Est-il possible d’éviter la violence électorale pendant cette campagne ? cover
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🎙Po Na GEC

Est-il possible d’éviter la violence électorale pendant cette campagne ?

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04min |10/11/2023
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À moins de deux semaines du lancement officiel de la campagne électorale, le cortège de Martin Fayulu, opposant au régime de Félix Tshisekedi et candidat à la présidentielle du 20 décembre, a essuyé des jets de pierres à Tshikapa, dans la province du Kasaï. Ce nouvel incident dans la région du grand Kasaï, fief du président Tshisekedi, s'inscrit dans une série d'actes similaires. Fin juillet, Delly Sesanga, opposant et candidat à la présidentielle de décembre 2023, avait déjà subi le même sort à Kananga. Que faire pour que ces actes de violence ne dégénèrent et n'embrasent le pays durant la campagne électorale ?

Bonjour ! Je m’appelle Gamée Manzia. Je suis fellow à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Nous sommes le vendredi 10 novembre 2023. Vous écoutez le 44e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio d'Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui éclaire, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise.

Depuis le début, le processus électoral en cours connaît des frictions.  D’abord, entre acteurs politiques de premiers plans, ensuite, entre les sympathisants des formations politiques et des organisations de la société civile adversaires. Il y a eu en effet des tensions autour de la désignation des membres de la Cour constitutionnelle, de la Ceni, voire autour des réformes électorales. Et plus on approche de la tenue des élections, plus ces tensions augmentent.

Depuis la répression de la marche de l’opposition du 20 mai 2023, les actes et discours violents n'ont cessé de se multiplier dans plusieurs coins du pays. Arrestations de journalistes, restrictions de mouvements des candidats, jets de pierres, discours de haine, propos incendiaires sur les médias et réseaux sociaux, … Tout ceci corrobore de nombreuses études qui ont alerté sur les risques de violence au cours de ce processus électoral.

Les acteurs de cette violence sont divers et se retrouvent dans tous les états majors des partis politiques. À plusieurs reprises, certaines prises de position du président Tshisekedi pouvaient être interprétées comme susceptibles d’encourager la violence. Par exemple, à Mbuji Mayi le 24 juin, il a déclaré qu’il s’« m'attaquerai[t]sans hésitation et sans remords, à tout Congolais qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité de notre pays.» Et il a ajouté : « Peu importe ce qu’on en dira, violation des droits de l’homme ou privation de liberté (...)». 

Le 23 octobre 2023, à Lubumbashi, l’opposant Moïse Katumbi a, lors d’un meeting, menacé de donner un « butshetshe » (Traduisez coup de tête) à ceux qui « tenteront de freiner l’élan démocratique ». Du côté de la société civile, au mois de septembre, lors de son passage sur la radio Top Congo, Monseigneur Donatien Nshole a soutenu que « la Ceni crée un environnement favorable à une révolution (...) ». Et d’ajouter : « Je ne serai pas surpris qu'après la publication des résultats, nous puissions vivre une crise que tout le pays regrettera. » Propos qui ont été interprétés par le camp Tshisekedi comme une incitation à un coup d’État militaire.

Alors, comment arriver à la désescalade ? Tous les acteurs politiques et sociaux doivent être conscients que leurs discours peuvent, selon les cas, embraser le pays ou prévenir les violences. Ainsi, ils doivent s’abstenir d’inciter à la violence et, en même temps, la condamner. La condamnation des récentes attaques contre Fayulu par le président Tshisekedi via sa porte-parole va dans la bonne direction.

Lire encore plus loin sur www.congoresearchgroup.org



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À moins de deux semaines du lancement officiel de la campagne électorale, le cortège de Martin Fayulu, opposant au régime de Félix Tshisekedi et candidat à la présidentielle du 20 décembre, a essuyé des jets de pierres à Tshikapa, dans la province du Kasaï. Ce nouvel incident dans la région du grand Kasaï, fief du président Tshisekedi, s'inscrit dans une série d'actes similaires. Fin juillet, Delly Sesanga, opposant et candidat à la présidentielle de décembre 2023, avait déjà subi le même sort à Kananga. Que faire pour que ces actes de violence ne dégénèrent et n'embrasent le pays durant la campagne électorale ?

Bonjour ! Je m’appelle Gamée Manzia. Je suis fellow à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Nous sommes le vendredi 10 novembre 2023. Vous écoutez le 44e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio d'Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui éclaire, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise.

