🎙 KasaĂŻ : comprendre le regain de tension à Bakuakenge cover
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🎙Po na GEC

🎙 KasaĂŻ : comprendre le regain de tension à Bakuakenge

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04min |09/04/2021
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Le mardi 6 avril, des ressortissants du territoire de Mweka Ă  Kinshasa Ă©crivent un mĂ©morandum Ă  FĂ©lix Tshisekedi. Objectif : attirer l’attention du chef de l’Etat sur les tueries qui ont eu lieu, la nuit du 28 au 29 mars, d’au moins 13 personnes Ă  Bakuakenge, localitĂ© situĂ©e Ă  la frontiĂšre entre les territoires de Mweka au KasaĂŻ et de Demba au KasaĂŻ Central. Comment comprendre ce regain de tension ?

Nous sommes le vendredi 9 avril et vous Ă©coutez le 9e numĂ©ro de Po na GEC, une capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New-York, qui tente d’éclairer l’actualitĂ© de la RDC. Je m’appelle Joshua Walker, et je suis le directeur de programme du GEC. 

Ces violences auraient dĂ©coulĂ© d’une mĂ©sentente entre une femme lubaphone et un homme kuba autour d’une assistance humanitaire cash du PAM. Les victimes de l’attaque seraient de la communautĂ© kuba. Hormis les morts, il y a aurait des milliers de dĂ©placĂ©s et la maison du sĂ©nateur Evariste Boshab, grand notable kuba dont le village d’origine se situe Ă  quelques kilomĂštres de Bakuakenge, a Ă©tĂ© incendiĂ©e. Des sources diplomatiques parlent de l’usage pendant l’attaque des pratiques jadis associĂ©es aux miliciens Kamuina Nsapu, comme la dĂ©capitation.

Les tensions et violences intercommunautaires ne sont, malheureusement, pas Ă©trangĂšres Ă  Bakuakenge. En aoĂ»t 2020, des affrontements y ont fait 11 morts, dont des Lubaphones et des Kuba. Ces tensions persistantes concernent donc la communautĂ© kuba, d’un cĂŽtĂ©, et celle des lubaphones de l’autre. Au cƓur du conflit : l’appartenance (ou non) de la localitĂ© de Bakuakenge et de ses habitants au territoire de Mweka, au Kasai, ou de Demba, au KasaĂŻ Central. La dimension communautaire relĂšve aussi d’une question qui chevauche l’identitĂ© et les limites territoriales : les Lubaphones Ă  Bakuakenge, connus sous le nom de Bena Milombe, habitent-ils un territoire Ă  majoritĂ© lubaphone, en l’occurrence celui de Demba, ou dans le territoire de Mweka, dont les limites sont identiques Ă  celles de la chefferie des Bakuba ? Rappelons ici que les rĂ©organisations administratives successives depuis l’époque coloniale ont fait dĂ©placer la frontiĂšre dans cette zone Ă  plusieurs reprises. Les limites des territoires et surtout des groupements au KasaĂŻ sont Ă  la base de nombreux conflits dans la rĂ©gion. 

En plus de la dimension administrative et communautaire, la gare de Bakuakenge est parmi les plus rentables de la zone. Et comme dans beaucoup de conflits locaux ailleurs en RDC, les disputes autour des droits fonciers ne manquent pas. L’appartenance de Bakuakenge Ă  l'une ou l’autre province est donc aussi un enjeu Ă©conomique majeur. Et enfin, l’enjeu Ă©lectoral : l’appartenance des Ă©lecteurs de Bakuakenge Ă  la circonscription de Demba ou de Mweka.

Ce conflit Ă  multiples dimensions avait pourtant Ă©tĂ© traitĂ© lors de la ConfĂ©rence pour la Paix et la RĂ©conciliation entre les CommunautĂ©s locales de Demba et de Mweka  d’octobre 2020 Ă  Kananga. Le rapport final de ces assises avait soulignĂ©, entre autres, que la gare de Bakuakenge se trouve dans le territoire de Mweka, suivant un rapport prĂ©sentĂ© par un expert de l’Institut gĂ©ographique du Congo. Si du cĂŽtĂ© des ressortissants de Mweka, c’est-Ă -dire des Kuba, on revendique la “non politisation des conclusions” de la confĂ©rence pour la paix, en privĂ©, certains hommes politiques originaires du KasaĂŻ Central seraient toujours contre l’application de cette conclusion.

