L’état de siège, des auditions et des enseignements cover
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🎙Po na GEC

L’état de siège, des auditions et des enseignements

L’état de siège, des auditions et des enseignements

04min |03/09/2021
Listen
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Description

Que se dit-il derrière les portes closes de la Salle des banquets du palais du Peuple ? Entre le 5 et le 26 août dernier, cinq ministres y ont défilé devant la commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale. Mais aussi le chef d’état-major général de l’armée ainsi que les gouverneurs militaires du Nord-Kivu et de l’Ituri, provinces placées sous l’état de siège. Et ce n’est pas tout : sont désormais attendus pour être également auditionnés, dans les prochains jours : l’inspecteur général des finances, l’inspecteur général de l’armée et celui de la police. Officiellement, c’est une évaluation à mi-parcours de l’état de siège. Dans les faits, une seule question est sur toutes les lèvres : où sont vraiment passés les fonds débloqués par l’État pour la mise en œuvre de cette mesure exceptionnelle dans l’est de la RDC ?

Bonjour,

Je suis Trésor Kibangula, analyste politique au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche de l’Université de New York. Vous écoutez le 29ème numéro de Po Na GEC, notre capsule audio qui tente d’éclairer les questions d’actualité en RDC. Nous sommes le vendredi 2 septembre 2021.

Alors, que nous inspire cette série d’auditions à huis-clos devant la commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale ?

Le premier enseignement est en fait une confirmation. Comme pour le projet de loi d’habilitation - voulu par le chef de l’État mais boudé par des députés et, finalement, jamais examiné -, certains élus refusent de se cantonner au rôle de caisse de résonance de l’exécutif. Du moins, en ce qui concerne l’état de siège qui, par ailleurs, vient d’être renouvelé pour la septième fois consécutive pour la période du 3 au 17 septembre.

Fin juillet, une mission de contrôle initiée par le ministère de la Défense a révélé que quelques haut-gradés de l’armée ont conservé 13 millions de dollars à Kinshasa alors que ces fonds étaient destinés aux opérations militaires sur le terrain, dans les provinces concernées par l’état de siège. “Cet argent devait servir notamment à acheter des drones et autres équipements militaires”, confie un ministre proche du dossier. Ce que confirme un autre collaborateur du chef de l’État, précisant de son côté que la première tranche décaissée par le gouvernement se situerait autour de 30 millions de dollars américains sur un total d'environ 50 millions déjà débloqués depuis l’instauration de l’état de siège.

C’est d’ailleurs là le deuxième enseignement de ce contrôle parlementaire qui s’intéresse à la traçabilité des fonds engagés et les modalités de leur décaissement en procédure d’urgence. En “se pliant à l’exercice”, pour emprunter l’élément de langage repris dans l’entourage du président Félix Tshisekedi, le pouvoir actuel veut donc démontrer qu’il n’a “rien à cacher” et, surtout, qu’il est prêt à jouer, lui aussi, la carte de la redevabilité.

De fait, cette approche est destinée à renforcer l’idée que le pouvoir de Tshisekedi voudrait faire passer, celle d’un régime qui s’engage véritablement dans la lutte contre la corruption. Ce qui ne serait que bénéfique pour l’image du chef de l’État auprès des partenaires financiers internationaux de la RDC mais aussi au sein de l’opinion publique. N’entend-on pas déjà certains milieux politiques proches du pouvoir applaudir le fait que, pour la première fois depuis bien longtemps, le circuit des dépenses allouées à l’armée soit enfin audité ? D’autant que des détournements des soldes des militaires, voire celles des troupes engagées sur de différents fronts, ne surprennent plus personne au Congo et ne déclenchent souvent pas de poursuites. Voilà donc que les choses changent, se félicite-t-on à l’Inspection générale de l’armée : dans ce dossier, elle indique d’ailleurs que sept officiers des FARDC soupçonnés d’être impliqués dans le détournement des fonds ont été arrêtés à Bunia. À Beni, ils sont trois officiers et un sous-officier aux arrêts, également accusés de détournement.

