Pourquoi la santé de Tshisekedi est un enjeu trÚs politique cover
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🎙Po na GEC

Pourquoi la santé de Tshisekedi est un enjeu trÚs politique

Pourquoi la santé de Tshisekedi est un enjeu trÚs politique

04min |18/03/2022
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Alors, comment va FĂ©lix Tshisekedi ? « Ça va.» Avant de regagner Kinshasa, le jeudi 17 mars, le chef de l’État l’a dit lui-mĂȘme au journalLe Soir, rĂ©pondant ainsi Ă  la question que tout le monde se pose depuis que les rumeurs les plus folles sur son Ă©tat de santĂ© circulent dans le pays. Officiellement, il vient de se faire soigner, Ă  Bruxelles, d’une hernie discale. Mais au-delĂ  de son aspect purement mĂ©dical, la question de la santĂ© du prĂ©sident de la RĂ©publique convoque d’autres considĂ©rations Ă©minemment politiques. 


Bonjour, 


Je m’appelle TrĂ©sor Kibangula. Je suis analyste et directeur du pilier politique Ă  Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous Ă©coutez le troisiĂšme Ă©pisode de la saison 2 de Po Na GEC, capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indĂ©pendant basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York, et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC. Chaque semaine, ce podcast donne notre point de vue sur une question d’actualitĂ© en RDC. 

Nous sommes le vendredi 18 mars 2022. 


AprĂšs des spĂ©culations, voire des fake news sur son Ă©tat de santĂ©, le prĂ©sident Tshisekedi a regagnĂ© jeudi Kinshasa. Et il voulait que ça se sache. La veille, des appels de mobilisation pour aller l’accueillir ont Ă©tĂ© lancĂ©s et, dĂšs son atterrissage Ă  N’Djili, le chef de l’État a tenu Ă  se rendre, sous la pluie, sur le terrain, Ă  Matete, oĂč un dĂ©pĂŽt de carburant a pris feu mercredi. 


DerriĂšre cet apparent rĂ©confort du prĂ©sident aux victimes, il s’agissait surtout de montrer la rĂ©silience du chef. MalgrĂ© tout, il est bien lĂ , debout et prĂ©sent. Implicitement, cette dĂ©marche vient rĂ©pondre Ă  deux questions plutĂŽt lĂ©gitimes en dĂ©mocratie. D’abord, celle relative au contrĂŽle permanent du pouvoir : est-ce que le chef est toujours celui qui dirige ? Ensuite vient la question de la pertinence du pouvoir : ce chef est-il toujours en Ă©tat d’exercer ses fonctions ? À cette double interrogation, « Fatshi bĂ©ton », comme le surnomment affectueusement ses partisans, a donnĂ© sa rĂ©ponse Ă  Matete. 


Au Congo, comme ailleurs, voire plus qu’ailleurs, le pouvoir a horreur du vide. Le prĂ©sident le sait. C’est pourquoi, le 11 mars, lors du 44e conseil des ministres prĂ©sidĂ© en vidĂ©oconfĂ©rence par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, le chef de l’État convalescent a voulu rassurer les membres du gouvernement. Depuis Bruxelles, Tshisekedi est intervenu en vidĂ©o « pour faire le point sur son sĂ©jour privĂ© en Belgique », soulignant qu’on lui a diagnostiquĂ© une « hernie discale dans la rĂ©gion cervicale » et que cela n’a pas entraĂźnĂ© une intervention chirurgicale mais juste une « prise en charge mĂ©dicamenteuse », pouvait-on lire dans le compte-rendu du conseil des ministres. 

Cet Ă©pisode sur l’état de santĂ© de Tshisekedi laisse aussi entrevoir comment la population et la classe politique congolaise perçoivent le statut du chef de l’État. Sans ce dernier, plus rien ne tient. Ce qui en dit long sur la nature de la vie institutionnelle dans le pays et rappelle, avec force, le caractĂšre trĂšs prĂ©sidentialiste que revĂȘt, dans la pratique et dans l'imaginaire du pouvoir politique au Congo, le numĂ©ro un de l'exĂ©cutif en RDC. 


