Quand les députés jouent les prolongations cover
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🎙Po na GEC

Quand les députés jouent les prolongations

Quand les députés jouent les prolongations

04min |16/07/2021
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On le sait, contre l’avis du prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi, l’AssemblĂ©e nationale, contrairement au SĂ©nat, poursuit sa session ordinaire de mars dont la clĂŽture Ă©tait initialement prĂ©vue le 15 juin. Officiellement, c’est parce qu’une partie du territoire national se trouve en Ă©tat de siĂšge et que les dĂ©putĂ©s se doivent de renouveler cette situation exceptionnelle tous les 15 jours ou d’y mettre fin Ă  tout moment. Mais la prolongation de la session ordinaire de mars ne cache-t-elle pas d’autres intentions ?

Bonjour ! Vous Ă©coutez le 22e numĂ©ro de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), centre de recherche basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York, qui tente d’éclairer l’actualitĂ© congolaise.

Je m’appelle TrĂ©sor Kibangula et je suis analyste politique au sein du GEC.

Nous sommes le vendredi 16 juillet. Cela fait presqu’un mois jour pour jour que l’AssemblĂ©e nationale joue les prolongations, aprĂšs avoir refusĂ© de voter la loi d’habilitation. Privant ainsi le chef de l’État de la possibilitĂ© de renouveler seul, comme il le souhaitait, l’état de siĂšge dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Mais, en rĂ©alitĂ©, cette fin retardĂ©e de la session ne va pas desservir le chef de l’État. Au contraire. Elle lui permettra de pousser son avantage. Ce sera le temps par exemple de confirmer la mainmise de l’Union sacrĂ©e de la nation, coalition au pouvoir, sur la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (Ceni). Et le ton est donnĂ©. Il faut le faire vite, trĂšs vite. La nouvelle loi sur la Ceni, dĂ©criĂ©e notamment Ă  cause de la politisation accentuĂ©e de l’organe Ă©lectoral et du dĂ©sĂ©quilibre dans sa composition, a Ă©tĂ© promulguĂ©e le 3 juillet. Le bureau de l’AssemblĂ©e nationale dit attendre les noms des animateurs proposĂ©s pour la Ceni par chaque composante - majoritĂ©, opposition et sociĂ©tĂ© civile -, au plus tard le 28 juillet. Le 17 aoĂ»t, le prĂ©sident de la RĂ©publique doit recevoir les listes des personnes dĂ©signĂ©es et entĂ©rinĂ©es par l’AssemblĂ©e nationale.

Cette mise en branle rapide du nouveau dispositif lĂ©gal prend de vitesse les dĂ©tracteurs de la nouvelle loi sur la Ceni. D’autant que ces derniers peinent Ă  mobiliser. Et la disparition du cardinal Laurent Monsengwo, figure incontournable de la scĂšne publique congolaise, n’aide pas non plus. L’Église catholique, une des principales composantes devant dĂ©signer le prochain prĂ©sident de la Ceni, ne pourra pas s’Impliquer pleinement avant les obsĂšques du feu cardinal.  

En tout cas, pour l’instant, contrairement Ă  2015, aucune manifestation de protestation d’envergure n'a eu lieu. Des appels se multiplient par ailleurs dans ce sens mais des acteurs politiques ou de la sociĂ©tĂ© civile ne semblent pas encore accorder leur violon sur la stratĂ©gie Ă  mettre en place. FĂ©lix Tshisekedi, lui, n’attend pas. Le chef de l’État avance ses pions et s’impose encore plus dans les institutions du pays. Sans doute pour s’assurer une victoire en 2023. D'ailleurs, il ne s’en cache pas.