Et la filière remonterait, très probablement, jusqu’à l’état-major des FARDC à Kinshasa. On se souviendra qu’il y a peu, vers la fin du mois de juin, le président Tshisekedi dénonçait publiquement la “mafia” dans l’armée, des “magouilles qui minent nos forces de sécurité”. Moins de trois mois après, ces auditions qui devraient être sanctionnées par un rapport mais aussi des enquêtes en cours de l’Inspection générale de l’armée offriront sans doute au chef de l’État la possibilité de se débarrasser de nouveau de quelques haut-gradés, au nom de la lutte contre la corruption. Une fois` de plus, Tshisekedi s’appuiera alors sur le levier justice de son pouvoir pour écarter de nouveau certains puissants et intouchables d’hier. Il renforcera ainsi son influence sur le système institutionnel et, en même temps, s’assurera d’avoir l’opinion publique avec lui. Encore faut-il que ces éventuels remaniements au sein de l’armée s'accompagnent des résultats sur le terrain. Ce qui paraît être le dernier enseignement de ces auditions, lesquelles se poursuivront sûrement après l’interminable session ordinaire de mars… toujours en cours.

En attendant, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone. À bientôt !

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Que se dit-il derrière les portes closes de la Salle des banquets du palais du Peuple ? Entre le 5 et le 26 août dernier, cinq ministres y ont défilé devant la commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale. Mais aussi le chef d’état-major général de l’armée ainsi que les gouverneurs militaires du Nord-Kivu et de l’Ituri, provinces placées sous l’état de siège. Et ce n’est pas tout : sont désormais attendus pour être également auditionnés, dans les prochains jours : l’inspecteur général des finances, l’inspecteur général de l’armée et celui de la police. Officiellement, c’est une évaluation à mi-parcours de l’état de siège. Dans les faits, une seule question est sur toutes les lèvres : où sont vraiment passés les fonds débloqués par l’État pour la mise en œuvre de cette mesure exceptionnelle dans l’est de la RDC ?

Bonjour,

Je suis Trésor Kibangula, analyste politique au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche de l’Université de New York. Vous écoutez le 29ème numéro de Po Na GEC, notre capsule audio qui tente d’éclairer les questions d’actualité en RDC. Nous sommes le vendredi 2 septembre 2021.

Alors, que nous inspire cette série d’auditions à huis-clos devant la commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale ?

Le premier enseignement est en fait une confirmation. Comme pour le projet de loi d’habilitation - voulu par le chef de l’État mais boudé par des députés et, finalement, jamais examiné -, certains élus refusent de se cantonner au rôle de caisse de résonance de l’exécutif. Du moins, en ce qui concerne l’état de siège qui, par ailleurs, vient d’être renouvelé pour la septième fois consécutive pour la période du 3 au 17 septembre.

Fin juillet, une mission de contrôle initiée par le ministère de la Défense a révélé que quelques haut-gradés de l’armée ont conservé 13 millions de dollars à Kinshasa alors que ces fonds étaient destinés aux opérations militaires sur le terrain, dans les provinces concernées par l’état de siège. “Cet argent devait servir notamment à acheter des drones et autres équipements militaires”, confie un ministre proche du dossier. Ce que confirme un autre collaborateur du chef de l’État, précisant de son côté que la première tranche décaissée par le gouvernement se situerait autour de 30 millions de dollars américains sur un total d'environ 50 millions déjà débloqués depuis l’instauration de l’état de siège.

C’est d’ailleurs là le deuxième enseignement de ce contrôle parlementaire qui s’intéresse à la traçabilité des fonds engagés et les modalités de leur décaissement en procédure d’urgence. En “se pliant à l’exercice”, pour emprunter l’élément de langage repris dans l’entourage du président Félix Tshisekedi, le pouvoir actuel veut donc démontrer qu’il n’a “rien à cacher” et, surtout, qu’il est prêt à jouer, lui aussi, la carte de la redevabilité.

De fait, cette approche est destinée à renforcer l’idée que le pouvoir de Tshisekedi voudrait faire passer, celle d’un régime qui s’engage véritablement dans la lutte contre la corruption. Ce qui ne serait que bénéfique pour l’image du chef de l’État auprès des partenaires financiers internationaux de la RDC mais aussi au sein de l’opinion publique. N’entend-on pas déjà certains milieux politiques proches du pouvoir applaudir le fait que, pour la première fois depuis bien longtemps, le circuit des dépenses allouées à l’armée soit enfin audité ? D’autant que des détournements des soldes des militaires, voire celles des troupes engagées sur de différents fronts, ne surprennent plus personne au Congo et ne déclenchent souvent pas de poursuites. Voilà donc que les choses changent, se félicite-t-on à l’Inspection générale de l’armée : dans ce dossier, elle indique d’ailleurs que sept officiers des FARDC soupçonnés d’être impliqués dans le détournement des fonds ont été arrêtés à Bunia. À Beni, ils sont trois officiers et un sous-officier aux arrêts, également accusés de détournement.

