🎙Que va faire le nouveau gouvernement congolais ? cover
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🎙Po na GEC

🎙Que va faire le nouveau gouvernement congolais ?

🎙Que va faire le nouveau gouvernement congolais ?

04min |16/04/2021
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Il est enfin lĂ , le gouvernement Sama Lukonde. ComposĂ© de 56 ministres dont 15 femmes, cette nouvelle Ă©quipe gouvernementale couronne les tractations politiques dĂ©butĂ©es depuis le 23 octobre 2020. Ce jour-lĂ ,  le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi avait annoncĂ© les consultations nationales, mettant ainsi fin Ă  la difficile relation qu’il entretenait avec le FCC de son prĂ©dĂ©cesseur, Joseph Kabila. Six mois plus tard, Felix Tshisekedi trĂŽne seul Ă  la tĂȘte de l’Etat. Quelles seront ses prioritĂ©s ?

Bonjour !

Je m’appelle Fred Bauma et je suis directeur de recherche au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York. Ceci est le dixiĂšme numĂ©ro de Po Na GEC, notre capsule audio qui rĂ©sume, explique et donne notre avis sur les questions d'actualitĂ© en RDC.

Nous sommes le vendredi 16 avril.  

Les Ă©toiles sont dĂ©sormais alignĂ©es pour Felix Tshisekedi qui, au bout de deux ans, a complĂštement inversĂ© les rapports de force entre lui et son prĂ©dĂ©cesseur Joseph Kabila. Le prĂ©sident avec un pouvoir limitĂ© au dĂ©part a cĂ©dĂ© la place Ă  un homme fort, jouissant aussi bien d’une majoritĂ© au parlement que d’une cour constitutionnelle en sa faveur et une influence de plus en plus visible au sein des services de sĂ©curitĂ©.  Dans ce nouveau gouvernement, il a placĂ© son conseiller Ă  la tĂȘte des finances pour renforcer Ă©galement son contrĂŽle dans ce secteur et un proche de la famille au ministĂšre de la dĂ©fense. Le nouveau prĂ©sident a donc, au moins pour l’instant, les leviers politiques nĂ©cessaires pour appliquer son programme, inconnu jusque-lĂ , mais dont les dĂ©tails devraient ĂȘtre connus lors de l’investiture du gouvernement dans quelques jours. 

Mais si tout semble lui sourire, le prĂ©sident aura face Ă  lui la contrainte du temps. Il ne lui reste plus qu’un peu plus de deux ans avant les prochaines Ă©lections. Deux ans donc pour mettre en Ɠuvre son programme et satisfaire les attentes Ă©normes de la population. 

Dans ce cas de figure et avec des moyens rĂ©duits, impossible de tout faire : FĂ©lix Tshisekedi devra faire des choix qui ne seront pas sans consĂ©quence. D’une part, le prĂ©sident, qui devrait se prĂ©senter pour un nouveau mandat en 2023, pourrait prioriser les programmes “à impact rapide” qui pourraient soutenir un agenda Ă©lectoraliste. Il pourrait ainsi lancer de nouveaux projets d’infrastructures, investir dans des actions sociales comme la distribution des vivres et d’autres biens, ou encore aborder la question de la crise sĂ©curitaire dans l’Est du pays Ă  travers des actions sporadiques sans en adresser les causes profondes. Cela pourrait lui garantir un soutien populaire. Cependant, cette approche, qui suit la logique du programme d’urgence, a plusieurs limites. Comme l’a montrĂ© le programme des 100 jours du prĂ©sident, le risque est de s’engager dans de multiples projets sans se soucier des procĂ©dures exigĂ©es et sans un bon suivi. Surtout, cette approche ne permet pas de rĂ©soudre les problĂšmes profonds de la sociĂ©tĂ©, de repenser la structure de l’économie ou d’appliquer des grandes rĂ©formes nĂ©cessaires. 

D’autre part, le nouveau gouvernement pourrait se concentrer sur des rĂ©formes essentielles pour remettre la RDC sur le chemin de la paix et du dĂ©veloppement durable. Le prĂ©sident pourrait par exemple proposer une nouvelle vision du dĂ©veloppement du pays, en restructurant l’économie congolaise, jusque-lĂ  dĂ©pendante de l'extĂ©rieur, en organisant le secteur agro-pastoral,  en finançant l’industrie locale.Il pourrait aussi concevoir des politiques sociales pour combattre la pauvretĂ© et les inĂ©galitĂ©s ou encore outre rĂ©former les finances publiques et renforcer les mĂ©canismes de contrĂŽle. Il pourrait mettre en place la rĂ©forme du secteur de sĂ©curitĂ© et renforcer la justice dans la lutte contre l’impunitĂ©. Enfin, il pourrait engager des rĂ©formes pour renforcer les institutions dĂ©mocratiques. Cela implique des changements constitutionnels, des rĂ©formes Ă©lectorales et bien d’autres. Contrairement aux projets Ă  impact visible, l’approche rĂ©formatrice pourrait nĂ©cessiter un plus large consensus politique et susciter des controverses. Cette approche, qui nĂ©cessite de mobiliser d'Ă©normes moyens financiers, de gĂ©rer les intĂ©rĂȘts de l’élite congolaise et des acteurs internationaux, sera plus difficile Ă  mettre en oeuvre. Mais, menĂ©e Ă  terme, ses rĂ©sultats, qui ne pourraient ĂȘtre visibles qu’aprĂšs plusieurs mois, voire plusieurs annĂ©es, pourraient permettre d'avoir un impact plus durable. 

