Speaker #0Bonjour à tous, merci d'être là. J'ai envie de vous parler aujourd'hui de storytelling ou de comment on raconte des histoires. J'imagine que vous avez déjà eu cette impression en écoutant des épisodes de podcast ou en regardant quelque chose où vous n'avez pas envie d'aller jusqu'au bout, ça vous agace, vous accrochez pas, vous lâchez et vous avez du coup de la peine à revenir après à ce contenu là parce que vous vous dites bon finalement c'est pas très intéressant. Peut-être que c'est quelque chose qui arrive aussi avec les gens qui écoutent votre podcast. Ils n'ont pas envie de rester, il y a quelque chose qui ne joue pas. Souvent, on se dit que le problème, ça vient du sujet, qui n'est pas assez fort, pas assez intéressant. Mais dans la majorité des cas, ce n'est pas ça. En fait, le problème, ce n'est pas le thème qui fait fuir, mais c'est la manière dont on raconte l'histoire. Le storytelling, c'est ce petit ingrédient magique, c'est la poussière de fée qu'on va mettre sur votre podcast pour qu'il s'envole, qu'il capte l'attention, qu'il donne envie de rester. qui transforment en fait un contenu intéressant en contenu mémorable. La bonne nouvelle, c'est que c'est une technique qui s'apprend. Et aujourd'hui, je vais partager avec vous les 5 erreurs les plus fréquentes qu'on fait en storytelling et qui font zapper les auditeurs. Je vais aussi vous donner à chaque fois des solutions très concrètes pour les éviter. Malyce, Podcast. Podcast. Mode d'emploi. Que vous soyez entrepreneur, passionné par ce que vous faites ou indépendante slash indépendant ou même simplement curieux du monde du podcasting, vous êtes au bon endroit. Dans Podcast Mode d'Emploi, je vous dévoile tous les secrets du podcast, comment l'utiliser pour booster votre entreprise, capter l'attention de votre audience ou tout simplement faire passer votre message de manière authentique et impactante. Vous n'imaginez pas tout ce que l'on peut faire avec... Un peu de malyce. Storytelling au programme donc de cet épisode. Je vais vous parler des 5 erreurs les plus fréquentes qui arrivent dans le storytelling ou dans le manque de storytelling justement. Première erreur, c'est de vouloir tout raconter d'un coup. En fait, ce qui va se passer dans ce cas-là, c'est que vous allez commencer votre récit trop loin en arrière. Par exemple, si vous voulez parler d'une expérience client, vous commencez par dire Je vais vous parler d'un client que j'ai accompagné il y a six mois, etc. Mais avant ça, laissez-moi vous raconter comment j'ai commencé ma carrière il y a 15 ans. Et là, c'est bon, on a déjà perdu la moitié des auditeurs. Pourquoi ? Simplement parce que l'auditeur, là, il ne sait pas où vous allez l'emmener. Vous allez lui parler de votre client, mais avant ça, vous allez lui parler de votre carrière. On va où, là ? Si même vous, vous n'êtes pas sûr, en fait, de votre chemin, ça va être compliqué de garder quelqu'un qui vous tient la main tout le long. L'auditeur à qui vous parlez, il a besoin d'un repère. Merci. clair et assez rapidement pour qu'il puisse savoir si ça va l'intéresser de rester. La solution pour éviter cette erreur, c'est de commencer au milieu de l'action. On n'a pas besoin de savoir tout ce qui s'est passé au cours des 15 dernières années. Vous plantez une scène forte, par exemple si je reprends le cas du client dont je vous ai parlé tout à l'heure, vous commencez par dire, il est assis en face de moi, les bras croisés, et là il me dit, j'ai envie d'arrêter mon entreprise. En une phrase, vous avez déjà accroché votre auditeur, Et vous pourrez ensuite revenir en arrière si c'est nécessaire. Mais là déjà, il y a une phrase d'accroche et on sait de quoi on va parler. Ok, il m'a dit ça, donc comment j'ai réagi, qu'est-ce que j'ai