ© l'Afrocan en 2019. 

En fait, en RDC, plutÎt que la performance,  la mobilisation populaire et la propension à la politisation semblent déterminer le soutien politique envers une  sélection nationale. 

HĂ©las, en football comme en politique, la dĂ©faite est orpheline. Mais contrairement Ă  la politique, le manque de rĂ©sultat au football se paye cash, et parfois avec brutalitĂ©. Ainsi, Ă  l’aller, l’arbitre avait Ă  peine sifflĂ© la fin du match que des bouteilles d’eau, sous forme de projectiles, Ă©taient lancĂ©es contre l’équipe nationale de la RDC. Au retour, selon radio Okapi, les LĂ©opards ont passĂ© la nuit Ă  l’aĂ©roport de Casablanca sans aucune information sur leur vol. 

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Bonjour et bienvenue dans ce cinquiĂšme Ă©pisode de la saison 2 de Po Na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualitĂ© de la RDC. Je suis Fred Bauma, secrĂ©taire exĂ©cutif d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence et partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New-York. Nous sommes le vendredi 1er avril 2022, et aujourd’hui, je vous parle du football. Mais pas que.

 

À Casablanca, le 29 mars, le pays a subi une dĂ©faite qui fait mal. Et ce n’est pas seulement pour des raisons purement sportives. Plus qu’un sport, le football et, surtout, les LĂ©opards sont un enjeu national qui unit autant qu’il divise. On se rappelle encore la finale du championnat d’Afrique de nations en 2016 au Rwanda lorsque le terrain de foot s’était transformĂ© en champ politique. Sur la pelouse synthĂ©tique du stade Amahoro se jouait alors un combat pour l’honneur : les LĂ©opards devaient venger le pays des humiliations subies sur le terrain militaire. Mission accomplie. Ils Ă©taient d’ailleurs accueillis triomphalement Ă  Goma avant d’ĂȘtre dĂ©corĂ©s par le chef de l’État.

Cette fois-ci, le match Ă©tait tout aussi politique. Alors que plusieurs initiatives de la coalition au pouvoir tournent au ralenti, une victoire des LĂ©opards aurait pu offrir un  gain politique au rĂ©gime en place. Le dĂ©cor Ă©tait plantĂ© pour parvenir Ă  cette fin. PrĂ©sidents du SĂ©nat et de l’AssemblĂ©e nationale, ministres, parlementaires, et autres politiciens ont publiĂ© des banniĂšres de soutien aux LĂ©opards. Un groupe de dĂ©putĂ©s a mĂȘme fait le dĂ©placement de Casablanca aux frais du contribuable pour assister au match. Non sans susciter de la controverse. FĂ©lix Tshisekedi, le chef de l’État, lui, avait promis d’ĂȘtre prĂ©sent au Maroc pour le match, avant de changer d’avis. Serge Nkonde, ministre des Sports, a produit une chanson regroupant plusieurs artistes congolais. Un morceau musical qui Ă©graine, entre autres, les noms des membres influents de l’entourage du chef sous forme des mabanga, ces dĂ©dicaces trop prĂ©sentes dans la chanson congolaise. Serge Nkonde a aussi  affrĂ©tĂ© un avion privĂ© pour aller suivre le match. 

Cet engouement autour de l’équipe nationale de football masculin contraste avec la faible mobilisation Ă  l’égard d’autres sĂ©lections nationales pourtant plus performantes. Fin 2021, les LĂ©opards dames qui devaient jouer contre la GuinĂ©e aux Ă©liminatoires de la CAN fĂ©minine ont Ă©tĂ© Ă©liminĂ©s faute d’avoir fait le dĂ©placement. Toujours l’annĂ©e derniĂšre, l’équipe congolaise de dames de moins de 20 ans a dĂ» passer la nuit dans la rue aprĂšs avoir Ă©tĂ© chassĂ© de leur hĂŽtel faute de pouvoir rĂ©gler la facture. L’équipe nationale de basketball qui devait participer aux Ă©liminatoires de la coupe du monde a quant Ă  elle dĂ» prendre des billets Ă  crĂ©dit. Cette sĂ©lection avait pourtant remportĂ© l'Afrocan en 2019. 

En fait, en RDC, plutÎt que la performance,  la mobilisation populaire et la propension à la politisation semblent déterminer le soutien politique envers une  sélection nationale. 