L’AssemblĂ©e nationale, le SĂ©nat, le gouvernement et les cours et tribunaux semblent alors fragiles face Ă  l’éventualitĂ© d’une vacance du pouvoir au sommet de l’État. Peu importe si la Constitution a tout prĂ©vu. Pour rappel, en effet, selon la Loi fondamentale congolaise, c’est le prĂ©sident du SĂ©nat qui exerce « provisoirement » les fonctions de prĂ©sident de la RĂ©publique « en cas de vacance pour cause de dĂ©cĂšs, de dĂ©mission ou pour toute autre cause d’empĂȘchement dĂ©finitif ». Aujourd’hui, ce ne serait pas surprenant que le perchoir de la chambre haute, dĂ©jĂ  stratĂ©gique, le devienne encore davantage. 


Mais un chef d’État qui va se soigner Ă  l’étranger, dans un hĂŽpital de l’ancienne puissance coloniale de surcroĂźt, pose enfin une question gĂ©opolitique : ne serait-ce pas une faiblesse pour le pays que la teneur du bulletin de santĂ© de son prĂ©sident soit connue par des mĂ©decins Ă©trangers ? Une certitude : tant que les politiques publiques ne prendront pas vĂ©ritablement en compte les besoins du systĂšme de santĂ© congolais, la donne ne changera point. 


En attendant, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » ou « Ebuteli » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone. À bientĂŽt !

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Alors, comment va FĂ©lix Tshisekedi ? « Ça va.» Avant de regagner Kinshasa, le jeudi 17 mars, le chef de l’État l’a dit lui-mĂȘme au journalLe Soir, rĂ©pondant ainsi Ă  la question que tout le monde se pose depuis que les rumeurs les plus folles sur son Ă©tat de santĂ© circulent dans le pays. Officiellement, il vient de se faire soigner, Ă  Bruxelles, d’une hernie discale. Mais au-delĂ  de son aspect purement mĂ©dical, la question de la santĂ© du prĂ©sident de la RĂ©publique convoque d’autres considĂ©rations Ă©minemment politiques. 


Bonjour, 


Je m’appelle TrĂ©sor Kibangula. Je suis analyste et directeur du pilier politique Ă  Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous Ă©coutez le troisiĂšme Ă©pisode de la saison 2 de Po Na GEC, capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indĂ©pendant basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York, et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC. Chaque semaine, ce podcast donne notre point de vue sur une question d’actualitĂ© en RDC. 

Nous sommes le vendredi 18 mars 2022. 


AprĂšs des spĂ©culations, voire des fake news sur son Ă©tat de santĂ©, le prĂ©sident Tshisekedi a regagnĂ© jeudi Kinshasa. Et il voulait que ça se sache. La veille, des appels de mobilisation pour aller l’accueillir ont Ă©tĂ© lancĂ©s et, dĂšs son atterrissage Ă  N’Djili, le chef de l’État a tenu Ă  se rendre, sous la pluie, sur le terrain, Ă  Matete, oĂč un dĂ©pĂŽt de carburant a pris feu mercredi. 


DerriĂšre cet apparent rĂ©confort du prĂ©sident aux victimes, il s’agissait surtout de montrer la rĂ©silience du chef. MalgrĂ© tout, il est bien lĂ , debout et prĂ©sent. Implicitement, cette dĂ©marche vient rĂ©pondre Ă  deux questions plutĂŽt lĂ©gitimes en dĂ©mocratie. D’abord, celle relative au contrĂŽle permanent du pouvoir : est-ce que le chef est toujours celui qui dirige ? Ensuite vient la question de la pertinence du pouvoir : ce chef est-il toujours en Ă©tat d’exercer ses fonctions ? À cette double interrogation, « Fatshi bĂ©ton », comme le surnomment affectueusement ses partisans, a donnĂ© sa rĂ©ponse Ă  Matete. 