Bakuakenge renseigne comment les conflits fonciers et identitaires peuvent vite devenir violents, parfois Ă  cause de leur politisation. Dans le cas d’espĂšce, la montĂ©e des tensions est en partie la consĂ©quence inattendue du dĂ©coupage de l’ancienne province du KasaĂŻ Occidental. De surcroĂźt, ce conflit, qui a lieu dans une zone qui a connu de fortes violences pendant le conflit dit “Kamuina Nsapu” en 2016 et 2017, rappelle que le dĂ©bat sur les dynamiques sĂ©curitaires et la stabilisation ne doit pas se limiter aux provinces de l’Est. 

Pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC », G, E, C, au +243 894 110 542. À trĂšs vite !

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Le mardi 6 avril, des ressortissants du territoire de Mweka Ă  Kinshasa Ă©crivent un mĂ©morandum Ă  FĂ©lix Tshisekedi. Objectif : attirer l’attention du chef de l’Etat sur les tueries qui ont eu lieu, la nuit du 28 au 29 mars, d’au moins 13 personnes Ă  Bakuakenge, localitĂ© situĂ©e Ă  la frontiĂšre entre les territoires de Mweka au KasaĂŻ et de Demba au KasaĂŻ Central. Comment comprendre ce regain de tension ?

Nous sommes le vendredi 9 avril et vous Ă©coutez le 9e numĂ©ro de Po na GEC, une capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New-York, qui tente d’éclairer l’actualitĂ© de la RDC. Je m’appelle Joshua Walker, et je suis le directeur de programme du GEC. 

Ces violences auraient dĂ©coulĂ© d’une mĂ©sentente entre une femme lubaphone et un homme kuba autour d’une assistance humanitaire cash du PAM. Les victimes de l’attaque seraient de la communautĂ© kuba. Hormis les morts, il y a aurait des milliers de dĂ©placĂ©s et la maison du sĂ©nateur Evariste Boshab, grand notable kuba dont le village d’origine se situe Ă  quelques kilomĂštres de Bakuakenge, a Ă©tĂ© incendiĂ©e. Des sources diplomatiques parlent de l’usage pendant l’attaque des pratiques jadis associĂ©es aux miliciens Kamuina Nsapu, comme la dĂ©capitation.

Les tensions et violences intercommunautaires ne sont, malheureusement, pas Ă©trangĂšres Ă  Bakuakenge. En aoĂ»t 2020, des affrontements y ont fait 11 morts, dont des Lubaphones et des Kuba. Ces tensions persistantes concernent donc la communautĂ© kuba, d’un cĂŽtĂ©, et celle des lubaphones de l’autre. Au cƓur du conflit : l’appartenance (ou non) de la localitĂ© de Bakuakenge et de ses habitants au territoire de Mweka, au Kasai, ou de Demba, au KasaĂŻ Central. La dimension communautaire relĂšve aussi d’une question qui chevauche l’identitĂ© et les limites territoriales : les Lubaphones Ă  Bakuakenge, connus sous le nom de Bena Milombe, habitent-ils un territoire Ă  majoritĂ© lubaphone, en l’occurrence celui de Demba, ou dans le territoire de Mweka, dont les limites sont identiques Ă  celles de la chefferie des Bakuba ? Rappelons ici que les rĂ©organisations administratives successives depuis l’époque coloniale ont fait dĂ©placer la frontiĂšre dans cette zone Ă  plusieurs reprises. Les limites des territoires et surtout des groupements au KasaĂŻ sont Ă  la base de nombreux conflits dans la rĂ©gion. 

En plus de la dimension administrative et communautaire, la gare de Bakuakenge est parmi les plus rentables de la zone. Et comme dans beaucoup de conflits locaux ailleurs en RDC, les disputes autour des droits fonciers ne manquent pas. L’appartenance de Bakuakenge Ă  l'une ou l’autre province est donc aussi un enjeu Ă©conomique majeur. Et enfin, l’enjeu Ă©lectoral : l’appartenance des Ă©lecteurs de Bakuakenge Ă  la circonscription de Demba ou de Mweka.

Ce conflit Ă  multiples dimensions avait pourtant Ă©tĂ© traitĂ© lors de la ConfĂ©rence pour la Paix et la RĂ©conciliation entre les CommunautĂ©s locales de Demba et de Mweka  d’octobre 2020 Ă  Kananga. Le rapport final de ces assises avait soulignĂ©, entre autres, que la gare de Bakuakenge se trouve dans le territoire de Mweka, suivant un rapport prĂ©sentĂ© par un expert de l’Institut gĂ©ographique du Congo. Si du cĂŽtĂ© des ressortissants de Mweka, c’est-Ă -dire des Kuba, on revendique la “non politisation des conclusions” de la confĂ©rence pour la paix, en privĂ©, certains hommes politiques originaires du KasaĂŻ Central seraient toujours contre l’application de cette conclusion.