HĂ©las, en football comme en politique, la dĂ©faite est orpheline. Mais contrairement Ă  la politique, le manque de rĂ©sultat au football se paye cash, et parfois avec brutalitĂ©. Ainsi, Ă  l’aller, l’arbitre avait Ă  peine sifflĂ© la fin du match que des bouteilles d’eau, sous forme de projectiles, Ă©taient lancĂ©es contre l’équipe nationale de la RDC. Au retour, selon radio Okapi, les LĂ©opards ont passĂ© la nuit Ă  l’aĂ©roport de Casablanca sans aucune information sur leur vol. 

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Bonjour et bienvenue dans ce cinquiĂšme Ă©pisode de la saison 2 de Po Na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualitĂ© de la RDC. Je suis Fred Bauma, secrĂ©taire exĂ©cutif d’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence et partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New-York. Nous sommes le vendredi 1er avril 2022, et aujourd’hui, je vous parle du football. Mais pas que.

 

À Casablanca, le 29 mars, le pays a subi une dĂ©faite qui fait mal. Et ce n’est pas seulement pour des raisons purement sportives. Plus qu’un sport, le football et, surtout, les LĂ©opards sont un enjeu national qui unit autant qu’il divise. On se rappelle encore la finale du championnat d’Afrique de nations en 2016 au Rwanda lorsque le terrain de foot s’était transformĂ© en champ politique. Sur la pelouse synthĂ©tique du stade Amahoro se jouait alors un combat pour l’honneur : les LĂ©opards devaient venger le pays des humiliations subies sur le terrain militaire. Mission accomplie. Ils Ă©taient d’ailleurs accueillis triomphalement Ă  Goma avant d’ĂȘtre dĂ©corĂ©s par le chef de l’État.

Cette fois-ci, le match Ă©tait tout aussi politique. Alors que plusieurs initiatives de la coalition au pouvoir tournent au ralenti, une victoire des LĂ©opards aurait pu offrir un  gain politique au rĂ©gime en place. Le dĂ©cor Ă©tait plantĂ© pour parvenir Ă  cette fin. PrĂ©sidents du SĂ©nat et de l’AssemblĂ©e nationale, ministres, parlementaires, et autres politiciens ont publiĂ© des banniĂšres de soutien aux LĂ©opards. Un groupe de dĂ©putĂ©s a mĂȘme fait le dĂ©placement de Casablanca aux frais du contribuable pour assister au match. Non sans susciter de la controverse. FĂ©lix Tshisekedi, le chef de l’État, lui, avait promis d’ĂȘtre prĂ©sent au Maroc pour le match, avant de changer d’avis. Serge Nkonde, ministre des Sports, a produit une chanson regroupant plusieurs artistes congolais. Un morceau musical qui Ă©graine, entre autres, les noms des membres influents de l’entourage du chef sous forme des mabanga, ces dĂ©dicaces trop prĂ©sentes dans la chanson congolaise. Serge Nkonde a aussi  affrĂ©tĂ© un avion privĂ© pour aller suivre le match. 

Cet engouement autour de l’équipe nationale de football masculin contraste avec la faible mobilisation Ă  l’égard d’autres sĂ©lections nationales pourtant plus performantes. Fin 2021, les LĂ©opards dames qui devaient jouer contre la GuinĂ©e aux Ă©liminatoires de la CAN fĂ©minine ont Ă©tĂ© Ă©liminĂ©s faute d’avoir fait le dĂ©placement. Toujours l’annĂ©e derniĂšre, l’équipe congolaise de dames de moins de 20 ans a dĂ» passer la nuit dans la rue aprĂšs avoir Ă©tĂ© chassĂ© de leur hĂŽtel faute de pouvoir rĂ©gler la facture. L’équipe nationale de basketball qui devait participer aux Ă©liminatoires de la coupe du monde a quant Ă  elle dĂ» prendre des billets Ă  crĂ©dit. Cette sĂ©lection avait pourtant remportĂ© l'Afrocan en 2019. 

En fait, en RDC, plutÎt que la performance,  la mobilisation populaire et la propension à la politisation semblent déterminer le soutien politique envers une  sélection nationale. 

HĂ©las, en football comme en politique, la dĂ©faite est orpheline. Mais contrairement Ă  la politique, le manque de rĂ©sultat au football se paye cash, et parfois avec brutalitĂ©. Ainsi, Ă  l’aller, l’arbitre avait Ă  peine sifflĂ© la fin du match que des bouteilles d’eau, sous forme de projectiles, Ă©taient lancĂ©es contre l’équipe nationale de la RDC. Au retour, selon radio Okapi, les LĂ©opards ont passĂ© la nuit Ă  l’aĂ©roport de Casablanca sans aucune information sur leur vol. 

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