RĂ©former l’Etat ou adopter un nouveau programme d’urgence, le choix appartient aux nouveaux dirigeants. En attendant, le compte Ă  rebours est lancĂ©. 

Vous pouvez rejoindre notre fil Whatsapp en envoyant GEC au +243 894 110 542 pour recevoir directement “Po na GEC” chaque vendredi sur votre tĂ©lĂ©phone. 

À la prochaine !

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Il est enfin lĂ , le gouvernement Sama Lukonde. ComposĂ© de 56 ministres dont 15 femmes, cette nouvelle Ă©quipe gouvernementale couronne les tractations politiques dĂ©butĂ©es depuis le 23 octobre 2020. Ce jour-lĂ ,  le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi avait annoncĂ© les consultations nationales, mettant ainsi fin Ă  la difficile relation qu’il entretenait avec le FCC de son prĂ©dĂ©cesseur, Joseph Kabila. Six mois plus tard, Felix Tshisekedi trĂŽne seul Ă  la tĂȘte de l’Etat. Quelles seront ses prioritĂ©s ?

Bonjour !

Je m’appelle Fred Bauma et je suis directeur de recherche au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York. Ceci est le dixiĂšme numĂ©ro de Po Na GEC, notre capsule audio qui rĂ©sume, explique et donne notre avis sur les questions d'actualitĂ© en RDC.

Nous sommes le vendredi 16 avril.  

Les Ă©toiles sont dĂ©sormais alignĂ©es pour Felix Tshisekedi qui, au bout de deux ans, a complĂštement inversĂ© les rapports de force entre lui et son prĂ©dĂ©cesseur Joseph Kabila. Le prĂ©sident avec un pouvoir limitĂ© au dĂ©part a cĂ©dĂ© la place Ă  un homme fort, jouissant aussi bien d’une majoritĂ© au parlement que d’une cour constitutionnelle en sa faveur et une influence de plus en plus visible au sein des services de sĂ©curitĂ©.  Dans ce nouveau gouvernement, il a placĂ© son conseiller Ă  la tĂȘte des finances pour renforcer Ă©galement son contrĂŽle dans ce secteur et un proche de la famille au ministĂšre de la dĂ©fense. Le nouveau prĂ©sident a donc, au moins pour l’instant, les leviers politiques nĂ©cessaires pour appliquer son programme, inconnu jusque-lĂ , mais dont les dĂ©tails devraient ĂȘtre connus lors de l’investiture du gouvernement dans quelques jours. 

Mais si tout semble lui sourire, le prĂ©sident aura face Ă  lui la contrainte du temps. Il ne lui reste plus qu’un peu plus de deux ans avant les prochaines Ă©lections. Deux ans donc pour mettre en Ɠuvre son programme et satisfaire les attentes Ă©normes de la population. 

Dans ce cas de figure et avec des moyens rĂ©duits, impossible de tout faire : FĂ©lix Tshisekedi devra faire des choix qui ne seront pas sans consĂ©quence. D’une part, le prĂ©sident, qui devrait se prĂ©senter pour un nouveau mandat en 2023, pourrait prioriser les programmes “à impact rapide” qui pourraient soutenir un agenda Ă©lectoraliste. Il pourrait ainsi lancer de nouveaux projets d’infrastructures, investir dans des actions sociales comme la distribution des vivres et d’autres biens, ou encore aborder la question de la crise sĂ©curitaire dans l’Est du pays Ă  travers des actions sporadiques sans en adresser les causes profondes. Cela pourrait lui garantir un soutien populaire. Cependant, cette approche, qui suit la logique du programme d’urgence, a plusieurs limites. Comme l’a montrĂ© le programme des 100 jours du prĂ©sident, le risque est de s’engager dans de multiples projets sans se soucier des procĂ©dures exigĂ©es et sans un bon suivi. Surtout, cette approche ne permet pas de rĂ©soudre les problĂšmes profonds de la sociĂ©tĂ©, de repenser la structure de l’économie ou d’appliquer des grandes rĂ©formes nĂ©cessaires. 