fait, etc. Deuxième erreur, rester trop abstrait. Ça, ça va être quand vous voulez parler de grands concepts. La réussite, la confiance, l'équilibre, le mindset. C'est quoi tous ces mots finalement ? Vous donnez rien de concret, c'est très large. Si on parle de réussite, on peut en parler pendant une heure et demie, même plus. Et l'auditeur, il va entendre ces mots, mais il voit rien. Il n'y a rien qui se passe dans sa tête. Rappelez-vous que quand vous faites du podcast, en général, il n'y a que de l'audio. À moins que vous fassiez une vidéo YouTube, mais il y a aussi des gens qui n'écoutent que l'audio. Et pour accrocher notre cerveau, il a besoin d'avoir des images. Une seule idée ou une idée seule, ça ne suffit pas. Il faut lui donner du grain à moudre, comme on dit. Donc donnez de la chair à vos idées. Mettez des anecdotes, des métaphores, une situation que vous avez vécue. Expliquez plutôt que de dire. Ça, c'est une règle élémentaire qui marche aussi en littérature d'ailleurs, c'est d'expliquer plutôt que de donner l'info directement. Donc par exemple, plutôt que de dire il faut croire en soi, finalement qu'est-ce que ça veut dire pour vous ça ? Pas grand-chose, ou alors c'est une phrase qu'on nous balance tout le temps, mais finalement il y a peu de grains là derrière. Par contre, si vous dites j'ai accompagné une cliente, elle tremblait à l'idée d'allumer son micro, elle était tétanisée. Et trois mois plus tard... Elle riait d'elle-même de ses premiers enregistrements parce qu'elle avait osé persévérer. Ça prend pas 8 plombes à expliquer et pourtant c'est beaucoup plus explicite et là vous avez une image en tête. On m'a toujours dit que quand on fait de la radio, il faut donner de l'image aux gens. Il faut décrire l'image qu'on a dans la tête parce que tout ce qu'ils ont c'est nos mots pour s'accrocher. Donc si j'ai envie aujourd'hui de vous planter dans un décor, imaginez là, on est au mois d'octobre. Il y a les feuilles qui commencent à tomber quand vous marchez sur le sol, ça craque sous vos pieds. Ça rappelle aussi ces moments où quand on était enfant, on avait envie de sauter dans les tas de feuilles, vous vous en souvenez ? Et l'odeur qu'il y a, il y a une odeur particulière pendant l'automne. Et puis les couleurs aussi, quand vous regardez les arbres, il y a ces rouges, ces oranges, ces verts et ces bruns qui se mélangent. Il y a une petite brise qui devient de plus en plus fraîche aussi par rapport à la brise de l'été qui est chaude sur notre peau. Là on sent le frais, on a envie de s'en mitoufler dans un manteau et avec une écharpe autour du cou. Je pourrais le faire pendant longtemps, mais là vous avez une image en tête, il y a quelque chose qui s'est passé, on accroche avec un souvenir qui peut être commun ou des sensations ou des émotions qu'on a en commun et que donc quand je vous les explique, elles restent concrètes et pas abstraites. Donc rappelez-vous de ça, c'est très important, restez toujours concret, expliquez plutôt que dire. Troisième erreur, oubliez de faire un fil rouge. Là alors c'est le problème, c'est si vous partez d'une idée et puis il y en a une autre qui arrive. Et puis vous vous souvenez d'un détail et ça part dans tous les sens. Votre récit devient une espèce de mosaïque qui n'a aucun lien. Ça va faire décrocher votre auditeur parce qu'il ne sait plus où il va non plus. Il est perdu, il ne comprend pas où est la destination. Où est-ce que vous allez l'amener ? Donc avant d'enregistrer un épisode, tracez un fil conducteur. Vous n'avez pas besoin d'écrire tous les mots, tout le texte. Ça c'est même une erreur parce que ça va vous donner un sentiment de lire un texte quand on n'a pas l'habitude d'enregistrer. C'est hyper important d'avoir juste quelques mots-clés et de raconter une histoire