Pourquoi le M23 réapparaßt cover
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🎙Po na GEC

Pourquoi le M23 réapparaßt

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04min |25/03/2022
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Description

À plus de 3600 mĂštres d’altitude, le sommet du Mont Sabyinyo marque le point prĂ©cis oĂč les frontiĂšres de trois pays se rencontrent : le Congo, le Rwanda et l’Ouganda. Cette semaine, de violents affrontements s’y sont dĂ©roulĂ©s entre l’armĂ©e congolaise et le Mouvement du 23 mars ou M23. Cette rĂ©bellion avait pourtant Ă©tĂ© dĂ©faite militairement en 2013. Comment expliquer sa rĂ©apparition soudaine ces derniers mois ?


Bonjour et bienvenue dans ce nouvel Ă©pisode de Po na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualitĂ© de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, coordonnateur des recherches sur la violence d’Ebuteli, le partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New-York. Nous sommes le vendredi 25 mars et aujourd’hui nous nous intĂ©ressons Ă  la rĂ©surgence du M23.


Dans la mĂ©moire de beaucoup de Congolais, ce nom rappelle un traumatisme : celui de la prise de la ville de Goma par ce groupe, en novembre 2012. Comme d’autres avant lui, cette rĂ©bellion avait, pour cela, reçu le soutien des gouvernements rwandais et ougandais.

Mais contrairement Ă  ses prĂ©dĂ©cesseurs, le M23 avait Ă©tĂ© battu militairement en 2013. La victoire pouvait alors laisser espĂ©rer la fin d’un cycle de rĂ©bellions soutenues par les pays voisins. Mais Ă  partir de 2017 certains de ses anciens membres dont son chef, Sultani Makenga, ont repris position dans la zone des Virunga.


Leur prĂ©sence est d’abord restĂ©e discrĂšte. Mais tout a changĂ© le 7 novembre dernier. Ce jour-lĂ , le M23 a attaquĂ© trois positions des FARDC. Depuis, neuf autres affrontements impliquant ce groupe ont Ă©tĂ© recensĂ©s par le BaromĂštre sĂ©curitaire du Kivu, faisant plusieurs dizaines de morts chez les FARDC et le M23 et de nombreux dĂ©placĂ©s.

Alors, pourquoi assiste-t-on Ă  cette rĂ©surgence ? Il y a d’abord la situation des combattants du M23 eux-mĂȘmes. AprĂšs leur dĂ©faite de 2013, ils se sont rĂ©fugiĂ©s plusieurs annĂ©es au Rwanda et en Ouganda. Mais une grande partie d’entre eux n’a pas pu rentrer en RDC dans des conditions nĂ©gociĂ©es, comme cela leur avait Ă©tĂ© promis, notamment en 2013 et en 2019. Il est possible qu’ils aient repris les affrontements pour faire pression afin de l’obtenir.


Mais le contexte rĂ©gional semble avoir aussi contribuĂ© Ă  envenimer la situation. La RDC est au centre d’une guerre d’influence que se livrent le Rwanda et l’Ouganda depuis des annĂ©es. AprĂšs avoir fait une sĂ©rie de gestes de bonne volontĂ© envers le Rwanda, en dĂ©but de mandat, le prĂ©sident congolais FĂ©lix Tshisekedi s’est sensiblement rapprochĂ© de l’Ouganda en 2021. La rĂ©habilitation de certaines routes congolaises a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  ce pays, dont l’axe Goma-Bunagana. Ce dernier pourrait dĂ©tourner vers l’Ouganda une partie des routes commerciales qui contribuent aujourd’hui Ă  l’économie rwandaise.

Surtout, en novembre dernier, le prĂ©sident Tshisekedi a acceptĂ© le dĂ©ploiement de l’armĂ©e ougandaise dans l’Est du Congo pour qu’elle participe Ă  la traque du trĂšs meurtrier groupe ADF. La premiĂšre attaque du M23, le 7 novembre, a eu lieu alors que cette opĂ©ration Ă©tait en discussion. 