D’autre part, le nouveau gouvernement pourrait se concentrer sur des rĂ©formes essentielles pour remettre la RDC sur le chemin de la paix et du dĂ©veloppement durable. Le prĂ©sident pourrait par exemple proposer une nouvelle vision du dĂ©veloppement du pays, en restructurant l’économie congolaise, jusque-lĂ  dĂ©pendante de l'extĂ©rieur, en organisant le secteur agro-pastoral,  en finançant l’industrie locale.Il pourrait aussi concevoir des politiques sociales pour combattre la pauvretĂ© et les inĂ©galitĂ©s ou encore outre rĂ©former les finances publiques et renforcer les mĂ©canismes de contrĂŽle. Il pourrait mettre en place la rĂ©forme du secteur de sĂ©curitĂ© et renforcer la justice dans la lutte contre l’impunitĂ©. Enfin, il pourrait engager des rĂ©formes pour renforcer les institutions dĂ©mocratiques. Cela implique des changements constitutionnels, des rĂ©formes Ă©lectorales et bien d’autres. Contrairement aux projets Ă  impact visible, l’approche rĂ©formatrice pourrait nĂ©cessiter un plus large consensus politique et susciter des controverses. Cette approche, qui nĂ©cessite de mobiliser d'Ă©normes moyens financiers, de gĂ©rer les intĂ©rĂȘts de l’élite congolaise et des acteurs internationaux, sera plus difficile Ă  mettre en oeuvre. Mais, menĂ©e Ă  terme, ses rĂ©sultats, qui ne pourraient ĂȘtre visibles qu’aprĂšs plusieurs mois, voire plusieurs annĂ©es, pourraient permettre d'avoir un impact plus durable. 

RĂ©former l’Etat ou adopter un nouveau programme d’urgence, le choix appartient aux nouveaux dirigeants. En attendant, le compte Ă  rebours est lancĂ©. 

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Je m’appelle Fred Bauma et je suis directeur de recherche au sein du Groupe d’étude sur le Congo, centre de recherche basĂ© Ă  l’UniversitĂ© de New York. Ceci est le dixiĂšme numĂ©ro de Po Na GEC, notre capsule audio qui rĂ©sume, explique et donne notre avis sur les questions d'actualitĂ© en RDC.

Nous sommes le vendredi 16 avril.  

Les Ă©toiles sont dĂ©sormais alignĂ©es pour Felix Tshisekedi qui, au bout de deux ans, a complĂštement inversĂ© les rapports de force entre lui et son prĂ©dĂ©cesseur Joseph Kabila. Le prĂ©sident avec un pouvoir limitĂ© au dĂ©part a cĂ©dĂ© la place Ă  un homme fort, jouissant aussi bien d’une majoritĂ© au parlement que d’une cour constitutionnelle en sa faveur et une influence de plus en plus visible au sein des services de sĂ©curitĂ©.  Dans ce nouveau gouvernement, il a placĂ© son conseiller Ă  la tĂȘte des finances pour renforcer Ă©galement son contrĂŽle dans ce secteur et un proche de la famille au ministĂšre de la dĂ©fense. Le nouveau prĂ©sident a donc, au moins pour l’instant, les leviers politiques nĂ©cessaires pour appliquer son programme, inconnu jusque-lĂ , mais dont les dĂ©tails devraient ĂȘtre connus lors de l’investiture du gouvernement dans quelques jours. 

Mais si tout semble lui sourire, le prĂ©sident aura face Ă  lui la contrainte du temps. Il ne lui reste plus qu’un peu plus de deux ans avant les prochaines Ă©lections. Deux ans donc pour mettre en Ɠuvre son programme et satisfaire les attentes Ă©normes de la population. 

Dans ce cas de figure et avec des moyens rĂ©duits, impossible de tout faire : FĂ©lix Tshisekedi devra faire des choix qui ne seront pas sans consĂ©quence. D’une part, le prĂ©sident, qui devrait se prĂ©senter pour un nouveau mandat en 2023, pourrait prioriser les programmes “à impact rapide” qui pourraient soutenir un agenda Ă©lectoraliste. Il pourrait ainsi lancer de nouveaux projets d’infrastructures, investir dans des actions sociales comme la distribution des vivres et d’autres biens, ou encore aborder la question de la crise sĂ©curitaire dans l’Est du pays Ă  travers des actions sporadiques sans en adresser les causes profondes. Cela pourrait lui garantir un soutien populaire. Cependant, cette approche, qui suit la logique du programme d’urgence, a plusieurs limites. Comme l’a montrĂ© le programme des 100 jours du prĂ©sident, le risque est de s’engager dans de multiples projets sans se soucier des procĂ©dures exigĂ©es et sans un bon suivi. Surtout, cette approche ne permet pas de rĂ©soudre les problĂšmes profonds de la sociĂ©tĂ©, de repenser la structure de l’économie ou d’appliquer des grandes rĂ©formes nĂ©cessaires. 