La prolongation sert aussi de moyen de pression pour les dĂ©putĂ©s afin de faire avancer certains dossiers en leur faveur. « Comment partir en vacances et laisser les commandes du pays Ă  l’exĂ©cutif alors que la promesse du chef de l’État d’une dotation financiĂšre pour chaque dĂ©putĂ© qui rentre dans sa circonscription n’est pas encore satisfaite ? » s’interrogent certains Ă©lus. D’autres disent attendre d’en savoir plus sur des jeeps promises.

Entre-temps, les rĂ©formes annoncĂ©es comme prioritaires Ă  l’ouverture de la session, il y a quatre mois, n'ont pas Ă©tĂ© toutes examinĂ©es. À la place, derriĂšre les portes closes des bureaux du palais du Peuple, dĂ©putĂ©s pro-Tshisekedi et dĂ©putĂ©s pro-Kabila se disputaient encore le contrĂŽle des commissions permanentes de l’AssemblĂ©e nationale. Pour ceux qui attendaient les dĂ©bats sur la rĂ©vision de certaines dispositions de la Constitution, sur la modification de la loi Ă©lectorale en vigueur, ou sur des projets de rĂ©formes structurelles, Ă©conomiques ou sociales venant du gouvernement, il faudra repasser. Au Congo, Ă  l’instar de « l'annĂ©e de l’action » annoncĂ©e pour 2020 par le prĂ©sident Tshisekedi,  « le temps des rĂ©formes » proclamĂ© en mars 2021 par Christophe Mboso, prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale, se fait toujours attendre. Prolongation de la session ordinaire, ou pas.

D’ici lĂ , pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant " GEC ", au +243 894 110 542. À trĂšs vite !

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On le sait, contre l’avis du prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi, l’AssemblĂ©e nationale, contrairement au SĂ©nat, poursuit sa session ordinaire de mars dont la clĂŽture Ă©tait initialement prĂ©vue le 15 juin. Officiellement, c’est parce qu’une partie du territoire national se trouve en Ă©tat de siĂšge et que les dĂ©putĂ©s se doivent de renouveler cette situation exceptionnelle tous les 15 jours ou d’y mettre fin Ă  tout moment. Mais la prolongation de la session ordinaire de mars ne cache-t-elle pas d’autres intentions ?

Bonjour ! Vous Ă©coutez le 22e numĂ©ro de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), centre de recherche basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York, qui tente d’éclairer l’actualitĂ© congolaise.

Je m’appelle TrĂ©sor Kibangula et je suis analyste politique au sein du GEC.

Nous sommes le vendredi 16 juillet. Cela fait presqu’un mois jour pour jour que l’AssemblĂ©e nationale joue les prolongations, aprĂšs avoir refusĂ© de voter la loi d’habilitation. Privant ainsi le chef de l’État de la possibilitĂ© de renouveler seul, comme il le souhaitait, l’état de siĂšge dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Mais, en rĂ©alitĂ©, cette fin retardĂ©e de la session ne va pas desservir le chef de l’État. Au contraire. Elle lui permettra de pousser son avantage. Ce sera le temps par exemple de confirmer la mainmise de l’Union sacrĂ©e de la nation, coalition au pouvoir, sur la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (Ceni). Et le ton est donnĂ©. Il faut le faire vite, trĂšs vite. La nouvelle loi sur la Ceni, dĂ©criĂ©e notamment Ă  cause de la politisation accentuĂ©e de l’organe Ă©lectoral et du dĂ©sĂ©quilibre dans sa composition, a Ă©tĂ© promulguĂ©e le 3 juillet. Le bureau de l’AssemblĂ©e nationale dit attendre les noms des animateurs proposĂ©s pour la Ceni par chaque composante - majoritĂ©, opposition et sociĂ©tĂ© civile -, au plus tard le 28 juillet. Le 17 aoĂ»t, le prĂ©sident de la RĂ©publique doit recevoir les listes des personnes dĂ©signĂ©es et entĂ©rinĂ©es par l’AssemblĂ©e nationale.