Bakuakenge renseigne comment les conflits fonciers et identitaires peuvent vite devenir violents, parfois Ă  cause de leur politisation. Dans le cas d’espĂšce, la montĂ©e des tensions est en partie la consĂ©quence inattendue du dĂ©coupage de l’ancienne province du KasaĂŻ Occidental. De surcroĂźt, ce conflit, qui a lieu dans une zone qui a connu de fortes violences pendant le conflit dit “Kamuina Nsapu” en 2016 et 2017, rappelle que le dĂ©bat sur les dynamiques sĂ©curitaires et la stabilisation ne doit pas se limiter aux provinces de l’Est. 

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Ces violences auraient dĂ©coulĂ© d’une mĂ©sentente entre une femme lubaphone et un homme kuba autour d’une assistance humanitaire cash du PAM. Les victimes de l’attaque seraient de la communautĂ© kuba. Hormis les morts, il y a aurait des milliers de dĂ©placĂ©s et la maison du sĂ©nateur Evariste Boshab, grand notable kuba dont le village d’origine se situe Ă  quelques kilomĂštres de Bakuakenge, a Ă©tĂ© incendiĂ©e. Des sources diplomatiques parlent de l’usage pendant l’attaque des pratiques jadis associĂ©es aux miliciens Kamuina Nsapu, comme la dĂ©capitation.

Les tensions et violences intercommunautaires ne sont, malheureusement, pas Ă©trangĂšres Ă  Bakuakenge. En aoĂ»t 2020, des affrontements y ont fait 11 morts, dont des Lubaphones et des Kuba. Ces tensions persistantes concernent donc la communautĂ© kuba, d’un cĂŽtĂ©, et celle des lubaphones de l’autre. Au cƓur du conflit : l’appartenance (ou non) de la localitĂ© de Bakuakenge et de ses habitants au territoire de Mweka, au Kasai, ou de Demba, au KasaĂŻ Central. La dimension communautaire relĂšve aussi d’une question qui chevauche l’identitĂ© et les limites territoriales : les Lubaphones Ă  Bakuakenge, connus sous le nom de Bena Milombe, habitent-ils un territoire Ă  majoritĂ© lubaphone, en l’occurrence celui de Demba, ou dans le territoire de Mweka, dont les limites sont identiques Ă  celles de la chefferie des Bakuba ? Rappelons ici que les rĂ©organisations administratives successives depuis l’époque coloniale ont fait dĂ©placer la frontiĂšre dans cette zone Ă  plusieurs reprises. Les limites des territoires et surtout des groupements au KasaĂŻ sont Ă  la base de nombreux conflits dans la rĂ©gion. 

En plus de la dimension administrative et communautaire, la gare de Bakuakenge est parmi les plus rentables de la zone. Et comme dans beaucoup de conflits locaux ailleurs en RDC, les disputes autour des droits fonciers ne manquent pas. L’appartenance de Bakuakenge Ă  l'une ou l’autre province est donc aussi un enjeu Ă©conomique majeur. Et enfin, l’enjeu Ă©lectoral : l’appartenance des Ă©lecteurs de Bakuakenge Ă  la circonscription de Demba ou de Mweka.

Ce conflit Ă  multiples dimensions avait pourtant Ă©tĂ© traitĂ© lors de la ConfĂ©rence pour la Paix et la RĂ©conciliation entre les CommunautĂ©s locales de Demba et de Mweka  d’octobre 2020 Ă  Kananga. Le rapport final de ces assises avait soulignĂ©, entre autres, que la gare de Bakuakenge se trouve dans le territoire de Mweka, suivant un rapport prĂ©sentĂ© par un expert de l’Institut gĂ©ographique du Congo. Si du cĂŽtĂ© des ressortissants de Mweka, c’est-Ă -dire des Kuba, on revendique la “non politisation des conclusions” de la confĂ©rence pour la paix, en privĂ©, certains hommes politiques originaires du KasaĂŻ Central seraient toujours contre l’application de cette conclusion.

Bakuakenge renseigne comment les conflits fonciers et identitaires peuvent vite devenir violents, parfois Ă  cause de leur politisation. Dans le cas d’espĂšce, la montĂ©e des tensions est en partie la consĂ©quence inattendue du dĂ©coupage de l’ancienne province du KasaĂŻ Occidental. De surcroĂźt, ce conflit, qui a lieu dans une zone qui a connu de fortes violences pendant le conflit dit “Kamuina Nsapu” en 2016 et 2017, rappelle que le dĂ©bat sur les dynamiques sĂ©curitaires et la stabilisation ne doit pas se limiter aux provinces de l’Est. 