En rĂ©alitĂ©, Ă  mesure que FĂ©lix Tshisekedi se rapprochait de l’Ougandais Yoweri Museveni, ses relations ont semblĂ© se tendre avec le Rwandais Paul KagamĂ©.

Le 8 fĂ©vrier, le prĂ©sident rwandais a affirmĂ© que diffĂ©rents groupes rebelles hostiles Ă  Kigali s’étaient associĂ©s sur le territoire congolais, et qu’il serait prĂȘt Ă  agir sans concertation si nĂ©cessaire. Il n’est pas venu Ă  Kinshasa le 24 fĂ©vrier pour le sommet de l’accord cadre d’Addis-Abeba, censĂ© favoriser la coopĂ©ration rĂ©gionale, contrairement Ă  six de ses homologues de la rĂ©gion.


Le 28 fĂ©vrier, FĂ©lix Tshisekedi a, de son cĂŽtĂ©, semblĂ© accuser le Rwanda de vouloir dĂ©stabiliser son pays, lors d’une confĂ©rence diplomatique Ă  Kinshasa. [diffuser enregistrement : « Il est irrĂ©aliste et improductif, voire suicidaire pour un pays de notre sous rĂ©gion de penser qu’il tirerait toujours des dividendes en entretenant des conflits ou des tensions avec ses voisins »]


De nombreux responsables sĂ©curitaires congolais affirment aujourd’hui que le Rwanda est derriĂšre la rĂ©apparition du M23 observĂ©e depuis novembre. C’est possible, mĂȘme si cela n’est pas attestĂ© par des preuves Ă  ce jour. Que cette accusation s’avĂšre ou non, cette nouvelle crise a d’ores et dĂ©jĂ  pris une dimension rĂ©gionale. Le prĂ©sident Tshisekedi a d’ailleurs demandĂ© et obtenu que le contingent kĂ©nyan de la Brigade d’intervention de la Monusco soit affectĂ© Ă  la lutte contre le M23. Selon nos informations, ces troupes se prĂ©parent actuellement Ă  intervenir.


Pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC », G, E, C,  ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. À bientĂŽt !

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À plus de 3600 mĂštres d’altitude, le sommet du Mont Sabyinyo marque le point prĂ©cis oĂč les frontiĂšres de trois pays se rencontrent : le Congo, le Rwanda et l’Ouganda. Cette semaine, de violents affrontements s’y sont dĂ©roulĂ©s entre l’armĂ©e congolaise et le Mouvement du 23 mars ou M23. Cette rĂ©bellion avait pourtant Ă©tĂ© dĂ©faite militairement en 2013. Comment expliquer sa rĂ©apparition soudaine ces derniers mois ?


Bonjour et bienvenue dans ce nouvel Ă©pisode de Po na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualitĂ© de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, coordonnateur des recherches sur la violence d’Ebuteli, le partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New-York. Nous sommes le vendredi 25 mars et aujourd’hui nous nous intĂ©ressons Ă  la rĂ©surgence du M23.


Dans la mĂ©moire de beaucoup de Congolais, ce nom rappelle un traumatisme : celui de la prise de la ville de Goma par ce groupe, en novembre 2012. Comme d’autres avant lui, cette rĂ©bellion avait, pour cela, reçu le soutien des gouvernements rwandais et ougandais.

Mais contrairement Ă  ses prĂ©dĂ©cesseurs, le M23 avait Ă©tĂ© battu militairement en 2013. La victoire pouvait alors laisser espĂ©rer la fin d’un cycle de rĂ©bellions soutenues par les pays voisins. Mais Ă  partir de 2017 certains de ses anciens membres dont son chef, Sultani Makenga, ont repris position dans la zone des Virunga.


Leur prĂ©sence est d’abord restĂ©e discrĂšte. Mais tout a changĂ© le 7 novembre dernier. Ce jour-lĂ , le M23 a attaquĂ© trois positions des FARDC. Depuis, neuf autres affrontements impliquant ce groupe ont Ă©tĂ© recensĂ©s par le BaromĂštre sĂ©curitaire du Kivu, faisant plusieurs dizaines de morts chez les FARDC et le M23 et de nombreux dĂ©placĂ©s.