D’autre part, le nouveau gouvernement pourrait se concentrer sur des rĂ©formes essentielles pour remettre la RDC sur le chemin de la paix et du dĂ©veloppement durable. Le prĂ©sident pourrait par exemple proposer une nouvelle vision du dĂ©veloppement du pays, en restructurant l’économie congolaise, jusque-lĂ  dĂ©pendante de l'extĂ©rieur, en organisant le secteur agro-pastoral,  en finançant l’industrie locale.Il pourrait aussi concevoir des politiques sociales pour combattre la pauvretĂ© et les inĂ©galitĂ©s ou encore outre rĂ©former les finances publiques et renforcer les mĂ©canismes de contrĂŽle. Il pourrait mettre en place la rĂ©forme du secteur de sĂ©curitĂ© et renforcer la justice dans la lutte contre l’impunitĂ©. Enfin, il pourrait engager des rĂ©formes pour renforcer les institutions dĂ©mocratiques. Cela implique des changements constitutionnels, des rĂ©formes Ă©lectorales et bien d’autres. Contrairement aux projets Ă  impact visible, l’approche rĂ©formatrice pourrait nĂ©cessiter un plus large consensus politique et susciter des controverses. Cette approche, qui nĂ©cessite de mobiliser d'Ă©normes moyens financiers, de gĂ©rer les intĂ©rĂȘts de l’élite congolaise et des acteurs internationaux, sera plus difficile Ă  mettre en oeuvre. Mais, menĂ©e Ă  terme, ses rĂ©sultats, qui ne pourraient ĂȘtre visibles qu’aprĂšs plusieurs mois, voire plusieurs annĂ©es, pourraient permettre d'avoir un impact plus durable. 

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Dans ce cas de figure et avec des moyens rĂ©duits, impossible de tout faire : FĂ©lix Tshisekedi devra faire des choix qui ne seront pas sans consĂ©quence. D’une part, le prĂ©sident, qui devrait se prĂ©senter pour un nouveau mandat en 2023, pourrait prioriser les programmes “à impact rapide” qui pourraient soutenir un agenda Ă©lectoraliste. Il pourrait ainsi lancer de nouveaux projets d’infrastructures, investir dans des actions sociales comme la distribution des vivres et d’autres biens, ou encore aborder la question de la crise sĂ©curitaire dans l’Est du pays Ă  travers des actions sporadiques sans en adresser les causes profondes. Cela pourrait lui garantir un soutien populaire. Cependant, cette approche, qui suit la logique du programme d’urgence, a plusieurs limites. Comme l’a montrĂ© le programme des 100 jours du prĂ©sident, le risque est de s’engager dans de multiples projets sans se soucier des procĂ©dures exigĂ©es et sans un bon suivi. Surtout, cette approche ne permet pas de rĂ©soudre les problĂšmes profonds de la sociĂ©tĂ©, de repenser la structure de l’économie ou d’appliquer des grandes rĂ©formes nĂ©cessaires. 

D’autre part, le nouveau gouvernement pourrait se concentrer sur des rĂ©formes essentielles pour remettre la RDC sur le chemin de la paix et du dĂ©veloppement durable. Le prĂ©sident pourrait par exemple proposer une nouvelle vision du dĂ©veloppement du pays, en restructurant l’économie congolaise, jusque-lĂ  dĂ©pendante de l'extĂ©rieur, en organisant le secteur agro-pastoral,  en finançant l’industrie locale.Il pourrait aussi concevoir des politiques sociales pour combattre la pauvretĂ© et les inĂ©galitĂ©s ou encore outre rĂ©former les finances publiques et renforcer les mĂ©canismes de contrĂŽle. Il pourrait mettre en place la rĂ©forme du secteur de sĂ©curitĂ© et renforcer la justice dans la lutte contre l’impunitĂ©. Enfin, il pourrait engager des rĂ©formes pour renforcer les institutions dĂ©mocratiques. Cela implique des changements constitutionnels, des rĂ©formes Ă©lectorales et bien d’autres. Contrairement aux projets Ă  impact visible, l’approche rĂ©formatrice pourrait nĂ©cessiter un plus large consensus politique et susciter des controverses. Cette approche, qui nĂ©cessite de mobiliser d'Ă©normes moyens financiers, de gĂ©rer les intĂ©rĂȘts de l’élite congolaise et des acteurs internationaux, sera plus difficile Ă  mettre en oeuvre. Mais, menĂ©e Ă  terme, ses rĂ©sultats, qui ne pourraient ĂȘtre visibles qu’aprĂšs plusieurs mois, voire plusieurs annĂ©es, pourraient permettre d'avoir un impact plus durable. 

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