Cette mise en branle rapide du nouveau dispositif lĂ©gal prend de vitesse les dĂ©tracteurs de la nouvelle loi sur la Ceni. D’autant que ces derniers peinent Ă  mobiliser. Et la disparition du cardinal Laurent Monsengwo, figure incontournable de la scĂšne publique congolaise, n’aide pas non plus. L’Église catholique, une des principales composantes devant dĂ©signer le prochain prĂ©sident de la Ceni, ne pourra pas s’Impliquer pleinement avant les obsĂšques du feu cardinal.  

En tout cas, pour l’instant, contrairement Ă  2015, aucune manifestation de protestation d’envergure n'a eu lieu. Des appels se multiplient par ailleurs dans ce sens mais des acteurs politiques ou de la sociĂ©tĂ© civile ne semblent pas encore accorder leur violon sur la stratĂ©gie Ă  mettre en place. FĂ©lix Tshisekedi, lui, n’attend pas. Le chef de l’État avance ses pions et s’impose encore plus dans les institutions du pays. Sans doute pour s’assurer une victoire en 2023. D'ailleurs, il ne s’en cache pas.

La prolongation sert aussi de moyen de pression pour les dĂ©putĂ©s afin de faire avancer certains dossiers en leur faveur. « Comment partir en vacances et laisser les commandes du pays Ă  l’exĂ©cutif alors que la promesse du chef de l’État d’une dotation financiĂšre pour chaque dĂ©putĂ© qui rentre dans sa circonscription n’est pas encore satisfaite ? » s’interrogent certains Ă©lus. D’autres disent attendre d’en savoir plus sur des jeeps promises.

Entre-temps, les rĂ©formes annoncĂ©es comme prioritaires Ă  l’ouverture de la session, il y a quatre mois, n'ont pas Ă©tĂ© toutes examinĂ©es. À la place, derriĂšre les portes closes des bureaux du palais du Peuple, dĂ©putĂ©s pro-Tshisekedi et dĂ©putĂ©s pro-Kabila se disputaient encore le contrĂŽle des commissions permanentes de l’AssemblĂ©e nationale. Pour ceux qui attendaient les dĂ©bats sur la rĂ©vision de certaines dispositions de la Constitution, sur la modification de la loi Ă©lectorale en vigueur, ou sur des projets de rĂ©formes structurelles, Ă©conomiques ou sociales venant du gouvernement, il faudra repasser. Au Congo, Ă  l’instar de « l'annĂ©e de l’action » annoncĂ©e pour 2020 par le prĂ©sident Tshisekedi,  « le temps des rĂ©formes » proclamĂ© en mars 2021 par Christophe Mboso, prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale, se fait toujours attendre. Prolongation de la session ordinaire, ou pas.

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Bonjour ! Vous Ă©coutez le 22e numĂ©ro de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), centre de recherche basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York, qui tente d’éclairer l’actualitĂ© congolaise.

Je m’appelle TrĂ©sor Kibangula et je suis analyste politique au sein du GEC.

Nous sommes le vendredi 16 juillet. Cela fait presqu’un mois jour pour jour que l’AssemblĂ©e nationale joue les prolongations, aprĂšs avoir refusĂ© de voter la loi d’habilitation. Privant ainsi le chef de l’État de la possibilitĂ© de renouveler seul, comme il le souhaitait, l’état de siĂšge dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Mais, en rĂ©alitĂ©, cette fin retardĂ©e de la session ne va pas desservir le chef de l’État. Au contraire. Elle lui permettra de pousser son avantage. Ce sera le temps par exemple de confirmer la mainmise de l’Union sacrĂ©e de la nation, coalition au pouvoir, sur la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (Ceni). Et le ton est donnĂ©. Il faut le faire vite, trĂšs vite. La nouvelle loi sur la Ceni, dĂ©criĂ©e notamment Ă  cause de la politisation accentuĂ©e de l’organe Ă©lectoral et du dĂ©sĂ©quilibre dans sa composition, a Ă©tĂ© promulguĂ©e le 3 juillet. Le bureau de l’AssemblĂ©e nationale dit attendre les noms des animateurs proposĂ©s pour la Ceni par chaque composante - majoritĂ©, opposition et sociĂ©tĂ© civile -, au plus tard le 28 juillet. Le 17 aoĂ»t, le prĂ©sident de la RĂ©publique doit recevoir les listes des personnes dĂ©signĂ©es et entĂ©rinĂ©es par l’AssemblĂ©e nationale.

