RDC-Chine : comment ça va ? cover
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🎙Po na GEC

RDC-Chine : comment ça va ?

RDC-Chine : comment ça va ?

03min |10/09/2021
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Description

Cette semaine, un documentaire intitulé “En finir avec la traite négrière en Afrique'' a suscité un vif débat sur les réseaux sociaux en RDC. Alain Foka, journaliste africain chevronné, a affirmé que l'esclavage était bien présent, aujourd’hui encore sur le continent africain : En effet, Des entreprises chinoises font travailler des Congolais dans des conditions inhumaines pour exploiter des mines d'or et d'étain dans l'est du Congo. Un tollé s'en est suivi, et les activités de 6 entreprises chinoises ont été suspendues.

Que dit cet incident sur l'état général des relations entre le Congo et la Chine ?



Bonjour, je suis Jason Stearns, directeur du Groupe d'étude sur le Congo, centre de recherche de l'Université de New York. Vous écoutez le 30ème numéro de Po Na GEC. Nous sommes le vendredi 10 septembre 2021.


Aujourd’hui, je me penche sur cette affaire dans le contexte géopolitique plus large de la région. Ces dernières années, le Congo a accueilli des dizaines de sociétés minières chinoises, petites et grandes. Si le documentaire d’Alain Foka se concentre sur l'exploitation minière semi-artisanale, les entreprises chinoises dominent désormais aussi l'exploitation minière industrielle dans le pays. Sept des dix plus grandes entreprises en termes d'exportations de cuivre et de cobalt sont détenues en majorité par des sociétés chinoises. Ce phénomène est particulièrement important à l'heure où le monde passe des combustibles fossiles aux énergies renouvelables. Le cobalt est un ingrédient clé des batteries utilisées dans la plupart des voitures électriques. Il en est de même du lithium, également présent en RDC. Manono Lithium, une multinationale basée en Australie, dont la production devrait démarrer dans le courant de l'année, pourrait devenir l'un des plus grands producteurs de ce minerai au monde. Et l'on craint de plus en plus qu'une nouvelle guerre froide entre la Chine et les États-Unis ne débouche sur une guerre pour les chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques, les entreprises chinoises contrôlant déjà la majorité de la production de lithium et de cobalt dans le monde.


En d'autres termes, des scandales comme les mauvais traitements infligés aux travailleurs congolais par leurs dirigeants chinois au Sud Kivu, peuvent rapidement devenir des incidents géopolitiques. L'ambassadeur de Chine en RDC a rapidement réagi, condamnant toute exploitation illégale des ressources naturelles dans le pays, mais mettant également en garde contre la diffamation et la xénophobie.

Cet incident survient alors que les relations entre les deux pays ne sont pas aussi étroites que sous Kabila. Félix Tshisekedi voudrait, lui, reconstruire les relations du Congo avec les États-Unis et les pays occidentaux. Son premier voyage hors d'Afrique a été effectué à Washington, et il entretient une relation étroite avec l'ambassadeur des États-Unis. Son gouvernement a reçu des milliards de dollars de soutien de la part de la Banque mondiale et du FMI, des décaissements qui ont été soutenus par les États-Unis. Cela s'est-il fait au détriment des relations congolaises avec la Chine ? En tout cas, Tshisekedi n’a pas encore fait de visite officielle dans ce pays, pourtant premier partenaire commercial du Congo et l'un de ses plus gros investisseurs. Et cette année, le Premier ministre Sama Lukonde s'est affairé à revoir des contrats clés avec des entreprises étrangères : des blocs pétroliers appartenant à Dan Gertler, l'homme d'affaires israélien historiquement proche de Kabila, en Ituri, ainsi que des contrats miniers dans la ceinture de cuivre. Les plus importants d'entre eux appartiennent à des sociétés chinoises : Tenke Fungurume et Sicomines.

On peut espérer que le but de cette politique n'est pas de marquer des points géopolitiques mais de s'assurer que les travailleurs congolais sont traités dignement et que le pays reçoit sa juste part des profits miniers.


D’ici là, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant « GEC » au +243 894 110 542 pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre téléphone.

Passez un excellent week-end. Au revoir.

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Cette semaine, un documentaire intitulé “En finir avec la traite négrière en Afrique'' a suscité un vif débat sur les réseaux sociaux en RDC. Alain Foka, journaliste africain chevronné, a affirmé que l'esclavage était bien présent, aujourd’hui encore sur le continent africain : En effet, Des entreprises chinoises font travailler des Congolais dans des conditions inhumaines pour exploiter des mines d'or et d'étain dans l'est du Congo. Un tollé s'en est suivi, et les activités de 6 entreprises chinoises ont été suspendues.

Que dit cet incident sur l'état général des relations entre le Congo et la Chine ?