Alors, pourquoi assiste-t-on Ă  cette rĂ©surgence ? Il y a d’abord la situation des combattants du M23 eux-mĂȘmes. AprĂšs leur dĂ©faite de 2013, ils se sont rĂ©fugiĂ©s plusieurs annĂ©es au Rwanda et en Ouganda. Mais une grande partie d’entre eux n’a pas pu rentrer en RDC dans des conditions nĂ©gociĂ©es, comme cela leur avait Ă©tĂ© promis, notamment en 2013 et en 2019. Il est possible qu’ils aient repris les affrontements pour faire pression afin de l’obtenir.


Mais le contexte rĂ©gional semble avoir aussi contribuĂ© Ă  envenimer la situation. La RDC est au centre d’une guerre d’influence que se livrent le Rwanda et l’Ouganda depuis des annĂ©es. AprĂšs avoir fait une sĂ©rie de gestes de bonne volontĂ© envers le Rwanda, en dĂ©but de mandat, le prĂ©sident congolais FĂ©lix Tshisekedi s’est sensiblement rapprochĂ© de l’Ouganda en 2021. La rĂ©habilitation de certaines routes congolaises a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  ce pays, dont l’axe Goma-Bunagana. Ce dernier pourrait dĂ©tourner vers l’Ouganda une partie des routes commerciales qui contribuent aujourd’hui Ă  l’économie rwandaise.

Surtout, en novembre dernier, le prĂ©sident Tshisekedi a acceptĂ© le dĂ©ploiement de l’armĂ©e ougandaise dans l’Est du Congo pour qu’elle participe Ă  la traque du trĂšs meurtrier groupe ADF. La premiĂšre attaque du M23, le 7 novembre, a eu lieu alors que cette opĂ©ration Ă©tait en discussion. 


En rĂ©alitĂ©, Ă  mesure que FĂ©lix Tshisekedi se rapprochait de l’Ougandais Yoweri Museveni, ses relations ont semblĂ© se tendre avec le Rwandais Paul KagamĂ©.

Le 8 fĂ©vrier, le prĂ©sident rwandais a affirmĂ© que diffĂ©rents groupes rebelles hostiles Ă  Kigali s’étaient associĂ©s sur le territoire congolais, et qu’il serait prĂȘt Ă  agir sans concertation si nĂ©cessaire. Il n’est pas venu Ă  Kinshasa le 24 fĂ©vrier pour le sommet de l’accord cadre d’Addis-Abeba, censĂ© favoriser la coopĂ©ration rĂ©gionale, contrairement Ă  six de ses homologues de la rĂ©gion.


Le 28 fĂ©vrier, FĂ©lix Tshisekedi a, de son cĂŽtĂ©, semblĂ© accuser le Rwanda de vouloir dĂ©stabiliser son pays, lors d’une confĂ©rence diplomatique Ă  Kinshasa. [diffuser enregistrement : « Il est irrĂ©aliste et improductif, voire suicidaire pour un pays de notre sous rĂ©gion de penser qu’il tirerait toujours des dividendes en entretenant des conflits ou des tensions avec ses voisins »]


De nombreux responsables sĂ©curitaires congolais affirment aujourd’hui que le Rwanda est derriĂšre la rĂ©apparition du M23 observĂ©e depuis novembre. C’est possible, mĂȘme si cela n’est pas attestĂ© par des preuves Ă  ce jour. Que cette accusation s’avĂšre ou non, cette nouvelle crise a d’ores et dĂ©jĂ  pris une dimension rĂ©gionale. Le prĂ©sident Tshisekedi a d’ailleurs demandĂ© et obtenu que le contingent kĂ©nyan de la Brigade d’intervention de la Monusco soit affectĂ© Ă  la lutte contre le M23. Selon nos informations, ces troupes se prĂ©parent actuellement Ă  intervenir.


Pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC », G, E, C,  ou « Ebuteli » au +243 894 110 542. À bientĂŽt !

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À plus de 3600 mĂštres d’altitude, le sommet du Mont Sabyinyo marque le point prĂ©cis oĂč les frontiĂšres de trois pays se rencontrent : le Congo, le Rwanda et l’Ouganda. Cette semaine, de violents affrontements s’y sont dĂ©roulĂ©s entre l’armĂ©e congolaise et le Mouvement du 23 mars ou M23. Cette rĂ©bellion avait pourtant Ă©tĂ© dĂ©faite militairement en 2013. Comment expliquer sa rĂ©apparition soudaine ces derniers mois ?


Bonjour et bienvenue dans ce nouvel Ă©pisode de Po na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualitĂ© de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, coordonnateur des recherches sur la violence d’Ebuteli, le partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New-York. Nous sommes le vendredi 25 mars et aujourd’hui nous nous intĂ©ressons Ă  la rĂ©surgence du M23.


Dans la mĂ©moire de beaucoup de Congolais, ce nom rappelle un traumatisme : celui de la prise de la ville de Goma par ce groupe, en novembre 2012. Comme d’autres avant lui, cette rĂ©bellion avait, pour cela, reçu le soutien des gouvernements rwandais et ougandais.

Mais contrairement Ă  ses prĂ©dĂ©cesseurs, le M23 avait Ă©tĂ© battu militairement en 2013. La victoire pouvait alors laisser espĂ©rer la fin d’un cycle de rĂ©bellions soutenues par les pays voisins. Mais Ă  partir de 2017 certains de ses anciens membres dont son chef, Sultani Makenga, ont repris position dans la zone des Virunga.


Leur prĂ©sence est d’abord restĂ©e discrĂšte. Mais tout a changĂ© le 7 novembre dernier. Ce jour-lĂ , le M23 a attaquĂ© trois positions des FARDC. Depuis, neuf autres affrontements impliquant ce groupe ont Ă©tĂ© recensĂ©s par le BaromĂštre sĂ©curitaire du Kivu, faisant plusieurs dizaines de morts chez les FARDC et le M23 et de nombreux dĂ©placĂ©s.

Alors, pourquoi assiste-t-on Ă  cette rĂ©surgence ? Il y a d’abord la situation des combattants du M23 eux-mĂȘmes. AprĂšs leur dĂ©faite de 2013, ils se sont rĂ©fugiĂ©s plusieurs annĂ©es au Rwanda et en Ouganda. Mais une grande partie d’entre eux n’a pas pu rentrer en RDC dans des conditions nĂ©gociĂ©es, comme cela leur avait Ă©tĂ© promis, notamment en 2013 et en 2019. Il est possible qu’ils aient repris les affrontements pour faire pression afin de l’obtenir.


Mais le contexte rĂ©gional semble avoir aussi contribuĂ© Ă  envenimer la situation. La RDC est au centre d’une guerre d’influence que se livrent le Rwanda et l’Ouganda depuis des annĂ©es. AprĂšs avoir fait une sĂ©rie de gestes de bonne volontĂ© envers le Rwanda, en dĂ©but de mandat, le prĂ©sident congolais FĂ©lix Tshisekedi s’est sensiblement rapprochĂ© de l’Ouganda en 2021. La rĂ©habilitation de certaines routes congolaises a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  ce pays, dont l’axe Goma-Bunagana. Ce dernier pourrait dĂ©tourner vers l’Ouganda une partie des routes commerciales qui contribuent aujourd’hui Ă  l’économie rwandaise.

Surtout, en novembre dernier, le prĂ©sident Tshisekedi a acceptĂ© le dĂ©ploiement de l’armĂ©e ougandaise dans l’Est du Congo pour qu’elle participe Ă  la traque du trĂšs meurtrier groupe ADF. La premiĂšre attaque du M23, le 7 novembre, a eu lieu alors que cette opĂ©ration Ă©tait en discussion. 