Cette mise en branle rapide du nouveau dispositif lĂ©gal prend de vitesse les dĂ©tracteurs de la nouvelle loi sur la Ceni. D’autant que ces derniers peinent Ă  mobiliser. Et la disparition du cardinal Laurent Monsengwo, figure incontournable de la scĂšne publique congolaise, n’aide pas non plus. L’Église catholique, une des principales composantes devant dĂ©signer le prochain prĂ©sident de la Ceni, ne pourra pas s’Impliquer pleinement avant les obsĂšques du feu cardinal.  

En tout cas, pour l’instant, contrairement Ă  2015, aucune manifestation de protestation d’envergure n'a eu lieu. Des appels se multiplient par ailleurs dans ce sens mais des acteurs politiques ou de la sociĂ©tĂ© civile ne semblent pas encore accorder leur violon sur la stratĂ©gie Ă  mettre en place. FĂ©lix Tshisekedi, lui, n’attend pas. Le chef de l’État avance ses pions et s’impose encore plus dans les institutions du pays. Sans doute pour s’assurer une victoire en 2023. D'ailleurs, il ne s’en cache pas.

La prolongation sert aussi de moyen de pression pour les dĂ©putĂ©s afin de faire avancer certains dossiers en leur faveur. « Comment partir en vacances et laisser les commandes du pays Ă  l’exĂ©cutif alors que la promesse du chef de l’État d’une dotation financiĂšre pour chaque dĂ©putĂ© qui rentre dans sa circonscription n’est pas encore satisfaite ? » s’interrogent certains Ă©lus. D’autres disent attendre d’en savoir plus sur des jeeps promises.

Entre-temps, les rĂ©formes annoncĂ©es comme prioritaires Ă  l’ouverture de la session, il y a quatre mois, n'ont pas Ă©tĂ© toutes examinĂ©es. À la place, derriĂšre les portes closes des bureaux du palais du Peuple, dĂ©putĂ©s pro-Tshisekedi et dĂ©putĂ©s pro-Kabila se disputaient encore le contrĂŽle des commissions permanentes de l’AssemblĂ©e nationale. Pour ceux qui attendaient les dĂ©bats sur la rĂ©vision de certaines dispositions de la Constitution, sur la modification de la loi Ă©lectorale en vigueur, ou sur des projets de rĂ©formes structurelles, Ă©conomiques ou sociales venant du gouvernement, il faudra repasser. Au Congo, Ă  l’instar de « l'annĂ©e de l’action » annoncĂ©e pour 2020 par le prĂ©sident Tshisekedi,  « le temps des rĂ©formes » proclamĂ© en mars 2021 par Christophe Mboso, prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale, se fait toujours attendre. Prolongation de la session ordinaire, ou pas.

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Bonjour ! Vous Ă©coutez le 22e numĂ©ro de Po Na GEC, la capsule audio du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), centre de recherche basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York, qui tente d’éclairer l’actualitĂ© congolaise.

Je m’appelle TrĂ©sor Kibangula et je suis analyste politique au sein du GEC.