autour de ces mots-clés plutôt que d'écrire tout un texte. Donc juste une structure claire avec une accroche, un développement en deux, trois ou quatre parties, ça dépend ce que vous voulez faire. Ou si comme moi aujourd'hui, vous voulez faire cinq erreurs, vous notez le titre de vos cinq erreurs et puis vous allez pouvoir les expliquer. Mais ça vous permet de garder un fil rouge et de savoir où vous allez et par la même occasion d'indiquer à votre auditeur où est-ce que vous allez aussi. Et puis on finit toujours par une conclusion. Vous pouvez aussi utiliser des petites phrases de transition, du style « revenons à mon point de départ » ou « mais ce n'est pas tout » par exemple. Ça aide aussi l'auditeur à rester avec vous, histoire de l'accrocher un petit peu. Quatrième erreur, manquer d'émotion. Ça c'est super important. Je vous parle de l'authenticité depuis le début de ces épisodes. Quand vous enregistrez quelque chose, c'est hyper important d'y mettre aussi votre émotion. Vous racontez une suite de faits avec une voix neutre posée. Tout est vrai, oui, mais ça ressemble à un rapport de stage ou à une réunion du lundi après-midi. Ce n'est pas du tout passionnant, on n'a pas envie de rester. Et puis, il n'y a rien qui se passe. L'auditeur, il a besoin de ressentir. Si vous lui donnez quelque chose de trop neutre, il ne va rien ressentir du tout. Ce qui va le retenir le mieux, c'est qu'il va entendre ce que nous, on ressent. Et ça, c'est super important. Passez l'émotion. Vous pouvez jouer avec votre voix, avec votre rythme, les silences. Les silences, c'est super important. On a tendance un peu à avoir peur des silences. Mais finalement, si j'arrête de parler, ça va retenir votre attention et vous dire « Oh, il se passe un truc bizarre là » . Ça va vous faire revenir si tout à coup vous étiez un petit peu sorti et parti dans vos pensées. Tout à coup, d'entendre un silence, ça va vous ramener un petit peu sur le moment à vous dire « Oh là là, est-ce que c'est ma radio qui a un problème ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui ne joue pas ? » Et non, c'était juste un silence qui faisait partie de l'intention de ce que voulait mettre la personne qui parle. Vous pouvez aussi introduire un petit peu de suspense en posant des questions. Et là, vous savez ce qui s'est passé ? Ah bah, il a claqué la porte. Vous voyez, il y a un partage. Il y a un partage de quelque chose et à ce moment-là, on crée de la connexion avec les gens. Vous pouvez aussi partager vos propres émotions, expliquer par exemple, à ce moment-là, moi, je me suis sentie minuscule. Alors, pas besoin de théâtraliser, mais juste de vous autoriser à montrer un peu de vous. et à expliquer comment vous vous êtes senti, parce que potentiellement, la personne qui vous écoute se sera sentie pareil. Et encore une fois, ça crée de la connexion. Parce que rappelez-vous que l'auditeur, il a besoin de se retrouver dans ce que vous dites. Ce qui m'amène d'ailleurs à la cinquième erreur très standard, c'est de ne pas penser à l'auditeur. Quand on enregistre, on a envie que tout soit parfait, on veut expliquer son histoire, on veut être clair, etc. Alors que la base, la base du truc, c'est de parler à quelqu'un. Et si vous oubliez la personne à qui vous parlez, forcément qu'elle ne va pas accrocher. Vous allez raconter une histoire passionnante pour vous, mais vous ne faites jamais le lien avec ce que l'autre peut en retirer. Eh bien, c'est dans le mur. Par exemple, vous commencez à expliquer, « Ah, j'ai voyagé en Australie, j'ai fait ceci, j'ai rencontré cette personne, j'ai vu tel coucher de soleil, c'était super. » Très bien, mais pourquoi l'auditeur, ça va l'intéresser ? Pourquoi est-ce qu'il devrait rester jusqu'au bout de votre histoire ? L'auditeur, il