En rĂ©alitĂ©, Ă  mesure que FĂ©lix Tshisekedi se rapprochait de l’Ougandais Yoweri Museveni, ses relations ont semblĂ© se tendre avec le Rwandais Paul KagamĂ©.

Le 8 fĂ©vrier, le prĂ©sident rwandais a affirmĂ© que diffĂ©rents groupes rebelles hostiles Ă  Kigali s’étaient associĂ©s sur le territoire congolais, et qu’il serait prĂȘt Ă  agir sans concertation si nĂ©cessaire. Il n’est pas venu Ă  Kinshasa le 24 fĂ©vrier pour le sommet de l’accord cadre d’Addis-Abeba, censĂ© favoriser la coopĂ©ration rĂ©gionale, contrairement Ă  six de ses homologues de la rĂ©gion.


Le 28 fĂ©vrier, FĂ©lix Tshisekedi a, de son cĂŽtĂ©, semblĂ© accuser le Rwanda de vouloir dĂ©stabiliser son pays, lors d’une confĂ©rence diplomatique Ă  Kinshasa. [diffuser enregistrement : « Il est irrĂ©aliste et improductif, voire suicidaire pour un pays de notre sous rĂ©gion de penser qu’il tirerait toujours des dividendes en entretenant des conflits ou des tensions avec ses voisins »]


De nombreux responsables sĂ©curitaires congolais affirment aujourd’hui que le Rwanda est derriĂšre la rĂ©apparition du M23 observĂ©e depuis novembre. C’est possible, mĂȘme si cela n’est pas attestĂ© par des preuves Ă  ce jour. Que cette accusation s’avĂšre ou non, cette nouvelle crise a d’ores et dĂ©jĂ  pris une dimension rĂ©gionale. Le prĂ©sident Tshisekedi a d’ailleurs demandĂ© et obtenu que le contingent kĂ©nyan de la Brigade d’intervention de la Monusco soit affectĂ© Ă  la lutte contre le M23. Selon nos informations, ces troupes se prĂ©parent actuellement Ă  intervenir.


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À plus de 3600 mĂštres d’altitude, le sommet du Mont Sabyinyo marque le point prĂ©cis oĂč les frontiĂšres de trois pays se rencontrent : le Congo, le Rwanda et l’Ouganda. Cette semaine, de violents affrontements s’y sont dĂ©roulĂ©s entre l’armĂ©e congolaise et le Mouvement du 23 mars ou M23. Cette rĂ©bellion avait pourtant Ă©tĂ© dĂ©faite militairement en 2013. Comment expliquer sa rĂ©apparition soudaine ces derniers mois ?


Bonjour et bienvenue dans ce nouvel Ă©pisode de Po na GEC, la capsule audio qui tente d’éclairer l’actualitĂ© de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, coordonnateur des recherches sur la violence d’Ebuteli, le partenaire de recherche du Groupe d’étude sur le Congo de l’UniversitĂ© de New-York. Nous sommes le vendredi 25 mars et aujourd’hui nous nous intĂ©ressons Ă  la rĂ©surgence du M23.


Dans la mĂ©moire de beaucoup de Congolais, ce nom rappelle un traumatisme : celui de la prise de la ville de Goma par ce groupe, en novembre 2012. Comme d’autres avant lui, cette rĂ©bellion avait, pour cela, reçu le soutien des gouvernements rwandais et ougandais.

Mais contrairement Ă  ses prĂ©dĂ©cesseurs, le M23 avait Ă©tĂ© battu militairement en 2013. La victoire pouvait alors laisser espĂ©rer la fin d’un cycle de rĂ©bellions soutenues par les pays voisins. Mais Ă  partir de 2017 certains de ses anciens membres dont son chef, Sultani Makenga, ont repris position dans la zone des Virunga.


Leur prĂ©sence est d’abord restĂ©e discrĂšte. Mais tout a changĂ© le 7 novembre dernier. Ce jour-lĂ , le M23 a attaquĂ© trois positions des FARDC. Depuis, neuf autres affrontements impliquant ce groupe ont Ă©tĂ© recensĂ©s par le BaromĂštre sĂ©curitaire du Kivu, faisant plusieurs dizaines de morts chez les FARDC et le M23 et de nombreux dĂ©placĂ©s.

