Speaker #0Avec ces 20 ans d'expérience dans les médias, j'ai eu largement le temps de comprendre la différence entre la qualité qui sert l'auditeur et la perfection qui va plutôt servir l'ego. Aujourd'hui, j'ai envie de vous bousculer un petit peu avec cet épisode parce que parfois, la meilleure façon de débloquer quelque chose, c'est de le regarder à l'envers. Et aussi parce que j'aime bien bousculer sur ce sujet-là. La perfection, c'est une forme de contrôle et puis le contrôle, c'est une forme de peur. On se dit que si on contrôle, tout va bien se passer. Mais quand quelqu'un me dit... « Je veux que mon podcast soit vraiment professionnel avant de le lancer » , moi ce que je traduis et ce que j'entends, c'est plutôt « Je veux que mon podcast soit suffisamment blindé pour que personne ne puisse me critiquer » . Est-ce que ça vous parle ? Est-ce que ça vous titille ? Moi je comprends tout à fait, vraiment, on a envie de bien faire, et ça c'est une qualité, je dis pas que je l'ai pas, moi je suis assez perfectionniste aussi de manière générale, mais quand cette envie devient une condition, quand bien devient parfait, ça se transforme plutôt en prison. Et ça, c'est dommage parce que la perfection, c'est du contrôle. Encore une fois, quand on déguise en exigence, on se dit non, non, mais c'est une bonne chose d'être perfectionniste. C'est quelque chose de positif. Mais le contrôle, comme je le disais, c'est plutôt de la peur qui est déguisée en professionnalisme. La vraie question, ce n'est pas est-ce que mon podcast, il est assez bien ? La vraie question, c'est de quoi est-ce que j'ai peur si je le lance maintenant en l'état ? Alors l'exigence de qualité, elle est complètement légitime, évidemment, parce que vous allez mettre quand même votre entreprise en avant, par exemple, si vous utilisez le podcast pour ça. Donc il faut quand même que ça tienne la route, on est d'accord. Mais la perfection, ça paralyse et rien n'est jamais parfait. La nuance entre les deux, en fait, elle est bien plus fine que ce que l'on croit. On va en parler un petit peu quand même plus en profondeur. Parce que les auditeurs qui vous écoutent, ils cherchent pas la perfection. Eux, ce qu'ils veulent, c'est du réel, du vous. que ce soit vraiment vous. Alors, c'est une réalité que j'observe depuis longtemps. Les émissions qu'on écoute le plus, les podcasts qui fidélisent le plus, celles qui créent le plus de connexions, c'est jamais les plus lisses, c'est jamais les plus parfaites. D'ailleurs, c'est assez marrant parce qu'il y a plusieurs podcasts, plusieurs noms de podcasts comme ça qui sortent régulièrement, que les gens adorent écouter. Et moi, ils me hérissent le poil. Je déteste ça, ça me hérisse le poil parce que je trouve qu'ils sont pas... Pas extraordinaire, mais parce que moi, je vais écouter les petits détails, etc. que une personne lambda ne va pas écouter. Et pourtant, ça cartonne. Donc, on sent quand même que c'est celle où on sent quelqu'un derrière. On s'attache à la personne qui le fait, même s'il ne le fait pas très bien. Pour quelqu'un de professionnel qui va se pencher sur les petits détails, on entend une vraie respiration, une vraie hésitation, un vrai rire qui part un petit peu de travers ou alors un contenu qui ne touche pas forcément, mais une personnalité qu'on aime bien. On apprécie sa manière de faire, même si le contenu n'est pas extraordinaire. En fait, vos auditeurs, ce ne sont pas des juges de concours. La majorité, ce ne sont pas des professionnels de la radio ou de l'audio qui vont vous écouter et qui vont aller repérer tous les petits détails qui ne vont pas jouer. Ce sont seulement des gens qui sont dans leur voiture, dans leur cuisine, dans les transports en commun, avec leurs écouteurs, et qui cherchent à se sentir moins seul, qui cherchent de l'info, qui cherchent quelqu'un à qui faire confiance, une voix qu'ils