Et la filière remonterait, très probablement, jusqu’à l’état-major des FARDC à Kinshasa. On se souviendra qu’il y a peu, vers la fin du mois de juin, le président Tshisekedi dénonçait publiquement la “mafia” dans l’armée, des “magouilles qui minent nos forces de sécurité”. Moins de trois mois après, ces auditions qui devraient être sanctionnées par un rapport mais aussi des enquêtes en cours de l’Inspection générale de l’armée offriront sans doute au chef de l’État la possibilité de se débarrasser de nouveau de quelques haut-gradés, au nom de la lutte contre la corruption. Une fois` de plus, Tshisekedi s’appuiera alors sur le levier justice de son pouvoir pour écarter de nouveau certains puissants et intouchables d’hier. Il renforcera ainsi son influence sur le système institutionnel et, en même temps, s’assurera d’avoir l’opinion publique avec lui. Encore faut-il que ces éventuels remaniements au sein de l’armée s'accompagnent des résultats sur le terrain. Ce qui paraît être le dernier enseignement de ces auditions, lesquelles se poursuivront sûrement après l’interminable session ordinaire de mars… toujours en cours.

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Bonjour,

Je suis Trésor Kibangula, analyste politique au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche de l’Université de New York. Vous écoutez le 29ème numéro de Po Na GEC, notre capsule audio qui tente d’éclairer les questions d’actualité en RDC. Nous sommes le vendredi 2 septembre 2021.

Alors, que nous inspire cette série d’auditions à huis-clos devant la commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale ?

Le premier enseignement est en fait une confirmation. Comme pour le projet de loi d’habilitation - voulu par le chef de l’État mais boudé par des députés et, finalement, jamais examiné -, certains élus refusent de se cantonner au rôle de caisse de résonance de l’exécutif. Du moins, en ce qui concerne l’état de siège qui, par ailleurs, vient d’être renouvelé pour la septième fois consécutive pour la période du 3 au 17 septembre.

Fin juillet, une mission de contrôle initiée par le ministère de la Défense a révélé que quelques haut-gradés de l’armée ont conservé 13 millions de dollars à Kinshasa alors que ces fonds étaient destinés aux opérations militaires sur le terrain, dans les provinces concernées par l’état de siège. “Cet argent devait servir notamment à acheter des drones et autres équipements militaires”, confie un ministre proche du dossier. Ce que confirme un autre collaborateur du chef de l’État, précisant de son côté que la première tranche décaissée par le gouvernement se situerait autour de 30 millions de dollars américains sur un total d'environ 50 millions déjà débloqués depuis l’instauration de l’état de siège.

C’est d’ailleurs là le deuxième enseignement de ce contrôle parlementaire qui s’intéresse à la traçabilité des fonds engagés et les modalités de leur décaissement en procédure d’urgence. En “se pliant à l’exercice”, pour emprunter l’élément de langage repris dans l’entourage du président Félix Tshisekedi, le pouvoir actuel veut donc démontrer qu’il n’a “rien à cacher” et, surtout, qu’il est prêt à jouer, lui aussi, la carte de la redevabilité.

De fait, cette approche est destinée à renforcer l’idée que le pouvoir de Tshisekedi voudrait faire passer, celle d’un régime qui s’engage véritablement dans la lutte contre la corruption. Ce qui ne serait que bénéfique pour l’image du chef de l’État auprès des partenaires financiers internationaux de la RDC mais aussi au sein de l’opinion publique. N’entend-on pas déjà certains milieux politiques proches du pouvoir applaudir le fait que, pour la première fois depuis bien longtemps, le circuit des dépenses allouées à l’armée soit enfin audité ? D’autant que des détournements des soldes des militaires, voire celles des troupes engagées sur de différents fronts, ne surprennent plus personne au Congo et ne déclenchent souvent pas de poursuites. Voilà donc que les choses changent, se félicite-t-on à l’Inspection générale de l’armée : dans ce dossier, elle indique d’ailleurs que sept officiers des FARDC soupçonnés d’être impliqués dans le détournement des fonds ont été arrêtés à Bunia. À Beni, ils sont trois officiers et un sous-officier aux arrêts, également accusés de détournement.