Depuis le début, le processus électoral en cours connaît des frictions.  D’abord, entre acteurs politiques de premiers plans, ensuite, entre les sympathisants des formations politiques et des organisations de la société civile adversaires. Il y a eu en effet des tensions autour de la désignation des membres de la Cour constitutionnelle, de la Ceni, voire autour des réformes électorales. Et plus on approche de la tenue des élections, plus ces tensions augmentent.

Depuis la répression de la marche de l’opposition du 20 mai 2023, les actes et discours violents n'ont cessé de se multiplier dans plusieurs coins du pays. Arrestations de journalistes, restrictions de mouvements des candidats, jets de pierres, discours de haine, propos incendiaires sur les médias et réseaux sociaux, … Tout ceci corrobore de nombreuses études qui ont alerté sur les risques de violence au cours de ce processus électoral.

Les acteurs de cette violence sont divers et se retrouvent dans tous les états majors des partis politiques. À plusieurs reprises, certaines prises de position du président Tshisekedi pouvaient être interprétées comme susceptibles d’encourager la violence. Par exemple, à Mbuji Mayi le 24 juin, il a déclaré qu’il s’« m'attaquerai[t]sans hésitation et sans remords, à tout Congolais qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité de notre pays.» Et il a ajouté : « Peu importe ce qu’on en dira, violation des droits de l’homme ou privation de liberté (...)». 

Le 23 octobre 2023, à Lubumbashi, l’opposant Moïse Katumbi a, lors d’un meeting, menacé de donner un « butshetshe » (Traduisez coup de tête) à ceux qui « tenteront de freiner l’élan démocratique ». Du côté de la société civile, au mois de septembre, lors de son passage sur la radio Top Congo, Monseigneur Donatien Nshole a soutenu que « la Ceni crée un environnement favorable à une révolution (...) ». Et d’ajouter : « Je ne serai pas surpris qu'après la publication des résultats, nous puissions vivre une crise que tout le pays regrettera. » Propos qui ont été interprétés par le camp Tshisekedi comme une incitation à un coup d’État militaire.

Alors, comment arriver à la désescalade ? Tous les acteurs politiques et sociaux doivent être conscients que leurs discours peuvent, selon les cas, embraser le pays ou prévenir les violences. Ainsi, ils doivent s’abstenir d’inciter à la violence et, en même temps, la condamner. La condamnation des récentes attaques contre Fayulu par le président Tshisekedi via sa porte-parole va dans la bonne direction.

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À moins de deux semaines du lancement officiel de la campagne électorale, le cortège de Martin Fayulu, opposant au régime de Félix Tshisekedi et candidat à la présidentielle du 20 décembre, a essuyé des jets de pierres à Tshikapa, dans la province du Kasaï. Ce nouvel incident dans la région du grand Kasaï, fief du président Tshisekedi, s'inscrit dans une série d'actes similaires. Fin juillet, Delly Sesanga, opposant et candidat à la présidentielle de décembre 2023, avait déjà subi le même sort à Kananga. Que faire pour que ces actes de violence ne dégénèrent et n'embrasent le pays durant la campagne électorale ?

Bonjour ! Je m’appelle Gamée Manzia. Je suis fellow à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Nous sommes le vendredi 10 novembre 2023. Vous écoutez le 44e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio d'Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui éclaire, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise.

Depuis le début, le processus électoral en cours connaît des frictions.  D’abord, entre acteurs politiques de premiers plans, ensuite, entre les sympathisants des formations politiques et des organisations de la société civile adversaires. Il y a eu en effet des tensions autour de la désignation des membres de la Cour constitutionnelle, de la Ceni, voire autour des réformes électorales. Et plus on approche de la tenue des élections, plus ces tensions augmentent.

Depuis la répression de la marche de l’opposition du 20 mai 2023, les actes et discours violents n'ont cessé de se multiplier dans plusieurs coins du pays. Arrestations de journalistes, restrictions de mouvements des candidats, jets de pierres, discours de haine, propos incendiaires sur les médias et réseaux sociaux, … Tout ceci corrobore de nombreuses études qui ont alerté sur les risques de violence au cours de ce processus électoral.

Les acteurs de cette violence sont divers et se retrouvent dans tous les états majors des partis politiques. À plusieurs reprises, certaines prises de position du président Tshisekedi pouvaient être interprétées comme susceptibles d’encourager la violence. Par exemple, à Mbuji Mayi le 24 juin, il a déclaré qu’il s’« m'attaquerai[t]sans hésitation et sans remords, à tout Congolais qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité de notre pays.» Et il a ajouté : « Peu importe ce qu’on en dira, violation des droits de l’homme ou privation de liberté (...)». 