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Nous sommes le vendredi 9 avril et vous Ă©coutez le 9e numĂ©ro de Po na GEC, une capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New-York, qui tente d’éclairer l’actualitĂ© de la RDC. Je m’appelle Joshua Walker, et je suis le directeur de programme du GEC. 

Ces violences auraient dĂ©coulĂ© d’une mĂ©sentente entre une femme lubaphone et un homme kuba autour d’une assistance humanitaire cash du PAM. Les victimes de l’attaque seraient de la communautĂ© kuba. Hormis les morts, il y a aurait des milliers de dĂ©placĂ©s et la maison du sĂ©nateur Evariste Boshab, grand notable kuba dont le village d’origine se situe Ă  quelques kilomĂštres de Bakuakenge, a Ă©tĂ© incendiĂ©e. Des sources diplomatiques parlent de l’usage pendant l’attaque des pratiques jadis associĂ©es aux miliciens Kamuina Nsapu, comme la dĂ©capitation.

Les tensions et violences intercommunautaires ne sont, malheureusement, pas Ă©trangĂšres Ă  Bakuakenge. En aoĂ»t 2020, des affrontements y ont fait 11 morts, dont des Lubaphones et des Kuba. Ces tensions persistantes concernent donc la communautĂ© kuba, d’un cĂŽtĂ©, et celle des lubaphones de l’autre. Au cƓur du conflit : l’appartenance (ou non) de la localitĂ© de Bakuakenge et de ses habitants au territoire de Mweka, au Kasai, ou de Demba, au KasaĂŻ Central. La dimension communautaire relĂšve aussi d’une question qui chevauche l’identitĂ© et les limites territoriales : les Lubaphones Ă  Bakuakenge, connus sous le nom de Bena Milombe, habitent-ils un territoire Ă  majoritĂ© lubaphone, en l’occurrence celui de Demba, ou dans le territoire de Mweka, dont les limites sont identiques Ă  celles de la chefferie des Bakuba ? Rappelons ici que les rĂ©organisations administratives successives depuis l’époque coloniale ont fait dĂ©placer la frontiĂšre dans cette zone Ă  plusieurs reprises. Les limites des territoires et surtout des groupements au KasaĂŻ sont Ă  la base de nombreux conflits dans la rĂ©gion. 

En plus de la dimension administrative et communautaire, la gare de Bakuakenge est parmi les plus rentables de la zone. Et comme dans beaucoup de conflits locaux ailleurs en RDC, les disputes autour des droits fonciers ne manquent pas. L’appartenance de Bakuakenge Ă  l'une ou l’autre province est donc aussi un enjeu Ă©conomique majeur. Et enfin, l’enjeu Ă©lectoral : l’appartenance des Ă©lecteurs de Bakuakenge Ă  la circonscription de Demba ou de Mweka.

Ce conflit Ă  multiples dimensions avait pourtant Ă©tĂ© traitĂ© lors de la ConfĂ©rence pour la Paix et la RĂ©conciliation entre les CommunautĂ©s locales de Demba et de Mweka  d’octobre 2020 Ă  Kananga. Le rapport final de ces assises avait soulignĂ©, entre autres, que la gare de Bakuakenge se trouve dans le territoire de Mweka, suivant un rapport prĂ©sentĂ© par un expert de l’Institut gĂ©ographique du Congo. Si du cĂŽtĂ© des ressortissants de Mweka, c’est-Ă -dire des Kuba, on revendique la “non politisation des conclusions” de la confĂ©rence pour la paix, en privĂ©, certains hommes politiques originaires du KasaĂŻ Central seraient toujours contre l’application de cette conclusion.

Bakuakenge renseigne comment les conflits fonciers et identitaires peuvent vite devenir violents, parfois Ă  cause de leur politisation. Dans le cas d’espĂšce, la montĂ©e des tensions est en partie la consĂ©quence inattendue du dĂ©coupage de l’ancienne province du KasaĂŻ Occidental. De surcroĂźt, ce conflit, qui a lieu dans une zone qui a connu de fortes violences pendant le conflit dit “Kamuina Nsapu” en 2016 et 2017, rappelle que le dĂ©bat sur les dynamiques sĂ©curitaires et la stabilisation ne doit pas se limiter aux provinces de l’Est. 

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