Et la filière remonterait, très probablement, jusqu’à l’état-major des FARDC à Kinshasa. On se souviendra qu’il y a peu, vers la fin du mois de juin, le président Tshisekedi dénonçait publiquement la “mafia” dans l’armée, des “magouilles qui minent nos forces de sécurité”. Moins de trois mois après, ces auditions qui devraient être sanctionnées par un rapport mais aussi des enquêtes en cours de l’Inspection générale de l’armée offriront sans doute au chef de l’État la possibilité de se débarrasser de nouveau de quelques haut-gradés, au nom de la lutte contre la corruption. Une fois` de plus, Tshisekedi s’appuiera alors sur le levier justice de son pouvoir pour écarter de nouveau certains puissants et intouchables d’hier. Il renforcera ainsi son influence sur le système institutionnel et, en même temps, s’assurera d’avoir l’opinion publique avec lui. Encore faut-il que ces éventuels remaniements au sein de l’armée s'accompagnent des résultats sur le terrain. Ce qui paraît être le dernier enseignement de ces auditions, lesquelles se poursuivront sûrement après l’interminable session ordinaire de mars… toujours en cours.

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Je suis Trésor Kibangula, analyste politique au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche de l’Université de New York. Vous écoutez le 29ème numéro de Po Na GEC, notre capsule audio qui tente d’éclairer les questions d’actualité en RDC. Nous sommes le vendredi 2 septembre 2021.

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Le premier enseignement est en fait une confirmation. Comme pour le projet de loi d’habilitation - voulu par le chef de l’État mais boudé par des députés et, finalement, jamais examiné -, certains élus refusent de se cantonner au rôle de caisse de résonance de l’exécutif. Du moins, en ce qui concerne l’état de siège qui, par ailleurs, vient d’être renouvelé pour la septième fois consécutive pour la période du 3 au 17 septembre.

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C’est d’ailleurs là le deuxième enseignement de ce contrôle parlementaire qui s’intéresse à la traçabilité des fonds engagés et les modalités de leur décaissement en procédure d’urgence. En “se pliant à l’exercice”, pour emprunter l’élément de langage repris dans l’entourage du président Félix Tshisekedi, le pouvoir actuel veut donc démontrer qu’il n’a “rien à cacher” et, surtout, qu’il est prêt à jouer, lui aussi, la carte de la redevabilité.

De fait, cette approche est destinée à renforcer l’idée que le pouvoir de Tshisekedi voudrait faire passer, celle d’un régime qui s’engage véritablement dans la lutte contre la corruption. Ce qui ne serait que bénéfique pour l’image du chef de l’État auprès des partenaires financiers internationaux de la RDC mais aussi au sein de l’opinion publique. N’entend-on pas déjà certains milieux politiques proches du pouvoir applaudir le fait que, pour la première fois depuis bien longtemps, le circuit des dépenses allouées à l’armée soit enfin audité ? D’autant que des détournements des soldes des militaires, voire celles des troupes engagées sur de différents fronts, ne surprennent plus personne au Congo et ne déclenchent souvent pas de poursuites. Voilà donc que les choses changent, se félicite-t-on à l’Inspection générale de l’armée : dans ce dossier, elle indique d’ailleurs que sept officiers des FARDC soupçonnés d’être impliqués dans le détournement des fonds ont été arrêtés à Bunia. À Beni, ils sont trois officiers et un sous-officier aux arrêts, également accusés de détournement.

Et la filière remonterait, très probablement, jusqu’à l’état-major des FARDC à Kinshasa. On se souviendra qu’il y a peu, vers la fin du mois de juin, le président Tshisekedi dénonçait publiquement la “mafia” dans l’armée, des “magouilles qui minent nos forces de sécurité”. Moins de trois mois après, ces auditions qui devraient être sanctionnées par un rapport mais aussi des enquêtes en cours de l’Inspection générale de l’armée offriront sans doute au chef de l’État la possibilité de se débarrasser de nouveau de quelques haut-gradés, au nom de la lutte contre la corruption. Une fois` de plus, Tshisekedi s’appuiera alors sur le levier justice de son pouvoir pour écarter de nouveau certains puissants et intouchables d’hier. Il renforcera ainsi son influence sur le système institutionnel et, en même temps, s’assurera d’avoir l’opinion publique avec lui. Encore faut-il que ces éventuels remaniements au sein de l’armée s'accompagnent des résultats sur le terrain. Ce qui paraît être le dernier enseignement de ces auditions, lesquelles se poursuivront sûrement après l’interminable session ordinaire de mars… toujours en cours.

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