Le 23 octobre 2023, à Lubumbashi, l’opposant Moïse Katumbi a, lors d’un meeting, menacé de donner un « butshetshe » (Traduisez coup de tête) à ceux qui « tenteront de freiner l’élan démocratique ». Du côté de la société civile, au mois de septembre, lors de son passage sur la radio Top Congo, Monseigneur Donatien Nshole a soutenu que « la Ceni crée un environnement favorable à une révolution (...) ». Et d’ajouter : « Je ne serai pas surpris qu'après la publication des résultats, nous puissions vivre une crise que tout le pays regrettera. » Propos qui ont été interprétés par le camp Tshisekedi comme une incitation à un coup d’État militaire.

Alors, comment arriver à la désescalade ? Tous les acteurs politiques et sociaux doivent être conscients que leurs discours peuvent, selon les cas, embraser le pays ou prévenir les violences. Ainsi, ils doivent s’abstenir d’inciter à la violence et, en même temps, la condamner. La condamnation des récentes attaques contre Fayulu par le président Tshisekedi via sa porte-parole va dans la bonne direction.

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À moins de deux semaines du lancement officiel de la campagne électorale, le cortège de Martin Fayulu, opposant au régime de Félix Tshisekedi et candidat à la présidentielle du 20 décembre, a essuyé des jets de pierres à Tshikapa, dans la province du Kasaï. Ce nouvel incident dans la région du grand Kasaï, fief du président Tshisekedi, s'inscrit dans une série d'actes similaires. Fin juillet, Delly Sesanga, opposant et candidat à la présidentielle de décembre 2023, avait déjà subi le même sort à Kananga. Que faire pour que ces actes de violence ne dégénèrent et n'embrasent le pays durant la campagne électorale ?

Bonjour ! Je m’appelle Gamée Manzia. Je suis fellow à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Nous sommes le vendredi 10 novembre 2023. Vous écoutez le 44e épisode de la saison 3 de Po Na GEC, la capsule audio d'Ebuteli et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui éclaire, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise.

Depuis le début, le processus électoral en cours connaît des frictions.  D’abord, entre acteurs politiques de premiers plans, ensuite, entre les sympathisants des formations politiques et des organisations de la société civile adversaires. Il y a eu en effet des tensions autour de la désignation des membres de la Cour constitutionnelle, de la Ceni, voire autour des réformes électorales. Et plus on approche de la tenue des élections, plus ces tensions augmentent.

Depuis la répression de la marche de l’opposition du 20 mai 2023, les actes et discours violents n'ont cessé de se multiplier dans plusieurs coins du pays. Arrestations de journalistes, restrictions de mouvements des candidats, jets de pierres, discours de haine, propos incendiaires sur les médias et réseaux sociaux, … Tout ceci corrobore de nombreuses études qui ont alerté sur les risques de violence au cours de ce processus électoral.

Les acteurs de cette violence sont divers et se retrouvent dans tous les états majors des partis politiques. À plusieurs reprises, certaines prises de position du président Tshisekedi pouvaient être interprétées comme susceptibles d’encourager la violence. Par exemple, à Mbuji Mayi le 24 juin, il a déclaré qu’il s’« m'attaquerai[t]sans hésitation et sans remords, à tout Congolais qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité de notre pays.» Et il a ajouté : « Peu importe ce qu’on en dira, violation des droits de l’homme ou privation de liberté (...)». 

Le 23 octobre 2023, à Lubumbashi, l’opposant Moïse Katumbi a, lors d’un meeting, menacé de donner un « butshetshe » (Traduisez coup de tête) à ceux qui « tenteront de freiner l’élan démocratique ». Du côté de la société civile, au mois de septembre, lors de son passage sur la radio Top Congo, Monseigneur Donatien Nshole a soutenu que « la Ceni crée un environnement favorable à une révolution (...) ». Et d’ajouter : « Je ne serai pas surpris qu'après la publication des résultats, nous puissions vivre une crise que tout le pays regrettera. » Propos qui ont été interprétés par le camp Tshisekedi comme une incitation à un coup d’État militaire.

Alors, comment arriver à la désescalade ? Tous les acteurs politiques et sociaux doivent être conscients que leurs discours peuvent, selon les cas, embraser le pays ou prévenir les violences. Ainsi, ils doivent s’abstenir d’inciter à la violence et, en même temps, la condamner. La condamnation des récentes attaques contre Fayulu par le président Tshisekedi via sa porte-parole va dans la bonne direction.

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