Bonjour, je suis Jason Stearns, directeur du Groupe d'étude sur le Congo, centre de recherche de l'Université de New York. Vous écoutez le 30ème numéro de Po Na GEC. Nous sommes le vendredi 10 septembre 2021.


Aujourd’hui, je me penche sur cette affaire dans le contexte géopolitique plus large de la région. Ces dernières années, le Congo a accueilli des dizaines de sociétés minières chinoises, petites et grandes. Si le documentaire d’Alain Foka se concentre sur l'exploitation minière semi-artisanale, les entreprises chinoises dominent désormais aussi l'exploitation minière industrielle dans le pays. Sept des dix plus grandes entreprises en termes d'exportations de cuivre et de cobalt sont détenues en majorité par des sociétés chinoises. Ce phénomène est particulièrement important à l'heure où le monde passe des combustibles fossiles aux énergies renouvelables. Le cobalt est un ingrédient clé des batteries utilisées dans la plupart des voitures électriques. Il en est de même du lithium, également présent en RDC. Manono Lithium, une multinationale basée en Australie, dont la production devrait démarrer dans le courant de l'année, pourrait devenir l'un des plus grands producteurs de ce minerai au monde. Et l'on craint de plus en plus qu'une nouvelle guerre froide entre la Chine et les États-Unis ne débouche sur une guerre pour les chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques, les entreprises chinoises contrôlant déjà la majorité de la production de lithium et de cobalt dans le monde.


En d'autres termes, des scandales comme les mauvais traitements infligés aux travailleurs congolais par leurs dirigeants chinois au Sud Kivu, peuvent rapidement devenir des incidents géopolitiques. L'ambassadeur de Chine en RDC a rapidement réagi, condamnant toute exploitation illégale des ressources naturelles dans le pays, mais mettant également en garde contre la diffamation et la xénophobie.

Cet incident survient alors que les relations entre les deux pays ne sont pas aussi étroites que sous Kabila. Félix Tshisekedi voudrait, lui, reconstruire les relations du Congo avec les États-Unis et les pays occidentaux. Son premier voyage hors d'Afrique a été effectué à Washington, et il entretient une relation étroite avec l'ambassadeur des États-Unis. Son gouvernement a reçu des milliards de dollars de soutien de la part de la Banque mondiale et du FMI, des décaissements qui ont été soutenus par les États-Unis. Cela s'est-il fait au détriment des relations congolaises avec la Chine ? En tout cas, Tshisekedi n’a pas encore fait de visite officielle dans ce pays, pourtant premier partenaire commercial du Congo et l'un de ses plus gros investisseurs. Et cette année, le Premier ministre Sama Lukonde s'est affairé à revoir des contrats clés avec des entreprises étrangères : des blocs pétroliers appartenant à Dan Gertler, l'homme d'affaires israélien historiquement proche de Kabila, en Ituri, ainsi que des contrats miniers dans la ceinture de cuivre. Les plus importants d'entre eux appartiennent à des sociétés chinoises : Tenke Fungurume et Sicomines.

On peut espérer que le but de cette politique n'est pas de marquer des points géopolitiques mais de s'assurer que les travailleurs congolais sont traités dignement et que le pays reçoit sa juste part des profits miniers.


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Passez un excellent week-end. Au revoir.

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Que dit cet incident sur l'état général des relations entre le Congo et la Chine ?



Bonjour, je suis Jason Stearns, directeur du Groupe d'étude sur le Congo, centre de recherche de l'Université de New York. Vous écoutez le 30ème numéro de Po Na GEC. Nous sommes le vendredi 10 septembre 2021.


Aujourd’hui, je me penche sur cette affaire dans le contexte géopolitique plus large de la région. Ces dernières années, le Congo a accueilli des dizaines de sociétés minières chinoises, petites et grandes. Si le documentaire d’Alain Foka se concentre sur l'exploitation minière semi-artisanale, les entreprises chinoises dominent désormais aussi l'exploitation minière industrielle dans le pays. Sept des dix plus grandes entreprises en termes d'exportations de cuivre et de cobalt sont détenues en majorité par des sociétés chinoises. Ce phénomène est particulièrement important à l'heure où le monde passe des combustibles fossiles aux énergies renouvelables. Le cobalt est un ingrédient clé des batteries utilisées dans la plupart des voitures électriques. Il en est de même du lithium, également présent en RDC. Manono Lithium, une multinationale basée en Australie, dont la production devrait démarrer dans le courant de l'année, pourrait devenir l'un des plus grands producteurs de ce minerai au monde. Et l'on craint de plus en plus qu'une nouvelle guerre froide entre la Chine et les États-Unis ne débouche sur une guerre pour les chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques, les entreprises chinoises contrôlant déjà la majorité de la production de lithium et de cobalt dans le monde.