Au Congo, comme ailleurs, voire plus qu’ailleurs, le pouvoir a horreur du vide. Le prĂ©sident le sait. C’est pourquoi, le 11 mars, lors du 44e conseil des ministres prĂ©sidĂ© en vidĂ©oconfĂ©rence par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, le chef de l’État convalescent a voulu rassurer les membres du gouvernement. Depuis Bruxelles, Tshisekedi est intervenu en vidĂ©o « pour faire le point sur son sĂ©jour privĂ© en Belgique », soulignant qu’on lui a diagnostiquĂ© une « hernie discale dans la rĂ©gion cervicale » et que cela n’a pas entraĂźnĂ© une intervention chirurgicale mais juste une « prise en charge mĂ©dicamenteuse », pouvait-on lire dans le compte-rendu du conseil des ministres. 

Cet Ă©pisode sur l’état de santĂ© de Tshisekedi laisse aussi entrevoir comment la population et la classe politique congolaise perçoivent le statut du chef de l’État. Sans ce dernier, plus rien ne tient. Ce qui en dit long sur la nature de la vie institutionnelle dans le pays et rappelle, avec force, le caractĂšre trĂšs prĂ©sidentialiste que revĂȘt, dans la pratique et dans l'imaginaire du pouvoir politique au Congo, le numĂ©ro un de l'exĂ©cutif en RDC. 


L’AssemblĂ©e nationale, le SĂ©nat, le gouvernement et les cours et tribunaux semblent alors fragiles face Ă  l’éventualitĂ© d’une vacance du pouvoir au sommet de l’État. Peu importe si la Constitution a tout prĂ©vu. Pour rappel, en effet, selon la Loi fondamentale congolaise, c’est le prĂ©sident du SĂ©nat qui exerce « provisoirement » les fonctions de prĂ©sident de la RĂ©publique « en cas de vacance pour cause de dĂ©cĂšs, de dĂ©mission ou pour toute autre cause d’empĂȘchement dĂ©finitif ». Aujourd’hui, ce ne serait pas surprenant que le perchoir de la chambre haute, dĂ©jĂ  stratĂ©gique, le devienne encore davantage. 


Mais un chef d’État qui va se soigner Ă  l’étranger, dans un hĂŽpital de l’ancienne puissance coloniale de surcroĂźt, pose enfin une question gĂ©opolitique : ne serait-ce pas une faiblesse pour le pays que la teneur du bulletin de santĂ© de son prĂ©sident soit connue par des mĂ©decins Ă©trangers ? Une certitude : tant que les politiques publiques ne prendront pas vĂ©ritablement en compte les besoins du systĂšme de santĂ© congolais, la donne ne changera point. 


En attendant, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » ou « Ebuteli » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone. À bientĂŽt !

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Bonjour, 


Je m’appelle TrĂ©sor Kibangula. Je suis analyste et directeur du pilier politique Ă  Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous Ă©coutez le troisiĂšme Ă©pisode de la saison 2 de Po Na GEC, capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indĂ©pendant basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York, et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC. Chaque semaine, ce podcast donne notre point de vue sur une question d’actualitĂ© en RDC. 

Nous sommes le vendredi 18 mars 2022. 


AprĂšs des spĂ©culations, voire des fake news sur son Ă©tat de santĂ©, le prĂ©sident Tshisekedi a regagnĂ© jeudi Kinshasa. Et il voulait que ça se sache. La veille, des appels de mobilisation pour aller l’accueillir ont Ă©tĂ© lancĂ©s et, dĂšs son atterrissage Ă  N’Djili, le chef de l’État a tenu Ă  se rendre, sous la pluie, sur le terrain, Ă  Matete, oĂč un dĂ©pĂŽt de carburant a pris feu mercredi. 