apprécient à écouter. Un humour qu'ils aiment bien, qui les fait rire, un contenu qui les intéresse quand même. Et la confiance, elle ne naît pas de la perfection, elle va naître de cette fameuse authenticité. On y revient encore une fois. Une authenticité qui est hyper importante, mais qu'il faut quand même entourer de structure et de professionnalisme autour. Et c'est ça qui va faire les ingrédients magiques que ça fonctionne. Parce que si vous dites au milieu de votre phrase un « euh » mais qu'il est bien placé et que ça vous rend humain, Ça ne va pas rendre... le contenu moins bon. Si votre anecdote, elle n'est pas tout à fait parfaite, mais elle vous rend réelle parce que c'est une vraie anecdote, c'est quelque chose qui vous est vraiment arrivé. À un moment où vous cherchez vos mots, ça va vous rendre honnête et du coup, on va avoir confiance en vous. Une production irréprochable, ça, ça rassure uniquement votre égo, encore une fois. L'humanité irréprochable, ça va fidéliser votre audience. Alors j'aurais une question pour vous maintenant. Quel est le podcast parfait que vous avez en tête ? Celui que vous imaginez quand vous vous dites « Ah, celui-là, quand il sera prêt, je le lancerai » . Est-ce que vous pouvez le décrire précisément ? Combien de temps est dur ? Quel est le son idéal ? Quelle est la structure parfaite que vous voulez mettre derrière ? Vous n'avez probablement pas les réponses à toutes ces questions parce qu'en fait, le podcast parfait, il n'existe que dans l'imaginaire. Et dans l'imaginaire, il ne pourra jamais décevoir parce qu'il ne sort jamais. Donc le paradoxe de la perfection, c'est qu'elle protège un objet qui n'existe pas encore. Quelque chose que vous avez juste dans votre tête. Et ça, c'est normalement au détriment d'un objet réel qui pourrait lui être en place et peut-être faire changer les choses. Parce que oui, votre premier épisode imparfait qui est sorti aujourd'hui, il vaut infiniment plus que votre épisode parfait que vous avez planifié de sortir dans six mois, évidemment. Si on reste penché sur cette perfection dans le futur, ça, c'est une illusion tout à fait confortable parce qu'on se dit dans six mois, je ferai parfait. Mais malheureusement, il y a peu de chances que ça arrive parce que dans six mois, vous ne le trouverez toujours pas parfait. Alors que si aujourd'hui vous mettez en place une action qui est imparfaite, vous avez au moins une réalité qui avance et qui fera que dans six mois, ça sera mieux. Parce que vous aurez mis en place des choses. Et en fait, si on attend de faire des choses pour qu'elles soient parfaites, elles ne vont jamais avancer et c'est impossible de faire un premier épisode qui est parfait. Et puis, ce n'est pas ça qu'on attend. Encore une fois, c'est ce que je vous ai dit tout à l'heure. Votre auditeur, il vous attend, vous, pas le contenu parfait. Alors voilà ce qui se passe quand vous arrêtez de chercher la perfection. Vous allez publier de manière plus régulière, parce que vous allez arrêter de passer trois semaines à réécouter chaque épisode en cherchant le petit détail qui cloche, à vous dire « Oh non, faut que je le réenregistre, et encore, et encore, et encore. » Et vous avez enregistré 14 fois votre épisode, et il y a toujours un truc qui cloche. Vous allez apprendre plus vite aussi, parce que le vrai feedback, celui de vos auditeurs, celui de votre propre oreille, il y a vous aussi qui va s'affiner, elle ne vient qu'en publiant, en essayant. C'est comme si on cuisine... Voilà, on ne fait que lire la recette, mais on ne l'essaye jamais. En fait, vous n'allez jamais pouvoir être sûr que votre recette est bonne. Vous allez la lire, oui, chouette, mais ça ne vous amène rien. Alors que si vous cuisinez, puis vous vous rendez compte en goûtant votre sauce qu'elle manque un peu de goût, donc vous allez rajouter un petit quelque chose, un peu d'épices, un peu