Nous sommes le vendredi 16 juillet. Cela fait presqu’un mois jour pour jour que l’AssemblĂ©e nationale joue les prolongations, aprĂšs avoir refusĂ© de voter la loi d’habilitation. Privant ainsi le chef de l’État de la possibilitĂ© de renouveler seul, comme il le souhaitait, l’état de siĂšge dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Mais, en rĂ©alitĂ©, cette fin retardĂ©e de la session ne va pas desservir le chef de l’État. Au contraire. Elle lui permettra de pousser son avantage. Ce sera le temps par exemple de confirmer la mainmise de l’Union sacrĂ©e de la nation, coalition au pouvoir, sur la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (Ceni). Et le ton est donnĂ©. Il faut le faire vite, trĂšs vite. La nouvelle loi sur la Ceni, dĂ©criĂ©e notamment Ă  cause de la politisation accentuĂ©e de l’organe Ă©lectoral et du dĂ©sĂ©quilibre dans sa composition, a Ă©tĂ© promulguĂ©e le 3 juillet. Le bureau de l’AssemblĂ©e nationale dit attendre les noms des animateurs proposĂ©s pour la Ceni par chaque composante - majoritĂ©, opposition et sociĂ©tĂ© civile -, au plus tard le 28 juillet. Le 17 aoĂ»t, le prĂ©sident de la RĂ©publique doit recevoir les listes des personnes dĂ©signĂ©es et entĂ©rinĂ©es par l’AssemblĂ©e nationale.

Cette mise en branle rapide du nouveau dispositif lĂ©gal prend de vitesse les dĂ©tracteurs de la nouvelle loi sur la Ceni. D’autant que ces derniers peinent Ă  mobiliser. Et la disparition du cardinal Laurent Monsengwo, figure incontournable de la scĂšne publique congolaise, n’aide pas non plus. L’Église catholique, une des principales composantes devant dĂ©signer le prochain prĂ©sident de la Ceni, ne pourra pas s’Impliquer pleinement avant les obsĂšques du feu cardinal.  

En tout cas, pour l’instant, contrairement Ă  2015, aucune manifestation de protestation d’envergure n'a eu lieu. Des appels se multiplient par ailleurs dans ce sens mais des acteurs politiques ou de la sociĂ©tĂ© civile ne semblent pas encore accorder leur violon sur la stratĂ©gie Ă  mettre en place. FĂ©lix Tshisekedi, lui, n’attend pas. Le chef de l’État avance ses pions et s’impose encore plus dans les institutions du pays. Sans doute pour s’assurer une victoire en 2023. D'ailleurs, il ne s’en cache pas.

La prolongation sert aussi de moyen de pression pour les dĂ©putĂ©s afin de faire avancer certains dossiers en leur faveur. « Comment partir en vacances et laisser les commandes du pays Ă  l’exĂ©cutif alors que la promesse du chef de l’État d’une dotation financiĂšre pour chaque dĂ©putĂ© qui rentre dans sa circonscription n’est pas encore satisfaite ? » s’interrogent certains Ă©lus. D’autres disent attendre d’en savoir plus sur des jeeps promises.

Entre-temps, les rĂ©formes annoncĂ©es comme prioritaires Ă  l’ouverture de la session, il y a quatre mois, n'ont pas Ă©tĂ© toutes examinĂ©es. À la place, derriĂšre les portes closes des bureaux du palais du Peuple, dĂ©putĂ©s pro-Tshisekedi et dĂ©putĂ©s pro-Kabila se disputaient encore le contrĂŽle des commissions permanentes de l’AssemblĂ©e nationale. Pour ceux qui attendaient les dĂ©bats sur la rĂ©vision de certaines dispositions de la Constitution, sur la modification de la loi Ă©lectorale en vigueur, ou sur des projets de rĂ©formes structurelles, Ă©conomiques ou sociales venant du gouvernement, il faudra repasser. Au Congo, Ă  l’instar de « l'annĂ©e de l’action » annoncĂ©e pour 2020 par le prĂ©sident Tshisekedi,  « le temps des rĂ©formes » proclamĂ© en mars 2021 par Christophe Mboso, prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale, se fait toujours attendre. Prolongation de la session ordinaire, ou pas.

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