Alors, pourquoi assiste-t-on Ă  cette rĂ©surgence ? Il y a d’abord la situation des combattants du M23 eux-mĂȘmes. AprĂšs leur dĂ©faite de 2013, ils se sont rĂ©fugiĂ©s plusieurs annĂ©es au Rwanda et en Ouganda. Mais une grande partie d’entre eux n’a pas pu rentrer en RDC dans des conditions nĂ©gociĂ©es, comme cela leur avait Ă©tĂ© promis, notamment en 2013 et en 2019. Il est possible qu’ils aient repris les affrontements pour faire pression afin de l’obtenir.


Mais le contexte rĂ©gional semble avoir aussi contribuĂ© Ă  envenimer la situation. La RDC est au centre d’une guerre d’influence que se livrent le Rwanda et l’Ouganda depuis des annĂ©es. AprĂšs avoir fait une sĂ©rie de gestes de bonne volontĂ© envers le Rwanda, en dĂ©but de mandat, le prĂ©sident congolais FĂ©lix Tshisekedi s’est sensiblement rapprochĂ© de l’Ouganda en 2021. La rĂ©habilitation de certaines routes congolaises a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  ce pays, dont l’axe Goma-Bunagana. Ce dernier pourrait dĂ©tourner vers l’Ouganda une partie des routes commerciales qui contribuent aujourd’hui Ă  l’économie rwandaise.

Surtout, en novembre dernier, le prĂ©sident Tshisekedi a acceptĂ© le dĂ©ploiement de l’armĂ©e ougandaise dans l’Est du Congo pour qu’elle participe Ă  la traque du trĂšs meurtrier groupe ADF. La premiĂšre attaque du M23, le 7 novembre, a eu lieu alors que cette opĂ©ration Ă©tait en discussion. 


En rĂ©alitĂ©, Ă  mesure que FĂ©lix Tshisekedi se rapprochait de l’Ougandais Yoweri Museveni, ses relations ont semblĂ© se tendre avec le Rwandais Paul KagamĂ©.

Le 8 fĂ©vrier, le prĂ©sident rwandais a affirmĂ© que diffĂ©rents groupes rebelles hostiles Ă  Kigali s’étaient associĂ©s sur le territoire congolais, et qu’il serait prĂȘt Ă  agir sans concertation si nĂ©cessaire. Il n’est pas venu Ă  Kinshasa le 24 fĂ©vrier pour le sommet de l’accord cadre d’Addis-Abeba, censĂ© favoriser la coopĂ©ration rĂ©gionale, contrairement Ă  six de ses homologues de la rĂ©gion.


Le 28 fĂ©vrier, FĂ©lix Tshisekedi a, de son cĂŽtĂ©, semblĂ© accuser le Rwanda de vouloir dĂ©stabiliser son pays, lors d’une confĂ©rence diplomatique Ă  Kinshasa. [diffuser enregistrement : « Il est irrĂ©aliste et improductif, voire suicidaire pour un pays de notre sous rĂ©gion de penser qu’il tirerait toujours des dividendes en entretenant des conflits ou des tensions avec ses voisins »]


De nombreux responsables sĂ©curitaires congolais affirment aujourd’hui que le Rwanda est derriĂšre la rĂ©apparition du M23 observĂ©e depuis novembre. C’est possible, mĂȘme si cela n’est pas attestĂ© par des preuves Ă  ce jour. Que cette accusation s’avĂšre ou non, cette nouvelle crise a d’ores et dĂ©jĂ  pris une dimension rĂ©gionale. Le prĂ©sident Tshisekedi a d’ailleurs demandĂ© et obtenu que le contingent kĂ©nyan de la Brigade d’intervention de la Monusco soit affectĂ© Ă  la lutte contre le M23. Selon nos informations, ces troupes se prĂ©parent actuellement Ă  intervenir.


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