En d'autres termes, des scandales comme les mauvais traitements infligés aux travailleurs congolais par leurs dirigeants chinois au Sud Kivu, peuvent rapidement devenir des incidents géopolitiques. L'ambassadeur de Chine en RDC a rapidement réagi, condamnant toute exploitation illégale des ressources naturelles dans le pays, mais mettant également en garde contre la diffamation et la xénophobie.

Cet incident survient alors que les relations entre les deux pays ne sont pas aussi étroites que sous Kabila. Félix Tshisekedi voudrait, lui, reconstruire les relations du Congo avec les États-Unis et les pays occidentaux. Son premier voyage hors d'Afrique a été effectué à Washington, et il entretient une relation étroite avec l'ambassadeur des États-Unis. Son gouvernement a reçu des milliards de dollars de soutien de la part de la Banque mondiale et du FMI, des décaissements qui ont été soutenus par les États-Unis. Cela s'est-il fait au détriment des relations congolaises avec la Chine ? En tout cas, Tshisekedi n’a pas encore fait de visite officielle dans ce pays, pourtant premier partenaire commercial du Congo et l'un de ses plus gros investisseurs. Et cette année, le Premier ministre Sama Lukonde s'est affairé à revoir des contrats clés avec des entreprises étrangères : des blocs pétroliers appartenant à Dan Gertler, l'homme d'affaires israélien historiquement proche de Kabila, en Ituri, ainsi que des contrats miniers dans la ceinture de cuivre. Les plus importants d'entre eux appartiennent à des sociétés chinoises : Tenke Fungurume et Sicomines.

On peut espérer que le but de cette politique n'est pas de marquer des points géopolitiques mais de s'assurer que les travailleurs congolais sont traités dignement et que le pays reçoit sa juste part des profits miniers.


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Bonjour, je suis Jason Stearns, directeur du Groupe d'étude sur le Congo, centre de recherche de l'Université de New York. Vous écoutez le 30ème numéro de Po Na GEC. Nous sommes le vendredi 10 septembre 2021.


Aujourd’hui, je me penche sur cette affaire dans le contexte géopolitique plus large de la région. Ces dernières années, le Congo a accueilli des dizaines de sociétés minières chinoises, petites et grandes. Si le documentaire d’Alain Foka se concentre sur l'exploitation minière semi-artisanale, les entreprises chinoises dominent désormais aussi l'exploitation minière industrielle dans le pays. Sept des dix plus grandes entreprises en termes d'exportations de cuivre et de cobalt sont détenues en majorité par des sociétés chinoises. Ce phénomène est particulièrement important à l'heure où le monde passe des combustibles fossiles aux énergies renouvelables. Le cobalt est un ingrédient clé des batteries utilisées dans la plupart des voitures électriques. Il en est de même du lithium, également présent en RDC. Manono Lithium, une multinationale basée en Australie, dont la production devrait démarrer dans le courant de l'année, pourrait devenir l'un des plus grands producteurs de ce minerai au monde. Et l'on craint de plus en plus qu'une nouvelle guerre froide entre la Chine et les États-Unis ne débouche sur une guerre pour les chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques, les entreprises chinoises contrôlant déjà la majorité de la production de lithium et de cobalt dans le monde.


En d'autres termes, des scandales comme les mauvais traitements infligés aux travailleurs congolais par leurs dirigeants chinois au Sud Kivu, peuvent rapidement devenir des incidents géopolitiques. L'ambassadeur de Chine en RDC a rapidement réagi, condamnant toute exploitation illégale des ressources naturelles dans le pays, mais mettant également en garde contre la diffamation et la xénophobie.

Cet incident survient alors que les relations entre les deux pays ne sont pas aussi étroites que sous Kabila. Félix Tshisekedi voudrait, lui, reconstruire les relations du Congo avec les États-Unis et les pays occidentaux. Son premier voyage hors d'Afrique a été effectué à Washington, et il entretient une relation étroite avec l'ambassadeur des États-Unis. Son gouvernement a reçu des milliards de dollars de soutien de la part de la Banque mondiale et du FMI, des décaissements qui ont été soutenus par les États-Unis. Cela s'est-il fait au détriment des relations congolaises avec la Chine ? En tout cas, Tshisekedi n’a pas encore fait de visite officielle dans ce pays, pourtant premier partenaire commercial du Congo et l'un de ses plus gros investisseurs. Et cette année, le Premier ministre Sama Lukonde s'est affairé à revoir des contrats clés avec des entreprises étrangères : des blocs pétroliers appartenant à Dan Gertler, l'homme d'affaires israélien historiquement proche de Kabila, en Ituri, ainsi que des contrats miniers dans la ceinture de cuivre. Les plus importants d'entre eux appartiennent à des sociétés chinoises : Tenke Fungurume et Sicomines.

On peut espérer que le but de cette politique n'est pas de marquer des points géopolitiques mais de s'assurer que les travailleurs congolais sont traités dignement et que le pays reçoit sa juste part des profits miniers.


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