écoute pour lui. Rappelez-vous ça. Quand vous créez du contenu, pensez à l'autre parce que l'autre, il écoute pour sa pomme. Il s'en fiche en fait de vous, il s'en fiche de votre expérience. Alors oui, il va écouter ce que vous dites, mais au final, la seule chose qu'il cherche, c'est à quel moment est-ce que ça connecte avec lui. C'est assez égoïste finalement d'écouter du contenu parce qu'on a envie d'avoir quelque chose qui nous rapporte quelque chose à nous. On prend du temps pour écouter. C'est pas pour faire plaisir à la personne qui l'a fait, c'est pour que nous on en retire quelque chose. Donc il va chercher ce qu'il peut apprendre, ressentir ou emporter avec lui. Et votre histoire de voyage en Australie, bien cool quoi, mais moi si j'ai pas envie d'aller en Australie, quel intérêt ? Ça va m'amener zéro intérêt d'écouter l'épisode. Donc, reliez toujours votre récit à une clé, à un enseignement, à un conseil pratique. Il faut vous poser la question, qu'est-ce que cette histoire illustre ? Qu'est-ce que mon auditeur peut en tirer ? Alors, bien sûr que vous pouvez vous servir de vos expériences et de dire, ben voilà, dans ce cas-là, j'ai eu ça, ça, ça, ça m'a rendu dans telle posture et voilà la solution que j'en ai retirée. Comme ça, si la personne a vécu la même situation, eh bien vous lui donnez une clé pour pouvoir s'en tirer parce que vous, vous avez trouvé une solution. Alors potentiellement c'est une solution qui ne lui conviendra pas, mais au moins vous essayez de chercher une solution pour lui. Vous lui proposez quelque chose de plus que juste lui expliquer votre situation. C'est super important, ça je pense que c'est vraiment une des clés les plus importantes, c'est de penser aux personnes à qui vous allez parler et qu'est-ce que ça va concrètement leur amener dans leur quotidien, dans leur pratique. Et s'ils vous suivent pour quelque chose en rapport avec vos services par exemple, Il faut qu'ils puissent trouver quelque chose qui va les intéresser, histoire qu'ensuite, ils puissent vous contacter en disant « Bah oui, moi j'ai besoin d'aide, visiblement vous, vous avez des solutions et en plus des solutions qui me parlent, qui sont en rapport avec mes valeurs et avec ce que j'ai envie de partager aussi. » C'est ça le but. Quand vous faites du contenu, pensez toujours à votre auditeur. Donc, je vais vous résumer ces cinq erreurs. La première, vouloir tout raconter d'un coup. La deuxième, rester trop abstrait. La troisième. oublier le fil rouge, la quatrième manquer d'émotion et la cinquième d'oublier son auditeur. Et pas de souci, si vous vous êtes rendu compte que dans votre contenu vous faites ce genre d'erreur, c'est assez facile à corriger. Le storytelling, ce n'est pas réservé aux écrivains ni aux grands orateurs. C'est une compétence qui se développe tout simplement. Et pour développer une compétence, vous savez ce qu'il faut faire ? Il faut pratiquer, il faut s'entraîner. Et plus vous y faites attention, plus vos auditeurs auront envie de rester. et de revenir. Si cet épisode vous a été utile, je vous invite à vous abonner à Podcast Mode d'Emploi si ce n'est pas déjà fait pour continuer à progresser dans votre aventure audio et bien sûr j'en reste toujours à disposition si vous avez des questions. Ça sera toujours avec un grand plaisir sur les réseaux sociaux, LinkedIn, Insta, sur mon site internet malice.ch. C'est avec grand plaisir que je vous dépanne si vous avez des questions. Merci d'avoir écouté jusque là et je vous souhaite de passer une très très belle semaine. Je me réjouis déjà de vous retrouver la semaine prochaine. Malyce, malyce, malyce. Vous avez aimé cet épisode ? Abonnez-vous à Podcast Mode d'Emploi. Podcast Mode d'Emploi. Et retrouvez-nous chaque semaine pour de nouveaux conseils.