de sel, un peu de poivre, selon vos goûts. Eh bien, c'est la même chose avec votre contenu. Faites-le. Et puis à force, vous allez affiner, vous allez rajouter des épices, vous allez rajouter des saveurs dans vos épisodes qui vont faire qu'ils seront de mieux en mieux. Et si vous restez aussi dans le jeu, parce que le plus grand risque du podcast n'est pas d'avoir un son imparfait dans les premiers épisodes, dans les premiers épisodes, c'est juste de ne jamais commencer. Donc si vous restez dans le jeu et que vous choisissez de continuer et d'augmenter la barre de ce que vous êtes capable d'amener, eh bien ça ira forcément beaucoup mieux. Je vous en ai déjà parlé de cette statistique, environ 80% des podcasts s'arrêtent avant le dixième épisode. c'est une réalité parce que justement Les podcasteurs, il manque de structure. Cette structure, elle est hyper importante. Je vous parle d'authenticité, oui, mais la structure de votre podcast, elle est indispensable. Et en fait, souvent, les gens qui lancent un podcast sans structure, sans idée de où ils vont, et qui en plus se sont fixés des standards complètement impossibles à tenir dans la durée, ben, ils s'écrasent. Et ça s'arrête. Donc moins bon, c'est pas une permission de faire n'importe quoi. C'est juste une permission de commencer. D'essayer, hein. On lance un truc, on voit comment ça marche et on continue. Et en continuant, en s'améliorant, on progresse pour de vrai. Pas dans sa tête, mais dans les faits. La régularité imparfaite bat à tous les coups la perfection occasionnelle. Je vous la répète celle-là. La régularité imparfaite bat la perfection occasionnelle à tous les coups. Alors voilà ce que je vous demande aujourd'hui. Pas de baisser vos exigences, pas de vous moquer de la qualité. Bien au contraire, c'est quand même important. Pas de publier non plus n'importe quoi en vous disant « Ah mais Cindy, elle a dit que c'était bien. » D'accord ? Mais juste changer la question. Pas « Est-ce que c'est assez bon ? » Mais plutôt « Est-ce que c'est honnête ? » « Est-ce que c'est utile ? » « Est-ce que c'est moi là derrière ? » Si la réponse à ces trois questions est oui, publiez. Votre podcast imparfait, il a tout à fait le droit d'exister et quelque part, il y a quelqu'un qui attend de l'entendre. Ça c'est sûr. Si cet épisode vous a donné envie de vous lancer ou de relancer un podcast, je suis là aussi pour vous aider. Abonnez-vous à Podcast Mode d'Emploi pour ne rater aucun épisode. Ça vous donne quand même quelques pistes. Chaque semaine, j'essaie de vous donner des idées, des solutions aussi aux problématiques que vous pourriez rencontrer en préparant vos épisodes de podcast. Et puis, si vous avez envie d'aller plus loin, d'être accompagné pour créer un podcast qui vous ressemble vraiment, sans vous perdre dans des détails techniques, sans attendre justement cette perfection qui n'arrivera jamais, vous pouvez me contacter. Le lien est dans la description. Je vous propose un appel gratuit de 20 minutes pour faire le point sur votre situation et puis voir si je peux vous aider ou non. Et puis si cet épisode, il a résonné, partagez-le. Peut-être que quelqu'un attend encore et que c'est peut-être le déclencheur qui va faire qu'il va se lancer. Quelqu'un qui hésite, qui en a peut-être besoin. Et si ce sujet de la perfection vous intéresse, j'avais déjà parlé de perfection dans l'épisode qui avait passé au mois de décembre. J'avais fait un calendrier de l'Avent avec un épisode par jour et dans l'épisode du 22 décembre, j'avais parlé de l'imperfection qui crée la connexion. Donc si tout à coup, alors on serait un petit peu dans une ambiance de Noël, mais c'est pas grave, le sujet c'était quand même la perfection. Je vous remets le lien vers cet épisode dans la description de celui-ci. Comme ça vous pouvez aller un petit peu plus loin dans cette discussion autour de l'imperfection.