DerriĂšre cet apparent rĂ©confort du prĂ©sident aux victimes, il s’agissait surtout de montrer la rĂ©silience du chef. MalgrĂ© tout, il est bien lĂ , debout et prĂ©sent. Implicitement, cette dĂ©marche vient rĂ©pondre Ă  deux questions plutĂŽt lĂ©gitimes en dĂ©mocratie. D’abord, celle relative au contrĂŽle permanent du pouvoir : est-ce que le chef est toujours celui qui dirige ? Ensuite vient la question de la pertinence du pouvoir : ce chef est-il toujours en Ă©tat d’exercer ses fonctions ? À cette double interrogation, « Fatshi bĂ©ton », comme le surnomment affectueusement ses partisans, a donnĂ© sa rĂ©ponse Ă  Matete. 


Au Congo, comme ailleurs, voire plus qu’ailleurs, le pouvoir a horreur du vide. Le prĂ©sident le sait. C’est pourquoi, le 11 mars, lors du 44e conseil des ministres prĂ©sidĂ© en vidĂ©oconfĂ©rence par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, le chef de l’État convalescent a voulu rassurer les membres du gouvernement. Depuis Bruxelles, Tshisekedi est intervenu en vidĂ©o « pour faire le point sur son sĂ©jour privĂ© en Belgique », soulignant qu’on lui a diagnostiquĂ© une « hernie discale dans la rĂ©gion cervicale » et que cela n’a pas entraĂźnĂ© une intervention chirurgicale mais juste une « prise en charge mĂ©dicamenteuse », pouvait-on lire dans le compte-rendu du conseil des ministres. 

Cet Ă©pisode sur l’état de santĂ© de Tshisekedi laisse aussi entrevoir comment la population et la classe politique congolaise perçoivent le statut du chef de l’État. Sans ce dernier, plus rien ne tient. Ce qui en dit long sur la nature de la vie institutionnelle dans le pays et rappelle, avec force, le caractĂšre trĂšs prĂ©sidentialiste que revĂȘt, dans la pratique et dans l'imaginaire du pouvoir politique au Congo, le numĂ©ro un de l'exĂ©cutif en RDC. 


L’AssemblĂ©e nationale, le SĂ©nat, le gouvernement et les cours et tribunaux semblent alors fragiles face Ă  l’éventualitĂ© d’une vacance du pouvoir au sommet de l’État. Peu importe si la Constitution a tout prĂ©vu. Pour rappel, en effet, selon la Loi fondamentale congolaise, c’est le prĂ©sident du SĂ©nat qui exerce « provisoirement » les fonctions de prĂ©sident de la RĂ©publique « en cas de vacance pour cause de dĂ©cĂšs, de dĂ©mission ou pour toute autre cause d’empĂȘchement dĂ©finitif ». Aujourd’hui, ce ne serait pas surprenant que le perchoir de la chambre haute, dĂ©jĂ  stratĂ©gique, le devienne encore davantage. 


Mais un chef d’État qui va se soigner Ă  l’étranger, dans un hĂŽpital de l’ancienne puissance coloniale de surcroĂźt, pose enfin une question gĂ©opolitique : ne serait-ce pas une faiblesse pour le pays que la teneur du bulletin de santĂ© de son prĂ©sident soit connue par des mĂ©decins Ă©trangers ? Une certitude : tant que les politiques publiques ne prendront pas vĂ©ritablement en compte les besoins du systĂšme de santĂ© congolais, la donne ne changera point. 


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Je m’appelle TrĂ©sor Kibangula. Je suis analyste et directeur du pilier politique Ă  Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous Ă©coutez le troisiĂšme Ă©pisode de la saison 2 de Po Na GEC, capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche indĂ©pendant basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York, et d’Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC. Chaque semaine, ce podcast donne notre point de vue sur une question d’actualitĂ© en RDC. 

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AprĂšs des spĂ©culations, voire des fake news sur son Ă©tat de santĂ©, le prĂ©sident Tshisekedi a regagnĂ© jeudi Kinshasa. Et il voulait que ça se sache. La veille, des appels de mobilisation pour aller l’accueillir ont Ă©tĂ© lancĂ©s et, dĂšs son atterrissage Ă  N’Djili, le chef de l’État a tenu Ă  se rendre, sous la pluie, sur le terrain, Ă  Matete, oĂč un dĂ©pĂŽt de carburant a pris feu mercredi. 


DerriĂšre cet apparent rĂ©confort du prĂ©sident aux victimes, il s’agissait surtout de montrer la rĂ©silience du chef. MalgrĂ© tout, il est bien lĂ , debout et prĂ©sent. Implicitement, cette dĂ©marche vient rĂ©pondre Ă  deux questions plutĂŽt lĂ©gitimes en dĂ©mocratie. D’abord, celle relative au contrĂŽle permanent du pouvoir : est-ce que le chef est toujours celui qui dirige ? Ensuite vient la question de la pertinence du pouvoir : ce chef est-il toujours en Ă©tat d’exercer ses fonctions ? À cette double interrogation, « Fatshi bĂ©ton », comme le surnomment affectueusement ses partisans, a donnĂ© sa rĂ©ponse Ă  Matete. 


Au Congo, comme ailleurs, voire plus qu’ailleurs, le pouvoir a horreur du vide. Le prĂ©sident le sait. C’est pourquoi, le 11 mars, lors du 44e conseil des ministres prĂ©sidĂ© en vidĂ©oconfĂ©rence par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, le chef de l’État convalescent a voulu rassurer les membres du gouvernement. Depuis Bruxelles, Tshisekedi est intervenu en vidĂ©o « pour faire le point sur son sĂ©jour privĂ© en Belgique », soulignant qu’on lui a diagnostiquĂ© une « hernie discale dans la rĂ©gion cervicale » et que cela n’a pas entraĂźnĂ© une intervention chirurgicale mais juste une « prise en charge mĂ©dicamenteuse », pouvait-on lire dans le compte-rendu du conseil des ministres. 

Cet Ă©pisode sur l’état de santĂ© de Tshisekedi laisse aussi entrevoir comment la population et la classe politique congolaise perçoivent le statut du chef de l’État. Sans ce dernier, plus rien ne tient. Ce qui en dit long sur la nature de la vie institutionnelle dans le pays et rappelle, avec force, le caractĂšre trĂšs prĂ©sidentialiste que revĂȘt, dans la pratique et dans l'imaginaire du pouvoir politique au Congo, le numĂ©ro un de l'exĂ©cutif en RDC. 


L’AssemblĂ©e nationale, le SĂ©nat, le gouvernement et les cours et tribunaux semblent alors fragiles face Ă  l’éventualitĂ© d’une vacance du pouvoir au sommet de l’État. Peu importe si la Constitution a tout prĂ©vu. Pour rappel, en effet, selon la Loi fondamentale congolaise, c’est le prĂ©sident du SĂ©nat qui exerce « provisoirement » les fonctions de prĂ©sident de la RĂ©publique « en cas de vacance pour cause de dĂ©cĂšs, de dĂ©mission ou pour toute autre cause d’empĂȘchement dĂ©finitif ». Aujourd’hui, ce ne serait pas surprenant que le perchoir de la chambre haute, dĂ©jĂ  stratĂ©gique, le devienne encore davantage. 


Mais un chef d’État qui va se soigner Ă  l’étranger, dans un hĂŽpital de l’ancienne puissance coloniale de surcroĂźt, pose enfin une question gĂ©opolitique : ne serait-ce pas une faiblesse pour le pays que la teneur du bulletin de santĂ© de son prĂ©sident soit connue par des mĂ©decins Ă©trangers ? Une certitude : tant que les politiques publiques ne prendront pas vĂ©ritablement en compte les besoins du systĂšme de santĂ© congolais, la donne ne changera point. 


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